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interviewBFMTV· 7 octobre 2025 22 min

Dissolution, législatives, budget... L'interview de Jordan Bardella en intégralité

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Il est 8h26 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Jordan Bardella.

0:04
Jordan Bardella

Bonjour, merci pour votre invitation.

0:06
Présentateur

Merci à vous de répondre à mes questions ce matin. Vous êtes le président du Rassemblement National. Êtes-vous quasiment en train de préparer les législatives ? Êtes-vous d'ailleurs vous-même candidat ?

0:17
Jordan Bardella

On est face à un gouvernement et un président de la République qui tentent coûte que coûte de maintenir son camp au pouvoir. Alors, le président de la République, par la voix de sa majorité déjà relative en 2022, a été défait lors des élections européennes et des élections législatives. Et depuis, il refuse en réalité d'accepter le résultat des urnes, le résultat des élections. Il tente de gagner du temps. Or, ce temps que nous perdons, c'est un temps que les Français perdent eux-mêmes.

0:42
Présentateur

Les 48 heures, vous parlez des 48 heures à nouveau ?

0:44
Jordan Bardella

Pour la gestion de leurs problèmes quotidiens. Écoutez, lorsqu'il y a eu le second tour des élections législatives, les accords qui ont été passés entre l'extrême-gauche et la Macronie pour m'empêcher de constituer une majorité, nous l'avions dit à l'époque, allaient entraîner les conditions de cette instabilité que nous vivons aujourd'hui et allaient priver le pays d'une majorité. On arrive aujourd'hui au bout du chemin, au bout d'une route. Les Français nous attendent et les Français nous regardent. Ils sont très nombreux à être extrêmement inquiets pour leur pouvoir d'achat, pour l'insécurité, pour le contrôle de l'immigration. Donc, maintenant, ces grands enjeux doivent être retraités.

Donc, je demande une nouvelle fois au président de la République d'entendre ces souffrances dans le pays, de sortir de cet isolement dans lequel il s'est mis depuis plusieurs mois et de dissoudre l'Assemblée nationale. Parce que maintenant, la blague est assez durée. Il faut revenir devant les Français. Les Français doivent se choisir une majorité. Et pour répondre à votre question, si les Français font le choix de l'alternance, eh bien, nous sommes prêts à assumer nos responsabilités, bien sûr.

1:46
Présentateur

On va y revenir. Quand vous dites vous êtes prêts, prêts à quoi ? Prêts à être candidat, mais prêts à gouverner comment ? Avec qui ? Mais lorsque vous dites, je demande à Emmanuel Macron de retourner devant les Français, il y a deux options. Il y a certes la question de la dissolution. Il y a aussi celle d'élections anticipées. Édouard Philippe, par exemple, fait partie de ceux qui demandent effectivement une élection présidentielle. Est-ce qu'au fond, vous le demandez aussi ?

2:11
Jordan Bardella

Les deux scrutins sont possiblement sur la table. Dans l'ordre des choses, c'est d'abord la dissolution de l'Assemblée nationale. Mais si le président de la République le refuse, alors il sera à un moment donné contraint d'engager sa propre responsabilité. Voyez bien là que la situation dans laquelle nous sommes ne peut pas tenir jusqu'au printemps 2027. On ne peut pas, jusqu'au printemps 2027, se poser la question de combien de jours va tenir un gouvernement qui n'aura par définition aucune légitimité ni aucune assise démocratique sur laquelle asseoir une politique de redressement national.

Mais est-ce que vous demandez au président de la République des élections présidentielles anticipées ? Je lui demande de dissoudre l'Assemblée nationale. S'il souhaite quitter son poste, déclencher une élection présidentielle anticipée, alors c'est de sa responsabilité. Mais il est certain que lorsqu'il y a une impasse démocratique, dans un régime tel que le nôtre, dans un grand pays comme la France, alors non seulement on assume sa responsabilité, mais on peut considérer envers et contre tout que le peuple français n'est pas le problème, mais qu'il est aussi la solution.

