Anciens présidents, premiers ministres, députés,... Ces retraites dorées que Macron protège
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Questions et réponses
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Tu as souhaité nous parler de ces régimes spéciaux que la Macronie espère éradiquer avec la réforme des retraites.
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Expliquez-nous pourquoi vous supprimez cinq régimes et pas les neuf autres ?
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Votre argument sur la loi organique est-il solide ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« il va mettre les Français, les Gaulois réfractaires, les fainéants qui n'aiment pas la valeur au travail, et les faire bosser jusqu'à 64 ans. »
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« c'est pas si grave si 25% des plus pauvres sont morts à cet âge-là, et puis ceux qui arrivent encore à suivre jusqu'à 64 ans, ils sont pas toujours en bon état. »
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« Nous allons fermer la plupart des régimes spéciaux de retraite existants. »
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« Cette mesure ne s'appliquera qu'aux nouveaux embauchés, qui seront désormais affiliés au régime général de retraite. »
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« C'est des catégories de fonctionnaires qui peuvent partir plus tôt en retraite en raison de la difficulté ou du danger que représente leur travail. »
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« On a notamment les militaires ou les policiers qui peuvent partir en retraite dès l'âge de 52 ans. »
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« Les sénateurs, par exemple, qui disposent d'une caisse autonome depuis 1905, il leur suffit de faire un seul mandat de 6 ans pour avoir une pension de retraite de 2 200 euros net. »
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« Alors quand la retraite moyenne des Français, qui vont devoir trimer 43 annuités, arrive péniblement en moyenne à 1 400 euros net, les sénateurs, eux, ont 3 800 euros net. »
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« le traitement qui est accordé aux anciens présidents de la République, c'est-à-dire 5 000 euros, 5 200 euros net par mois. »
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« il aura 6 200 euros comme ancien parlementaire. »
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« il aura, en gros, 15 100 euros net par mois. »
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Les anciens présidents ont droit à 7 collaborateurs permanents pour assurer leur secrétariat, donc payés par le contribuable, et 2 agents de service pendant les 5 ans qui suivent la fin de leur mandat. Après, ça baisse un peu. Ils disposent aussi d'un logement de fonction meublée et équipée, et aussi de frais de représentation et de déplacement avec notamment une voiture avec chauffeur. Donc la bonne nouvelle, c'est quand Nicolas Sarkozy va au tribunal, il y va assez souvent, c'est dans une voiture avec chauffeur payée par vos impôts, et c'est avec du carburant payé par vos impôts.
Alors Thomas, toi, tu as souhaité nous parler de ces régimes spéciaux que la Macronie espère éradiquer avec la réforme des retraites. Alors tu sais que la France va mal, va très mal, mais heureusement, notre bien-aimé président va remettre de l'ordre, il va mettre les Français, les Gaulois réfractaires, les fainéants qui n'aiment pas la valeur au travail, et les faire bosser jusqu'à 64 ans. Alors au passage, c'est pas si grave si 25% des plus pauvres sont morts à cet âge-là, et puis ceux qui arrivent encore à suivre jusqu'à 64 ans, ils sont pas toujours en bon état.
On sait que, par exemple, l'espérance de vie en bonne santé est justement à 64 ans pour les hommes, mais c'est pas grave pour Emmanuel Macron, il va mener sa grande œuvre du quinquennat, juste avant de recevoir le prix Nobel de la paix, parce que je pense qu'il a prévu pour la fin de son quinquennat, et il va mettre tout le monde au travail, faire rentrer de l'argent dans les caisses, et surtout, surtout, il va supprimer les régimes spéciaux qui, quand même, ont été le cauchemar de la droite pendant des décennies. Des décennies, on regarde un petit extrait de l'annonce d'Elisabeth Borne sur la suppression de ces régimes spéciaux.
Un système juste, c'est tenir compte, enfin, de l'évolution des professions, et faire en sorte que le même métier donne la même retraite. Aussi, nous allons fermer la plupart des régimes spéciaux de retraite existants. Olivier Dussopt y reviendra. C'est une question d'équité. Cette mesure ne s'appliquera qu'aux nouveaux embauchés, qui seront désormais affiliés au régime général de retraite.
Alors, tu notes, Nadia, le ton toujours enjoué d'Elisabeth Borne quand elle annonce des trucs. Vraiment, c'est un enthousiasme communicatif. On a vraiment envie de danser sur les tables et de faire tourner les serviettes. Bon, bref. En gros, c'est terminé les régimes spéciaux de retraite, qui permettent aujourd'hui à certains salariés de la RATP, de la Banque de France, des clercs de notaires, de partir plus tôt en retraite. Tout ça, c'est terminé. On va même supprimer le régime spécial du Conseil économique et social. Alors, moi, je me suis souvenu que ça existait au moment où je lisais l'article.
