L'acte II du quinquennat a-t-il enfin débuté ? #cdanslair 19.07.2024
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:00OuverteRéponse directe
Pourquoi ça prend autant de temps pour les élections des vice-présidents?
- 3:00OuverteRéponse partielle
La gauche pourrait réussir à obtenir 2 vice-présidents LFI?
- 5:00OuverteRéponse directe
Ca sert à quoi, des vice-présidents et un questeur?
- 7:00OuverteRéponse directe
Sur cette question de l'accord entre LR et les macronistes, on sait si ça peut être la base d'un accord de coalition, de gouvernement?
- 9:00OuverteRéponse directe
Est-ce que ce sera au coeur de ce début d'acte 2 de quinquennat?
- 11:00OuverteRéponse directe
Et la gauche dans tout ça?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:00M.MourgueFait
« Il y a 10 bulletins de plus dans l'urne que le nombre de députés présents. »
- 3:00G.BornsteinFait
« En 2022, il y avait déjà eu un vote. Il y avait moins de députés LFI et pas de députés RN. »
- 7:00B.MorelFait
« Ils ont le droit à plus d'un vice-président. Leur total de points, si je reprends mes 35,5, leur permet d'avoir un questeur et 2 vice-présidences. »
- 9:00G.BornsteinFait
« 213 voix, la preuve est faite que ce n'est pas suffisant. Vous êtes vraiment à la merci de la moindre motion de censure, avec 213 voix. »
- 15:00G.BornsteinFait
« Il y a un mois pour choisir entre sa fonction de ministre et son mandat de député. »
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... - L.Sénéchal: Bonsoir et bienvenue.
On attend la fumée blanche dans l'Hémicycle sur l'attribution des postes-clés au lendemain de la réélection de Y.Braun-Pivet à la présidence de l'Assemblée. Ce sera une première cartographie des équilibres politiques qui se dessine.
Premier constat: avant même le vote, on peut déjà dire qu'il y a un retour de LR ou premier plan, qui brigue un pacte avec la Macronie 2 vice-présidents sur 6. Le groupe RN est plus important qu'en 2022 mais il devrait obtenir moins de postes-clés. La gauche échoue comme hier à s'imposer.
La perspective de Matignon s'éloigne. Faut-il voir dans l'accord LR-Macronie l'ébauche d'une coalition? On en parle dans ce "C dans l'air".
M.Mourgue, vous êtes rédactrice en chef du service politique du "Parisien-Aujourd'hui en France". On peut retrouver un grand dossier sur l'élection du président de l'Assemblée nationale.
G.Bornstein, vous êtes éditorialiste politique à France Télévisions. M.Lazar, vous êtes professeur émérite à Sciences Po, enseignant à Rome.
B.Morel, vous êtes constitutionnaliste, maître de conférences à l'université Panthéon-Assas. M.Mourgue, sur ce qui vient de se passer...
Un 1er tour de vote pour les élections de ces vice-présidents de l'Assemblée vient d'être annulé parce qu'il y avait des enveloppes en trop? - M.Mourgue: Jusqu'au bout, on aura de multiples rebondissements.
Puisque les groupes politiques n'ont pas réussi à se mettre d'accord ce matin, chaque poste-clé, les 12 postes de vice-présidents, 2 questeurs soumis au vote. Il y a 10 bulletins de plus dans l'urne que le nombre de députés présents. Il faut recommencer.
Ce scrutin interne doit clarifier les choses. Il faut attendre 4 ou 5h du matin pour avoir l'ensemble des votes. - M.Mourgue: Les présidents de groupe sont lassés. - L.Sénéchal: Pourquoi ça prend autant de temps? - G.Bornstein: En 2022, il y avait déjà eu un vote.
Il y avait moins de députés LFI et pas de députés RN. Ca se passait entre gens de bonne compagnie qui se répartissaient plus ou moins à la proportionnelle de l'Assemblée les postes. Pour les raisons politiques qu'on connaît, parce qu'un certain nombre de groupes ne veulent pas donner de poste honorifique au RN voire à LFI, c'est beaucoup plus compliqué.
Il n'y a pas d'accord. On se met à voter. Comme c'est un scrutin complexe et qu'il y a 21 postes à pourvoir, 12 secrétaires, 3 questeurs et 6 vice-présidents, chacun essaie de marchander et de tirer son épingle du jeu.
C'est compliqué. - L.Sénéchal: On doit mettre les 6 vice-présidents pour lesquels on vote?
Il y a 8 candidats? - M.Mourgue: Oui, sachant que certains ont déjà noué des alliances.
La Droite républicaine et la majorité essaient de faire un bulletin commun alors que le RN aura son propre bulletin. Ce n'est pas comme quand on va voter et qu'on a tous les mêmes bulletins. Ici, chacun peut introduire une différence en fonction de ses choix.
Ca complique la lecture du scrutin. - L.Sénéchal: Ca explique qu'il pourrait ne pas y avoir de vice-président RN ce soir alors qu'il y en avait 2 dans la législature sortante.
M.Lazar, la gauche pourrait réussir à obtenir 2 vice-présidents LFI? Il y avait C.Fiat, en sortant. - M.Lazar: Il faut s'attendre à tout.
Elle a besoin de se requinquer. Elle a subi une défaite importante hier. On a vu la colère de la gauche à l'issue de ce qui s'est passé. - L.Sénéchal: On en reparlera... - M.Lazar: Elle essaie de sauver quelques meubles.
Il serait bon qu'elle réussisse à placer quelques personnes. On va voir. Je suis prudent, vu ce que vous nous avez dit. - L.Sénéchal: La gauche est sortie en tête du 2d tour des législatives mais n'arrive pas à mettre la main sur l'Assemblée. - M.Lazar: Il me semble que ce n'est pas un bon argument, notamment ce qui a été dit par la gauche hier, le déni de démocratie.
C'est la 1re fois, la 2e fois après 1962 quand il y avait encore un rôle important pour le Parlement...
On est rentrés dans une nouvelle ère parlementaire. Dans les autres pays où il y a un autre système parlementaire, il est normal qu'il y ait des coalitions qui se mettent en place, une fois l'élection faite. Parfois, elles vont même contre l'avis des électeurs.
C'est difficile à comprendre pour les électeurs. Ce à quoi on a assisté, c'est le fait que manifestement, il y a eu un accord entre le bloc central et Les Républicains. On peut s'interroger sur ce type d'accord.
En même temps, c'est tout à fait logique, incontestablement. On peut revenir à la perception des électeurs. La gauche est mal placée pour donner des leçons à cet égard.
Depuis le 2d tour, elle n'arrive pas à prendre l'initiative de proposer un nom pour un poste de Premier ministre. C'est le jeu parlementaire. Parfois, il y a de grandes surprises.
Il y a beaucoup d'exemples en Italie. - L.Sénéchal: Mais l'Italie est plus habituée à ce type de fonctionnement.
B.Morel, ce qui se passe est normal, ces tractations en coulisses? On a l'impression d'espèces d'accords qui se font derrière des portes closes. - B.Morel: Ce serait normal sur des lois, sur la composition d'un gouvernement, des textes sur un budget.
Là, il faut revenir à ce qu'est un bureau. C'est un organe de l'Assemblée qui a pour but d'administrer l'Assemblée, de prendre éventuellement des sanctions. Souvenez-vous de T.Portes...
