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Podcast / conversationFrance Culture — L'invité(e) des Matins (sur Site radio)· 13 février 2026 13 minContradictoireMixteBudget & impôtsJustice

Jeffrey Epstein, de professeur de mathématiques à magnat de la finance : épisode 1 du podcast Jeffrey Epstein : itinéraire d’un prédateur | France Culture

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Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 50 %Attaque 30 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:04InvitéPromesse
    « Comment s'opère cette ascension fulgurante ? Quel talent qu'elle rencontre ? Mais aussi quelles manipulations lui permettent de gravir les échelons ? »

Temps de parole

  • Invité36 %
  • Invité 231 %
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  • Invité 310 %
  • Locuteur non identifié 24 %
  • Invité 42 %
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0,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Locuteur non identifié

France qu'il tire

0:01
Présentateur

Pensez-vous que vous êtes le diable incarné ?

0:10
Locuteur non identifié

Non, mais j'ai un bon miroir. C'est une question sérieuse. Pensez-vous que vous êtes le diable incarné ?

0:18
Invité

Je ne sais pas pourquoi vous me demandez ça.

0:21
Locuteur non identifié

Je n'avais plus aucune estime de moi. J'avais peur que ma vie n'ait aucun sens. J'étais la victime parfaite pour eux.

0:31
Invité

Une fois encore, la justice a laissé tomber les victimes de Jeffrey Epstein. Je n'étais pas fan de Jeffrey Epstein. Des gens ont même raconté que je l'ai jeté d'un club. Je ne voulais avoir aucun rapport avec lui. C'était il y a des années de ça. Et ça prouve une chose que j'ai bon goût.

0:50
Présentateur

3,5 millions de données brutes lâchées dans la nature fin janvier. Des politiques, artistes, financiers, du monde entier au cœur du scandale.

0:58
Locuteur non identifié

Les visages de l'actu. Jeffrey Epstein, itinéraire d'un prédateur.

1:04
Invité

Voilà une histoire aux multiples conséquences. Je commence par la fin. Le 10 août 2019, Jeffrey Epstein est retrouvé mort dans sa cellule de prison à New York. Cet homme qui s'était hissé au sommet de la finance et avait tissé des liens avec les plus puissants de ce monde, emporte avec lui une partie de ses secrets. Mais derrière le financier milliardaire se cachait un prédateur sexuel qui, pendant des décennies, a organisé un réseau pédocriminel d'une ampleur exceptionnelle. Comment un simple professeur de mathématiques de Brooklyn a-t-il pu construire un empire financier aussi mystérieux qu'Opac ?

Comment a-t-il réussi à fréquenter présidents, princes et milliardaires, tout en abusant de dizaines de jeunes filles en toute impunité ? Et surtout, comment la justice américaine a-t-elle pu le laisser échapper une première fois ? Dans cette série, en quatre épisodes des visages de l'actu, nous retraçons l'itinéraire de Jeffrey Epstein, de son ascension fulgurante dans la finance, à la construction de son réseau criminel, de sa première condamnation dérisoire à sa chute finale, une histoire qui interroge les liens entre pouvoir, argent et impunité.

2:17
Locuteur non identifié

Épisode 1, du professeur de mathématiques au mania de la finance.

2:22
Invité

Jeffrey Edward Epstein, il était un narcissiste. Il n'avait aucune capacité de sentir l'empathie. Quel collège a-t-il été ? Cooper Union. And did you get a degree from Cooper Union ? No, sir. How many years were you in college ? I believe two. Where did you study ? Physics. 1953, Brooklyn. Jeffrey Epstein naît dans une famille juive modeste. En l'espace de quelques années, ce jeune homme qui n'a même pas terminé ses études universitaires va intégrer l'une des banques les plus prestigieuses de New York, Beer Stearns. Comment s'opère cette ascension fulgurante ? Quel talent qu'elle rencontre ? Mais aussi quelles manipulations lui permettent de gravir les échelons ?

Dans ce premier épisode, nous retraçons les débuts d'un personnage hors normes dont la trajectoire révèle déjà les traits d'une personnalité troublante. Et pour nous éclairer sur ce personnage, deux invités. Marie-Cécile Nave, bonjour. Vous êtes politiste, directrice de recherche et directrice de l'Observatoire Genre et Géopolitique à l'Institut de Recherche Internationale et Stratégique. Nicolas Barré, bonjour. Vous êtes journaliste, ancien correspondant des Échos à New York et ancien directeur de la rédaction des Échos et de Politico. Pouvez-vous nous présenter les débuts de Jeffrey Epstein ?

