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interviewyoutube.com· 23 décembre 2021 22 min

Interview Anne Hidalgo face à Jean-Jacques Bourdin en intégralité

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:14
Présentateur

Anne Hidalgo, bonjour. Bonjour Jean-Jacques Bourdin. Merci d'être avec nous, maire de Paris, candidate à l'élection présidentielle. L'épidémie de Covid galope, déferlante du variant Omicron. Pas de nouvelles restrictions pour l'instant. Est-ce que c'est une sage décision du gouvernement ? De ne pas faire de restrictions ? Pas de nouvelles restrictions.

0:32
Alain Bourdin

Il y a encore très peu d'anticipation. Vous savez, le 20 octobre, j'alertais l'ARS d'Ile-de-France parce que nous voyons monter justement dans les eaux usées les indicateurs nous faisant dire qu'il allait y avoir cette vague-là. Le ministre de l'Éducation allège le protocole dans les écoles au moment où tout le monde se dit, observe ce qui se passe en Afrique du Sud, en Grande-Bretagne. Donc comme toujours, un manque d'anticipation. Un manque d'anticipation peut-être lié au fait qu'ils n'ont pas voulu dire aux Français avant les fêtes de Noël ce qui était en train de se passer. Mais quand même, une grande inquiétude. A la fois parce que ce variant est en train de prendre le dessus.

Aujourd'hui, par exemple, sur Paris, le taux d'incidence est de 1000 sur 100 000. 1000 sur 100 000.

1:24
Présentateur

Voilà, ça veut dire qu'en fait, il y en a 100 000 habitants, 1 sur 100 à le Covid.

1:28
Alain Bourdin

1 sur 100 est aujourd'hui à le Covid. Donc l'attention, elle est où ? Elle est surtout sur les hôpitaux. Parce que ce qu'on nous dit, soyons prudents, mais enfin les études anglaises le confirment, ont l'air de le confirmer, il est moins mortel que ce que l'on a pu connaître avant.

1:45
Présentateur

Il conduit moins de personnes à l'hôpital, pourquoi ? Parce qu'il touche des plus jeunes.

1:49
Alain Bourdin

Oui, sauf que si ça touche beaucoup plus de monde, ça va quand même conduire beaucoup de monde à l'hôpital. Et un hôpital qui est aujourd'hui en situation extrêmement difficile. Et moi, je veux à nouveau leur dire merci parce que, vous le savez, que ce soit à Paris ou dans les autres hôpitaux de France, on est en train de demander aux soignants de renoncer à des congés, de revenir. Et puis les soignants vont être aussi touchés par la maladie. Et on le sait, c'est ce qui s'est passé en Angleterre. Donc je crois qu'il y a eu un manque d'anticipation. Il y a, je dois le dire ici, très peu d'informations.

Ce n'est pas normal, je le dirais, jusqu'au bout de cette gestion d'une épidémie qui se fait en vase clos, dans un conseil de défense, avec une information qui n'est pas partagée, qui n'est pas transparente avec les Français. L'avis du conseil de défense et les données du conseil scientifique sont communiqués six jours après. Six jours après, à la presse et aux Français, ça n'est pas normal.

2:47
Présentateur

Anne Hidalgo, mais je vous posais tout de même la question et je vous la repose. Pas de nouvelles restrictions pour l'instant. Est-ce que c'est une sage décision ?

2:54
Alain Bourdin

Je pense qu'aujourd'hui, le message, il est clair. C'est d'abord continuer à se vacciner. Mais même si là aussi, l'OMS nous explique que ça ne suffira pas, parce que la vaccination dans nos pays, qui atteint des niveaux très très importants, et c'est très bien, et je le redis, troisième dose, se faire vacciner, c'est extrêmement important. Oui, je vais y revenir. Mais ce que nous dit aussi l'OMS, c'est qu'on ne s'en sortira pas avec des rappels si on ne met pas le paquet sur la vaccination dans les pays où il n'y a pas de vaccination. Je pense à tout le continent africain. D'ailleurs, Omicron vient de là, où il y a des variants.

