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interviewBFMTV· 27 août 2024 21 min

Refus d'obtempérer, nouveau gouvernement, Jeux paralympiques… L'interview de Gérald Darmanin

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:04
Présentateur

BFM TV face à face. Apolline de Malherbe.

0:09
Gérald Darmanin

Il est 8h32 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Gérald Darmanin. Merci d'être mon invité ce matin. Vous êtes le ministre de l'Intérieur, ministre des missionnaires. On va bien sûr parler aussi de l'avenir politique. Une coalition est-elle possible et avec qui ? Mais d'abord, on l'a appris hier soir. Un gendarme est mort à Mougins, dans les Alpes-Maritimes. Tu es dans un refus d'obtempérer. Le chauffard a été interpellé cette nuit. Est-ce que vous pouvez nous en dire plus ?

0:34
Présentateur

Hier, il y a eu un contrôle de police avec la police municipale à l'entrée de l'autoroute A8, effectivement sur la commune de Mougins, dans les Alpes-Maritimes. Comme les gendarmes, les policiers en font énormément. Quelqu'un ne s'est pas arrêté, a foncé sur eux, manifestement. Il a été retrouvé alors qu'on avait très peu d'éléments. Donc je voudrais vraiment remercier les gendarmes, la police scientifique et judiciaire, qui a pu retrouver très vite cette personne. À 4h30 du matin, elle a été interpellée.

Il s'agit d'un Cap-Verdien qui est étranger régulier sur le sol national, qui avait son permis de conduire, mais qui avait de nombreux faits de délits routiers, notamment de refus d'obtempérer. Ce n'est pas la première fois. Moi, je suis heureux qu'il ait été très rapidement interpellé. Mais j'ai évidemment une pensée pour tous les gendarmes, pour tous les policiers, pour Éric Comines. C'est un gendarme de 54 ans qui a deux enfants, qui est mort d'arrêt respiratoire sur une arde d'autoroute, parce qu'il faisait son métier pour nous protéger, pour arrêter un chauffard.

1:31
Gérald Darmanin

Gérald Lermanin, vous dites qu'il était connu pour de nombreux faits, délits, dont délits d'obtempérer. Ça veut dire que c'est une récidive de délits d'obtempérer ?

1:39
Présentateur

Manifestement, moi, je n'ai pas les condamnations judiciaires. Je n'ai que les inscriptions que la police et la gendarmerie faisaient sur ce qu'on appelle son casier, l'otage. Effectivement, à plusieurs reprises, depuis quelques années, il était un délinquant de la route.

1:52
Gérald Darmanin

– Les refus d'obtempérer, ils tuent. Ils ont tué hier soir, ils ont tué parfois ceux qui refusent d'obtempérer. On pense évidemment à Naël. Ils tuent parfois aussi des passants qui se trouvent sur ces courses-poursuites. Comment cesser ce que certains policiers appellent un véritable fléau ?

2:12
Présentateur

– Il y en a 25 000 par an, en moyenne. Il y a eu des pics. Jusqu'en 2021, c'était 27 000, 28 000. Ça a un tout petit peu baissé. On est autour d'entre 20 000 et 23 000 les trois dernières années. Mais c'est très, effectivement, très nombreux. Ça a fait d'obtempérer ce qu'on appelle des rodéos urbains, en voiture, en quad, en moto. Et je pense que le mieux pour les arrêter, c'est que les gens s'arrêtent quand la police et la gendarmerie leur demandent de s'arrêter. C'est un discours qu'on doit tous tenir. Quand un policier, un gendarme, un policier municipal vous dit de vous arrêter, vous devez vous arrêter.

Et vous savez, sur ces 25 000 en moyenne, refusant de tempérés par an, ce qui fait effectivement beaucoup de mise en danger des autres, il y en a 5 000 qui touchent directement les policiers, les gendarmes, les citoyens qui passent sur le passage piéton à côté. Et il y a malheureusement beaucoup de morts. Vous savez, quand je suis devenu ministre de l'Intérieur, ça fait maintenant plus de 4 ans, l'un de mes premiers actes a été d'aller voir une famille, celle de Romain Boulange, un policier de Lille, qui est mort par un accident de la route mortelle et qui est en fait, me semble-t-il pour moi, un acte de crime. Parce que ce qui s'est passé hier, ce n'est pas un refus de tempérés classique.

