Un homme de trop VF 1967 de Costa-Gavras avec Bruno Cremer - Michel Piccoli - Jean-Claude Brialy..Film Résistance
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et c'est vous le responsable.
Allons-y, Jean, tu nous suis. Les libérés sont au complet ? Oui, tout le monde est là. Je vais prévenir les
responsables. Mais vous
pouviez pas arriver à
l'heure. Où
est-ce
?
Restez chez moi. Et puis ma femme qui est pas au courant.
Ça
va faire une histoire. Mais toi aussi, face à la sortie. Vous y êtes face à la sortie. Où sont les plans de la ville ? Par cette nuit
?
Mais j'en sais rien avec tous les cheveux qui
sont en vie.
Paco, tu prends Philippe et tu viens avec moi. À partir de maintenant, on prend nos décisions au fur et à mesure.
Faux conseil m'ont blessé.
Je vais vouloir prévenir sa famille qu'elle se cache. Il
va
y avoir des réprèsades terribles. Ma femme, des amis.
Ils
ont un blessé.
Il
a les pieds brûlés. T'aurais eu peur de la pommade ? Allez, allez, toi.
Je
vous donnerai ce qu'il faut. Micheline, tenez, vous allez faire peur aux enfants. Alors là, la prison,
ma
maison. Initialement, vous deviez sortir par là.
Vous n
'êtes pas ici. Suyez-vous. Là, c'est la chambre des petits.
Ils
vont surveiller la rue ici.
De
la fenêtre, on voit très bien la rue.
La
fenêtre là. Là,
du
balcon,
on
peut voir toute la rue.
Ici,
c'est la chambre des moyens.
Là,
celle des grands, c'est là. Vous avez beaucoup d 'enfants. Neuf, alors s
'ils
se réveillaient
?
Hé,
ne
te montre pas sur tout.
Vous
avez réveillé tout le monde.
Qui
êtes-vous
? C
'est vous, l'aîné
? Non. L
'aîné, c'est papa.
Là,
c'est plus haut. Attendre.
Je
mériterais une fessée, hein. Surtout placée comme ça. À la fessée, ce sera pour plus tard.
Je
passe mon bac cette année. Moi aussi.
Dans
un drôle de collège. Ça n'empêche
pas.
Vous devez être fort en gymnastique.
Un
camion allemand.
Hein ? Un
camion
? Paco
!
Un
camion allemand, là-dehors
!
On va tourner à ta place.
Ça
y est, j'ai la pommade. Du bac, la lumière.
C
'est parti.
Il
y
a
une patrouille. Il y
a
pire. Il y
a
13 libérés.
Qu
'est-ce que tu racontes ? Pas qu
'on
va à la fenêtre.
On
n
'a
pas libéré 12 hommes, mais 13.
Eh
ben, c'est formidable.
Et
comme ils ne
se
connaissent pas entre eux, impossible de dire qui est le 13e. Donc, c'est un mouchard. Alors, on est foutus.
Et
il a tout vu.
Ma
maison, la cour.
Chut !
Mes enfants !
Il
y
a
un émetteur.
Il
envoie des messages à Londres.
Eh
oui, tout le monde le sait.
Jeffrey,
Jeffrey. T'es en tombé dessus. Oui,
il
y en a partout. La ville est cernée. Cernée, déjà ? Tiens, vous parliez de 100 soldats.
Vous
pouvez multiplier par 5. Il fallait nous le dire hier.
On
nous avait mis dans une trappe. Il fallait sortir à temps et ne pas l'embiner.
Je vous permets
pas. Ils nous proposent quoi
?
Tentez une sortie.
Parce
que dans deux heures,
ils
seront 2000. Ils ratisseront maison par maison. Puis ils vous trouveront.
Parce
qu'ils ont des méthodes, eux. C'est pour ça qu'ils ont gagné la guerre. Ils l
'ont
pas encore gagné. Oui, ils empêchent qu'ils sont partout. De Moscou, à Marseille, de Norvège, en Sicile... Mais en séance,
c'est,
t'énerve pas. Alors, qu'est-ce que t'es venu nous proposer
? Vous
allez prendre le quart de la centrale électrique du barrage. Il emmène les ouvriers tous les matins. Seulement, il n
'y a
que 27 ouvriers. Vous êtes 32 ? 33. Comment ? Vous êtes 20 plus 12 ? 13. Enfin, quoi, on avait bien précisé que les 12 condamnés à mort, les autres détenus, c'est des droits communs. T'excites pas. Il y en
a
un 13e qui s'est faufilé parmi les 12. Oui, probablement un mouton.
Alors,
supprimez-le ! Mais on ne sait pas qui c'est.
Je
vais le trouver, moi. Non, non, non, mais vous n'allez pas de lui ici ! Non, mais t'es sérieuse, ma femme
! Mais
t'es fou, Emile ! Supprimez, supprimez !
Tu
remets ça, toi, hein
?
Il y a deux bonnes sœurs qui pédalent en danseuse. En danseuse ? Bon, ce sont elles. Venez.
Pas
con, on s'en va. C'est elles qui vont vous conduire. Allez, on s'en va. On s'en va déjà
?
On s'en va.
C'est
toujours au bon moment, toi. Les dangers de la guerre, ça te coupe pas la pétit de ça. Si la guerre coupait la pétit de ça, il n'y
aurait
plus de guerre. Un des nôtres. Bougez pas, Marion. Oui, celui-là de notre groupe aussi. Ah, celui du coin à la banche, je ne le connais pas. Mais il a été torturé. Avec leur système de cloisonnement,
on
ne peut pas les connaître tous. Surtout ceux qui opèrent en ville. Là, en face, l'anel, professeur. Celui-là, c'est Watski, un responsable de Paris. Il a été pris dans la région. Donnez, probablement. Mackie du sel. Ah, celui-là, je ne le connais pas.
Eh,
lui non
plus. Voilà,
vous les avez tous vus. Eh, ouf, la pommade pour ton blessé.
Vous
l'avez trouvée ?
Vous
les êtes rangés un par un. Oui, mais c'est terrible. Si c'est un mouchard, on est fait à la première patrouille allemande. Et puis, il a tout vu ici. On perdra du temps, mais il faut savoir qui c
'est.
C
'est
moi que vous cherchez. Vous
n
'avez sûrement pas prévu de me libérer. Pourquoi vous ne le disiez pas
? Vous n
'avez rien demandé. Vous étiez là avec votre
lente. Alors,
maintenant que vous savez, on peut partir. Si vous ne
voulez
pas de moi, je m'en vais.
Mais
il se fout de vous. Ce
n'est
pas du tout.
Il
fait l'imbécile.
Il
faut le garder à vue. Bon, allez, salut. Le coq.
Oui,
Jean. Kirk.
Tu
as vu le type, là ? Bon, surveille-le.
T
'as ton couteau
?
Toujours. Reste derrière lui. S'il veut partir, s'il crie, tu la bats.
Je
vais fermer la grille.
Qu
'est-ce que tu fais là, toi ? Veux-tu aller te coucher
? Une
mitraillette à chaque coin. Ouais, bah, sous le bras, à cause de ta boutine espagnole. Paco et Philippe, derrière. Personne ne tire avant moi.
Mon
colonel, vous resterez ici.
On
vous cachera en ville. Choisissez en cinq côtes les plus indispensables pour la résistance. On tente une sortie difficile. La camionnette ouvre le chemin.
Elle
nous préviendra. Après, je conduirai ceux qui restent au couvent.
Au
couvent, il n'y
a
aucun danger
? Dans
celui-là, aucun.
En
effet. Attention, on s'arrête !
