L'été des ministres démissionnaires... - reportage #cdanslair 19.08.2024
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Le mur se rapproche. - A.de Tarlé: Les ministres du gouvernement Attal ont tous été contraints de démissionner après la défaite du camp macroniste tout en restant à leur poste pour gérer les affaires courantes.
La plupart d'entre eux sont restés discrets cet été, mais certains doivent maintenant s'atteler aux dossiers chauds de la rentrée. B.Le Maire prépare déjà le budget.
G.Darmanin s'est rendu dans l'Hérault aux côtés des sapeurs-pompiers. - Après quelques jours de répit, G.Darmanin de retour sur le terrain.
Le ministre démissionnaire était ce matin dans l'Hérault où 2 incendies se sont déclarés hier. - G.Darmanin: Quand on est ministre de l'Intérieur, c'est jour et nuit qu'on est attentif à la sécurité des Français.
On a peu de repos et peu de congés, mais on le fait pour le bien-être des citoyens. Tant que je ne serai pas remplacé à mon poste, je serai dans l'action. Quand on est ministre de l'Intérieur, c'est jusqu'à la dernière minute qu'on est dans l'action. - Un gouvernement démissionnaire, des ministres toujours en charge des affaires courantes, mais déjà sur le départ.
Dernière réunion il y a 15 jours, avec ou sans cravate, pour faire un point sur les JO. Des Jeux et une trêve olympique, parenthèse enchantée pour le gouvernement, qui prend la pose sur les réseaux sociaux et se met en scène. Une ministre des Sports qui se jette à l'eau...
Elle crie. Une ministre de la Culture qui profite... - R.Dati: Je ne contrôle plus, donc j'adore. - Et un Premier ministre qui prend la lumière olympique, supporter euphorique dans les épreuves...
Les JO, c'est bon pour le moral. - G.Attal: J'aime être au milieu des Français.
Ici, 5000 personnes sont venues soutenir nos champions. Pour moi, il n'y avait pas de doute. Il fallait que je sois avec eux. - Même pendant les JO, certains n'oublient pas de faire de la politique.
Le ministre toujours en charge des Finances lance une proposition: exonérer d'impôt les primes reçues par les athlètes médaillés. - B.Le Maire: Il ne faut pas que ces primes soient fiscalisées.
Je proposerai qu'elles soient défiscalisées dans le prochain budget 2025. Ce n'est pas à moi d'en décider. Je suis chargé des affaires courantes.
Mais je préparerai des dispositifs pour que ces primes soient défiscalisées. Elles sont exceptionnelles et méritent un traitement exceptionnel. Le prochain gouvernement décidera, par un vote souverain, dans le budget 2025, si elles suivent la proposition que je fais. - Le budget 2025, justement, c'est sans doute l'un des dossiers les plus urgents.
Il doit être bouclé en septembre. Vacances studieuses à Bercy, comme le confirme le ministre des Comptes publics. ...
Un budget préparé en catimini. C'est ce que dénonce la cheffe de file des écologistes dans cette vidéo publiée sur son compte X. - M.Tondelier: Les remontées des fonctionnaires Qui participent à ces réunions sont préoccupantes.
On parle de 2 milliards d'euros en moins pour les hôpitaux en 2025. Ce dont il faut que chacun d'entre vous ait conscience, c'est qu'E.Macron fait son Gaulois réfractaire et, pire que ça, il est dans une entreprise méthodique de refus démocratique du verdict des urnes. - Mais l'attente est sans doute loin d'être terminée.
Le nouveau Premier ministre, quel que soit son nom, pourrait bien lui aussi prendre son temps pour choisir son équipe. - A.de Tarlé: Question.
En bas, à droite, vous pouvez flasher le QR code. - C.Barbier: On en a beaucoup débattu au moment où ils sont allés comme députés voter pour les postes à responsabilité à l'Assemblée nationale alors qu'ils étaient encore ministres.
Il y a eu un débat juridique. On a rappelé le précédent de 88, quand il y avait un gouvernement démissionnaire, le gouvernement Rocard 1, dont certains membres avaient été élus députés, et ils étaient allés voter. Quelques jours après, ils avaient été nommés par le gouvernement Rocard 2.