Et donc, je lui demande solennellement ce matin, au nom, je crois, de millions de Français qui ne supportent plus cette instabilité, au nom de nos chefs d'entreprise qui sont extrêmement inquiets des incertitudes, notamment budgétaires, qui pèsent sur l'économie française, au nom des millions de Français qui attendent des réponses concrètes sur la santé, sur l'école, sur la sécurité, sur le pouvoir d'achat, de revenir de manière très saine, de manière très calme à une nouvelle élection législative et de permettre aux Français de se choisir une majorité pour, encore une fois, engager une politique qui soit une politique de moyen et de long terme.

3:49
Présentateur

En quel cas, on l'a bien compris, vous serez vous-même candidat au poste de Premier ministre, peut-être même aux législatives ? C'est logique ?

3:56
Jordan Bardella

C'est une probabilité, oui. Vous vous dites ce matin ? Je suis aujourd'hui président de mon groupe, du troisième groupe du Parlement européen. Si demain il doit y avoir des élections législatives, au regard de la gravité du moment, il est effectivement très probable que je sois candidat à des élections législatives anticipées.

4:11
Présentateur

Qu'est-ce que vous ne seriez pas ? Vous êtes candidat, vous serez candidat ?

4:14
Jordan Bardella

La décision n'est pas prise. Nous allons réunir notre bureau de campagne, nos équipes aujourd'hui. Nous allons nous revoir avec Marine Le Pen de manière à anticiper de probables élections législatives. Parce qu'encore une fois, je ne vois pas comment est-ce qu'on pourrait faire autrement. Et évidemment, moi je prendrai mes responsabilités et j'irai aux élections législatives si, évidemment...

4:30
Présentateur

Vous irez aux élections législatives. Jordan Bardella, vous avez dit au fond, les autres partis nous ont empêchés, m'ont empêchés, avez-vous dit, d'avoir la majorité pour pouvoir aller à Matignon. Mais qu'est-ce qui vous permet de dire que s'il n'y avait pas eu ce barrage, en effet, républicain, vous auriez eu vraiment la majorité ? Est-ce que ce n'est pas un peu confortable de dire, ils nous ont empêchés ? Pourquoi est-ce que vous auriez vraiment eu la majorité ?

4:54
Jordan Bardella

Pourquoi est-ce qu'ils l'ont fait alors ?

4:56
Présentateur

Vous pensez que c'était vraiment par cette crainte-là ?

4:58
Jordan Bardella

Dans aucune démocratie, un mouvement politique d'abord n'atteint les scores que nous avons atteints lors des dernières élections législatives. Au second tour des élections législatives, je vous rappelle que j'ai fait avec l'ensemble des candidats du Rassemblement National, avec Marine Le Pen, nos alliés de l'Union des droites républicaines autour d'Éric Ciotti, près de 37% des voix au second tour avec l'ensemble de nos candidats. Il n'y a aucune partie dans aucune démocratie occidentale qui est arrivée à des résultats aussi élevés. Je crois que même en France, même aux heures les plus glorieuses de la droite, la droite est montée à 31 ou 32%.

Donc on a un socle aujourd'hui électoral qui est extrêmement solide. Nous arrivons à les rassembler au-delà des électeurs du Rassemblement National. Et je pense aussi aux orphelins de la droite qui ne croient plus dans les compromissions de la droite et de son président avec les macronistes et avec le camp des centristes depuis 2017. Donc nous sommes aujourd'hui en capacité, non seulement de gagner de potentielles élections législatives, mais de gagner de potentielles élections présidentielles. Donc je n'ai pas le résultat des élections avant l'heure. Ce que je constate, c'est qu'élection après élection, nous progressons.

Et que les mesures que nous portons à la fois sur la remise en ordre du pays, sur la nécessité de simplifier l'économie française, de défendre le pouvoir d'achat, ces mesures sont partagées par beaucoup de Français.

6:06
Présentateur

Mais le barrage républicain, pourquoi cette fois-ci ce barrage ne tiendrait plus ?

6:10
Jordan Bardella

Parce que ce barrage est en train de prendre l'eau et qu'on ne peut pas arrêter indéfiniment un peuple qui s'est remis à espérer. Et il y a des millions de Français qui croient aujourd'hui dans les idées que nous représentons. Nos électeurs paient leurs impôts comme tout le monde. Ils ne sont pas des sous-citoyens, ils ne sont pas des sous-électeurs. Et voyez bien là la façon dont les institutions sont utilisées, des institutions de la Ve République sont faites pour protéger les intérêts de la France et pour servir le peuple français. Elles ne sont pas faites pour protéger les intérêts d'un camp.

