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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 3 mai 2017 11 min

Nicolas Dupont-Aignan : "L'élection de M. Macron, avec une casse sociale sans précédent, serait dramatique"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Nicolas Dupont-Aignan

France Inter, point fr, le 7-9, Patrick Cohen, sur France Inter.

0:11
Présentateur

Bonjour Nicolas Dupont-Aignan. Bonjour Patrick Cohen. Qu'est-ce que votre alliance avec Marine Le Pen a changé à son programme présidentiel ?

0:17
Nicolas Dupont-Aignan

Plusieurs points, six points, qui me paraissent importants. En tout cas, d'abord je voudrais dire que j'ai beaucoup réfléchi avant d'annoncer mon soutien à Marine Le Pen, que je l'ai fait en conscience après cinq jours de discussion avec elle, sur son projet, après la consultation de mon mouvement bien sûr, et je l'ai fait, et je vais répondre à votre question tout de suite, parce que je pense très sincèrement que l'élection de M. Macron, avec un programme d'austérité et de casse sociale sans précédent, serait dramatique pour le pays.

Je le dis très clairement, donc j'ai fait ce choix en conscience, parce qu'au second tour j'estime, quel que soit son choix d'ailleurs, qu'on ne peut pas se dérober quand on est un dirigeant politique. Les républicains, certains ont appelé à voter M. Macron, moi j'appelle à voter Mme Le Pen, mais je crois que, en tout cas les électeurs dans l'isoloir, ils auront à choisir, et que c'est ma responsabilité de dire ce qui me paraît bon pour mon pays. Alors sur le programme, il y a plusieurs points qui étaient fondamentaux pour moi, de nature très différente.

Il y avait l'aspect économique, notamment la taxe à 3% sur les importations, je voulais qu'elle ne soit que pas systématique, et nous sommes tombés d'accord là-dessus, parce que je crois à une taxe anti-dumping, comme tous les pays font, mais je ne voulais pas qu'elle soit automatique. Pardon, cette taxe, elle vient après la sortie de l'Union Européenne, elle ne peut pas se faire dans le cadre des traités existants. Cette taxe viendra dans le cadre de la négociation, bien sûr. Mais je fais une précision, il y a beaucoup de mesures qui pourront être prises avant. Et c'est le premier point de l'accord que nous avons passé, qui est très important.

1:51
Présentateur

Il y a aussi beaucoup de mesures qui ne peuvent plus être prises avant, sans départ de l'Union Européenne, pas de protectionnisme, pas de taxes sur les produits importés, pas de patriotisme économique, pas de référence nationale, qu'est-ce qui reste ?

2:01
Nicolas Dupont-Aignan

Il y a plein de choses qui peuvent être faites avant. Je vais vous donner des exemples. Les aides au PME, le protectionnisme que j'appelle incitatif, et qui est commun, et qui d'ailleurs était commun entre nous, même avant le deuxième tour. La suppression de la directive travailleur détachée, qu'il faudra faire d'autorité. Non, on ne pouvait pas le faire sans accord avec les autres. Mais on le fera, parce que c'est l'intérêt national. Et il y a le rétablissement des contrôles aux frontières, qui est tout à fait possible, puisqu'il est déjà prévu par Schengen, et qu'on peut le faire. Pour la sortie de Schengen, il faut une modification des traités européens.

Sauf que vous ne connaissez pas Schengen, cher M. Patrick Cohen, et qu'il y a un article qui permet à chaque État, en cas de circonstance exceptionnelle, de prendre les mesures qui s'imposent. Et nous avions convenu tout à fait avec Marine Le Pen, en appelant les réservistes, qu'on pouvait contrôler nos frontières. Vous savez, il y a plein de choses qui peuvent se faire rapidement. Et je reviens à votre question. Il y a six points. Il y a un point sur l'euro, où on s'est donné un délai supplémentaire pour avoir le temps de bien négocier. Il y a des points sur la vie quotidienne. Je pense à mon programme handicap, que Marine Le Pen a repris.

Je pense, un point qui était très important pour moi, sur la scolarisation des enfants étrangers à l'école, et même des clandestins, où je ne veux pas que les enfants soient prisonniers des querelles des adultes.

3:14
Présentateur

Ça restera gratuit, donc.

3:16
Nicolas Dupont-Aignan

Bien évidemment. Et pour moi, c'était un point fondamental. Bref, je pourrais parler du vote blanc. Vous savez, ce qui est important, dans ce choix qu'ont à faire tous les Français, c'est de lire, j'invite les Français, à lire les programmes de chacun. Et on voit très bien que si on est attaché à l'indépendance du pays, si on ne veut pas passer directement sous la coupe de Bruxelles et de Mme Merkel, si on ne veut pas la casse complète, c'est-à-dire une loi El Khomri puissance 10, dès l'été, par ordonnance, ce que veut M. Macron, il l'a écrit dans Le Parisien, dès l'été, ce n'est pas 49-3 là, c'est une ordonnance, c'est-à-dire la dérégulation de tout le marché du travail.

