Trump veut le Groenland... qui peut l'arrêter ? - C dans l’air - 06.01.2026
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
-Quitoque, la box à cuisiner ... - C.Roux: Bienvenue. l'Europe sait qu'elle doit prendre les menace de D.Trump au sérieux.
Quand le chef de la Maison-Blanche affirme qu'il a besoin du Groenland, quand le conseiller à la sécurité intérieure américain affirme cette nuit que ce territoire fait tout simplement partie des Etats-Unis, le sujet ne peut plus être pris à la légère par les 27. Le royaume du Danemark, qui administre le Groenland, a reçu aujourd'hui le soutien d'une partie de l'Europe dans un communiqué pour rappeler la souveraineté de ce territoire et l'appartenance de ce pays à l'Otan. Mais l'Europe a-t-elle les moyens de s'opposer aux Etats-Unis si D.Trump a bien l'intention d'aller au bout de son ambition sur le Groenland?
La question embarrasse toutes les capitales européennes et ressemble à un moment de vérité pour l'Europe. Avec nous pour en parler, A.Bellanger, éditorialiste et spécialiste des questions internationales.
I.Lasserre, je cite votre livre, "Les Fantômes de Munich". C.Ockrent, vous êtes spécialiste des affaires étrangères.
On vous retrouve le samedi sur France Culture. P.Haroche, vous êtes maître de conférences en politique européenne et internationale à l'Université catholique de Lille et auteur de "Dans la forge du monde, comment le choc des puissances façonne l'Europe".
Merci de participer à cette émission en direct. Question très simple et très directe pour commencer...
Faut-il prendre au sérieux les menaces de D.Trump sur le Groenland? - A.Bellanger: D'abord, il faut toujours prendre au sérieux, surtout depuis l'enlèvement de N.Maduro, ce qui est une démonstration de force.
Ca peut avoir des conséquences sur l'ensemble des conflits dans lesquels les Etats-Unis sont impliqués, soit à peu près tous les conflits de la terre. D.Trump revendique 8 ou 9 conflits réglés, qui ne le sont d'ailleurs pas.
Il y a une bonne vieille question trotskiste à propos du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes: droit de qui à disposer de quoi? Est-ce que les 60 000 Groenlandais ont le droit de disposer d'une terre de 2 millions de kilomètres carrés à 300 km des côtes américaines, eux qui sont dépositaires de tant de richesses dont les Etats-Unis ont besoin? A cette question, on répond le Danemark, grande puissance coloniale installée au Groenland depuis 1876, qui n'a pas exercé une tutelle sympathique sur le Groenland.
Les Groenlandais se posent cette question. Ils ont répondu: "Encore un peu, monsieur le bourreau." - C.Roux: Vous répondez à la question que je n'ai pas posée. - C.Ockrent: C'est un talent comme un autre! - I.Lasserre: Mais il n'a pas répondu à votre question! - C.Roux: On va revenir à tous les points que vous avez évoqués.
C'est une mise en bouche. Ca fait presque un an que D.Trump, régulièrement, dit aux Européens, aux Danois et à l'ensemble des pays membres de l'Otan: "C'est un peu chez moi.
J'en ai besoin pour des questions de sécurité." Est-ce que c'est du Trump, à prendre en se disant que ce sera pour plus tard, ou a-t-il une ambition? Quand on voit ce tweet de la femme de S.Miller, au lendemain de la capture de Maduro, qui dit "bientôt", sous-entendu "le Groenland, c'est chez nous", il faut prendre au sérieux D.Trump?
Il a parlé de 20 jours. - I.Lasserre: Il faut le prendre au sérieux.
En général, il fait ce qu'il dit. C'est comme Poutine. Ce sont des personnages extrêmes.
On a tendance à s'extraire de leurs discours parce qu'ils nous paraissent irrationnels, mais c'est une vraie volonté de D.Trump. Il l'avait déjà avancé lors de son 1er mandat.
Généralement, il a plutôt de la suite dans les idées pour ses objectifs. 2e raison: les Etats-Unis ont toujours voulu le Groenland. Des tentatives d'achat du Groenland, il y en a eu plusieurs... - C.Roux: D'achat? - I.Lasserre: Oui.
Il y en a eu dans les années 70, et même à la fin du XIXe siècle. Ca dépasse D.Trump.
C'est une vraie volonté. Enfin, c'est un endroit très stratégique. Il le deviendra de plus en plus à cause du réchauffement climatique, qui ouvre de nouvelles routes maritimes, et donc d'accès au sous-sol de la mer...
Je ne sais pas comment on dit, pardon. Ceci, dans les années qui viennent. Or, l'Europe et le Danemark sont désintéressés du Groenland et de l'Arctique.
En revanche, la Chine et la Russie travaillent depuis des années sur le sujet, y compris main dans la main, en explorant de nouvelles routes et en faisant des recherches. Les Etats-Unis avaient pris du retard. Il faut combler ce retard. - C.Roux: S.Miller parle cette nuit. "De quel droit le Danemark revendique le contrôle du Groenland?
Le Groenland fait partie des Etats-Unis." Il ajoute ceci. Quand on lit cette déclaration d'un conseiller de D.Trump, on se dit que c'est fait. - C.Ockrent: Non, ce n'est pas fait!
S.Miller est l'idéologue en chef. C'est lui qui a les théories les plus affirmées, poussées, acérées sur tout.
L'immigration, l'impérialisme, la capture des ressources...
Mais il faut s'inscrire...
Bien sûr, il faut prendre Trump au sérieux, je suis d'accord avec Isabelle. C'est l'homme le plus puissant du monde et il s'en réjouit. Mais il faut que l'on s'inscrive dans une stratégie de récit.
Trump raconte. Il raconte son propre empire, son propre rêve. Il y a un accord de défense entre le Groenland et les Etats-Unis.
Ils ont une base au nord-ouest, Pituffik. J'ai eu la chance d'aller au Groenland il y a un an. Je n'ai pas pu entrer dans la base.
Le fait est qu'ils n'ont que 200 hommes sur place. J.D.Vance y était allé avec son épouse il y a quelques mois.
Il a viré aussitôt la commandante de cette base, qui n'avait pas assez applaudi. Il y a un accord de défense. Il y a eu des accords de droit privé américain avec des compagnies américaines pour exploiter le sous-sol.
