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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 22 septembre 2021 33 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesSolidarités & familleÉducation & rechercheTravail & emploi

La guerre du pouvoir d'achat a commencé

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 37 %Attaque 28 %Défensif 28 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:09OuverteRéponse directe

    Que faut-il craindre du retour du spectre de l'inflation ?

  • 0:40OuverteRéponse directe

    Sur le plan économique, que faut-il retenir de Jean-Luc Mélenchon ? Ses propositions sont-elles réalistes ?

  • 1:42OuverteRéponse directe

    Faut-il avoir peur de l'inflation ?

  • 2:15OuverteRéponse directe

    Pourquoi est-ce que les prix augmentent ?

  • 3:37OuverteRéponse directe

    Comment fonctionne précisément l'inflation ?

  • 9:12OuverteRéponse directe

    À quoi peut-on s'attendre comme réaction de la part des banques centrales et des gouvernements ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:26PrésentateurPromesse
    « Loi sociale d'urgence, augmentation du SMIC, années blanches pour les profits du CAC 40, 50 milliards d'euros pour financer la création d'emplois. »
  • 1:07InvitéFait
    « Il faudrait arriver et se fixer cet horizon, bien sûr, qui est celui des pays qui réussissent d'ailleurs, y compris dans leur système d'éducation. »
  • 1:51PrésentateurChiffre
    « Entre août 2020 et août 2021, l'inflation aurait gagné 1,9% selon les chiffres de l'INSEE. »
  • 2:01PrésentateurChiffre
    « En un an, les prix de l'énergie ont augmenté de 12,7% et ce, des produits frais de 6,3% selon les chiffres de l'INSEE. »
  • 3:47InvitéFait
    « L'inflation, c'est la hausse des prix. »
  • 4:08InvitéFait
    « Entre 1 et 3 %, c'est ce qu'on a fait depuis les années 80. »
  • 4:15InvitéFait
    « La BCE, elle est indépendante et son rôle, c'est de faire en sorte que l'inflation soit faible. Entre 1 et 3 %, en Europe, c'est plutôt entre 1,5 et 2 %. »
  • 6:16InvitéChiffre
    « En France, 5 millions de chômeurs, on est loin d'être en surchauffe. »
  • 6:22InvitéChiffre
    « Le taux d'emploi des gens, c'est 65 % en France, on est loin d'être en surchauffe. »
  • 12:01PrésentateurFait
    « Ils proposent notamment le blocage des prix de première nécessité. »
  • 12:18InvitéFait
    « Bérégovoy avait bloqué les prix de l'essence pendant la première guerre du Golfe. »
  • 19:48PrésentateurPromesse
    « Anne Hidalgo compte bien doubler le salaire des professeurs. »
  • 20:40PrésentateurFait
    « Aujourd'hui en France, on a quand même les profs les moins bien payés d'Europe. »
  • 22:17InvitéChiffre
    « C'est un chiffre qui va être entre… C'est du 50 milliards minimum. »
  • 26:58InvitéChiffre
    « 40 milliards, on disait à l'époque, en reprenant une partie du CICE, en les mettant dans la petite enfance, les services publics et la transition écologique. »

Temps de parole

  • Présentateur72 %
  • Présentateur 226 %

1,2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

L'augmentation du SMIC, vous l'avez vu en regardant notre dernier numéro, n'est pas un cadeau de la part du gouvernement. Il résulte d'un phénomène global, celui de l'inflation. Que faut-il craindre du retour du spectre de l'inflation ? Face à l'envolée des prix, les gouvernements et les banques centrales vont devoir très rapidement changer de stratégie. Les promesses électorales sont de retour avec cette période de présidentielle qui s'ouvre. À gauche, le candidat de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a déjà présenté son programme. Loi sociale d'urgence, augmentation du SMIC, années blanches pour les profits du CAC 40, 50 milliards d'euros pour financer la création d'emplois.

Le candidat qui avait fait 19% lors de la dernière élection présidentielle entend bien cette fois accéder au second tour. Sur le plan économique, que faut-il retenir de Jean-Luc Mélenchon ? Ses propositions sont-elles réalistes ? Nous revenons dessus dans l'émission. Présidentielle toujours, c'est officiel, Anne Hidalgo sera la candidate du Parti Socialiste en 2022. Après la présidence Hollande, qui a conduit à un éclatement interne du parti et le résultat catastrophique des élections en 2017 avec Benoît Hamon, tout est à reconstruire au PS.

La maire de Paris entend renouer avec les Français en présentant des mesures très ancrées à gauche et la première d'entre elles serait de doubler le salaire des enseignants en France.

1:11
Invité

Il faudrait arriver et se fixer cet horizon, bien sûr, qui est celui des pays qui réussissent d'ailleurs, y compris dans leur système d'éducation. Aujourd'hui, vous savez qu'il y a dans beaucoup de concours de professeurs, très très peu de gens qui se présentent, beaucoup moins qu'il n'y avait quelques années parce que ce sont des métiers qui ne sont plus valorisés, qui sont des métiers très difficiles sur lesquels on fait poser beaucoup de responsabilités.

1:33
Présentateur

Paris gagnant ou peine perdue ? On décrypte dans ce nouvel épisode de l'Instant penché. Faut-il avoir peur de l'inflation ? Depuis un an, en Europe et aux États-Unis, l'augmentation des prix à la consommation inquiète. Entre août 2020 et août 2021, l'inflation aurait gagné 1,9% selon les chiffres de l'INSEE. Si vous l'ignoriez, regardez votre porte-monnaie. En un an, les prix de l'énergie ont augmenté de 12,7% et ce, des produits frais de 6,3% selon les chiffres de l'INSEE. Salut Thomas ! Salut Elsa ! Alors, l'inflation, qu'est-ce qui se passe là ? Pourquoi est-ce que les prix augmentent dû à quoi ? C'est la crise, il y a plusieurs phénomènes ?

