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interviewBFM TV (sur YouTube)· 22 juillet 2026 12 min

Comment Emmanuel Macron a convaincu Monique Barbut de rester au gouvernement ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Monique Barbu a publié ce matin un message sur LinkedIn indiquant qu'elle présentait sa démission au président de la République car elle venait de vivre, je cite, le recul environnemental de trop. Or, la FP nous a appris il y a quelques minutes que la ministre avait, je cite, accepté de poursuivre sa mission à la demande du président de la République qu'il a assuré de son soutien selon son cabinet. Que s'est-il passé entre ces deux moments ?

Quelle garantie a-t-elle obtenu ? Ouais, très simplement et je je n'en dirai pas beaucoup plus que ce qui je crois vous a déjà été communiqué par Monique Barbu elle-même. Euh vous le savez, la ministre de l'écologie a effectivement présenté sa démission au président de la République.

Elle a pris le temps d'échanger avec le premier ministre d'une part et puis ensuite avec le président de la République et le premier ministre. Euh ils ont convenu d'un désaccord sur euh la loi euh agricole telle qu'elle a été votée au Parlement et non pas telle qu'elle avait été présenté et proposé par euh le gouvernement. Le président de la République a refusé euh sa démission et ils se sont en revanche accordés sur trois piliers fondamentaux qui font son action. la question des forêts, la question de l'eau et la question de la santé environnementale.

Trois piliers, trois chantiers donc sur lesquels Monique Barbu a accepté de rester pleinement investi et le président de la République, le premier ministre et Monique Barbu se sont accordés à dire que notamment sur ces trois chantiers que sont l'eau, la forêt et la santé environnementale, son action et son engagement était évidemment déterminant. Voilà. Et donc Monique Barbu a euh voilà pris cette décision de rester estimant mais c'est mon interprétation et là je je parle en mon nom et pas évidemment en son nom que son action serait plus importante, plus impactante et plus déterminante de là où elle est essentiellement sur les chantiers que je viens de citer pas uniquement mais notamment cet épisode ne fragil-til pas le gouvernement il y a eu 24 heures où il y a eu plusieurs versions, plusieurs leur euh disons désaccordé publiquement sur la ligne et aujourd'hui la ministre est toujours dans dans le gouvernement.

Est-ce qu'il y a pas un risque d'illisibilité ? deux choses. D'abord, ce qui compte, c'est l'impact et le bilan, tout ce qui a été fait depuis 9 ans maintenant, l'augmentation des crédits alloués à l'écologie, le doublement des crédits alloés à l'écologie, la diminution de 25 % des émissions de gaz à effet de serre, tout projets de loi, toutes les actions réglementaires qui ont été portées depuis de nombreuses années par les ministres successifs.

Et c'est ce qu'il faut qu'on continue encore une fois à porter, à revendiquer, à défendre et ce n'est pas terminé. Il y aura, vous le savez, des combats importants dans le prochain projet de loi de finance. Monique Barbu a eu notamment l'occasion de faire des annonces en ce sens dans voilà les colonnes de vos confrères de la tribune dimanche.

Puis ensuite, il y a l'action de Monique Barbu euh qui a un parcours qui parle pour elle, euh qui est une militante avec tout ce que ça comporte de positif dans ma bouche qui porte des combats, qui porte des conditions, qui porte des causes depuis très longtemps maintenant. Voilà, c'est des profils, des personnalités qui ne sont pas des professionnels de la politique et je crois qu'elle a eu l'occasion de le dire elle-même, mais qui pour autant, je crois, apporte beaucoup dans le débat politique avec euh toute l'authenticité que que cela amène aussi et je crois qu'on en a besoin. Et donc moi, je voilà, je suis euh contente qu'elle ait prise cette décision euh en accord avec le président de la République et le Premier ministre à la demande du président de la République euh et je pense qu'elle vient voilà enrichir une équipe gouvernementale effectivement composée de femmes et d'hommes qui sont élus depuis longtemps et d'autres qui se lancent dans cette aventure politique là qui est difficile, qui est parfois rugueuse, qui est parfois douloureuse et je crois qu'on doit toutes et tous faire preuve aussi de tolérance vis-à-vis bah des femmes et des hommes qui n'ont pas toujours l'expérience que d'autres peuvent avoir.

