🔴 DIRECT - L'intégrale de l'interview de François-Xavier Bellamy, tête de liste LR aux élections ...
Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.
de liste. C'était Manon Aubry, vendredi dernier, et c'est vous donc ce matin. Dans un instant, je vais vous poser trois questions pour poser d'abord le décor et comprendre vos positions.
Mais avant cela, une question d'actualité. On a appris hier soir que le président de la République, Emmanuel Macron, serait l'invité du 20h de TF1 et de France 2 jeudi soir. C'est la veille de la clôture officielle de la campagne.
Ce matin, Gabriel Attal se démultiplie dans les matinales. Une interview sur toutes les antennes, à la fois du Premier ministre et du président de la République. Ça vous paraît juste, cette histoire ?
Bien sûr que non. Totalement injuste envers les Français. Parce que c'est les Français qui sont piégés dans cette espèce de scénario que le président de la République, depuis le début, voudrait leur imposer en essayant de nationaliser ce scrutin européen et de le faire tourner une fois de plus autour de lui.
Il faudrait qu'on ne voit que lui, qu'on n'entende que lui. Ça a commencé avec le discours de la Sorbonne. Rappelons que l'ARCOM, à la demande de notre famille politique...
L'ARCOM, c'est le gendarme de l'audiovisuel. C'est l'ancien CSA1. ...le régulateur audiovisuel, avait considéré que c'était effectivement un discours de campagne parce que nous avions demandé que ce soit regardé ainsi.
Et de fait, l'ARCOM avait été obligé de reconnaître qu'il s'agissait bien sûr d'un engagement électoral du président de la République. Et moi, je dis que le président de la République, en réalité, manque à sa fonction, manque à sa mission. Le rôle d'un président, c'est d'être au-dessus des partis, c'est d'être au-dessus de la mêlée électorale.
Et en décidant de réquisitionner les journaux télévisés du pays à la veille de la fin de la campagne officielle, en réalité, il rentre évidemment dans la mêlée. Il veut peser sur cette élection. Et ça me semble être totalement contraire à sa fonction.
Vous demandez quoi ? Vous demandez à Emmanuel Macron de renoncer ? Vous demandez à TF1 et France 2 de ne pas jouer le jeu ?
Vous demandez à l'ARCOM de se saisir de cette situation ? Moi, j'ai déjà eu l'occasion de le dire en étant invité sur le plateau de France 2. Je crois qu'il y a aujourd'hui une manière de voler...
Vous l'aviez dit face à Caroline Roux, lorsque le débat entre Gabriel Attal et Jordan Bardella avait été organisé. Vous aviez pris la parole juste après. Un débat qui n'a aucun sens.
Parce que rappelons que l'enjeu de cette élection européenne, ce n'est pas une élection de mi-mandat pour faire un référendum autour de la personne ou du bilan d'Emmanuel Macron et de son gouvernement. Le vrai sujet de cette élection, c'est qui va défendre les Français demain au Parlement européen. Mais ça veut dire que vous estimez aussi que le service public ne joue pas son rôle ?
En l'occurrence, j'imagine que quand le président de la République décide d'intervenir dans les journaux télévisés...
Il y aura TF1 aussi. Voilà, ça n'est pas seulement le service public. Là, c'est la décision du président de la République et c'est lui qui emporte la responsabilité.
Mais nous demandons que l'ARCOM se prononce sur cette question, qu'effectivement le gendarme de l'audiovisuel puisse jouer son rôle. Rappelons qu'en Italie, quand même, de l'autre côté de nos frontières...
Alors que l'élection est évidemment de fait européenne et que donc elle traverse toutes les frontières. Le régulateur italien a interdit un débat télévisé entre Mme Meloni, première ministre italienne, et la présidente de l'opposition socialiste, en considérant que c'était hors sujet et que c'était une manière de voler à toutes les familles politiques qui se présentent dans une élection la visibilité à laquelle elles ont droit pour pouvoir servir la démocratie. parce que c'est ça qui compte à la fin.
Donc si je vous écoute, l'ARCOM devrait faire de même jeudi soir en interdisant cette prise de parole. Mais nous, Éric Sutil a déjà annoncé hier, nous saisissons l'ARCOM pour lui demander de se prononcer sur ce sujet. François-Xavier Bellamy, trois questions pour poser le décor et comprendre vos positions sur l'Europe.