On
s'en occupera
et
Dieu l'aidera. Hum, ça m'étonnerait. Il est juif.
En
temps de guerre, Dieu ferme les yeux. Bah, il ferait mieux de les ouvrir. Il enverrait des choses. Allez-y, passez dans le quart.
Vous
mettez tous des bleus.
Tu
fais débarbouiller, les gars.
Mets
-toi là, toi. Dépêchez-vous, débarbouillez-vous. Toi, Florent, tu peux toujours te frotter, hein ? Pourquoi ? Pour te ressembler
? Au
revoir, mon colonel. Et merci. À bientôt.
Vous
bloquez les armes, hein, les gars ? Mais gardez-les à portée de la main. Et les ouvriers ? Ils n
'ont
rien vu, rien entendu. Ils attendaient que je passe avec le quart.
Dans
un quart d'heure, on s'inquiète parce qu'on ne t'a pas vu. Dans une demi-heure, on prévient la direction allemande.
Et
les barrages
? Et
les barrages
? J
'ai un laissé-passer collectif pour 27 ouvriers.
Ça
doit marcher. Évidemment, s'ils demandent vos papiers personnels ou s'ils veulent vous fouiller, on leur tire dessus. Et si on leur tire dessus, adieu, Bert. Il ne
m
'a pas le kilo, votre plan. Non, hein ?
Est
-ce qu'on a une chance de passer
?
À mon avis, pratiquement pas. Il y aurait des diversions en ville au moment où on va passer. Et alors, ça peut marcher.
C
'est qu'ils ont l'air bien gamins, vos gars. Il ne
faut
pas oublier que vous êtes des ouvriers qui vont au boulot. Alors,
il
faut faire la gueule. Sinon, à la moindre connerie... Aucun danger de ce côté. Attention, attention, les gars. Il y a du frit dans l'un dans l'air. Attention, ils ont de l'orap pour tout le monde.
Et
personne ne bouge avant moi.
Attention,
papa. Tu bouges trop.
Vous
les laisse faire tout seul ?
Vous
pouvez rester là
?
Non, mais ce sont les ouvriers que j'amène tous les matins au barrage électrique.
Tu te
souviens, Barthelonne
? Vous
les laissez passer, tout est en règle. C'est mes ouvriers, tous les matins, je les convois au barrage.
Un
peu trop.
Mais
qu
'est
-ce qu'ils attendent pour faire la diversion en
ville ?
Est-ce que je vous dis que tous les matins, je les convois
?
Merde, ma pastille. La diversion est arrivée au point. Les gars, je vais te rendre,
allez,
vite ! On est sauvés, les gars ! Mais j
'ai
eu chaud aux noisettes, hein ! Et nous, alors
? Alors,
on fera un orchestre formidable. On pourrait danser. Tu sais,
moi,
ma musique, ça peut pas se danser. Merde ! Jacques,
c
'est ça, le prix des espadrilles ne tiennent plus.
Je
m
'en
vais aussi. Vous, restez avec nous.
Ne
le quitte pas. Je lui bande les yeux
?
Non,
c
'est pas la peine. Dis donc, on lui bande même pas les yeux, qui sait, ce type-là
? C'est
du boulot pour Kirk.
Faut
se méfier des étrangers.
Quand
j'aurais arrivé au camp, hein ?
Il
me disait rien, total, trois jours après, on apprenait qu'il venait de
l
'ombre. Quelle pointure tu chausses
? Je
sais pas.
Mais
c'est des bottes allemandes.
Ah
oui. Alors, t'étais en prison avec des bottes allemandes.
Et
alors
?
Allez, allez.
Allez,
Grubach, tiens, continue l'histoire de ta bonne femme.
Flure
blonde, racine blonde, comme une longue crie dans la rivière,
se
penche sur l'eau et se donne un baiser.
Je
suis poisson et je la regarde, vent et je la caresse,
peau et
je l'embrasse. Partout ?
Partout. Les
deux mains sur les hanches, les seins pointés vers le haut comme dans une prière.
Douce.
Ronde comme la terre est ronde
et
grande comme elle. Profond et souple comme la mer, comme une dune de sable chaud.
Sur lequel
on se roulerait dessus comme des dingues. Tant, ta gueule, hein. Fais-vous gâcher tout. On commençait à avoir des anges et tu nous parles de putes.
Bon,
on s'arrête ici. Florent, prends Mout et va voir si on n
'a
pas de la visite. Mout, viens avec moi. Les autres, installez-vous, on attend ici.
T
'as parlé ? Oui. Il m'a demandé ce que vous allez faire de moi. Je leur fais proche, je
lui
dis.
Il
m'a demandé où m'emmenez-vous. Tu verras, j'y ai dit.
Quoi
encore ? C'est tout.
Je
crois qu'il n'est pas rassuré. Ça n'empêche pas de la garder partout. Alors, toujours le béguin
? Ils
se voient pas souvent, mais quand ils se voient, ils se font la gueule. En vieille,
les
femmes, pour les garder, il
faut
les faire rire. Il vaut mieux les faire rougir, c'est plus sûr. Bon, tu peux pas les foutre la paix. Oh, oui.
Si
seulement je pouvais la voir une fois,
vous
êtes sûr qu'elle pense à moi. Mais oui, elle pense à toi dans le dinos. Je la voulais la paix. Écoute,
mon
oncle, il paraît que la prochaine opération, c'est l'attaque de la perception. Action combinée, tous les maquis. Peut-être que nous, on s'occupera de la ville. Alors, tira la voix. Tu peux pas la fermer ? Vous attaquez la perception, c'est drôle.
C
'est pas drôle, c'est utile. C'est drôle aussi, non
? Je
crois que c'est un paysan.
T
'as vu ses mains
? Elles
blanchissent en prison. Alors, il a dû y rester un bon moment.
Et
en plus, on lui a donné des bottes allemandes.
Oui,
on verra tout ça là-haut. Les gars, des bolets !
Oh,
mais tes oeufs, c'est formidable
! Dans
cette saison, il n
'y a
pas de bolet dans la région, c'est des rhodophiles libides.
Tout
ce qu'il y
a
de mortel. Rhodophiles libides.
On
tombe de sommeil. Après.
Tu
prépares à manger
?
Mais ben, c'est pas ici qu'on attraperait une indigestion, hein ? Ni la vérole.
Tu
trouves pas qu'on en a assez depuis hier soir ? Écoute, Paul, il faut régler le cas du type. Le plus vite, ce sera le mieux.
Va dire
à Hardy de faire son feu dans la grange, à cause des avions.
On
s'occupera de lui après. L'éjercito de l'ébroum, baraboum, baraboum, baraboum.
L
'éjercito de l'ébroum, baraboum, baraboum, baraboum. Una noche, el río pasó. Ay, Carmela, ay, Carmela. Una noche, el río pasó. Ay, Carmela,
ay...
Frotte !
Est
-ce que tu faisais avec les condamnés à mort
?
Mais des bottes de nazis.
J
'attendais.
J
'attendais le matin. Le matin. On l'attend toujours le matin en prison. Depuis quand
? Deux
nuits.
C
'est ça, et tu savais qu'on allait venir. Pourquoi on t'a condamné
? On
m'a pris sans papier. C'est pas assez pour te condamner à mort. Vous aussi, à coups des bottes.
Non,
mais la réponse à tout.
Ça
me n'est pas que je ne me croire.
Depuis
quand t'as pas de papier
? Je
sais pas, j'ai pris le papier depuis la débarque. Non, mais ils se fous de nous.
Tout
le monde peut avoir trois ou quatre fausses cartes. Et les bottes, tu les as piquées sur un calabal. Allemand-y
? Pas
du tout un Allemand qui se baignait dans une rivière.
