Témoin RMC : Caroline Hodak - 16/06
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Chapitres
Questions et réponses
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- 0:20OuverteRéponse directe
Vous êtes malade au long cours du Covid.
- 1:05OuverteRéponse directe
Donc, vous ne vous êtes pas fait tester ?
- 2:02OuverteRéponse directe
Comment savez-vous que vous avez eu le Covid, alors ?
- 2:58RelanceRéponse partielle
Qui estime ces chiffres de 200 à 300 000 patients ?
- 4:26OuverteRéponse directe
Quelles conséquences ?
- 4:31OuverteRéponse directe
Vous, par exemple, vous souffrez de quoi aujourd'hui ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:18InvitéChiffre
« aujourd'hui, parmi les malades au long cours, la moitié teste négatif. »
- 3:25InvitéChiffre
« 3 à 4% des malades auraient été hospitalisés. 0,7% sont malheureusement décédés. »
- 3:31InvitéChiffre
« le professeur Davido, il y a trois semaines, disait que 5% des malades étaient des malades au long cours. »
- 3:39InvitéChiffre
« depuis 10 jours, on dit 10 à 15% sont des malades au long cours. »
- 3:48InvitéChiffre
« Sur ces 10 à 15%, donc si on fait les calculs, on arrive à 200 ou 300 000 malades au long cours. »
- 3:48InvitéChiffre
« Parmi ces 200 à 300 000, 50% test négatif. »
- 6:43InvitéChiffre
« l'un des protagonistes, en réa, hospitalisé, sorti au bout de 14 jours en hospitalisation, un mois pour se remettre du cœur, trois à quatre mois pour les poumons, six mois pour les yeux. »
- 7:20InvitéChiffre
« aujourd'hui, nous, patients subissant les conséquences du Covid, nous sommes 200 à 300 000 longs cours, pas grave, les malades à la maison, et plus de 100 000 hospitalisés qui vivent les conséquences. »
Temps de parole
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- Présentateur23 %
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Vous écoutez RMC. Il y a des patients du coronavirus, du Covid-19, qui ne guérissent pas. Oui, je dis bien qu'ils ne guérissent pas. Caroline Haddac, bonjour.
Bonjour.
Merci d'être venue nous voir ce matin. Vous êtes malade au long cours du Covid. Caroline Haddac, vous avez développé les premiers symptômes de la maladie au mois de mars, mi-mars, c'est ça ?
Oui, mi-mars. Des symptômes, somme toute, extrêmement légers, maux de tête, nausées, douleurs musculaires et énormes fatigues. Et je me suis rendu compte, entre le 12 et le 15-16 mars, en discutant avec des amis, nos fils partaient ensemble. Enfin, peu importe, mais manifestement, leur école était un cluster et ils avaient eu des rumes, etc. Et en discutant entre nous, on se rend compte que sur quatre familles, trois d'entre nous, dont une partait à l'hôpital, d'autres avaient une fièvre très élevée et semblaient atteint. Du coup, je me suis dit, c'est bon, je l'ai eu, version légère.
Donc, vous ne vous êtes pas fait tester ?
Pas du tout.
Vous avez dit, je l'ai peut-être eu, c'est pas grave.
Le truc que tout le monde avait dans sa pharmacopée à ce moment-là, c'était le doliprane. En revanche, moi, ce qui a été déterminant, c'est que le 18 mars, j'ai une inflammation au pied, le pied qui gonfle, qui devient rouge. Je n'ai jamais eu ça. Je pensais que je faisais une allergie à des chaussettes. Et c'est un mois plus tard que je comprends qu'en fait, j'avais eu des engelures. Et c'est déterminant parce que, en ce qui me concerne, c'est le signe clinique qui fait que, alors qu'aujourd'hui, j'ai été testée deux fois en sérologie, je n'ai pas eu, officiellement, selon sérologie, je n'ai pas eu le Covid. Je teste négatif en virologie.
En sérologie.
Et en virologie aussi ? Virologie négative et anticorps négatif.
Comment savez-vous que vous avez eu le Covid, alors ?
À cause des signes cliniques. Et là, on touche une problématique cruciale aujourd'hui. Et ce sont les grands professeurs de nos hôpitaux qui le disent. Le professeur Davido, le professeur Deray, et d'autres. Et vous pourrez voir ça avec le professeur Com. Aujourd'hui, parmi les malades au long cours, la moitié teste négatif. Typiquement, le professeur Toubiana, à la pitié, qui a ouvert une consultation post-Covid le 1er juin, et que j'avais eu en ligne lundi 1er juin, le soir, justement, lui-même, à la salle pétrière, ne traite pas les Covid négatifs.
Ça veut dire qu'il y a eu des malades du Covid qui ont été testés négatifs, qui ont été parfois gravement malades, qui sont toujours malades. Alors, vous avez toujours des conséquences de la maladie ? Parce qu'on estime à 200 à 300 000 patients comme vous, en France, ce qui est énorme.
On estime. Là aussi, c'est un vrai sujet. Qui estime ? C'est-à-dire que, dans un article que j'ai publié dans la revue quotidienne AOC, le 20 mai, je fais les calculs moi-même. Personne, aujourd'hui, ni au ministère, ni à Santé publique France, n'évoque ces chiffres. Ce sont certains médecins, j'ai cité des noms tout à l'heure, qui eux-mêmes, infectiologues, épidémiologistes, font ces conjectures sur la base des chiffres de l'Inserm et de l'Institut Pasteur. 3 à 4% des malades auraient été hospitalisés. 0,7% sont malheureusement décédés. Reste que le professeur Davido, il y a trois semaines, disait que 5% des malades étaient des malades au long cours.