Or on voit bien que lorsqu'il y a un second tour et qu'Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon, main dans la main, se mettent autour d'une table pour se désister, mutuellement appelés à voter les uns pour les autres. Non seulement ce spectacle, il dégoûte les Français, mais voyez bien là que ça amène désormais à une situation de blocage telle qu'on est un an après à voir les gouvernements se succéder avec évidemment des gens qui refusent d'accepter le résultat des élections.

Non donc, je veux dire ce matin à nos compatriotes, je sais que la situation est difficile, je sais qu'on vit des heures incertaines, mais je veux juste leur dire, restez optimistes, restez mobilisés, parce que si vous le décidez, alors l'alternance est possible et elle est peut-être possible dans quelques jours.

7:15
Présentateur

Jordan Bardella, dans quelques jours, vous espérez donc une annonce de dissolution potentiellement, mercredi soir, jeudi, c'est là-dessus que vous imaginez le scénario ?

7:23
Jordan Bardella

Écoutez, ce gouvernement qui a été annoncé par M. Lecornu, encore une fois, je ne vais pas tirer sur l'ambulance, mais comment est-ce que les macronistes peuvent sérieusement croire ? Qu'en proposant le gouvernement le plus macroniste des huit dernières années, c'est-à-dire que ce gouvernement-là, il est très certainement plus macroniste que le premier gouvernement d'Édouard Philippe en 2017, en faisant revenir des personnalités comme M.

Le Maire, qui incarne la faillite économique française, plus de 1200 milliards d'euros de dettes en sept ans, un homme qui a menti sur la situation des finances publiques, qui est parti dans la débâcle économique que nous connaissons, qui a abouti à la situation de déficit absolument considérable, que nous connaissons, à la dégradation de la note de la France sur les marchés financiers, venir revenir aujourd'hui dans un gouvernement, en ne considérant pas que cela revêt un caractère de provocation à l'égard de Français et d'irrespect à l'égard des millions de Français qui sont aujourd'hui dans la souffrance et dans l'attente d'une rupture.

8:13
Présentateur

On l'a bien compris, vous dites aujourd'hui, Jordan Bardella, nous appelons, j'appelle solennellement le président de la République à dissoudre l'Assemblée nationale. Vous ne l'appelez pas solennellement à démissionner, vous n'appelez pas immédiatement.

8:25
Jordan Bardella

Il n'aura pas le choix. Je veux dire, s'il refuse de dissoudre l'Assemblée nationale, s'il refuse de revenir devant les Français pour régler une crise parlementaire dans ce qui apparaît aujourd'hui comme une situation extrêmement instable depuis un an, alors sa responsabilité sera engagée.

8:39
Présentateur

Mais ce n'est pas ce que vous lui demandez ce matin. Vous ne lui demandez pas de démissionner ce matin.

8:43
Jordan Bardella

Dans l'ordre, je lui demande d'abord de dissoudre l'Assemblée nationale. Et s'il ne le souhaite pas, il est évident que nous irons, je le crois, vers la seule option possible. Encore une fois, j'ai vu, y compris au sein de sa propre majorité, Edouard Philippe réclamer une élection présidentielle anticipée. Donc, il faut revenir devant les Français. Et j'appelle solennellement le président de la République à entendre cet appel et à ne pas porter sur ses épaules la responsabilité du désordre, du chaos et de l'impasse institutionnelle.

9:06
Présentateur

Et vous dites, Jordan Bardella, nous aurions potentiellement la majorité. À quel niveau placez-vous le nombre de députés pour que vous puissiez, oui, accepter Matignon ?

9:16
Jordan Bardella

289 députés, c'est-à-dire la majorité absolue à l'Assemblée nationale ou une majorité relative qui me permettrait, avec des alliés potentiels, d'assurer non seulement la stabilité d'une majorité, mais également de me permettre de changer le quotidien des Français. Moi, je l'avais dit l'année dernière sur votre antenne, devenir Premier ministre pour ajouter Premier ministre à ma carte de visite, ça ne me sert strictement à rien et ça ne m'intéresse pas.

