Une vie d’éboueur avec Simon Paré-Poupart
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France Culture, les matins du samedi, Nicolas Herbeau.
C'est un livre manifeste que l'on découvre ce matin ensemble. Ordures, point d'exclamation journal d'un vidangeur, c'est notamment donné pour mission de faire sortir de l'ombre, de l'oubli, un métier qui est souvent méprisé, qui draine un tas de clichés, un métier qui est pourtant absolument indispensable dans nos sociétés. En France, chaque habitant produit en moyenne 500 kilos de déchets par an et c'est donc le rôle des éboueurs, des vidangeurs en québécois, de les collecter. L'auteur de ce livre aime ce métier qu'il a choisi et qu'il exerce toujours. À Montréal, depuis plus de 20 ans, Simon Paré-Poupard, bonjour. Bonjour.
Merci beaucoup d'avoir accepté l'invitation des matins du samedi de France Culture. Vous êtes donc éboueur, vidangeur, mais vous avez aussi fait des études de sociologie. Vous avez été également intervenant social. On va en parler, mais quand vous vous présentez à quelqu'un et qu'on vous demande votre profession, vous dites quoi ? En fait, ça dépend à qui je parle. Littéralement, j'essaie de m'adapter à ce à quoi on pourrait trouver intérêt. Vraiment, je vais m'adapter selon mon interlocuteur, mais j'aime beaucoup dire que je suis vidangeur. C'est une fierté au Québec de le dire. C'est une fierté, c'est vrai.
D'ailleurs, ils sont très fiers, vos collègues que vous nous présentez et que vous nous décrivez. Parce que pour vous, c'est vraiment une vocation. Et rien que ça, ça peut bousculer les clichés qu'on peut avoir. Mais vocation, c'est le bon terme. Moi, je fais de la formation. Je suis formateur et boueur. Puis la première chose que je dis aux personnes pour s'accrocher au camion, pour résister, c'est est-ce que tu aimes ça ? C'est vraiment la base. Parce que pour tolérer autant de souffrance, de douleur ou ce qu'on dirait de la violence, il faut d'abord et avant tout trouver ça au fond de soi-même. Et c'est par l'amour du métier qu'on réussit à le faire.
C'est vrai qu'il y en a de la violence quand vous décrivez et vous allez le faire dans quelques instants pour nous. Mais d'abord, vous, comment vous êtes devenu vidangeur ? Il y a deux cas de figure dans votre livre. Il y a ceux qui ont choisi et ceux qui subissent. Vous, vous avez choisi. J'ai choisi, mais je m'y suis quand même retrouvé de par mon origine sociale. Comme les autres, en fait, ceux qui restent dans le métier. Parce qu'il y en a qui le font en dilettante. C'est-à-dire, il y a des pompiers. Pompiers, c'est le test physique le plus difficile au Québec. Ils vont le faire le temps d'être acceptés. Mais en général, c'est par une origine sociale. Moi, j'avais un père alcoolique.
Je suis de famille quand même pas très fortuné. Alors, pour moi, comme beaucoup de collègues, je crois que j'avais besoin, comme Freud dit, de sublimer certains traumas vécus. Alors, comme plusieurs collègues, on s'y retrouve. On y reste parce qu'il y a quelque chose qu'on combat peut-être en soi. Père violent, dysfonctionnant, qui a donc, vous l'avez dit, généré ce traumatisme dans l'enfance. Et puis, il faut ajouter à ce père violent, un beau-père très viriliste, en quelque sorte, qui ne cesse de vous répondre en vous poussant vers ce métier. Fais-toi un homme. Oui, oui. Mais ça reproche à lui au sens où, moi, je dis, il m'a partagé ce qu'il était et ce qu'il connaissait.
Puis, en ce sens-là, moi, on avait un malin plaisir à rire de soi et rire de l'autre. Mais quand même, il m'a donné le meilleur conseil qu'il pouvait dans la mesure de ce qu'il connaissait, à sa façon. Puis, drôlement, ça m'a rendu un service. Ce n'était pas la bonne façon de m'y amener, mais ça m'a rendu un service. Puis, c'est drôle parce que lui, en fait, n'aurait sûrement jamais été capable de faire le métier qu'il m'a suggéré de faire. Il y a beaucoup de sensibilité et de franchise dans votre récit. Et il y a cette manière aussi de décrire ce travail. Vous avez parlé de cette violence dans l'enfance et puis cette violence aussi dans ce métier.