Et
après ? Dans la montagne,
je
suis tombé sur une patrouille. Ils ont vu les bottes. Ils t'ont pris pour un héros. Possible. Moi, je ne tuerais pas pour une paire de bottes pour être un héros. Pourquoi c
'est
ta religion qui te défend
? Vous
savez, la religion en ce moment, elle est plutôt soupe. Et qu'est
-ce
que tu faisais dans la montagne
? Je
vais chez les paysans. Quand tu trouves des chelux qui se baignent, tu rencontres des patrouilles, et tu n
'es
jamais tombé sur un maquisard. Non, jamais. Non, mais tu sais qu'ils sont dans la montagne. Tout le monde le
sait.
Et quand ils sont en prison, tu t'y trouves aussi. Je ne
suis
pas un indicateur. La guerre,
ça
ne m'intéresse pas. Bonne excuse.
Ce
n
'est
pas une excuse,
c
'est une explication.
Ce
n
'est
pas parce que vous faites la guerre. Jean,
tu
n'as pas le droit de faire ça. Je suis dans les centimes à la sécurité.
Vous
êtes pire que les nazis.
Tu
n
'as
pas le droit de faire ça. Excusez-moi pour votre
étui.
Ça me fait très mal quand on me tient les cheveux.
Oignes,
ça suffit. Vous, restez avec lui.
Vous
n'allez pas vous battre, non ? Admissible de se dégrader comme ça devant lui.
Enfin,
Paul, ça n
'a
pas des méthodes.
Ne voyez pas
son jeu,
non
? Mais non, Jean. Mais si ! On fait de la rendue du revolver. Oui, justement, c'est très malin. On compromet la sécurité du groupe.
Mais
rien n'est prouvé. Oh,
il
est un fait que ce type-là n'est pas clair.
Il
nous cache sûrement quelque chose. Il faut être doublement vigilant. Et s'il est innocent ? Rappelle-toi le fermier de vannes.
Et
le pharmacien
? Avec
leur cul, maintenant, est
-ce
que tu crois vraiment qu'ils étaient coupables ? C'est intolérable de me sortir ça à chaque fois.
Et
de critiquer les décisions du passé. C'est contre tout esprit militaire. C'est de l'intellectualisme ! Qu'est-ce qu'il se passe
? Ils
n'arrivent pas à se mettre d'accord sur une décision à prendre. Nos amis en ville pourront vous renseigner.
Ils
vous diront si j'ai pas été arrêté sans papier.
Ça
ne prouve rien et ça lui fait gagner du temps. Parce que tu sais qu'on a des amis en ville qui peuvent savoir tout ça.
Comment
pourriez-vous exister sans eux
? Il
y
a
le motard qui arrive. Oui, Robert, c'est presque un nom de guerre, ça.
Ah,
mais si j'ai réussi ça plus tôt, je me serai des soldats. Mais quel côté ?
De
côté importe peu.
Moi, je
vous ai déjà dit que la guerre m'intéresse quoi ? Elle nous concerne tous. On est pour ou contre les moches. Moi, je suis contre personne. Moi, je vais essayer de vivre tranquille. Pour moi, des excités qui se harnachent d'armes et d'idées. Mais ils parlent de nous ! Mais de vous, des Allemands, des Américains, des Russes.
Vous
voulez tous du bien à l'humanité que vous exterminez. Après tout, il a raison, tout le monde prétend que... À toi, tu commences à m'emmerder. Tu te mets contre nous, maintenant ? Mais Paul, c'est absurde. Je ne veux aucun malentendu entre nous.
Je
vais demander au QG une enquête rapide.
Les
responsables de l'opération doivent savoir. Si c'est un ennemi...
On
discutera encore. Non.
On
le liquidera.
Et
c'est toi qui t'en chargera. Si c'est un ennemi, oui. Ou si le QG l'ordonne.
D
'accord, Paul.
L
'opération Perception est avancée. C'est pour quand ? Vous venez chercher les détructions. Je vous emmène. Jean Rancel. Ouf, mes affaires. Les salauds d'avions m
'ont
fait plein de temps fou.
Pour
le type. Je veux une enquête rapide. On attendra la réponse. D'accord, Paul.
Qu
'est-ce que tu fous là, toi ? Je t'avais dit de surveiller le type. Bernard va dire aux hommes de se reposer.
Le
menuisier
? Je
fais un peu tout.
Laisse
tomber, il
va
te reposer.
Qui,
moi
?
Oui.
Les
mouchards, il viendra pas avec cette purée.
Tu
crois qu
'ils
nous apporteront à manger ? Des clous, oui.
J
'ai connu un homme qui mangeait des clous.
Un
homme des couleurs ? Non, c'était un anglais dans une foire. Il l
'est
digéré ? On n'a jamais su, il est mort. Chut
!
Toujours tes histoires racistes. Alors, Pépé
?
Encoure le guédou ? Tu m'as fait peur, là. Oh, mais t'es pas d'ici, toi. Mais non, Pépé, je suis suisse. Ils me disaient aussi que t'avais un petit air colonial. Non. Par là, Pépé. Non, non, non, moi, je vais
par là. Oh, non,
par là, il
y
a trop de brouillard, Pépé. Par là. Alors, sois
sérieux. Non, non, non,
par
là,
Pépé.
T
'as pas vu mon prisonnier
? C'est
comme à l'école.
Faut
demander.
Eh bien,
tu vois, une fois de plus,
il
aurait pu s'enfuir. Oui, peut-être.
Il
aurait pu descendre en ville et nous donner au boche.
Il
faudra quand même qu
'on
sache ce qu'il a dans le ventre.
Je
suis de ton avis. Un bonhomme,
il
faut 20 ans pour le faire.
Il
faut pas le gâcher.
Tant
que c'est pas indispensable. J'arrive pas à lui dessiner son nez.
Et
c'est le masque de Barrel. Qu'est-ce que c'est encore, celui-là ? Il dit qu'il est cultivateur et végète à Villepont. Ça manque de berger, ainsi, hein ? Ça marche encore, Pépé ? Eh, pas tant. Alors, on entre ici comme dans un moulin. Ah, les centres qui sautent à tout le monde.
Alors,
pendant des mois, on voit personne et... Viens, Pépé, on va t'ausculté. Ah, mais non, pousse pas comme ça, Blombé.
Il
a l'air de se connaître.
Est
-ce qu'il prouve qu'ils sont de la même région ? Oui, ou qu'ils travaillent pour le même patron. Oh, un vieux comme ça. Et alors ? Hé là, hé là, le bon Dieu, il a dit de respecter les vieux. Comme il répond pas, le bon Dieu, on peut lui faire dire ce qu'on veut.
Mais
qu'est-ce que j'ai fait pour être traité comme un moins que rien, comme ça ? Assieds-toi, comment tu t'appelles
?
Frosven,
Jules
Ferdinand.
Et
tout le monde m'appelle Henri.
Pourquoi ? Parce
qu'on me confond avec mon frère et puis j'aime pas mon frère. Où habites -tu
? Ben,
Villepont. Frosven de Villepont, ben, tout le monde me connaît, là-bas.
Qu
'est-ce que t'es venu faire par ici
?
Mais j'ai allé chez mon frère.
Il
va crever.
D
'habitude, je prends le quart.
Et
comme ces messieurs l'ont supprimé, ben, j'ai pris le raccourci. Ben,
c
'est le seul passage. Pardis, vous le savez bien, puisque vous le gardez. J'ai déjà dit tout ça à votre militaire, là. Je suis,
comment
me faire comprendre, moi. Enfin, chez les Passe-Vins, il n
'y a
jamais eu d'ivrogne, quoi. On n'a jamais eu notre nom dans le journal. J'en ai prêt à vous croire. Alors, je peux partir ? Non.