C'est une immense île gelée 10 mois sur 12. Les compagnies américaines, sauf une, ont renoncé à ces contrats, tant les conditions d'extraction étaient difficiles. Le récit de Trump, c'est: "Moi, Donald, l'empereur, l'homme le plus puissant du monde, je veux le Groenland, donc je vais le prendre." Mais non, il va pas prendre le Groenland!
Il suffirait qu'il active cet accord de défense, que des compagnies américaines aient l'ambition et les moyens d'exploiter ces ressources, et que les Européens signifient de façon un peu plus ferme qu'ils ne le font que l'histoire existe. Ce qu'explique S.Miller, c'est que pour eux, l'histoire n'existe pas.
L'histoire commence avec eux et se termine avec eux, ou en tout cas avec Trump. - C.Roux: On va parler de la réponse européenne.
Il y a eu des prises de position. Il y a eu la réponse du Danemark. Pour terminer sur la question de s'il faut prendre D.Trump au sérieux...
Ce qui est curieux, c'est qu'il nous donne un calendrier. "Ce sera dans 2 mois", et il se reprend et dit qu'on en reparle dans 20 jours. Dans sa lancée sur ce qu'il considère comme un succès militaire, la capture de Maduro, il dit que la prochaine étape, c'est chez les Européens. - P.Haroche: Il faut le prendre au sérieux, mais aussi pour ce que c'est: une tentative d'intimidation.
Elle est plus importante que dans le fond, et c'est mon hypothèse, ça n'arrangerait pas vraiment les Américains d'arriver au pied du mur. On n'est pas dans la même situation qu'au Venezuela. Là-bas, on a tout un tas de justifications, si ce n'est légales, au moins morales. "C'est un dictateur, il est antiaméricain, il est lié au trafic de drogue..." Là, il n'y a aucune justification.
Dans les sondages, les citoyens américains sont contre l'annexion du Groenland, négociée ou pas. Dans le dernier sondage, 7 % des Américains sont pour l'annexion du Groenland par la force. Ca veut dire que les électeurs de Trump sont contre.
L'administration Trump dit souvent qu'on n'aura pas besoin d'en arriver là. Ils aimeraient que d'une manière ou d'une autre, les Européens cèdent avant d'en arriver là. Evidemment, les Etats-Unis pourraient obtenir plein de choses sans aller jusqu'à l'annexion.
Mais apparemment, c'est pas ça qu'ils veulent. S'il s'agissait simplement d'un partenariat privilégié en matière économique, d'extraction, de présence militaire, les Danois leur proposeraient et on n'en parlerait même pas ici. - C.Roux: Les Danois achèteraient des armes aux Etats-Unis et il y aurait un partenariat? - P.Haroche: Il y a un problème uniquement parce qu'il demande la chose la plus maximaliste et impérialiste: l'annexion. - C.Roux: Il veut mettre un drapeau? - P.Haroche: Absolument.
Il est dans une logique impérialiste face à Poutine. Ca n'a plus rien à voir avec l'extraction ni la présence d'une base pour empêcher les Chinois et les Russes. A ça, on peut dire non, d'autant plus qu'il y a un débat aux Etats-Unis sur l'opportunité des guerres.
Il y a ce même débat dans le camp Maga. Ce serait dangereux pour les Etats-Unis de jouer comme les Russes dans le Donbass, élections truquées et les opposants en prison. Ils ne pourraient pas faire ça. - C.Roux: Le fameux S.Miller dit que personne ne va se battre militairement avec les Etats-Unis sur l'avenir du Groenland.
Ca veut dire: "De toute façon, si on pose ce drapeau, on n'aura personne face à nous"? - P.Haroche: Les Groenlandais peuvent très bien dire qu'ils n'obéissent pas.
Annexer, c'est pas planter un drapeau. Au Venezuela, on peut se dire que l'affaire est terminée, et encore. Mais annexer, c'est appliquer son administration et sa loi.
Ca demande la coopération de la population. - C.Roux: C'est en tout cas un territoire autonome de 56 000 habitants sur lequel D.Trump veut faire main basse.
Le Groenland est dans le viseur du chef de la Maison-Blanche. Le Danemark, qui administre ce territoire, se braque et réagit pour l'instant à coups de communiqués. Que feraient les 27 si D.Trump posait son drapeau américain sur cette terre, dont il estime avoir besoin pour des raisons de sécurité intérieure? - En 2026, l'impérialisme américain est décidément de retour.
Après l'opération militaire au Venezuela ce week-end... - Les Etats-Unis pourraient intervenir dans un autre pays. - Le président Trump reparle d'une prise de contrôle du Groenland. - La Première ministre danoise estime que les Etats-Unis n'ont pas le droit d'annexer des territoires du royaume danois. - Le Groenland, cette île immense, territoire autonome du royaume du Danemark, va-t-elle, elle aussi, être victime de l'appétit américain?
Les déclarations des plus proches conseillers du président américain sont sans ambiguïté. - S.Miller: Les Etats-Unis sont la puissance de l'Otan.
Pour que les Etats-Unis puissent sécuriser la région arctique afin de protéger et défendre l'Otan et ses intérêts, le Groenland devrait faire partie des Etats-Unis. Il n'est même pas nécessaire de discuter d'une éventuelle opération militaire. Personne ne va se battre contre les Etats-Unis pour l'avenir du Groenland. - Quelques jours plus tôt, D.Trump, à bord de l'US Air Force, se moque de la gestion de la sécurité du Groenland par le Danemark. - D.Trump: Vous savez ce que le Danemark a fait récemment pour renforcer la sécurité du Groenland?
Ils ont ajouté un traîneau à chiens! C'est vrai! Ils pensaient que ce serait une excellente initiative.
Je n'ai pas envie de parler du Groenland. On en a besoin pour des questions de sécurité nationale. L'UE a besoin que nous l'ayons.
Ils le savent très bien. - Mais jusqu'où ira D.Trump?
L'Europe a-t-elle les moyens d'empêcher l'annexion du Groenland par les Américains? La Première ministre danoise prévient. - M.Frederiksen: Si les Etats-Unis décident d'attaquer militairement un autre pays membre de l'Otan, tout ça s'arrêtera.
