Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 25 novembre 2025 23 min

Budget : "La culture du compromis de Sébastien Lecornu se heurte à la réalité des convictions", tacle Sébastien Chenu

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

France Inter, Benjamin Duhamel, Florence Paracuelos, la grande matinale. J'ai une heure de décalage, il est 8h25 et dans le grand entretien avec Benjamin Duhamel, nous recevons ce matin le député du Nord, vice-président du Rassemblement National, vos questions et réactions au 01 45 24 7000 et sur l'application Radio France. Bonjour Sébastien Chenu. Bonjour. Merci d'être avec nous ce matin sur Inter. On va parler dans un instant de la situation internationale, du plan de paix proposé par Donald Trump pour l'Ukraine, des débats en France alors qu'Emmanuel Macron réfléchit à un nouveau service militaire volontaire.

On va aussi évoquer la question de la politique culturelle que vous défendez au Rassemblement National. Mais d'abord Sébastien Lecornu, le budget discuté au Sénat après son rejet par l'Assemblée. Hier Sébastien Lecornu a appelé à la responsabilité et dénonce une forme de cynisme de la France Insoumise et du Rassemblement National. Vous avez fait preuve de cynisme Sébastien Chenu ?

1:01
Sébastien Chenu

Non et je retournerai à Sébastien Lecornu son compliment parce que je pense qu'il savait dès le départ que dans une Assemblée Nationale dans laquelle il n'y a pas de majorité, il est impossible de construire un budget qui ait une cohérence. Quelle que soit d'ailleurs la cohérence du budget, la France Insoumise ne pourra pas trouver de compromis avec les autres forces politiques. Le Rassemblement National n'en trouvera pas d'avantage avec certaines autres et le Bloc Central ne trouvera pas de compromis. Cette volonté de culture du compromis de Sébastien Lecornu se heurte à la réalité des convictions.

C'est-à-dire que oui, nous ne sommes pas pour baisser les moyens par exemple de la sécurité comme le souhaite la France Insoumise. C'est un exemple parmi d'autres.

1:40
Présentateur

Mais Sébastien Chenu, quand Sébastien Lecornu dit cela, il s'appuie notamment sur un élément qui est que vous avez obtenu, un certain nombre de victoires. Quand la suspension de la réforme des retraites est votée à l'Assemblée Nationale, qui est une de vos revendications, quand vous réussissez à faire voter ce qui ressemble à ce qu'était votre impôt sur la fortune financière, qui s'appelle maintenant impôt sur la fortune improductive. C'est-à-dire que vous obtenez des choses, mais à la fin vous votez quand même contre en disant de toute façon le compromis est impossible, on votera toujours contre.

2:05
Sébastien Chenu

C'est bien la problématique du budget, c'est que dans le budget vous avez plusieurs étages, si j'ose dire, et sur certains marqueurs vous pouvez obtenir des victoires. D'autres forces politiques en obtiennent également. Chacun obtient à un moment ou un autre des victoires parce qu'il a pu les faire passer avec les voix d'autres forces politiques. Mais le résultat final est très déséquilibré. Derrière ces victoires, il y a aussi des choses qu'on ne veut absolument pas voir. Par exemple, la hausse de la CSG que la gauche a obtenue dans ce budget. Et donc si on adopte ce budget, ou la hausse de la contribution à l'Union Européenne.

Si on adopte ce budget, eh bien on avale aussi quelque part tout ce qu'on ne veut pas voir. Donc vous voyez, il n'y a pas de cohérence, il est là le problème.

2:44
Présentateur

Et du coup, est-ce que la nouvelle stratégie du Premier ministre décrite hier, c'est-à-dire vous faire voter, vous les députés, sur des grandes thématiques qui pourraient dégager un compromis, on pense à la défense dès la semaine prochaine, est-ce que ça, ça pourrait marcher ?

