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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 1 décembre 2020 25 min

Article 24, réouverture des bars et des restaurants... Le "8h30 franceinfo" de Guillaume Peltier

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Guillaume Pelletier. Bonjour. Après trois semaines de flottement, l'exécutif a donc tranché hier. L'article 24 qui prévoyait d'interdire certaines vidéos de policiers va être intégralement réécrit. On va vous demander comment dans les jours ou les semaines qui viennent. Mais c'est ce qu'a annoncé hier le patron des députés En Marche, Christophe Castaner.

0:20
Invité

Nous allons donc proposer une nouvelle écriture complète de l'article 24. Trop de questions subsistent. Nous devons éteindre ces doutes. C'est un recul ou c'est un geste d'apaisement ?

0:33
Guillaume Peltier

Moi je regrette que le président de la République et sa majorité aient sur les questions de sécurité la main qui tremble. Cette loi, cette proposition de loi dite de la sécurité globale, si on le dit avec justice et justesse, vise à améliorer la protection que méritent nos forces de l'ordre, à clarifier les compétences entre la police nationale, la gendarmerie, les polices municipales, clarifient aussi les questions liées à la vidéoprotection, par exemple. Et le fameux article 24 disait tout simplement qu'il faut sanctionner les diffusions malveillantes d'images et de visages des policiers qui méritent notre protection. Ce qui laisse sceptique pas mal de juristes.

Alors le gouvernement a sans doute, là où vous avez raison, fauté par imprudence, maladresse, précipitation. Habituellement, quand un projet de loi est déposé, vous savez qu'il passe d'abord sous les fourches codines du Conseil d'État. Là c'était une proposition de loi, n'est pas passée par le Conseil d'État. Parce que c'était une proposition de loi. Et donc sans doute que ces gesticulations politico-médiatiques pour faire croire qu'on prenait à bras-le-corps un problème ont conduit à ces approximations. Il n'empêche, j'ai voté ce texte et j'en suis fier parce que je considère que nos forces de sécurité méritent la protection absolue de la République.

1:55
Invité

Sauf que depuis 5 jours maintenant, ce sont plutôt les adversaires au texte qu'on entend dans les médias et pas vous, ceux qui avaient voté le texte. Pourquoi la droite n'a pas pris l'assaut des médias justement pour le défendre ce texte ? Est-ce que vous aviez quand même un malaise ? Vous ressentiez quand même un malaise ?

2:09
Guillaume Peltier

Moi pas du tout. C'est d'ailleurs très intéressant et très malheureux ce qui se passe dans notre pays entre le bruit médiatique et la réalité de ce que pensent nos compatriotes. Je m'explique. Qu'est-ce qu'il se passe depuis 5 jours ? Vous avez un président de la République, son Premier ministre, l'ensemble du gouvernement, tous les groupes de la majorité présidentielle à l'Assemblée, les groupes au Sénat qui, pendant 5 jours, chacun doit mesurer, du matin au soir, se réunissent, se rencontrent pour aboutir à une décision de réécriture.

D'ailleurs, on en reparlera probablement, dont les modalités restent à définir, parce que je rappelle que constitutionnellement, actuellement, ce texte est désormais au Sénat, puisqu'il a été voté par l'Assemblée nationale. C'est donc bien, vous y avez la majorité. Et nous y avons la majorité. Qu'est-ce qui s'est passé ? Il y a eu un fait divers inacceptable, avec 4 policiers qui s'en sont pris violemment à un individu. Michel Zéclair. Ces policiers ont immédiatement été suspendus. Après la diffusion de la vidéo. Après la diffusion des images. Ils ne l'avaient pas été avant. Oui, oui. Je vais y revenir. On est bien d'accord.

Même, à l'heure où nous parlons, deux d'entre eux sont en prison de la santé. Sanctions immédiates liées à des faits condamnables. Liées à la diffusion de la vidéo par un site d'information. 48 heures après, se déroulent à Paris, dans plusieurs villes de France, des manifestations d'une violence inouïe. 98 policiers et gendarmes ont été blessés en France, rien que pour la journée de samedi. Sur environ 3 millions d'interventions des policiers et gendarmes en France chaque année, selon la police des polices, l'IGPN, seuls 0,32% font l'objet de signalements auprès de la police des polices.