Cela inclut notre Otan et par conséquent la sécurité qu'il nous a garantie depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. - Au Groenland, la tension monte. Le Premier ministre dénonce les ambitions de conquêtes américaines. ...
Les Européen signent une déclaration de soutien. Un soutien plutôt timide qui rappelle l'attitude des Européens, notamment du président français, après le raid américain au Venezuela. ...
Une déclaration critiquée de toutes parts. - Cette réaction du président français, comment vous la qualifiez? - D.de Villepin: Aveugle, inconsciente des réalités, irresponsable concernant l'avenir de notre pays et de l'Europe.
Ce qui se joue, et c'est en cela que ça nous concerne, nous, Français et Européens, c'est un changement complet de l'ordre international. - Quelques jours plus tard, l'Elysée condamnera bien la méthode américaine, mais l'embarras est clair et l'équilibre difficile. Défendre le droit international sans froisser les Américains pour qu'ils n'abandonnent pas l'Ukraine...
Ce week-end, après la capture de N.Maduro, le président ukrainien réagit avec un peu d'humour. - V.Zelensky: Alors, si c'est possible de traiter les dictateurs comme ça, les Etats-Unis savent quoi faire ensuite. - A Paris, cet après-midi, V.Zelensky, entouré de ses alliés lors d'une nouvelle réunion de la Coalition des volontaires, cette fois en présence de l'envoyé américain S.Witkoff.
Washington promet de soutenir la future force européenne après un éventuel cessez-le-feu. - C.Roux: Nous allons revenir sur ce qui se joue lors de cette Coalition des volontaires et la réunion qui se tient à Paris.
D'abord, question. J'aimerais que l'on revienne sur cette phrase du reportage: "L'UE a besoin que nous l'ayons. Ils le savent bien." - A.Bellanger: Ils ont en tête les 43 minéraux critiques que les Américains ont identifiés au Groenland sur les 50 qu'ils pensent utiles à leur sécurité nationale.
Ils se trouvent à portée de mine. La plupart des investissements seraient trop colossaux pour ce qu'on pourrait en tirer. - C.Roux: L'enjeu de sécurité, dans la tête de D.Trump, c'est "on va faire main basse sur les ressources minières"? - A.Bellanger: Pour une raison simple: il n'y a personne sur le territoire américain ni européen qui a envie de voir des mines de terres rares.
Le Groenland étant inhabité, ça peut s'envisager. Deuxième raison possible: ça permettrait d'avoir un pied sur la Baltique. Ce n'est pas une terre russe ou chinoise, mais les Russes et les Chinois travaillent beaucoup au fameux passage du Nord-Ouest qui leur permettrait de couper les routes commerciales de la Chine à l'Europe.
Le Groenland se trouve pile au milieu. - C.Roux: Quand il dit qu'il faut sécuriser la zone, que ce serait bien pour l'Otan et les Européens, il a totalement tort? - C.Ockrent: Nous avons tort de prendre le vocabulaire de Trump...
J'ai fait un livre là-dessus. De le prendre au mot. Il a une approximation, quand il parle.
Il dit, assez confusément, que c'est bon pour eux et que les Européens trouveront ça bon aussi. C'est une manière de mettre en avant un récit qui n'est pas factuel, pas rationnel, mais qui est une manière d'imprégner les opinions publiques et de dire: "Avec moi, tout est possible." Nous avons le tort qui nous honore collectivement, y compris sur ce plateau, d'analyser rationnellement le vocabulaire et le comportement d'un homme, sinon d'une administration, qui n'est pas toujours rationnel.
C'est pas comme ça qu'il pense. Il pense par bouffées, d'abord narcissiques et ensuite, "je suis l'homme le plus puissant du monde, donc je vais dire que c'est bon pour nous et ils vont trouver ça bon parce qu'ils n'ont pas le choix", en gros. Une remarque sur le Danemark.
C'est l'allié le plus fidèle des Etats-Unis depuis 3 générations. Les Danois, par rapport à leur population, ont participé à toutes les guerres américaines récentes. Ils ont eu plus de victimes militaires, proportionnellement à leur population, que les Américains.
Il y a, dans la fierté danoise...
Un petit pays de 6 millions d'habitants, mais qui existe et qui a son histoire...
Il y a une blessure encore pire. La Première ministre l'a fort bien exprimé, mais de façon désespérée, en disant que ce serait la fin de tout. - C.Roux: Parce que ce serait un pays de l'Otan qui s'en prend à un autre.
C'est assez inhabituel. - P.Haroche: Rien de ce qu'on a mentionné là ne requiert la souveraineté sur le territoire du Groenland. - C.Roux: Il peut exploiter les mines? - P.Haroche: Bien sûr.
Ce sont des accords économiques qui peuvent se faire dans n'importe quel pays ami. Les bases militaires, aucun problème. Le côté fou du discours américain, c'est de dire "on en a besoin pour sécuriser l'Otan".
L'Otan, ce n'est pas le territoire des Etats-Unis. Ils ont des soldats en Allemagne et n'ont pas eu besoin d'annexer l'Allemagne pour ça. La seule façon de comprendre ce désir de souveraineté, c'est un désir fondamentalement impérialiste.
C'est pas comme si le Groenland était contrôlé par des amis de la Chine et que, pour éviter cette épine dans le pied, il fallait réagir. - I.Lasserre: Je suis un peu plus inquiète.
Un accord avec le Danemark et un avec les habitants du Groenland ne lui suffiront pas. Il s'en serait contenté. Il y a d'autres manières pour les Etats-Unis d'exercer leur influence sans avoir à envahir un pays militairement.
Il suffit de soudoyer les Inuits, de déverser sur ces populations, qui sont 56 000 ou 57 000, beaucoup d'argent. Les Inuits ont été maltraités par le Danemark pendant 20 ans. Dans les années 60, il y a eu des campagnes de stérilisation forcée.
Ils n'en ont pas forcément un bon souvenir. On ne peut pas exclure que l'argent américain puisse faire basculer les populations locales du côté de l'indépendance puis du côté américain. Il y a un vrai danger.