2:57
Sébastien Chenu

Bon, d'abord, ce n'est pas des votes qui feront la dépense. Moi, je pense que cette idée de scinder, de compartimenter ou de découper le budget peut être intéressante si elle permet de préserver le budget du régalien. Nous, on votera les hausses de budget du régalien. Par exemple, la hausse du budget de la défense.

3:17
Présentateur

Donc ce vote lundi, le Rassemblement de la CSG soutiendra ce vote.

3:20
Sébastien Chenu

Voilà, y compris avec la surmarche de 3 milliards et demi en politique de défense. Nous, ça, on le votera. Mais en revanche, on se dirige évidemment vers une loi spéciale. C'est d'ailleurs parce qu'il y a cette façon de découper le budget qu'on imagine que le gouvernement, à la fin, c'est une loi spéciale.

3:34
Présentateur

Donc, loi spéciale, on précise pour nos auditeurs, ça veut dire reconduire d'une année sur l'autre le budget. Sans nouvelles dépenses. Sans nouvelles dépenses, avec aussi des effets de bord. Par exemple, le gel du barème de l'impôt sur le revenu, c'est-à-dire que des gens qui, aujourd'hui, ne paient pas d'impôt sur le revenu, rentreraient dans l'impôt sur le revenu. C'est quoi ? C'est un moindre mal, cette loi spéciale ?

3:53
Sébastien Chenu

Non, pas du tout. Mais, M. Duhamel, comprenez bien que c'est le gouvernement qui est responsable de tout ça. D'abord, ils ont saboté le budget, l'exercice budgétaire. Sébastien Chenu, vous ne pouvez pas vous exonérer de toute responsabilité. Non, mais d'abord, ce n'est pas nous qui faisons le budget. Nous ne faisons que l'amender. Nous ne faisons qu'essayer de le faire évoluer. Par exemple, vous aviez fait le choix avec François Bayrou de ne pas le censurer et de le laisser à la tignonne. Oui, mais nous ne sommes pas exactement dans les mêmes dispositions qu'avec François Bayrou.

Je dis que le gouvernement l'a saboté parce qu'ils ont déposé, d'abord, dans l'exercice parlementaire, des milliers d'amendements. C'est-à-dire qu'ils ont amendé leur propre texte, ralentissant la discussion budgétaire, empêchant de traiter un certain nombre de sujets de fonds. Donc, loi spéciale, vous pensez que c'est comme ça que ça va terminer ? Oui, je pense comme ça. Mais le Premier ministre le savait dès le départ.

4:39
Présentateur

Sébastien Chenu, il y a des votes qu'on n'a pas bien compris de la part du Rassemblement national au cours de ce budget. Celui sur la taxe de 2 euros sur les petits colis d'origine extra-européenne de moins de 150 euros, donc notamment les colis Chine. Tout le monde a voté pour, sauf au Rassemblement national. On ne comprend pas très bien pourquoi un parti souverainiste qui veut faire du localisme ne veut pas taxer ces produits qui viennent de loin, qui sont fabriqués hors normes européennes, avec une concurrence déloyale pour les commerçants français.

5:10
Sébastien Chenu

Oui, mais c'est pourtant facile à comprendre. Nous avons expliqué que cette taxe sur les petits colis, elle était d'abord totalement contournable. C'est-à-dire qu'en réalité, la Chine ira mettre ses entrepôts à l'extérieur. Ensuite, elle aura quoi comme effet ? Eh bien, une augmentation, ou en tous les cas, le fait que ce soit le consommateur qui paye les 2 euros de plus. Vous croyez que la Chine va être ennuyée parce qu'on va mettre 2 euros de plus sur les petits colis. Donc la réalité, c'est que c'est le consommateur à la fin qui paye, c'est l'État qui va remplir un peu ses caisses, et que cette taxe, elle est contournable. Donc en réalité, on se donne bonne conscience.

Sébastien Chenu, vous dites que c'est le consommateur qui va payer quand on a des produits qui sont, par exemple, à quasiment 70% non conformes aux exigences européennes.