Il gère ce qui relève des finances. C'est tout ce qui relève de la vie interne de votre Assemblée. Si vous voulez une Assemblée contrôlable, calme, qui ne se change pas en réacteur nucléaire, vous devez associer tous les partis.
Théoriquement, il y a 35,5 points et vous répartissez les différents postes au sein de ce bureau, eu égard à votre place dans l'Assemblée. - L.Sénéchal: Au risque de se retrouver face... - B.Morel: Face à une contradiction avec le règlement.
Encore une fois, il faut comprendre l'objectif. Ce n'est pas de dire que ce ne serait pas bien qu'il y ait du RN. Il faut que ce soit gérable.
Hier, la présidente a été élue de façon compliquée. Une partie de l'Hémicycle conteste, à tort...
Il n'y a pas de recours possible. - L.Sénéchal: Cette histoire des 17 ministres députés qui ont participé au vote hier et qui ont fait pencher la balance pour Y.Braun-Pivet, vous dites qu'il n'y a aucun problème? - B.Morel: Il n'y a pas de recours possible vu que le seul recours possible serait d'aller devant le Conseil constitutionnel qui a dit en 88 qu'il n'avait pas à se prononcer sur l'élection.
L'élection ne sera pas remise en cause. 2e élément: il y a 2 points assez forts qui nous laissent entendre que c'est constitutionnel, même si c'est bizarre. Le premier élément, c'est la théorie des fonctionnaires de fait.
Les ministres ne sont pas ministres. Ils font office de ministres. Les règles de la compatibilité ne valent pas.
Il n'y a rien qui est prévu dans le code électoral pour ce cas, mais pour un cas très approchant dans le LO153 du code électoral. Si vous êtes ministre, vous avez un mois pour choisir entre votre mandat de député et votre fonction de ministre. Si vous démissionnez entre-temps, vous pouvez voter.
Là, ils n'ont pas été nommés juste avant l'élection, mais on est dans un cas similaire. Le Conseil constitutionnel pourrait théoriquement être saisi. - L.Sénéchal: La gauche, notamment S.Rousseau... - B.Morel: Le bureau pourrait saisir le Conseil constitutionnel pour demander s'il y a incompatibilité.
Quoi qu'il arrive, même si c'était le cas, ça ne remettrait pas en cause le scrutin d'hier. - L.Sénéchal: On y voit plus clair grâce à vous.
On a bien fait de vous inviter. On va revenir sur ces premiers votes, ce 1er vote qui a eu lieu hier et qui s'est joué de manière très serrée, après 3 tours pour élire la présidente de l'Assemblée nationale. - Madame Y.Braun-Pivet ayant obtenu le plus grand nombre de suffrages, je la proclame présidente de l'Assemblée nationale.
Je l'invite à prendre place au fauteuil présidentiel. - Y.Braun-Pivet savoure sa victoire.
Réélue hier avec 220 voix à l'issue d'un 3e tour très serré, elle n'a obtenu que 13 voix de plus que le candidat de gauche, A.Chassaigne, suivi de S.Chenu, du RN. - Y.Braun-Pivet: Nous devons nous entendre, coopérer, être capables de rechercher des compromis, de dialoguer, de nous écouter et d'avancer. - Une élection qu'elle doit en partie à l'abandon du candidat de La Droite républicaine, forte de ses 47 voix.
Les perdants de la gauche et du RN dénoncent des manoeuvres. - A.Chassaigne: Ce vote a été volé par une alliance contre-nature.
Ca nous donne encore plus de force. - S.Chenu: Nous assistons à un spectacle assez navrant.
Les Français ont exprimé une forte volonté de changement il y a quelques semaines à l'occasion des législatives. C'est un retour à la case départ. - Au lendemain de l'élection, certains pointent du doigt les 17 ministres démissionnaires qui ont pu prendre part au vote, comme G.Attal ou A.Bergé.
Levée de boucliers de la gauche qui envisage de saisir le Conseil constitutionnel. - S.Rousseau: On va regarder les recours juridiques possibles mais ça fait partie de ces tactiques qui ne sont pas dans l'esprit de la démocratie.
Le gouvernement est séparé du Parlement. Ca fait partie des fondamentaux de notre Constitution et de nos institutions. Parce qu'il a accepté la démission la veille, les ministres ont tous pu voter hier.
Ils étaient 17. On a perdu à 13 voix. - Malgré la défaite de l'Assemblée, la gauche veut encore croire à la bataille de Matignon mais pour le moment, toujours pas d'accord sur un nom de Premier ministre. - On a M.Bompard qui dit d'un côté qu'on a le temps... - B.Vallaud: Je souhaite qu'il soit le plus rapide possible.
Je sens de l'impatience. Si on peut le faire d'ici à la fin de cette semaine, le début de la semaine prochaine, ce serait très bien. - Après le perchoir, la bataille pour les postes-clés de l'Assemblée continue.
Les présidents de groupes n'ont pas réussi à s'accorder sur leur partage. Vice-présidents, secrétaires et questeurs sont soumis au vote. Le Rassemblement national, groupe le plus important, parviendra-t-il à obtenir des postes?
La stratégie du cordon sanitaire ne fait pas l'unanimité. - M.Fesneau: Dire qu'il y aurait des députés de seconde zone qui ne pourraient pas participer aux instances me paraît une erreur. - Le RN espère emporter la présidence d'une commission très convoitée. - Vous allez demander la présidence de la commission des finances? - J.-P.Tanguy: Absolument.
C'est la Constitution qui le dit. Il s'agit d'améliorer le contrôle du budget et du vote des impôts. - Les votes sont encore en cours.
Les résultats devraient être connus au plus tard dans la soirée. - L.Sénéchal: M.Mourgue, sur ce qui s'est passé hier soir.
Une élection d'une présidente de l'Assemblée nationale au 3e tour, c'est inédit. Tout s'est passé selon les règles? - M.Mourgue: Oui, tout est codifié dans le règlement intérieur de l'Assemblée nationale.
Le règlement intérieur est remis le 1er jour au député. C'est le 1er document qu'il a quand il arrive au Palais-Bourbon. C'est très codifié.
Il y a ces 2 premiers tours à la majorité absolue et ensuite, c'est la majorité relative puisqu'il faut déboucher sur un nom. Qu'il y ait des tractations politiques...
On est dans un Hémicycle. Les députés font de la politique. Ce n'est pas anormal.
La Droite républicaine de L.Wauquiez, avec 47 députés, ce n'était pas si mal par rapport à ce qu'on imaginait, mais ce n'est pas grand-chose dans un Hémicycle. La Droite républicaine s'est plutôt bien débrouillée en disant qu'elle allait essayer de négocier des postes avec G.Attal.
Ils obtiennent pas mal de choses. Il y a des critiques du RN et de la gauche, mais c'est le jeu politique. Cet après-midi, L.Wauquiez a appelé M.Le Pen pour proposer que La Droite républicaine puisse permettre l'élection d'un vice-président du RN.
M.Le Pen... - L.Sénéchal: Il lui a proposé quoi en échange? - M.Mourgue: Les voix, en disant Qu'ils ne voulaient pas des insoumis... - L.Sénéchal: L.Wauquiez préfère un vice-président ou une vice-présidente RN plutôt que des insoumis? - M.Mourgue: Il dit qu'il ne veut pas voir les insoumis représentés aux postes-clés à l'Assemblée nationale.
Il estime que les 126 députés du RN doivent avoir une représentation. Elle a fermé la porte. - L.Sénéchal: Elle a fermé la porte, potentiellement, à des vice-présidents RN. - B.Morel: Ils ont le droit à plus d'un vice-président.