On a une écrasante majorité, pour ne pas dire la quasi-totalité, de nos 250 000 policiers et gendarmes qui sont irréprojables. Je dis que les Français et moi avec eux, nous ne supportons plus le deux poids deux mesures. Il est logique et légitime que des forces de sécurité qui se comportent mal soient sanctionnées. C'est le cas. Mais qu'attend le Président de la République pour nous dire où en sont les démantèlements des groupuscules d'extrême-gauche,

4:35
Invité

les black blocs, qui tous les week-ends s'entraînent à nos forces de l'ordre de manière violente ? Est-ce qu'il existe des violences policières selon vous ? Est-ce qu'il existe des violences policières ?

4:45
Guillaume Peltier

Il existe de manière très minoritaire des violences commises par des policiers et ces violences...

4:49
Invité

Pourquoi pas violences policières ?

4:50
Guillaume Peltier

Parce que ce serait institutionnaliser l'idée que les policiers sont violents. Non ! Je le dis avec fermeté, avec clarté, avec gravité. Non ! Il existe des policiers qui se comportent mal. C'est rarissime. Ils sont immédiatement sanctionnés et c'est logique. Par contre, les voyous, les délinquants, les bandits, les groupuscules qui s'en prennent aux forces de l'ordre... Vous avez vu les images de samedi soir.

5:16
Invité

Il y a des interpellations à chaque manifestation.

5:18
Guillaume Peltier

Où sont-ils ? Ils sont en prison à l'heure où nous parlons ? La justice, ils sont pour. Non, mais c'est tout le problème. Vous voyez, c'est tout le problème. Ils ne sont pas en prison. Ils vont, comme dans la plupart des cas, ressortir libres. Il n'y aura pas de comparution immédiate. Les condamnations seront faibles. Elles feront l'objet d'appels. Ça suffit. Ça s'appelle la justice. Non, la justice, justement, elle doit être... C'est tout simple. C'est un principe de bon sens. Elle doit être juste. Elle doit être équitable. Que l'on sanctionne des policiers qui se comportent mal.

5:48
Présentateur

Guillaume Péti, aujourd'hui, il vous semble que la justice ne traite pas de la même manière quelqu'un qui frappe un policier ou quelqu'un qui est frappé par un policier. C'est exactement ce que je viens de dire. C'est exactement ce que je pense. C'est exactement ce que je pense. Ce sont les juges qui font mal leur travail.

5:57
Guillaume Peltier

Je pense qu'en France, il y a deux poids, deux mesures, selon que vous êtes puissant ou misérable. Il n'y a que deux solutions. Soit ce sont les policiers qui ne les amènent pas jusqu'à la justice, soit ce sont les juges. En fait, c'est le cas. Ils les amènent à la justice.

6:10
Présentateur

Donc, c'est la justice qui ne fait pas son travail.

6:11
Guillaume Peltier

Et c'est la raison pour laquelle, avec notre groupe parlementaire, avec Rick Ciotti, par exemple, nous avons proposé, et le gouvernement ne nous a pas entendu, qu'il y ait des peines automatiques, des peines planchées, dès qu'un individu s'en prend aux forces de l'ordre. Il faut une police et une gendarmerie républicaine. C'est le cas. Il faut probablement améliorer les formations. Très bien. Il faut sanctionner de manière exemplaire ceux qui se comportent mal. Très bien. Mais je ne voudrais pas qu'à travers ces faits divers déplorables, on oublie l'essentiel. Il y a en France une montée de la violence, de la délinquance.

Il y a, à l'heure où nous parlons, 4111 fichés FSPRT pour terrorisme qui continuent à vivre libres dans notre pays et qui ne sont pas expulsés. Nous avons près de 200 condamnés pour terrorisme qui vont sortir de prison d'ici 2023. Et pendant ce temps-là, nous ne parlons pas de l'essentiel.

7:01
Présentateur

Guillaume Pelletier, dans votre discours, dans votre défense de la police, dans votre refus d'utiliser cette expression de violence policière, dans les chiffres que vous avez rappelés, c'est-à-dire le taux de dérapage de violence policière, même si vous ne voulez pas utiliser ce mot-là, ce sont quasiment les mêmes mots qu'utilise Gérald Darmanin depuis plusieurs jours pour défendre la loi et pour défendre l'article 24. Vous continuez à considérer qu'il est un bon ministre de l'Intérieur aujourd'hui, y compris après ce qui s'est passé hier ?