S'il y a une action forcée du principal pays de l'Otan contre le principal pays dans l'espace l'Otan, l'Otan est mort. Qui ça contente? V.Poutine.
L'un des objectifs est de tuer l'Otan. - C.Roux: Justement.
On a retrouvé une déclaration sur le Groenland, en mars 2025: "C'est un tremplin pour d'éventuels conflits." La Chine et la Russie vont laisser D.Trump s'installer au Groenland? - A.Bellanger: Leur rêve le plus fou serait réalisé.
S'il y a bien une manière de casser l'axe occidental et même l'Otan, c'est d'aller envahir le territoire possédé par un des pays...
Enfin, sous administration d'un des pays de l'Otan, le Danemark en l'occurrence. Un an de gouvernance Trump nous a appris une chose. Il commence par réclamer très fort beaucoup de choses pour finalement trouver un arrangement...
Sur les droits de douane, on s'était enflammés. Ils devaient atteindre 60... - C.Roux: Ca s'est quand même fini à 15.
C'est beaucoup. - A.Bellanger: C'est 10 fois plus que ce qu'on payait avant. 7 fois plus, pardon.
Il a quand même adopté, à un moment, une attitude de négociateur. Le problème, c'est le mal qu'il fait avec cette attitude. Il assène des coups à une alliance fragilisée par la guerre en Ukraine et encore fragilisée par les coups de boutoir idéologiques de l'administration Trump. - C.Ockrent: Quand vous regardez une carte, pas celle où on met l'Europe au milieu...
Vous mettez le pôle Nord. - C.Roux: On a vu passer cette carte.
On peut la remettre. - C.Ockrent: On y voit que la Russie a concentré historiquement l'essentiel de ses forces sur ses rivages dans des mers pas glacées toute l'année mais une bonne partie.
En gros, face au Groenland. L'une des préoccupations du Conseil de l'Arctique, où les pays riverains de l'océan Arctique, pas la Baltique, essayent de se mettre d'accord, d'abord sur la pêche, qui est la 1re ressource, et ensuite sur des conditions relatives d'équilibre par rapport à l'autre puissance de l'océan Arctique, la Russie...
Il y a un intérêt stratégique au niveau de l'Otan, qui est une alliance défensive, de garder le Groenland dans cette capacité. Quel serait l'intérêt pour les Etats-Unis, sauf à amplifier leur présence militaire, ce qu'ils ne font pas pour le moment? Ils peuvent le faire.
Ils ont un accord. Il y a quelque chose de très ambigu dans cette manière de Trump de dire: "C'est à moi, je le veux, c'est bon pour nous." Il n'y a pas de raisonnement derrière, ni stratégique...
Miller se contente de dire: "Pourquoi ça serait pas à nous?" Trump est allé jusqu'à dire que les Danois ont envoyé un canot, mais qu'eux aussi ont envoyé des canots au XIXe siècle. Il n'y a pas de raisonnement construit.
Nous passons notre temps à essayer d'avoir un raisonnement construit. - I.Lasserre: Ils veulent le Groenland depuis la fin du XIXe siècle. - C.Ockrent: Il n'y a aucun raisonnement construit de la part de cette administration.
C'est très différent du raisonnement d'un Rubio par rapport au sous-continent américain. - C.Roux: On va en parler.
Que peut-on faire, nous? Quelques Européens, la France, l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne, le Royaume-Uni, que je mets dans l'Europe...
Voici ce qu'ils déclarent. Ces pays signataires précisent que des moyens seront mis en place pour garantir la sécurité de l'Arctique et dissuader les adversaires. Ils précisent que tout ça se fera avec l'accord des Etats-Unis.
L'Europe peut-elle se contenter de communiquer pour réaffirmer la souveraineté du Danemark sur ce territoire? Question. Ca fait beaucoup de questions, mais vous allez y arriver. - P.Haroche: Ca ne répondrait pas au soucis de sécurité.
Il veut l'option maximaliste. Mais il ne faut pas s'enfermer dans un tout ou rien. On a tendance à dire, selon le raisonnement que les Américains voudraient nous imposer, que soit on ne fait rien, on applaudit et on accepte l'annexion, soit on fait la guerre aux Etats-Unis, et comme on n'y arrivera pas, on se laisse faire.
D'abord, on peut dire qu'on ne reconnaîtra jamais. On peut dire aussi qu'on soutient la détermination et la liberté du peuple groenlandais et qu'on est capables... - C.Roux: Ca sert à quoi, de dire qu'on ne reconnaîtra jamais?
Les Américains s'en fichent? - P.Haroche: Non.
L'annexion, c'est pas simplement envoyer un bateau et planter un drapeau. Ce n'est pas un plan militaire mais administratif. L'opinion publique américaine aura peut-être l'impression que l'on fait du mal à un peuple qui n'a jamais fait de mal aux Etats-Unis.
Qu'ont-ils fait aux Etats-Unis d'un point de vue économique ou militaire? Rien. Il y a des moyens de rendre cette option coûteuse et difficile pour l'opinion et l'administration américaine.
Revenons sur l'Ukraine...
Dans toutes les têtes, il y a: "Le pauvre Macron, il est critiqué parce qu'il n'est pas assez ferme, mais il veut le soutien américain sur l'Ukraine..." C'est vrai, mais ce qu'il faut prendre en compte, c'est que si vraiment la garantie de sécurité américaine en Europe et en Ukraine est dépendante du fait que l'on veut défendre le droit international ou pas, ça veut dire qu'elle est vraiment fragile et coûteuse et qu'il faut s'en débarrasser le plus vite possible.
Le jour où il y aura la guerre, si on nous dit que les Etats-Unis peuvent participer à la guerre mais qu'il faut soutenir des invasions illégales de populations qui n'ont rien fait, ça n'arrivera pas. Soit c'est trop coûteux, soit trop fragile, soit trop vite, mais il y a un problème avec la protection américaine. - I.Lasserre: C'est le coeur du problème.
Cette protection est pour l'instant virtuelle, car il n'y a pas de cessez-le-feu. V.Poutine ne veut pas arrêter la guerre.
La 1re protection de l'Ukraine, c'est l'armée ukrainienne. Ensuite, les pays de la Coalition. Et ensuite... - C.Roux: On entendait D.de Villepin disant que le monde avait changé.