Je veux devenir Premier ministre, je veux aller à Matignon pour changer le quotidien des Français, pour prendre des mesures sur le contrôle de l'immigration, pour prendre des mesures sur la lutte contre l'insécurité, pour prendre des mesures... On va y revenir, mais sur le chiffre, vous dites 289 dans l'idéal,

9:55
Présentateur

si je ne les ai pas, j'y vais quand même. Si vous avez 240 députés, par exemple, qu'il vous en manque donc une quarantaine pour obtenir la majorité absolue et pouvoir effectivement engager un certain nombre de réformes, vous vous dites, je les trouverai. Vous êtes confiant, quoi, qu'un certain nombre de députés LR viendraient travailler avec vous une fois que les choses seraient engagées ?

10:15
Jordan Bardella

Ce n'est pas interdit de le penser, en tout cas dans l'intérêt du pays, je ne ferai preuve d'aucun sectarisme et je souhaite que cette majorité soit la plus large possible. Vous savez, madame, pour gagner...

10:26
Présentateur

Vous tendez la main ce matin aux Républicains pour travailler ensemble ?

10:30
Jordan Bardella

Madame, pour gagner, il faut rassembler. Lors des dernières élections législatives, moi j'ai pris mes responsabilités et j'ai considéré que l'état actuel du pays nécessitait le rassemblement et l'alliance. Nous avons donc, avec Marine Le Pen, proposé à Éric Ciotti, président des Républicains, il y a un an, de faire une alliance. Je suis convaincu qu'aux Républicains, il y a une partie des militants, des sympathisants, des électeurs, mais aussi des cadres et des parlementaires qui ne souhaitent pas, comme le fait M. Retailleau, se fondre dans le macronisme. À cela, je suis parfaitement disposé et parfaitement prêt à leur tendre la main sur un accord de gouvernement.

Mais tout cela n'interviendrait que dans la situation où je n'aurai pas 289 députés. Parce que comprenez bien que si les gens votent pour le Rassemblement National et ses alliés, aujourd'hui incluant les alliés de l'UDR d'Éric Ciotti, c'est pour avoir une majorité Rassemblement National. Mais la règle, elle est simple, c'est 289 députés. Et s'il me manque quelques députés pour constituer une majorité absolue, dirons-nous, eh bien je regarderai le résultat des élections et je tendrai la main autour de moi. Encore une fois, je n'ai pas vocation, si vous voulez, être un chef de clan.

J'ai vocation à engager des mesures de redressement du pays et je mettrai autour de la table tous ceux qui sont évidemment prêts à y travailler.

11:41
Présentateur

Avez-vous aujourd'hui des contacts, vous ou vos proches, avec des membres des Républicains ?

11:46
Jordan Bardella

Oui, bien sûr. Oui. Oui, bien sûr. Et vous vous dites quoi ? Vous savez, on se parle. Il y a aujourd'hui aux Républicains une fracture très nette entre une partie des cadres qui souhaitent suivre M. Retailleau et donc les macronistes, mais il y a aussi une partie des cadres et des militants et par-dessus tout, moi je les entends tous les jours, des électeurs des Républicains qui ne souhaitent pas voir la droite se fondre dans le macronisme.

12:09
Présentateur

Non mais les électeurs, c'est une chose, mais y a-t-il des potentiels élus demain, des élus les Républicains dont vous vous dites, au fond, aujourd'hui, ils sont sous la bannière LR en disant j'amène le fond d'alliance, mais ils commencent déjà à parler avec vous et à préparer une éventuelle alliance.

12:25
Jordan Bardella

Je le crois. Vous savez, Marine Le Pen est présidente de son groupe à l'Assemblée nationale. Je suis président du mien au Parlement européen. Par conséquent, on est amené, évidemment, à rencontrer des gens qui peuvent partager certaines de nos idées sans épouser l'intégralité de notre ligne politique. Mais dans l'intérêt du pays, dans le cadre d'une potentielle cohabitation, moi je suis parfaitement disposé à faire l'alliance, à faire le rassemblement, parce qu'encore une fois, ce qui compte pour moi, c'est pas l'intérêt du Rassemblement national.

