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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 31 mai 2026 20 min

Prix du Livre Inter 2026 pour "Les Habitantes", Pauline Peyrade ressent de "la joie" et de "la gratitude"

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Nous voici donc réunis et nombreux pour ce grand entretien consacré au 52ème prix du livre Inter, remporté, on l'a entendu, dans le journal de 8h par Pauline Perrade pour son livre « Les habitantes » aux éditions de Minuit. Elle est avec nous, autour de la table, avec Laurent Mauvignier, le président du jury évidemment. Et bien sûr, Eva Bétan, qu'on ne présente plus la grande prêtresse du livre Inter. Ce prix, chers auditeurs, vous le savez, c'est celui des lecteurs, 24 jurés venus de toute la France qui ont délibéré hier après-midi et qui sont avec nous dans ce studio. Je crois qu'il n'y a jamais eu autant de monde dans ce nouveau studio de la matinale.

On vous donnera et vous applaudissez, vous-même, mais aussi Pauline Perrade. Et on vous donnera la parole, chers membres du jury, notamment à Nadia, José et Karine qui sont assis avec nous autour de la table de ce studio. Bonjour Pauline Perrade. Bonjour. Et encore, bravo, on peut l'applaudir un petit enfant. Allez, deuxième fois. C'est vous, cette année, la lauréate pour « Les habitantes », votre deuxième roman. Sachant que le premier, « L'âge de détruire », avait remporté le Goncourt du premier roman. Quel sentiment vous ont traversé quand vous avez appris que vous étiez la lauréate cette année, hier soir ? C'est votre éditeur qui a dû vous appeler, j'imagine ?

1:22
Invité

Oui, qui l'a appris trois secondes avant moi. On était ensemble, quand il a reçu le coup de fil, la joie, avant tout, la joie, la gratitude, la surprise aussi. Parce que les neuf autres romans en lice étaient quand même de haut vol. Et je tiens aussi à saluer les autres autoristes qui étaient un honneur d'être sur cette liste. Donc voilà, plein d'émotions mélangées.

1:49
Présentateur

C'est votre deuxième roman, c'est aussi donc votre deuxième prix. Celui-ci est spécifique, puisqu'on le dit, c'est un prix de lecteur. Est-ce qu'il a un goût particulier pour vous ?

2:01
Invité

Ah bah oui, forcément. Ah bah oui, de savoir que c'est à la fois un engagement de lecteur et de lectrice d'y participer, de lire, de débattre ensemble. Et de ce que j'ai entendu, voilà un petit peu des discussions d'hier aussi, de se mettre au travail ensemble, pour dire qu'est-ce qu'on veut défendre, de suivre les autres, tout ça. Et puis c'est avant tout pour ça que, comment dire, c'est la première adresse des livres, c'est au lecteur électrice.

2:32
Présentateur

On est pour les lecteurs et pas pour les éditeurs et pas pour les spécialistes, c'est ça. Laurent Mauvignier, vous allez nous raconter évidemment comment se sont passées les délibérations. Il paraît que vous avez été un président du jury absolument intraitable, dont l'autorité a sévié, ça fait rire les membres du jury qui sont dans ce studio. Il faut rappeler que vous aviez vous-même remporté ce prix du Livre Inter il y a 25 ans, en 2001, pour apprendre à finir. Bon, depuis, vous avez eu le prix Goncourt, on vous a reçu dans ce studio pour la Maison Vide, mais vous nous aviez raconté à quel point ce prix du Livre Inter, il était resté dans votre cœur. C'est quelque chose de spécial ?

3:07
Invité

Oui, oui, pour des tas de raisons, mais c'est vrai que le fait que ce soit un jury fait de lecteurs, lectrices, on le dit à chaque fois, mais c'est la vérité. Et je pense que quand on écrit, on est tellement en train de se battre avec son livre et on est tellement tout seul, tellement tout seul. Alors, je sais que c'est un peu un cliché de dire l'écrivain seul comme ça, mais c'est vrai, c'est vrai. Et il y a des moments, on n'en peut plus de ça. Pauline Perrade, comme moi, on aime beaucoup le théâtre et je pense que, par exemple, et on travaille le théâtre, je pense que le théâtre, il nous permet parfois de combattre un peu cette solitude.

Parce que le roman a quelque chose, effectivement, un bloc de papier, un stylo, on peut y aller, il y a une grande liberté, mais il y a quand même aussi une grande solitude. Donc, se retrouver comme ça avec l'électeur, l'électrice, c'est une vraie façon de conjurer cette solitude.