F.Hollande dit que les Etats-Unis ne se considèrent pas comme les protecteurs De l'Europe et que l'Europe ne comprend pas que le monde a changé. Il défend un changement du rapport de force avec les Etats-Unis, y compris sur le dossier du Groenland.
L'Europe est-elle en capacité d'aller planter son drapeau? - I.Lasserre: Il y a une réunion de la Coalition des volontaires aujourd'hui.
Les garanties américaines sont si fragiles et fluctuantes qu'on essaye de les durcir. Même si on n'est pas naïfs, il faudra que l'Ukraine s'en passe...
Si on contre Trump aujourd'hui, ça fait capoter la Coalition des volontaires, parce que ça exclut l'élément américain, qui met... - C.Roux: Donc ça peut faire partie du deal? "On dit rien sur le Venezuela ni le Groenland..." - I.Lasserre: On est dans un mauvais timing.
Des discussions ont commencé parallèlement avec le Danemark. On envisage l'idée d'envoyer des soldats au Groenland. Ce que l'Europe devrait faire tout de suite, à mon avis, c'est de créer une base militaire au Groenland, envoyer des soldats dedans, pour planter un autre drapeau, celui de l'Europe... - C.Ockrent: Qui existe. - I.Lasserre: Et jouer son rôle dissuasif vis-à-vis des Américains.
On n'a pas réussi à le faire pour l'instant. - C.Roux: Les Européens sont prêts, à votre avis? - I.Lasserre: Il y a des discussions depuis ce matin. - A.Bellanger: Ce que les Européens ont fait de mieux depuis un an, c'est revenir des positions extrémistes américaines, je pense au plan en 28 points, pour négocier et ramener les Américains à une meilleure compréhension.
D'autant que les Américains, qui demandent aux Européens de payer les armes pour l'Ukraine, ont offert à l'Europe le porte-monnaie et le revolver. On peut donc enfin monter à la table des négociations. On sait maintenant comment faire avec D.Trump.
L'UE sait comment faire. Il ne faut pas répondre à D.Trump du tac au tac.
Il ne faut pas imaginer que l'Europe va répondre à l'ultimatum de D.Trump en mettant des soldats européens, en plantant le drapeau européen au Groenland ou même en envoyant des ambassades...
Ce n'est pas la méthode européenne. Ca ne nous ressemble pas. - I.Lasserre: Il va falloir changer de méthode! - A.Bellanger: C'est du "wishful thinking".
On a réussi, pour l'instant, à emberlificoter D.Trump... - C.Ockrent: Pas du tout.
On lui a fait des compliments excessifs. On peut aussi faire de la politique au Congrès. Comme vous le disiez justement, une partie de l'opinion publique américaine, y compris Maga, n'aime pas toutes ces aventures, est préoccupée par le niveau de vie, l'inflation, ne sait pas situer le Groenland ni le Venezuela...
L'Europe doit avoir un récit symbolique. On est dans le narratif. - C.Roux: Mais qu'est-ce qu'on défend? - C.Ockrent: L'intégrité, la souveraineté des pays européens qui ont une histoire ancienne, sédimentée, complexe, mais qui a fait que maintenant, on est à 27, plus le Royaume-Uni qui aspire à revenir.
Il faut un récit allégorique, symbolique, avec des gestes symboliques. Pourquoi pas planter un drapeau et installer une base? Il faut faire de la politique.
Il y a des sénateurs républicains qui ne sont pas du tout d'accord avec tout cela. Des sénateurs républicains sont trumpisés jusqu'à la racine des cheveux mais restent attachés à l'Otan, connaissent l'histoire. Ce n'est pas le cas, où ils font vraiment semblant, d'un S.Miller et autres, qui n'en ont rien à faire. - C.Roux: Il y a une présence européenne militaire au Groenland ou pas du tout? - I.Lasserre: Non. - P.Haroche: Justement, l'intéressant serait de mettre le peuple groenlandais au-devant de la scène.
Si on est dans un récit de puissances extérieures contre puissances extérieures, on est faibles. On doit défendre la liberté du peuple groenlandais. S'il faut qu'il y ait des armes, je préfère que les Groenlandais les tiennent plutôt que des soldats de l'extérieur. - C.Ockrent: Pour le moment, ils ont surtout des harpons qui leur servent tous les jours. - P.Haroche: Ce qui peut donner une image d'illégitimité totale de l'opération, c'est l'impression qu'ils viennent attaquer des gens chez eux qui n'ont rien fait.
Mais si ça devient une lutte de l'ex-colonisateur face au futur colonisateur, on est moins forts. Ca ne veut pas dire qu'il ne faut pas de présence militaire, mais l'enjeu ne doit pas être "les Européens s'accrochent à leurs colonies". - C.Roux: Le moment n'est pas venu pour l'Europe de dire non? "Cette fois-ci, non." - P.Haroche: C'est le communiqué qui dit qu'on ne reconnaîtra pas l'annexion.
C'est une histoire de principes, pas de moyens. Mais comme on n'arrête pas de dire qu'on est en difficulté...
Une initiative en termes d'indépendance militaire européenne serait essentielle. On passe notre temps à dire qu'on pense contre les Américains mais que comme on est dépendants... - C.Roux: Le 2e reportage.
Il a été aux côtés de D.Trump dans la War Room pour assister à la capture de N.Maduro.
M.Rubio est devenu une pièce centrale de la machine Trump. Ce fils d'exilés colombiens joue un rôle capital. - Trump et Rubio côte à côte, aux premières loges de l'opération des forces spéciales américaines.
A cet instant, N.Maduro vient d'être capturé. Au fil des semaines, le secrétaire d'Etat américain est devenu un personnage-clé de l'administration Trump.
Lui, l'artisan, l'architecte de cette attaque, en première ligne pour la défendre. - M.Rubio: Ce n'est pas une invasion.
Nous n'avons pas occupé un pays. C'était une arrestation, une opération policière. Il a été arrêté au Venezuela par des agents du FBI.
Ses droits lui ont été lus. Il a été expulsé du pays. Nous nous soucions du Venezuela, mais notre objectif numéro 1, c'est l'Amérique.