12:47
Présentateur

Vous dites je suis disposé, mais est-ce déjà le cas ?

12:52
Jordan Bardella

Pour l'instant, je suis dans l'opposition. Donc, au moment où on se parle, je ne...

12:57
Présentateur

Ces discussions ont-elles déjà lieu ?

12:59
Jordan Bardella

Oui, il peut y avoir des discussions, bien sûr. Elles ont déjà lieu ? Écoutez, enfin, il est interdit de discuter, encore une fois, avec des gens qui peuvent partager certaines de vos valeurs sans épouser l'intégralité de votre ligne.

13:10
Présentateur

Vous aviez jusqu'à présent refusé l'idée d'une union des droites.

13:14
Jordan Bardella

Est-ce qu'aujourd'hui, vous y êtes favorable ? Parce que l'enjeu, c'est pas de sauver la droite. L'enjeu, c'est de sauver la France. On a des électeurs qui viennent de la droite, on a des électeurs qui viennent de la gauche. Donc, vous vous dites maintenant, on ne peut pas y arriver seul. Maintenant, je sais, mais moi je pense que pour gagner, il faut évidemment rassembler, il faut évidemment bâtir l'union, l'alliance la plus large possible. Et c'est la raison pour laquelle j'ai tendu la main l'an dernier au président des Républicains.

Et si demain, je suis en capacité de le faire, j'appellerai l'ensemble des déçus des partis traditionnels, l'ensemble des orphelins de la droite à venir travailler à mes côtés. Parce que, encore une fois, l'enjeu, c'est de faire à l'élection présidentielle 50% et une voix. L'enjeu, c'est d'avoir 289 sièges à l'Assemblée nationale.

Donc, je souhaite faire le rassemblement le plus large possible sur la base du projet sur lequel nos députés auront été élus, sur la base d'un programme très clair, très ferme sur l'immigration, l'insécurité, le pouvoir d'achat, la nécessité de relancer la croissance et d'avoir une politique en faveur de nos entreprises pour leur permettre de créer de la richesse, sur la défense de notre identité, de nos frontières, de notre culture. Et sur ces grands enjeux-là, je crois qu'il y a beaucoup de Français au-delà du Rassemblement national qui partagent à la fois notre bon sens, notre diagnostic, mais aussi nos solutions.

14:23
Présentateur

J'ai toujours du mal avec ce mot « bon sens » parce que vous l'utilisez tous et vous êtes tous persuadés d'être les détenteurs du bon sens. Mais Jordan Bardella, sur la question du budget... Attendez, je vais vous répondre. Vous voyez ce que je veux dire sur cette expression, honnêtement ?

14:34
Jordan Bardella

Je vais vous répondre. En tout cas, ce qu'on peut dire aujourd'hui, c'est que si on écoutait les Français et ce fameux bon sens populaire, on ne serait peut-être pas dans la situation dans laquelle nous sommes aujourd'hui. Vous savez, moi, j'ai passé un an à aller rencontrer les Français. Je publie un livre qui s'appelle « Ce que veulent les Français dans quelques jours » qui est déjà disponible en précommande dans laquelle je raconte les confidences que m'ont fait les Français.

14:55
Présentateur

Il vous en dit quoi ?

14:55
Jordan Bardella

Et la conclusion de ce livre, c'est que si on écoutait les Français, on ne serait peut-être pas dans la situation dans laquelle nous sommes aujourd'hui. Les Français, ils ont le sentiment de ne plus être écoutés. Ils ont le sentiment de ne plus être entendus. Et ils ont le sentiment que les idées majoritaires et les sentiments qu'ils ont au fond du cœur ne sont plus les idées et les grandes orientations qui dominent dans la classe politique. Et je vais vous dire, j'ai humblement et modestement avec le Rassemblement national, la prétention qu'on peut faire différemment et que les idées qu'on porte sont aujourd'hui majoritaires chez beaucoup de nos compatriotes.

15:24
Présentateur

La première question qui se poserait à vous si vous arriviez à Matignon, c'est la question du budget. Quel budget pour la France ? C'est la première en termes d'agenda, en termes d'urgence par rapport au Parlement. Est-ce que vous réduiriez les dépenses ? Est-ce que vous feriez 40 milliards d'économies ? Est-ce que vous toucheriez aux impôts ? Est-ce qu'il y aurait une taxe sur les plus hauts patrimoines ?