4:09
Présentateur

Et juste, Pauline Perrade, quand vous voyez que Laurent Mauvignier, il a le Goncourt 25 ans après avoir eu le prix du livre inter, ça vous donne quelques espoirs, ça donne une perspective pas mal. C'est pour vous d'en 25 ans.

4:19
Invité

J'en suis pas là. C'est long, 25 ans.

4:22
Présentateur

Eva Bétan, il faut que vous nous racontiez comment se sont passées les délibérations. Hier soir, on sait que c'est vous, surtout, qui êtes intraitable et que vous demandez toujours à chacun de défendre son choix comme si sa vie en dépendait.

4:36
Invité

Oui, parce que, j'ai envie de dire, c'est pas la peine de faire tout ça si les gens ne prennent pas leur liberté. C'est ça que je veux leur faire comprendre. C'est qu'ils sont pas des alibis, ils applaudissent pas quand on leur demande d'applaudir. Non, c'est eux les patrons. Et chaque fois, je leur dis, c'est maintenant. C'est ici, tout de suite, maintenant. On pleure pas à la machine à café. Après, c'est pas la peine. C'est maintenant, il faut se battre. Et je dis toujours aussi qu'on n'est pas dans une dictature. C'est pas vrai qu'un livre est le livre préféré de 24 personnes. Mais le prix est le prix des 24 personnes parce qu'ils se sont battus, parce qu'ils ont échangé des arguments.

Moi, quand j'entends quelqu'un comme, je crois que c'est Raphaël Le Riche qui dit à un moment donné, parlant de votre livre, eh bien, en vous écoutant parler de ce livre, j'ai changé d'avis, je suis très contente. Parce que ça veut dire qu'ils se sont écoutés, influencés les uns les autres. Et c'est ça qui est intéressant. D'ailleurs, ça a été long, Eva. Ça a été long, ça a été discuté. Cinq heures et quart. C'est 52e prix du livre inter, c'est plutôt long. Voilà, et on appelait régulièrement le restaurant pour leur dire, on va venir, on vous promet. Un moment, j'ai dit, peut-être qu'on peut envisager de voter.

5:38
Présentateur

Et nous-mêmes, avec Florence, on avait quelques taubes dans la salle. Et on prenait des nouvelles toutes les 10-20 minutes pour savoir où on en était. Il faut qu'on parle de ce livre. C'est l'histoire d'Émilie qui vit seule avec sa chienne dans la maison héritée de sa grand-mère, au cœur d'un paysage rural. Son existence est bouleversée quand son père lui écrit pour lui dire que la maison va être vendue. Il y a l'histoire, l'intrigue, mais c'est votre écriture, Pauline Perrade, qui fascine, une sorte d'ode au vivant, à la nature presque organique. Et c'est ce qui nous a frappés avec Florence en vous lisant.

Est-ce que c'est ça particulièrement, ce style, cette écriture qui vous a touché, monsieur le président du jury, Laurent Mauvignier ?

6:13
Invité

Je crois que la question, quand on a commencé à parler, à se poser des questions sur la forme, parce que quand même, c'est vrai que départager 10 livres qui sont bons, c'est quand même difficile. Donc, il s'agit de dépasser un peu la question du goût de chacun, j'aime, j'aime pas, etc. pour trouver des critères qui nous correspondent. Là, pour le coup, Les Habitantes est un livre qui s'est... Tout le monde a commencé à en parler tout de suite, dès qu'on a commencé à se dire « Mais quel est le livre le plus original ? » Celui qui a une forme, celui qui... Et qui a, à travers la forme, un propos. C'est-à-dire que le rapport au vivant, le rapport à la nature, etc.

nous est apparu comme, vraiment, traversant tout livre, il y a un aspect poétique là-dedans qui est très fort. Mais c'est la langue de Pauline Ferrand, surtout, qui vous a plu, n'est-ce pas ? La langue et la forme du livre, cette façon de traiter les choses un peu en tableau, comme ça. Alors, c'est vrai que, pour être tout à fait honnête, c'est un livre que beaucoup, dans le jury, ont trouvé déroutant. C'est un livre qui l'est, d'une certaine manière, justement, par sa forme. Mais ce qui pouvait être, pour certains, un problème, est devenu plutôt une force, parce que, justement, chacun a eu la sensation de lire un livre qu'il n'avait jamais lu avant.

7:40
Présentateur

Juste avant de donner la parole, précisément, au moment du jury, on vous a demandé de choisir un court extrait des habitantes de Pauline Perrade, si vous pouvez le lire, pour en faire profiter à nos auditeurs. Laurent Mauvignier.