Plus de drogues et plus de gangs qui arrivent chez nous. - Un diplomate qui arrive au coeur des négociations. M.Rubio, maillon central de l'administration Trump, une position inimaginable il y a 10 ans, quand les 2 hommes étaient rivaux aux primaires républicaines.
D.Trump le traitaient alors avec mépris. Huées. - Aujourd'hui, c'est pourtant la vision du monde du "petit Marco" qui s'impose, celle d'une Amérique impérialiste, détaillée dans ce document sur la nouvelle stratégie de sécurité nationale. ...
Visiblement, M.Rubio a parfaitement convaincu D.Trump. - D.Trump: La doctrine Monroe est très importante, mais nous l'avons largement dépassée, très largement.
On l'appelle désormais "le document Donroe". - Les positions de M.Rubio s'expliquent par ses origines.
Un père barman, une mère femme de ménage, qui ont quitté Cuba en quête du rêve américain. Le fils d'exilés devient sénateur de Floride en 2011. - M.Rubio: Quand mes parents sont arrivés, ils avaient un faible niveau d'éducation.
Mon père a arrêté l'école à 9 ans pour travailler pendant les 10 années suivantes. Je remercie chaque jour l'Amérique de les avoir accueillis. - M.Rubio a grandi dans la détestation du communisme.
Dans sa ligne de mire, les régimes autocratiques d'Amérique latine, en particulier Cuba. - M.Rubio: Les gens ont faim.
Les maisons tombent en ruines. Il n'y a pas d'économie à Cuba. Le socialisme et le marxisme ont fait à Cuba ce qu'ils ont fait partout dans le monde où ils ont été mis en pratique: ils ont échoué. - Un régime fragile auquel il rêve de donner l'ultime coup de grâce.
Plusieurs présidents l'ont tenté. M.Rubio veut réparer des années d'échecs et effacer le souvenir du débarquement raté de la baie des Cochons en avril 61.
D.Trump se dit confiant. - D.Trump: Nous n'allons pas intervenir.
Le pays va simplement s'effondrer. Cuba n'a plus de source de revenus. Tous leurs revenus venaient du pétrole vénézuélien.
Cuba est sur le point de s'effondrer. - M.Rubio veut donner une victoire à son président, et pourquoi pas marquer des points dans la course à la succession de D.Trump, qui pourrait l'opposer à J.D.Vance le vice-président, très discret ces derniers jours. - C.Roux: Cette doctrine lui a été dictée par M.Rubio.
Ca correspond à ce qu'il a voulu faire? - A.Bellanger: M.Rubio vient de très loin.
Il revient d'une absence totame pendant toute la 1re partie de l'année. Il était absent des négociations avec l'Ukraine, des négociations avec la Palestine. C'est un homme qui sait attendre et faire de la politique.
Les hommes qui entourent Trump sont des impatients. Il a un plan très précis: offrir une victoire à D.Trump, voire 1, 2 ou 3-0.
Son idée, c'est de ne pas gagner grand-chose en Russie, même en envoyant les émissaires particuliers... "La paix en Israël et Palestine, il n'est pas parvenu à grand-chose." Il offre Maduro sur un plateau d'argent.
C'est possible d'abolir le régime cubain. Ce serait aussi le régime nicaraguayen. - C.Roux: Pas la Colombie? - A.Bellanger: La Colombie est une démocratie.
Il y a des élections dans 6 mois. Un président de gauche, mais élu. Il serait temps d'exercer sur les élections colombiennes, comme sur les argentines, les salvadoriennes...
Il veut 3 chutes. Il veut le triangle d'enfer du Venezuela, de Cuba et du Nicaragua. - C.Roux: Question. - C.Ockrent: Oui.
Trump va le redire. "Pourquoi il ne devient pas notre 51e Etat?" Le Premier ministre canadien a réussi à déjouer, ça lui a coûté cher économiquement, il a dû faire marche arrière sur un certain nombre de compromis qu'il avait acceptés, cette idée...
Il a dit: "Il y a des endroits au monde qu'on ne peut pas acheter, comme ce bureau." Trump doit reconnaître que son bureau recouvert de dorures n'était pas à acheter. "Le Canada, c'est la même chose." Un mot sur Rubio.
Il connaît l'histoire. C'est son histoire familiale. Il parle espagnol.
C'est sa langue maternelle. Sa vision, qu'il a exprimée dimanche sur tous les plateaux télé, c'est: "Ca nous appartient. Tout le sous-continent nous appartient.
Il n'y a pas de raison que la Chine, qui a investi massivement, pompe les richesses d'un sous-continent qui nous appartient." C'est très construit. - C.Roux: Regardez cette communication. "C'est notre hémisphère", dit le département d'Etat.
Cette séquence est très commentée. Cette image, c'est le rêve de Trump? Canada, Groenland et ces pays-là...
La Colombie se sent très menacée par les Américains. - I.Lasserre: Il est sur la nouvelle doctrine de sécurité nationale, publiée en décembre dernier, que la priorité absolue des Etats-Unis, c'est l'hémisphère occidental.
C'est un contrôle de l'Alaska à la Terre de Feu. Tout ce qui est au milieu, c'est la zone d'influence des Etats-Unis, ça appartient aux Etats-Unis. On assiste à un choc des doctrines.
La doctrine Monroe, réinventée par Trump...
Initialement, elle était faite pour lutter contre les ingérences européennes en Amérique latine. Elle devient aujourd'hui un instrument...
C'était déjà Roosevelt...
Trump la réarrange à sa sauce pour reconstituer son pré carré latino-américain. Il y a la doctrine Brejnev, réutilisée par Poutine, qui vise à se ré-accaparer... - C.Ockrent: La reconstitution de l'Union soviétique. - I.Lasserre: Et au-delà.
L'Union soviétique avait une influence...
Si on ajoute le 3e empire, l'empire chinois, auquel on donne un signal supplémentaire en disant "la réunification de Taïwan..." - C.Roux: On attend qu'ils se partagent le monde? - I.Lasserre: On est face à des empires, à la renaissance d'empires.
On n'a toujours pas réussi à se transformer en un bloc militairement fort, qui puisse dissuader les adversaires ou les ennemis. On est encore en train de parler et de se dire que ça va s'arranger...