Et donc, il faut, je le redis là aussi, que le président de la République française, qui doit jouer un rôle très très important sur la scène internationale, pour permettre justement la levée des brevets, pour que l'on puisse vacciner massivement, pas simplement dans nos pays, mais aussi dans les pays en développement, dans les pays émergents, dans les pays qui n'ont pas accès aujourd'hui aux vaccins, parce que c'est une pandémie, c'est une épidémie mondiale. Donc il faut absolument aussi traiter ce sujet-là.

4:01
Présentateur

Vous n'auriez pas pris de nouvelles restrictions si vous aviez été au pouvoir à Lidalgo ?

4:06
Alain Bourdin

Moi, depuis très longtemps, ce que j'aurais fait, c'est beaucoup plus associer les citoyens. Ce que j'aurais fait, si j'avais été au pouvoir, je n'aurais pas laissé ces fermetures de lits dans les hôpitaux. Depuis 2020, plus de 5700 lits sont fermés.

4:19
Présentateur

Oui, 2020, mais vous savez bien que ça date d'un gouvernement de droite, et aussi d'un gouvernement de gauche, et d'une présidence François Hollande. Pardon, Anne Hidalgo. C'est vrai ou c'est faux ?

4:34
Alain Bourdin

Il y a eu, c'est vrai, des suppressions de lits, ou en tous les cas, une gestion de l'hôpital, sur laquelle je reviendrai.

4:39
Présentateur

Comptable. Comptable. Et si je suis présidente de la République... Par les Républicains comme par le PS.

4:45
Alain Bourdin

Si je suis présidente de la République, je reviendrai là-dessus, parce qu'effectivement, il faut partir des besoins de santé, et pas simplement d'une volonté de contenir des dépenses de santé. Mais tout de même, il y a eu une épidémie, il y a eu un Covid, il y a eu une vague qui a mis l'hôpital par terre, où on a vu que l'hôpital n'était pas suffisamment outillé pour répondre justement à cette épidémie. Ça, c'était en mars 2020. Et après, qu'est-ce qui s'est passé ? Il y a eu 5700 fermetures de lits. Et ça, ce n'est pas lié à des gouvernements autres que celui d'Emmanuel Macron. Donc ça, ça n'est pas responsable.

5:21
Présentateur

Fermeture de lits parce qu'on manque de bras.

5:23
Alain Bourdin

Oui, eh bien, il fallait recruter, il fallait aller plus loin. Alors on me dit, oui, mais on a fait sauter le numerus clausus des médecins. Oui, sauf qu'on n'a pas donné... Ce que la gauche n'a pas fait. Alors ce qu'on n'a pas donné... Ce que la gauche n'a pas fait. Écoutez, là encore, c'est des choses totalement en trompe-l'œil. Et qu'est-ce qui s'est passé ? On n'a pas ouvert la possibilité dans les universités de former plus de médecins. Alors c'est très bien de dire, on fait sauter le numerus clausus. Il faudrait former 15 000 médecins par an en France. On en est environ 8 000 médecins formés. C'est mieux qu'avant parce qu'il y a eu des années à 3 000 médecins.

Mais sauf qu'on ne permet pas aux universités de former les médecins parce qu'on n'a pas ouvert les possibilités dans les universités. Donc vous voyez bien, ce sont des annonces qui, à grands coups de communication, donnent l'impression qu'il y aurait quelque chose qui se passe. Et en fait, on continue avec cette même politique qui casse un service public essentiel qui est l'hôpital public.

6:20
Présentateur

Anne Hidalgo, dès le 3 janvier, les députés débattront du projet de loi transformant le pass sanitaire en pass vaccinal. Si vous étiez députée, est-ce que vous le voteriez ?

6:30
Alain Bourdin

Je ne crois pas que je voterais. En tous les cas, je me conformerais à ce que mon groupe ferait. Et j'ai entendu Valérie Rabeau, la présidente du groupe. La principale critique que l'on fait sur ce pass vaccinal, c'est quoi ? C'est que c'est une obligation vaccinale déguisée. Les groupes parlementaires, le groupe des députés socialistes et des sénateurs socialistes, depuis longtemps, disent qu'il faut aller vers une vaccination obligatoire. Moi, je pense qu'il faut aller vers une vaccination obligatoire. Eh bien, qu'ils le disent, pourquoi ils ne le disent pas ? Pourquoi le ministre de la Santé, dans une petite vidéo qui a tourné, avec beaucoup de cynisme, explique...