15:47
Jordan Bardella

Bon, d'abord, merci de me permettre d'aller sur le fond parce que, évidemment, que les Français qui regardent ce spectacle politicien assez navrant sont aussi extrêmement inquiets des mesures qui peuvent être prises ou ne peuvent être prises dans les prochaines semaines. Vous avez raison de rappeler que la question du budget, elle est aujourd'hui fondamentale dans un contexte où nous accusons des déficits publics, des déficits des records de dettes et des déficits commerciaux absolument records. Bien sûr qu'il faut faire des économies dans la mauvaise dépense publique.

Nous présenterons dans les prochains jours et dans le cadre potentiellement d'une campagne électorale comme nous l'avons fait l'an dernier avec le contre-budget, un plan d'économie de 40,4 milliards d'euros dans ce que je considère être la mauvaise dépense publique. Et mon principe sera très simple, il n'y aura aucune économie qui sera faite sur la France du travail ou sur la France qui a travaillé tant que les dépenses nocives de l'État n'auront pas été traitées. C'est quoi les dépenses

16:36
Présentateur

nocives de l'État ?

16:37
Jordan Bardella

C'est par exemple le coût de l'immigration. Vous voyez, moi je ne comprends pas qu'on continue d'octroyer des visas pour soins ou la gratuité des soins aux étrangers en situation irrégulière quand on a un retraité sur trois qui renonce à se soigner.

16:48
Présentateur

Mais là, il n'y a pas le compte des 40,4 milliards.

16:51
Jordan Bardella

Je ne conçois pas. Si, la baisse des fonds qui sont alloués à la prise en charge de l'immigration sera évidemment inclue dans ces économies. Nous allons évidemment commencer par faire en sorte que pour bénéficier par exemple d'un certain nombre d'allocations sociales contributives. Je pense par exemple non contributives je pense par exemple à la question du RSA. Il ne faille plus être depuis cinq ans sur le territoire français mais avoir travaillé pendant cinq ans. Et vous savez qu'à terme nous souhaitons dans le cadre d'une élection présidentielle déclencher un référendum pour faire en sorte que seuls les citoyens de nationalité française puissent bénéficier des allocations sociales.

Nous allons faire des économies sur le train de vie de l'État. Parce que vous voyez pendant qu'on demande aux Français de se serrer la ceinture il n'y a qu'une institution dans notre pays qui ne se serre pas la ceinture c'est l'État. Donc nous allons faire des économies sur les opérateurs publics 3 milliards 500 millions d'euros dès la première année ce sont ces fameux 1900 agences publiques qui ont été pointées du droit dans un rapport du Sénat et qui font bien souvent doublons avec les compétences de l'État et qui alourdissent la bureaucratie d'État. Nous allons faire des économies sur la fraude sociale.

et sur la fraude fiscale parce que l'argent qui est fraudé c'est de l'argent qui malhonnêtement ne sert pas le bien commun.

18:06
Présentateur

Ça pour le coup c'est ce que disait aussi Sébastien Lecornu il l'a annoncé dimanche il a dit notre priorité

18:11
Jordan Bardella

ce sera lutter contre la fraude

18:13
Présentateur

c'était vis-à-vis de vous ?

18:14
Jordan Bardella

Sans doute dans un clin d'œil au premier groupe de l'Assemblée nationale je vais faire des économies sur la contribution de la France au budget de l'Union Européenne que les Macronis souhaitent augmenter de 5 à 7 milliards d'euros donc croyez-moi madame et je dis aux Français de nous croire et de nous écouter de la mauvaise dépense publique de l'argent gaspillé et mal utilisé dans la bureaucratie il y en a plusieurs dizaines de milliards d'euros et nous irons la chercher.

18:37
Présentateur

La question des recettes la contribution sur les plus hauts patrimoines une éventuelle taxe sur le capital taxer les holdings est-ce que ça vous y êtes favorable ?

18:46
Jordan Bardella

Oui la taxation des holdings bien sûr parce qu'aujourd'hui les holdings constituent souvent ça les holdings familiales une pratique qui vise à optimiser fiscalement son impôt et à en réalité permettre à des dividendes de l'argent de dormir dans des structures qui échappent à l'impôt.