Leur total de points, si je reprends mes 35,5, leur permet d'avoir un questeur et 2 vice-présidences. LR, avec l'accord avec les macronistes, serait largement surreprésenté. Ils peuvent avoir soit une questure, soit une vice-présidence et un secrétaire.
Entre ce que vous doit la proportionnelle et ce qu'on vous propose, il y a un jeu de hiatus, de pouvoir. Ca va être compliqué. On aura la réponse à 6h du matin. - L.Sénéchal: LR s'en sort très bien.
Ca veut dire que le camp Macron perd du terrain? - G.Bornstein: Quand on n'a pas la majorité absolue et qu'on a besoin de voix pour l'obtenir, il faut payer.
Ils ont dû payer cher. L.Wauquiez a très bien négocié. 47 députés...
Il y a 577 députés. Ca fait 8 % de députés. Il va se retrouver avec beaucoup de postes importants, avec 8 % de l'Hémicycle.
Il y a 10 jours, je n'aurais pas parié sur le fait que Y.Braun-Pivet redevienne présidente de l'Assemblée nationale. D'une certaine manière, la majorité a payé.
Elle a payé mais elle a eu ce qu'elle voulait. C'était aussi une façon pour le camp majoritaire de montrer que la gauche ne pouvait pas manier cette élection. Le président de la République a dit qu'il prendrait des décisions une fois que tout serait consolidé.
Première séance hier, 1er vote important. En dépit du fait qu'elle a la majorité relative, la gauche n'a pas été capable de faire élire un président. Ils peuvent dire que c'est des manoeuvres mais on fait ça tout le temps dans les régimes parlementaires.
Dans la VIe République de J.-L.Mélenchon, ce serait le quotidien.
Hier, c'était la vérité...
Elle a montré que la gauche n'était pas majoritaire. A mon avis, le président de la République et le camp macroniste ont réussi 2 choses. D'abord, montrer ça.
Plus personne ne peut réellement lui demander de nommer un Premier ministre de gauche. Ensuite, de faire élire Y.Braun-Pivet, ce qui n'était pas acquis. - L.Sénéchal: En Italie aussi, les petits partis comme LR ont un poids beaucoup plus important, ceux qui sont des partis pivots? - M.Lazar: C'était vrai dans la 1re République italienne, jusque dans les années 90, quand il y avait la démocratie chrétienne et le Parti communiste dans l'opposition, ainsi que des petits partis en coalition avec la démocratie chrétienne qui faisait régulièrement tomber les gouvernements.
C'est un système parlementaire. Je voudrais revenir sur l'échange qu'on vient d'avoir. Les députés RN, c'est 22 % dans l'ensemble des parlementaires.
Avec l'alliance d'E.Ciotti, c'est quasiment 25 %. C'est un chiffre très important.
Au regard des jeux parlementaires, c'est tout à fait acceptable. Au regard des électeurs, c'est autre chose. L'analyse de vote, c'est quoi?
Tout le monde dit 11 millions pour le RN au 1er tour. Evidemment, mais il y a aussi tous les votes pour la gauche, la coalition de gauche. Ce sont 2 électorats qui ont voté pour différentes raisons, dont la sanction contre le président Macron. - L.Sénéchal: Et ils se retrouvent avec la même présidente de l'Assemblée nationale, comme si rien n'avait changé. - M.Lazar: La critique du RN et de la gauche me semble avoir un fondement.
C'est sans doute l'élection la plus suivie médiatiquement. Il n'y avait pas de majorité. Vous, les médias, vous avez couvert ça quotidiennement.
Certaines chaînes, comme franceinfo et d'autres, ont suivi ça quasiment en continu. On dit qu'on ne s'intéresse plus au Parlement, que les gens ne suivent plus. Le Parlement a fait beaucoup d'efforts.
On filme les débats. En général, c'est peu suivi. Mais là, il y avait une sorte de suspense.
Je me mets à la place des électeurs qui ont voté à l'appel du président Macron, qui a dissous l'Assemblée nationale. Ils ont voté pour la sanction. Je vais même très loin, comme historien.
Je pense que le président de la République est le président le plus détesté de toute l'histoire de la Ve République. Il faut en prendre la mesure. Ensuite, on peut aussi expliquer ce qui s'est passé dans l'Hémicycle.
On peut avoir les plus éminents experts qui vont nous expliquer ça, mais il y a un problème de perception par l'électorat. Je n'ai rien contre la nouvelle présidente de l'Assemblée nationale. On dit qu'elle est extraordinairement compétente.
Peut-être qu'il aurait été bienvenu de choisir une autre personnalité, y compris pour essayer de donner un message à l'électorat. Je pense que c'est grave parce que toutes les enquêtes que nous avons, notamment celles qui sont faites par Cevipof, à Sciences Po, enregistrent un niveau de défiance considérable à l'égard de la politique. Or, à l'occasion de ces élections, les électeurs se sont mobilisés et ont voté.
Faire un geste pareil, c'est un très mauvais signal, me semble-t-il. - M.Mourgue: Y.Braun-Pivet, une fois l'élection faite, hier, est montée au perchoir.
Elle a improvisé un discours. Elle dit qu'il faut entendre le message des électeurs et qu'il faudra trouver de nouvelles méthodes pour de nouvelles solutions. Elle comprend bien qu'il y a une sorte de petit flottement dans l'Hémicycle, que la gauche est assez sidérée en disant qu'elle aussi perdu ça puisqu'elle n'a pas réussi à avoir de Premier ministre.
Il va falloir inventer des nouvelles solutions. Pour les autres postes-clés, on a l'impression que rien ne change. - L.Sénéchal: Question. - M.Mourgue: Les vice-présidences, la questure et la présidence... - L.Sénéchal: Faisons un peu de vocabulaire.
Ca sert à quoi, des vice-présidents et un questeur? - B.Morel: Le questeur tient les cordons de la bourse.
Ce n'est pas tout à fait rien, y compris à l'Assemblée nationale. Il gère les aspects très administratifs, les administrations...
Un tas d'instruments font de ce poste un poste d'influence. Les vice-présidents suppléent à la présidente de l'Assemblée nationale dans la présidence des séances. S.Chenu et C.Fiat étaient vice-présidents et incarnaient le RN et LFI à ces postes.
Vous avez l'autorité, la légitimité. Si vous voulez parasiter ou faciliter le débat, c'est un poste stratégique. - L.Sénéchal: Ca a permis au RN de poursuivre son entreprise de dédiabolisation. - G.Bornstein: Il y a quand même une question...
Pardon. - B.Morel: Pour finir sur votre question...
Sur la présidence de la commission des finances, c'est un poste stratégique pour au moins 2 raisons. Ca paraît technique, mais c'est là que vous appliquez l'article 40 de la Constitution sur les irrecevabilités financières. Si vous considérez que ça va coûter de l'argent sur des propositions de lois ou des amendements, ça vous donne un droit de veto.
Cette chose a un caractère très stratégique. Ca vous donne un pouvoir d'enquête important. Souvenez-vous de la réforme des retraites.
E.Coquerel a obtenu l'avis du Conseil d'Etat, à Bercy, qui était assez embarrassant pour le gouvernement. Ce poste de président de la commission des finances, ce n'est pas tout à fait le même jeu selon qu'il va au RN, à LFI ou à LR. - L.Sénéchal: Le RN a dit que c'était inscrit dans la Constitution, que la commission revenait de droit aux oppositions. - B.Morel: C'est dans le règlement de l'Assemblée.