Oui, c'est exactement la même chose, mais on ne va pas le dire comme ça. Vous voyez bien qu'on est dans une gestion de cette crise qui ne dit pas les choses aux Français.

7:19
Présentateur

Ça veut dire que vous, vous, vous imposeriez la vaccination obligatoire ?

7:24
Alain Bourdin

Moi, en tous les cas, je porterai la vaccination au maximum, pas simplement en France. Je porterai la vaccination au maximum en France parce que c'est un outil, je l'ai toujours dit.

7:34
Présentateur

Donc, vaccination au maximum, c'est vaccination obligatoire.

7:36
Alain Bourdin

Oui, obligatoire, si elle peut effectivement se faire obligatoire. Et c'est ce que nous portons dans nos groupes, voilà, pour être parfaitement clair. Et passe vaccinal en entreprise ? Non, passe vaccinal en entreprise, non.

7:49
Présentateur

Alors, pas obligatoire, mais... Alors, je ne comprends plus. Obligatoire, mais pas obligatoire en entreprise.

7:52
Alain Bourdin

Écoutez, si vous faites l'obligation de vaccination, l'obligation de vaccination, ce n'est pas aux entreprises de la contrôler. C'est chacun qui doit attester de son obligation de vaccination.

8:05
Présentateur

Elle sera obligatoire en entreprise.

8:06
Alain Bourdin

Et elle sera obligatoire partout, mais je ne... Avec des sanctions ? Mais le contrôle ne doit pas, pour moi, revenir. D'ailleurs, ils l'ont dit, le Medef, les chefs d'entreprise l'ont dit. Ils ont dit, écoutez, arrêtez de nous faire jouer ce rôle, entre guillemets, de gendarme. Posez les obligations, rendez la vaccination possible.

8:25
Présentateur

Bon, obligatoire, vaccination obligatoire, avec des sanctions ?

8:29
Alain Bourdin

Des sanctions de quoi ? Enfin, les sanctions, elles sont dans l'usage. Elles sont dans l'usage de ce que l'on peut faire ou pas faire. On ne va pas mettre les gens en prison, Jean-Jacques Bourdin, parce qu'ils ne seraient pas vaccinés. Je pense qu'il faut recréer les conditions. Il faut, si vous faites l'obligation de vaccination, et bien sûr, vous pensez à la sanction. La sanction, elle se fait comment ? Par le fait que des gens qui n'ont pas cette obligation de vaccination ne peuvent pas, en fait, mener une vie normale. D'accord ? C'est le pass vaccinal. Qui peut être vérifié par le pass vaccinal, mais qu'ils appellent le pass vaccinal obligation de vaccination.

Appelons les choses par leur nom, ce qu'ils ne font pas depuis le début. Et deuxièmement, j'insiste, parce qu'on ne s'en sortira pas si on ne fait pas une vaccination dans les pays qui, aujourd'hui, n'ont pas accès aux vaccins. Le président de la République avait dit qu'il s'impliquerait. Il ne s'est pas impliqué. Il n'a pas fait bouger les lignes. Il faut les faire bouger à travers l'Europe et les faire bouger, comme d'ailleurs le souhaite l'OMS, parce que sinon, on aura des variants qui émergeront ici et là pendant encore des années.

9:36
Présentateur

100 dollars pour un rappel, propose le maire de New York. Vous pourriez faire la même chose ?

9:39
Alain Bourdin

Non, parce que je n'ai pas les moyens de faire ce type de proposition. Et je pense que ce n'est pas par cette incitation financière qu'il faut amener les gens à comprendre qu'en matière de santé publique, la vaccination, ça protège soi et les autres. Mais je ferai beaucoup de pédagogie, ce qui a beaucoup manqué aussi. Vous savez, avant de parler d'obligation, moi j'ai toujours parlé de pédagogie, d'association de la population. Ce qui n'a pas été fait, parce que quand vous gérez une épidémie à partir d'un conseil de défense sanitaire, c'est-à-dire où tout est secret défense, où vous ne partagez pas l'information, eh bien ça ne peut pas permettre à la population de comprendre elle-même.