C'est peut-être ça le point commun entre les deux. Vous dites suivre cette machine, c'est se faire violence. Oui, parce qu'en fait, le vidangeur, c'est quelque chose de récent. Les boires, il est arrivé avec l'apparition des camions à chargement hydraulique avec compaction, qui est un bijou de l'ingénierie, mais qu'il fallait des hommes et des femmes pour le maîtriser, harnacher le camion. Et puis, pour ça, en fait, il fallait des corps qui ont dû s'adapter, dans le fond, à la rigueur du travail. Puis, c'est la raison pour laquelle je crois qu'il faut être en mesure de fournir, fournir le camion. Puis, c'était la particularité, en fait, du vidangeur.
Puis, c'est dans le sens-là qu'on fait violence au corps, au début.
À 7 heures, c'est le grand branle-bas. Vive l'été, le jour est de la partie et souvent le soleil. Appel des équipages. Ils rejoignent tour à tour les 60 bennes de ramassage des ordures ménagères. Impressionnant des filets. Malgré la lenteur du travail, toutes ces bennes réunies feront environ 1500 kilomètres dans la journée. Au bout de l'année, près de 450 000 kilomètres, dix fois le tour de la Terre. Au coin des portes, les poubelles attendent. Et c'est la quête aux petits trous dans les rues étroites. La poubelle déborde, elle est crevée. Il y a des mouches, sans parler de la poussière. À quoi servent les prescriptions qui ordonnent des poubelles fermées
et d'un maniement aisé ? De Bordeaux-Métropole, en 1955. C'est assez calme à l'époque, effectivement. Même si on sent quand même qu'il y a du travail derrière. Des kilomètres qui sont faits tout au long de cette journée. Et puis, on voit sur ces images les hommes qui attrapent. Ce sont des seaux, en fait. Même pas des poubelles. À l'époque, à mains nues. Ce geste-là d'aller chercher ces tas de déchets, de les jeter dans le camion, c'est toujours le même geste, en fait. En fait, non. Non, c'est ça qui est beau. Parce que si, avec Karl Marx, on parle d'aliénation. L'aliénation, c'est le mouvement répétitif engendré par une machine, disons, en partie.
Puis, nous, en fait, la diversité des contenants et leur disposition d'environnement fait qu'en fait, c'est jamais le même mouvement. Puis, il y a même, je dirais, quelque chose comme une danse entre l'environnement, les poubelles, les déchets et le camion qui fait qu'en fait, c'est enivrant par moment. C'est une danse aussi parce que vous allez très vite. J'ai vu des images, notamment à la télé québécoise qui vous a suivi. Ça va très vite. Puis, en plus, le temps que les caméras se placent, on n'allait pas très vite. Déjà. Parce qu'en fait, on va vraiment plus vite habituellement. C'est oui, oui, ben nous, j'ai envie de dire que c'est un sport national au Québec.
Les bons vidangeurs sont réputés. C'est un peu comme les mêmes codes que le sport. Sport professionnel, c'est très compétitif. Moi, j'aime parler du terme émulation dans le sens que c'est le dépassement de soi qu'on retrouve en arrière du camion. C'est la raison pour laquelle on va chercher une frange de la population qui n'avait peut-être pas sa place sur les bancs d'école mais qui, par ailleurs, ont beaucoup à donner à la société par leur corps et leur énergie. Vous écrivez le vidangeur vit aux marges de la société. C'est un anticonformiste par la force des choses, un rebelle sans cause, chaotique, pathétique, farouchement indépendant, image inversée de la normalité.
Oui, puis plusieurs de mes collègues, comme on dit, je suis intervenant social de formation puis il y a un type de personnalité qui s'appelle les antisociaux. Ce sont des gens qui n'ont pas intégré jeunes les normes d'une société. C'est des gens qui vont faire des petits méfaits, d'en commettre, avoir des casiers judiciaires, consommer. Mais écoute, ces gens-là pouvaient être ce qu'ils étaient en arrière d'un camion sans être jugés et même très bien acceptés. Des parcours abîmés, vous le dites, des exclus, des rebelles, mais qui sont très fiers de leur métier, ce qu'on ne leur rend pas toujours, en fait.