Il faut comprendre la nuance. LR s'est inscrit comme groupe d'opposition. - L.Sénéchal: Qui est dans la majorité? - B.Morel: Si on en croit l'article 19 du règlement de l'Assemblée, c'est le groupe qui ne s'est pas déclaré dans l'opposition et qui est le plus nombreux.
C'est Ensemble pour la République. Vous avez les députés de l'opposition qui restent dans la salle au moment de voter. Et les députés de la majorité quittent la salle.
Le jeu demain sera de savoir qui reste dans la salle et qui vote pour qui. Si l'ancienne majorité macroniste considère qu'elle n'est pas la nouvelle majorité, si elle vote pour un président LR... - L.Sénéchal: Ce serait possible que tout le monde reste dans la salle? - B.Morel: Rien ne l'oblige.
C'est une pure convention. - L.Sénéchal: On ne se retrouverait qu'avec des oppositions. - G.Bornstein: La majorité sort ostensiblement pour montrer qu'elle respecte ce droit à l'opposition, de décider qui elle veut pour présider... - L.Sénéchal: N.Sarkozy l'avait mis en place. - G.Bornstein: On dit qu'au terme de l'accord, entre Les Républicains et la majorité, la présidence de la commission des finances irait aux Républicains.
On va voter dans la commission des finances qui est à la proportionnelle de l'Assemblée. Avec leur faible contingent de voix, V.Louwagie, candidate Les Républicains...
Pour être élue, il faut que la majorité participe au vote. Ce qui se dit à l'Assemblée, c'est que si la majorité, peut donner la commission à un membre de l'opposition...
Ca ne se fait trop pas, comme disent les enfants. - B.Morel: La dernière fois, il s'agissait potentiellement de faire élire C.de Courson.
Les députés de la majorité y avaient renoncé. La Nupes d'un côté, le RN de l'autre. Ils ont fait élire E.Coquerel. - L.Sénéchal: Question. - B.Morel: Non.
Il n'y a pas de juge compétent. Le juge qui pourrait être compétent, c'est le Conseil constitutionnel. Depuis 88, il a dit qu'il ne s'occupait pas des affaires internes de l'Assemblée, notamment de l'élection à la présidence. - M.Mourgue: Sinon, le bureau de l'Assemblée nationale peut trancher sur cette question.
C'est l'élection de cet après-midi et de cette nuit. A priori, le bureau ne va pas non plus torpiller l'Assemblée dans laquelle il est lui-même élu. C'est un peu compliqué. - L.Sénéchal: Sur cette question de l'accord entre LR et les macronistes, on sait si ça peut être la base d'un accord de coalition, de gouvernement? - M.Mourgue: Le groupe de L.Wauquiez a commencé par dire qu'on n'était pas dans une coalition avec E.Macron.
A l'Assemblée, ils ont essayé de construire une sorte de coalition...
Chacun sort gagnant pour les postes. Pour E.Macron, ça préfigure de quelque chose qui pourrait ensuite donner lieu à un Premier ministre, même si L.Wauquiez dit bien qu'il n'en veut pas. - G.Bornstein: Pour L.Wauquiez, qui était parti sur une base d'indépendance, on sent qu'il... - L.Sénéchal: Il a changé son discours. - G.Bornstein: Sous la pression de ses députés qui voulaient aller gouverner avec la majorité en se disant que c'était le moment...
J'ai appris que L.Wauquiez et B.Retailleau faisaient une conférence de presse lundi matin pour expliquer...
Le résultat du scrutin d'hier montre aussi que la majorité, enfin, l'ancienne majorité, Renaissance et la droite, ça ne suffit pas. Ca fait 213 élus. Si on ajoute les 21 de Liot, mais je ne sais pas si ça a du sens. - G.Bornstein: C'est compliqué, une fois de dire qu'avec 200 députés, on ne peut pas gouverner.
Ce rapprochement, qui a l'air assez effectif avec Les Républicains, était nécessaire. 213 voix, la preuve est faite que ce n'est pas suffisant. Vous êtes vraiment à la merci de la moindre motion de censure, avec 213 voix. - L.Sénéchal: Mais c'est plus que le Nouveau Front populaire. - G.Bornstein: C'est une majorité un petit peu moins relative. - M.Mourgue: Si vous associez la gauche et le RN contre ce qui pourrait naître aujourd'hui, ils ont une majorité pour bloquer des textes et un gouvernement. - B.Morel: Il faut aussi inviter des profs de maths!
Le chiffre 289 est nécessaire au moins d'un point de vue négatif. Il ne faut pas forcément 289 députés qui vous aiment bien. Il faut qu'il y en ait au moins 289 qui ne vous renversent pas.
Imaginez que le Nouveau Front populaire se dise qu'il a perdu et qu'il ne déposera pas de motion de censure parce qu'il reconnaît sa défaite. Ce faisant, ils ne voteront pas de motion de censure. Dans la minute, vous aurez une motion de censure du Nouveau Front populaire qui retrouvera son immunité. - M.Lazar: C'est compliqué pour la raison qu'on vient d'indiquer mais aussi parce que ce groupe, ce bloc central, plus LR, sont tous très divisés, notamment ce qu'il reste de sensibilité de gauche au sein d'Ensemble pour la France. - M.Lazar: Il y aura un certain nombre de problèmes, sans parler de la répartition des postes.
Au sein des Républicains, il y a des tensions sur cette possibilité. Quelques-uns d'entre eux souhaiteraient entrer dans le gouvernement et d'autres préféreraient rester dans un soutien sans participation. Je crois que tout ça est surdéterminé par l'élection présidentielle.
Tous sont en train de penser à l'étape suivante. "Est-ce que je rentre, est-ce que je soutiens ce gouvernement? Est-ce que c'est autant d'avantages que de handicaps pour ma candidature à la présidentielle?" C'est ce que se demande L.Wauquiez.
Même chose pour G.Darmanin, E.Philippe, G.Attal...
Il faut une équation compliquée pour former un gouvernement. Le président Macron a dit que ça risquait de prendre beaucoup de temps. Il y a tout ça à résoudre.
Sans parler de l'épée de Damoclès qui risque de s'abattre sur la constitution de ce gouvernement. - L.Sénéchal: A.Chassaigne a parlé d'une alliance contre-nature, avec cette alliance Renaissance-LR.
C'est vraiment contre-nature, cette alliance? - M.Mourgue: Non.
On la sentait venir depuis pas mal de temps. Depuis plusieurs années, N.Sarkozy, J.-F.Copé poussaient pour cette alliance, en disant qu'une droite de gouvernement devait être au gouvernement.
Pas mal de ministres viennent des LR. Certains résistaient encore, mais on sent qu'il y a une poussée de la base, des électeurs, qui disent qu'ils ne veulent pas de la gauche et de LFI et donc ils disent de travailler ensemble, de faire quelque chose. - L.Sénéchal: En plus des 213, on peut ajouter quelques élus de droite non alignés, comme A.Pradié. - M.Mourgue: Il y en a 8. - G.Bornstein: R.Glucksmann a fini par approuver le programme du Nouveau Front populaire.
Je ne vois pas en quoi ce à quoi on a assisté est davantage contre-nature qu'un contrat signé qui va de R.Glucksmann à J.-L.Mélenchon.
En politique, on négocie. On n'est pas toujours d'accord sur tout et on doit trouver des alliés. La Macronie a beaucoup penché à droite.