Trois questions où l'on voit que l'Europe, elle est déjà présente dans nos vies et qu'elle a un impact très important sur des décisions quotidiennes. D'abord sur la question de l'achat des voitures. Les ventes de voitures thermiques neuves seront interdites à partir de 2035 en Europe.
On assume ou on annule ? On annule. Nous avons voté contre cette décision et nous disons aujourd'hui qu'il est nécessaire de revenir sur ce choix absurde.
C'est un choix absurde, catastrophique d'un point de vue social parce que l'industrie automobile dans nos pays, ce sont des milliers d'emplois et que cette décision va les menacer directement. C'est un choix absurde du point de vue économique pour les Français. Acheter une voiture électrique, c'est beaucoup plus cher qu'une voiture thermique.
Donc demain, on pourrait se trouver dans une situation où les Français vont garder indéfiniment leurs véhicules d'occasion faute de pouvoir acheter une voiture neuve qui leur sera désormais interdite. Et puis c'est un choix absurde, même du point de vue écologique. Parce qu'aujourd'hui, nous faisons à travers cette décision un cadeau immense à la Chine de Xi Jinping qui a dix ans d'avance sur nous sur la production des véhicules électriques.
Mais à quel prix ? Au prix d'une extraction de minières débridée, au prix d'une utilisation de matériaux pour fabriquer les batteries qui est complètement aberrante. Et finalement, avec une réduction des émissions qui est le but, mais qui n'est pas...
Donc ce n'est même pas écolo, si je vous écoute. Non, je crois qu'à la fin, en fait, on se retrouve devant...
Vous le rappeliez, je suis prof de philo, je pense qu'il y a un problème de principe dans la manière dont cette décision a été prise. Moi, je crois que le rôle du politique, c'est de fixer un cap. C'est de dire, il faut décarboner les transports.
Est-ce que le cap, vous êtes d'accord ? Et ensuite, il faut laisser l'industrie trouver les moyens. Est-ce que l'objectif, c'est-à-dire interdire les voitures thermiques, vous y êtes d'accord ?
Il faut fixer le cap de la décarbonation. Est-ce que c'est la date qui ne vous va pas ? Non, c'est le principe même.
C'est-à-dire qu'il y a aujourd'hui des moteurs thermiques qu'on peut décarboner massivement. En fait, votre principe, c'est des voitures écolos ? On peut décarboner des types de motorisation d'une manière bien plus efficace qu'avec, en tous les cas, en créant moins d'impact environnemental qu'avec de l'électrique.
Est-ce que ça veut dire que vous vous posez même la question de la voiture électrique ? Est-ce que ça veut dire que vous n'êtes finalement même pas pour l'obligation de passer, à un moment ou à un autre, peut-être pas 2035, peut-être plus tard, à la voiture électrique ? Non, mais la voiture électrique, elle aura un rôle énorme à jouer dans la décarbonation des transports.
Mais pour certains segments, pour certains secteurs, ce n'est pas forcément l'électrique qui est le meilleur vecteur. Je prends un exemple tout simple. Il y a quelques jours, j'ai été visiter un dépôt de bus qui fonctionne avec du biomethane.
Pendant des années, l'Union européenne a financé ces moteurs au biomethane parce que c'est des moteurs qui fonctionnent avec des carburants écologiques qui sont fabriqués par des agriculteurs dans nos pays, qui sont fabriqués ces moteurs et ces bus par une industrie française. Et donc, c'est d'une certaine manière le moyen le plus sûr de décarboner à la fin le transport en bus. Carburent bio, mais moteur thermique dans ces bus en question.
Exactement. Et aujourd'hui, que se passe-t-il ? Après avoir financé cette solution pendant des années, l'Europe va les interdire.
Ça n'a aucun sens. Et les interdire, pourquoi ? Pour faire venir de Chine des bus électriques avec des batteries gigantesques qui constituent en réalité un impact environnemental à soi seul par l'extraction de matériaux que ça implique.
Donc, c'est absurde. Il faut rendre aux Français la liberté. Il faut rendre à l'industrie sa responsabilité de chercher les solutions.