5:54
Présentateur

Quand par ailleurs, et au Rassemblement National, on entend régulièrement la défense des petits commerçants, vous pensez que les petits commerçants, ils ne souhaiteraient pas que ces petits colis soient taxés précisément pour peut-être rééquilibrer un petit peu ces distorsions de concurrence ?

6:05
Sébastien Chenu

Ce que je crois les petits commerçants et les Français veulent, c'est des choses utiles et efficaces. Je peux prendre le pari avec vous de revenir dans un an et voir si la France a résisté à cette espèce d'envahissement du textile chinois. Nous, on est favorables, par exemple, à des quotas textiles. Ça existait jusque dans les années 2000, des quotas textiles. À des taxes, évidemment, à l'extérieur des frontières de l'Union Européenne, aux frontières de l'Union Européenne. On est favorables à cela.

6:31
Présentateur

Mais ça ne vous gêne pas de voter avec, au fond, d'apparaître comme ceux qui défendent ces entreprises.

6:37
Sébastien Chenu

Là, on ne défend pas du tout ces entreprises. Je vous dis que, un, on défend le consommateur, que c'est l'État qui va se mettre cet argent dans les poches et que ça n'empêchera rien. Je vous dis, rendez-vous dans un an. Je vous le dis, Benjamin Duhamel, voyons dans un an si la Chine importe moins, exporte moins de ses produits textiles sur le marché français. Et voyons où nous en sommes. Eh bien, je pense que vous serez en train de me dire qu'effectivement, il fallait des mesures fortes. Nous, on pense à des quotas textiles, à des taxes, effectivement, aux frontières.

7:06
Présentateur

Sébastien Chenu, il faut qu'on parle de la guerre aux portes de l'Europe. L'Ukraine et la Russie qui ont fait état chacune de frappes massives cette nuit sur leur territoire respectif. Il y a des discussions qui continuent en ce moment sur la base d'un plan de paix proposé par les États-Unis. Une version initiale extrêmement contestée par l'Ukraine parce qu'il s'agissait de concessions territoriales, de réduction drastique de l'armée ukrainienne. Est-ce que dans ces termes initiaux, ça aurait été pour vous une capitulation pour l'Ukraine ? Est-ce que l'Europe a raison de refuser ce plan de paix américain ?

7:41
Sébastien Chenu

Il est évident que ce plan de paix qui est passé, je crois, je crois qu'il y avait 28 ou 30 points de négociation au départ. Et on en est à 19 dans le plan de paix. Il est évident que ce plan de paix n'est pas à la faveur de l'Ukraine. Or, un plan de paix doit évidemment être guidé par l'intérêt souverain de l'Ukraine. L'Ukraine était une puissance agressée. Elle doit être celle qui décide demain de la taille de son territoire, de la taille de son armée, l'intérêt souverain de l'Ukraine. Vous dites que c'est l'Ukraine qui doit décider.

8:09
Présentateur

Il y a 10 ans, Marine Le Pen avait avalisé le rattachement de la Crimée à la Russie en expliquant que le vote qui avait eu lieu était un vote légitime. Même si on suit cette logique-là, il faudra arriver à des concessions territoriales si d'aventure les territoires concernés le veulent.

8:25
Sébastien Chenu

Non mais là vous parlez à un moment d'un vote et ensuite vous parlez d'un envahissement militaire. Vous mettez en juxtaposition quelque chose. Parce que le vote il était légitime du... Le vote il a existé. Le vote il a existé, il a été reconnu comme tel ce vote. Non il n'a pas été reconnu comme tel du tout. En tous les cas il a permis, il a permis aujourd'hui...

8:40
Présentateur

Toutes les autorités internationales ont considéré que ce vote n'était pas légitime et que les conditions du scrutin n'étaient pas réunies.