7:53
Invité

Mon père garde la voiture devant la maison. C'est l'été, une fin de jour. Il porte un polo clair et des lunettes de soleil. J'ai neuf ans depuis la veille. Ma grand-mère nous attend sur son perron. J'attrape mon sac à dos, la rejoins sur la route. Elle m'embrasse, me fait entrer dans le vestibule. Ses cheveux gris fendent son pullover. Elle sent le tabac froid. Un coup de klaxon retentit. Elle ressort, ferme la porte. J'entends le coffre claquer, le moteur démarrer. Je ne vois pas mon père partir.

8:28
Présentateur

Merci Laurent Mauvignier. Alors là, on parle de personnes humaines, en l'occurrence, dans cet extrait. Mais ce que vous avez voulu faire, Pauline Perrade, d'abord, votre personnage s'appelle Émilie. Il est inspiré d'Émilie Bronté qui était, elle, viscéralement attachée à sa terre, à sa lande, à son chien, comme votre Émilie. Et ce que vous décrivez, c'est un monde qui est habité par le vivant autant que par l'humain. Dans votre livre, les arbres, les oiseaux, les personnages, les animaux, les insectes sont des personnages à part entière. Vous avez voulu mettre le vivant au même niveau que l'humanité.

9:10
Invité

Exactement. C'était vraiment le point de départ de l'écriture, d'essayer d'élargir le champ du roman, de ce que l'écriture regarde et de suivre les personnages humaines parmi les autres qui vivent auprès d'elles. Et en s'autorisant, il y a des personnages non humains comme la chienne Louise qui sont très centrales, qui ont une relation très intime, très nourrie avec la narratrice Émilie. Et d'autres qui sont là, mais qu'elles ne regardent pas forcément, mais qui sont là. Et c'était pour moi important de voir comment raconter une histoire comme ça, autrement, en élargissant.

9:52
Présentateur

Alors on va donner la parole à nos jurés, puisque ce prix du livre inter à ce site particulier, qu'il est décerné par un jury qui vient de toute la France, des 24 régions. Vous avez tous les âges, toutes les professions. Cette année, le plus jeune d'entre vous a 28 ans, la plus âgée 85. Il y a un maçon, un agriculteur, une diplomate, un artificier, une psychologue des retraités. J'en passe. José Cos, bonjour. Bonjour. Vous, vous êtes responsable associatif à Toulouse. Dites-nous ce qui vous a touché dans le roman de Pauline Perrade.

10:26
Invité

Le tout début, le titre, c'est un titre au féminin pluriel. Les habitantes. Oui, les habitantes. Et dans les habitantes, moi j'ai entendu les combattantes, les battantes. C'est un livre de femmes, de transmission de femmes qui transmettent du symbolique qui n'a pas pu être fait par le père. Et j'ai envie de dire à mes congénères masculins, lisez ce livre.

10:55
Présentateur

Karine Rispal, vous, vous êtes ambassadrice de France en Espagne. C'est d'ailleurs, je crois, Eva, la première fois qu'il y a eu une ambassadrice dans le prix du jury du livre interne.

11:06
Invité

C'est une première fois. Nous avons eu aussi une première fois un colonel, je crois. Donc, un jour, nous avons tout le monde.

11:11
Présentateur

L'armée et la diplomatie. Bon, voilà, c'est très chic. Et pendant les délibérations, là encore, on nous a raconté, madame l'ambassadrice, que vous aviez expliqué que vous n'étiez plus tout à fait la même après avoir lu le livre de Pauline Peradquet. Qu'est-ce qui a changé en vous en lisant Les Habitantes ?

11:27
Invité

Eh bien, c'est ça qui a été très difficile d'expliquer hier pendant le jury. Mais c'est un livre que j'ai lu, que j'ai trouvé exigeant, parce qu'il est exigeant dans la forme. J'ai trouvé que la proposition littéraire est très originale. L'autrice, elle traite de la même façon la nature, les animaux, les êtres humains. Et ce livre, il est resté en moi. On avait dix livres à lire, tous très bons. Et cette musique, cette poésie est restée en moi, parce que c'est une histoire très forte. Et l'autrice touche à des sujets forts, par touche. Et voilà, c'est une proposition littéraire originale. Et c'est quelque chose qui m'a beaucoup touchée.

12:09
Présentateur

Pauline Peradquet, quand vous entendez comme ça, José, Karine, ils parlent bien de votre livre ou pas ? Très bien, oui. Vous n'allez pas dire l'inverse, mais ça vous émeut particulièrement ?