C'est aussi ça que vous racontez, c'est-à-dire ce monsieur qui vous regarde derrière le rideau, savoir si vous allez prendre ce sac de déchets très lourds qui ne devait pas être dans la rue, mais qu'il vous met quand même sur la route de votre travail d'éboueur, de vidangeur. Oui, c'est ce que Pierre Bourdieu appelait la violence symbolique. C'est manifeste, c'est constant, ça va jusqu'à une personne qui peut nous balancer un sac du troisième étage près de la tête ou sur la tête.
Les personnes qui, lorsque je les interpelle et je leur dis ça fait plaisir de vous rendre service, ils ne comprennent pas ce qui se passe, c'est vraiment l'invisibilisation du geste et de la personne qui s'occupe des ordures. C'est énervant. Au début, oui, puis en plus, ce qui est intéressant, c'est qu'on peut s'énerver, c'est tolérer et même un peu accepter, bien vu, même par moments.
On peut s'énerver contre le citoyen, la citoyenne, mais je dirais que ce qui diffère beaucoup cette violence pour les éboires, c'est que puisqu'on gagne un très bon salaire, souvent même davantage que la plupart des professions au Québec, même davantage que les gestionnaires dans le milieu des déchets, et vu qu'effectivement on constate assez vite notre utilité, même si la société ne nous le rend pas dans le visage qu'il nous offre, c'est qu'on sait ce qu'on vaut. Dans ce sens-là, on devient un peu imperméable par moments à cette violence symbolique.
C'est plus fort que toi, tu lâches un cri de rage hostie de calice, c'est moi qui le dis, il te reste au moins ça, sacré, ce qui signifie juré en québécois. À un moment donné, il faut lâcher toute cette violence. Il faut lâcher, il faut lâcher, puis encore une fois, il y a une tolérance à l'expression de la violence, ce qui n'est pas possible dans beaucoup de métiers aujourd'hui, des métiers où on est assis, peu placés, une société policée, alors c'est vraiment des codes de comportement qui allaient bien avec les gens qui se retrouvent en arrière d'un troc, d'un camion de vidange.
Un milieu, vous l'avez dit, fait de délinquance, parfois de consommation de drogue ou d'alcool, mais qui est aussi un refuge, en quelque sorte, pour vos collègues. L'excès et la violence se côtoient, notamment la nuit, il y a un chapitre absolument magnifique, presque poétique, sur le ramassage des déchets la nuit. Pourquoi la nuit ? La nuit, on a l'impression que la rue est à nous. Bien sûr, il y a moins de gens. Les gens aussi peuvent s'attarder à notre travail. La nuit, ce n'est pas rare, on a eu des applaudissements sur les terrasses parce que pendant un moment, les gens ne sont pas dans le tracas quotidien de la rapidité de ce qu'ils doivent faire.
Alors pendant un moment, ils s'arrêtent et ils regardent. Comme un spectacle presque. Comme un spectacle, littéralement. Parce que nous, on lance les poubelles, on lance les contenants, on les lance parfois à 15 pieds dans les airs, 20 pieds, on les rattrape, on parle de la danse, mais c'est comme si pendant un moment, on a l'impression que certains citoyens, citoyennes, aperçoivent quelque chose qu'ils étaient pour eux inconscients. Puis ils s'en sont surpris et il y a quelque chose de beau là-dedans. Vous dites quelque chose qui effectivement est très juste mais auquel peut-être on ne réfléchit pas.
Vous dénoncez cette hypocrisie de la société de consommation qui n'assume pas ses déchets et qui a l'impression que ses déchets disparaissent comme par magie. Oui, en fait, nous au Québec, c'est assez clair, c'est à un moment la carrière Miron a fermé, la dernière des carrières sur l'île de Montréal puis c'est à ce moment en fait que les élus de la ville de Montréal se sont dit les déchets, c'est problématique, il faut essayer de sous-traiter. Alors depuis ce temps, en fait, on ne fait que sous-traiter autant les élus qu'en fait les citoyens. Le geste est sous-traité à des ouvriers qui sont souvent les classes laborieuses dans quelque chose qui a été bien capté par l'industrie.