7:25
Guillaume Peltier

Je l'ai écouté avec attention pendant les deux heures d'audition à l'Assemblée nationale. Je me retrouve dans la plupart de ses propos. Donc il reste un bon ministre, mais on ne l'écoute pas assez au gouvernement. La question n'est pas Gérald Darmanin. Le problème, c'est Emmanuel Macron. C'est un gouvernement qui, à force de faire du en même temps, de faire semblant, de sombrer dans l'hypercommunication, d'oublier de traiter les problèmes à la racine, eh bien ce gouvernement est en train de s'étioler de l'intérieur. Et les Français voient un président de la République devenu incapable, je dis bien incapable, de régler les problèmes des Français.

Les questions liées à l'ordre et la sécurité, je le dis et je le rappelle, ce sont tous ces apprentis terroristes en liberté, tous ces condamnés pour terrorisme qui vont sortir de prison. On ne protège pas les Français. Il faut que chacun mesure la gravité. Et nous parlons pendant 5 jours et 5 nuits d'un article 24. Il suffisait simplement au président de la République d'appeler le président du Sénat et notre président de groupe majoritaire au Sénat pour leur dire, voilà, peut-être qu'il y a une ambiguïté. Et là, on aurait dit que la séparation des pouvoirs,

8:34
Présentateur

on avait pris un coup. Guillaume Pelletier, je vous interrois un instant. Si on pouvait,

8:37
Guillaume Peltier

si le président de la République, plutôt que de se faire de l'entre-soi et du nombrilisme, s'adressait davantage à l'opposition et écoutait davantage les propositions de l'opposition, on n'en serait pas là aujourd'hui. 8h41,

8:47
Présentateur

le fil info avec Mélanie Delonay et on poursuit juste après.

8:49
Invité

C'était comme un film sur les naufrages, mais en pire, raconte le skipper du Vendée Globe, Kevin Escoffil, a été secouru cette nuit par son concurrent Jean Le Cam, après avoir passé quasiment 12 heures sur un radeau de survie. Les parlementaires LREM vont présenter une proposition de réécriture de l'article 24 de la loi Sécurité globale d'ici les vacances de Noël, réécriture annoncée hier par le patron des députés de la majorité, Christophe Castaner. Quand on n'est pas compris, il faut savoir humblement se dire « On réinitialise », explique ce matin sur France Info Patrick Mignola, le chef de file du groupe Modem à l'Assemblée.

Deux ans exactement après la mort de Zineb Redouane, cette femme de 80 ans touchée par une grenade lacrymogène à sa fenêtre lors d'une manifestation des Gilets jaunes à Marseille, une contre-enquête du site Disclose remet en cause le rapport officiel et affirme qu'un CRS a effectué un tir tendu de lacrymogène avec un lance-grenade alors que c'est interdit. Les surveillants des collèges et des lycées se mobilisent aujourd'hui. Les assistants d'éducation ont appelé à faire grève pour dénoncer la précarité de leur statut mais aussi leurs conditions de travail compliquées par l'épidémie de Covid. Le 8.30 France Info Salia Brakia

10:03
Présentateur

Marc Fauvel Toujours avec le vice-président des Républicains Guillaume Pelletier, Jean-Luc Mélenchon a fait une proposition hier dans les colonnes du journal L'Opinion. Le leader des Insoumis estime qu'on pourrait revenir à une forme de service militaire qui serait obligatoire. Et pourquoi pas dans la police pour tenter justement de rapprocher les jeunes et les forces de l'ordre. C'est une bonne idée ? Oui, c'est une proposition

10:23
Guillaume Peltier

que j'ai moi-même faite dans mon livre Milieu de Cordée parce que j'ai regretté c'était il y a 20 ans la fin de ce qui constitue le creuset civique républicain qui permettait à des millions de Français de toutes conditions, de toutes origines de se rencontrer, de passer du temps ensemble, de réapprendre ce mot aujourd'hui galvaudé qu'est le vivre ensemble autour de ce qui fonde notre bien commun qui est le patriotisme et le service de la France. Et que cette idée aujourd'hui novatrice revienne sur le devant de la scène et soit soutenue par des personnalités de différents horizons doit interpeller dans la perspective de 2022 les futurs candidats à l'élection présidentielle. Moi je pense...