Ce n'est pas simplement que je n'ai pas voulu arrêter ma voiture. C'est un crime.

3:21
Gérald Darmanin

Il a foncé délibérément sur le gendarme qui tentait de l'arrêter ?

3:25
Présentateur

Je n'étais pas là. La justice dira si c'est volontaire ou involontaire. En tout cas, c'est un acte criminel. C'est incontestable. Un père de famille est mort. Il avait l'uniforme de la République. On ne pouvait manifestement pas le louper. Il n'était pas en course aux poursuites, ce gendarme. Il faisait, ce que nous avons tous vu quand nous conduisons notre voiture, un contrôle routier dans une entrée d'autoroute avec la police municipale. Et quelqu'un a commis un acte criminel qui est de tuer ce gendarme.

3:51
Gérald Darmanin

Gérald Darmanin, il était sur le chemin de la gendarmerie ? Il envisageait de se rendre de lui-même ?

3:57
Présentateur

Manifestement, depuis trois heures du matin, il y avait un encerclement du site puisqu'il avait été géolocalisé grâce à la téléphonie notamment. Il y avait des hélicoptères, pardon d'ailleurs pour les habitants de ces communes qui quadrillaient avec une centaine de gendarmes le terrain, les communes aux alentours. Et manifestement, de ce que je comprends, il allait se rendre à la brigade de gendarmerie ou au commissariat de police.

4:17
Gérald Darmanin

Ce que vous laissez entendre, c'est qu'il allait peut-être se rendre aussi parce qu'il se savait traquer et cerner.

4:21
Présentateur

C'est à peu près certain.

4:23
Gérald Darmanin

Gérald Darmanin, un mot encore de ces attaques qui sévissent. Il y a eu des attaques à Grenoble. Il y a eu des attaques en centre-ville de Besançon, une fusillade en plein jour en centre-ville. Et puis, il y a eu le retour du terrorisme, puisque c'est le parquet antiterroriste qui s'est chargé de l'affaire avec l'attaque de la synagogue de la Grande Motte. Est-ce qu'aujourd'hui, vous en savez un peu plus sur les motivations et peut-être les complicités du terroriste ? A-t-il agi seul ?

4:54
Présentateur

Ce qui s'est passé à la Grande Motte, encore une fois, est évidemment ignoble. Et je voudrais répéter l'augmentation de 200% des actes antisémites depuis ce 1er janvier. C'est-à-dire que, vous voyez bien que nos compatriotes juifs subissent des actes répétés contre les personnes, contre les lieux, contre les lieux de culte. Je veux dire que je suis ministre de l'Intérieur sans doute encore pour quelques jours, mais je vais avoir un oeil tout particulier, comme je l'ai toujours fait vendredi et samedi, pour le Shabbat et lundi pour la rentrée scolaire, notamment autour des écoles juives. Ils peuvent être assurés de la protection totale de la République.

5:24
Gérald Darmanin

Ça veut dire, pardon Gérald Darmanin, que vous anticipez une montée, voire même un passage à l'acte, dans les jours qui viennent. Quand vous dites le Shabbat, c'est cette fin de semaine. Quand vous dites la rentrée des classes, c'est lundi. On sait que depuis l'attaque de la synagogue, il y a également un homme qui a été interpellé avec un couteau qui menaçait une femme juive, qui avait planté un couteau vraisemblablement devant un magasin cachère.

5:48
Présentateur

C'est manifestement quotidien. Je pense qu'il faut être aveugle pour ne pas le voir.

5:51
Gérald Darmanin

Cette arrestation, c'était hier dans le Val-de-Marne, avec cet homme avec son couteau.

5:55
Présentateur

Avec le président du CRIF ou du Consistoire, malheureusement, nous nous retrouvons souvent devant des synagogues brûlées. Je pense à celle de Rouen, il n'y a pas si longtemps que ça. Devant des attaques contre des rabbins. C'était par exemple à Levallois-Péret, il n'y a pas si longtemps que ça. Et devant des écoles juives qui ont besoin de sécuriser. Il y a des enfants qui, vous le savez bien, sortent du système scolaire classique pour aller dans des écoles plus sécurisées. Les écoles juives elles-mêmes ont besoin d'être sécurisées.