8:43
Sébastien Chenu

En tout cas sur ça il y a débat. Mais sur l'envahissement militaire, ce n'est pas du tout la même chose. Je vous dis que l'Ukraine, ce qui doit présider un accord de paix, c'est l'intérêt de l'Ukraine, l'intérêt de la souveraineté de l'Ukraine. Pas seulement d'ailleurs de sa souveraineté territoriale. L'intérêt de la taille de son armée par exemple, qu'il y a un débat là-dessus. Et bien effectivement ça, ça doit être... Donc vous ne dites pas qu'il faudra qu'il y ait des concessions territoriales qui soient décidées ou imposées à l'Ukraine. C'est à l'Ukraine de décider de la taille de son territoire. Alors bien sûr ça ne se fait pas seul.

Nous on est favorable à une conférence de la paix plutôt tenue ou en France ou sur un territoire d'un pays neutre pour le faciliter. On a beaucoup parlé de l'Inde et je pense que ce serait une bonne idée. Mais un accord de paix doit se faire uniquement dans l'intérêt de la souveraineté de l'Ukraine.

9:32
Présentateur

Sébastien Chenu et Emmanuel Macron chez nos amis d'RTL M6 ce matin insistent de nouveau sur la menace que constitue la Russie. Et ils devraient annoncer jeudi l'instauration d'un service militaire volontaire. Donc 10 mois d'entre 10 et 50 000 jeunes concernés chaque année. Vous, vous avez dit que vous regrettiez la conscription obligatoire que Jacques Chirac avait abolie. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que ça vous va ce service volontaire ou vous voulez qu'on aille plus loin ?

10:05
Sébastien Chenu

En tous les cas c'est toujours mieux que le SNU. Que cet échec du service national universel qu'avait souhaité mettre en place le président de la République. Donc le président de la République a manqué ce rendez-vous avec les jeunes de notre pays. Aujourd'hui il cherche une formule non effavorable. C'était dans le programme de Marine Le Pen un service national obligatoire, garçons et filles, de 3 mois. Pour commencer, pourquoi ? Je vais dire peut-être pas davantage. Parce que d'abord, aujourd'hui revenir à la conscription, ça coûte énormément. Que ce soit en encadrement, que ce soit en locaux, que ce soit en poids financier.

Il y a d'abord, il y a un débat d'ailleurs, j'ai vu, entre France Stratégie et puis d'autres experts sur le coup. Puisque Pierre Aski parlait des experts, ils ne savent pas nous dire si ça coûterait 5 milliards ou 15 milliards. Il y a un petit delta quand même. En tout cas, ça coûterait très cher. Donc commençons par un service militaire obligatoire de 3 mois, garçons et filles. Et puis allons peut-être plus loin dans le temps. Vous l'avez fait, vous, votre service militaire ? Non. Pourquoi ? Non, moi j'avais été exemplé à l'époque. Ah. Ouais, j'étais dans la dernière classe d'arrivée. 73. Exemplé quoi pour des raisons ? Pour des raisons, je ne vais pas vous donner ma vie personnelle.

Mais je le regrette. Je trouve que c'était... Après, je pense qu'il faut aussi que le service militaire soit valorisé dans la vie civile. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, il faut que ce soit tourné vers la défense. Mais il faut que ce soit valorisé. Alors on dit pouvoir passer le permis, pouvoir passer les gestes du premier secours. Mais il faut que ça ait une valorisation dans la vie civile. lorsqu'on en sort.

11:31
Présentateur

Sébastien Chenu, dans plusieurs articles, vous vous êtes présenté comme potentiel ministre de la Culture d'un gouvernement Rassemblement National. Enfin, en tout cas... Pas vous. La presse a fait état et plusieurs membres du Rassemblement National vous évoquez comme potentiel ministre de la Culture. Et on a Bruno, au standard, qui veut précisément vous poser une question à ce sujet. Bonjour Bruno, bienvenue. Allez-y, posez votre question. Bonjour à l'équipe de France Inter. Bonjour M. Chenu. Bonjour M. Effectivement, vous avez été perçu presse comme ministre de la Culture. Si vous nous dites que non, vraiment, il n'y a que vous qui ne le savez pas.