Et depuis 10 jours, on dit 10 à 15% sont des malades au long cours. Sur ces 10 à 15%, donc si on fait les calculs, on arrive à 200 ou 300 000 malades au long cours. Parmi ces 200 à 300 000, 50% test négatif. Est-ce que ce sont ces malades qui ont une hallucination collective de San Francisco à Vladivostok en passant par Madrid et Berlin ? Ou est-ce qu'on a des tests qui ne vont pas chercher le virus ? Et nous, pour répondre à votre question, pardonnez-moi, aujourd'hui, c'est assez normal qu'on teste au négatif, puisque le virus est censé s'être évaporé ou dilué dans nos organismes. En revanche, nous subissons les conséquences.
Typiquement, moi, ce qui me concerne, c'est ce qu'on appelle une réaction immunitaire vasculaire inflammatoire. Donc, c'est qualifié, c'est clinique. On est obligé...
Quelles conséquences ?
Alors, les conséquences, elles sont assez intéressantes. Et là aussi, le ministère...
Vous, par exemple, vous souffrez de quoi aujourd'hui ?
Alors, moi, de ce qu'on appelle les acro-syndromes, de micro-caillots, où là, j'ai une tâche sur la joue, justement, qui est consécutive à ce qu'on appelle une micro-angiopathie micro-thrombotique qui corrobore les engelures, c'est-à-dire les problèmes vasculaires. Ce sont des problèmes vasculaires. Je n'ai jamais de pièvre, je n'ai jamais de pièvre. Jamais de pièvre, non.
Problème vasculaire consécutif à ce Covid.
Exactement. Donc, c'est une...
C'est-à-dire que vous avez peut-être encore une charge virale, mais qui est toute faible, infime.
Éventuellement, là, je ne suis pas médecin ni professeur, je ne sais pas qualifier, mais on ne va pas le chercher chez moi. Et c'est bien ça, le problème. C'est-à-dire qu'on a une sémiologie médicale entre symptômes, signes et pathologies, où, en fait, les médecins, en fonction des symptômes exprimés par les patients, devaient explorer pour savoir. Quand on a une sérologie, OK. Aucun signe majeur. En radiologie, OK. Mais que, typiquement, chez moi, c'est assez simple, puisque les réactions vasculaires étaient ostensibles. Donc, du coup, c'est facilement qualifiable. Je suis suivie à Saint-Joseph en vasculaire depuis plusieurs semaines.
Et eux-mêmes me reconvoquent pour un suivi parce que, oui, on ne sait pas dans quelle mesure il n'y a pas des conséquences et des séquelles. Il est fondamental que ministères et autorités de santé publique, alors même que les enquêtes s'ouvrent aujourd'hui, prennent ce sujet en main, car on ne sait pas quelles sont les conséquences.
Alors, il faut savoir qu'il y a aussi des patients qui ont subi le Covid-19 d'une manière très rude, qui se sont retrouvés en réanimation, qui se sont retrouvés à l'hôpital, des patients qui souffrent toujours, qui n'ont pas pu se remettre de la maladie. Mais qui en ont pour des mois. Et qui en ont pour des mois qui souffrent de bourdonnements d'oreilles, de, je ne sais pas moi, d'engelures, de problèmes vasculaires ou autres problèmes. Il y en a énormément en France. Des soufflements, de problèmes cardiaques, qui n'arrivent pas à retrouver une vie normale.
Alors, typiquement, dans le petit cluster dont je vous parlais, dans une famille, l'un des protagonistes, en réa, hospitalisé, sorti au bout de 14 jours en hospitalisation, un mois pour se remettre du cœur, trois à quatre mois pour les poumons, six mois pour les yeux. Parce qu'en fait, ça engendre une vision. Elle a passé juste deux jours en réa. Puisqu'en fait, en l'occurrence, c'est une femme. Donc, du coup, on voit bien là que c'est un arrêt de travail de six mois minimum. Et quand les médecins vous font ce genre de pronostic en amont, c'est pas rien.
Oui, donc on ne se remet pas facilement du Covid-19. Et parfois, on ne se remet pas du tout même.
Alors, si on tient compte qu'en 2016, il y avait 170 à 180 000 personnes infectées par le sida. Si on sait qu'en 2018, 382 000 personnes sont atteintes du cancer. Et qu'aujourd'hui, nous, patients subissant les conséquences du Covid, nous sommes 200 à 300 000 longs cours, pas grave, les malades à la maison, et plus de 100 000 hospitalisés qui vivent les conséquences. Ça signifie que nous sommes entre 300 et 400 000 minimum atteints par cela. Sur Facebook, Twitter, des groupes se sont constitués de malades qui cherchent à partager des informations. Pour autant, on a là une partie émergée de l'iceberg, c'est-à-dire 3, 4, 5 000 personnes, mais à l'échelle nationale.
Donc, il est fondamental qu'on se saisisse de cette question parce que si on n'aide pas les patients, voilà pourquoi après, eux-mêmes se sentent fragilisés.
Bien sûr.
Il faut identifier les patients, il faut faire des études coordonnées, et c'est fondamental que les autorités mettent un nom et mettent des mots sur ces mots, en l'occurrence, M-A-U-X.