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Interviewfranceinfo — L'invité éco (sur Site radio)· 23 avril 2025 8 minContradictoireMixteÉconomie & entreprisesAgriculture & alimentation

Label Agri-Ethique : "Le prix qu'on va bâtir est complètement déconnecté des marchés", affirme son directeur général

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 75 %Défensif 25 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:20PrésentateurFait
    « Les chiffres de l'année dernière étaient déjà excellents. »

Temps de parole

  • Présentateur73 %
  • Invité27 %

4,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

France Info, l'invité éco, Camille Revelle.

0:08
Invité

Bonsoir à toutes et à tous, c'est le directeur général du label Agri-Ethique, premier label de commerce équitable français qui est avec nous ce soir. Bonsoir Ludovic Brindjohn. Bonsoir. Votre label est né il y a 12 ans avec un objectif, s'assurer que les agriculteurs bénéficient d'un contrat de vente sur au moins 3 ans pour lutter contre la volatilité des marchés. Quelques exemples des produits qu'on peut trouver en rayon, des chips, des lentilles, des oeufs, des céréales, du miel, je ne vais pas tout lister. Il y a 773 produits. Que doit-on respecter pour être labellisé chez vous ?

0:36
Présentateur

C'est très simple. Il faut que le contrat démarre du producteur. C'est-à-dire que les producteurs définissent leur prix sur la base de leur coût de production. Et ensuite, vous avez tous les maillons de la chaîne qui doivent contractualiser. Donc le producteur, par exemple si on prend la filière blé, faire une pain, le meunier et puis l'industriel ou le boulanger qui va fabriquer le pain.

0:58
Invité

4 600 agriculteurs ?

1:00
Présentateur

Tout à fait.

1:00
Invité

Combien d'industriels ? Combien de boulangers ?

1:02
Présentateur

Alors aujourd'hui, on a 44 marques, on a 1000 boulangers artisans. Donc 44 marques, ça veut dire autant d'industriels derrière. Et 44 marques nationales. Et donc derrière, plus de 1000 boulangers artisans qui contractualisent sous le modèle agritique.

1:16
Invité

Et est-ce que le nombre de personnes qui veulent bénéficier de ce label augmente ?

1:20
Présentateur

Oui, alors c'est vrai que les chiffres de l'année dernière étaient déjà excellents. Et ceux de cette année que je ne vais pas dévoiler, qu'on va dévoiler dans 15 jours, excusez-moi.

1:27
Invité

On peut avoir une tendance peut-être.

1:28
Présentateur

Les signaux sont extrêmement, je dirais, favorables. C'est-à-dire que le contexte actuel incite les agriculteurs, les industriels à rentrer dans nos dispositifs.

1:40
Invité

Vous aviez 520 millions de chiffres d'affaires en 2024, en hausse de 14% sur un an. On est toujours sur cette tendance ?

1:46
Présentateur

On sera exactement sur la même tendance, voire même supérieure peut-être.

1:49
Invité

Effectivement, vous parlez du contexte actuel autour notamment des droits de douane américains, des revirements aussi du président Trump. Ça, quelles que soient les décisions prises, ça n'a pas d'impact pour les producteurs, pour les personnes que vous représentez ?

2:03
Présentateur

Exactement, parce que le prix qu'on va bâtir avec le producteur est complètement déconnecté des marchés. Vous le savez, les marchés financiers ont un impact sur le prix des matières premières. Donc d'une part, on va venir protéger la rémunération du producteur et d'autre part, on va venir aussi protéger le pouvoir d'achat du consommateur. Donc c'est là où c'est extrêmement intéressant. Et donc finalement, les annonces de Trump n'ont aucune incidence sur les filières équitables françaises agréétiques.

2:30
Invité

Vous dites protéger le pouvoir d'achat du consommateur, mais est-ce que ça ne coûte pas quand même un peu plus cher ?

2:35
Présentateur

Non, justement, c'est là où on fait une erreur en fait. C'est-à-dire que quand on bâtit le prix, comme il est déconnecté des marchés financiers, finalement, quand vous avez une forte hausse des matières premières, le producteur ne va pas forcément bénéficier de cette hausse. Il va rester sur un prix basse co-production. Donc finalement, dans ce cas-là, on va protéger le pouvoir d'achat du consommateur.

2:55
Invité

Donc si je vais faire mes courses dans un rayon où je cherche des lentilles ou du jambon, ce sera le même prix que ce qui n'est pas labellisé agréatique ?

3:01
Présentateur

En fait, dans un contexte, je dirais, de marché haussier, oui, obligatoirement, on va protéger le pouvoir d'achat du consommateur. Dans un contexte de marché baissier, on va rester sur un prix, comment dire, de produits finis qui puisse rémunérer correctement le producteur.

3:17
Invité

La question du traité de libre-échange entre l'Union européenne et les pays du Mercosur d'Amérique latine est revenue sur la table avec le contexte qu'on évoquait à l'instant. La France assure qu'elle est toujours défavorable à ce projet d'accord en l'État. Vous, pour vous, c'était non ? C'est toujours non ?

3:31
Présentateur

C'est toujours non. Après, on n'est pas contre le libre-échange. C'est-à-dire qu'à partir du moment où les règles sont les mêmes pour tout le monde, d'un point de vue social, d'un point de vue environnemental, on n'est pas opposé à ces échanges. Par contre, dans le cadre de l'accord du Mercosur, on voit bien que les règles ne sont pas les mêmes, donc on y est opposé.