12:20
Invité

Oui, c'est émouvant, mais c'est ce que disait Laura Mauvigny juste avant. En fait, on est assez seul, finalement. Et les retours comme ça, un peu frilégien avec les lectrices, les lecteurs, ce n'est pas si fréquent. Donc oui, ça me touche beaucoup. Je suis très heureuse qu'on entende combattante dans Habitante et que ce soit un livre qui reste. C'est important pour moi.

12:42
Présentateur

Alors, entre José et Karine, il y a Nadia Strelé qui, bonjour. Bonjour. Vous êtes assistante de direction à Paris. Ce livre, pour vous, a ouvert une question. Ça veut dire quoi d'habiter quelque part ? D'être enracinée dans un lieu, à l'époque des boîtes à clés Airbnb ? Est-ce que vous avez trouvé des réponses ? Oui, je pense. J'ai déjà adoré cette écriture limpide, précise et très poétique dans ce livre. Et pour la question d'habiter, oui, j'ai trouvé que ce livre nous amenait à nous poser ces questions. Qu'est-ce que c'est habiter aujourd'hui ? Qu'est-ce que ça veut dire de pouvoir changer de lieu à tout moment et en même temps de vouloir peut-être s'enraciner aussi quelque part ?

Et donc, voilà, j'ai trouvé ça. Vous parliez tout à l'heure de livres organiques. Et voilà, c'est aussi un peu, pour moi, du terreau, de la terre, de la matière que vous nous avez proposé avec des questions très contemporaines. Alors, on a tout le jury avec nous qui est derrière nous. Je me tourne pour les regarder. Est-ce que l'un d'entre vous veut prendre la parole, y compris pour dire du bien d'un autre livre ? C'est possible. Alors, je vois Delphine avec un micro qui se balade. Bonjour Delphine. Bonjour. De quel livre avez-vous envie de parler dans cette sélection du prix du livre interne ?

14:00
Invité

Alors, j'ai envie de parler d'un livre qui a beaucoup plu aussi et qui est ressorti vraiment en tête à chaque fois. C'est le livre de Marie-Hélène Laffont, Orchamp.

14:07
Présentateur

Ancienne présidente du jury l'an dernier.

14:09
Invité

Voilà, qui raconte un monde rural qui est en train de disparaître. Un monde rural, alors moi, personnellement, que j'ai connu, puisque j'ai vu la ferme de mon grand-père. Mais je pense qu'il a parlé à beaucoup de monde, ruraux ou non. Et elle parle dans une langue extrêmement épurée, intense. Moi, je me suis fait happer dans ce tableau où elle dresse la vie de Gilles, qui, lui, est victime du déterminisme social qui reprend la ferme à travers les yeux de sa sœur Claire, qui, elle, a quitté le bateau. Je crois que c'est les mots qu'elle utilise dans son livre. Elle dresse 50 ans de vie en 150 pages condensées, intenses. J'étais littéralement happée.

Je pense que c'était le cas de pas mal d'entre nous aussi.

14:52
Présentateur

Est-ce qu'il y a peut-être quelqu'un d'autre ici qui a envie de nous parler aussi de la façon dont se sont passées ces délibérations ? Parce que c'est assez mythique, la façon dont Eva peut en parler. Est-ce qu'il y a quelqu'un autour de... Oui, je crois que quelqu'un... Non, quelqu'un a un micro ? Allez-y. Alors ? C'est Christine ? C'est Charlotte. C'est Charlotte. Je suis tout à fait miope. Même avec des lunettes.

15:13
Invité

Est-ce que vous arrivez à m'entendre ? Vous vous entendez très bien. Oui. Alors, moi, je voulais parler du visage de la nuit de Cécile Coulon. Alors, ce que j'ai d'abord aimé, c'est la construction du récit. C'est un conte. Un conte a la thématique très dure sur le rejet de la différence. Et puis, la dissimulation au monde en conséquence. Mais je me suis sentie vraiment, tout au long du conte, imprégnée de l'environnement, de la nature, des odeurs, de la nuit, qui est presque un personnage. Et j'ai été également très, très attachée au personnage.

Et le héros, en fait, du livre, en trouvant un lieu de refuge aimant, va trouver aussi sa voie dans la sublimation de la mort, ce qui est, je trouve, vraiment hyper original. Et malgré, encore une fois, le thème très dur, je reste sur quelque chose, et bien après la lecture, de très doux et de très optimiste.

16:19
Présentateur

Merci, merci, Charlotte. C'est ça, je ne me suis pas trompée. Je crois qu'on a Tom qui veut nous parler de la façon dont se sont déroulées les délibérations. Bonjour, Tom.