Les policiers et les gendarmes sont tous les jours devant les écoles confessionnelles, devant les synagogues, dans les rues qu'on pourrait qualifier de communautaires, où il y a des quartiers communautaires, des commerces communautaires, pour protéger nos compatriotes juifs. Mais c'est évident. Et ne pas le voir, ne pas voir cet antisémitisme, qui est à la fois nourri par la haine d'Israël et la haine du juif, tout simplement, qui touche toute l'Europe, bien évidemment, mais qui nous touche évidemment nous, qu'avons la première communauté juive d'Europe, c'est évidemment être aveugle. Donc cet acte terroriste...

6:49
Gérald Darmanin

Le profil de cet homme qui s'était drapé dans un drapeau palestinien, qui s'était couvert à la tête d'un kiffier...

6:58
Présentateur

Aujourd'hui, il a en garde à vue à la DGSI. Effectivement, les magistrats antiterroristes, entre guillemets, l'interrogent et voient avec les services spécialisés quelles ont été ses complicités éventuelles. Mais il est certain que c'est incontestablement sa haine d'Israël qui l'a poussé à cela. Il avait une activité assez soutenue sur les réseaux sociaux. Et je crois qu'il a été encouragé par ce que d'autres appellent le djihadisme d'atmosphère pour ce qui concerne l'islamisme radical. Mais il y a une haine d'Israël d'atmosphère incontestable qui est portée par certains discours politiques, notamment. On verra le lien qui sera fait par les magistrats eux-mêmes.

7:32
Gérald Darmanin

Mais ce contexte... Vous estimez aujourd'hui qu'il y a un terrorisme ou un antisémitisme d'atmosphère. Pour reprendre les mots de M. Kepel, qui parlait du djihadisme d'atmosphère, Gérald Darmanin, vous considérez aujourd'hui que c'est nourri par certaines forces politiques ?

7:46
Présentateur

Évidemment, ça c'est ça.

7:47
Gérald Darmanin

Lorsque le président du CRIF hier parle de Jean-Luc Mélenchon comme d'un pompier pyromane, vous reprendriez cette expression ?

7:51
Présentateur

Je ne suis pas là pour dénoncer les argusies des uns ou des autres. En tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'il y a un discours politique qui peut rendre légitime, sans doute, des passages à l'acte pour des personnes comme ce monsieur. Je ne sais pas si c'est le cas précis pour ce monsieur, mais c'est le cas, en tant que ministre d'intérieur, je le vois tous les jours. Les propos de Mme Hassan, les propos d'un certain dirigeant politique, malheureusement, poussent sans doute des personnes à faire ce genre d'acte ignoble. Mais vous savez ce qui a été terrible dans la Grande Motte ?

Bien sûr, le lieu est un lieu sacré, celui de la synagogue, comme celui de la mosquée ou d'une église, mais c'est que le rabbin était attendu avec une hache. Ça aurait pu être un drame absolument ignoble, ce qui se passait à la Grande Motte si les gendarmes n'étaient pas arrivés très vite. Donc il faut faire attention tous les jours, et je sais la peur de nos compatriotes juifs, et je veux leur dire que la République, par le ministère de l'Intérieur, les protège et les protégeront.

8:40
Gérald Darmanin

Gérald Darmanin, je vois que vous avez remis une cravate en tant que ministre de l'Intérieur dans ces circonstances évidemment dramatiques. Un gendarme est mort, oui. Dans ces circonstances dramatiques. Vous l'aviez enlevé ces derniers temps parce que c'était déjà un autre temps politique. Je voudrais qu'on en vienne à cette politique. Emmanuel Macron qui a annoncé hier écarté le nouveau Front populaire, pourtant arrivé en tête. Est-ce que vous comprenez ?

9:01
Présentateur

Le président de la République, il a fait des consultations, et ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi des partis politiques de gouvernement, je pense aux partis socialistes, ne répondent pas de nouveau à ces consultations aujourd'hui.

9:12
Gérald Darmanin

Ils ont annoncé leur refus d'y aller. Olivier Faure, le patron du Parti socialiste, refuse, je cite, d'être complice d'une parodie de démocratie. Lucie Castet appelle les gens à se mobiliser face à ce déni de démocratie.