Vous souhaitez que ce soit dans le programme du candidat de droite ? Je pense... Oui, sur cette question je pense deux choses qui ne sont pas équivalentes. Je pense qu'il faut recréer un creuset civique, une forme de service militaire obligatoire, certainement pas. Un creuset civique ça peut être l'école aussi, non ? Ça l'est et ça doit l'être mais ça ne suffit pas. On le sait que hélas le service de la patrie l'amour de la patrie du drapeau de l'hymne et la façon de défendre ensemble des causes justes qui sont à la fois des causes liées à la sécurité et à l'ordre on en a beaucoup parlé mais aussi comme il le dit d'ailleurs lui-même des causes liées par exemple à l'écologie bien sûr.

Ce sont des sujets fondamentaux. Ça, ce creuset civique ce service militaire obligatoire raccourci trois mois six mois un temps pendant lequel on donne de son temps à la patrie me semble indispensable et en parallèle je crois que devant l'explosion de la délinquance entre autres des mineurs qui est un autre sujet moi je plaide pour la création dans chaque département français ça existe ici ou là de ce qu'on a appelé les épides ces établissements publics d'insertion par la défense c'est-à-dire une rééducation par l'encadrement encadré par des militaires

12:11
Présentateur

comme Ségolène Royal

12:13
Guillaume Peltier

Ségolène Royal avait proposé en 2007 ces épides ont été développés dans quelques territoires je crois qu'aujourd'hui si on pouvait avoir ce type d'établissement dans chaque département français on ferait une sacrée avancée pour régler

12:25
Présentateur

la question de la délinquance des mineurs et vous arrivez à être d'accord dans la même réponse avec Ségolène Royal et avec Ségolène Royal ce qui est quand même à doux l'exploit

12:30
Guillaume Peltier

parce que ce qui est au-delà des intérêts partisans c'est l'intérêt général

12:34
Présentateur

et c'est la France ça l'y a

12:35
Invité

Guillaume Pelletier le Conseil d'Etat a ordonné avant-hier au gouvernement de revenir au plus vite sur sa mesure limitant les cérémonies religieuses à 30 fidèles elle était absurde cette règle ?

12:45
Guillaume Peltier

elle était le symbole et le symptôme d'une bureaucratie française qui est en train du global qui est en train d'asphyxier le local le rural la proximité appliquer de manière péremptoire définitive une même jauge de la petite chapelle à la plus grande des cathédrales et cela concerne tous les cultes et l'expression parfaite de ce que les dirigeants français sont devenus on pourrait poursuivre

13:15
Invité

c'est un principe d'égalité sur le papier

13:17
Guillaume Peltier

oui, principe d'égalité d'une idiotie guignolesque absurde on pourrait d'ailleurs poursuivre la métaphore sur ces fameuses polémiques liées aux pistes de ski on ouvre les stations de ski mais on ferme les remontées mécaniques parce que dans une remontée on est plusieurs collés alors qu'en plein air oui, bien sûr mais par contre on a le droit de prendre le métro mais pas de se balader en forêt bref on voit bien l'absurdité complète de ce système et d'ailleurs je veux profiter de cette question si vous me le permettez parce que c'est bien de dénoncer mais enfin c'est beaucoup mieux que de proposer la France est en train de mourir de cette hyper bureaucratie nous sommes dirigés depuis plusieurs décennies voire sans doute depuis plusieurs siècles si j'en crois les mots de Jean-Louis Borloo qui parle des fermiers généraux par pas loin de mille hauts fonctionnaires qui, quels que soient les pouvoirs élus par le peuple continuent à diriger notre pays il faut qu'ils changent en cas d'alternance comme aux Etats-Unis je propose oui, comme aux Etats-Unis on l'a vu avec l'arrivée de Joe Biden c'était le cas d'ailleurs à l'arrivée de Donald Trump ou à celle de Barack Obama qui changent chaque année 4000 hauts fonctionnaires américains à chaque fois qu'un nouveau président est élu je pense que si l'exécutif reprend la quintessence de ce qui fait la noblesse de la politique c'est-à-dire la capacité à décider et à faire et aller au bout d'une logique et cesse d'accepter que toute décision politique est systématiquement contestée détournée par ses hauts fonctionnaires vous savez que quand un ministre prend une décision et quand une loi est votée le temps que le décret d'application soit mis en oeuvre en général le décret ne ressemble pas à la loi c'est 6 mois 12 mois de perdu oui je souhaite un électrochoc un choc de débureaucratisation pour dire que les 1000 hauts fonctionnaires français seront révoqués ou révocables par le futur président de la République en 2022 dans les 3 mois qui suivent son élection je plaide aussi pour qu'il y ait un plafonnement de la rémunération de ces hauts fonctionnaires vous savez que pas loin d'un millier sont plus payés que le président de la République on marche sur la tête c'est parce qu'on a baissé le salaire du chef de l'état et des ministres il a été baissé vous savez par François Hollande et je vais même plus loin je regardais une enquête 60% environ des ministres depuis l'an 2000 sont issus de l'ENA et de Sciences Po