Peut-être que Poutine va être rassasié... - C.Roux: On a parlé de M.Rubio, de la stratégie, de la doctrine Monroe, "Donroe".
M.Rubio avait dit que les Etats-Unis auraient le droit d'utiliser la force militaire. Il disait ceci en 2019. - C.Ockrent: Il avait soutenu l'Irak. - P.Haroche: Rubio incarne un hémisphère de la maison Maga.
Ceux qui viennent des vieux républicains néoconservateurs et qui se sont ralliés tardivement au consensus Trump. Il incarne ça. Le parallèle avec Vance est intéressant.
Il incarne le Maga pur. - C.Roux: Ils sont isolationnistes.
Ils sont expansionnistes? - P.Haroche: Beaucoup de Maga sont hostiles aux aventures étrangères dans tous les cas.
Ils sont très réticents, dès qu'il s'agit de dépenser de l'énergie et de l'argent dans autre chose que les Etats-Unis. Beaucoup de vétérans disent qu'ils ont voté Trump pour mettre fin à ces guerres. Trump est conscient de ça.
Il joue sur ces 2 hémisphères internes. Son modèle des guerres très courtes est l'incarnation de cet équilibre. Reagan.
M.Rubio, je tape du poing sur la table, mais je ne vais pas du côté de la guerre qui s'enlise." Le Venezuela marche bien, mais c'est très précaire.
M.Rubio a dit récemment qu'il se voyait bien le vice-président de Vance. Pour l'instant, il sait qu'il n'est pas capable d'entrer en compétition. - C.Roux: Dans la nouvelle stratégie de sécurité nationale, les Etats-Unis affichent la couleur.
Il faut aider l'Europe, corriger sa trajectoire actuelle et pour cela, l'Amérique de Trump compte s'appuyer sur les partis patriotiques, comme les appelle la Maison-Blanche. La percée de N.Farage au Royaume-Uni est vue d'un bon oeil outre-Atlantique.
Nous avons suivi la campagne de ce candidat qui revient de loin et qui caracole en tête des sondages. - Dans l'ouest de l'Angleterre, le lent déclin industriel. La nostalgie d'un âge d'or britannique disparu au coeur des discours des partisans de l'extrême droite. - Il y a beaucoup d'usines différentes dans notre zone.
Des usines de mobilier, des aciéries, des verreries...
Là, il y a Ashley Manor, qui a récemment fermé. - Cet homme compte se présenter aux municipales sous les couleurs du parti populiste Reform UK. Il tient à montrer cette usine, symbole de l'échec des gouvernements successifs. - Nous appelons cette région "le pays noir".
L'air était chargé de fumées quand la reine Victoria était venue le visiter. Elle a déclaré: "C'est un pays noir à cause de la saleté, de la fumée et de la suie." Les conservateurs étaient censés défendre les intérêts des entreprises, ce qu'ils n'ont pas fait.
Les travaillistes originels étaient censés défendre les travailleurs et protéger leurs droits. Il semble que nous ayons un gouvernement élitiste qui ne comprend plus cela. - A 33 ans, ce vendeur de voitures est déjà en campagne.
Ce jour-là, il fait la tournée des commerçants de sa ville. - Je suis venu parler aux gens des élections de mai prochain et de ce qu'ils pourraient voter. - J'ai beaucoup entendu parler de Reform UK.
C'est pour vous Que je voterai, je pense. Nous sommes 5 dans la famille. Tout augmente: les uniformes scolaires, les stylos...
On a aussi les factures pour la maison, l'électricité, la télévision...
Tout augmente constamment. - Reform UK est la seule alternative qui prend le langage du peuple. Nous n'avons pas de baguette magique pour vous promettre des réformes.
Nous allons utiliser les élections municipales comme terrain d'essai pour montrer aux gens comment nous allons gouverner au niveau national. - Battre le fer tant qu'il est chaud... - Je peux faire campagne avec vous. - Poignées de main et rencontres, il développe les arguments de son parti anti-immigration. - Nous devons baisser les impôts, parce que ça alourdit les factures d'énergie de tout le monde. - Des gens entrent par effraction dans le pays.
On leur donne des repas et des logements. Tout semble un peu injuste. Il faut régler ça.
N.Farage va faire du bien. La clef du 10 Downing Street. - Nigel, ce sera bientôt la tienne. - N.Farage, ou le retour fracassant du Brexit.
Le leader d'extrême droite caracole en tête des sondages, avec près de 30 % des intentions de vote, surfant sur la vague dégagiste qui règne sur l'Europe. - L'Occident évolue vers la droite. Nous avons connu le socialisme, les Etats forts.
Si vous regardez l'Allemagne, les régions ont été gagnées par l'AfD lors des dernières émections. - Le leader a déjà rencontré Trump. Le millionnaire américain fait figure de modèle. - Les Etats-Unis ont connu 4 années sous J.Biden, pendant lesquelles ils ont fermé des infrastructures de l'énergie.
Ils connaissent une inflation massive. Ils ont des problèmes à la frontière. On voit comment il gère la situation.
Tout le monde n'est pas toujours d'accord avec Trump, mais une chose est sûre, il fait passer son pays avant tout. - Reform UK voit plus loin que les municipales de juin prochain en misant sur des élections législatives anticipées, avec l'espoir de renverser le Parti travailliste au pouvoir. - C.Roux: Tout est dit clairement dans cette nouvelle stratégie de sécurité nationale américaine, y compris sur le fait de pousser, encourager et aider des partis patriotes? - P.Haroche: Dire que les pays européens ne sont pas démocratiques et qu'ils soutiennent l'Ukraine parce qu'ils ne sont pas démocratiques...
Ce qui est faux. C'est écrit dans la stratégie. J'ai comparé ce texte avec un discours de Poutine d'octobre, il dit exactement la même chose. "Il faut comparer ce que font les élites en Europe et leurs populations.
Ils ne sont pas d'accord." Ce n'est pas la première fois que les puissances extérieures utilisent les luttes partisanes à leur profit. Les Russes et les Américains soutiennent et mettent la même pression.
Ils vont dans le même sens. Il y a une pression maximale qui justifie les ingérences. "Notre objectif, c'est de faciliter un changement de trajectoire." - C.Roux: Sur la stratégie de Trump, il y a la volonté d'humilier les Européens? - C.Ockrent: Le plus possible.