C'est quand même une assemblée, une sorte de troisième assemblée, qui permet de recaser les copains des politiques, le tout payé aux frais du comptable. Donc, tout ça, c'est fini. Emmanuel Macron va rétablir l'équité pour tout le monde. C'est vraiment beau et merveilleux. C'est fini, c'est fini. Il y a quand même des régimes spéciaux qui vont perdurer, pas n'importe lesquels. Or, les régimes spéciaux, il y a ce qu'on appelle les catégories actives. C'est des catégories de fonctionnaires qui peuvent partir plus tôt en retraite en raison de la difficulté ou du danger que représente leur travail. On a notamment les militaires ou les policiers qui peuvent partir en retraite dès l'âge de 52 ans.
Et on veut allonger pour ces catégories actives de 2 ans l'âge de départ à la retraite. Et c'est pour ça que les policiers descendent dans la rue. C'est vrai que c'est usant du matraqué du manifestant. Mais concernant les régimes spéciaux, il va en rester 4 ou 5. Alors, il y a celui des marins et pêcheurs. Ça, ça se comprend. C'est vrai que les gens, c'est un travail très difficile. Et puis, les gens risquent leur vie en mer. Ils pourront toujours partir à 50 ans. Mais il y a quand même des trucs un peu plus surprenants. On va maintenir le régime spécial de la Comédie française, institution quasiment d'ancien régime, et de l'Opéra de Paris.
Alors, ce qui est drôle, c'est qu'on aligne sur le régime général tous les opéras de province. Mais, visiblement, à Paris, on va garder un régime spécial. C'est peut-être un microclimat. Ou alors, Emmanuel Macron, la prochaine fois qu'il ira à l'Opéra, il n'a pas envie de se prendre des tomates. Mais surtout, il y a un régime, enfin deux régimes un peu particuliers, qui vont être préservés. Et c'est assez étonnant. Alors, et celui qui en parle le mieux, c'est sans doute le député centriste Charles de Courson, qui en est à son cinquième mandat.
Plusieurs questions à poser à madame le rapporteur. Expliquez-nous pourquoi vous supprimez, vous mettez en extinction, pour être précis, cinq régimes et pas les neuf autres. Il y en a quatorze. Et pourquoi en particulier, vous mettez en extinction le régime des élus du CESE, enfin des membres du CESE, pour être précis, mais pas celui de l'Assemblée nationale et du Sénat, des députés et des sénateurs. Moi, à titre personnel, j'ai toujours défendu la mise en extinction de tous les régimes spéciaux, mais pas de quatre ou cinq d'entre eux. Pour répondre à monsieur de Courson, il s'agit bien de la nécessité de mettre dans la loi organique les régimes des parlementaires.
C'est une ordonnance de 1958, et c'est d'ailleurs pour ça que les amendements déposés sur ce sujet ont été irrecevables. Madame la rapporteure nous dit, mais ceci relève de la loi organique. Je suis en train de le vérifier, car je n'en suis pas sûr que son argument est solide. Mais on pourrait parfaitement demander au bureau, puisque c'est les bureaux qui gèrent le régime spécial du Sénat et le régime spécial de l'Assemblée, de voter un texte de principe en demandant qu'à compter de la prochaine législature, ce sont les règles du régime général qui s'appliquent à ce régime spécial.
Ça, ça me paraîtrait tout à fait bien, parce qu'on ne peut pas demander, mes chers collègues, des efforts aux autres sans donner l'exemple soi-même.
Donc voilà, des députés macronistes qui vont sabrer les méchants et injustes régimes spéciaux, mais qui vont conserver leur propre régime de retraite, parce qu'effectivement, à l'Assemblée et encore plus au Sénat, les parlementaires disposent d'un régime dérogatoire qui est quand même assez favorable. Les sénateurs, par exemple, qui disposent d'une caisse autonome depuis 1905, il leur suffit de faire un seul mandat de 6 ans pour avoir une pension de retraite de 2 200 euros net. Alors quand la retraite moyenne des Français, qui vont devoir trimer 43 annuités, arrive péniblement en moyenne à 1 400 euros net, les sénateurs, eux, ont 3 800 euros net.
Donc vraiment, les parlementaires, c'est faites ce que je dis et ne faites surtout pas ce que je fais. Il y avait un romancier un peu oublié qui s'appelle Maurice Sarkes, qui a été assassiné par la SS pendant la Seconde Guerre mondiale, qui disait qu'il n'est de bons moralistes que ceux qui ne s'occupent exclusivement que de la morale d'autrui, et qui ne se préoccupent pas du tout d'eux-mêmes. Et donc, effectivement, les députés vont conserver leurs propres privilèges, et les sénateurs vont faire d'eux-mêmes. Et alors, il faut quand même parler d'un régime spécial dont on ne parle pas souvent.
Ce n'est pas vraiment un régime spécial dans les textes, mais c'est un régime spécial qui est très symbolique, puisqu'il concerne deux personnes, à savoir un capitaine de pédalo et un repris de justice. Je crois qu'on peut regarder un petit magnéto. François Hollande quittera l'Élysée.
