"Woman" par Yann-Arthus Bertrand et Anastasia Mikova ! - C à Vous - 28/02/2020
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Chapitres
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Seulement 11% des filles dans le monde se considèrent comme belles. »
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« Devenues femmes, elles ne sont plus que 4%. »
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« 72% des filles ressentent une pression énorme pour être belles. »
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« 80% des femmes s'accordent pour dire que chaque femme a quelque chose de beau en elle. »
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Vous évoquez aussi la beauté des femmes, ou plus exactement la manière dont elles se perçoivent, ce qui n'est pas tout à fait la même chose, car les femmes, globalement, ont du mal à se trouver belles. Les chiffres extraits de votre livre parlent d'eux-mêmes. Seulement 11% des filles dans le monde se considèrent comme belles. Devenues femmes, elles ne sont plus que 4%. 72% des filles ressentent une pression énorme pour être belles. Et 80% des femmes s'accordent pour dire que chaque femme a quelque chose de beau en elle, mais ne voit pas leur propre beauté, une beauté qui passe souvent par le regard des autres ou d'un autre. C'est le témoignage absolument bouleversant de Virginie.
Pendant 25 ans passés ensemble, il a manifesté ce désir, cet amour qu'il avait pour ce que j'étais, et ce que j'étais physiquement, enfin tout ce que j'étais, vraiment tout ce que j'étais. Et maintenant qu'il n'est plus là, la grande difficulté, mais je ne dois pas être la première, mais la grande difficulté c'est de savoir comment je vais pouvoir m'aimer moi-même. C'est exactement ça, comment on peut s'aimer soi-même sans passer par le regard des autres, ça c'est très compliqué. Depuis qu'il est mort, je me retrouve moche, c'est incroyable. Vous êtes émue encore en revoyant ces images ? Oui, je la connais bien.
C'est extraordinaire de se demander comment on va pouvoir s'aimer soi-même, parce qu'on avait délégué... Ce qu'elle dit est tellement juste, c'est tellement vrai, on est beau à travers le regard de l'autre. Quand on parlait de la beauté de l'heure des femmes, dans ce film, toutes les femmes sont belles. Même celles qui sont défigurées à l'acide, elles sont belles. Même les âgées, on le sent vraiment, et d'ailleurs tout le monde nous le dit. Oui, il y a une femme sans dents qui dit « moi on m'appelle jolie grand-mère ». Mais c'est vrai qu'elle est belle ! Elle est magnifique !
Et puis c'est vrai qu'il y a celles qui s'affranchissent justement du regard des autres, au moment où on s'y attend parfois le moins, à la faveur d'une terrible épreuve, comme le cancer. Et quand on se retrouve dans la salle de bain, même en étant prévenu, et qu'on fait ça... Et que là, vous avez toute votre chevelure dans vos mains, il vous reste trois poils sur la tête ! C'est atroce ! Et ce qui est très paradoxal, c'est que j'ai retrouvé ma féminité grâce à ça. Ça m'a permis le cancer, ça m'a permis de prendre soin de moi. Voilà la vie qui s'immisce partout !
Après ça, elle vous explique qu'elle a appris à se maquiller, elle a appris à se créer, elle a appris à se faire belle, et elle se trouve belle ! En fait, on a essayé de briser les tabous, mais sur tous les sujets. Pas seulement sur les sujets compliqués et difficiles, sur des choses à dénoncer, mais par exemple, ou même la sexualité. On y vient ! On y vient ! J'y viens ! C'est incroyable la façon dont elle parle de la sexualité !
En tout cas, vous le dites et vous l'écrivez tous deux, le plaisir féminin, ça s'apprend comme le reste, et vous citez là aussi beaucoup de chiffres extrêmement parlants, le clitoris par exemple, 42% des femmes ne savent pas que cet organe est entièrement dédié au plaisir. Je pense que beaucoup d'hommes ne le savent pas non plus. Je suis bien d'accord ! On est d'accord à 100% ! Mais pour une fois, ils ne sont pas les premiers responsables ! Dans le livre, comme dans le documentaire, je trouve que le témoignage de Théry est à la fois réjouissant et très édifiant sur la nécessité de l'information et de l'éducation, y compris quant à la sexualité.
Écoutez-la raconter sa découverte à plus de 50 ans de l'orgasme.
Je pensais que ma tête allait élevée, et je ne savais pas ce qui s'est passé. Et je me suis venu dans le bâtiment, et j'étais sur le côté de la bâtiment, et j'ai pensé que j'étais en train de l'éducation, parce que c'était juste... L'ignorance est une chose terrible.
Elle conclut magnifiquement. L'ignorance, le manque d'éducation... Gérald Kierczek, on ne peut pas faire d'avestir avec un orgasme. Non, non, ce ne sont pas les symptômes. Non, mais ce que vous dites sur le clitoris, pourtant, certaines cultures savent très bien que c'est l'organe du plaisir. C'est pour ça qu'on l'enlève. Les excisions qui sont évidemment évoquées dans le film. Ce sont un drame terrible. Mais le corps, finalement, c'est quelque chose... Avant, il y a eu des cours d'éducation sexuelle, d'anatomie. On a l'impression que maintenant, il y a du tabou. Donc j'ai peur aussi que, via l'éducation, les choses ne s'arrangent pas si facilement. Malheureusement.
D'où l'utilité publique quasiment de films. Nous, le corps est au centre du film. C'est le thème central, il me semble. Absolument.