Ah,
ben, on
peut
dire que je suis bien tombé, Passe-Vin.
Est
-ce que tu sais où tu es tombé
?
Pardis.
Dans
un maquis. Tu sais ce que c'est qu'un maquis. Ben, des rebelles.
Non,
ben, des
rebelles de l
'ordre nouveau, quoi. Des patriotes, quoi. Ah, mais je les connais, j'ai des vus quand ils ont désarmé les gendarmes,
là.
Ah, c'était pas vous, hein. Ah, non, je vous aurais remis. T'as une bonne mémoire, Pétho.
Oh
là là, c'est pas parce qu'on a pensé de la soixantaine que la tête et les jambes, là, ça marche. C'est solide.
Et
quoi, vous croyez pas que je suis Passe-Vin de Villepont ?
Et
que je vais voir Prosper, mon fumier de frère. Tout ça, on vérifiera. Ah ben, et alors après, je pourrais partir. Non. Mais je suis pour la résistance, moi. Voyons. À preuve que quand les Allemands sont venus, j'aurais dit vous êtes des salauds. Des assassins. J
'aurais
pu leur dire tout ça. Je l'ai pensé, hein. Et ils savaient que je le pensais. Je suis pour le maquis, moi. Mais t'es pas rassuré avec nous
?
Non. Enfin, si. Si. Mais mettez-vous à ma place, quoi.
Et
toi, tu vas te mettre à la nôtre. Qu'est-ce qui arrive si tu vas dire en ville que t'as rencontré le maquis ? Oh, mais je dirais rien. Non, mais pas pour du mal, pour causer. Ça arrive aux oreilles des Allemands.
Ils
rappliquent avec leurs tanks, leurs avions. Oh,
mais non,
mais je dirais rien du tout. Je suis un pacifiste, moi.
Enfin,
souvent en temps de guerre, bien sûr.
Tu
me parles peut-être en dormant.
Non.
Et puis un bon petit coup, là, de temps en temps.
Eh, ça
se refuse pas.
Ah,
mon petit coup, ça. Tu vois
? Je
boirai plus que de l'eau jusqu'à la fin de la guerre. Elle durera pas longtemps.
De toute
façon, t'es bien là. Ah, vous voulez pas dire que je vais rester avec vous tout le temps ? Non, le temps de changer de temps. Alors,
l
'opération est pour demain.
Qu
'est-ce que c
'est
que ça, Dieu
? Un
remerdeur. À nouveau maquisard.
Et
qu'est-ce que c'est que ça, chez toi ? Les Anglais ne nous ont pas rajouté ce machin sans mode d'emploi. Je sais même pas à quoi ça sert. Qu'est-ce que
c
'est que ce maquisard ? Non, non, je suis pas maquisard, moi. Non, non, à mon âge, je suis un pépé, moi. Il n'y
a
pas d'âge pour servir la patrie, grand-père. Présente, Félix,
spécialiste
en coffre-fort.
On
est à bord par les SS.
Il
nous sera précieux demain. Ailleurs, pour l'homme de la prison,
il
se renseigne.
S
'il nous encombre,
on
a carte blanche.
On
attendra leur décision.
C
'est une sorte de canon. Sans pied ? Alors, moi, qu'est-ce que je vais faire ici ?
Ça
vous aiderait à faire la cuisine.
J
'aurais pas un fusil, moi. On dirait un dur. Pourquoi vous voulez faire la guerre, grand-père ? Hé, j'ai bien fait l'autre. Il y
a
un uniforme encore. Non.
Tu
peux pas me dire comment vous avez fait. Alors, comme je vois, avec un fusil de chasse, ils projettent des bouteilles d'essence. Comme toi, des postillons. J
'ai
déjà dit que tu bouffais ça le monde. Non, non, chéri, toi. Et naturellement, tu t'es pas encore lavé. Bah quoi, il
y a
que les gens sales qui savent, c'est bien connu. Les frisés n'ont qu'à te suivre à l'odeur. Tiens, tu vois,
ça, c
'est Pradel.
Là,
la place, la perception, la gendarmerie.
C
'est bien foutu, non
? On
y va demain.
C
'est Pradel, ça.
C
'est là, la gendarmerie ? Oui. Ah, j'ai connu une veuve rondouillarde avec des yeux. Celui-là, il peut pas voir une pomme sans penser à des cochonneries. Ah, j'appelle ça des tendresses.
Hé,
Florent, une idée.
On
crèche de souterrain. Les Allemains n'arrient, personne.
Ils
s'étirent, on ressort. Parait
que
ça se fait l'Afrique. Oh, quel chinois alors, celui-là. Le sol est rocailleux.
Pour
demain, on nous a encore confié la partie la plus délicate de l'opération.
Le
QG nous trouve très efficace. Ah, j'ai oublié de vous transmettre les félicitations du QG pour la prison de Sarlande.
Bon,
depuis cette nuit, les Allemands nous cherchent à Sarlande. Ça nous donne deux heures d'avance pour opérer à Pradel.
Cette
opération nous procurera l'argent nécessaire
pour que
nos maquis se mettent à l'abri pendant le ratissage de la région par les Allemands.
Tous
les maquis participent à
l
'opération.
Les
copains surveilleront les routes
et
stopperont la centrale électrique.
Je
veux
dire...
Il veut dire, qu'est-ce que vous allez faire de moi
?
Ben, ils nous laissent repartir. Enfin,
moi. Vous
viendrez avec nous. On revient. Jean, à toi.
Voilà
où s'amène la sensiblerie. Bon, c'est une opération éclair.
Plus
on est rapide,
plus
on a de chances d'éviter l'ennemi. Chacun de vous aura une responsabilité bien précise. Deux d'entre vous resteront là, en observateur, près de la ville.
Des
camions entreront dans la ville. Notre objectif n
'est
pas militaire, mais économique. Je suis grillé, j'ai peur pour ma famille. Emmenez-moi de force.
Moi,
je me méfie. Je crois qu'il faut tout casser. On ne peut pas casser, il
faut
appeler la perception. Si vous permettez, je vous dirai que l'intérieur urbain n
'est
pas débranché. Qu'il y ait une ligne directe avec Sarlande. Allô, Sarlande
? Passez
-vous à la gastropo.
Je vais
attendre
maintenant quelques fragments de
tristesse. Ici, milice de Pradel.
Les
terroristes viennent d'arriver en ville. Allô ? Mais vite ! Ils viennent de couper l'électricité.
Hé,
idiote de rien,
le
pépé, là. Allez, restez là. Si vous sortez, il vous bousille. C'est coupé. Toi, reste là sur... Dix ans là-dedans. Pensez-moi à la milice.
La
milice
! Ici,
la perception.
C
'est moi, Tépa.
Oui,
tout va.
Comment
?
Voilà,
c'est fait.
Une
autre
? La
résistance a besoin d'argent.
Cet
argent servira à vous libérer. Ça y est, j'ai la poste. Reste en contact.
Nous
savons que vous avez plus d'un million en caisse.
Où
est cet argent
? Il
est dans les coffres. Descendez. Où sont les coffres
? Ne
bougez pas.
Je
reviens.
Feuille
d'impôt. Gardez votre argent. Allez, au suivant.
Pas
d'argent. Suivant.
Il
ne
faut
pas rester ici. Rentre chez toi. Tu as de bien grands cheveux,
menté. C
'est pour bien le cacher, Pépère. Pauvre France. Il n'y
a
plus personne. Donnez-moi du papier, je vais vous faire un reçu.