En fait, les prix augmentent parce qu'on a eu une année où la production était en sous-régime. On n'a pas produit, la demande était pareille en sous-régime à cause du Covid, principalement. Et là, vous avez une reprise économique, une reprise de la consommation qui est dopée par les plans de relance, ce qui fait que vous avez une pression sur la demande. Et qui est beaucoup plus forte que celle qui est sur l'offre, qui met un certain temps à se remettre en place. Et donc, les prix augmentent. La vraie question, c'est de savoir si ça va devenir, est-ce que c'est transitoire ? Ce qui ne serait pas du tout grave. Moi, je pense que c'est plutôt ça.

C'est un phénomène transitoire qui n'est absolument pas grave. Même les taux d'inflation ne sont pas très élevés. Ce qui serait embêtant, c'est que l'inflation continue à augmenter et qu'on arrive dans quelque chose de catastrophique. Mais on en est très, très loin. Il ne faut pas confondre inflation, hausse des prix, qui sont provisoires, comme c'est le cas en ce moment, qui ne sont absolument pas graves. D'hyperinflation, qui est un phénomène beaucoup plus élevé que celui qu'on connaît. Ce n'est pas 2, 3 %, mais c'est 15, 20, 30 et plus, parfois, en termes de pourcentage. Il y avait des cas comme l'argentiste, où c'était 20 000 % d'inflation. Là, c'est très grave.

Il y avait des cas en Hongrie, dans 1946, où là, les prix doublaient tous les 15 heures. Là, c'est très, très grave. Mais là, on n'en est pas du tout là. Là, on est à un petit peu d'inflation qui est due à un phénomène provisoire de rattrapage de la consommation dopée par les plans de relance. Donc, moi, je n'y vois rien de très grave, même s'il faut surveiller quand même ça de très près. Et justement, comment fonctionne précisément l'inflation ? On entend beaucoup de mots anciens, déflation, stagflation, hyperinflation. Mais qu'est-ce qui caractérise exactement l'inflation ? L'inflation, c'est la hausse des prix. Alors, l'inflation, c'est la hausse des prix.

En fait, au départ, l'idée, c'est que si les prix augmentent trop, comme les cas d'inflation que j'ai cités, d'hyperinflation, qui ne sont pas de l'inflation, d'hyperinflation, l'économie n'est plus stable. Si l'économie n'est plus stable, les gens ne veulent pas investir et il n'y a pas de croissance. Donc, le but, ça a été de faire des politiques de macro-stabilisation, de stabiliser l'inflation. Entre 1 et 3 %, c'est ce qu'on a fait depuis les années 80. La BCE, elle est indépendante et son rôle, c'est de faire en sorte que l'inflation soit faible. Entre 1 et 3 %, en Europe, c'est plutôt entre 1,5 et 2 %. C'est ça, le consensus qu'on a chez les libéraux.

Et pour ça, qu'est-ce qu'il faut faire ? Il faut faire de la politique de réduction des déficits. C'est ce qu'on connaît depuis les années 80. Alors, effectivement, depuis les années 80, on a, dans la majorité des pays riches, battu l'inflation, c'est-à-dire qu'il n'y a quasiment plus d'inflation. Est-ce que l'économie est plus stable pour la plupart des gens ? Je ne crois pas, parce qu'on a eu beaucoup de crises économiques, on a eu beaucoup de lois de travail qui a rendu quand même l'économie plus instable pour un certain nombre de gens, mais pas pour les investisseurs.

Ça, c'est clair et net, et pas pour les détenteurs d'actions qui ont intérêt à ce qu'il n'y ait pas d'inflation parce que l'inflation grignote les rendements des gros détenteurs d'actifs financiers. Mais grosso modo, ce qui est très inquiétant, c'est l'hyperinflation. Et l'hyperinflation, c'est quand les prix font, quand on a des 50 % d'inflation, 10 000 % dans des cas extrêmes, comme je l'ai dit. Mais aujourd'hui, par exemple, chez les économistes, même libéraux, il y a un consensus pour dire que jusqu'à 8-10 % d'inflation, il n'y a aucun impact sur la croissance. Vous voyez, on est à 2-3 % là, d'un point de vue global sur la croissance économique.

Ça ne présente pas un danger, mais il faut surveiller ça, il ne faut pas que la machine s'emballe. Mais il n'y a aucune raison que la machine s'emballe, comme ça a été le cas dans les années 70, par exemple en France, fin des années 70 en France. Alors, excuse-moi si je me méprends, mais sur les chiffres, il semblerait en plus qu'en Europe, ce soit beaucoup moins fort qu'aux États-Unis. Comment ça se fait ? Est-ce qu'on a des mécanismes pour tenter l'équilibre ? En fait, en Europe, c'est moins fort qu'aux États-Unis, tout simplement parce que l'impulsion budgétaire, le plan de relance est moins fort.

En France, c'est beaucoup moins fort qu'aux États-Unis parce que le plan de relance est moins fort. Voilà, c'est tout. En fait, l'inflation, l'inflation, bon, en dessous de 10 %, je vous l'ai dit, c'est un phénomène qui est parfaitement normal, mais qui reste à surveiller. Mais l'hyperinflation, c'est quand l'économie est en surchauffe. C'est vraiment qu'elle est au-dessus de son point, comme aiment bien dire les libéraux, d'équilibre, équilibre de marché. Donc, voilà, c'est quand elle est en surchauffe. Quand on voit les taux de chômage, en France, 5 millions de chômeurs, on est loin d'être en surchauffe.

Quand on voit le taux d'emploi, le taux d'emploi des gens, c'est 65 % en France, on est loin d'être en surchauffe. Quand on voit le sous-emploi, c'est-à-dire les gens qui voudraient travailler plus mais qui n'y arrivent pas, on est loin d'être en surchauffe. Donc là, dire que l'inflation que l'on vit là est due à une surchauffe de l'économie due au plan de relance, non, c'est dû au fait que l'économie repart, qu'elle repart rapidement grâce au plan de relance. Ça va probablement être provisoire, mais on est loin d'avoir cette hyperinflation.