Donc, plusieurs interviews vous entendent dire, ça devient caricatural, vous aimez la culture ? Oui, bof. Le cinéma, comme tout le monde. Donc, ce n'est pas terrible pour un futur ministre de la Culture. Donc, je vous donne une session de rattrapage. Est-ce que vous pouvez nous dire ce qui vous plaît dans la culture ? Et qu'est-ce que vous feriez dans le domaine de la culture si vous étiez amené aux affaires ? Merci.

12:28
Sébastien Chenu

Bon, c'est un débat un peu large. J'ai été perçu comme pouvant m'intéresser à la culture, parce que c'est vrai que j'aime bien la culture. On n'en est pas à se répartir les postes, quoi que ce soit, quoi qu'il en soit. Et le reste n'est que divagation. Sur ce qui peut me plaire dans la culture. Vous faites allusion à une réponse. Oui, je n'aime pas forcément, comme tout le monde, je crois qu'on n'est pas sensible à toutes les cultures. On a des goûts personnels. Donc, est-ce que ça a à voir dans une politique publique ? Non. Les goûts personnels n'ont rien à voir avec une politique publique de la culture.

12:59
Présentateur

C'est-à-dire juste pour préciser ce que dit notre auditeur. Il fait référence à une interview que vous avez faite chez nos confrères de France Info. Vous étiez interrogé sur notamment la politique de financement du cinéma, parce que le Rassemblement National a proposé dans le cadre des discussions budgétaires de vider le CNC de son budget, le CNC qui finance le cinéma.

13:15
Sébastien Chenu

C'est-à-dire de moraliser les aides, mais ce n'est pas caricatural.

13:17
Présentateur

Et vous avez notamment dit cette phrase, vous avez dit, un bon film se juge au nombre d'entrées qu'il fait. Mais pas seulement, mais c'est un critère.

13:23
Sébastien Chenu

Ah, pour un potentiel ministre de la Culture de dire, un bon film, c'est un film qui fait des entrées. Mais pas seulement, mais c'est un critère. La rencontre entre un film et son public est forcément un critère de financement. Forcément. Je n'ai pas dit que c'était le seul. En réalité, moi, je pense que ce qu'il faut, c'est moraliser. C'est-à-dire un bon film se juge au nombre d'entrées qu'il fait. C'est moraliser. Mais je vous répète, pas seulement, mais ça fait partie des critères. Moraliser les aides financières du CNC. C'était ça, notre volonté. Je vous donne un exemple. Si vous me laissez pas répondre, Benjamin Duhamel, c'est pas ce que je veux dire.

Je vous donne un exemple d'un amendement très précis. Un film dans lequel quelqu'un peut bénéficier d'un cachet supérieur à 500 000 euros. Est-ce qu'il a besoin d'une aide effective du CNC et de l'argent public derrière ? C'est un débat qu'on peut ouvrir. Moi, je suis pour des aides sélectives. Je ne suis pas pour des aides automatiques. Je pense que des films doivent rencontrer un public. Je pense que des aides doivent permettre de faire émerger des jeunes auteurs, réalisateurs, etc. Je pense qu'il y a plusieurs critères.

14:22
Présentateur

Quand vous parlez de film gauchiste, ça veut dire que vous allez faire des sélections au fond. Votre modèle idéal, c'est qu'on regarde si un film correspond aux valeurs qu'on promeut et on voit si on le finance ou pas.

14:32
Sébastien Chenu

Écoutez-moi, jamais nous n'entrons dans la ligne éditoriale que peut avoir un film. Enfin, si on peut parler de ligne éditoriale pour un film, ou en tous les cas, la sensibilité. Mais en revanche, le fait que les aides ne soient pas automatiques, mais qu'elles correspondent à des objectifs, y compris à des objectifs d'équilibre financier. Un film doit pouvoir aussi trouver ses sources de financement par lui-même. Il y a aussi des grands films qui n'ont pas trouvé leur public. Sébastien Chenu, juste puisqu'on parle de la politique culturelle... Ne soyez pas caricaturaux, parce que vous nous jugez comme caricaturaux, mais vous l'êtes tout autant avec ce que vous faites.