Nous, on appelle ça le waste management. c'est l'idée en fait que les gens ne veulent pas s'occuper de leurs déchets. Alors on a du coup invisibilisé et le geste, on l'a simplifié puis on a donc bien sûr invisibilisé les travailleurs qui géraient les déchets. Vous n'êtes donc pas un magicien, vous et vos collègues, mais il y a tout de même quelque chose d'héroïque dans le portrait que vous faites de ces éboueurs, de ces vidangeurs et notamment vu par les yeux d'un enfant. Vous avez accepté de lire un extrait. Alors je vais vous laisser la parole. Simon Paré vous part ce matin sur France Culture. Les petits enfants et les camions.
Concentré, je ne réalise pas vraiment qu'elle me regarde et encore moins qu'elle est accompagnée de son enfant. Il faut dire que sur le plateau, à ce moment, la collecte se fait de soir. Avec les autos, les lumières, les vélos, le bruit du camion, la vitesse à laquelle je dois courir, je ne m'attarde pas trop au piéton. Ce n'est que lorsque la dame et son enfant se plantent devant moi que je m'aperçois qu'ils veulent me parler. Elle me sourit. Ça commence bien. Ce n'est ni de l'indifférence ni une autre chialeuse qui veut m'expliquer comment je dois faire ma job. Non. Mon regard se porte sur l'enfant qui m'observe, les yeux remplis d'admiration. La mère m'adresse alors la parole.
Vous savez, monsieur, le rêve de mon enfant, c'est d'être comme vous plus tard. Ma réponse fuse spontanément, sans que j'y pense. Peut-être que, trouvant la dame sympathique, j'essaie de me montrer rassurant. Je l'ignore. En tout cas, à sa sortie, à sa sortie de même en toute candeur, je lui dis, ne vous inquiétez pas, madame, ça va lui passer. L'enfant, lorsqu'il aperçoit le vidangeur, parfois même son vidangeur, il tombe en amour. C'est son idole. Impressionné par le camion, il vénère celui qui semble en dompter la force motrice qui ne craint ni ses rugissements ni sa mâchoire de fer.
Le jeune adore le vidangeur comme l'a pu admirer jadis le draveur, le Montferrand, le bûcheux, il se voit comme un survenant mélangé à un Joe Montferrand et à Louis Cyr. Les enfants capotent sur nous. Ce sont bien les seuls à passer outre la saleté et l'odeur pour nous aimer. Un extrait d'ordure, journal d'un vidangeur. Simon Paré-Poupard, merci pour cette lecture. Ne vous inquiétez pas, ça va lui passer. Vous ne conseillez pas du coup de faire ce métier à un jeune garçon ou à une jeune fille d'ailleurs? En fait, tout est la question du choix. J'espère que ceux qui y vont vont y aller par choix.
Puis c'est ce que j'essaie de faire en valorisant le métier, c'est d'essayer de dire qu'il n'y a rien de méprisable dans le métier et encore moins par son utilité qui devrait être au contraire valorisé. Mais lorsqu'on y va, il faut y aller par choix, par intérêt, par désir. Le vidangeur, c'est le scisif de la société de consommation. C'est un besogneux condamné à ramasser des sacs d'un terrain à un autre, emporté chaque jour par le flot infini des rebuts que nous générons. En plus, en 20 années d'exercice, Simon Paré-Poupard, vous avez ramassé et jeté dans la benne 70 000 tonnes de déchets. Ça fait réfléchir sur ce qu'est devenu notre société aujourd'hui.
Oui, clairement, c'est dire en fait, tant ou si longtemps qu'on a ce système qu'on nomme waste management, c'est-à-dire la facilité de jeter à beaucoup, on ne se rend pas compte du système qui est derrière, de ce que ça implique de jeter autant. Ça va être les sites d'enfouissement, ça va être les déchets qui s'en vont outre-mer, les matières recyclables, non recyclables, ça va être le matériel informatique qu'on a difficulté à bien recycler, ça va être les piles de déchets, ceux qui s'incinèrent. C'est tout un cycle, un monde en fait qui se trame derrière ce petit geste simple qu'on a l'impression anodin et sans conséquence.