Et je me permets de le dire parce que j'ai vu depuis 24 heures notamment fleurir un certain nombre de commentaires à l'encontre de Monique Barbu sur les réseaux sociaux émanant de responsables politiques connus. Je vais pas vous en faire la liste ici. Et j'ai trouvé ces propos méprisants et très désobligeants à son encontre.

Euh je considère qu'on peut avoir des désaccords sur le fond avec euh Monique Barbu ou d'autres et les exprimer c'est bien sûr légitime. En revanche, sans prendre à la personne encore une fois avec le mépris et parfois le caractère dégradant que certains commentaires emportaient. Euh c'est vraiment pas à la hauteur de ce de ce que doit être la politique.

On peut pas estimer qu'il faut réussir à amener des profils un peu différents dans le débat au parlement, dans les gouvernements successifs et en même temps s'adresser à eux avec voilà avec autant de encore une fois de de mépris. et et j'ai trouvé que voilà, j'étais assez euh assez attristée, assez choquée de certains propos qui ont pu être qui ont pu être tenu encore ce matin. D'ailleurs, j'entendais un élu du Rassemblement national, je crois, sur votre plateau dans les cas de vérité, j'ai trouvé que la façon dont il répondait la ministre de l'écologie n'était pas à la hauteur de la manière dont on doit se parler tout simplement en tant qu'être humain.

Voilà. Merci. Bonjour à Tassin pour le Parisien aujourd'hui en France.

Ce que le grand public a du mal à comprendre, c'est comment une ministre de l'écologie peut agir alors même qu'elle n'a pas envie de rester. Est-ce que vous pouvez nous éclairer là-dessus ? Et par ailleurs, est-ce que Monique Barbu a aussi reçu le soutien de Sébastien Lecornu ?

Est-ce que au conseil des ministres tout à l'heure, vous avez pu échanger entre vous ? Est-ce qu'elle a pris la parole sur sur ces questions ? Merci.

Alors, nous n'avons pas échangé sur le choix de Monique Barbu lors du conseil des ministres. Ce que je peux vous dire, c'est qu'elle a évidemment le soutien et du président de la République et du premier ministre. Je crois d'ailleurs que le Premier ministre a eu l'occasion de le redire publiquement, si je puis dire, chez vos confrères de Paris Match ce matin.

Quant à la question de son action, ce qui fonde le la possibilité d'agir pour un ou une ministre, c'est les moyens qu'il ou elle a à disposition. Et en l'occurrence lorsqu'on porte euh le fond vert à des niveaux qui permettent cette action, lorsque le ministre de l'écologie, le ministère pardon de l'écologie est préservé dans les choix budgétaires. Lorsqu'on a des objectifs clairs qui sont partagés notamment en interministériel sur l'eau, sur la forêt ou sur la santé environnementale, je reprends ces thèmes parce que je sais qu'ils lui sont chers et qu'ils ont été au cœur de la décision qu'elle a prise.

Ah ben ça permet, me semble-t-il oui, d'agir concrètement. Et puis vous savez encore une fois Monique Berbus c'est quelqu'un d'entière. Si elle a fait le choix, si elle a fait ce choix, c'est qu'elle estime que les conditions sont désormais réunies et qu'elle a eu les garanties encore une fois de la part du chef de l'État et du premier ministre pour mener à bien ses objectifs.

Bonjour Marie Molè en France Inter. Juste pour compléter la question de ma conseur, comment vous qualifiez aujourd'hui la relation entre Sébastien Lecnu et Monique Barbu ? C'est une relation de confiance euh avec des objectifs qui sont des objectifs partagés.

