Toussaint en Normandie : "De plus en plus de gens choisissent la crémation"
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Bonjour Éric Marc, l'association crématiste du Calvados, expliquez-nous, je ne suis pas certain que celles et ceux qui nous écoutent savent l'objet de votre structure associative, quel est votre rôle ?
- 1:26OuverteRéponse directe
Eric Marc, votre rôle, c'est de conseiller les familles qui rencontrent un deuil et de pouvoir les accompagner ?
- 2:02OuverteRéponse directe
De plus en plus de personnes choisissent la crémation, l'incinération.
- 2:37OuverteRéponse directe
C'est trop peu aujourd'hui au regard, justement, de ces choix faits par les familles ?
- 3:17OuverteRéponse directe
ou l'obligation de faire plusieurs kilomètres, parce que parfois, près de chez soi, entre guillemets, il n'y a pas de crématorium.
- 3:38OuverteRéponse directe
Vous savez où ça en est, tout cela ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:56InvitéFait
« En Normandie, dans la Basse-Normandie, où il y avait une crémation à peu près tous les deux ans. »
- 2:28InvitéFait
« le premier crématorium qui était mis en activité à Caen, sur la Basse-Normandie, ça a été fait en 1984. »
- 2:41InvitéChiffre
« À Caen, on arrive à dépasser quand même les 3000 crémations par an. »
- 3:20InvitéPromesse
« on voudrait que les gens n'aient pas plus d'une trentaine de kilomètres à faire pour toucher un crématorium. »
- 3:46InvitéFait
« Il devait ouvrir en 2026. Il a été retardé. Il devrait ouvrir courant 2027. »
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Sur l'actu local en
Normandie, ici matin, il est 7h48, dans trois jours, dimanche, c'est la Toussaint, de nombreuses familles iront se recueillir sur la tombe d'un proche. Ce matin, avec notre invité, nous parlons de la crémation. Jean-Baptiste Marie, nous recevons Éric Marc, président
de l
'association crématiste du Calvados. Bonjour Éric Marc, l'association crématiste, expliquez-nous, je ne suis pas certain que celles et ceux qui nous écoutent savent l'objet de votre structure associative, quel est votre rôle ?
L'association crématiste du Calvados, c'est toute une histoire. C'est lié à un personnage qui s'appelait Franck d'Incombe, qui a vécu des phénomènes sur camp de saturation des cimetières.
Ancien élu de la ville de Caen, je le précise.
Donc
il fallait réagir un petit peu. Alors, on a fait appel à l'histoire, tout simplement. Au Moyen-Âge, finalement, on avait la totale liberté de faire ce qu'on voulait avec les corps. On les brûlait, on les inhumait, on les mettait sous des feuillages. Selon les circonstances, il n
'y
avait pas de grands principes.
Mais dans
les années 1900 et 2000, après... Mais
dans toutes les populations, le problème, c'est que ce n'était pas un paysage très unis. Il y
a
un personnage très important qui est arrivé, c'est Charlemagne. Et Charlemagne, il a décidé que
tout
le monde devait être catholique. Alors,
ça
a été très parti. Comme ça, il n
'y
avait plus du tout autre chose que l'inhumation.
On
va se rapprocher, Eric Marc, des années 2020 pour nous dire que, voilà, votre rôle, c'est de conseiller ça, les familles qui rencontrent un deuil et de pouvoir les accompagner ?
Oui, mais ce qui est important, c'est quand même de comprendre pourquoi on en est arrivé là. Ça veut dire qu'à partir de Charlemagne jusqu'à, finalement, après la Révolution, il n
'y
avait plus du tout de crémation.
Bon.
Tout doucement, après la Révolution, les crémations ont commencé à se rétablir. Et on s'est trouvé en Normandie, dans la Basse-Normandie, où il y avait une crémation à peu près tous les deux ans.
Ce qui n'est plus le cas aujourd'hui, c'est une tendance qui, année après année, Eric Marc, augmente. De plus en plus de personnes choisissent la crémation, l'incinération.
Oui, parce qu'il a fallu se battre parce que les élus locaux n'étaient pas du tout persuadés que ça allait se développer. Du coup, le premier crématorium qui était mis en activité
à
Caen,
sur
la Basse-Normandie, ça a été fait en 1984.
