Brigitte Macron, cible d'une fake news complotiste
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
- C.Roux: Le président du Venezuela a réagi à la provocation en disant que c'était une provocation qui pouvait mener à une guerre dans les Caraïbes. La première dame, B.Macron, a fait les frais du cyberharcèlement.
C.Owens s'est emparé d'une fausse information: B.Macron serait une femme trans.
Les fake news ont été reprises par l'expert complotiste. - C'est une folle rumeur qui a fait le tour du monde... - La grande question du jour est très simple: B.Macron est-elle un homme? - B.Macron serait un homme, biologiquement, et donc, une femme trans. - Inutile de dire que c'est une fausse information.
B.Macron a toujours été une femme. - Une fake news lancée en 2021, selon laquelle B.Macron serait une femme transgenre née homme, sous le nom de Jean-Michel Trogneux. 4 ans d'agitation et de fureur sur les réseaux sociaux et un procès qui s'ouvre aujourd'hui pour cyberharcèlement à la suite d'une plainte déposée par l'épouse du président. 8 hommes et 2 femmes âgés de 41 à 60 ans vont être jugés devant le tribunal correctionnel de Paris. - Parmi ces 10 prévenus, il y a des anonymes qu'on ne connaît pas, mais il y a aussi des noms bien connus qui épousent un spectre assez large du complot que ce soit pour le covid, l'Ukraine, les vaccins, le réchauffement climatique... - Une sphère complotiste incarnée par un visage: celui de l'influenceuse C.Owens, 36 ans, voix de l'Amérique Maga, proche de D.Trump et de C.Kirk. - C.Owens: B.Macron est née sous le nom de Jean-Michel Trogneux.
C'est la personne que vous voyez sur cette photo. - En quelques mois, elle a fait de cette rumeur son fonds de commerce. Sur sa chaîne YouTube, sa série de vidéos sur B.Macron a été vue des millions de fois. - C.Owens: Des journalistes ont commencé à se sentir menacés.
On leur a dit de venir à l'Elysée, mais il n'y avait personne à qui parler. Ils ne pouvaient rien vérifier quant au passé de Brigitte. Ils se sont retrouvés coincés à se demander qu'est-ce qu'ils avaient fait de mal en se posant des questions sur la première dame de France. - C'est une histoire incroyable.
En France, c'était une réalité bien connue. Ca s'est déroulé au grand jour. Seulement 1 Américain sur 1 million en avait entendu parler avant la sortie de votre série. - Mais comment riposter?
L'Elysée semble presque dépassé par l'ampleur de la rumeur. - E.Macron: Les pires des choses, c'est les fausses informations et les scénarios montés avec des gens qui finissent par y croire, et qui vous bousculent, y compris dans votre intimité.
Je n'en dirai pas plus. - En décembre 2024, le couple présidentiel adresse un courrier à C.Owens, par l'intermédiaire de leur avocat américain.
Il lui demande de retirer immédiatement ses affirmations fausses, diffamatoires et extrêmement préjudiciables. En février dernier, le président français aurait profité d'un déplacement à Washington pour évoquer le sujet avec D.Trump, proche de l'influenceuse.
Des tentatives vaines qui n'ont fait que remettre une pièce dans la machine complotiste. - C.Owens: On me dit qu'E.Macron bloque les négociations pour mettre fin à la guerre entre la Russie et l'Ukraine tant que tu parles de sa femme. - En juillet dernier, le couple présidentiel avait fini par porter plainte contre C.Owens pour diffamation.
Il prévoit de présenter des éléments scientifiques et des photos dans le cadre de la procédure pour prouver que B.Macron est bien une femme. - C.Roux: Un procès en France et une polémique qui a atteint les Etats-Unis. - N.Bacharan: Qui est d'une absolue malhonnêteté.
C'est très emblématique de ce règne de la rumeur. Quand on voit C.Owens ou T.Carlson, ce ne sont pas des journalistes, ce sont des entrepreneurs de médias qui gagnent énormément d'argent avec des pseudo-informations, les plus choquantes possible.
Ca n'a rien à voir avec l'information. Peu leur importe. L'argent rentre. - C.Roux: C'est soutenu par D.Trump? - N.Bacharan: C'est compliqué pour D.Trump. - C.Roux: Selon le journal "Le Monde", le sujet a été évoqué entre E.Macron et D.Trump lors d'une visite consacrée à l'aide à l'Ukraine.
E.Macron a demandé à D.Trump d'intervenir. - N.Bacharan: C.Owens n'est pas fiable.
Dans la galaxie Trump, elle lui cause des problèmes. Il ne la contrôle pas vraiment. C'est absolument pathétique.
Ca creuse cette question des faits alternatifs, de "vous n'avez pas vu ce que vous avez vu". Ca vient de loin. Il y avait les "X-Files" dans les années 90. "La vérité est ailleurs".
En 2017, quand D.Trump arrive à la Maison-Blanche, il n'y a pas trop de monde pour sa fête d'investiture. Il charge son porte-parole d'aller devant les caméras pour dire qu'il y avait un monde fou, beaucoup plus que pour Obama.
Le porte-parole y va. Les photos montrent le contraire. Le porte-parole dit que c'est comme ça.
A l'époque, ça faisait rire. Ce fameux porte-parole a fini à "Danse avec les stars". Ce n'était pas politiquement son projet.
Il n'y a plus de limites, maintenant. - I.Lasserre: Ca révèle à quel point nos sociétés sont malades.
Je trouve ça extrêmement grave. On est concernés aussi en France quand on sait que le livre de Thierry Meyssan, "L'Effroyable imposture", qui remet en cause le 11-Septembre et qui dit que ce sont les Américains qui se sont auto-attaqués, se vend à des milliers d'exemplaires et est traduit dans plusieurs langues. Les théories du complot se portent très bien en France.
Trump peut appliquer ces méthodes violentes envers l'influenceuse et lui envoyer deux malabars pour la faire taire. - F.Louis: C'est la différence de rapport entre la liberté d'expression aux Etats-Unis où elle est sacralisée, et la France.
Un procès commence en France. E.Macron a engagé des procédures aux Etats-Unis.
Ce sera différent, pour cette raison. Ca nous rappelle un problème plus grave qui est que la plupart des plateformes de diffusion numériques sont américaines et que le droit qui s'y applique est l'objet d'un bras de fer entre l'UE, qui veut imposer des normes plus strictes qu'aux Etats-Unis et D.Trump qui veut remettre en cause l'accord conclu cet été entre les Européens et les Etats-Unis si l'Europe ne recule pas sur sa régulation des géants du numérique américain. - R.Werly: On présente les choses, parce qu'on est attachés à cette vision, comme s'il y avait un espace informationnel américain et européen.
Ce n'est plus vrai. L'espace informationnel européen est intégré par ces conglomérats et leurs algorithmes nous gouvernent. Quand on parle de C.Owens, croire que C.Owens ne s'adresse qu'à un public américain aujourd'hui, c'est complètement faux.
Tout ce qu'elle écrit pour les Anglophones est diffusé très largement en Europe. Elle a une clientèle européenne. - C.Roux: Est-ce que J.Milei utilise autant les réseaux sociaux que D.Trump dans son mode de fonctionnement? - F.Louis: C'est un grand communiquant.
Vous avez évoqué ce grand concert qu'il a organisé il y a quelques semaines pour le lancement de son dernier livre. Tout cela était filmé en direct. Tous les dirigeants modernes usent des réseaux sociaux et ont des conseillers pour ça.