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interviewEurope 1 — L'interview politique du week-end· 19 avril 2026 12 min

Abus sexuels dans les écoles : Geoffroy Boulard, maire LR du XVIIe dénonce la mairie de Paris qui met «la poussière sous le tapis»

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Bonjour Geoffroy Boulard, merci d'être avec nous en studio et en direct sur Europe 1 ce matin. On va parler donc de ce moment très important pour votre famille politique. À un peu plus d'un an, à un an même, de la présidentielle ce week-end, les 76 000 adhérents des Républicains sont appelés à voter. Trois options, je le rappelle aux auditeurs, une primaire fermée, une primaire ouverte ou alors la validation directe de la candidature de Bruno Rotaillot qui souhaite aller à l'Elysée. Visiblement, c'est plutôt cette dernière solution qui tient la corde.

Est-ce que vous pouvez peut-être nous dire déjà ce matin sur Europe 1 ce que vous avez fait, votre choix, vous, entre ces trois propositions qui sont soumises aux adhérents LR ?

0:42
Geoffroy Boulard

Moi, je crois d'abord à la compétition, à la compétition des idées qui nous permettra de dégager un programme présidentiel. Là, on a trois possibilités en tant qu'adhérents les Républicains. Je regrette qu'on ait un peu, finalement, escamoté le débat sur le périmètre d'une primaire des idées, au-delà des personnes que vous avez citées. L'enjeu, c'est de dégager des propositions qui changent la vie des Français. Et je trouve que cette consultation interne, elle a du bon. C'est toujours bien quand un parti politique interroge ses adhérents. On le blâmerait s'il ne le faisait pas.

Mais je trouve que le débat est un peu fermé avec une troisième option qui est de choisir le président du parti qui a été élu l'année dernière.

1:29
Présentateur

Assez, Bruno Rotailleau, qui a été élu assez facilement et assez largement.

1:33
Geoffroy Boulard

Tout à fait, mais nous avons perdu beaucoup d'adhérents en un an. Il n'y a plus que 75 000 votants ce matin. Et ça, c'est le signe que nous avons déçu depuis un an. Et donc, je pense qu'il fallait plutôt ouvrir le jeu et permettre aux adhérents de se positionner entre un vote à huis clos qui ne parle pas au français. Parce qu'aujourd'hui, on ne voit pas l'élan. Je vous ai donné le chiffre. Et puis, quelque chose de plus ouvert, où finalement, on se met d'accord sur un certain nombre de grandes idées, de grands principes républicains de la droite et du centre. Et après, des candidatures qui vont porter ces idées. Et qu'on ouvre le jeu.

Parce qu'aujourd'hui, on est à un an de la présidentielle. On a le temps encore de bâtir un programme présidentiel avec l'ensemble des prétendus candidats. Moi, je ne crois pas qu'on doive se résigner. C'est pour ça que j'ai choisi de soutenir David Lissnard depuis de nombreuses années. Lui, il souhaite qu'on ouvre le jeu. Il a un programme libéral sur l'économie.

2:32
Présentateur

Il fait partie de ceux, c'est ce que je disais dans la présentation, qui seraient prêts à ouvrir d'Edouard Philippe jusqu'à Saracnafo pour une mise à plat des idées de la droite.

2:42
Geoffroy Boulard

Oui, alors, au-delà des personnes, c'est les idées d'abord. Et après, vous aurez une incarnation individuelle, personnelle. Mais le sujet, c'est qu'est-ce qu'on met dans une primaire de la droite et du centre ? Comment on parle de la responsabilité ? Comment on parle de la liberté ? Comment on libère les énergies de notre pays ? Comment on discute aussi de la politique fiscale en France ? Comment on travaille sur les sujets de solidarité avec les plus vulnérables ? Il y a beaucoup de sujets de fond qui intéressent les Français.

Les problèmes de personnes qui reviennent à chaque fois quatre ans après l'élection présidentielle, un an avant le nouveau scrutin, sont assez épuisants pour beaucoup de Français.

3:20
Présentateur

Est-ce qu'on saura ce soir ce que les militants, les adhérents LR ont choisi ? On le saura peut-être demain matin, je ne sais pas si...

3:27
Geoffroy Boulard

Je crois que la communication aura lieu dans les prochaines heures à la fin du scrutin. Mais moi, je dis que c'est une occasion un peu ratée. Notre enjeu aujourd'hui, c'est d'avoir une adhésion populaire aux idées de la droite et du centre. Mais alors justement... Après neuf ans, dix ans l'année prochaine, en même temps, qui a produit beaucoup de frustrations, de déceptions. Il nous faut aujourd'hui un programme robuste.