Je je rappelle encore une fois que euh le point de désaccordé euh donnée à l'ANESS de déroger à l'interdiction notamment de la CTAPRIDE est une mesure qui provient du parlement. Le gouvernement n'a jamais souhaité l'introduction de cette mesure dans le projet de loi d'urgence agricole. Pardonnez-moi, ce n'est pas une proposition du gouvernement, c'est une proposition du Parlement qui de manière majoritaire lors de la commission paritaire a décidé de lui inscrire et de et de le laisser.

Donc ce n'est pas un désaccord de fond entre eux, le premier ministre et la ministre de l'écologie qui a amené la ministre de l'écologie à se poser ces questionsl. Alors, je reviens justement sur les déclarations de Monique Barbu. Est-ce que vous les regrettez sachant qu'elle a quand même dressé un bilan assez sévère en parlant notamment de sacrifice des politiques de long terme au profit des urgences immédiates.

Elle se plaignait de beaucoup d'arbitrage en disant aussi que il a fallu se battre pour chaque sujet. Est-ce que ce qui n'est pas étrange qu'elle reste toujours à ce poste au ministère de la transition écologique ? J'aurais regretté que Monique Barbu quitte son poste.

Voilà ce que j'aurais regretté. Je souhaite qu'on ait une équipe gouvernementale qui soit encore une fois mobilisé sur des chantiers prioritaires et l'écologie c'est un sujet prioritaire. On le voit, on sort de trois vagues de canicules qui ont beaucoup affecté les Français qui ont beaucoup travaillé le pays si je puis dire de par ce que ça dit sur l'évolution du climat sur l'impact sur notre quotidien.

Euh on a là une femme qui connaît parfaitement ses sujets, parfaitement ses sujets. Alors, elle ne court pas sur les plateaux télé pour en parler euh parce qu'encore une fois, ce n'est pas son expérience. C'est probablement pas la manière dont elle se projette dans son rôle de ministre, mais qui mène ces dossiers à bien.

Voilà. Et je crois que encore une fois, ça fait partie des profits dont on a besoin dans une équipe gouvernementale. Si elle décide de rester, c'est parce qu'elle estime avoir toutes les garanties pour les mois à venir sur les sujets qui à ses yeux sont prioritaires.

Mais vous comprenez ces critiques ou pas ? Je encore une fois euh je comprends je comprends que dans l'action ministérielle, au-delà de la question de Monique Barbu et du ministère de la de l'écologie euh il puisse parfois y avoir des frustrations parce que vous avez vos objectifs, vous avez vos convictions et puis vous avez ce tout ce travail interministériel qui consiste à combiner des intérêts qui parfois peuvent sembler contradictoires. vous avez les échanges et les négociations à l'échelle européenne qui là encore amènent leur lot de de mécontentement ou en tout cas de points qui parfois peuvent cristalliser voilà un un un certain nombre de de de frustration, je reprends ce mot.

Et donc oui, ça nécessite de faire des compromis. En réalité, un ministre a fait des compromis dans son action euh euh quotidienne euh avec ses collègues, avec les parlementaires, avec les institutions françaises, avec les institutions européennes, avec ce que permet le droit, avec ce que ne permet pas le droit. Euh et et ça peut-être qu'on le parfois peut-être qu'on s'en rend davantage compte une fois qu'on est en poste.

Euh et je voilà et c'est peut-être ce qui explique aussi en partie ces critiques. Dernière question, est-ce qu'elle a bien fait de poster ce message avant de rencontrer le président de la République ? On peut échanger sur le timing et les débats de forme.

Euh ce qui compte pour moi encore une fois, c'est que désormais on arrive à avancer, qu'on se batte pour un budget qui fasse la parbelle à l'écologie, qu'on arrive à convaincre les parlementaires que c'est important, qu'on arrive à préserver un certain nombre de dispositifs et de dispositions qui fonctionnent bien. C'est pour ça qu'elle est restée et c'est ce que j'ai envie de retenir. Merci.