Donc moi, j'ai très peur que quand on entend les dirigeants d'institutions ou politiques agiter le chiffon de l'inflation, en disant attention, c'est très grave, c'est très grave, que ce soit une raison pour justement casser les plans de relance et arrêter le soutien de l'activité. Donc, il ne faut pas que ça devienne, ce qui a été le cas ces 30 dernières années, il ne faut pas que l'inflation devienne un épouvantail, comme la dette publique l'a été à un moment, pour éviter de faire les investissements nécessaires dont on a besoin dans le service public. Donc là, il n'y a aucun risque d'hyperinflation. Pourquoi est-ce qu'il y a des économistes alors qui s'en inquiètent ?

Il n'y a pas aucun risque, mais il faut surveiller ça. Je ne vais pas vous dire, il faut surveiller ça. Là, on est à 3-5% peut-être aux Etats-Unis, ça reste encore très convenable. On n'a pas les mêmes conditions que dans les années 70, parce que dans les années 70, on a eu l'inflation à 15% parfois en France. Vous voyez ? Très élevé. Mais il y avait des conditions particulières.

Les conditions particulières, c'était qu'on avait beaucoup moins de chômeurs déjà, il y avait un pouvoir syndical plus fort qui pouvait négocier les hausses de salaire, parce qu'en fait, quand la boucle s'enclenche, hausse des prix, hausse des salaires, hausse des prix, hausse des salaires, ça peut aller très haut parfois. C'est ça qui déclenche, qui peut faire de l'hyperinflation. Mais on en est très loin de ça. Vous voyez, aujourd'hui, on a quand même des marges de rattrapage très fortes à prendre avant que l'économie soit en surchauffe. On en est très loin, on a 5 millions de chômeurs. Donc, agiter tout de suite l'inflation, non, il faut la surveiller. Elle est à 3%, c'est rien du tout.

Enfin, à 2% même, c'est absolument rien du tout. On a de la marge. Voilà. Le seul problème qu'il y a, c'est la question qui se pose avec cette inflation sur des prix, notamment de première nécessité, c'est l'impact que ça a sur les bas salaires. D'un point de vue macroéconomique, il n'y a pas d'impact sur la croissance. On peut arrêter de s'inquiéter, mais il faut surveiller les indicateurs quand même. Et sur l'aspect microéconomique, c'est-à-dire la part des dépenses contraintes qui vont augmenter chez les bas salaires, là, il va falloir donner un coup de pouce au bas salaire.

Et il y a beaucoup de libéraux qui vont dire « Mais si vous donnez le coup de pouce au bas salaire, ça fait prix qui augmente, salaire qui augmente. » C'est la boucle, la fameuse boucle inflationniste. Mais là, on en est très loin. Donc, on peut donner un coup de pouce au bas salaire également. Et on a eu des épisodes hyperinflationnistes récemment ? Non, pas depuis les années 80. L'inflation a été vaincue et donc la stabilité, les politiques macro de macro-stabilisation ont gagné. Avec cette promesse que cette stabilité allait entraîner de l'investissement et de la croissance, on a eu de la stabilité sans l'investissement ni la croissance. Donc, il faut arrêter.

L'inflation, c'est un élément à surveiller parmi tant d'autres, mais ça ne peut pas être l'élément central d'une politique économique. À quoi on peut s'attendre comme réaction de la part des banques centrales et des gouvernements qui agitent un peu ce spectre-là ? Alors moi, chez les libéraux, comme je l'ai dit, l'inflation est importante, il fallait la vaincre, il fallait qu'elle soit entre 1 et 3 %. Moi, j'ai très peur que, je vous l'ai dit, comme la dette, aujourd'hui, on se rend compte que c'est moins un problème puisque tous les pays ont augmenté leur dette. On nous avait dit, vous vous rendez compte, on nous avait dit à 100 % de dette, on serait tous morts.

On a eu 100 % de dette avant la crise du Covid, rien ne s'est passé. On a 120 % de dette, finalement, rien ne se passe. Donc, il y a beaucoup de gens qui se disent, bon, maintenant, la dette, on ne va pas pouvoir leur faire le coup qu'on leur fait depuis 2011, parce que depuis 2011, on réduit les déficits, on casse le service public, pour la dette, alors que rien ne nous oblige à le faire, les taux d'intérêt sont très faibles, voire même négatifs. Mais là, je pense qu'on va rajouter à ça ce chiffon rouge, cet épouvantail que sera l'inflation.

On va dire, attention, il y a un peu d'inflation, il y a 2 %, donc on va devenir l'Argentine avec 20 000 % d'inflation, donc on va devenir la Hongrie de 1946 avec les prix qui doublent tous les 15 heures. On en est très, très loin. Il faut vraiment dissocier inflation, qui peut être un phénomène de court terme comme nous le vivons aujourd'hui, et hyperinflation, qui là est un phénomène que personne ne désire, mais entre les deux, il y a un gap énorme. C'est pour ça que l'inflation, il faut la surveiller, mais il ne faut pas s'affoler, parce qu'un peu d'inflation n'a jamais fait de mal à l'économie. La présidentielle arrive, et avec elle, les multiples propositions des candidats.

À gauche comme à droite, on cherchait avant tout à mettre en avant un programme de rupture d'accès concurrent. Le candidat de la France insoumise, devenu l'Union populaire, souhaite fédérer le peuple autour de plusieurs propositions qu'il appelle loi d'urgence sociale. C'est la troisième fois que Jean-Luc Mélenchon se présente à la présidence de la République, et il entend bien cette fois incarner la seule alternative à la droite ultralibérale et l'extrême droite, malgré la multiplication des déclarations de candidature à gauche. Thomas, Jean-Luc Mélenchon a dévoilé assez récemment pas mal de mesures économiques, C'est un bon timing, ça, pour la rentrée ?