3:53
Présentateur

Parce qu'il y avait un édito assez piquant hier d'Alexandre Devecchio, qui est journaliste au Figaro, et qui disait justement que même si ce soir, Bruno Rotaillot est massivement choisi par les adhérents LR pour vous représenter, pour représenter les Républicains à la présidentielle, il a dit que malheureusement, il sentait déjà, excusez-moi l'expression, une guéguerre interne entre Laurent Wauquiez et d'autres candidats qui disent, ou l'ancien Premier ministre, Michel Barnier, qui justement serait pour, comme vous le disiez, un débat d'idées, de confrontation. Si ce soir, Bruno Rotaillot est élu, on n'en parle plus. C'est parti pour 2027, c'est votre candidat.

4:36
Geoffroy Boulard

Moi, mon candidat, c'est David Vittard. Voilà, je vous le dis, nous, on élargit, on fait un tour de France avec plusieurs élus pour aller discuter avec les Français. Alors, c'est important ce que vous dites.

4:45
Présentateur

Si Bruno Rotaillot est élu ce soir, vous partez avec lui ou vous dites, non, finalement, ce n'était pas mon choix. Et dans ce cas-là, il y a une possibilité peut-être aussi de quitter LR et de partir avec David Lissnard, parce que si j'ai bien suivi, il a quitté les Républicains.

4:59
Geoffroy Boulard

Oui, il a quitté les Républicains parce qu'il n'était pas d'accord avec cette stratégie. Il avait demandé à Bruno Rotaillot d'ouvrir le débat sur la primaire et de permettre aux adhérents de voter. Mais en rajoutant le choix du président comme candidat finalement désigné par un fichier d'adhérents, alors on a besoin des adhérents, évidemment, pour les Républicains, mais ça ne confère pas de légitimité populaire. Et là, je pense qu'on se trompe. Il faut parler au peuple français. Il faut parler des enjeux. On va tourner une page du macronisme, il faut qu'il y ait des grands débats dans toute la France.

Les Républicains depuis un an ne se sont jamais réunis en grands congrès, en grandes assises, pour discuter des différentes lignes. On a juste après les municipales eu ce scrutin un peu forcé, il faut bien le dire, pris de court. Or, c'est sérieux une présidentielle. Ça ne peut pas se régler uniquement dans les coulisses et dans les sondages. Il faut parler au français. Et c'est ce que David Lissnard fait depuis plusieurs mois. Nouvelle énergie engrange beaucoup d'adhésions. Et je crois qu'aujourd'hui, il faut ouvrir le jeu. La primaire ouverte, en se mettant d'accord sur le fond, en tout cas sur les sujets qu'on veut y traiter, elle est absolument nécessaire, elle est encore possible.

6:15
Présentateur

Jean-François Copé, qui était l'invité de CNews il n'y a pas longtemps, a été assez critiqué aussi, parce que finalement, il a une ligne complètement, en tout cas assez différente de celle de Bruno Rotaillot.

Il y a beaucoup de gens qui se disent « Mais pourquoi ces personnes qui ne sont pas alignées avec la politique de Bruno Rotaillot, qui est assez dure sur l'immigration, qui vont revenir sur les accords franco-algériens de 1968, sur plein d'autres sujets, pourquoi ne pas quitter les Républicains quand on n'est pas en adéquation avec cette ligne, pour rejoindre le parti de Gabriel Attal ou celui d'Edouard Philippe, ce soit Renaissance ou Horizons, il y a d'autres courants politiques qui pourraient peut-être être plus en accord avec ces personnalités-là.

6:57
Geoffroy Boulard

Chacun a son devoir de clarté. Après, vous avez toujours des stratégies individuelles. Moi, je pense que les Républicains n'ont pas à choisir le Premier ministre du futur candidat à la présidentielle Edouard Philippe de nez gagnant. Nous, on a des idées à faire valoir et il reste un an. Tout est encore possible. La présidentielle n'est pas jouée. Et je pense que la droite républicaine a un message à faire passer aux Français. Encore faut-il se rassembler, parler avec les Français, discuter de comment on voit l'organisation de l'État. Ce ne sont pas des ajustements techniques qui vont suffire.

Et puis, on doit aussi faire l'inventaire de ce que la droite n'a pas réussi quand elle était au pouvoir et de ce qu'elle fera si elle l'est demain.