Ils sont arrivés à faire passer des textes en majorité relative... - L.Sénéchal: Dont la loi immigration - G.Bornstein: L'immense majorité des textes qu'ils ont fait passer sont passés davantage avec Les Républicains qu'avec la gauche.
La loi énergie renouvelable est passée avec l'opposition des Républicains et l'approbation de la gauche. Mais pour la grande majorité des lois, c'était avec les Républicains. Ce n'est pas contre-nature et ça préfigure de ce que le président de la République a dit vouloir faire. - B.Morel: Ca dit quelque chose de la stabilité d'une prochaine coalition.
Il y a 3 critères en sciences politiques. Il y a le nombre de groupes. Là, il y en a 11.
Il faudrait des gens qui ne votent pas les motions de censure. Elle ira des écolos à LR. Bon courage.
Ensuite, il faut que vos groupes soient homogènes et disciplinés. Même si ce n'est pas contre-nature, il y a une différence fondamentale entre ce qu'on pense à la gauche de Renaissance et à la droite de LR. Entre F.Hollande et C.Guetté, il y a aussi un delta.
Les coalitions sont forcément fragiles. - L.Sénéchal: Ces coalitions ne peuvent pas être mouvantes? - B.Morel: A quel moment vous avez un gouvernement soutenu par Renaissance et LFI?
La seule possibilité serait que ce soit LFI ou le RN qui disent qu'ils veulent bien laisser vivre le gouvernement. Quand vous avez J.-L.Mélenchon et M.Le Pen qui ont un gros bouton sur la table qui dit "faire chuter le gouvernement", c'est sujet à caution.
Il ne faut pas oublier que le Nouveau Front populaire, si vous avez des candidats LFI contre des candidats PS, beaucoup risquent de sauter. Ca risque de poser des problèmes pour soutenir un gouvernement. - L.Sénéchal: Si il n'y a pas d'allia des villes pourraient être gagnées par LFI en 2026. - M.Lazar: La difficulté d'un éventuel gouvernement de ce type avec un bloc central avec la droite, c'est la question de savoir quel est le groupe dominant.
Prenons le cas italien. Aujourd'hui, G.Meloni domine la coalition sans problème par rapport à 2 partis alliés.
Là, il y a une fragmentation des partis politiques, mais il n'y a pas en tant que tel un parti...
Peut-être Ensemble, légèrement en avance. Il y a un problème numérique et un problème de leadership. C'est là qu'on retrouve la question de l'élection présidentielle.
Une rivalité se dessine. Il ne reste plus que quelques années à E.Macron.
A l'occasion de ces élections, surtout à partir du moment où la dissolution a été décidée par le président de la République, on voit qu'un certain nombre de proches de Macron ont pris rapidement leur autonomie. Ca n'ira que de manière croissante. Ca va rendre encore plus instable l'éventuelle possibilité d'avoir un gouvernement de ce type. - M.Mourgue: On a senti les tensions entre G.Attal et G.Darmanin, ces dernières 48 heures.
G.Darmanin a même regardé du côté du MoDem si ce n'était pas possible...
On a vu les camps des 2 ministres faire alliés pour essayer d'avoir leur candidat. On sent que c'est compliqué pour construire une majorité. - G.Bornstein: Si tout ça est fait pour que finalement, il y ait une présidente de l'Assemblée nationale qui est la même qu'avant, si c'est pour que ce soit un Premier ministre venant de la majorité, le message vis-à-vis des électeurs est compliqué.
Les alternatives sont compliquées. Si c'est une coalition qui donne Matignon aux Républicains, ça commence à faire beaucoup. Ca ne va pas encourager les socialistes à venir dans la coalition.
Donner Matignon à un socialiste, comme B.Cazeneuve, je ne suis pas certain que L.Wauquiez va s'y retrouver.
Il y a un certain nombre de questions à régler dans cette coalition. - L.Sénéchal: Vous avez évoqué le nom de G.Darmanin.
Il a un rôle à jouer en ce moment. Il y a ce rapprochement entre la Macronie et son ancienne famille des Républicains. C'est toujours le ministre de l'Intérieur, même s'il est démissionnaire.
Il veut redevenir député alors qu'il est dans un contexte sécuritaire tendu. Il y a eu l'attaque d'un policier aux Champs-Elysées, hier. Un policier a été blessé et l'assaillant a été tué.
Les JO vont commencer. G.Darmanin se retrouve central dans cette période. - Monsieur Darmanin. - A voté comme nouveau député.
G.Darmanin de retour à l'Assemblée, à la fois comme élu mais aussi comme ministre démissionnaire. Le locataire de la place Beauvau est sur tous les fronts cet été.
G.Darmanin a la pression. Il gère les affaires courantes du ministère de l'Intérieur pendant les JO.
Il veut rassurer. - G.Darmanin: Nous n'avons aucune menace à ce jour caractérisée sur les JO ou sur la cérémonie d'ouverture.
Nous faisons extrêmement attention. Ce matin, en Alsace, nous avons interpellé quelqu'un d'ultra droite qui "fomentait une action violente contre les JO." - Mais depuis, les faits divers s'enchaînent. 2 attaques au couteau à Paris cette semaine.
Autre dossier chaud: les manifestations contre les mégabassines ce week-end. G.Darmanin veut montrer qu'il n'est pas fatigué. - G.Darmanin: Le jour où je ne serai plus ministre de l'Intérieur, je prendrai le temps pour dormir et pouvoir penser à la suite, de ma propre vie...
Je suis à mon poste. Je ne suis jamais derrière les policiers et les gendarmes mais devant eux. - Hier encore, déplacement à Nice après un incendie qui a fait 7 morts.
Aux côtés de G.Attal, son rival. Les 2 se rêvent en leader de leur camp.
G.Darmanin multiplie les piques au Premier ministre, comme ici, en une du "Figaro". ...
L'amertume de celui qui se voyait chef de file des députés de la majorité. Finalement, il ne s'est même pas présenté au poste. C'est G.Attal qui rafle la place.
Attal-Darmanin, 2 hommes politiques ambitieux...
L'un était aux côtés de N.Sarkozy, l'autre au cabinet de la socialiste M.Touraine.
Mais ils ont un même objectif: rassembler la droite et la gauche. - Vous venez de la gauche et vous êtes apprécié de la droite. - G.Attal: Je veux bâtir des solutions pour les Français avec les autres forces politiques depuis le Parlement.
Ce sera difficile. On n'a pas l'habitude. Je proposerai avec les députés Ensemble pour la République des rencontres avec d'autres groupes politiques pour avancer vers ce pacte d'action. - G.Darmanin pactise avec Les Républicains.
Même s'il n'est pas leur chef de groupe, il envoie un texto à tous les députés de son camp. ...
Le député de Tourcoing tente depuis des mois de se construire une stature aux ambitions présidentielles. Vise-t-il 2027? Il ne l'exclut pas. - G.Darmanin: Il faut que nous nous posions quelques instants, que nous comprenions pourquoi nous avons perdu, que nous parlions de la ligne politique.
Qu'est-ce qu'on va faire pour le payer? Ensuite, les ambitions s'exprimeront individuellement. Il n'y a pas de place pour l'ambition individuelle. - Dernier Conseil des ministres cette semaine.
G.Darmanin tombe sa cravate, comme un symbole d'émancipation d'E.Macron pour retrouver un jour les escaliers de l'Elysée. - L.Sénéchal: B.Morel, il est démissionnaire, G.Darmanin.