Une loi El Khomri puissance 10 ? C'est très simple, M. Macron l'a écrit, j'ai relu son interview dans Le Parisien, qu'on peut retrouver sur Internet, il ne passera pas par le Parlement, et cela veut dire que la négociation du droit du travail, du temps de travail, se fera dans l'entreprise, puis par branche. Ce sera une casse sociale sans précédent depuis la libération.

4:14
Présentateur

Non, il peut y avoir des dérogations dans l'entreprise aux branches. Quel est le programme de Mme Le Pen ? Eh bien justement... Dérogation par branche, au temps de travail...

4:21
Nicolas Dupont-Aignan

Ce n'est pas du tout la même chose que par entreprise. Sur des accords majoritaires ?

4:25
Présentateur

Dans les deux programmes, ce sont des accords majoritaires, non ?

4:27
Nicolas Dupont-Aignan

Par branche, les syndicats ont un point de veto considérable. Je veux vous dire très clairement...

4:35
Présentateur

Et dans l'entreprise, non ?

4:36
Nicolas Dupont-Aignan

Le choix est très simple. Non, bien sûr que non. Tous les salariés d'une petite entreprise savent très bien qu'ils n'ont pas le même poids et qu'ils ne seront pas protégés. La vraie question, vous savez, c'est que si M. Macron est élu, il déroulera le plan de la Commission européenne qui vise à aligner la France sur ce qui s'est passé en Espagne, en Grèce, en Allemagne, c'est-à-dire une dérégulation complète du droit du travail. Il veut d'ailleurs même supprimer l'indemnisation au chômage, c'est-à-dire la réduire. Il veut un SMIC jaune, ça veut dire la fin du SMIC. Ça veut dire la fin du SMIC pour les jeunes. Je veux dire très clairement... Ça veut dire très clairement...

Il faut que les Français en soient conscients. Il veut la hausse de la CSG.

5:16
Présentateur

Des salaires à 4 euros de l'heure, comme en Pologne, a dit Mme Le Pen, a dit le peinte. Oui, c'est vrai, vous avez vu dans le programme ça aussi.

5:23
Nicolas Dupont-Aignan

C'est la suite logique de M. Macron. La hausse de la CSG, pour les retraités qui m'écoutent, la hausse de la CSG, c'est écrit. C'est écrit, la hausse de la CSG. Je ne l'ai pas inventée. Mais il suffit de lire. Il faut comprendre. Mais il ne peut pas faire autrement, puisqu'il a été à Berlin dire, on va appliquer tout ça.

5:41
Présentateur

Est-ce qu'on peut reprendre le programme de Marine Le Pen, puisque vous serez son Premier ministre si elle arrive à l'Elysée ?

5:46
Nicolas Dupont-Aignan

Alors, il reste dans ce programme des mesures que vous jugez pas sérieuses,

5:50
Présentateur

pas sérieuses, avant de toper avec le FN. La retraite à 60 ans.

5:53
Nicolas Dupont-Aignan

La retraite à 60 ans, j'estimais qu'elle était dure à financer. En même temps, je pense, et je me suis mis d'accord avec elle, chacun fait des pas. Elle a fait un pas sur la taxe à 3%, elle a fait un pas sur beaucoup de choses, et sur la retraite à 60 ans. Ça serait une grande conquête sociale de pouvoir le faire, et nous le ferons. Voilà, c'est un engagement qu'elle a pris, et je l'appliquerai. L'abrogation de la loi Taubira du mariage pour tous. Oui, l'abrogation, moi j'étais plutôt sur une réécriture, mais nous sommes d'accord sur l'esprit. Marine Le Pen veut absolument qu'il y ait une union civile pour les couples homosexuels.

Il n'y aurait pas du tout de rétroactivité, c'est-à-dire que bien sûr, tous ceux qui sont mariés resteraient mariés. Et l'idée n'est pas d'empêcher, bien évidemment, l'union des couples qui le souhaitent, pas du tout. L'idée, c'est de bloquer la filiation, c'est-à-dire la GPA.

6:45
Présentateur

Enfin, il n'y aura plus de mariage entre couples... Il n'y aura plus de mariage entre un couple du même sexe, on est d'accord ?

6:50
Nicolas Dupont-Aignan

C'est le programme. Que vous approuvez. Ben oui, sinon je n'aurais pas passé un accord.

6:55
Présentateur

Lundi, vous étiez à Villepinte, vous avez pris la parole avant d'écouter le discours de la candidature. Vous aviez déjà assisté à un meeting de Marine Le Pen ? Ben non, sinon je ne serais pas...

7:03
Nicolas Dupont-Aignan

C'était une première, et j'ai trouvé que... Et je vais vous dire, j'ai vu en étant à Villepinte, combien on avait caricaturé ce parti qui a énormément évolué. J'ajoute d'ailleurs que mon parti demeure, de boule à France, qu'il aura des candidats aux élections législatives quasiment partout en France. Il demeure sans état-major ? Sans état-major, au plaisant.