Il aura pour vivre, d'une part, le traitement qui est accordé aux anciens présidents de la République, c'est-à-dire 5 000 euros, 5 200 euros net par mois, s'ajouteront à cette somme, je dirais, les retraites que François Hollande a pu avoir durant sa carrière professionnelle, en particulier comme magistrat de la Cour des Comptes, en gros, il aura 3 500 euros, comme parlementaire, il aura 6 200 euros comme ancien parlementaire, et puis, comme élu local, là, il aura 235 euros par mois, c'est beaucoup plus faible. Et donc, il peut additionner tout ça, et donc, en additionnant l'ensemble des retraites auxquelles il a droit, il aura, en gros, 15 100 euros net par mois.
Un peu plus de 15 000 euros, c'est enfin un pognon de dingue pour un autre été. Ah oui, la fin de la bonance dont parlait Macron, c'est pas pour lui visiblement, et tout ça, pour parler des anciens présidents, bon, ils sont deux à être encore en vie, Nicolas Sarkozy et François Hollande, c'est sans compter les avantages à nature, parce qu'il faut quand même en parler, les anciens présidents ont droit à 7 collaborateurs permanents pour assurer leur secrétariat, donc payés par le contribuable, et 2 agents de service pendant les 5 ans qui suivent la fin de leur mandat.
Après, ça baisse un peu, il dispose aussi d'un logement de fonction meublée et équipée, et aussi de frais de représentation et de déplacement avec notamment une voiture avec chauffeur. Donc la bonne nouvelle, c'est quand Nicolas Sarkozy va au tribunal, il y va assez souvent, c'est dans une voiture avec chauffeur payée par vos impôts, et c'est avec du carburant payé par vos impôts.
Et comme si ça ne suffisait pas, Emmanuel Macron, qui est quand même le grand redresseur de torts et qui n'hésite pas à demander des efforts aux Français, a signé un décret en 2019 offrant une voiture et un chauffeur à vie aux anciens premiers ministres, ce qui était une bonne aubaine pour François Fillon, qui lui aussi, ancien premier ministre, a pu se rendre au tribunal dans l'affaire de l'emploi fictif de sa femme, en voiture de fonction, avait au frais du contrat buable.
Et puis il pouvait même se rendre à des rendez-vous très importants puisque jusqu'en 2022, jusqu'au déclenchement de la guerre en Ukraine, ce cher François Fillon siégeait au conseil d'administration de deux sociétés russes spécialisées dans l'énergie. Donc en gros, il trahissait notre pays, mais il trahissait avec notre argent. Alors donc, les présidents bénéficient d'un droit qui leur rapporte gros puisqu'ils peuvent être rémunérés pour siéger au conseil constitutionnel après la fin de leur mandat.
Alors c'est super, quand tu finis d'être président, tu peux aller roupiller au conseil constitutionnel et c'est quand même relativement bien payé pour faire la sieste puisqu'on gagne 13 000 euros par mois. Alors François Hollande avait annoncé, et puis c'était tout à son honneur qu'il ne siégerait pas au conseil constitutionnel. Nicolas Sarkozy, juste après la fin de son mandat, il avait siégé pendant un an, mais il avait arrêté quand le conseil constitutionnel avait refusé son recours puisque ses comptes de campagne avaient été invalidées en 2012 à cause de l'affaire Big Malion.
C'est vraiment dommage parce que Nicolas Sarkozy, il a quand même une sacrée expertise en matière de campagne électorale. Lui qui quand même a fait, sans doute, financer sa campagne de 2007 par le guide libyen qui en 2012 a vu des prestations subfacturées. C'est dommage de s'être passé quand même d'une telle expertise et ça montre bien à quel point les anciens présidents de la République disposent d'un régime dérogatoire avec une de multiples faveurs et puis même une certaine protection pénale. Bon, bref, heureusement, quand même Emmanuel Macron a annoncé, c'était en, on se souvient, en pleine période de blocage à Noël quand il fallait demander aux chevinaux de ne pas faire grève.
Lui, il a dit que, ben non, il refuserait de toucher sa retraite d'ancien chef d'État une fois qu'il ne serait plus en fonction. C'est vrai qu'il est beaucoup à plaindre parce qu'il n'a quand même pas beaucoup gagné chez Rothschild et puis c'est sans compter les petits à côté. En tout cas, Emmanuel Macron a quand même fait des efforts et il se sent en droit aujourd'hui d'en demander à la majorité des Français même si je pense qu'il ne gagne pas le même salaire. Exactement. Merci Thomas pour cette carte blanche. Alors, l'écrasante majorité des Français concernés par la réforme des retraites vont apprécier.
Ah oui, je pense qu'effectivement la personne qui va trimer pour soi-disant ce qu'on présente comme une avancée et gagner 1200 euros de retraite pourra apprécier les avantages que continuent à s'accorder les députés, les sénateurs, les ministres et puis les anciens présidents. La monarchie quoi. La monarchie.
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