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interviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 3 décembre 2023 7 min

Philippe Laurent

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

France Inter, Alibadou, Marion Lourdes, le 6-9. Et votre premier invité de cette matinale, Marion, est maire de la Belleville de Sceaux et deuxième président de l'Association des Mères de France. Bonjour Philippe Laurent.

0:17
Philippe Laurent

Bonjour, merci pour Belle.

0:19
Présentateur

Je vous ai invité ce matin pour parler festivité, Noël, illumination, mais difficile quand même d'ignorer l'actualité tragique ce matin avec cette attaque hier soir sur le pont de Birakem à Paris qui a fait un mort et deux blessés. Dans ce contexte, vous Philippe Laurent, vous maire, vous protégez, vous administrez. Comment à l'approche de Noël et avec toutes les animations qui vont avec ?

0:39
Philippe Laurent

Oui, alors traditionnellement, nous avons un renforcement de la présence à la fois de la police municipale et de la police nationale, notamment en fin de journée sur l'ensemble du quartier commerçant de Sceaux. Donc voilà, nous continuerons ainsi. Et je veux aussi dire qu'il y a une très belle mobilisation des commerçants. Nous avons une application qui s'appelle Voisins Vigilants et Solidaires. Là, c'est Commerçants Vigilants et Solidaires qui fonctionne très bien dès lors que quelque chose de suspect peut se produire. Ça arrive avec des vols à l'étalage, des choses comme ça.

Et les commerçants sont très solidaires les uns avec les autres et signalent immédiatement ces faits, notamment à la police municipale. Donc ça marche bien. Alors naturellement, on n'est jamais à l'abri, évidemment, d'un acte isolé.

1:28
Présentateur

Parce qu'hier, par exemple, l'aval en Mayenne a dû annuler le lancement de ces illuminations à cause d'une alerte à la bombe. Vu le contexte actuel, vous redoutez-vous un événement de ce type ?

1:36
Philippe Laurent

On redoute toujours. Vous savez, quand on est maire, on est toujours sur le qui-vive et on est toujours inquiets de cette possibilité d'avoir une mauvaise nouvelle. Bon, c'est le métier de maire qui veut ça. Mais les moyens qui sont mis, je pense, rassurent aussi nos concitoyens et puis les commerçants.

1:57
Présentateur

Question, parce que ça va avec aussi ce contexte de fortes tensions autour des religions liées à la crise au Proche-Orient. À Strasbourg, l'an dernier, par exemple, il y avait eu une grosse crispation autour de la liste de produits autorisés à la vente sous réserve. Il y avait dedans les crucifix. Et l'opposition LR avait rappelé que le marché de Noël, ça doit être l'affirmation des racines chrétiennes, là je les cite. Vous, vous êtes connu pour votre grand marché aux centons. Vous vous situez comment par rapport à ça, par rapport à cette laïcité ?

2:23
Philippe Laurent

Bah, écoutez, les centons, c'est une tradition qui dépasse très largement la question religieuse. Bon, voilà, moi je n'ai jamais eu de remarques de quiconque sur cette question. Il y a d'ailleurs un cortège aussi de Noël qui est opéré par la paroisse dans les rues. Je n'ai jamais eu de remarques là-dessus. On a aussi l'allumage des lumières d'Anouka, qui a lieu chaque année aussi sur une place, une petite place. Voilà, ça dure deux heures. Et à Sceaux, les choses se sont toujours bien passées. Mais avec la protection, naturellement, à des forces de l'ordre, parce que là, c'est assez sensible. Voilà, donc nous nous prenons en effet la décision de maintenir tout ça. Et donc ?

Ça fait partie du vivre ensemble dans notre ville.

3:13
Présentateur

Et donc ces festivités, je le disais, cette foire au centons, il va y avoir une marche au flambeau le 17 décembre. Est-ce que vous faites partie de ces mers qui, par soucis écologiques, ont abandonné ou en tout cas baissé le nombre d'illuminations traditionnelles ?

3:28
Philippe Laurent

Non, non, non. Parce que nous estimons que les habitants et les commerçants ont besoin de ça. En fin d'année, il y a une tradition et une ambiance festive qui est créée. Je pense que nos concitoyens ont aussi besoin de ça, compte tenu notamment des tensions et de la difficulté de l'actualité. Donc non, alors, il ne faut pas penser non plus que tout ça coûte très cher en termes de consommation électrique.