Quelle
valeur donner à votre signature
? Vous
le présenterez aux autorités légales de la France libre.
Allez, avec
les autres. Restez à vos places.
Qui
? Viens plus près.
Ce
salaud, il se tire. Laisse.
Ils
sont à moins d'une heure. Ils sont à moins de ça. Mais les autres maquis vont quitter leur position. Tu m'emmerdes.
Tu
devais sûr qu'ils ne pardonnent pas. Ah, mais tu devais pas quitter ton
poste.
Retourne-y.
On
part dès que tout vivait là. Il
y a
une maladie, s'il vous plaît. L'autre aussi à 20
ans.
Allez, pensez avant de laisser aller chez les postes.
En
marche, soyez prêts à partir. Qu'est-ce qu'ils font ? Ils leur coupent le courant.
Tu
vois,
le
cinquième, c'est un homme à nous. Arrange-toi pour l'emmener. Allez,
va les
aider.
Je
ne permettrai pas que de sales gaullistes me touchent. Embarquez-le, on l'emmène.
C
'est inadmissible.
Vous
n'avez pas le droit. Messieurs, c'est fait tirer l'oreille. Mais non, une femme enceinte. Docteur Mola,
c
'est pour mon fils. Sauvez-le. Dieu. Cette femme n
'a
plus qu'une balle de la cuisse, c'est de la terre.
C'est ça.
Tais-toi, maman.
Je
t'en supplie, tais-toi. Merci, mieux. Lui, il faut l'opérer immédiatement. L'opérer où ? À l'hôpital. Vous vous foutez de moi, les essais arrivent dans un quart d'heure. Il sera mort ce soir ou demain matin, au plus tard. Bon, alors vous venez avec nous.
Non, ce n'est pas possible.
On m'a enlevé d'un accouchement difficile. Une césarienne qu'il faut faire le plus vite possible, sinon la mère à l'enfant y passe. Mais lui, vous pouvez le laisser. Ma question.
Pour
calmer sa douleur. Quelqu'un parmi vous sait faire les piqûres ? Oui, moi.
À
la fesse. Pas trop à la fois, ça l'achèverait.
Bon,
allez, en route. Ça laisse à lui rendre. Merci, docteur.
Attention,
la vieille s'accroche à l'arrière. Elle
s'accrochera
bien. Look. Allez, elle
est
décrochée. Oui, ça va.
Télé
soulage, Martin, il leur a rien dit. Je crois que Grubac connaît une veuve dans le pays.
Les
salauds, ils en ont profité,
ils
sont partis.
Ce
n
'est
pas des salauds, c'est des enfants.
Si
on les plie, les...
Oh,
petit père. Je tiens.
Je
t'ai trouvé un violon pour te refaire les doigts.
Je
me dis pas de conneries, moi.
Bon,
je vais les attendre. Pierre Kepako avec moi. Thomas et les autres avec Jean. Le fric aussi. T'es fou, ça fait 10 minutes.
Allez, qu'il est. Si on les laisse,
ils vont se faire piquer. Mais
Paul, dans
deux minutes, tous les parrages
sont lâchés. Oublie
pas les gammes à poste. Et à l'école. Je te laisse, Florent.
C
'est plus prudent. Tiens, voilà Grubac. Vous partiez sans moi.
Et
t'en veux, alors ? Ouais, remarié. Mais j'ai récupéré ma balle. On en parlera là-haut, hein.
Faut
le desserrer de temps en temps, sinon la circulation s'arrête. Ils ont l'air un peu belou, les gendarmes.
Des
travails pour la résistance. Ouais, ouais, quand on est flic, on est flic. Et moi, les flics, prrrrra ! On a intérêt à
la
mettre en vieilleuse. Sachez que je ne suis pas communiste. Et que si vous continuez...
Ici,
on est contre les boches, c'est tout. Prenez les sacs, vous viendrez avec moi. C'est pas mieux comme ça ? Oui.
Vous
allez au QG.
Part
pas tout seul. Plans. S'ils attaquent, on sera aux premières loges. Je crois qu'il
n'y a
rien à faire.
Je
tâcherai de chercher un médecin. Et puis c'est bien comporté. Quelle sanction on prend contre Grubac et Martin
?
Rien.
Mais enfin, quoi, la foutaise de Martin, un coup tel...
On ne coupe pas la patte à un âne, parce qu'il a fait un faux pas.
Bien,
il faudrait qu'on en reparle. Salut. C'était nous, Brun.
Tu
t'en occupes. Comment ça s'est passé
? J
'ai un blessé grave, le Doubi Bella. Ah non, il dirige le Maquis du Sud. Eh bien, on t'attend.
Des
choses importantes à régler.
En
ce qui concerne notre plateau, l'ennemi considère que c'est le fer de lance de la résistance du département. Il fera donc tout pour nous anéantir.
Tous
les renseignements concordent.
Les
boches préparent une offensive massive, une sorte de ratissage de la région. Notre point faible est là, l'accès du plateau. Et ça, c'est votre passage, Casal. Qu'est
-ce
que vous proposez
? Vous
le savez bien, il faut le miner.
Comme
les boches viendront qu'avec du matériel lourd, si le passage saute, le matériel ne
peut
plus passer. Et alors
? En
deux heures, ils ont rétabli le passage.
Le
temps qu'il nous faut pour disparaître. Dans ce cas, mon groupe ne sert plus d'avant-garde.
Vous
êtes où
? Ou
à moi, abandonné.
Il
faut te replier chez Casal,
dès
demain matin. Ça doublera les effectifs pour le passage.
Et
nous, alors, qu'est-ce qu'on fait
? C
'est très simple.
On
s'éloigne et on se met hors de portée. Absolument. Quelquefois, la victoire est dans la fuite.
Le
mouchard. On adopte la tactique de la guérilla.
Que
les anciens comme Casal... Dis donc, et mon type ? Justement, parce que vous n
'êtes
pas d'accord, on essaie d'avoir des renseignements en ville. Seulement, tu sais, en ce moment, on a d'autres chats fouettés. Oui, bien sûr, mais je ne
peux
pas le garder définitivement. Dis-moi, c'est ta fille
?
Ah oui ? Jeanne
! Mais
je croyais que l'échelot... Elle a sauté du train qu'il a emmené en Allemagne. Comme Groubac.
Le
mouchard va chez toi. Gisler Storch.
Tu
as appris à couper les cheveux ? Bon, appris, c'est beaucoup dire. On les a tellement coupés. Avec le FM, on le descend comme un moineau. Ça va pas, non ? Allez, planque-toi
!
C'est vrai, ça, je comprends pas. Pourquoi on leur tire jamais plus ? Tiens, mettez-le là, il y
a
de la lumière. Eh, haut, tout seul. Allez, lui. Tu ne surveille plus le type ? Il vient de faire la piqûre à Philippe, c'est plus la bête.
Allez,
c'est dé.
Il
fait des piqûres
? Il
les fait mieux que moi. Et Philippe, c'est mon pote, moi, je peux pas. Ah, là, ouf
! Faut
dans la poulet avant de s'en servir. Eh, ben, dis-donc.
Eh,
t'y connais quelque chose ? Oui, j'ai un cousin qui est à l'Académie des sciences.
Et
moi, un oncle Panthéon, il est gardien.
Ah,
ben, le mien, il est dans un focale, il est né avec trois pattes. Amion ! Bouge pas ! Bouge
pas,
bouge pas. Amenez-le là à la lumière.
C'est
pas fait
!
Allez, gars
!
Bouge pas, mon Dieu !
Posez
-le là
!