Il faut revenir sur cette décision. François-Xavier Bézami, deuxième question sur l'élargissement ou non de l'Union européenne. Est-ce que vous êtes favorable à l'élargissement de l'Union européenne à l'Ukraine, voire même à la Géorgie ?
Non. Parce que faire rentrer ces pays dans l'Union européenne, ce serait déstabiliser de l'intérieur toutes les politiques européennes. Il y a une distance telle entre nos pays sur le plan des modèles de production, des modèles sociaux, du coût du travail, que ce serait recréer une concurrence déloyale insupportable pour ceux qui, dans nos pays, font vivre notre économie.
Ce que nous disons, en revanche, c'est qu'on ne peut pas fermer la porte à l'Ukraine. On ne peut pas fermer la porte à des pays qui, aujourd'hui, se battent pour être européens. Vous l'ouvrez, vous la fermez ?
Vous la laissez entre-ouverte ? Nous proposons d'utiliser le statut d'État associé, qui fait partie aujourd'hui des traités européens, mais qui n'a jamais été vraiment employé pour arrimer l'Ukraine à l'espace européen sans en faire un État membre de l'Union européenne. On peut partager avec l'Ukraine bien des éléments de notre avenir commun sans pour autant la faire entrer dans le marché unique, sans pour autant partager avec elle la politique agricole commune.
Et ça, je crois que c'est notre devoir d'être imaginatif, d'être créatif pour sortir de cette...
Et dans l'Union européenne telle qu'elle est aujourd'hui, est-ce qu'il faut plus d'Europe ou moins d'Europe ? Je crois que ce n'est pas la bonne question. La vraie question, c'est dans quelle direction on va.
Vous savez, quand on va se présenter...
Oui, mais quand je vois dans votre programme qu'il y a par exemple l'objectif de diminuer de 25% le nombre de fonctionnaires européens...
Qui produisent des normes. Mécaniquement, ça va faire moins d'Europe. Le nombre des fonctionnaires européens qui travaillent à la production normative.
Parce que oui, aujourd'hui, on a une Europe qui croit que sa principale responsabilité, c'est de produire de la régulation, de la contrainte, de la complexité. Nous disons au contraire qu'on a besoin d'une Union européenne qui produise des stratégies pour nous renforcer, plutôt que de la complexité pour rendre la vie impossible à ceux qui travaillent dans nos pays. Et donc le vrai sujet, vous savez, c'est comme quand vous allez vous présenter pour voter à une élection municipale.
Vous ne vous demandez pas si vous voulez plus ou moins de votre commune. Vous vous demandez juste ce qu'on doit en faire. Et en Europe, comme en France, il y a des propositions politiques.
Les deux grandes forces politiques qui dirigent le Parlement européen, qui s'opposent au Parlement européen, qui se confrontent tous les jours, c'est la droite et la gauche européenne. Ce n'est pas le débat entre les populistes et les progressistes. Ce n'est pas le débat entre plus ou moins d'Europe.
En Europe, vous avez des solutions de droite et des solutions de gauche. Pour le coup, ce que vous voulez dire, c'est que par rapport à la France, où le macronisme a effacé ou tenté d'effacer le clivage droite-gauche, vous, vous faites partie de ceux qui, d'ailleurs avec Raphaël Glucksmann de l'autre côté, disent que c'est le retour du vrai clivage. Il y a une politique de droite, il y a une politique de gauche.
Mais ce clivage n'a jamais cessé. Et la vérité de cette affaire, c'est qu'au Parlement européen, pendant cinq ans, le macronisme a fait la politique de la gauche. Et d'ailleurs, Valérie Hayé le dit au début de cette campagne.
Elle dit « Moi, je vote avec ma délégation, avec les macronistes, nous votons 90% comme les socialistes. » Oui, d'ailleurs, elle disait « Pourquoi Raphaël Glucksmann n'est pas avec nous ? » Disait-elle, puisque nous votons les mêmes textes.
Mais parce qu'ils ont voté, effectivement, pour le projet de décroissance agricole porté par la gauche. Ils ont voté contre la filière nucléaire pour fragiliser notre énergie et faire exploser nos factures d'électricité. Ils ont voté, par exemple, prenez la question migratoire, les macronistes ont voté pour fragiliser la protection de nos frontières.
C'est nous qui avons porté les amendements qui devaient permettre que la Commission européenne finance des protections physiques aux frontières extérieures de l'Europe. Et les macronistes le combattaient. Vous voyez, la droite et la gauche, ça existe encore.