Nous souhaitons mettre en place en remplacement de l'impôt sur la fortune immobilière un impôt sur la fortune financière mais qui serait exonéré à la fois de la résidence principale ou de la résidence unique qui serait exonéré des biens professionnels parce que vous voyez bien là la folie depuis trois semaines et moi je tombe de ma chaise en entendant la taxe Zuckman c'est une très très mauvaise réponse à un véritable sujet qui est la justice fiscale dans notre pays mais la taxe Zuckman si vous voulez qui est vendue par la gauche depuis trois semaines et qui est un petit peu imposée je dirais sur les plateaux de télévision et dans l'esprit des observateurs consiste à taxer des projections économiques à taxer des biens professionnels même lorsqu'ils ne sont pas encore rentables c'est le fameux exemple de Mistral où vous pouvez avoir des gens qui vivent certes bien dans notre pays qui sont des pépites nationales pour l'économie française qui lèvent plusieurs millions d'euros chaque année mais qui au moment où on se parle ne sont pas encore rentables et qui par conséquent évidemment Demanderez-vous un effort

19:52
Présentateur

aux retraités les plus aisés ?

19:55
Jordan Bardella

Encore une fois je ne demanderai pas d'effort à la France qui travaille et à la France qui a travaillé avant d'avoir fait des économies dans la mauvaise dépense publique donc mon principe il est très simple d'abord l'État arrête de gaspiller l'argent du contribuable dans tout et n'importe quoi et ça sera déjà une très très bonne chose pour l'économie française et croyez-moi qu'on va faire beaucoup d'économies donc je vais vous dire très simplement si demain les Français m'accordent leur confiance et si demain je suis Premier ministre je prendrai un certain nombre de décisions dès les premiers jours je vais d'abord demander à mon ministre de l'Intérieur d'adresser une circulaire au préfet pour faire en sorte qu'il n'y ait plus aucune régularisation d'étrangers en situation irrégulière zéro je vais lui demander de rétablir des contrôles aux frontières au point de passage de l'immigration clandestine c'est précisément ce qu'a fait l'Allemagne et l'Allemagne en quelques mois a accusé une baisse par un effet mécanique de dissuasion du nombre d'entrées illégales sur son territoire et notamment du nombre de demandeurs d'asile je vais demander à mon ministre de la Justice de proposer très vite et très rapidement une proposition de loi au Parlement visant à rétablir des peines planchées pour casser le laxisme de la justice et également pour mettre fin dans un deuxième texte à toute possibilité d'aménager des peines au-dessus de six mois de peines de prison ferme prononcées par le tribunal parce que l'atteinte à l'intégrité physique dans notre société doit retrouver un caractère sacré voilà donc vos mesures voilà donc des mesures que je mettrai en oeuvre dès mon arrivée à Matignon non pas seulement pour faire joli mais pour remettre de l'ordre dans le pays parce qu'il y a une demande d'autorité aidante qui est extrêmement forte dans le pays et je prendrai donc les mesures nécessaires pour protéger mes compatriotes et j'ajoute un dernier mot madame puisque nous avons parlé d'économie je crois que l'urgence du pouvoir d'achat doit être traitée et dès les premières semaines de mon arrivée à Matignon je souhaite que le ministre de l'économie puisse proposer la baisse de la TVA de 20% à 5,5% sur l'énergie le carburant l'électricité le gaz le fuel ça coûte environ 10 milliards d'euros ces 10 milliards d'euros elles sont financées notamment par les économies que j'ai évoquées tout à l'heure

21:50
Présentateur

la campagne n'est pas encore lancée Jordan Bardella

21:51
Jordan Bardella

oui mais voyez bien qu'on a des mesures et que quand on veut s'attaquer aux problèmes des français on peut le faire il suffit juste d'avoir de la volonté politique et de bien voter aux élections

21:59
Présentateur

président du rassemblement national et on l'a bien vu en campagne pour d'éventuelles législatives il est 8h48 sur RMCB merci à vous merci à vous

Dissolution, législatives, budget... L'interview de Jordan Bardella en intégralité — Jordan Bardella · Pourquijevote