9:24
Présentateur

– Madame Castet, avec tout le respect qu'on lui doit, elle ne s'est pas présentée aux élections législatives. Elle n'a pas été élue députée, elle ne s'est même pas présentée aux suffrages des électeurs. Le Front populaire n'a pas présenté, Madame Castet, avant de se présenter dans les électeurs, comme étant la future Première ministre. Et d'ailleurs, la Constitution de la Ve République, depuis 1958, prévoit que c'est le président de la République qui nomme le Premier ministre. Ce ne sont pas les partis politiques qui décident comme ça de dire qui est le Premier ministre. Personne n'a gagné ces élections législatives.

9:50
Gérald Darmanin

– Il y en a un qui est arrivé en tête quand même ? Personne n'a gagné, il y a un numéro un ?

9:55
Présentateur

– Non, attendez, arrivé en tête au premier tour, c'était le Front National, il ne faut pas l'oublier.

9:58
Gérald Darmanin

– Oui, mais ça se joue au deuxième tour quand même, les élections, Jean-Déder Manin.

10:01
Présentateur

– Il y a eu 11 millions de voix qui ont voté pour le Front National, moi je ne veux pas les mépriser, les électeurs du Front National. Ils disent tous quelque chose de notre incapacité, de nos difficultés et de notre défaite. Il y a eu des désistements entre les deux tours. J'ai moi-même dit, d'ailleurs, que je n'étais pas très favorable à cette politique de désistement, mais dont ça a été fait, des gens se sont désistés et n'ont pas voté forcément pour avoir Mme Lucie Casté, Premier ministre. Il faut que chacun reste raisonnable, peu prétentieux et sans doute un peu modeste devant les électeurs. Nous avons des consultations. Qu'a dit le Président de la République cet été ?

Il faut que les partis politiques, les groupes politiques se parlent. Manifestement, ils ne se sont pas beaucoup parlé. Ils n'ont pas beaucoup trouvé ensemble une solution. Qu'a dit le nouveau Front Populaire au Président de la République qui les a reçus ? C'est tout notre programme, rien que notre programme. Il n'y a pas de majorité pour ça. Il n'y en a pas, indépendamment de ce qu'on pense du programme du Front Populaire, et j'en pense…

10:46
Gérald Darmanin

Est-ce qu'il ne fallait pas les laisser, au moins le tenter ? Ils disent, mais laissez-nous notre chance, nous sommes arrivés en tête. On verra bien si ensuite, il faut discuter, trouver d'autres majorités, une fois qu'on est dans la place.

10:57
Présentateur

Les institutions de la République, ce n'est pas un jeu. Tous les partis politiques qui n'appartenaient pas au nouveau Front Populaire, qui représentent à peu près 350 députés, largement plus de la moitié de l'hémicycle, ont dit qu'ils censuraient le jour même de la nomination du gouvernement.

11:11
Gérald Darmanin

Vous dites que ce n'est pas un jeu, mais on est bien d'accord. L'argument d'Emmanuel Macron aujourd'hui, c'est la question de la stabilité, je cite, « stabilité institutionnelle ». Mais si vous voulez la stabilité institutionnelle, il ne fallait pas dissoudre.

11:22
Présentateur

Le gouvernement du nouveau Front Populaire n'a aucune chance, aucune chance, de prospérer plus d'une journée. Tout le monde l'a dit à la sortie de l'Élysée. Il faut donc raison garder. Le président de la République n'a pas écarté les socialistes ou les communistes des responsabilités politiques. Il a écarté, et fort heureusement, la France insoumise, qui est un parti dangereux, chacun le voit, à la fois pour des questions d'antisémitisme ou de respect des forces de l'ordre, je pense que c'est le minimum, minimum qu'on doit attendre, me semble-t-il, d'un parti du gouvernement, c'est de ne pas s'allier avec la France insoumise.

Une fois que nous avons une discussion avec des socialistes, on parle aujourd'hui de M. Cazeneuve, par exemple, et pourquoi pas ? M. Cazeneuve est un homme respectable, il ne fait pas partie de ma famille politique, je l'ai jadis combattu, mais je constate que c'est un grand républicain, laïc, on pourrait très bien discuter d'une coalition avec un socialiste comme M. Cazeneuve. M. Cazeneuve, c'est un travail qui se fait entre le président de la République et lui.

12:18
Gérald Darmanin

M. Cazeneuve, tirons ce fil, puisqu'à un moment, il faut quand même essayer d'imaginer un scénario de la suite. Gérald Denarmanin...