Aujourd
'hui,
il
y en a deux dans le Calvados, deux dans l'Orne, deux également dans le département de la Manche. C'est trop peu aujourd'hui au regard, justement, de
ces choix
faits par les familles ?
Il faut comprendre qu'à Caen, on arrive à dépasser quand même les 3000 crémations par an. C'est bien énorme. Effectivement, on a eu besoin de décider des gens à établir des crématoriums. Mais c'est toujours pensé au minimal. Ce qui veut dire que forcément, il y a des phénomènes de saturation qui apparaissent.
Et
actuellement encore,
on
a parfois, dans certaines périodes, comme avec la Covid, des gens qui doivent attendre plus d'une dizaine de jours pour avoir une crémation.
Saturation
ou l'obligation de faire plusieurs kilomètres, parce que parfois, près de chez soi, entre guillemets, il n
'y a
pas de crématorium.
Ce
que l'association souhaite,
c
'est, depuis le début d'ailleurs, depuis 1973, on voudrait que les gens n'aient pas plus d'une trentaine de kilomètres à faire pour toucher un crématorium.
On
n'en est pas encore là.
Il y a des projets
en ce moment, notamment dans le pays de Flair, notamment dans le pays d'Auche, près de Lisieux aussi. C'est l'épartement qui attend
un
troisième crématorium.
Vous
savez
où
ça
en est, tout cela ? Bon, pour faire un point rapide, il y a un projet qui est à Saint-Désir de Lisieux,
juste
à côté de Lisieux, donc, qui devrait ouvrir. Il devait ouvrir en 2026. Il a été retardé. Il devrait ouvrir courant 2027.
Il était prochain, probablement.
Donc, ça
devrait démarrer. Dans la Manche, il y a un crématorium qui est prévu à Saint-Lô, en plein milieu. Alors qu'on a déjà deux crématoriums. Un qui est dans le nord, le premier qui a été mis en place en 2004, à Brie. Et l'autre qui s'appelle le Crématorium des Estuaires, qui a été ouvert en 2014. À
Ville-du-les-Poiles. À Ville-du-les-Poiles. Et dans l'orne, là aussi, il
y a
un projet du
côté de Flair. Pour le moment,
rien
n'est établi. On reste
toujours avec les deux crématoriums, mais qui, curieusement, ont moins de fréquentations encore.
Eric Marc, le président de l'association Crématis du Calvado, c'est l'invité d'ici matin. Vous le disiez, ça rajoute une difficulté, peut-être, aux familles, déjà confrontées à un deuil, d'avoir parfois à se battre, en tout cas de chercher une solution pour une crémation.
Les familles qui sont décidées à faire une crémation arrivent à trouver des orientations, des entreprises qui les prennent en charge. Mais ça
peut être long, parfois.
Voilà. Le problème, c'est que quand on attend très longtemps, ça crée des frais supplémentaires.
Une dernière question. La crémation, à la fin, sont des cendres, qu'il faut aussi parfois entreposer, pour ceux qui le veulent, dans un cimetière. Ça aussi, c'est un défi. Est-ce que tous les cimetières de Normandie ont des carrés, funéraires, ou est-ce que parfois,
là, il faut se battre
? De toute façon, on se demande, nous, en association, si c'est vraiment la solution. Parce que de plus en plus, les familles s'orientent. C'est une envie de liberté, en fait. Et de plus en plus,
les gens cherchent à différer. Dans un jardin.
Dans la nature. Dans la nature,
oui.
Et puis, au moins et simplement, on a beaucoup, là, dans le Calvado, de dispersions qui sont faites sur le littoral, tout simplement. Voilà.
Merci beaucoup, Éric Marc, président de l'association Crématis du Calvado, de nous avoir éclaré sur la crémation, l'incinération à quelques jours de la Toussaint. Parce que de plus en plus de Français, de Normands, font le choix de cette incinération. Merci. Bonne journée à vous.
Une interview
à retrouver sur ICI.fr.
Le
hasard de la programmation musicale nous propose une très belle chanson de Dalida, mais reprise ici par Jennifer. Mourir sur scène. Il est 7h44 et vous écoutez ICI Normandie. Merci.