La réception de ce livre au Québec, c'est un très grand succès, plus de 60 000 exemplaires vendus, j'espère autant et plus en France avec la sortie de ce livre parce que, effectivement, c'est une façon de regarder autrement au-delà de ce métier, mais le déchet, les déchets, ces choses dont on se sépare, qu'on considère comme sales, comme inutiles, vous, vous avez changé de mode de vie grâce à ce métier. Oui, et puis en France, vous aviez des modèles qui sont les chiffonniers, qu'on appelle au Québec les guenilloux, les quêteux. Ce sont des gens qui avaient un autre rapport avec le déchet, des gens, en fait, qui ont été écrasés par un système plus puissant.
Je reviens sur le concept de waste management. C'est des gens qui, bien sûr, à un moment, peut-être, n'alimentaient pas une certaine salubrité publique. Il fallait le critiquer, il fallait améliorer, mais leur rapport au déchet, on avait quelque chose à s'inspirer, c'est-à-dire, ils ne voyaient pas le déchet comme nous, on le voit, parce que présentement, on voit le déchet comme les industries et l'État nous dit que c'en est, ce qu'on doit faire avec. Et en ce sens-là, on doit, j'aime dire, réapproprier le déchet, apprendre à le voir différemment, à le réintroduire nous-mêmes dans les circuits courts, essayer de faire le bon geste, au final, le geste qui est possible et accessible.
Et donc, vous dites être un fréganiste, je traduis en bon français un gratuivorisme, je ne sais pas si c'est comme ça qu'on dit. C'est le bon terme, mais je l'utilise peu. Ça veut dire que vous évitez le gaspillage alimentaire, que vous essayez de réutiliser même ce que vous trouvez. Vous dites qu'il y a une forme de chasse au trésor dans notre métier, on essaie de trouver des objets qui peuvent resservir. Oui, puis la chasse au trésor, ceux qui font des vides greniers, c'est quelque chose, je crois, qui intéresse un peu tout le monde.
C'est quelque chose, en fait, qui s'est fait de tout temps, mais nous, je sais, en tout cas pour le Québec, que de fouiller dans les vidanges, essayer de trouver ces trésors. Pendant un temps, ça a été associé beaucoup à la pauvreté, la misère. En fait, il faudrait essayer de revaloriser cette pratique, en fait, qui était beaucoup plus saine que ce qu'on va dire être la consommation ostentatoire, c'est-à-dire de montrer ces richesses publiquement. Je crois qu'il faut revaloriser des pratiques d'antan qui étaient beaucoup plus saines, qui étaient dans la récupération et la réparation de biens.
Quelque chose qu'on a oublié depuis l'événement Amazon, entre autres, qui nous submergeait de biens neufs inutiles. Et de cartons qui vont avec. Et de cartons. Vous dites, et ça va terminer là-dessus parce que j'ai trouvé ça très intéressant, vous dites, si on paraît poupard, qu'on devrait tous expérimenter cette profession comme un service civique pour mieux comprendre ce qu'est ce métier, mais aussi notre rapport aux déchets. Et voilà, en fait, si on met des matières recyclables dans un bac, on devrait aller visiter un centre de tri.
Si on met des déchets dans une poubelle, on devrait aller visiter un centre d'enfouissement, sinon un incinérateur parce que moi, j'ai une collègue, une amie qui a été visiter un centre d'enfouissement et puis elle a pleuré devant l'absurdité de la chose. Il faut être en contact avec la production de déchets qu'on produit. Et c'est une manière d'entrer en contact, c'est de lire ce journal d'un bidongeur, ordure au pluriel et avec un point d'exclamation si on paraît poupard. Merci infiniment d'être venu ce matin. Merci, c'est un plaisir. Les matins du samedi sont une aventure collective. Un grand merci à Victoria Girovay-le-Mont et à Mélie Perrault pour la préparation et la programmation.
Jean-Christophe Francis est à la réalisation ce matin et à la technique. C'était Ludovic Auger. Un dernier mot pour vous dire que c'est Mathéo Caranta qui vous accompagne samedi prochain. Merci à lui. Le journal dans un instant.