12:23
Présentateur

M. Cazeneuve, Premier ministre,

12:26
Gérald Darmanin

M. Cazeneuve, vous pourriez rester quelques temps dans ce gouvernement, d'ailleurs c'était votre prédécesseur à Beauvoir.

12:32
Présentateur

M. Cazeneuve, j'ai beaucoup de respect pour Bernard Cazeneuve, qui est un grand républicain une nouvelle fois et qui est un grand ministre de l'Intérieur, qui respecte les forces de l'ordre, mais ce n'est pas moi qui décide, les membres du gouvernement, c'est le Premier ministre qui le propose au président, on n'en est pas du tout là. Moi, je fais mon travail pour aujourd'hui, et je crois que vous avez vu que l'actualité est au rendez-vous, pour être au rendez-vous de la sécurité des Français.

Mais l'exemple que je vous donne, c'est que le président de la République, il n'écarte pas le fait que quelqu'un d'autre que sa famille politique préside au destiné du gouvernement, même si c'est un socialiste, ou si c'est Xavier Bertrand pour le côté de la droite, ou si c'est Gérald.

13:04
Gérald Darmanin

Vous avez dit Bertrand, vous diriez la même chose que vous disiez à l'instant sur Bernard Cazeneuve ?

13:08
Présentateur

Que fait le président de la République ? Il essaye, dans un contexte où personne n'a gagné ses élections ou personne n'a de majorité, alors que la Ve République, c'est le fait majoritaire. C'est la première fois qu'il n'y a pas de fait majoritaire à ce point, de trouver non pas une majorité pour, mais qu'il n'y ait pas de majorité contre, pour que nous ayons un budget, pour que les fonctionnaires soient payés, pour que la voix de la République soit la rentrée scolaire, le soutien que nous devons à nos forces de l'ordre, l'hôpital public, l'aide évidemment à tous nos concitoyens qui sont en difficulté.

Personne n'accepterait que nous ne puissions pas payer les fonctionnaires, que l'hôpital public ne fonctionne pas et que la voix de la France ne soit pas entendue.

13:41
Gérald Darmanin

Vous avez été ministre des Comptes publics, Gérald de Dormandin. Vous êtes aujourd'hui ministre de l'Intérieur. Est-ce que s'il n'y a pas de budget, est-ce que si cette situation d'incertitude perdure, les fonctionnaires, les policiers seront payés ?

13:53
Présentateur

Il faut que nous ayons un gouvernement d'ici la fin du mois très certainement puisque le 1er octobre, le Parlement se réunit et commence à étudier le budget. Le Parlement modifiera le budget proposé par le gouvernement. Bien évidemment, c'est la loi démocratique. Et il faut qu'avant le 31 décembre, nous ayons un budget.

Si nous n'avons pas de budget, si le gouvernement tombe comme ça aurait été le cas si Mme Castet avait été nommée première ministre puisque dès le lendemain, ce gouvernement aurait été nul et non avenu et nous sommes rentrés dans une crise institutionnelle, c'est ce qu'a dit le président de la République, effectivement, le danger est grave que la France se fasse attaquer sur les marchés financiers. Mais on est parlé des gens

14:24
Gérald Darmanin

dans une crise institutionnelle. C'est quand même étrange.

14:26
Présentateur

Mais crise institutionnelle, pour l'instant... Provoquée par qui ? Pardon, pardon, mais les Jeux Olympiques se sont déroulés, on a pu accueillir le monde sans aucun problème. Nous avons tous passé, pour ceux qui ont pu en prendre, quelques vacances en toute sécurité. Les gens qui ont pu être soignés ont été soignés. La rentrée scolaire se passera. Nous accueillons les Jeux Paralympiques désormais.

14:42
Gérald Darmanin

Pour ça ne peut durer.

14:43
Présentateur

Non mais aujourd'hui, il n'y a pas d'instabilité institutionnelle. L'instabilité institutionnelle, si les gouvernements ne peuvent pas passer plus d'une journée en responsabilité, Mme Casté n'avait aucune chance. Ce n'est pas le président de la République qui l'a décidé. Ainsi, ce sont les autres forces politiques qui représentent une majorité contre eux qui lui ont dit à l'Élysée. Il les a reçus, il a pris son temps, il les reçoit à nouveau. Mais maintenant,

15:03
Gérald Darmanin

on sait que le Parti Socialiste dit non, on sait que le Parti Communiste dit non, on sait que Europe Écologie dit non.