Qu'est-ce qui se passe ? Courage, vieux.
On
va t'enlever la balle pour pas qu
'il
y
ait
complication.
Pas
besoin qu
'on
te tienne.
Pourquoi
qu
'on
n'attend pas qu'Hazal
? On
trouvera un tout-bib.
Qu
'est-ce qui te fera mieux, le tout-bib
? C
'est mon badge de secouriste, moi.
C'est un
diplôme. Je suis les scouts.
Rue,
je connais. Je connais. Tiron avec une croix rouge. Oui, ben, je t
'ai
fait sérieux.
Viens. C
'est comme le jour où j'ai sorti ma première gonzesse.
J
'en ai avalé une bouteille.
Ben,
vas-y
!
Belle
? Oh,
t'as jamais vu ça, je crois.
C
'est le plus important, les cuisses. Moi, ma Sophie. Ben, mais laisse-le finir.
Elle
avait de bonichons. Terrible. Elle en avait deux, de toute jeune.
Elle
avait à peine 30 d
'un
berge.
Alors, tu
l'as grappée.
Alors,
tu arrives
? Excuse
-moi. Encore un petit coup, puis c'est fini.
Alors,
tu l'as souhaité ? Je te dis, j'avais vu un bon coup de calvin avant. Avoir l'air rigolo. Puis tout le reste, je n
'ai
rien pu faire.
Pot
de bâle. Alors, tu arrives cette fois ?
Presque. Il
n
'y a
plus que là-bas à la retirer. Rien que ça.
Tout
a fermé.
Il a très
mal. Alors ? Espèce de salaud.
Allez, fous
le camp. Salaud, oui. Alors,
tu y arrives,
toi, oui
?
Comment tu es allé la chercher là-dedans
? On
a bien les t'nailles, mais ça n'entrera jamais. Ce qu'il faudrait, c'est
une
pince à épiler. C'est ça, bien. L'histoire de l'alcool, du coton et deux infirmières masquées. Avec rien sous leur blouse. Ça saigne, les gars. Mais non, c'est rien. C'est rien du tout. Non, c'est rien. Merci.
Alors,
ce qu
'il
faut maintenant, c'est désinfecter. Un bandier. Attends un peu. Oui, il a raison. Ça va arrêter le sang. Il y a qu'à mettre un peu de tabac dessus, ça l'arrête. Le courage,
mon
vieux.
C'est
pas ce qu'il est fou, lui. On ne
va
pas respirer le tabac.
Il
va boire toute la bouteille
?
Allez, fais-la à ta piqûre.
Alors,
et le tout bim
? Il
n'y
en
a pas.
La
chef, c'est pour le dîner.
Le
vaut, c'est pour demain.
Ce
sera plus nombreux. Fais rassembler tous les hommes en vaut passage.
Le
maquis de Michel reste replié avec nous.
Ah,
j'ai aussi 50 kilos de plastique.
On
va
miner
le passage. Fais rassembler tous les hommes. C'est de là, il faut laisser quelqu'un pour les surveiller. C'est lui, à l'argent.
Il est
gentil qu'il faut se méfier. Elle
n'a
pas explosé. Alors, on va la renvoyer à l'expéditeur. Une tête qui m'est pas inconnue.
C'est
possible
?
Et de pas de Saint-Jean.
C
'est peut-être passé aussi. À Saint-Jean, je me rappelle, il y
avait
un type que les gendarmes cherchaient. Oh, c'était à 39. Qu'est-ce que cherchaient les gendarmes, Pépé ? On
voulait
chercher un type qui disait que la terre était pourrie, comme une pomme, à cause des militaires d'écuré. C'est pas bête, ça. C'est peut-être pas eux qui font les saloperies, qu'ils disaient. Mais ils espèrent les saloperies, tout fort qu'ils sont. Foncaillement, ils l
'ont
mis en tôle. Foncaillement.
On
peut rien obtenir d'un type comme ça.
T
'es
pas
toi,
non ? Ah,
dis donc, elle fait son point. Deux temps de cette salope. Vaut mieux faire la bombe que de la transporter. Mais vas-y, doucement. Doucement, toi. Et doucement
! Avance,
la grosse. Arrête.
Bon, on
met la bombe ici, un peu de plastique,
qui
la balance en l'air,
et
puis blanc, ça explose. Ça bloquera complètement le passage. Je crois que c
'est
bien. Faut qu'elle saute avec tout le reste. Oh, c'est faisable. On va relier son câble ici avec celui de la dynamo. Hé, Groubac
! Fais
gaffe, si elle tombe, adieu, Berthe. Ben quoi, n'est pas désamorcé
?
Mais si, mais si. Oh, ils auront un peu chaud. Continuée, c'était une erreur.
Tu
tires toujours aussi mal.
Ils
vous respecteront jamais si vous faites ça.
Il
est venu voir ce qu'on fait. Monsieur Cazal
!
Faites attention, vous allez déterrer les câbles. Monsieur Cazal
! Oui,
Philippe est très mal. Il veut vous voir. Bon, je viens.
Tu
vois pourquoi il est venu
? Après,
est
-ce
qu'il a tout vu
? Quand
vous aurez fini, faites creuser un trou sous les arbres.
Un
ou deux. Il a tout vu.
Un, pour
le milicien.
On
réglera ça ce soir.
On
n'attend pas l'aube, puis il va faire nuit.
Oui,
à quoi bon avec sa blessure un peu plus tôt, un peu plus tard
?
Comme dans un brouillard. Le toupi viendra demain, Philippe.
Dis,
Paul,
tu
ne mens jamais, toi, même quand c'est pas bon. Ma blessure, elle est mauvaise, hein
? Elle
n
'est
pas bonne, mais
je
l
'ai
vu pire.
Il
faut dormir.
Non,
pas dormir. Non, j'ai peur. On m'enlèverait et j'ai encore rien eu.
Je
n
'ai
encore jamais rien eu.
Je
n'ai encore jamais dormi une nuit entière avec une fille. Je n
'ai
encore jamais vu la mer. Non, mais les chelos dehors, on me les aura toutes. Une seule me suffit.
Comment,
14, ça n
'a
pas changé ? T'as pas couple à perfectionner, grand-père. 600 coups minutes. C'est mon frère qui en fera une tête.
Puis
14, il a eu une baisse de ce machin-là dans le poumon. Ah oui
? Il
disait qu'on doit pardonner à ses ennemis. Pardonner. Après les avoir tués, comme dit son ami Kerk. Eh oui,
une
belle phrase.
C
'est une belle idée.
Il
n
'y
a rien aux hommes.
J
'ai peur qu'ils sautent sur le milicien.
Ce
n
'est
pas ce salaud qui crèverait. Vous n'allez pas me tuer, Edith
? Vous
ne pouvez pas me faire ça. Qu'est-ce que je
te
fous là, toi ?
Je
t'en supplie.
Ne
me tuez pas, s'il vous plaît. Je ferai tout ce que vous voulez.
Il
ne faut y penser avant de choisir la milice. Ce n
'est
pas de ma faute.
J
'avais 19 ans.
On
me parlait de la France.
De
la Révolution nationale qui la sauverait du communisme.
à
19 ans. Il y en a quand j
'ai
choisi l'autre camp à 19 ans.
On
leur a parlé aussi de la France.
Oui,
mais je suis tranquille.
Vous
ne devez pas les prisonniers, vous. Ça y est, il
est
trop.
Quoi,
déjà ?
C
'est assez profond.
Il
n'a pas qu'à la première pluie, c'est un nom. Avec les racines, ça fera quoi
? Je
t'emmène
?
Demain.
Au
revoir.
Vous
vous prenez comme une or vide
?