3:49
Invité

S'il était révisé, qu'est-ce que vous changeriez, vous, Kiffré ?

3:53
Présentateur

Que vous vous diriez, là, c'est bon ? Déjà, il y a deux aspects. Il y a à la fois les règles sociales, c'est-à-dire que la protection, j'irais, des agriculteurs sur ces territoires, mais aussi les règles sanitaires. Alors, quand je dis sanitaires, protection du consommateur. Et les règles environnementales, il faut qu'elles soient exactement les mêmes. Ce qui n'est pas du tout le cas aujourd'hui.

4:10
Invité

Je n'ai pas cité toutes les filières, tous les produits que vous représentez. Il y en a une dont on parle beaucoup, notamment aux États-Unis, c'est la question des œufs.

4:17
Présentateur

Oui, tout à fait. En effet, les œufs, c'est une réelle problématique en France. Aujourd'hui, on a un besoin en France de 300 élevages de poules pondeuses. Avec Agritik, avec notre label, aujourd'hui, on va engager plus de 20 éleveurs sur des contrats à 10 ans. Alors, pourquoi des contrats à 10 ans ? C'est qu'on va intégrer dans le prix payé producteur, l'amortissement du bâtiment qui permettra d'y mettre les poules. Et bien sûr, la surface nécessaire pour avoir des poules plein air. C'est là où c'est extrêmement intéressant. Il y a d'autres filières dans lesquelles vous vous lancez ? Alors, on aimerait lancer d'autres filières. Il y a d'autres filières.

On vient de lancer une filière Canard, au Salon de l'Agriculture. On a lancé également une filière Quinoa en équitable pour des spiritueux. L'objectif demain, c'est de... Alors, déjà, je lance un appel national pour les œufs. On a besoin d'éleveurs, de poules pondeuses en équitable. Donc, ils auront la garantie d'avoir une rémunération sur une période de 10 ans, le temps de l'amortissement de leur bâtiment. Et ce qu'on aimerait lancer, c'est une filière sucre, une filière sucre française équitable parce qu'on a un besoin de cette matière dans nos produits équitables pour avoir un maximum d'ingrédients équitables dans nos produits finis.

5:29
Invité

Vous avez un petit peu déjà répondu à la question en parlant de vos tendances, de vos chiffres à venir. Mais vous sentez qu'il y a chez le consommateur français un désir de consommer équitable ?

5:39
Présentateur

Alors, déjà, la notion de juste rémunération reste, je dirais, un facteur intéressant, appétant pour le consommateur, à condition, vous l'avez dit, que le prix soit au rendez-vous également. Ce qu'on voit surtout, ce sont des agriculteurs et des industriels qui s'intéressent énormément au modèle dans ce contexte extrêmement chahuté, extrêmement fragile. Parce que d'une part, l'agriculteur, il a besoin de visibilité et d'autre part, l'industriel a besoin de sécuriser des approvisionnements de matières premières sur le territoire. C'est extrêmement important pour lui.

6:11
Invité

Vous parlez de juste rémunération. Il y a un serpent de mer législatif, c'est la loi et même les lois EGALIM censées garantir une juste rémunération aux producteurs. Vous vous dites, nous on peut aider, comment ? Vous feriez quoi ?

6:22
Présentateur

Déjà, je pense que le message politique a été et est bon. C'est-à-dire que l'objectif même d'EGALIM, c'est de rémunérer au juste prix l'agriculteur. Par contre, ce qu'il faut, c'est un engagement de l'ensemble des acteurs. C'est vrai que je ne l'ai pas assez bien précisé, mais nous, notre engagement, il va bien du producteur, sur la base d'un prix, d'un volume, d'une durée de trois ans, jusqu'à la marque, voire jusqu'au distributeur. Il faut que l'ensemble des maillons s'engagent. Pourquoi ? Parce qu'on sait très bien que si un des maillons ne s'engage pas, ils vont encore avoir une appétence pour le marché et il risquerait de sortir du modèle pour revenir sur les marchés.

6:59
Invité

Vous avez des échanges sur ces questions avec le gouvernement, avec des parlementaires ?

7:03
Présentateur

Bien sûr, on a eu l'occasion pendant le salon de l'agriculture d'échanger avec de nombreux parlementaires, Alexis Isard, Anne-Laure Babot, Richard Ramos, Julien Dive, qui nous ont en effet sollicité pour avoir notre retour d'expérience, pour savoir finalement comment vous avez bâti ce modèle et quel retour d'expérience on peut utiliser pour améliorer la loi EGALIM.

7:23
Invité

Vous avez des objectifs chiffrés à plus long terme pour l'avenir, une part de consommation ? Vous aimeriez combien de produits, quelle proportion soit labellisée à l'agriculture ?

7:33
Présentateur

Aujourd'hui, clairement, on est déjà à 67% de parts de marché des produits de commerce équitable français, ce qui est déjà extrêmement important. J'espère que 2025, on pourrait passer, alors là on est à 120 millions d'euros, on va dévoiler nos chiffres, vous le savez, dans quelques semaines. Et je pense que l'année prochaine, on pourrait passer le milliard d'euros de produits agriétiques labellisés Origines France, ce qui serait quand même un cap symbolique, même si vous le savez, c'est encore une aiguille dans une boîte de foin au niveau des produits alimentaires français.

8:07
Invité

Merci beaucoup Ludovic Brungeon, vous êtes directeur général du label Agriétiques, vous êtes ce soir l'invité éco de France Info.