Et donc, nous, nous disons que le vrai clivage européen, le vrai débat européen, la vraie confrontation tous les jours dans l'Union européenne, elle se fait entre ces deux grandes forces politiques. Et les Français, aujourd'hui, s'ils veulent être représentés demain au Parlement européen...
En théorie, vous parliez tout à l'heure de principe, j'ai envie de vous dire, en principe, oui, mais en réalité, pour l'instant, non. Tous les sondages montrent que l'opposition, effectivement, elle se joue entre celui qui, aujourd'hui, est à la tête des sondages, c'est-à-dire Jordan Bardella, de droite, mais d'extrême droite. Ce n'est pas votre droite.
Mais Jordan Bardella, oui, le grand drame du mandat qui vient de s'écouler, c'est que pendant cinq ans, les macronistes ont fait la politique de la gauche et les élus du Rassemblement National ont fait la politique de la chaise vide. Ils ont gagné l'élection européenne en 2019. Les Français leur ont confié le plus grand nombre de députés.
Ils avaient même gagné en 2014. Ça fait dix ans que les Français essayent le Rassemblement National aux élections européennes. Qu'est-ce que ça a changé pour le pays ?
De tout cela, ils n'ont rien fait. En dix ans, ils n'auront pas déplacé une virgule dans un seul texte européen. Et donc, le vrai sujet, je le redis, si les Français veulent être défendus demain au Parlement européen pour pouvoir retrouver la maîtrise de leurs frontières, pour défendre leur énergie nucléaire, pour retrouver une agriculture prospère, pour garantir leur sécurité, alors il faut voter pour la droite française, qui est au sein de la droite européenne, qui deviendra la première force politique en Europe à partir du 10 juin prochain, peut seule faire entendre leur voix et défendre leurs intérêts.
Et au moment où vous vous exprimez, François-Xavier Bellamy, ceux qui nous regardent sur BFM TV voient s'afficher ce QR code qui vous permet de poser directement vos questions, de réagir en direct. à votre interview ce matin, François-Xavier Bellamy, et à tous les autres candidats tête de liste qui se succéderont à mon micro toute la semaine pour cette semaine spéciale européenne. François-Xavier Bellamy, vous dites souvent que ce qui vous inquiète le plus, ce n'est pas ce qui se passe en Europe, ce n'est pas ce qui va se passer demain, c'est l'état de nos finances.
L'état des finances de la France. Et visiblement, Standard & Poor's pense comme vous, puisque l'agence de notation a dégradé la note de la France, l'a dégradé et a surtout considéré que la perspective était négative. Pour vous, c'est ça ce qui compte aujourd'hui ?
C'est un très, très grand danger pour l'avenir de notre pays. Et je pense qu'il faut que les Français mesurent qu'aujourd'hui la trajectoire du gouvernement met la France en danger. C'est aussi un problème européen.
Parce que pendant ce temps-là, contrairement à ce que raconte le ministre de l'Économie, pendant ce temps-là, tous nos voisins sont en train de se désendetter. Quand vous dites, contrairement à ce que dit notre ministre de l'Économie, c'est que Bruno Le Maire, effectivement, pour justifier de cette dégradation de la note, dit « Je vais vous dire en réalité, la raison principale de cette dégradation, c'est que nous avons sauvé l'économie française. » C'est extraordinaire.
Moi, quand j'étais prof, j'aurais aimé avoir des élèves qui soient aussi imaginatifs quand ils avaient des mauvaises notes. La vérité, c'est qu'aujourd'hui, il faut que le gouvernement assume enfin sa responsabilité. On ne peut pas éternellement mentir aux Français sur la réalité de cette trajectoire qui stupéfie l'Europe entière.
Parce que depuis 2013, la moyenne de la zone euro, c'est 4 points de dette de moins, alors que nous avons fait 16 points de dette de plus. C'est ça le bilan d'Emmanuel Macron. Depuis qu'Emmanuel Macron est rentré au pouvoir, dans ce pays, comme ministre de l'Économie, puis comme président de la République, nous n'avons cessé de perdre notre souveraineté, notre sécurité budgétaire et nos marges de manœuvre pour préparer l'avenir.