Oui, oui.
Vous
savez, je peux vous rendre service.
Je
connais bien la ministre, les chefs, les renseignements.
Écoute,
on va te dire des prisonniers, mais pas ici. Il
y a
un endroit expert, on va te changer de camp. Merci.
Lui
ou Philippe
? Encore
Philippe, on le regrettera.
Elles
ne lui servent plus à rien.
Dieu
les botte. Chose aux hommes. Psychologiquement, la mort du militien n'a servi à rien.
C
'est le premier mort de notre groupe. Beaucoup d'autres jusqu'à la libération.
Ceux
qui déclenchent les guerres ne s'imaginent pas qu'il y
a
des hommes capables de mourir
pour
ne pas être esclaves. Adieu, Philippe.
On
va essayer de te venger.
Sans
se faire assassin.
Sans
que notre violence ressemble à celle de l'ennemi.
L
'avion
! Tout
le monde sous les ordres
!
Pépé, planque-toi
! Hé,
pour où l'avion ? Planque-toi pour où tu es allé dire. Hé,
là,
hé,
là !
Hé, douce fort, douce fort !
Je
tire immédiatement. Thomas, les hommes. Rassemblement, tout le monde ! Les automaquis sont en route. Attendez, il y a une réponse. En tentant une diversion pour leur permettre de sortir le tour. Prenez le maximum de munitions
! Vous
ne prenez pas vos armes
? Ah,
jamais d'armes, mademoiselle.
C
'est vous le président.
Vous êtes jolie
comme une image, mademoiselle.
Vous
êtes jeune, pourquoi ne pas combattre les Allemands
?
Ah, parce qu
'on
ne m
'en
reproche plus d'être avec eux. On vous reproche de ne pas être contre eux. Alors, c'est le baroud ? Hé, j'espère. Laissez vos papiers, tout ce qui pourrait vous identifier. Paco, toi, tu viens avec moi en voie à Mouteau Passage. Entre les skippers, ils ont cassé les munitions pour tenir le cours.
C
'est un droit commun.
Par
l'éclate, il vous faut trois heures. Il ne faut pas perdre une minute.
Va
dire à Forest qu'on arrive. Alors
?
Pour régler ça.
Tout
est clair, c'est un ordre. Qu
'est
-ce qu'il faut de plus
?
Alors, parce qu'on a un ordre, on exécute, on s'en lave les mains. Ceux qui donnent des ordres savent ce qu'ils font. Ils ont le recul qu'on n
'a
pas.
Ils
voient l'avenir. Oui,
oui,
je sais. C'est ton amour pour les hommes, c'est toujours pour demain. C'est jamais par le Pont-le-Vic contre les Nîmes et par le soupirail qu'on a
négligé. Ne vous
pliez avec vos paraboles ? Un droit commun, c'est n'importe quoi. Pour régler ça, ça doit de le faire, comme c'était convenu. Oui, Paul. Non, pas la Maxime. Prends le F.M. Toi, tu restes ici. Quoi ? Vous me mettez au rencard ? T'es responsable
du
camp. Un camp qui est vide. Comment ? Il
y
a le blessé et le bétail.
T
'en es responsable. Tiens.
C
'est un truc qui va être de Louis XIV.
Il
passe par la rivière. Nous, on suivra la forêt à cause des avions. Donne-moi ton revolver.
Il
faut le faire, tu comprends ? Ce type est condamné par la situation, pas par nous.
Ce
qu'il y a de terrible, c'est qu'on n
'a
pas de colère contre lui. Et on me la charge, mon arc-obuse
? Passe
-moi
une grenade.
C
'est
peu probable, mais si l'ébauche vient, ne te laisse pas prendre.
Il
te coupera en rondelles. Et le vieux aussi.
On
partira à quelques-uns. Dis, Florent,
c
'est quoi un anthropophage
? C
'est un assassin qui a une excuse. Non, c'est quelqu'un qui aime son prochain avec de la sauce.
T
'es belle, hein
? On
s'en va par là
?
Oui, par là.
Allez,
grouille-toi.
Et
ce côté-là, vous le gardez jamais
? Qu
'est
-ce
que ça fait de foot
?
Les Allemands peuvent passer par là. Les Allemands, oui, mais par leur canon. Et sans leur canon, ils sont rien, les Allemands.
Où
va-t-on par là
? On
change de camp, on ne
peut
pas te garder. Enfin, provisoirement. J'aime mieux ça, maintenant que je vous le connais. Tu crois
? On
continue, ou par là
? Ben,
quoi
?
Allez, avance. Je ne
veux
pas m'évader.
Ça
me plaît bien, votre truc.
Enfin,
je parle de l'amitié dans le groupe.
Je
ne parle pas du coup de feu.
Tu
retournes toujours tes balles, toi
? Tu
n
'as
aucune précision avec ton truc. Peut-être, mais quand ça réussit, ça fait un trou comme ça. Ils ont le fur au cul, les gradés. Il en manque un, les gars, il manque Thomas.
Oui,
il
a
la rivière pour faire notre lessive. Oui, il
l'a
envoyé à Saint-Martin. Pourquoi à Saint-Martin ? C'est comme les Allemands qui ont balancé dans la rivière. Une île est de Kerk. En hiver, la rivière gonfle et les cadavres la redescendent.
Le
ventre en l'air comme des truites passaient à l'eau de Javel. Mais les chuteurs de Saint-Martin, ne venez pas de voir leurs défins défiler sous le pont. Regarde à vous de tout gonfler.
Allez,
allez, allez,
allez,
vite. Je travaillais chez eux. Je travaillais dans la maison, je faisais du jardinage.
Enfin,
je faisais un peu de tout.
Et
un jour, je dis à la fille,
elle
avait 16 ans, elle était belle, on venait pour un fou.
Je
lui ai dit, venez, je voulais que mes fleurs vous voient. Il a trouvé ça un
peu
éthique, son père a trouvé ça dégueulasse, il a appelé les gendarmes. Avant.
C
'est pour ça qu
'ils
t'ont mis en prison ? Ben, la première fois, oui.
Mais
j'avais pas de papier non plus à l'époque.
Ils
m'ont enfermé en prison, ils se sont mis à fouiller ma vie. Et alors, qu'est-ce qu
'ils
ont trouvé ? J'avais pas fait mon service militaire, qu
'ils
me recherchaient comme déserteur.
Je
leur ai dit que c'était pas la peine de me garder en prison, ils avaient qu
'à
me le demander, je leur ai dit.
De
toute façon, le service,
j
'avais pas l'intention de le faire. Là-dessus, la guerre a commencé. Putain, j'y arriverai jamais.
Je
dirais qu'on s'est battus.
C'est
pas encore fait,
c'est
vrai, ça rangeait les choses. L'air va le nettoyer. Alors, t'as pas voulu t'engager, hein
?
Engager pour me battre contre qui
? Les
Italiens et les Allemands
? Je
les ai un peu connus au quartier latin.
Plein
d'étrangers.
Ils
étaient tous en bande, tous un peu crétins, un peu gueulards, on buvait des bocs, on touchait les mêmes filles, on s'engueulait.
Mais
de là, à se tirer dessus à coup de canon, sans même se parler avant.
Il y
a une marge,
un
abîme même.
On
peut avoir une opinion sur sa propre mort, non ? Pourquoi tu me racontes tout ça à moi ? J'ai raconté ça aux militaires. Je me
fais
voir, s'il
y
a vos militaires du tribunal.
Ils
me jugeaient pour désertion.
Ils
se regardaient.
Ils
me regardaient avec des yeux ronds. Pas forcément.
Vous
ne comprenez rien, j'ai eu la panique. Tiens, là.