15:08
Présentateur

Ils ont dit non ce matin. Vous êtes bien d'accord que tout le monde n'est pas totalement d'accord au Parti Socialiste. Il y a la position de M. Faure.

15:13
Gérald Darmanin

Il y a celle de M. Glucksmann.

15:14
Présentateur

Je la trouve assez irrespectueuse des institutions parce que je pense que quand le président de la République propose des consultations, la moindre des choses c'est d'y aller, quitte à dire qu'on n'est pas d'accord. Évidemment, je ne comprends pas la position d'un grand parti de gouvernement comme le Parti Socialiste. Il y a plein d'élus, encore ce matin en lisant rapidement le journal, de grands élus socialistes qui disent que ce n'est pas tout à fait normal cette position.

15:35
Gérald Darmanin

Vous espérez donc qu'une partie du Parti Socialiste éventuellement

15:38
Présentateur

rejoigne cette proposition de coalition. Je pense que ce serait une bonne chose. Nous sommes mis d'accord pour lutter contre le Rassemblement National. On a été d'accord sur l'essentiel. Pourquoi aujourd'hui on ne serait pas d'accord alors qu'il faudrait sans doute affirmer la laïcité, soutenir nos forces de l'or, soutenir notre économie, redonner du pouvoir d'achat à nos concitoyens ? On est contre le fait que la Russie gagne la guerre en Ukraine et on est pour la paix au Proche-Orient. On pourrait se mettre d'accord sur un minimum. C'est ça, une coalition. Ce n'est pas parfait, ce n'est pas tout à fait ce que nous pensons chacun d'entre nous mais ça permet à la France de fonctionner.

C'est ce qu'ont voulu les Français en finalement ne donnant le pouvoir ni à M. Mélenchon ni à Mme Le Pen. Pourquoi aujourd'hui M. Fort préfère l'alliance avec M. Mélenchon que l'alliance avec les partis de gouvernement de l'ex-majorité ? Il y a quelque chose qui ne va pas. Donc aujourd'hui le président de la République est dans sa responsabilité de pouvoir trouver une première ministre qui pourra ne pas avoir immédiatement une majorité contre elle, contre lui.

16:34
Gérald Darmanin

à cela je le disais ils en ont seulement répondu non mais ils passent même à l'attaque en quelque sorte avec une menace de destitution qui est lancée par la France insoumise et un appel à la grande mobilisation ça c'est ce que Fabien Roussel a immédiatement lancé hier soir.

16:46
Présentateur

Mais ils ne sont pas d'accord entre eux. J'ai entendu ce matin M. Fort lui-même dire qu'il n'était toujours pas d'accord avec la proposition de destitution de M. Mélenchon. D'abord cette alliance de briquet de broc finalement

16:58
Gérald Darmanin

Mais bon elle tient cette alliance.

17:00
Présentateur

Elle ne tient rien du tout. Ils ne se sont pas mis d'accord pour pouvoir ouvrir un minimum leur projet leur gouvernement pour tenir une coalition qui aurait une majorité à l'Assemblée nationale. Ça n'a pas de sens. Et j'ai beaucoup de respect pour M. Roussel mais M. Roussel lui-même sait bien qu'il ne peut pas puisque lui-même ne parle plus à M. Mélenchon gouverner avec M. Mélenchon. D'ailleurs ce qui se pose aujourd'hui comme question c'est est-ce qu'on est d'accord pour se retrouver sur l'essentiel pour éviter que notre pays aille justement dans une instabilité qui lui coûterait extrêmement cher.

Il n'est pas raisonnable me semble-t-il de vouloir absolument exiger le pouvoir quand on n'a pas les moyens d'appliquer le programme pour lequel on n'a pas de majorité.

17:36
Gérald Darmanin

Quel sera votre rôle à vous Gérald Darmanin ? Qu'est-ce que vous demandez y compris à la famille dont vous venez la famille de la droite ?

17:42
Présentateur

Moi je pense qu'il faut que chacun soit raisonnable on peut se mettre d'accord sur un certain nombre de sujets pour faire avancer notre pays on sait qu'ils sont urgents on n'est pas d'accord sur tout je pense qu'un grand acte de décentralisation est nécessaire il est évident qu'il nous faut un budget qui nous permet de continuer à soutenir ce qu'on appelle l'état régalien la justice la police et puis me semble-t-il l'éducation nationale qui a besoin de moyens très importants pour nos enfants je pense qu'il y a des réformes qu'il faut que nous portions incontestablement Et quelle serait votre priorité ?