Et cette irresponsabilité, elle met en danger aujourd'hui l'avenir de nos enfants et de nos petits-enfants. Donc il faut sortir de là. Et nous, nous disons une chose très simple.
Quand j'entends le président de la République dire que le problème de la France, ce n'est pas une dépense publique excessive, mais c'est que l'État n'a pas assez de recettes, je crois qu'il faut que tous les Français comprennent que ce qui se dessine pour le lendemain de l'élection européenne, c'est le risque d'une augmentation d'impôts ou d'une désindexation des retraites. C'est de ça qu'on parle. La désindexation des retraites, ce matin sur RMC, j'avais justement une question pour vous, posée par Erwan.
Erwan, il est retraité, il a 69 ans, il touche 1800 euros par mois, complémentaires retraites comprises. Il a commencé à travailler à 13 ans et demi. Il s'inquiète, il dit, est-ce que vous promettez la stabilisation des pensions de retraite ou est-ce qu'avec vous, comme avec le gouvernement, et il faut s'attendre à ce qu'elle soit désindexée ?
Nous promettons aux Français que nous ferons tout pour les protéger d'une désindexation des retraites. Pourquoi ? Parce que je vois bien qu'il y a des beaux esprits à Bercy, au ministère de l'Économie.
Qui ne disent pas non à cette question. Qui ne disent pas non à cette question, qui disent même, tenez, allez, il faut aller faire des économies après tous les retraités. On peut quand même leur demander de contribuer à l'effort.
On peut regarder sur la feuille en tirant des traits comment on trouve 20 milliards. C'est la proposition que font certains comme Sylvain Maillard au sein de la majorité qui disent, on va faire une année blanche, une année où on va ne pas suivre l'inflation, ne pas faire évoluer les retraites pour faire baisser le pouvoir d'achat des retraités. Mais moi, je dis que cette situation, elle serait scandaleuse.
Parce que des gens qui ont travaillé toute leur vie aujourd'hui à la retraite, ils ne peuvent pas négocier une augmentation. Ils ne peuvent pas changer de boulot. Ils sont pris dans cette situation où ils sont contraints de faire avec l'évolution des prix qui continuent d'augmenter aujourd'hui.
Et donc, la désindexation des retraites serait évidemment une injustice majeure. Et si le gouvernement veut s'en sortir en désindexant les retraites ou en augmentant les impôts, alors qu'on a déjà les prélèvements obligatoires les plus élevés de l'OCDE, nous déposerons immédiatement une motion de censure pour faire en sorte de protéger les Français. Cette motion de censure, c'est notre arme pour garantir aux Français que nous empêcherons le gouvernement de se défausser sur eux.
Et on sait en l'occurrence que c'est une motion de censure qui peut être efficace puisqu'une motion de censure aujourd'hui déposée par LR pourrait être votée par l'ensemble des groupes d'opposition et faire donc tomber le gouvernement. On voit aujourd'hui d'autres groupes d'opposition qui font du spectacle politique en ayant la certitude que leur motion de censure ne peut pas passer parce que le Rassemblement National en a déposé une. Il y en a encore une qui est déposée un aujourd'hui.
Mais la gauche, de toute façon, a dit qu'elle ne la voterait pas. Donc quoi qu'il arrive, cette motion de censure qui rassemble tout le monde sur leur motion de censure, c'est vous. Avec ou sont les voix de la droite, de toute façon, cette motion de censure ne passait pas.
Le vrai sujet...
Ce qui est quand même compliqué à comprendre, François-Xavier Bellamy, c'est que vous, vous nous dites non, mais on va faire tomber ce gouvernement s'il avance. Et puis dans le même temps, on sent cette petite musique avec un Gérard Larcher qui ne dit pas complètement non à l'idée éventuellement de devenir demain le Premier ministre d'Emmanuel Macron. J'ai du mal à comprendre.
Mais Gérard Larcher l'a dit sur l'antenne de vos confrères il y a quelques jours. Il n'est évidemment en aucun cas question pour lui ni pour personne d'autre chez nous de rentrer dans une coalition avec le gouvernement. Cette rumeur, elle vient d'un seul endroit.
Il y a une seule personne qu'elle intéresse, c'est Emmanuel Macron. C'est lui qui aujourd'hui veut créer de la confusion. C'est comme ça qu'il avance.