Moi, je suis content que la gauche parle d'autre chose que du pass sanitaire. Donc là, je trouve ça bien qu'elle parle du social, de l'augmentation des salaires, du blocage des prix. Ça serait bien qu'elle parle aussi du service public, parce que c'est des débats qui sont importants et qui sont fédérateurs. Il y a une crise économique aussi qui pointe un peu son nez. Exactement. Et donc, c'est des questions qui sont très importantes, parce que pass sanitaire ou pas, ce n'est pas ça qui résoudra la crise économique. Ça, c'est clair et net. Donc, c'est des mesures d'économie qui vont résoudre cette crise-là.

Et donc, c'est bien que la gauche, et puis il faut que la gauche aussi impose son agenda. Ce n'est pas que l'extrême droite ou Macron qui ont le droit d'imposer leur agenda. Donc, cette initiative de Jean-Luc Mélenchon de présenter dans le JDD des mesures, moi, je la salue parce que ça ressente le débat. Et je préfère que la gauche soit sur ce terrain-là plutôt que sur d'autres terrains où je pense qu'au final, elle ne gagne rien. Alors, on va passer un peu en revue les quelques mesures qui présentent justement au JDD. Peut-être que certaines choses sont moins possibles que d'autres. Ils proposent notamment le blocage des prix de première nécessité.

Au-delà du fait de dire c'est bien ou c'est pas bien, est-ce qu'ils ne se heurteraient pas aux entreprises ? En fait, dans le code du commerce, il y a la possibilité de bloquer les prix. D'accord. Oui, c'est inscrit. Aujourd'hui encore, mais il faut une bonne raison, une crise, etc. D'ailleurs, par exemple, Bérégovoy avait bloqué les prix de l'essence pendant la première guerre du Golfe. Il les avait bloqués parce que les prix de l'essence avaient augmenté avec la guerre du Golfe. Il a dit on les bloque parce qu'il y a une raison, une guerre. Là, on a quand même une raison, une pandémie. Donc, on peut les bloquer temporairement parce que c'est souvent l'État qui paye la note à la fin.

Soit on baisse la fiscalité, soit on fait payer les distributeurs, mais il y a quelqu'un qui paye la note. Mais on peut les bloquer temporairement. Et là, effectivement, dû à la reprise économique et au plan de relance, les prix augmentent. On n'est pas sûr que ça va durer longtemps, mais là, en plus, il y a de la spéculation derrière qui alimente. Vous savez, quand les prix augmentent dans l'économie réelle, mais après, la spéculation fait qu'ils augmentent encore plus haut. Ce n'est pas aux consommateurs à payer cette spéculation. Donc, on pourrait mettre en mesure temporairement parce que bloquer les prix sur le long terme, c'est jamais bon.

Mais temporairement, on pourrait mettre sur certains biens, l'essence ou certaines matières premières. Il est possible temporairement de bloquer les prix et le code du commerce le permet. Donc, ça a déjà été fait. Et d'ailleurs, François Hollande, Souvenons-nous, François Hollande, qui n'est pas Hugo Chavez, Nietzsche Kevara, en 2012, dans son programme, dans les neuf premières mesures qu'il mettait en place, il y avait le blocage des prix de l'essence. Oui. D'accord ? Parce qu'un Français sur deux, à son vote, à l'époque, un sondage avait été fait, à son vote, qui est influencé par les mesures sur les carburants que peuvent prendre les dirigeants.

Donc, comme quoi, la question vraiment du contrôle des prix est importante pour les Français. Et là-dessus, en plus, c'est vrai que c'est quelque chose qu'on peut nous agiter régulièrement par des libéraux. S'ils bloquent les prix de l'essence, est-ce qu'il est arrivé que des entreprises disent « bon, moi, j'arrête, je ne vais pas risquer d'être moins compétitif ici ? » C'est possible, ça ? Si on bloque les prix de l'essence, c'est à 60% de taxes. Donc, il y a deux façons de les bloquer. Soit, vous laissez la marge que font les distributeurs, parce qu'il y a beaucoup de stations de services indépendantes qui font des marges très faibles sur l'essence, quelques centimes.

Donc, si on leur prend ces centimes-là, ils vendent à perte. Donc, soit on baisse un peu la fiscalité, donc l'État perd de l'argent. Ça, c'est aussi un risque en plus. Soit, on s'arrange avec les distributeurs pour faire moitié-moitié. Ce qui avait été le cas un peu sous Hollande. Hollande n'avait pas vraiment bloqué les prix. Il avait mis un seuil et puis les distributeurs s'étaient arrangés pour en prendre une partie et l'État en prenait une autre partie. Donc, c'est un arrangement, mais c'est clair qu'il y a toujours des perdants. C'est soit l'État, soit le distributeur. Parfois, le distributeur peut, parfois, il ne peut pas. C'est une négociation qui est mise.

Mais en tous les cas, le consommateur peut avoir... Il ne doit pas être pénalisé. Il ne doit pas être pénalisé. Mais ça ne peut être que temporaire. Sur le long terme, c'est une bêtise. Voilà. Bien qu'il y ait un certain nombre de prix qui sont régulés dans l'économie aujourd'hui. Par exemple, les prix de l'électricité sont des prix quasi-soviétiques en France. On rappelle en plus qu'un petit blocage des prix de l'essence en ce moment serait pas mal puisqu'ils atteignent des prix qui commencent à friser ce qu'il y avait juste avant la crise des Gilets jaunes. Il y a aussi la fameuse question du SMIC. Ça, évidemment, tout le monde y va un peu de sa proposition.