Et
puis des types comme ça, il y
en
avait plein l'armée. Tiens, un peu plus haut. Alors, toutes les armées du monde, des milliers de braves, des héros, pour eux, les bombes, c
'est
du bouillard à la gaspe, du alenton. Pourquoi tu nous as pas raconté tout ça là-haut
?
Vos camarades, comprenez pas. Surtout Jean, votre théoricien. Venez, je vais le laver. Donne. Parquet, je me demande si le vrai lâche, c'est pas moi, mais ces millions de héros à harnacher d'armes et de haines contre le héros d'en face.
Ils
tuent par n'importe quel moyen, ouverts d'honneur et de décorations, parce qu'ils ont bien tué, et plus que le voisin. bénis des dieux et des hommes comme ceux d'en face. Là,
moi,
je dis non.
Je
préfère parler avant de tirer.
Mais
vous comprenez pas ça.
Ça
colle pas avec ce que tu nous as raconté l'autre soir.
T
'as pas été pris récemment. Mais si, mais si.
À
la débâcle,
la
forteresse où j'étais emprisonné a été bombardée.
Les
militaires l'ont abandonné.
Et
je me suis retrouvé
dans
la nature en cavale
pendant
trois ans.
Et
puis, j'ai été repris pour une histoire de bottes, voilà. Pourquoi tu nous as pas dit tout ça ? On aurait pu t'exécuter pour moins que ça. Vous faites la révolution, mais vous n'étiez pas pour une paire de bottes, vous avez du cœur. Justement, toutes les révolutions sont mortes du cœur. Comme celles des communards. Si les nazis trillions fera dix fois plus de victimes. Moi, j'y suis pour rien.
C
'est les circonstances qui est
de
contre. Mais ça fait des
années... Vous
voulez me tuer
? Allez, ce
qui se fait la main. L'intelligente décorait un enjeu à
parler. Ben
quoi, la fleur au fusil, c
'est
un truc qu'on a toujours fait ? C'est pas la seule connerie qu'on a toujours faite. Allez, dépêchez-vous. 300 Allemands pour 15. Moi, ces salauds, on est des rebelles, puis chez nous encore. Vac, passe le F.M. Attendez qu'on s'éloigne, il
y
a une restée de 3000. Courir un peu l'échelleux. On partira quand ils viendront. C'est ça, notre rôle. Enlevez des milliers de soldats d'eau de front pour les faire courir après quelques dizaines de partisans. Ah, dorénavant, le jour, on restera loin du maï. Peuvent le bombarder.
Vous
pouvez finir l'agneaule. Enfin,
ce
qu'il en reste. Ah, ça c'est l'agneaule, petit dévoilé.
Je
suis sûr qu'ils peuvent pas attaquer la nuit
? Ils
se déplacent jamais la nuit. Sauf s'ils ont quelqu'un qui connaît le coin. Tête garde. Allez, fais un effort pour manger, on sait pas ce qui peut arriver.
Vous
êtes gentil avec moi parce que vous vous sentez aussi coupable que
moi.
Pas du tout coupable. Oui, bien sûr, c'est pas toi qui... Écoute-toi, moi, lui, c'est nous. Nous, c'est la résistance, le maquis.
Nous
avons tué, nous allons tuer. On va nous tuer.
On
bousille du monde, mais on aime pas le faire. Le type,
c
'était un abcès. L'abcès, on l'a vidé.
Et
maintenant, la lutte continue. Et Dieu est avec nous.
«
Got me turns » pour les nazis.
On
bousille du monde avec sa bénédiction. Le type aussi disait ça. Plein d'allemands, pour vous prévenir. Par où es-tu passé
? C
'est lui qui m'a ramené, je l
'ai
trouvé.
Il
avait peur dans le noir, moi aussi. Alors, on a marché. C'est lui qui marchait devant, il avait l
'air
de savoir où il allait.
Je
vois pas ce qu'il
y a
de drôle. Rien, mais je ris parce que je suis content. Ah oui ? Oui, très content. Si je vous avais obéi, j'aurais été très malheureux. Et je l'ai été quand même parce que je vous avais menti. Mais maintenant, ça va. Je suis très content.
Il
n'y
a
pourtant pas de quoi.
Alors,
on me change de camp, moi aussi ? Assez, Thomas. Ça se pourrait. Paco
! On
fait un trou ou on va à la rivière ? Paco, il est de garde. Va me chercher Lecoq. Bon, ça a assez traîné. Il est venu de nous dire ça pour qu
'on
ait confiance en lui. Les boches, il n'a pas tout. Non
! Il
y a eu un ordre. Cet ordre n'a pas été exécuté.
Tu
vas retrouver ton ami Lecoq. Vous voulez encore me tuer, mais pourquoi
? Les
Allemands me reprochaient les bottes, mais vous,
je ne vais pas...
Non, on s'inquiète parce que tu as pu revenir si facilement.
Il
n
'a
jamais été question.
Tiens,
il est revenu
? Oui, on
nous l'a ramené. Allez, va.
Vous
serez ensemble comme avant. Donne-lui un peu de piquette pour faire passer sa viande.
Et
mets-le-vous à l'abri.
Bon,
c'est moi qui m'en chargerai maintenant.
Tu
en occuperas demain matin.
En
attendant, moins on se voit, mieux ça vaut.
Moi,
tout de même, corps parle de ça. Jean a raison.
T
'as installé la Maxime, au passage ? Oui, Paul.
Qu
'est-ce qui s'en charge
?
Groubac se débrouille bien.
Les
murs s'éteins, je prends ton ombre dans mes bras.
Qu
'est-ce que tu dis, Thomas ? Rien, Paul.
Je
pensais à quelqu'un.
Tout
le monde se brome. Tiens, prends ma lampe.
Mets
-la pointe jamais vers le haut. Toujours en bas, comme au cinéma.
Pour
le pipi, pas la peine de sortir. Tu te mets à la fenêtre. Le type s'est tiré, et avec ma lampe. Qu'est-ce qu'il y a
? Il
a laissé partir le type.
Il
va même donner de la lumière, mais il n'ira pas loin. Au passage, il va faire jour. Je vais avec toi.
Ça
va se surgarde les entrées ou les sorties.
On en
parlera. Quelle emmerdeur, celui-là.
Il
n
'est
pas parti comme ça, par hasard. Il a vu descendre par là.
Nous
a même engueulé. Bon, c'est bien. Va chercher les hommes. Je vais jeter un coup d'œil. De la pointe, on voit mieux la route et la vallée. Passe-moi ça. Allez, prends au moins une arme.
Pourquoi
t'as perdu quelque chose
? T
'as fini de me suivre comme un petit chien
? Tu
crois pas qu'on a fait assez de conneries comme ça
?
Appelle ça comme tu voudras.
Je crois
bien de comédiste, regarde.
Et
ici, il faut se dire que ça peut pas durer.
C
'est peut-être ça, l'intuition.
C'est
compréhensible
que
je n'ai pas donné signe de vie. Chine au passage et fais tout sauter. Et toi
? Je
te suis, je te couvre. Et Jean ? Sûrement pris avec ton protégé. C'est pareil, on a deux chances. Premier arrivé, fais tout sauter. Tiens, tiens, il se balade avec une mitraillette. Ça te la coupe, hein, de nous entendre parler français. Pas du tout
! Vous êtes des
traîtres, les balais des chleux
! C
'est toi, le chef.
C
'est lui, chef.
Je
vous connais pas, moi.
Vous les avez-les, c'est tout seul. C'est moi.
Je ne veux aucune détonation avant mon ordre. Mais l'aviation arrivera peut
-être.