Là, il y a un cumul de casquettes. Dans ce qui a été fait par ces ministres démissionnaires depuis début juillet, on ne voit rien d'abusif. Aucun texte majeur, aucune réforme... - A.de Tarlé: Les Français ne pourraient pas se satisfaire d'avoir un gouvernement qui gère les affaires courantes?
C'est reposant et la France avance. - C.Barbier: Non.
Si vous êtes sous anesthésie en permanence en pensant que ça règle votre maladie, vous mourrez. Un gouvernement qui gère les affaires courantes ne gère pas les affaires importantes. On est dans une période où ça se dégrade.
Il faut vite un gouvernement qui s'occupe des affaires profondes, importantes, graves, avec des remèdes sérieux et sans doute pas agréables. Mais on a traversé une période spéciale, les JO et les vacances. Il n'y avait rien de majeur à faire à part ce budget à préparer.
Que B.Le Maire décide de défiscaliser les médailles, que G.Darmanin aille sur le site d'un incendie ou que la ministre des Sports accompagne les athlètes, ça n'a aucune conséquence politique majeure à long terme.
Ils n'ont pas abusé de leur pouvoir démissionnaire. Remplacer un recteur qui part à la retraite ou un préfet démissionnaire, c'était le tout-venant. Il n'y a eu aucune inflexion politique qu'on pourrait porter au crédit de ce gouvernement et qui engage les années futures pour la France.
Attention, il y a d'autres nominations qui vont arriver et qui sont importantes. D'autres décisions ne peuvent pas être prises par quelqu'un qui n'est plus en charge pour longtemps. C'est pour ça qu'on rentre dans les 10 jours de la seringue.
Il faut que le président prenne des décisions. - A.de Tarlé: Question.
Comment est-il perçu par les Français au sortir de cette séquence et de ces 6 mois à Matignon? - G.Sliman: Ce serait terrible pour l'opinion publique et pas si mal pour votre 2de question...
E.Macron ne peut pas prolonger G.Attal ou lui proposer de poursuivre.
Ca a été testé dans différents sondages ces dernières semaines. Les Français ne comprendraient pas. Vous ne pouvez pas convoquer des élections législatives, en appeler aux urnes et ne pas tirer les leçons du scrutin.
Le scrutin désavoue l'exécutif sortant et le gouvernement sortant. Si vous interrogez G.Attal, il vous dira sans doute la même chose que moi.
Ce n'est pas possible de le proroger. On est dans une situation un peu particulière. On gère les affaires courantes.
Les ministres que l'on a vus gérer les affaires courantes ne sont pas rejetés. Les Français ne se disent pas: "C'est horrible. Ils ont accompagné la France pendant les JO et pendant les vacances d'été." Ca passe.
On rentre déjà dans une autre période. Par rapport à l'opinion publique et à la rentrée, pour les Français, c'est la même chose. La plaisanterie doit s'arrêter.
Il y a la rentrée de septembre. Il faut que des décisions soient prises et qu'un nouveau gouvernement légitime sorte du chapeau d'E.Macron, de qui vous voudrez, dans les semaines qui viennent.
Nous ne sommes pas la Belgique ou les Pays-Bas, qui ont pu vivre sans gouvernement l'un pendant 18 mois et l'autre pendant 15 mois. On a besoin d'action. Gouvernement technique, oui et non.
Le message des urnes, si on le comprend à l'aune de "faut-il dépenser plus ou dépenser moins?" le message des urnes, c'est qu'il faut dépenser plus. Que ce soit la gauche, avec le NFP, ou le RN, les électeurs qui ont voté pour ces partis...
Quand, Christophe, vous dites qu'il faudrait prendre des mesures difficiles avec un technicien...
Ca ne passerait pas du tout dans l'opinion publique. Les Français ne peuvent pas avoir sanctionné E.Macron et avoir voté en large part pour des partis qui leur promettaient davantage d'aides et moins d'impôts pour la majorité d'entre eux, mais plus d'impôts pour les plus aisés...
On ne peut pas avoir voté pour ça et se retrouver avec un gouvernement qui mènerait une politique "Macron bis".
Bruno Le Maire