On a Arnaud Montebourg qui lui propose de revaloriser tous les salaires. Fabien Roussel du PCF qui lui propose un SMIC à 1 800 euros brut. Et Jean-Luc Mélenchon, lui, c'est un SMIC à 1 400 euros net. Ce n'est pas un peu utopique de proposer ça ? Est-ce que le patronat hurlerait la compétitivité de nos entreprises est menacée ? Alors, tous les bas salaires doivent être revalorisés. Là, je veux dire, même aujourd'hui, le MEDEF est prêt à discuter de ça alors que pendant très longtemps, non. Pourquoi ? Déjà, il y a eu beaucoup de dettes ciblées sur les bas salaires, ce qui fait qu'ils payent beaucoup moins de charges sur ces salaires-là par rapport à d'autres.

Et puis surtout, ça a été les gens qui ont été mis, c'était les premiers de cordée pendant la crise. Donc, à un moment, il faut aussi prendre en compte ça. C'est les seuls qui ont travaillé souvent dans la grande distribution avec ces bas salaires. Donc, il faut vraiment prendre ça en compte. Et puis après, il y a ce double aspect du salaire dont on a parlé la semaine dernière qui est un coût pour l'entreprise mais qui est aussi un débouché pour l'entreprise. Principalement pour les PME qui ont une grande majorité de leurs débouchés qui sont sur le sol français. Vous voyez ? Donc, si vous payez mieux quelqu'un, qu'est-ce qu'il va faire ? Il ne va plus consommer.

Et on l'avait dit la semaine dernière, les entreprises, leur premier problème, c'est le carnet de commandes. Donc, l'ambivalence du salaire en tant que coût et débouché doit être aussi pris en compte. Or, ces dernières années, on l'a trop pris comme un coût. Il n'y a pas de carnet de commandes rempli. Bon, ben voilà. Donc, la question de l'augmentation des salaires, c'est une question qui est importante. Et ça doit se cibler sur les bas salaires parce que les hauts salaires en fait ont beaucoup augmenté. Vous voyez ? Là, on ne parle plus de coût quand c'est les hauts salaires. Donc, les bas salaires, il doit y avoir une vraie question sur ces salaires-là, bien sûr.

Parce qu'on imagine mal quelqu'un qui gagne seulement le SMIC investir en bourse ou dans la spéculation. Oui, ça n'a rien. Voilà. Alors, autre proposition, reporter de deux ans le remboursement des prêts garantis par l'État. Qu'est-ce que c'est ? Ça, c'est faisable ? Alors, oui, là, le problème, c'est que là, il y a un certain nombre. Là, c'est maintenant qu'on va avoir les faillites, probablement. Les faillites des plus fragiles. Ils ont été soutenus par l'État pendant le Covid. Un certain nombre de prix des matières premières augmentent, parfois du papier si vous avez un magazine, vous voyez. Et d'un seul coup, les aides, les prêts garantis, on vous demande de rembourser.

Si l'activité ne suit pas, comment voulez-vous rembourser ? Vous ne pouvez pas et vous faites faillite. Donc là, c'est très délicat. Ceux qui ont de la trésorerie, eux, c'est tranquille. Mais ceux qui sont juste la tête au-dessus de l'eau, là, il est possible qu'ils boivent la tasse parce que l'activité n'est pas complètement encore repartie. Donc, parfois, ça peut se jouer à quelques mois. Il faut attendre que le plan de relance fasse ses effets. Voilà, que le plan de relance fasse ses effets, que le Covid soit stabilisé. Donc, est-ce que ça vaut le coup parfois d'attendre quelques mois pour une entreprise ? Moi, je pense que oui.

Il ne faut pas être trop rapide dans la fin du quoi qu'il en coûte. Alors là, ils le font progressivement, mais il ne faut pas être trop rapide. Donc, sur ces prêts-là, les premiers qui vont trinquer, ce seront les plus fragiles, les petites entreprises. Voilà, celles qui reprennent et qui étaient déjà, je veux dire, limite, parfois qui ont 3, 4, 5 salariés quand même, vous voyez, et qui, là, vont devoir fermer et licencier des emplois. Donc, les faillites peuvent arriver si on arrête ces aides trop rapidement. Et alors, autre proposition qui risquerait peut-être de faire hurler sur les plateaux de télévision, réquisition de tout ce qui excède la production moyenne des biens du CAC 40. Oui.

Alors, pareil, ça, c'est... Alors, comme ça, effectivement, on se dit, mais ce n'est pas possible et tout, mais quand on regarde l'histoire, vous voyez, dans les années 70, aux États-Unis, les prix du pétrole ont augmenté avec les chocs pétroliers, très fortement. Les multinationales du pétrole américains, qui étaient les plus puissantes, qui finançaient des campagnes, les entreprises les plus puissantes, ont fait un surprofit comme elles vendent du pétrole, les profits ont augmenté. Qu'ont fait les Américains, pays libéral, ils ont taxé le surprofit. Ils ont dit, là, vous profitez d'un effet d'aubaine, nous allons le taxer. Vous voyez ?

Et là, pourquoi on ne se dirait pas qu'au-delà d'un certain seuil, moyen, comme on le dit, on considère que cet argent-là, en période de crise, dépend de l'argent qui a été injecté par la force publique, qui a fait que les grandes entreprises ont tenues. Et donc, en période de crise, on peut en récupérer une partie. C'est une question qui doit se poser économiquement. Et ça a déjà été fait dans... Ce n'est pas des questions qui viennent... Enfin, ce n'est pas des choses qui viennent du Venezuela. Ce sont des choses qui ont été faites aux États-Unis, encore une fois, je vous le dis, dans les années 70. Donc, c'est des questions qui se posent.