Oui, c'est une histoire assez fascinante parce qu'effectivement, c'est un professeur de mathématiques qui n'avait pas vraiment de diplôme puisqu'il n'a pas passé son billet, sa licence. Et puis un jour, il est repéré par un parent d'élève qui lui dit « mais qu'est-ce que vous faites à enseigner les maths ? Là, vous feriez mieux d'aller à Wall Street, vous gagneriez beaucoup plus d'argent. » Et c'est comme ça qu'il est amené à rencontrer un des associés de cette banque, de Beer Stearns, qui est une banque qui a un peu une réputation pas tout à fait de voyou, mais c'est une banque qui aime bien recruter justement des profils atypiques.

Ils ne vont pas embaucher des gens de l'Ivy League, des super diplômés. Ils vont plutôt embaucher ce type de profil parce que ça donne des traders un peu voyous qui savent vraiment manipuler les marchés, etc. Et donc, il fait merveille au début en tout cas. Il est vite repéré, il monte les échelons. Et puis, au bout d'un moment, quand même, certains de ses collègues s'interrogent sur ses méthodes. Il est accusé d'avoir des notes de frais faramineuses, de faire des délits d'initiaire. En tout cas, il est soupçonné de tout ça. Mais en même temps, comme il a ce background, cette culture mathématique et physique, il est très très bon dans des produits financiers sophistiqués.

C'est le début des options, ces produits financiers un peu compliqués. Et alors là, il excelle. Il est très très bon. Il fait gagner beaucoup d'argent à la banque, à ses clients. Et il a déjà énormément d'entre-gens. Marie-Cécile Nave, c'est aussi quelqu'un qui ment de manière quasi maladive.

5:16
Locuteur non identifié

Oui, dès le début de sa carrière professionnelle, c'est un escroc, en fait. Il ment sur ses diplômes. Ensuite, il va mentir dans toute sa carrière à Wall Street. Par rapport à ses clients et aussi par rapport à ses employeurs, qui, chacun, à leur tour, vont le remercier. Ou bien la structure des banques dans lesquelles il est employé va le remercier. Et finalement, c'est quelqu'un qui a l'art de cultiver les apparences. Et sans doute, beaucoup de bas goût. Dès le départ, il cultive aussi une vie mondaine où il divertit les puissants, les gens avec qui il travaille.

Donc, ce n'est pas seulement un gestionnaire de fortune avec des produits risqués, comme c'était un peu la mode dès les années 80. Mais c'est aussi quelqu'un qui est beaucoup dans l'entertainment et qui entretient une vie mondaine dans laquelle beaucoup se reconnaissent et peut-être lui ont pardonné beaucoup de choses à cause de ça.

6:07
Invité

On écoute Michael Tannenbaum qui n'est autre que celui qui l'a embauché dans cette banque Bear Stearns.

6:14
Locuteur non identifié

Extrait de la série Netflix Jeffrey Epstein Pouvoir, argent et persuasion diffusé en 2020.

6:26
Invité

En 1976, Ace Greenberg dirigeait la société Bear Stearns. Un jour, alors que j'étais à mon bureau, il m'a appelé pour me dire qu'un des professeurs de Dalton, un certain Jeff Epstein, avait envie de tenter sa chance à Wall Street. Ace m'a demandé de lui faire passer un entretien. Epstein avait une réputation de bon enseignant et aussi d'homme à femme, mais je n'y ai pas prêté plus d'attention que ça. Après l'avoir questionné à plusieurs reprises, j'ai engagé Jeffrey pour qu'il développe notre système d'analyse qualitative avant de le mettre sur le marché. Il était étonnamment doué. Epstein était très vif d'esprit.

Si un problème qu'il ne l'avait pas prévu se présentait, il trouvait rapidement une solution efficace. C'est la marque d'un grand commercial. Son travail et son sérieux m'ont vraiment impressionné. Je me rends compte que c'est une des plus grosses erreurs que j'ai commises dans ma carrière. Ça devait faire de moi qu'Epstein travaillait pour moi. Le chef du personnel m'a appelé et m'a dit « Vous êtes assis ? » Jeffrey Epstein a menti sur son CV et à propos de ses études. Les facs qu'il a listés n'ont jamais entendu parler de lui. J'étais abasourdi. J'avais engagé un menteur. Un menteur.

Avec un culot formidable, parce qu'effectivement, quand il est mis devant ce mensonge, tout de suite, il rétorque « Ben oui, mais si je n'avais pas fait ça, vous ne m'auriez jamais embauché. » Et donc, comme ça, il retourne son patron qui, finalement, lui pardonne, en quelque sorte. Et c'est un peu la manière dont il fonctionnera tout le temps. C'est-à-dire qu'il est capable, face à des situations où il est mis en difficulté, de retourner les choses en sa faveur par son bas goût, par sa séduction et son pouvoir de persuasion. Et puis, les gens se disent « Finalement, ce n'est peut-être pas une si mauvaise affaire de travailler avec lui. Il va nous faire gagner beaucoup d'argent.

» Paris Cézidnave.