15:05
Présentateur

Pas du tout Sébastien Chenu. On vous pose des questions. Dans la politique culturelle, il y a aussi la question de l'audiovisuel. Il s'avère qu'aujourd'hui, on va vous poser des questions et vous aurez l'occasion de répondre, Sébastien Chenu, commencent les travaux de la commission d'enquête parlementaire sur, je cite, « la neutralité, le fonctionnement et le financement de l'audiovisuel public », réclamé par Éric Ciotti, votre allié. À quoi est-ce qu'elle va servir, cette commission, Sébastien Chenu ? Puisque, de toute façon, vous êtes d'ores et déjà convaincu, c'est dans votre programme, qu'il faut privatiser l'audiovisuel public.

15:31
Sébastien Chenu

Non, mais d'abord, je pense qu'elle va servir à faire un état des lieux. Un état des lieux sur l'aspect financier de l'audiovisuel public. Vous êtes ici dans une maison qui n'est pas très déficitaire, mais vous avez par exemple, à côté de vous, France Télévisions, qui a 81 millions, je crois, d'euros de déficit sur l'année en cours. Donc, d'abord, faire le point sur l'état des lieux, ce que coûte l'audiovisuel public. Cet état des lieux, il est fait par la Cour des Comptes ? Pas seulement, mais vous savez, l'histoire de la Cour des Comptes, on nous avait dit la même chose sur le budget de la France.

Les dépenses, le recours à un certain nombre de sociétés de production qui se partagent une sorte de gâteau dans l'audiovisuel public. Là, vous parlez de la télévision. Oui, oui, je parle de la télévision, et je pense que ça, c'est intéressant. L'obligation de neutralité, qui fait beaucoup débat. J'entendais tout à l'heure Pierre Aski, c'est sûr que sur Inter, on préfère plutôt Bernard Kouchner au Kouchner américain. C'est le principe d'un éditorial, vous le savez, c'est que c'est un regard.

16:24
Présentateur

Et d'ailleurs, vous avez l'occasion ce matin de répondre.

16:26
Sébastien Chenu

Heureusement, parce que ça, vous êtes obligés d'accueillir tout le monde, mais tout le monde n'accueille pas tout le monde. Et puis, il y a un côté dénigrement systématique qui est très ressenti par un certain nombre de Français. C'est-à-dire que les Français se disent, ce sont toujours les mêmes qui, sous couvert parfois d'humour, je pense à Marie de Broer, je crois que c'est comme ça qu'elle s'appelle, qui dénigrent une certaine partie des Français. Et en fait, ce qui, je crois, est intéressant de voir, c'est que le service public n'a pas compris qu'il avait perdu le monopole du récit.

C'est-à-dire qu'aujourd'hui, le service public, et c'est là où le service public a une difficulté, c'est qu'il n'arrive pas à comprendre qu'en fait, il est percuté par d'autres médias privés qui ont une autre vision du monde. Est-ce que c'est grave ? Non, ce n'est pas grave. Le problème, c'est que le service public, il est financé avec l'argent des Français, et son incapacité, ou sa capacité finalement, à toujours se moquer des mêmes, s'acharner sur les mêmes, aujourd'hui le rend caricatural.

17:16
Présentateur

Sébastien Chenu, vous avez le droit de ne pas apprécier l'humour, c'est le principe, il y a des goûts dans un sens ou dans un autre. On aime tous les humours différents. Je suis juste étonné que vous faisiez référence à une chronique sur l'antenne de France Inter, pour un parti qui n'a cessé de dire qu'on ne pouvait plus rien dire, l'expression, ben là, voilà, il y a une chronique humoristique.