Il nous méprise et ne comprend pas l'UE. Pour lui, il faut disloquer l'UE et revenir au bilatéral. - C.Roux: Un président de tribunal met en garde contre une éventuelle "ingérence américaine" dans le cadre du procès des assistants parlementaires du RN, dans lequel est mis en cause M.Le Pen, après des sanctions américaines qui ont mis la pression au moment du procès de M.Le Pen.
C'est une menace de sanctions sur des magistrats qui instruisent le dossier. - A.Bellanger: A force de vouloir aider les partis ultraconservateurs ou d'extrême droite en Europe à gagner le pouvoir, des parts de marché, ils vont finir par avoir la même partout.
Il faut faire très attention quand on déjeune avec le diable. Ces partis d'extrême droite, qui ont cherché l'amitié de V.Poutine dans les années 2010, ils ont eu une baffe en retour dans les années 2020 quand la Russie a envahi l'Ukraine.
Ils se précipitent tous pour avoir le blanc-seing de... - C.Roux: M.Le Pen a pris ses distances avec Trump. - A.Bellanger: Farage prend ses distances.
M.Le Pen commence à se méfier. On l'avait surprise, au début du 1er mandat de D.Trump, à faire le pied de grue au pied de sa tour. - C.Roux: Sur le Venezuela, elle a clairement marqué une distance sur la stratégie des Etats-Unis. - C.Ockrent: Un cas très intéressant, c'est la Hongrie.
V.Orban est considéré par D.Trump comme le génie européen, son meilleur ami, celui qui le conseille sur la manière de traiter Poutine.
Orban a des élections en avril, qui se présentent assez mal. Le paradoxe pourrait être que V.Orban perde les élections au moment où Trump et son administration font tout pour essayer de contrer les partis conservateurs ou de gauche traditionnelle pour essayer d'imposer les partis d'extrême droite.
L'ironie de l'histoire serait que V.Orban perde les élections en avril. - C.Roux: Question. - P.Haroche: Il y a une question de mimétisme.
Il y a l'idée que pour être une puissance respectable aujourd'hui, il faut étendre ses frontières. C'est le même raisonnement sur le Canada. Si Poutine le fait, pourquoi ce serait une contrainte? - C.Roux: Question. - A.Bellanger: En ce moment, il est en plein hubris.
Il vient d'heurter le Venezuela. - C.Roux: Il est galvanisé? - A.Bellanger: Oui.
On est en train de réagir à ce qu'il dit sur le Groenland. Il fait feu de tout bois. Il envoie ses hommes de main au sommet européen sur la Russie et l'Ukraine d'aujourd'hui avec E.Macron.
Ca montre que les Etats-Unis sont absolument partout. Ils sont en train d'essayer d'imposer une narration. - C.Roux: Question. - I.Lasserre: Oui.
Posée comme ça, il a sans doute raison. Il voit des menaces là où il n'y en a pas forcément. Quand il organise des rafles et met en prison dans son pays des citoyens d'Amérique du Sud qui ont des passeports et des titres de séjour totalement normaux, qui sont des citoyens américains, complètement intégrés, est-ce une menace étrangère, comme les Maga le prétendent?
Il veut contrer l'influence de la Chine. On peut défendre cette théorie vis-à-vis de l'Arctique, si ça n'impliquait pas l'annexion du Groenland. - C.Roux: Question. - P.Haroche: Ca peut être une mauvaise chose sur le rapport direct avec les Etats-Unis dans le Grand Nord.
Mais il y a le scénario que tout le monde a en tête: si les Etats-Unis sont en difficulté sur une volonté d'annexion, on a tous à jouer notre carte régionale. Les Etats-Unis, en jouant le mimétisme des Russes, ça ouvre cette logique: chacun dans sa région. "On veut l'Ukraine, vous voulez le Groenland, eux ils veulent Taïwan..." On maintient l'équilibre au détriment des petits.
C'est pour ça que les Européens doivent prendre ce problème au sérieux. Il n'y a pas un risque d'entente seulement. Une région où ça, c'est la mort, c'est l'Europe.
On est la région des pays qui entendent rester libres. Si on est dans un monde où on est une superpuissance agressive ou un petit pays dominé et soumis, nous n'existons plus. S'il y a bien un endroit où on doit dire non à cette logique, c'est en Europe. - C.Roux: Question. - A.Bellanger: Il l'achèterait quand même.
Il faut poser une narration. L'Europe n'avait pas besoin de montrer les muscles. Elle est une forme d'empire, sans dents, bienveillant. - C.Roux: Un empire sans dents? - C.Ockrent: On est un grand marché, le 1er pour les industries de la tech américaine, le 1er marché riche.
On a des leviers. On va voir la prochaine offensive de ces géants de la tech, admirablement servis par une administration qui veut tout déréglementer à condition que la famille Trump y trouve son profit. Il faut arrêter de nous poignarder nous-mêmes en nous lamentant sur nos faiblesses. - C.Roux: Question. - I.Lasserre: Elle est là.
On est dans l'heure de vérité. Le Groenland est un test. L'Ukraine en est un.
Demain, si l'Ukraine lâche et perd la guerre, que V.Poutine s'empare de l'Ukraine, il n'y a plus d'Europe. On n'aura pas été capables de défendre ce pays.
Réussira-t-on à s'armer et défendre notre allié à l'est? - C.Roux: Question. - A.Bellanger: Très bonne image.
Il faut montrer qu'on n'est pas au menu. - C.Roux: Question. - P.Haroche: Non.
Ca peut être Vance. - C.Roux: C'est la fin de cette émission.
On retrouve A.-E.Lemoine. - A.-E.Lemoine: Bonsoir.
De la neige encore demain, jusqu'à 7 cm attendus dans 38 départements. Des mesures pour éviter la pagaille d'hier et de ce matin, qui a fait 5 morts sur les routes. Le ministre des Transports a accusé Météo-France d'avoir sous-évalué l'épisode neigeux d'hier.
La réponse à suivre du prévisionniste météorologue L.Bodin. - C.Roux: Bonne émission.
A demain.
Emmanuel Macron