7:40
Présentateur

Bon, on a bien compris en tout cas votre positionnement sur ce vote très important chez les adhérents LR. Vous êtes maire du 17e arrondissement Geoffroy Boulard à Paris, membre des Républicains. Vous avez suivi évidemment avec attention ce scandale de violence dans le péri-scolaire. C'était très important ce matin pour moi de vous faire réagir là-dessus. Le préfet d'ailleurs a pris la parole dont j'ai oublié le nom mais ça va me revenir. Patrice Fort. Patrice Fort, exactement. Qui a pris des mesures sur le péri-scolaire. Qui veut aller plus loin en interdisant...

En tout cas, la question c'était dès qu'il y a une alerte, dès qu'il y a quelqu'un qui est mis en avant, il faut qu'il soit mis de côté. Et ça c'est important que ce soit très clair pour les auditeurs de repas parce que cette question-là elle est très importante.

8:35
Geoffroy Boulard

Oui, c'est vrai qu'on a un scandale tout à fait conséquent en matière d'abus sexuels dans les écoles publiques parisiennes. C'est la pédophilie, c'est la pédocriminalité dont il s'agit parce qu'on ne veut pas mettre parfois les mots sur les problématiques. Nous, on a alerté depuis de nombreuses années au Conseil de Paris avec mes collègues Inès de Ragnel et Nelly Garnier avec Rachida Detti et Grégory Canal encore récemment. On dit quoi ? On dit aujourd'hui le périscolaire, les activités périscolaires dans le public elles doivent être supprimées en maternelle. On doit revenir à une semaine de 4 jours pour pouvoir avoir des professionnels qui le mercredi s'occupent des enfants.

On doit mettre en place de la vidéo dans les lieux qui accueillent les enfants. On doit empêcher qu'il y ait des adultes qui restent enfermés dans des pièces. Des mesures très concrètes. On a demandé une mission d'évaluation de ce qui a été mis en place par la mairie de Paris depuis toutes ces années et un audit de flash. Ça nous a été refusé. Une convention citoyenne proposée par le Marne de Paris n'est pas acceptable. On parle d'enfants, on parle de familles, on parle de victimes. Et aujourd'hui, on essaie de mettre un peu de poussière sous le tapis même s'il y a eu quelques avancées. Elles sont insuffisantes. Il faut être très strict sur ces sujets-là.

9:54
Présentateur

Et c'est le professeur des Hauts-de-Seine dont je parlais, Alexandre Brugère, qui veut être très ferme sur cette question-là. Un dernier mot sur justement, vraiment très rapidement on doit conclure, sur le nouveau maire de Paris, Emmanuel Grégoire, il est du Parti Socialiste. Est-ce que ce sera moins catastrophique selon vous ? Parce qu'on imagine que vous estimez que le bilan d'Anne Hidalgo est mauvais. Est-ce que pour les finances de la ville de Paris, Emmanuel Grégoire peut faire quelque chose de mieux qu'Anne Hidalgo sur le sujet ?

10:23
Geoffroy Boulard

On attendra ses propositions en matière budgétaire mais je ne suis pas rassuré par ce que j'entends et ce qu'il a promis pendant la campagne, il n'y aura pas de rupture avec Anne Hidalgo, on sera dans la continuité et donc avec plusieurs élus républicains à Paris, nous serons dans la résistance mais nous serons dans l'opposition constructive.

10:43
Présentateur

J'ai noté tout de même qu'il voulait vendre le Parc des Princes au Qatar et il y a un match de Ligue des Champions la semaine prochaine, ça va arriver très vite, il y a peut-être des auditeurs d'Europe 1 qui supportent le Paris Saint-Germain qui nous écoutent ça c'est quand même le contre-pied de ce que voulait faire Anne Hidalgo sur la vente du Parc des Princes au Qatar.

10:59
Geoffroy Boulard

Nous, nous avons justement proposé au maire de Paris de travailler avec lui pour que cette vente se fasse dans des conditions optimales pour les Parisiens et notamment pour les habitants du 16e arrondissement avec le maire Jérémy Redler qui sera à la table des négociations, c'est ce que la droite républicaine parisienne a obtenu, sinon le maire de Paris n'aurait pas pu avoir le mandat du Conseil de Paris pour discuter avec le Paris Saint-Germain. On a besoin du Paris Saint-Germain au Parc des Princes.

Je crois que c'est très important et puis il y a beaucoup de pays en Europe dont les grands clubs sont détenus par les stades sont détenus par les grands clubs donc il n'y a pas de crispations à avoir en tout cas il faut regarder les choses avec lucidité mais avec vigilance. On va voir si ça va se faire. Merci beaucoup Geoffroy Boulard

11:46
Présentateur

d'avoir été avec nous martin 17ème arrondissement de Paris chez les Républicains. Bon dimanche.