Logement moi je vois à Tourcoing il y a 6000 demandes de logements en attente voilà une difficulté pour laquelle nous n'avons pas su être forcément au rendez-vous il y a plein de gens qui attendent pour être logés qui attendent de pouvoir fonder une famille dans un logement c'est tout ce que le logement c'est 40-50% parfois de votre salaire qui y passe au lieu d'augmenter le pouvoir d'achat immédiatement par du numéraire il faut peut-être penser aux dépenses contraintes comme le logement par exemple il y a évidemment un sujet de soutien à l'Ukraine

18:32
Gérald Darmanin

Et vous y croyez ? Vous pensez que cette coalition peut dans les jours qui viennent ça peut durer combien de temps ?

18:40
Présentateur

Ah ben ça je pense que ça dépend du pragmatisme des femmes et des hommes politiques et de leurs responsabilités Vous savez par exemple cette question du logement bon moi j'étais un maire de droite à Tourcoing mais je pense qu'il y a plein de maires de gauche qui sont absolument d'accord avec moi parce que le maire de Rouen la maire de Nantes le maire de Marseille peut-être même la maire de Paris on a eu des problèmes de maires on est capable de se mettre d'accord pour dire qu'il faut construire davantage

19:00
Gérald Darmanin

Ce que vous arrivez parfois à faire d'ailleurs dans les municipalités des alliances de circonstances vous pourriez le faire Mais j'ai porté

19:05
Présentateur

j'ai porté personnellement plusieurs lois à l'Assemblée nationale et au Sénat je mets la loi immigration de côté qui était plus clivante mais toutes les lois que j'ai portées pour le ministère de l'Intérieur ont été votées par la gauche j'ai réussi à donner des moyens supplémentaires à la police à la gendarmerie et à la demande du président de la République avec les voix du Parti Socialiste nous avons fait une votée des lois qui nous ont aidé me semble-t-il à organiser ces Jeux Olympiques avec les voix du Parti Socialiste j'ai organisé à Paris les Jeux Olympiques avec le maire de Paris sous l'autorité du président de la République

19:34
Gérald Darmanin

et une dernière question là-dessus

19:35
Présentateur

avec la maire de Paris Socialiste on y arrive on n'est pas d'accord surtout avec Anne Hidalgo moi je ne suis pas devenu socialiste mais sur l'essentiel quand l'essentiel est en jeu comme De Gaulle en 58 on peut se mettre d'accord me semble-t-il

19:44
Gérald Darmanin

et dans ce contexte les Jeux Paralympiques commencent demain est-ce qu'il y a encore un pilote dans l'avion est-ce que vous êtes confiant sur la sécurité de cet événement ?

19:51
Présentateur

oui je suis confiant comme on l'a été pendant les Jeux Olympiques même si la menace terroriste est importante regardez ce qui s'est passé en Allemagne regardez ce qui nous est arrivé à la Grande Motte donc il y a 25 000 policiers et gendarmes mobilisés tous les jours 10 000 agents de sécurité privés 8 000 militaires de sentinelles de nouveau la sécurité sera extrêmement présente sans être oppressante je pense que ça a été la grande réussite des Jeux Olympiques de Paris mais il faut être très attentif et pendant une grosse dizaine de jours nous serons extrêmement attentifs à Paris, en Ile-de-France et ailleurs

20:20
Gérald Darmanin

et donc c'est pas le moment de l'instabilité ?

20:22
Présentateur

aujourd'hui il y a des grands préfets il y a des grands directeurs généraux celui qui aura le bonheur d'être ministre de l'Intérieur dans les prochains jours si jamais le président de la République le choisira il a à la fois des moyens budgétaires des femmes et des hommes très courageux et je pense c'est un dispositif qui a fait ses preuves

20:35
Gérald Darmanin

merci Gérald de Darmanin d'être venu ce matin vous le disiez en début de cet entretien le chauffard qui a tué le criminel même dites-vous qui a tué ce gendarme dans ce refus d'obtempérer a été arrêté cette nuit il était dites-nous déjà connu pour des délits routiers et notamment des délits d'obtempérer merci à vous il est 8h52 sur RMC BFM TV merci à vous

20:59
Locuteur

merci à vous merci à vous