17:31
Sébastien Chenu

Ce n'est pas ce que je vous ai dit. Je vous ai dit qu'en fait, les Français ont le sentiment, un certain nombre de Français, de financer un service public qui ne s'adresse qu'à une minorité, ou qui ne s'adresse qu'au même, et donc ils se sentent exclus. C'est-à-dire que le manquement, dans le service public et à public, le manquement d'un service au bénéfice de tous les publics, me semble sauter aux yeux.

17:53
Présentateur

7 millions d'auditeurs quotidiens pour France Inter.

17:55
Sébastien Chenu

Oui, enfin, c'est non seulement... Vous faites la course en tête, mais vous avez baissé sur vos audiences aussi. Mais ce n'est pas le sujet, si on regarde ça. Parce que le service public, si on regarde... Vous voyez, tout à l'heure, vous me disiez, ce n'est pas bien de juger un succès au nombre d'auditeurs. Vous me dites que vous avez beaucoup d'auditeurs, et donc sous-entendu que c'est un succès. Donc vous voyez que c'est un critère intéressant dans le financement.

18:14
Présentateur

La réponse, Sébastien Chenu, ce que disait Florence, c'est le fait de dire que, que ce soit à travers les sondages ou les audiences, les antennes du service public sont plébiscitées. Et là encore, ça ne veut pas...

18:22
Sébastien Chenu

Donc c'est bien de rencontrer un public, non ? Oui, c'est bien.

18:25
Présentateur

C'est un peu comme dans la culture.

18:26
Sébastien Chenu

C'est bien de rencontrer un public. Tout le monde cherche à rencontrer un public. Et donc derrière,

18:30
Présentateur

ça doit permettre un financement, n'est-ce pas ? Juste sur la question de la privatisation. Vous n'arrêtez pas, au Rassemblement national, du moins Jordan Bardella, de vanter l'exemple italien. Georgia Meloni, elle n'a pas privatisé l'audiovisuel public italien. Il y a aussi des choses que le privé ne pourrait pas financer. Par exemple, ici, vous avez des correspondants permanents à l'étranger, Istanbul, Berlin, Washington. Est-ce qu'en proposant la privatisation de l'audiovisuel public, vous n'allez pas priver les auditeurs, les téléspectateurs de choses que le privé, de toute façon, ne pourrait pas financer ?

19:02
Sébastien Chenu

Oui, mais je crois qu'à l'heure d'Internet, aujourd'hui, j'ai entendu ce discours il y a longtemps en disant si on veut avoir accès à de l'opéra, du théâtre, à des cultures qui sont très minoritaires dans leur expression. Eh bien, on a besoin du service public. Moi, je crois qu'aujourd'hui, cet argument, il est un peu dépassé. Quand vous avez envie d'avoir accès à un certain nombre de données, eh bien, vous n'avez pas forcément besoin du service public. Je crois que vous donnez un rôle qui dépasse la réalité. Vous voyez de l'opéra, du théâtre, en direct des chaînes privées ?

Non, mais je pense que vous pouvez trouver, grâce à Internet, de l'opéra, du théâtre, très facilement aujourd'hui et gratuitement.

19:34
Présentateur

Pour terminer, Sébastien Chenu, quelques questions politiques. D'abord, sur les municipales. La campagne a déjà commencé et une question générale, est-ce que vous pouvez, par rapport à ce qui s'est passé il y a un an, au moment des législatives, nous assurer que cette fois, il n'y aura pas, par rapport aux investitures ou aux soutiens qui ont été donnés, de mauvaise surprise ? C'est-à-dire pas de candidat au SAI, raciste, antisémite, qui a fait de la prison. Il n'y aura pas de mauvaise surprise

19:55
Sébastien Chenu

de ce point de vue-là ? Mais on fait tout pour. Vous savez, par exemple, il n'y aura pas de candidat comme la LFI qui présente à Grenoble un candidat qui dit on ne fera pas la chasse aux dealers. Ça, c'est sûr qu'on n'aura pas de candidat qui auront ce genre de termes, qui feront des cadeaux au narcotrafic. On fait tout pour sélectionner des candidats qui soient du meilleur niveau possible. Voilà, c'est notre boulot. Est-ce qu'il n'y aura pas de bug ? Je n'en sais rien. Mais nous faisons tout pour. Mais par exemple, vous ne soutiendrez pas un candidat qui a fait de la prison ? Vous avez forcément derrière parce que vous connaissez Benjamin Diomel. C'est une question ouverte.