Se dire qu'à un moment, temporairement, je parle bien temporairement, dans une période de crise, alors que ces économies sont sous perfusion publique, au-delà d'un certain montant, il faut récupérer cet argent pour le réinvestir ailleurs, notamment dans un meilleur partage des salaires ou dans l'investissement, moi, je trouve ça plutôt logique. C'était devenu un secret de Polichinelle. C'est désormais officiel. Anne Hidalgo sera la candidate du Parti socialiste en 2022. Le 15 septembre dernier, l'actuelle maire de la capitale a publié cet ouvrage, Une femme française, dans lequel elle livre réflexion, confidence, mais surtout axe programmatique.

L'une des propositions a particulièrement retenu l'attention des observateurs. Si elle accède un jour à l'Elysée, Anne Hidalgo compte bien doubler le salaire des professeurs. Les relations entre le Parti socialiste et les enseignants ne sont plus au beau fixe depuis une date assez précise, le 24 juin 1997. Ce jour-là, alors ministre de l'Éducation nationale sous le gouvernement Jospin, Claude Allègre, en réunion avec des syndicats d'enseignants, déclare qu'il faut dégraisser le mammouth. Le ministre s'est ensuite évertueux à nier le lien entre cette déclaration et le corps des enseignants, mais le mal était déjà fait et la rupture d'ores et déjà consommée.

Traditionnellement à gauche, le vote des enseignants est devenu pratiquement indispensable et les promesses ne manquent pas. Anne Hidalgo tente-elle renouer enfin avec le corps enseignant avec cette mesure ? Et surtout, serait-ce possible, à droite comme à gauche ? Jugé irréalisable, cette proposition a provoqué de nombreux ricanements. Alors Thomas, doubler le salaire des profs. Sur le papier, on est plutôt sur quelque chose qui ne devrait pas trop faire hérisser le poil. Aujourd'hui en France, on a quand même les profs les moins bien payés d'Europe. ils ont connu des baisses considérables de leur pouvoir d'achat depuis les années 80. C'est un métier qui devient de plus en plus difficile.

Ce serait formidable de doubler leur salaire. Oui, tout à fait. Alors, avant de te répondre déjà, je vais revenir un peu sur Hidalgo et je répondrai à ta question. C'est important. Anne Hidalgo, malgré tout, il ne faut pas oublier parce que beaucoup de gens ricanent de sa candidature à gauche, mais il ne faut quand même pas oublier qu'elle avait un projet pour Paris qui a été beaucoup critiqué, qu'à un moment, tout le monde pensait qu'elle allait perdre et qu'elle a quand même regagné la mairie de Paris et qu'elle continue son projet.

C'est-à-dire que quand elle s'est fixé un objectif, finalement, elle garde le cas parce qu'elle n'a pas changé grand-chose entre son projet du premier mandat et ce qu'elle veut faire au deuxième mandat. C'est-à-dire des pistes cyclables, des travaux, etc. Et elle tient tête. Ce qui est bien en politique, ce qui est une qualité. Ça, il faut lui reconnaître. Donc, il ne faut jamais sous-estimer Anne Hidalgo, moi, je pense. Parce que même quand on a cru que c'était fini, finalement, elle a continué à gagner. Ça, il faut le dire. Maintenant, sur la proposition. Moi, il y a un truc que je ne comprends pas.

C'est comment on peut être aussi bien entouré qu'Anne Hidalgo et sortir une proposition comme ça, tout en disant qu'on ne l'a pas chiffrée et qu'on la chiffrera plus tard. Ce qui ne fait absolument pas sérieux. Ça veut dire que là, ça a été fait entre trois communicants sur un coin de table qui lui ont dit « Allez, les profs, c'est des gens qui votent à gauche. C'est des oubliés. C'est vrai, du service public. On va doubler comme ça tous les salaires des profs. Il y a 800 000 enseignants. D'accord ? Il y en a 300 000 qui sont des assistants d'enseignants qui sont parfois dans la classe avec les enseignants. Vous n'allez pas doubler que les enseignants sont les assistants. C'est humiliant.

Vous voyez, donc ça fait plus d'un million de personnes. D'accord ? Il faut doubler leur salaire. C'est quoi ? C'est un chiffre qui va être entre… C'est du 50 milliards minimum. Vous vous rendez compte ? 50 milliards. Alors, Anne Hidalgo, elle veut faire la transition écologique. Il y a le personnel soignant. Il y a la rénovation des bâtiments. Enfin, je ne sais pas. Tout ça, ça fait quand même pas mal. Au final, ça fait une enveloppe globale de combien ? Parce que c'est ça qui intéresse les gens. Soit c'est que cette mesure-là, soit c'est tout. Et moi, j'ai très peur que ça fasse un petit peu ce qui s'est passé avec Benoît Hamon. C'est-à-dire, au début, il dit le revenu universel.

Il fallait assumer jusqu'au bout. Mais c'était un coût qui était énorme. Un coût budgétaire énorme. Ça a été très critique et le revenu universel. Lui, c'était son idée. Phare. Autant qu'il aille jusqu'au bout. Qu'on soit pour ou contre. Mais comme il a vu que c'était une enveloppe budgétaire forte, il a commencé à couper à droite, à gauche, à faire en sorte qu'on ne savait plus après si c'était un RSA amélioré ou un revenu universel.

Et puis surtout après, les mesures d'à côté devaient être contraintes à des économies budgétaires parce qu'ils avaient mis tellement sur le revenu universel qu'ils ont dit qu'on va être crédibles parce que dans la tête quand même surtout du centre-gauche ou du PS, il y a cette obsession des budgets. Malgré tout, qui reste là, surtout chez les cadres dirigeants du parti, je ne vais pas citer de noms, qui sont souvent dans les cabinets, etc., qui eux ont fait Sciences Po, l'ENA et donc ils ont été formés avec le respect du cadre budgétaire européen. Et donc comme ils avaient mis beaucoup sur le revenu universel, il ne fallait plus rien mettre à côté. Et donc à la fin, il paraissait mou.