8:33
Locuteur non identifié

Oui, je pense que c'était aussi un peu l'ambiance des années 80, la toute-puissance de Wall Street. Il y a un certain nombre d'autres personnages qu'on a vus dans certains films à grand succès décrivant cette période-là. C'est quelqu'un qui sait se mettre dans le mood des époques qu'il traverse aussi. Je pense que c'est assez intéressant de le dire comme ça. Et qui sait s'adapter à la clientèle et aux collègues à qui il a affaire. Parce que c'est aussi une époque qui est beaucoup dans le bluff et dans le sentiment de toute-puissance, de l'argent roi et des premiers grands investissements, des investissements risqués, les fonds spéculatifs, etc.

9:07
Invité

Comme dans un conte de fées. Alors après, le conte de fées va se transformer en une histoire de monstre, Nicolas Barré. Mais au début, ça se présente comme un conte de fées. Il devient riche, il séduit la fille du patron et il va arriver jusqu'à l'avant-dernier échelon de la banque associé non-actionnaire. Et ensuite, il va donc quitter la banque finalement pour créer sa propre structure. Et grâce surtout aux relations qu'il a pu nouer chez Beer Stearns, il va comme ça capter des clients. Y compris des clients de son ex-banque qu'il va continuer à contacter. Parfois en faisant croire qu'il continue à travailler pour la banque d'ailleurs. Donc on est toujours un peu dans le mensonge.

Et grâce à ses relations, il va réussir à avoir une clientèle, à développer une clientèle qui lui permet de gagner ses premiers millions de dollars. On est encore loin de la grande fortune qu'il aura plus tard. Mais il arrive à trouver des gens à séduire des clients, y compris donc des clients de la banque. Ce qui veut dire qu'il a ce réseau, il le développe. Une enquête tendrait à prouver et que finalement, il ne s'est pas contenté de créer sa société. Il a été un peu poussé dehors. Oui, tout à fait. Parce qu'il y avait des soupçons à son égard, des soupçons notamment de délit d'initié, de fraude.

Donc il avait une réputation un peu sulfureuse, disons, et ça commençait à agacer certains à l'intérieur de la banque. Et il est parti au bon moment. Ensuite, il a rencontré l'homme qui lui a vraiment fait changer de dimension sur le plan financier, qui est un milliardaire, qui s'appelle Leslie Wexner, qui est le fondateur de ce grand groupe qui possède Victoria's Secret, qui possède Abercrombie & Fitch, etc. C'est un homme qui aujourd'hui est toujours vivant. D'ailleurs, il a 88 ans. Il a une fortune de 9 milliards de dollars. Et Epstein va réussir à le séduire. Il y a une histoire assez frappante, d'ailleurs, à cet égard.

C'est que Wexner veut se renseigner sur ce Epstein qu'on lui recommande. Et donc, il envoie son conseiller financier le rencontrer. Et le conseiller financier rencontre Epstein. Et puis, il ressort de là une heure après. Il appelle son patron en disant, attendez, non, jamais, il ne faut pas travailler avec ce gars-là. C'est un escroc. Je ne le sens pas du tout. Wexner ne croit pas à son conseiller financier et prend quand même Epstein. Et Epstein arrive à le persuader qu'en fait, les gens qui sont autour de lui le trompent, qu'on lui vole de l'argent et que, grâce à lui, Epstein, il va remettre les choses en ordre. Et comme ça, la fortune de Wexner va encore plus prospérer. Il avait raison ?

Non. Et Wexner, bien des années après, l'avouera. Mais ça fonctionne. C'est-à-dire que, là aussi, Epstein a volé de l'argent à Wexner. Mais oui, et puis, il le piège. Il le piège en le séduisant et en lui faisant croire qu'il est entouré de gens qui lui veulent du mal. Et l'autre finit par le croire vraiment. Et vraiment, il est devenu très, très proche de lui au point qu'il lui donne pratiquement tous les pouvoirs. Et ça, ça inquiète énormément. D'ailleurs, l'entourage de Wexner qui, à un moment, se dit non, mais il faut qu'on enquête sur ce monsieur parce que d'où sort-il ? Ils embauchent même le cabinet Kroll pour regarder tout ça. Enfin, voilà.

Dès les premières années de sa carrière professionnelle, on commence à distinguer la personnalité de Jeffrey Epstein, manipulateur, menteur, mais charismatique et sachant s'entourer. Comment va-t-il faire fructifier sa fortune, construire un empire immobilier, s'entourer des hommes les plus influents du monde ? C'est ce que l'on va voir dans le prochain épisode. Sous-titrage Société Radio-Canada

12:49
Locuteur

Sous-titrage Société Radio-Canada Sous-titrage Société Radio-Canada

Jeffrey Epstein, de professeur de mathématiques à magnat de la finance : épisode 1 du podcast Jeffrey Epstein : itinéraire d’un prédateur | France Culture · Pourquijevote