15:26
Invité

et ça ça pose problème ?

15:27
Guillaume Peltier

c'est le même moule c'est le même monde et moi ça me pose un problème et donc je souhaite que dans le prochain gouvernement à partir de 2022 il y ait un plafond je sais pas si c'est 20% 25% 30% en tout cas qu'au moins 2 tiers des ministres ne soient pas issus de ces grandes écoles des quotas de ministres non énarques ah oui si on pouvait sortir de cette bureaucratie de cette technocratie de cette énergie de ces gens qui se ressemblent qui pensent tous pareil qui ont été formés de la même manière et vous même

15:52
Invité

vous êtes énarque vous venez de Sciences Po ?

15:54
Guillaume Peltier

ah non moi je ressemble au français c'est à dire que moi mes parents sont issus de la classe moyenne j'ai fait l'école de la république je suis un petit prof d'histoire géographie à l'origine mais vous avez fait grande école ? pendant 8 ans non pendant 8 ans j'ai eu la chance de créer une entreprise et en plus j'ajoute ce qui a changé sans doute mon approche j'ai été élu maire d'une commune rurale puis président d'une communauté de communes vous pensez que ça fait forcément des bons ministres ?

moi je l'ai vu vous savez à ma propre échec il faut toujours être lucide sur soi-même moi les erreurs que j'ai pu commettre et même dire venaient d'un manque forcément de maturité du temps qui passe mais d'expériences diverses le fait d'avoir été fonctionnaire et chef d'entreprise le fait d'être aujourd'hui député après avoir été maire d'une commune rurale ça vous fait comprendre que le monde est complexe ça vous fait comprendre que la politique commande l'écoute la proximité le terrain et ce principe central qui est oublié aujourd'hui le principe du bon sens moi j'appelle et je plaide pour une révolution du bon sens c'est ce qui manque le plus dans notre pays aujourd'hui

17:00
Présentateur

pour en revenir Guillaume Pelletier à la question qu'a posée Serlia il y a 6 minutes maintenant vous condamnez les fidèles catholiques qui se sont réunis à plus de 30 comme on a pu le voir dans certaines églises le week-end dernier non parce que je considère que vous pensez qu'ils ont raison de désobéir à cette jauge à la décision qui a été prise

17:15
Guillaume Peltier

mais chacun avait bien compris l'absurdité totalement enfin totale donc désobéition dans les églises désobéition dans les stations de ski ah mais moi je vais même beaucoup plus loin ah j'aimerais d'ailleurs je vois ce mouvement monter que le président de la république entende par exemple la colère légitime de nos restaurateurs vous savez qu'on est le dernier

17:37
Présentateur

Guillaume Pelletier je vous propose d'en parler dans un instant on va essayer de faire de temps en temps des titres à l'heure c'est le cas il est 8h50 et on poursuit juste après voici Mélanie Delaunay