7:26
Présentateur

Vous avez perdu trois vice-présidents, secrétaire général, deux délégués nationaux, votre premier adjoint hier.

7:31
Nicolas Dupont-Aignan

Mais il y a, sur les 100 secrétaires départementaux de mon parti, il n'y en a que 5 qui sont partis. Nous avons eu des milliers d'adhésions en 48 heures. Vous savez, j'ai fait ce choix en conscience pour mon pays. « Je ne veux pas d'une France qui disparaisse totalement ». J'ai croisé, tiens, hier, ça vous intéressera peut-être. C'est quoi une France qui disparaît ? Je vais vous dire, j'ai croisé madame Marie-France Garraud, conseillère de Jacques Chirac, grande gaulliste, et qui m'a dit très clairement, je l'ai croisé par hasard dans la rue hier. Et elle me dit... Ça alors ? Oui, c'est étonnant. Et elle me dit quoi ? Oui, vous pouvez vous moquer. Non, je ne vois pas.

C'est un des grands esprits de la République, et c'est quelqu'un qui a une pensée très forte sur l'histoire du monde, et qui est reconnue par tout le monde. Elle m'a dit, c'est le conflit aujourd'hui, entre l'argent roi, M. Macron, et la souveraineté du peuple. C'est ça l'élection présidentielle qu'il y a devant nous. C'est un conflit majeur entre un homme qui sera aux ordres d'un système financier, qui va normaliser la France, la mettre sous l'autorité de Bruxelles, et tous ceux qui ont voté non au référendum de 2005, et qui s'en souviennent, doivent bien comprendre, et c'est pour ça que j'ai pris position, que l'élection de M.

Macron serait vraiment un chemin sans retour, avec d'ailleurs les Français dans la rue au bout de six mois. Parce que ce serait une casse sociale sans précédent. Et bien je vous le dis...

8:54
Présentateur

Mais vous n'avez pas cité beaucoup de mesures qui montrent la casse sociale, la soumission aux banques, etc.

8:58
Nicolas Dupont-Aignan

La poursuite des travailleurs détachés, quand on vous remplacera par un Roumain payé deux fois moins cher... Ah ça y est, ça commence, on l'avait déjà fait la dernière fois, mais ça ne marche pas. Oui, parce que c'est extraordinaire,

9:06
Présentateur

on ne vous remplacera pas par un Roumain parce que le SMIC ne sera pas aboli. Oui, mais les charges ne sont pas les mêmes.

9:10
Nicolas Dupont-Aignan

Et on voit que vous n'êtes pas chef d'une petite PME qui voit les marchés publics lui échapper, les fenêtres d'un hôpital, la construction d'un commissariat parce que des travailleurs Roumains et Polonais payaient deux fois moins cher avec les charges. Non, ils ne sont pas payés deux fois moins cher. Vous le savez très bien. C'est absolument faux. Et pourquoi il y en a 500 000, M. Cohen ? Oui. Pourquoi il y en a 500 000 ? Et pourquoi les chauffeurs routiers sont au chômage ? Et pourquoi dans certains départements, les Français n'en peuvent plus ? Parce que c'est facile à Paris, dans les beaux quartiers, de rigoler de ça. Les beaux quartiers, vous l'avez croisé où, Madame ?

Près de l'Assemblée nationale, oui. Oui, dans le 7ème arrondissement. Et alors, ça n'empêche pas le pouvoir de l'argent. Monsieur, vous savez, il suffit de voir la misère.

9:48
Présentateur

C'est pour les beaux quartiers, les parisiens. Vous savez très bien. Monsieur, écoutez, peut-être, mais la réalité,

9:55
Nicolas Dupont-Aignan

c'est que vous ne voyez pas, mais ça, c'est pas nouveau, la souffrance sociale qu'il y a dans notre pays. Et moi, je veux traiter les causes. Ça veut dire suppression de la directive travailleurs détachés. Ça veut dire protectionnisme minimal pour éviter l'arrivée sur notre territoire de produits bas de gamme, qui sont d'ailleurs trafiqués et qui font que nos agriculteurs crèvent aujourd'hui. C'est ça, la réalité. Cela veut dire aussi augmentation du pouvoir d'achat. Arrêter la folie des impôts. Arrêter cette logique folle d'augmentation des impôts. Cela veut dire maintenir les services publics en zone rurale. Monsieur Macron a voté la loi NOTRe et veut continuer la politique.

Il veut faire, par exemple, 10 milliards d'économies. C'est écrit sur la sécurité sociale. Comment on fait ? Les hôpitaux sont déjà à bout. Vous imaginez 10 milliards d'économies supplémentaires sur les hôpitaux ? Il veut supprimer 150 000 postes de fonctionnaires. Est-ce qu'on peut continuer comme ça ? 120 000.

10:45
Présentateur

Nicolas Dupont-Aimian, invité Transinter. On vous retrouve et on aura d'autres questions pour vous tout à l'heure avec les auditeurs d'Inter dans quelques minutes. Il est 8h32. Allons-titrage Société Radio-Canada

10:54
Locuteur

Merci à've !

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