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ChroniqueRMC (sur YouTube)· 9 novembre 2021 4 minActualité / polémiqueSanté

La prise de parole de Macron pourrait penser que la situation sanitaire est inquiétante

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    « Le nombre de cas quotidiens a augmenté de 60% depuis le 1er octobre. »
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    « On est en moyenne à 7200 cas par jour. C'est trois fois moins qu'à la mi-août. »
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    « Le nombre de malades hospitalisés est à peu près stable depuis un mois. »
  • 0:37PrésentateurFait
    « Le nombre des patients en réanimation n'a que très peu augmenté. »
  • 0:41PrésentateurFait
    « Il n'y a pas d'engorgement dans les hôpitaux français. »
  • 0:51PrésentateurChiffre
    « 13 départements français ont un taux d'incidence de plus de 100. »
  • 1:05PrésentateurChiffre
    « La Lozère est aussi un des départements où le taux de vaccination est 9 points en dessous de la moyenne nationale. »
  • 1:35PrésentateurFait
    « Ces chiffres augmentent mais n'explosent pas. »
  • 2:07PrésentateurChiffre
    « Chaque jour, 250 000 personnes sont contaminées et l'on compte 3600 morts par jour en Europe. »

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Expliquez-nous Nicolas Poincaré. Emmanuel Macron prendra la parole très officiellement ce soir sur la situation sanitaire. C'est rarement bon signe. Est-ce que ça veut dire que la situation est grave sur le front du Covid ? En fait non. C'est pour ça que l'annonce de cette intervention présidentielle a pu surprendre. La semaine dernière, la situation en France n'est pas encore très inquiétante. En revanche, ce qu'il est, c'est la situation chez nos voisins européens. En France, nous faisons face à une reprise dite légère depuis cinq semaines. Le nombre de cas quotidiens a augmenté de 60% depuis le 1er octobre. On est en moyenne à 7200 cas par jour. C'est trois fois moins qu'à la mi-août.

Et dans le même temps, le nombre de malades hospitalisés est à peu près stable depuis un mois. Et le nombre des patients en réanimation n'a que très peu augmenté. Il n'y a pas d'engorgement dans les hôpitaux français. On est donc loin de la situation de crise qu'on a connue au printemps 2020 ou bien encore l'hiver dernier. Dans le détail, quelles sont les régions françaises les plus touchées ? Alors 13 départements français ont un taux d'incidence de plus de 100, dont Paris, les Bouches-du-Rhône, mais aussi des départements ruraux comme le Maine-et-Loire, l'Ardèche ou le Jura. L'Aube est le département qui connaît le moins de cas, alors que la Lozère est celui qui en compte le plus.

La Lozère est aussi un des départements où le taux de vaccination est 9 points en dessous de la moyenne nationale. C'est sûrement une explication, mais elle ne suffit pas, parce qu'on constate des disparités régionales très étonnantes. Il y a par exemple deux fois plus de cas en Vendée que dans le département voisin de la Charente-Maritime, deux fois plus de cas dans les Ardennes que juste à côté dans l'Aisne. Pourquoi ? Eh bien je n'ai trouvé personne capable de me l'expliquer. Je ne savais plus de Vendée pourquoi. Eh bien mystère et boule de gomme, comme disent les boomers. En tout cas, ces chiffres augmentent mais n'explosent pas.

Et ils placent la France parmi les meilleurs élèves de l'Europe, précisément cinquième sur 53 pays. Seules l'Espagne, l'Italie, le Portugal et la Suède ont un taux d'incidence inférieur au nôtre. L'Europe qui est actuellement l'épicentre de l'épidémie. Oui, l'expression est du directeur de l'OMS pour l'Europe, Hans Klug, qui a annoncé le chiffre de 500 000 morts possibles en Europe d'ici le mois de février prochain. Actuellement, lorsque 100 personnes sont contaminées par le virus dans le monde, sur 100, eh bien 62 sont des Européens, 62% des cas dans le monde, alors que les Européens ne représentent que 10% de la population mondiale.

Chaque jour, 250 000 personnes sont contaminées et l'on compte 3600 morts par jour en Europe. Voilà donc les données qui justifient ce terme de l'épicentre de l'épidémie. Sur le continent, on distingue trois gros foyers, les Pays-Baltes, l'Europe du Sud-Est autour de la Roumanie et la Bulgarie et un ensemble formé par le Royaume-Uni, l'Irlande, la Belgique et les Pays-Bas. Le Royaume-Uni qui a connu la plus mauvaise situation d'Europe de l'Ouest ces dernières semaines, avec un taux d'incidence 8 fois plus élevé que le nôtre et un nombre de morts 5 ou 6 fois plus élevé qu'en France.

On l'explique par une levée totale de toutes les restrictions sanitaires à la mi-juillet ou bien par une moindre efficacité du vaccin anglais, l'AstraZeneca. Seule nouvelle encourageante, le pic en Grande-Bretagne semble être passé. Les nouvelles contaminations sont en baisse depuis un peu plus de 15 jours. Il y a l'Allemagne aussi qui traverse une passe difficile. Oui, l'Allemagne qui était la bonne élève de l'Europe pendant les premières vagues, qui est maintenant à son tour frappée de plein fouet. Pour la première fois depuis le début de la crise, le taux d'incidence a franchi hier le seuil de 200 pour 100 000 habitants.

Avec de grosses disparités régionales et un constat, les landers les plus touchés sont ceux où l'on a le plus manifesté contre les restrictions sanitaires et où le taux de vaccination est le plus faible. En gros, ce sont les régions de l'ancienne Allemagne de l'Est. En Saxe, hier, il a été décidé d'interdire l'accès aux stades et aux restaurants à tous ceux qui ne sont pas vaccinés. Le ministre de la Santé allemand estime que son pays traverse actuellement une épidémie des non-vaccinés. Elle est massive, dit-il. Mais les chiffres sont aussi très mauvais en Belgique, alors que là-bas, en Belgique, on a un taux de vaccination, un des meilleurs d'Europe.

Le Danemark vient de décider de rétablir le pass sanitaire deux mois seulement après l'avoir supprimé. Mais ce sont bien toutes ces situations inquiétantes chez nos voisins qui justifient l'inquiétude des autorités françaises et l'intervention d'Emmanuel Macron ce soir. Il est bientôt 8h sur RMC et RMC Story dans un instant, la météo, le journal.