Est-ce que ça change quelque chose quant aux fonctions qu'il occupe? - B.Morel: Ca change car il n'a plus de cravate... - G.Bornstein: C'est mal de se moquer. - B.Morel: Ensuite, un gouvernement démissionnaire est un gouvernement qui expédie les affaires courantes.
Vous ne menez pas de politiques...
Vous appliquez des politiques déjà été décidées. Vous ne pouvez pas faire un Smic à 1600 euros, une réforme de l'assurance-chômage, par exemple, par voie de décret. Vous êtes tenu à prendre des mesures s'il y a urgence.
Admettons que les JO donnent lieu à quelques troubles. Vous pouvez avoir des mesures qui permettent de maintenir l'ordre public. C'est arrivé en 1981.
Vous pouvez convoquer un Conseil des ministres. Vous pouvez potentiellement déclencher un état d'urgence. Malgré tout, même si G.Darmanin n'a pas de cravate, il peut être un ministre de l'Intérieur effectif.
Le ministère de l'Intérieur, c'est l'ordre...
Il n'y a pas de vide du pouvoir au ministère de l'Intérieur dans cette période compliquée. - L.Sénéchal: C'est aussi une carte qu'il a à jouer si ça se passe bien pendant les JO.
Il pourra en récolter les lauriers. - M.Mourgue: Et avoir un bilan comme il avait eu à Bercy quand il avait fait la réforme du prélèvement à la source.
Depuis longtemps, il a annoncé qu'il partirait après les JO. Il ne savait pas qu'il y aurait une dissolution. C'est un gros événement.
Si ça réussit, ce sera mis à son crédit. Une de ses inquiétudes, c'est qu'il y ait un attentat. S'il y a un attentat, il y a aussi le calendrier.
Est-ce que ça arrive à quelques jours de la cérémonie ou en plein pendant les JO? La question, après, ce serait: qui prend la responsabilité de stopper les JO en cas de gros attentat, comme on l'a connu en France? Il y a toutes ces étapes à réussir.
G.Darmanin est ambitieux. Il a l'Elysée en ligne de mire.
Il va construire tout son parcours avec un bilan et une proximité des Français. - L.Sénéchal: Il y a la question du programme.
Question. Est-ce que ce sera au coeur de ce début d'acte 2 de quinquennat? - G.Bornstein: Rigueur budgétaire, je ne suis pas certain.
Jusqu'à présent, le président de la République n'a pas montré une immense appétence pour l'équilibre des finances publiques. Quand on veut gouverner en coalition, il faut donner à tout le monde. Quand on donne à tout le monde, ça se traduit souvent par des dépenses.
Si on veut attirer la droite, il faut des dépenses de sécurité. Si on veut attirer la gauche, il faut plus de social. - L.Sénéchal: C'est sur la question de la sécurité que pourraient s'entendre la Macronie et LR? - B.Morel: Encore faut-il une majorité pour faire tenir.
On se dirige vers un gouvernement technique avec un objectif: faire passer un budget. Il faut faire des économies. L'Europe nous demande 25 ou 30 milliards...
On n'a aucune majorité pour le voter. Il faut espérer que suffisamment de groupes ne mettent pas une motion de censure. - M.Mourgue: C'est la carte que brandit L.Wauquiez en disant qu'ils ont la majorité sénatoriale.
C'est pour ça qu'il fait une conférence de presse avec B.Retailleau, le patron des sénateurs LR. C'est pour dire à E.Macron: "Si vous travaillez avec nous sur ce texte, on peut vous le faire passer dans la 2e chambre." - G.Bornstein: Il y a très peu de RN au Sénat...
Ca aide. - L.Sénéchal: Majorité absolue. - M.Lazar: Il peut y avoir un accord entre le groupe central, de plus en plus fragmenté, et Les Républicains.
Sur la question de la rigueur, il y a une pression de la Commission européenne. - L.Sénéchal: Une procédure est en cours. - M.Lazar: On est l'un des pays visés.
Il faut en tenir compte. Quand on regarde les motivations principales des électeurs, c'est le pouvoir d'achat. Il y a une marge de manoeuvre extraordinairement limitée et compliquée pour un gouvernement de ce type.
Pour les raisons qu'on a évoquées tout à l'heure, les premiers messages envoyés, c'est: "On reprend les mêmes, circulez." Il y a les JO. Il y a l'été.
On pourrait avoir une rentrée très chaude. Les organisations syndicales, notamment la CGT se sont très impliquées, jusqu'à manifester devant l'Assemblée nationale pour faire pression sur les parlementaires...
Qu'est-ce qu'on aurait dit si le RN avait organisé une manifestation devant l'Assemblée nationale? Il y a une équation très difficile, quel que soit le gouvernement qui va se mettre en place à un moment donné. La solution d'un gouvernement technique... - L.Sénéchal: En Italie, on connaît ça bien. - M.Lazar: C'est une politique de large entente...
Les autres gouvernements techniques, le gouvernement M.Monti, uniquement composé de techniciens, le gouvernement de M.Draghi, mélange de techniciens et de politiques, font le sale boulot.
Les partis politiques regardent ça...
On vote quand même, mais "ce n'est pas nous". - L.Sénéchal: Ca a remis le pays sur de meilleurs rails budgétaires. - G.Bornstein: La responsable de la réforme du système des retraites...
Elle s'est mise à pleurer tellement elle savait ce qu'elle était en train de faire subir aux Italiens. Ca a été très intense. Mais en 2013, c'est le Mouvement 5 étoiles qui est devenu la première force politique.
Il y a un risque...
Le contexte politique qu'on a déjà évoqué en France, où il y a le RN et LFI de l'autre côté. G.Meloni est arrivée en tête après le gouvernement M.Draghi.
Elle est passée de 4 % à 26 % en 4 ans. - B.Morel: C'est le piège.
A la fin, c'est le RN qui gagne. Soit vous avez une coalition des centres. Ca va des communistes aux LR.
Ils disent: "On va faire passer le budget." C'est très culpabilisant... "Nous sommes pour la stabilité." Le RN va dire: "Vous nous avez volé la victoire pour un budget de rigueur, du Parti communiste à LR, avec des hauts fonctionnaires." Evidemment, c'est désastreux.
Le RN, si cette coalition ne se fait pas, peut jouer un autre jeu. "Regardez. Si nous ne nous étions pas abstenus sur la motion de censure, il n'y aurait pas de budget.
Le pays serait dans une panade absolue." - L.Sénéchal: Qu'est-ce qui se passe s'il n'y a pas de budget? - B.Morel: La stratégie de la cravate puissance 10.
Les électeurs centristes pourront se dire qu'il y a une forme de responsabilité. Le RN a 2 options stratégiques. Sans vouloir paniquer les téléspectateurs, il faut un budget. - L.Sénéchal: A quelle échéance? - B.Morel: Il faut voter le budget avant le 31 janvier.
Si vous n'avez pas voté, on peut utiliser les ordonnances de l'article 47 de la Constitution qui permet d'appliquer de manière transitoire le budget en question. S'il est rejeté, c'est plus compliqué. Il faut demander mois par mois au Parlement des projets de lois pour payer les fonctionnaires, prélever les impôts. - L.Sénéchal: On se retrouverait à ce qui se passe parfois aux Etats-Unis. - B.Morel: Le "shutdown", c'est si vous n'arrivez pas à faire voter les projets de lois.