16:27
Invité

Bonjour. Vous venez d'où ? De Lyon. De Lyon. Je suis le plus jeune, 24 ans.

16:32
Présentateur

Ah, c'est vous ? Oui. Ah, j'ai dit 28, mais c'est 24.

16:34
Invité

C'est pas grave.

16:35
Présentateur

Je vous ai dit, 4 ans.

16:36
Invité

Oui, je viens de Lyon, et c'était un exercice vraiment super, très intense. Beaucoup de confrontations, quand même. C'était très compliqué de choisir, mais le discours de chacun a vraiment permis de nous aider et de nous aiguiller à faire le bon choix. Donc, c'était super, et c'était très agréable, quand je vois les infos en boucle, d'être dans cette bulle pendant deux jours, et j'ai envie de rester dans cette bulle.

16:58
Présentateur

Et Tom, il est comment comme président du jury, Laurent Mauvignier ? Il faut que je passe la parole, parce que... Alors, Laurent Mauvignier, comment vous étiez comme président du jury ? Racontez-nous un petit peu. Ah, mais j'étais formidable ! Oui, bien sûr ! Et modeste !

17:11
Invité

Eva, dites-nous, vous, qu'il y en avait tant. Les délibérations sont secrètes, mais je lui ai demandé l'autorisation de sortir un petit extrait que je voudrais mettre sur notre site internet, c'était un moment formidable. Que vous avez enregistré ? Oui, c'était enregistré. Et donc, il y a un moment où il se pose tout un tas de questions pour savoir comment on va choisir. Est-ce que vous aimeriez un livre dont le héros est antipathique ? Pourquoi vous ne l'aimeriez pas ? Un écrivain n'a pas envie d'être le genre idéal, c'est des bouts de phrases que j'ai prises comme ça. Est-ce qu'un livre peut être populaire et très bon ? Il peut être confidentiel et mauvais, ou l'inverse.

Donc, il y avait toute une mécanique qui se mettait en marche intellectuelle et qui était formidable sur comment on lit, comment on écrit. Et puis, avec ce moment d'apothéose qui est le poulet du dimanche...

17:56
Présentateur

Oui, on va raconter ça, le poulet du dimanche. Il faut nous raconter la métaphore du poulet du dimanche.

18:00
Invité

Non, je vais laisser Laurent la raconter. Alors, Laurent Jovigny, allez-y. Alors, oui, dit comme ça, ça peut paraître un peu étrange comme affaire, mais non, parce qu'à un moment, dans le débat, on se trouve sur la question du... un petit peu comment on fait pour essayer de trouver un roman, un livre qui puisse parler à tout le monde, qu'est-ce que c'est un roman populaire ? Alors, moi, je disais, c'est vrai que c'est important que ça puisse être ouvert, mais il faut faire attention. Et là, je parle du poulet du dimanche. J'ai lu poulet, tout le monde aime ça. Donc, c'est pour ça que c'est devenu un peu le plat national, comme ça, le dimanche, tout le monde...

Les enfants peuvent manger, et tout le monde. Mais le problème du poulet, c'est que ça n'a pas de goût. Alors, il faut faire attention que parfois, il faut quand même un livre... Et là, c'est une question de goût, quand même.

18:45
Présentateur

Donc, ce que vous voulez dire, c'est que le livre de Pauline Perrade a pour le coup beaucoup de goût. Ce n'est donc pas précisément un poulet du dimanche. Il nous reste quelques instants, Pauline Perrade, juste sur l'aspect, et ça revenait aussi dans les commentaires des jurés, sur le rapport à l'écologie et au vivant. Est-ce que vous considérez que votre livre est un livre militant au sens noble du terme ?

19:07
Invité

Il essaye, en tout cas, oui, oui. C'était à l'endroit de l'écriture, comment essayer de participer à ce déplacement sensible et politique dont on a besoin. Donc, c'est très humble. C'est un livre, c'est une tentative, mais c'était une manière pour moi d'essayer de faire quelque chose.

19:27
Présentateur

Merci, merci Pauline Perrade, l'une des sept autrices en lice de ce prix du livre inter cette année. Huit, huit. Non, en fait, il y en avait sept l'an dernier. Huit, huit, sept années. Ce qui veut dire que dans deux ans, il n'y a plus d'hommes, il n'y a plus d'auteurs. C'est ça, Eva. Merci, en tout cas, à tous d'avoir été avec nous ce matin. La journée n'est pas finie pour vous, puisque on vous retrouve tout à l'heure dans le journal de 13h. Merci à tous.

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