Nous, nous sommes depuis sept ans dans l'opposition à ce gouvernement, à ce président de la République qui est en train de mettre la France dans le mur. Depuis sept ans, nous disons que notre devoir c'est de préparer une alternative pour rendre à la France une espérance. S'il avait fallu aller coopérer avec ce pouvoir, on l'aurait fait depuis longtemps.
Certains l'ont fait d'ailleurs. Les opportunistes sont partis, les cyniques, ceux qui cherchaient leurs intérêts, ceux qui calculaient pour eux-mêmes, très bien, c'est parfait. Mais ceux qui sont restés à droite sont fidèles, constants, cohérents et ils se battent tous les jours pour la France et pour les Français.
Et nous sommes au Parlement européen le seul contre-pouvoir à la dérive que le macronisme veut imposer, y compris au plan européen. François-Xavier Bellamy, il y a Marie qui a une question pour vous sur les valeurs. Bonjour, monsieur Bellamy.
Pourquoi refusez-vous d'inscrire les VG dans les textes européens ? Votre réponse ? En fait, il faut, vous demandiez tout à l'heure plus ou moins d'Europe, il faut que l'Europe soit là où on l'attend et là où elle a des compétences pour agir.
Moi, je ne crois pas que l'Europe doit s'occuper de tous les sujets. Il y a des sujets qui doivent rester dans le domaine du débat démocratique dans chacun de nos pays et celui-ci en fait partie. Il n'y a pas de valeur ajoutée européenne.
Mais d'ailleurs, au-delà de la question de l'Europe, si on vous pose la question pour la constitution française, vous dites non également. Mais c'est un débat français. On a eu un débat en France sur la constitution de l'IVG et c'est un débat qui a eu lieu dans la démocratie française, au Parlement français et je crois que c'est, encore une fois, une compétence qui doit rester nationale.
Je ne crois pas que l'Europe doit devenir demain une sorte de super état fédéral qui décide de tout pour nous. Nous devons travailler ensemble en Europe sur tout ce sur quoi l'Europe peut avoir une valeur ajoutée. Jean-Luc Mélenchon dit que l'antisémitisme est aujourd'hui résiduel en France.
Comment vous réagissez ? À ce point de déni de réalité, ça ne peut pas être une erreur. Ça ne peut être qu'une faute.
Et en réalité, si Jean-Luc Mélenchon dit cela, c'est parce qu'il est le complice de la montée de l'antisémitisme qui touche aujourd'hui notre pays. Est-ce que Jean-Luc Mélenchon sait qu'aujourd'hui, vous avez des quartiers entiers en France où il n'est plus possible de vivre quand on est juif ? Est-ce qu'il sait que vous avez aujourd'hui des lycées publics, des établissements scolaires publics en France où vous ne pouvez plus rester quand vous êtes de confession juive ?
Est-ce que Jean-Luc Mélenchon sait que vous avez aujourd'hui devant des établissements de confession juive des protections policières qui sont installées pour garantir la sécurité des élèves ? Je le dis comme prof, c'est évidemment scandaleux et révoltant de voir que Jean-Luc Mélenchon couvre la montée de cet antisémitisme parce qu'il s'en rend le complice, parce que sur sa propre liste, dans ses propres candidats pour la France insoumise, il y a aujourd'hui des gens qui, sous couvert de critiques d'Israël, veulent en réalité la destruction d'Israël, qui, sous couvert de la critique d'Israël, sont prêts à se rendre complices de ces actes antisémites qu'on a vus se multiplier. Je pense par exemple à Sciences Po au cours des dernières semaines. où vous étiez rendu lors du blocage et où on vous a dû débattre.
Je me suis rendu pour dire qu'on ne céderait jamais le terrain à cet antisémitisme d'extrême-gauche qui fait qu'aujourd'hui, à Sciences Po, une étudiante de confession juive a été interdite de rentrer dans un amphi parce qu'elle est juive. Et cela, nous ne l'accepterons jamais. Merci François-Xavier Bellamy d'être venu ce matin dans cette dernière semaine, semaine spéciale européenne avec tous les candidats qui se succèdent donc à mon micro.
François-Xavier Bellamy, vous êtes tête de liste LR aux élections européennes. Il est 8h52 sur...
François-Xavier Bellamy