On va parier que les partis politiques sont responsables et que ça puisse marcher. La dernière possibilité, mais on n'en arrivera pas là, c'est que le président déclenche l'article 7 pour appliquer le budget via les pleins pouvoirs. Il faut être rassurant.
Il y a quand même des solutions pour qu'il n'y ait pas de shutdown pour prélever les impôts, payer les fonctionnaires et avoir une continuité de l'Etat. - M.Mourgue: C'est une sorte de date butoir pour E.Macron...
L'examen du budget à l'automne, l'exécutif l'a bien en tête en se disant qu'il faut trouver un Premier ministre avant. Il y a plusieurs balises dans ce calendrier. Il y a les JO.
On comprend qu'on va sûrement enjamber les JO avant de trouver le futur Premier ministre. Comme il y a le budget, il va falloir le nommer à la rentrée au plus tard. - L.Sénéchal: Et la gauche dans tout ça?
Ce sont ceux qui devaient, à la fin de la semaine dernière, désigner un nom commun. Il y a 2 noms qui sont sortis: H.Bello et L.Tubiana.
Question. C'est un avis que vous partagez? - G.Bornstein: Oui...
Je ne sais pas si on aura un Premier ministre de droite, mais la perspective d'avoir un Premier ministre de gauche s'éloigne. La gauche a montré hier à l'Assemblée qu'elle n'était pas capable de manoeuvrer cette Assemblée...
Elle n'a pas réussi à faire élire l'un des siens. C'est un peu ce sur quoi misait E.Macron.
Il peut dire aujourd'hui que la gauche n'arrivera pas à gouverner avec cette Assemblée. S'ajoute à ça la question qu'on se pose: est-ce que LFI veut vraiment gouverner? J'ai le sentiment que non.
Ils font du calcul. Ils veulent renverser la table. Ils veulent tout le pouvoir car le système ne leur convient pas.
Ils veulent changer le système et il faut tout le pouvoir. Ils ont le sentiment que s'ils n'appliquaient qu'une partie du pouvoir, les électeurs leur en tiendraient rigueur et qu'ils perdraient dans les urnes. Le président de la République ne veut pas nommer un Premier ministre de gauche et une partie de la coalition, comme les insoumis, n'ont pas tellement envie d'y aller. - M.Lazar: Ca laissera des traces, si c'est cela, si la gauche n'a pas réussi à avoir un Premier ministre.
Pour LFI, je partage votre raisonnement. Ca laissera des traces au sein du PS. Le PS a signé un accord électoral et a accepté de faire un programme parce qu'il était persuadé qu'il ne gagnerait pas.
LFI a beau jeu de dire au PS: "Vous avez signé un programme. Pourquoi vous ne voulez pas l'appliquer?" Toutes les tensions qui existaient déjà au PS...
Ces 2 groupes, le PS, ceux qui veulent une alliance avec les insoumis, et ceux qui la refusent...
Il faudra bien s'interroger sur les raisons au sein de la gauche qui ont abouti à cette situation. On peut toujours accuser les manoeuvres, les manipulations, le vol de la démocratie...
C'est l'énervement après ce qui s'est passé hier, mais il y aura un examen de fond. Qu'est-ce que veut exactement la gauche? Il faut rappeler une chose: du point de vue électoral, c'est l'un de ses plus mauvais scores dans l'histoire de la Ve. "On a le nombre de députés qu'on a eu, mais où on en est dans ce pays?
Quel type de leadership à l'avenir, toujours dans la perspective de la présidentielle?" - L.Sénéchal: Il y a un pays où la gauche est au pouvoir, le Royaume-Uni.
Le centre gauche est arrivé au pouvoir aux dernières élections. C'est là que se trouve E.Macron, qui a pris un peu de recul avec la situation politique en France.
Il est à Londres. - Le cadre est bucolique, presque romanesque. Pour le sommet de la communauté politique européenne, E.Macron et le nouveau Premier ministre britannique, K.Starmer, ont tenu à donner l'image d'un couple franco-britannique qui va mieux. - K.Starmer: Le Royaume-Uni est de retour sur la scène internationale.
Je suis très heureux que la plupart des dirigeants, si ce n'est tous, repartent d'ici avec un sentiment de confiance renouvelé avec le Royaume-Uni. Je pense qu'ils sont impatients d'approfondir les relations bilatérales que nous entretenons avec eux. - Changement de ton notable également du côté français. - E.Macron: Je crois beaucoup dans l'Entente cordiale et en la relation très spéciale que nous avons.
Je suis d'accord avec vous. On a fait de notre mieux ces dernières années pour préserver nos relations. Je veux saluer aussi le travail de vos prédécesseurs. - Entre eux, le contraste est saisissant.
E.Macron vient de perdre sa majorité et doit composer avec un Parlement où les oppositions sont renforcées. Pour le travailliste K.Starmer, c'est un raz-de-marée électoral: 412 sièges.
Avec lui, la gauche revient au pouvoir après 14 ans dans l'opposition. Image qui semble improbable en France: 2 adversaires politiques, l'ancien et le nouveau Premier ministre capables de se parler et même de plaisanter. - R.Sunak: Permettez-moi de féliciter le nouveau Premier ministre.
Il mérite les meilleurs voeux de tous les membres de ce Parlement. En politique, nous pouvons nous disputer rigoureusement, comme nous l'avons fait au cours des 6 dernières semaines, tout en se respectant. - Des amabilités.
Mais au-delà des postures, la rupture est immédiate et très nette avec son prédécesseur, notamment sur l'un des projets controversés du conservateur, l'expulsion des migrants au Rwanda. Le Premier ministre dit vouloir s'attaquer à la question migratoire autrement. - K.Starmer: Le plan pour le Rwanda était mort et enterré avant même de commencer.
Il n'a jamais été dissuasif. Regardez le nombre de personnes qui sont venues au cours des 6 premiers mois de cette année. Ce sont des chiffres record.
Je ne suis pas prêt à continuer avec des mesures gadgets qui n'ont pas d'effet dissuasif. - Avec lui, le Royaume-Uni bascule en centre-gauche. Priorité du nouveau Premier ministre: rétablir les comptes de l'Etat tout en investissant dans les services publics, santé et écoles notamment. - K.Starmer: La première étape est de mettre en place un plan pour que 40 000 rendez-vous supplémentaires soient disponibles chaque semaine pour réduire les listes d'attente.
Ca représente 2 millions de rendez-vous de plus par an. Nous voulons recruter des enseignants pour que tous les enfants aient les opportunités dont ils ont besoin. - K.Starmer ou la politique de la rupture jusque dans la composition de son gouvernement.
Sa numéro 2, Angela Rayner, a quitté l'école à 16 ans et a commencé comme assistante sociale. D.Layani, aux Affaires étrangères, a été élevé par une mère célibataire dans un quartier populaire de Londres.
Un cabinet composé à 88 % de députés passés par des écoles publiques. C'était 2 fois moins sous R.Sunak. - K.Starmer: Je suis très fier que mon cabinet reflète l'aspiration qui, selon moi, est au coeur de notre pays, cette aspiration qu'ont tant de gens, d'où qu'ils partent, à faire un bout de chemin dans la vie pour eux-mêmes, leur famille, leur communauté et pour leur pays. - K.Starmer veut réformer et vite. 2 semaines après son élection, il vient de présenter au Parlement un programme de 40 projets de loi pour l'année à venir. - L.Sénéchal: Il y a un côté miroir, ce pays qui a été dans une instabilité chronique pendant quasiment 10 ans après le Brexit et qui aujourd'hui, fait preuve d'une stabilité remarquable.