C'est une idée derrière la tête. Mais ça dépend. Quand on a payé sa dette à la société, on peut très bien se présenter devant les électeurs, non ? D'accord. Donc ce n'est pas un problème, ce n'est pas directement d'avancer la prison ? La justice, ce n'est pas une fois qu'elle est passée,

20:37
Présentateur

la personne n'a pas le droit à reprendre une vie, non ? Écoutez, je vous donne un exemple. À Bastia, le Rassemblement National va soutenir Nicolas Batini, un ancien partisan de l'indépendantisme armé qui a passé six ans en prison pour une tentative d'attente à Corse à la voiture bélier contre la sous-préfecture

20:50
Sébastien Chenu

de Corté en 2012. Donc c'est bien ce que je viens de vous dire. Quand il avait, je crois, 16 ans à l'époque, ce monsieur, quand il a payé, quand on a payé sa dette à la société, qu'on a fait amende honorable, on est dans un cas des malheureuses tensions qui ont pu exister sur la cause. Donc il y a des circonstances atténantes quand on lance une voiture bélier contre une sous-préfecture ? Pas du tout, pas du tout. D'ailleurs, il a été sanctionné, probablement très fortement et tant mieux. Mais ensuite, il reprend sa vie et je ne pense pas qu'il soit très fier d'avoir fait ça.

Donc quand on reprend sa vie, il y a beaucoup de gens qui ont pu avoir des sanctions dans la vie, des sanctions judiciaires et qui reprennent leur vie. Mais ça, c'est le principe même de la justice. Une fois qu'elle est passée, la personne a le droit de reprendre une vie, y compris une vie publique d'ailleurs.

21:34
Présentateur

Une autre question sur les investitures. Est-ce que David Racheline, le vice-président du Rassemblement National, sera réinvesti à Fréjus il y a quelques mois ? Il y a une photo qui est apparue sur les réseaux sociaux de lui, dînant notamment avec Frédéric Chatillon, du GUD, un militant qui par le passé a pu montrer qu'il avait quelques affections pour le régime nazi. Est-ce que David Racheline sera réinvesti à Fréjus ?

21:54
Sébastien Chenu

Il n'est pas encore passé en commission d'investiture. Tout se fait en commission d'investiture et quand ça passera, je reviendrai vous en parler. Et vous le souhaitez ou pas ? Écoutez, moi je regarderai les faits tels qu'ils sont mais à la fin, c'est les électeurs qui décideront. Mais sur l'investiture, je regarderai les faits.

22:06
Présentateur

Non mais c'est pas rédhibitoire ça

22:07
Sébastien Chenu

de s'afficher avec Frédéric Chatillon,

22:09
Présentateur

un militant qui a affiché des affinités

22:12
Sébastien Chenu

avec l'origine nazie. S'afficher avec des gens, moi je ne fais pas la police de la photo de qui s'affiche avec quoi, quelles sont les conditions, pourquoi. Une photo d'eux au restaurant en train de dîner. Voilà, exactement. Qu'est-ce que ça veut dire derrière ? On peut vous faire dire plein de choses à une photo. C'est pas ça le fond. C'est quelle est la politique que défend David Racheline ? Quel est le souhait de David Racheline dans son positionnement politique ? Une toute dernière chose. Vous savez qu'on a une charte ? Nous on signe une charte. Nos candidats signent une charte. Merci beaucoup.

22:42
Présentateur

Merci Sébastien Chenu, vice-président du Rassemblement National et député. La revue de presse à suivre.