Voilà, c'est tout. Et là, Anne Hidalgo, si elle va au bout de son truc parce qu'elle est obligée d'assumer maintenant, elle ne va pas dire... Et si elle double les salaires à l'entrée seulement, elle dit « Ah ben non, je ne parlais que de ceux qui rentrent ». Ça veut dire qu'un mec qui commence va gagner plus qu'un mec qui a 15 ans d'ancienneté. Ce n'est pas possible. Il faut qu'elle assume. Et donc elle va chiffrer après et elle va chiffrer et elle va faire du bricolage. Ça me fait penser à la mesure un peu d'Audrey Pulvar sur la gratuité des transports. C'est-à-dire qu'on lance ça, c'est beau, c'est joli, puis après on bricole. Ah ben non, je n'ai pas dit ça, j'ai dit autre chose.

Ah ben non, ce ne sera pas ça, ce sera ci. C'est du bricolage. Mais la première chose qu'on fait quand on annonce une mesure, pour moi, on va voir les syndicats et on leur demande leur avis. Et alors, question, qu'est-ce qu'elle envisage quand on a dit qu'on va doubler le salaire des professeurs ? De quels professeurs elle parle ? Est-ce qu'on parle du primaire, du secondaire, de l'université ? Enfin, qui va avoir... Moi, je pense qu'elle parlait... Je ne sais pas. On ne sait pas, mais je pense qu'elle... Ah non, on ne sait pas. Voilà, mais je pense qu'elle parlait.

Les professeurs d'université, même si les maîtres de conférences ont des salaires faibles au départ, globalement, avec les cours supplémentaires et ainsi de suite, l'évolution de carrière, ça reste des salaires qui sont parfaitement convenables. Je sais qu'ils aiment bien comparer aux États-Unis, mais aux États-Unis, on a quand même des obligations de recherche qui sont extrêmement strictes, qui ne sont pas le cas en France. Il y a des avantages au système français également en termes de qualité de vie par rapport au système américain.

Moi, je préfère être prof en France que prof dans une fac américaine où là, il y a une exigence de rentabilité, de recherche qui est extrêmement forte et qui n'est pas... Et puis leurs salaires ne sont pas du tout financés de la même manière. Pas du tout financés de la même manière, mais même de manière générale, il y a beaucoup plus de contrôle par les élèves sur les cours et également d'obligations de recherche très strictes qu'il n'y a pas dans l'université française et on peut s'en réjouir, moi je pense, parce qu'on n'est pas là pour cracher. Quand on est un chercheur, on n'est pas là pour cracher des étoiles comme ça tous les ans. Ça doit rester un choix, c'est ça que je veux dire.

Donc, le statut, en tous les cas, d'enseignant supérieur a encore des avantages énormes. Je pense qu'elle s'adressait plutôt aux professeurs des écoles et aux professeurs de collège-lycée qui, eux, effectivement, ont vu leur salaire en termes de pouvoir d'achat diminuer. Donc, il y a un rattrapage à faire. Ça, c'est clair et net qu'il faut augmenter ces salaires-là. C'est clair et net. Et puis, comment ça en étant professeur ? Les doublés, c'est quand même un peu démago, surtout quand on n'a pas fait le calcul avant. Si elle avait fait le calcul, l'enveloppe budgétaire, tout ça était très détaillé, moi, OK, c'est la mesure phare de son programme et puis le reste, on verra.

Mais là, elle fait ça et elle dit, en fait, oui, je dirai mon programme dans quelques mois, je ferai le calcul dans quelques mois. Ça ne fait pas sérieux, moi, je trouve. Alors, on va détailler. Les professeurs, aujourd'hui, comment est-ce qu'ils sont payés ? Par quel argent ? Parce qu'ils ne vendent de rien techniquement. Qui finance la paie des profs ? Comment ça fait ? C'est de la dépense publique. C'est de la dépense publique. C'est de l'argent. Donc, ce serait augmenter la dépense publique. C'est ça. Après, ça va être le jeu de bricolage. Alors, soit tu augmentes la dépense publique, c'est sûr, mais comment tu finances ça ?

Soit tu finances ça par de l'emprunt, soit tu finances ça par des impôts supplémentaires. Donc, après, on va rentrer dans le bricolage. Mais grosso modo, si après, on prend tout le... Parce qu'Anne Hidalgo est quand même attachée à beaucoup de choses, notamment la transition écologique dont elle parle beaucoup, qui nécessite énormément de moyens. Donc, c'est quand on additionne tous ces moyens qu'à la fin, avec des économistes, économistes atterrés et d'autres, on avait signé un papier en 2016 où on demandait de faire un peu de relance. 40 milliards, on disait à l'époque, en reprenant une partie du CICE, en les mettant dans la petite enfance, les services publics et la transition écologique.

40 milliards par an. Là, rien qu'avec les profs, elle dépasse ce montant-là. Vous voyez ? Mélenchon, il proposait à terme, je crois, un plan de relance à 100 milliards en 2017. 100 milliards, tout le monde a dit qu'il était fou, alors que c'était plutôt crédible. Là, elle, juste avec les profs, elle a entre 50 et 100. Vous voyez ? Ça me paraît, ça va être combien c'est son enveloppe globale si c'est un plan de relance qu'elle fait à 200 milliards en plus ? Je ne sais pas. En tous les cas, elle-même semble ne pas le savoir. Et c'est ça le problème. C'est ça le vrai problème. Comment est-ce qu'on pourrait envisager cette revalorisation du métier de professeur ?

Parce qu'il y a la question des payes, c'est vrai, mais il n'y en a plus assez de profs aujourd'hui. Les classes débordent de quoi. En fait, on n'a pas besoin... Il faut augmenter le salaire, c'est sûr. Il faut le revaloriser. Même dans le supérieur, une heure de TD n'a pas été revalorisé depuis 25 ans. Donc, il faut revaloriser les salaires, ça c'est sûr. Il faut s'adresser au syndicat, il faut rattraper. Il y a un rattrapage à faire, c'est clair. Mais il y a aussi des gens embauchés. Il y a aussi des investissements supplémentaires en consommation intermédiaire, c'est-à-dire table, infrastructure, etc. Donc, il y a plein d'investissements.