Il faut dire un mot du mode de scrutin britannique, qui est très favorable aux partis qui arrivent en tête. 33 % des Britanniques ont voté pour la gauche, qui se retrouve avec une majorité absolue écrasante. - B.Morel: C'est le principe du scrutin majoritaire à un tour.
C'est ce que voulait M.Debré. Ca crée des effets de vagues.
Si on avait un scrutin majoritaire à un tour, le RN aurait probablement 300 à 350 députés et on ne se poserait plus la question de qui est majoritaire à l'Assemblée. Si on regarde exactement la Grande-Bretagne, la gauche n'a pas de majorité absolue en voix. Vous avez une droite divisée.
Dans ce mode de scrutin, si vous arrivez en tête, même d'une pichenette, et que vos adversaires sont divisés, vous l'emportez. En 1953, les travaillistes arrivent en tête en voix mais ils sont perdants en sièges car ça ne sert à rien d'avoir un électorat très concentré. Il faut être devant dans la plupart des circonscriptions.
Par rapport à J.Corbyn... - L.Sénéchal: Ce dirigeant accusé d'antisémitisme... - B.Morel: Autant le populisme et le radicalisme à droite fonctionne bien en Europe, comme en Autriche, en Italie, en Espagne, autant à gauche, ça ne fonctionne pas.
On n'a pas de grand parti de gauche qui ait duré longtemps avec des scores électoraux lui permettant d'accéder au pouvoir...
On a un recentrage des travaillistes. Ca semble profiter électoralement. - M.Lazar: J.Corbyn a été réélu, en tant qu'indépendant.
Il y a eu un afflux d'adhérents. C'est intéressant de voir que la progression en termes de voix...
Le Labour a gagné de 20 points...
Ce n'est pas tellement une poussée à gauche Royaume-Uni. C'est un écroulement du parti conservateur. Ca a été un échec épouvantable en 14 années de gestion du pouvoir.
Il y a un élément important. N.Farage a fait un score important.
C'était l'artisan du Brexit. Il y a une petite nouveauté, la progression des verts. Il y a une progression écologique qui montre l'importance de la question de l'environnement, qui gagne nos amis britanniques aujourd'hui.
Par rapport à ce qu'a pu dire la gauche en France en disant qu'il y a un nouvel espace, une nouvelle ère, le retour de la gauche...
Il faut le prendre avec beaucoup de précautions. - L.Sénéchal: Est-ce que ce chemin de la gauche française existe aussi chez nous? - G.Bornstein: C'est toute la question de quelle gauche on veut.
On a 2 modèles parfaitement opposés. K.Starmer est une sorte de "blairisme", de centre-gauche. - L.Sénéchal: Ils étaient très proches.
C'était le candidat des entreprises, finalement. - G.Bornstein: C'est exactement contre quoi J.-L.Mélenchon s'est construit.
Cette gauche-là, c'est une fausse gauche qui ne fera jamais le bonheur des classes laborieuses, et pour cela, il faut une gauche radicale. C'est l'éternel combat entre les 2 gauches...
Force est de constater que cette 2e gauche a souvent gagné au Royaume-Uni. T.Blair a gagné.
K.Starmer a gagné. La gauche radicale que promet J.-L.Mélenchon n'a jamais réussi à gagner en France.
On peut nous rappeler l'expérience L.Jospin, qui était un peu entre les 2. C'était certainement le gouvernement le plus à gauche d'Europe, comme on le disait à l'époque.
La gauche radicale ne l'a jamais emporté. - L.Sénéchal: On revient à vos questions.
Question. - B.Morel: Non.
Si jamais G.Attal reste démissionnaire...
On ne tue pas un mort. Le gouvernement est mort. - L.Sénéchal: Tant qu'il n'y a pas de nouveau gouvernement nommé, il n'y a pas de raison... - B.Morel: Quel est l'effet d'une motion de censure?
Obliger le gouvernement à démissionner. Le gouvernement a démissionné. Vous ne tuez pas un gouvernement qui est déjà mort.
Vous ne renversez pas un gouvernement qui est déjà tombé. - L.Sénéchal: C'est quoi, le record d'un gouvernement qui expédie les affaires courantes sous la Ve République? - B.Morel: 9 jours. - L.Sénéchal: Ce record va être battu, balayé. - B.Morel: Très probablement. - L.Sénéchal: Question.
Vous avez 2 heures. - M.Mourgue: On aura la réponse à la fin de l'histoire.
Pour l'instant, on est en train de construire des scénarios. On ne sait Pas exactement...
Si ça finit avec une victoire du RN, certains diront que c'était très dangereux...
Il réussit avec un alignement des planètes. Il incarne la volonté des Français de changer de personnel politique. Il y a la vague de dégagisme et l'envie de nouvelles têtes.
Peut-être que les Français choisiront des politiques qui existent déjà en disant que c'est le gage de l'expérience. - L.Sénéchal: Question.
A priori, oui. - G.Bornstein: Oui. - B.Morel: Il y a un mois pour choisir entre sa fonction de ministre et son mandat de député. - L.Sénéchal: Question. - G.Bornstein: Oui. - M.Lazar: On est tous d'accord là-dessus.
Peut-être un peu plus compliqué pour LFI, quand même. On a vu que, cette fois-ci, toute la bataille au sein de cette coalition de gauche, c'est le fait que J.-L.Mélenchon, à la différence de 2022, n'a plus la prééminence sur la coalition.
Il est devant de 6 ou 7 sièges à peine, mais on voit bien qu'il commence à y avoir un problème Mélenchon. Il y a un rejet. Il y a quelques dissidents.
Il y a un problème qui risquerait, et qui pose sans doute un gros problème...
On parle de la fin du macronisme. On est certainement en train d'y assister. Mais c'était un mouvement très personnalisé et c'est la même chose avec La France insoumise.
Un jour, il y aura un problème. Qui succédera à J.-L.Mélenchon?
C'est un gros problème. Même s'il dit qu'il a plusieurs disciples... - B.Morel: En effet, sauf si la stratégie de J.-L.Mélenchon fonctionne.
Si demain, les socialistes et Les Ecologistes se rallient au centre pour des raisons qu'on pourrait comprendre, parce qu'il faut une majorité parlementaire, la stratégie inaugurée dimanche soir... "Regardez, ce sont des sociaux-traîtres..." - M.Lazar: C'est pour ça qu'ils ne le feront pas. - B.Morel: Ils sont piégés. - L.Sénéchal: Question.
En tout cas, ils n'ont pas l'air d'en prendre le chemin. Ils sont plutôt en train de passer un accord pour gouverner. - M.Mourgue: On n'y est pas encore, à cet accord pour gouverner.
L'été peut montrer un cheminement, notamment de L.Wauquiez. Rien n'est à exclure.
Si la droite de gouvernement veut montrer qu'elle est au gouvernement, il faut peut-être y aller, puisqu'elle n'y est plus depuis 2012. - L.Sénéchal: Merci.
Merci beaucoup. On va suivre jusqu'au bout de la nuit...
On en reparlera peut-être demain dans "C dans l'air". 6 postes de vice-présidents à l'Assemblée, poste de la questure, poste de secrétaire... - G.Bornstein: 12 secrétaires. - L.Sénéchal: Merci beaucoup. "C dans l'air" revient demain.
Je vous retrouverai à 17h45.
Emmanuel Macron