17:44
Invité

Gérald Darmanin liste 7 péchés capitaux dans la police devant la commission des lois de l'Assemblée nationale le ministre de l'Intérieur estime en particulier que la formation initiale des policiers doit être plus importante il admet qu'il y a peut-être un problème structurel après plusieurs cas de violences policières après un an d'engagement on peut désormais changer de complémentaire santé à tout moment sans attendre la date anniversaire du contrat et sans pénalité aux Etats-Unis le laboratoire Moderna dépose une demande d'autorisation en urgence de son vaccin contre le Covid elle sera examinée le 17 décembre par les autorités sanitaires elles doivent se prononcer dès la semaine prochaine sur le vaccin développé par Pfizer le directeur de course du Vendée Globe parle d'un dénouement presque miraculeux le skipper Kevin Escoffier secouru cette nuit par Jean Le Cam il avait déclenché sa balise de détresse à cause d'une voie d'eau sur son voilier à plus de 1000 km au large de l'Afrique du Sud

18:39
Présentateur

France Info

18:43
Invité

le 8.30 France Info

18:45
Présentateur

Salia Brakia Marc Fauvel pas de réouverture avant le 15 janvier au mieux pour les restaurateurs Guillaume Beltier je vous ai coupé la parole il y a quelques instants vous alliez nous dire quoi vous souhaitez eux aussi qu'ils rouvrent dès aujourd'hui et tant pis pour la loi tant pis pour la règle il faut toujours respecter la loi mais enfin vous nous avez dit il y a deux minutes pour les églises

19:02
Guillaume Peltier

c'est pas le cas j'ai dit que cette proposition c'était pas une loi c'était une demande du président de la république et du premier ministre qui a immédiatement été jugée y compris par les membres de la majorité comme absurde qui a été défaire au conseil d'état le conseil d'état de manière très rapide a dit que donc qu'ici ou là je préfère qu'on respecte évidemment la loi je le dis avec clarté mais quand quelque chose ne va pas quand quelque chose ne fonctionne pas on va s'arrêter un instant sur la question des restaurants selon les chiffres 30 à 60% de nos restaurateurs en France vont mettre la clé sous la porte 30 d'après l'humileur principal voilà et 60% j'entendais d'ici 12 mois s'il n'y a pas un électrochoc rapide on va être le dernier pays d'Europe à rouvrir nos restaurants vous avez parlé du 20 janvier il est même probable que ce soit début février si l'on en croit les expressions si la situation sanitaire ne le permet pas du ministre moi je demande au président de la république plutôt que de perdre du temps en réunionnite aiguë sur un article 24 lié à la sécurité globale de recevoir immédiatement tous les représentants des restaurateurs et de prendre une décision pour que dès le début de la semaine prochaine on puisse rouvrir les restaurants et les bars dans notre pays en respectant un protocole sanitaire strict tous les pays les Italiens les Espagnols sont en train de rouvrir et vont tous rouvrir avant Noël

20:27
Présentateur

vous savez mieux que nous que le problème aujourd'hui dans les restaurants c'est que par définition on y mange sans masque qu'on est plusieurs à table et que c'est là que le virus circule le plus qu'est-ce que vous faites ?

20:35
Guillaume Peltier

quel protocole ? enfin on l'a bien fait en sortant du premier confinement au mois de mai rappelez-vous avec une vous croyez que c'est lié au restaurant ou c'est lié à l'incapacité du gouvernement à avoir anticipé la deuxième vague ?

20:52
Présentateur

c'est pas lié au restaurant la reprise de l'épi entre autres au restaurant au comportement cet été les restaurants n'y sont pour rien la première il ne s'agit pas de les montrer du doigt j'ai bien compris dans votre question

21:04
Guillaume Peltier

moi je le dis parce que personne ne le dit jamais on est toujours en train de s'attarder sur les conséquences quelle est la cause de ce que nous vivons aujourd'hui ?

c'est l'incapacité du gouvernement français à avoir anticipé le deuxième confinement je vais vous prendre un seul exemple vous savez ce qu'ont fait les britanniques ils ont créé en express des hôpitaux de campagne ce qu'on appelle des hôpitaux provisoires pour soulager les urgences 4000 lits de réanimation par hôpital provisoire ce qui a permis de désengorger les urgences et de rouvrir beaucoup plus vite un certain nombre d'activités mais là c'est déjà trop tard quand on crée des lits à l'hôpital c'est qu'on a raté la reprise de l'épidémie donc si on ne veut pas un troisième confinement si on veut anticiper ce qu'il se passera il faut parler de ces hôpitaux de campagne de ces moyens supplémentaires pour les hôpitaux de ces formations mais est-ce qu'on ne veut pas éviter