Les gens ne demandent pas qu'une augmentation de salaire. Ils demandent aussi des moyens pour l'éducation. Ils demandent aussi plus de postes de profs. Donc, ce n'est pas qu'une question de salaire. Et donc, tout ça a un coût. Donc, c'est ça qu'il faut regarder. Et moi, je pense que la première chose quand on fait un programme qui se dit de gauche, la première chose, c'est qu'il faut aller parler aux syndicats pour voir quelles sont leurs demandes parce que là, même les syndicats n'y croient pas. Ils savent que c'est de la démagogie. Donc, il faut aller voir les syndicats, leur demander. Moi, je pense qu'avant de se présenter, il faut avoir un programme. Or là, c'est l'inverse.

Les gens se présentent et ils disent « Non, je ferai le programme dans trois mois. » Là, c'est un concours de beauté dans ce cas-là. C'est plus sérieux. C'est un peu l'effet de la Ve République qui personnalise énormément. Mais Emmanuel Macron, il a présenté son programme économique un mois et demi avant le premier tour. Donc là, si c'est ça, si c'est ça la politique, moi, personnellement, moi qui regarde et lier les programmes, parce qu'il y a beaucoup de gens qui ne se souviennent pas que Macron voulait, par exemple, économiser 15 milliards sur l'assurance maladie. Beaucoup de gens disaient ou que voulaient supprimer 120 000 postes de fonctionnaires. Beaucoup de gens semblent oublier ça.

Mais c'est inscrit noir sur blanc dans le programme. D'accord ? Moi, je dis les programmes et moi, je pense que ça devrait être ça le point de départ. Et là, le point de départ, ce n'est pas ça. C'est une candidature, c'est un concours de beauté. C'est la personne qui pourrait gagner. On l'a choisie. Elle a des qualités, je l'ai dit, des qualités énormes. Mais elle balance un chiffre comme ça. C'est de la communication. Vraiment, ça a été fait, on dirait que ça a été fait la veille au milieu de communicants.

sur l'austérité que la Cour des comptes demande, que le rapport Arthuis demande et que les promesses que nous avons faites à l'Europe, qui sont des économies principalement ciblées sur les retraites, l'assurance maladie, les minima sociaux, tout ça, il va falloir quand même être un petit peu, comment on va dire, prêt pour affronter ça.

Si on fait comme si tout ça n'existait pas et qu'on balance des trucs comme ça, moi, ça me fait peur parce que là, 2022 va être une année quand même importante, charnière, qui va déterminer est-ce qu'on va créer une crise supplémentaire et faire comme après 2008 et dans une année où on fait une reprise en racine carrée, c'est-à-dire qu'on tombe et on stagne, ou est-ce qu'on va avoir les outils pour faire une reprise en V et rebondir ? Quand je vois ce type de sortie comme ça, non préparée, j'ai peur qu'on fasse cette reprise en racine carrée.

Je réponds déjà à ma dernière question qui est, au-delà de la déclaration, est-ce qu'il y a un espoir que le Parti socialiste se réincarne derrière Anne Hidalgo ? Vous savez, les gens ont l'air de voter comme ça, je vous le dis, sur... L'élection, c'est devenu, comme je le dis, j'aime bien ce mot-là, un concours de beauté, c'est-à-dire qu'on vote en disant, oui, lui, je l'aime bien, lui, il est cool, lui, il me fait peur, lui, sans lire les programmes. Donc, effectivement, à ce petit jeu-là, tout le monde a envie de se présenter. Tout le monde, non mais de l'extrême droite à l'extrême gauche, tout le monde se dit, pourquoi pas moi, finalement ?

Je suis que je fasse un coup, j'ai deux, trois mesures, deux, trois déplacements. Puisque c'est possible. Tout est possible. Et Macron a montré ô combien tout ça était possible. Bien entouré, bien préparé, tout ça est possible. Voilà, et maintenant, tout le monde y croit, je veux dire, tout le monde y croit et tous ceux qui ont un peu, il suffit de vendre un livre, avoir un peu de succès, ils se disent, ah, pourquoi pas moi ? Vous voyez, c'est ça le problème. On en est là, donc... C'est un peu à la mode, ça. On sort un livre et on se présente après. Voilà, on sort... Voilà, exactement. Donc, moi, je pense que c'est...

Donc, il y a une chance qu'elle gagne, mais après, là, ça montre une forme d'amateurisme, alors que quelqu'un qui gouverne une ville comme Paris, qui a des conseillers, qui est aux manettes depuis longtemps, devrait être beaucoup mieux préparé. C'est la fin de l'instant porché. Merci de l'avoir suivi. Si cet épisode vous a plu, n'hésitez pas à le partager sur vos réseaux sociaux ou à réagir en commentaire. Le prochain numéro de cette série sera légèrement différent puisque c'est la dernière fois que vous me verrez le présenter. Je remercie chaudement les équipes du Média. Je remercie Thomas avec qui j'ai animé cette émission passionnante.

Je vous remercie, vous, d'avoir toujours été au rendez-vous, d'avoir réagi, partagé, commenté, nous avoir encouragé, d'avoir été en désaccord parfois et d'avoir animé ce débat. Mes remerciements s'adressent aussi et tout particulièrement à l'équipe technique sans qui cette émission n'existerait pas. Merci Eli, Léo, Jordan, Irving, merci Guillaume au montage. L'instant porché n'existe que par vos dons et votre participation à la vie du Média. Pour encourager ces équipes, n'hésitez pas à faire un don ou à devenir sociétaire. L'instant porché reviendra très vite sur le plateau du Média et moi je vous dis au revoir.

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Invité

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La guerre du pouvoir d'achat a commencé · Pourquijevote