Procès Jubillar : l’alibi de l’amant de Delphine remis en question
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
notamment les communautés musulmane, catholique et juive, pour qu'elles diffusent ensemble un vrai message de prévention par rapport à la question de l'antisémitisme. C'est la meilleure manière de lutter contre les forces engagées, notamment chez LFI, pour instrumentaliser le conflit de Gaza dans le quartier. C'est un combat qu'il faut mener pour l'intérêt national. - A.-E.Lemoine: Et si l'amant de D.Jubillar pouvait faire figure de suspect?
Son téléphone aurait borné entre 22h et 6h du matin la nuit de la disparition de sa maîtresse, près de son domicile. Une piste soulevée hier par les avocats de C.Jubillar, qui accusent les enquêteurs d'avoir volontairement fait disparaître cet élément du dossier. - Ce n'est pas un coup de théâtre, pas un élément nouveau.
C'est dans le dossier. Il suffisait de le lire, de passer son doigt sur la liste des 550 numéros pour s'apercevoir qu'il y avait la ligne de l'amant. - Quand ils prélèvent son ADN, ils lui disent: "Ne vous inquiétez pas." Difficile de faire machine arrière, puisqu'en réalité, on n'a rien.
Il n'y a jamais eu aucune enquête sur l'amant de D.Jubillar. - A.-E.Lemoine: Bonsoir, M.Bertrand, grand reporter à BFMTV en charge du procès Jubillar.
On voit que la défense de C.Jubillar tente par tous les moyens de trouver un autre suspect que leur client, mais c'est tombé à l'eau. Si le numéro de l'amant apparaissait dans la liste des 551 numéros qui ont borné près du domicile des Jubillar le soir fatal, c'est une erreur de manipulation qu'a reconnue un gendarme? - M.Bertrand: Une erreur humaine, a dit le gendarme dépité.
Il a fait un copier-coller des listings qui apparaissaient dans le dossier. Il s'est trompé en considérant que l'amant se trouvait à Cagnac-les-Mines le soir de la disparition, alors qu'il était simplement considéré comme un correspondant de Delphine, qui bornait à son domicile. On peut imaginer qu'il a passé une très mauvaise après-midi. - A.-E.Lemoine: Tout est bon pour la défense pour semer le doute, y compris en décrédibilisant le travail des enquêteurs? - M.Bertrand: Je ne suis pas sûre qu'ils ressortent perdants, même si ça semble être une simple erreur.
Ils vont jouer la carte à fond, que l'enquête a été mal faite, qu'elle était peu rigoureuse. S'il y a eu une erreur constatée à la barre par ce major de gendarmerie, il y en a peut-être ailleurs. C'est la carte qu'ils jouent depuis le début, en essayant de démonter point par point les éléments donnés par les gendarmes. - A.-E.Lemoine: Aucune perquisition n'a été faite au domicile de l'amant, parce qu'il était toute la nuit à Montauban, à des dizaines de kilomètres. - M.Bertrand: La nuit du 15 au 16, son téléphone borne chez lui.
On a les preuves qu'il n'a pas bougé de son domicile, ni lui ni sa femme. - A.-E.Lemoine: C.Jubillar se tordait le cou pour croiser le regard de l'amant de sa femme, qu'il n'avait jamais rencontré jusque-là. - M.Bertrand: C'était l'homme avec qui D.Jubillar voulait refaire sa vie.
La salle était bondée. Il y avait beaucoup de public, des gens qui sont venus dès 3h30 du matin pour s'assurer d'avoir une place dans la salle. On n'avait jamais vu cet homme.
Il n'avait jamais parlé. C.Jubillar voulait voir celui avec qui Delphine entretenait une relation depuis plusieurs mois. - A.-E.Lemoine: Deux hommes que tout oppose? - M.Bertrand: L'amant est apparu comme quelqu'un de posé, réfléchi, qui s'exprime très bien à la barre.
Même si sa compagne avait dressé un portrait peu flatteur quelques jours avant, C.Jubillar est décrit comme quelqu'un de jaloux, de possessif, de violent. Il a été décrit comme un père violent la semaine dernière, parfois grossier dans son vocabulaire.
On n'est pas sur la même ligne entre les 2 hommes. - A.-E.Lemoine: On a vu que la défense tente tant bien que mal de trouver d'autres coupables possibles, mais elle a fort à faire avec l'accumulation de témoignages à charge contre leur client.
Deux aujourd'hui, notamment, deux voisins formels, notamment sur la place de la voiture de D.Jubillar. Ca peut paraître des détails, mais dans une affaire sans preuves formelles, tout compte. - M.Bertrand: C'est un des éléments-clés de l'accusation.
La maison des Jubillar est en haut d'une petite montée. D.Jubillar avait l'habitude de rentrer, selon les voisins, en montant la voiture capot vers le haut, sans faire de marche arrière.
Or, quand les gendarmes arrivent à 4h du matin, la voiture est garée capot vers le bas, comme si quelqu'un avait déplacé la voiture pendant la nuit. Tous les voisins sont unanimes en disant qu'elle n'avait jamais l'habitude de garer la voiture capot vers le bas. - A.-E.Lemoine: "Si j'avais tué ma femme et avais transporté le corps, j'aurais fait la bêtise de remettre la voiture dans le mauvais sens?" - M.Bertrand: Lors de l'enquête, il ne se souvenait plus très bien.
Quand on lui a montré une photo des ronces le long de la voiture, il a reconnu avoir dit une erreur à la barre. Ca a créé un gros silence dans la salle. - A.-E.Lemoine: Un 2e témoignage d'une autre voisine, qui a vu C.Jubillar taper dans des parpaings.
Il a prononcé une phrase lourde de sens, selon elle. - M.Bertrand: Il aurait dit: "Je ne voulais pas ça." Qu'est-ce qu'il ne voulait pas?
On peut laisser les parties civiles...
Peut-être pensait-il qu'elle était partie volontairement rejoindre son amant...
Est-ce une preuve de culpabilité? Ca pose question. Quand on a posé la question à C.Jubillar, il a dit qu'il ne se souvenait plus de cette séquence. - E.Tran Nguyen: La mère de Delphine disait qu'elle ne sortait jamais sans les chiens.
C.Jubillar explique que sa femme aurait sorti les chiens un peu plus tard. Pourquoi cette 2e sortie à quelques heures d'intervalle?
Ca peut fragiliser la version de l'accusé? - M.Bertrand: Il reconnaît avoir sorti les chiens à 22h.
Un avocat des parties civiles lui demande: "Pourquoi elle les ressort une heure après?" "Pour ne pas qu'ils fassent leurs besoins pendant la nuit." Une de ses copines dit que D.Jubillar n'aurait jamais sorti les chiens parce qu'elle avait peur du noir.
A fortiori, elle ne serait jamais sortie dans la nuit. C'est ce que disent les proches, mais pas son mari.
Xavier Bertrand