3:54
Présentateur

Voilà, c'est un budget ? Quel budget ?

3:56
Philippe Laurent

Alors, pour tout dire, c'est un budget qui est partagé évidemment avec les commerçants. Donc les commerçants s'occupent de leur vitrine et nous, nous occupons de la rue, enfin des rues, des mises en place de guirlandes, etc. Puis de petits objets. Les commerçants font aussi d'ailleurs une décoration de leur vitrine avec des automates. Enfin, c'est assez sympa, notamment pour les enfants. Et le budget au total, en fait, ce qui coûte, si vous voulez, c'est la mise en place des illuminations. Ce n'est pas la consommation électrique. Ce n'est pas l'énergie. Non, ce n'est pas l'énergie. La mise en place des illuminations, c'est un coût de l'ordre de 80 à 100 000 euros selon les années.

Voilà, 80 à 100 000 euros pour les mettre en place et les enlever. Alors que la consommation d'énergie, on est autour de 1 500 à 2 000 euros. Sur toute la durée. Sur toute la durée des illuminations. Qui est de quand à quand ? Là, ça a commencé vendredi chez nous et ça se termine le 10 janvier. Et simplement, nous les éteignons pendant la nuit de minuit à 5 heures du matin. Mais en fait, on le fait par souci. En réalité, c'est plus cosmétique qu'autre chose. Ce n'est pas par souci d'économie. La consommation électrique des illuminations de Noël en LED, ça ne coûte pratiquement rien.

5:05
Présentateur

Vous êtes en LED, vous ?

5:06
Philippe Laurent

Oui, tout en LED.

5:07
Présentateur

Est-ce qu'il y a des critiques sur les LED qui consomment effectivement moins, mais aussi qui peuvent avoir un impact sur la vision des enfants, des personnes âgées, qui éclairent beaucoup et qui donc peuvent aussi faire de la pollution lumineuse ? Alors, comment vous vous positionnez ? Il y a toujours des défauts.

5:20
Philippe Laurent

Oui, il y a toujours des défauts. Et franchement, je pense qu'il y a peut-être d'autres sujets de préoccupation s'agissant par exemple de la vue des enfants. Peut-être aussi, regardez-moi les écrans.

5:29
Présentateur

Et donc, sur les horaires, vous avez gardé les mêmes plages horaires que l'année dernière ?

5:35
Philippe Laurent

L'année dernière, on les a diminués justement. On a diminué pendant la nuit, de minuit à 5h du matin. Mais encore une fois, c'est cosmétique. C'est pour éviter des polémiques qui seraient inutiles.

5:47
Présentateur

Il y en a eu par exemple à Nantes, où on a dit carrément que la mer a volé Noël. Vous avez peur de ça ? Non, non, pas. Pourquoi ? Qu'on vous accuse de voler Noël si vous décidez de baisser l'intensité lumineuse ou d'éclairer moins ?

6:03
Philippe Laurent

Ah oui, oui. Non, mais là, très franchement, tout ça a été très bien accepté. Vous savez, entre minuit et 5h du matin, en rassaut, il n'y a quand même pas grand monde. Donc, il n'y a pas de soucis.

6:13
Présentateur

Sur les sapins, vous vous souvenez, ça fait quand même quelques années qu'il y a polémique autour des sapins, notamment avec les mers écologistes qui ne voulaient plus avoir de sapins dans leur ville.

6:22
Philippe Laurent

Vous, vous faites comment ? Eh bien, non. Nous, on a continué à mettre quelques sapins dans le quartier piéton avec des guirlandes qui sont d'ailleurs installées et puis démontées parfois par les commerçants et même pour le soir pour qu'elles ne soient pas volées parce que ça existe aussi. C'est écolo ? De mettre des sapins coupés. Non, ce n'est pas très écolo. Enfin bon, ce n'est pas non plus une catastrophe. D'ailleurs, ces sapins, c'est des petits sapins et ces sapins sont réutilisés pour notre feu de la Saint-Jean. Donc, on garde le bois et on les réutilise pour le feu de la Saint-Jean qui a lieu au mois de juin. C'est recyclé, donc c'est l'économie circulaire.

6:59
Présentateur

Philippe Laurent, le maire de Sceaux, pour nous parler de Noël dans sa commune. Merci de nous avoir répondu sur France Inter. Le maire de la belle ville de Sceaux, merci à tous les deux.