21:50
Invité

que ces gens arrivent à l'hôpital ? pourquoi vous parlez des hôpitaux de campagne de la création d'hôpitaux de campagne alors que déjà on veut éviter que ces gens soient malades

21:58
Guillaume Peltier

mais parce que quel est le rôle d'un homme politique c'est de dire deux choses à égalité il faut un tout faire pour mieux soigner les malades il faut que chacun comprenne bien qu'on a stoppé l'économie française pour une raison simple pas parce qu'on ne pouvait pas les soigner on a des remarquables soignants c'est qu'on n'avait pas assez de place dans nos hôpitaux c'est ça l'essentiel

22:19
Présentateur

et le problème numéro un et le second dans certains hôpitaux il y a des moments où on a dû trier les malades on a atteint le nombre maximal de lits dans certains hôpitaux pendant une partie

22:29
Guillaume Peltier

du premier confinement et pendant le second on a failli on ne l'a jamais atteint et certains d'ailleurs de vos confrères qui ont fait des reportages il n'y a pas eu de preuve pour le moment les commissions d'enquête le diront un certain nombre de directeurs de services ont évoqué en Auvergne-Rhône-Alpes ou en région parisienne cette immense inquiétude on verra ce que dira la commission d'enquête donc à égalité traiter la question de la santé mais il ne faut pas oublier toutes ces femmes et tous ces hommes qui après une vie de travail d'efforts et de risques sont en train de tout perdre la détresse psychologique

23:03
Présentateur

les suicides les faillites personne Guillaume Piltier ne peut minimiser la situation parfois dramatique le gouvernement si les aides ne sont pas suffisantes

23:11
Guillaume Peltier

à force de ne parler que de la question de santé et d'oublier tous ces français ces travailleurs ces entrepreneurs ces agriculteurs ces ouvriers ces restaurateurs qui n'en peuvent plus qui n'ont plus aucune perspective les aides sur la table mises par le gouvernement

23:24
Invité

ne sont pas suffisantes aujourd'hui

23:26
Guillaume Peltier

mais ce sont des effets d'annonce je crois que c'est dans un journal 86 milliards d'euros d'effet d'annonce ça fait cher l'effet d'annonce demandez aux commerçants et aux artisans ce qu'ils voient arriver concrètement demandez à un restaurateur si le report de charge est suffisant quand il n'y a plus une seule une seule recette

23:42
Présentateur

est-ce que je résume vos propos ou est-ce que je les résume mal si je dis le conseil scientifique ça commence à bien faire ah oui c'est la même chose que sur la bureaucratie ça suffit maintenant on arrête d'écouter les conseils des scientifiques les experts ont pris le pouvoir en France on rouvre les restaurants et le protocole sanitaire on le baptise sans l'avis des scientifiques

23:58
Guillaume Peltier

j'espère qu'un président de la république un ministre est suffisamment compétent avisé pour à partir d'éléments fournis par les scientifiques et les médecins mais en écoutant aussi un secteur économique qui est en train de s'effondrer capable de prendre des décisions courageuses la vérité c'est qu'on a un gouvernement qui est obsédé uniquement par la crise sanitaire et qui a oublié de voir en face l'effondrement économique et social de notre pays moi j'attends pour les restaurateurs donc une ouverture rapide un protocole sanitaire strict comme pour les stations de ski d'ailleurs et comme pour tant d'autres secteurs et j'attends des aides beaucoup plus concrètes que de simples reports il faut un électrochoc pour l'économie française il faut dire à tous ceux à qui on a dit vous ne pouvez plus travailler vous êtes obligé de fermer et bien vous allez par exemple pour 2020 et 2021 ne pas payer de charges du tout ça c'est du concret ça c'est pas du blabla et c'est ce qu'attendent nos compatriotes et c'est ce qu'avec Damien Abad nous proposons à l'Assemblée Nationale Merci à vous Guillaume Pelletier

24:59
Présentateur

vice-président les républicains députés de ce même parti du Loir-et-Cher merci à vous d'avoir été ce matin sur France Info merci à vous

25:05
Locuteur

merci à vous merci à vous