Et les Français, je vais vous dire, Jean-Jacques Bourdin, ils sont quand même héroïques, parce qu'avec toutes ces informations, ils arrivent quand même à trouver leur chemin, ils arrivent à se débrouiller par eux-mêmes. Par exemple, ce qu'a fait Joe Biden, qui est quand même quelque chose de très positif, c'est qu'il a dit, moi je propose que tous les Américains puissent avoir un kit de dépistage pendant les vacances de Noël, pour qu'ils puissent se tester régulièrement chez eux, faire des autotests, et savoir s'ils sont, puisqu'ils vont être en contact avec leur famille, avec des personnes âgées. Et je pense qu'il faut faire beaucoup de pédagogues...

10:54
Présentateur

Enfin le test est gratuit en France quand on est vacciné.

10:56
Alain Bourdin

Quand on est vacciné, il est gratuit, mais on pourrait proposer...

10:59
Présentateur

Donc ça revient au même ?

11:01
Alain Bourdin

Ça revient pas tout à fait au même. On pourrait proposer, par exemple, des autotests aux familles. Ce que j'aurais fait, ce que j'aurais fait, c'est beaucoup plus de pédagogie, beaucoup plus d'association de la population, parce qu'une épidémie, demain vous allez recevoir un grand infectiologue, une épidémie, ça se gère avec la population, pas contre la population, et pas dans une information tronquée, ou des informations dans lesquelles on ne dit pas ce qui se passe. Le pass vaccinal, en fait, c'est l'obligation de vaccination.

11:31
Présentateur

Anne Hidalgo, est-ce que vous vous retirerez si Christiane Taubira présente sa candidature ?

11:37
Alain Bourdin

Absolument non, bien sûr, c'est une candidature supplémentaire. Et moi, en ce qui me concerne, je propose, je l'ai fait, c'est ma responsabilité, je vais vous dire pourquoi j'estime que c'est ma responsabilité, de proposer une primaire de la gauche.

11:51
Présentateur

Mais une primaire avec qui ? De la gauche ? Personne n'en veut.

11:55
Alain Bourdin

Alors, avec celles et ceux...

11:56
Présentateur

Attendez, Jean-Luc Mélenchon n'en veut pas, Éric Jadot n'en veut pas, Fabien Roussel n'en veut pas, l'extrême gauche n'en veut pas. Ce sera quoi, une primaire socialiste ?

12:04
Alain Bourdin

La population, elle la veut. Oui, mais ce sera une primaire socialiste. Parce que vous avez quand même 85% de la population, des Françaises et des Français, qui se disent plutôt de gauche, qui appellent cette primaire-là. Pourquoi une primaire ? Parce que c'est la meilleure façon de choisir... Mais organiser qu'en commun ? De façon transparente, il y a des propositions qui sont faites, il faut bien sûr y travailler pour que le vote soit un vote qui donne confiance, d'abord aux citoyens pour venir voter. Mais il faut se dépêcher quand même, non ? Bien sûr, je pense qu'on a encore le mois de janvier pour pouvoir le faire.

Et la meilleure façon de choisir, parce que, évidemment, Jean-Jacques Bourdin, quand on voit que tout le débat politique s'organise autour de deux candidats de droite, deux candidats d'extrême droite, avec les thématiques qui sont les leurs, que des questions comme le salaire des Françaises et des Français, le travail, l'école, la place de l'hôpital, tous ces sujets-là, l'écologie, ne sont pas traités, parce que tout ça est complètement, pardon du terme, cannibalisé par un débat qui se focalise autour des priorités de deux candidats de droite et de deux candidats d'extrême droite, et bien quand on voit cela, moi, ma responsabilité de femme de gauche, qui suis chef d'un exécutif, je suis chef d'un exécutif dans la capitale de la France.

Et qu'est-ce que je vois ? Qu'est-ce que j'entends ? Et qu'est-ce que je comprends ? Que quand la gauche n'est pas rassemblée, la gauche qui veut gouverner ensemble, évidemment, il faut qu'elle ait envie de gouverner ensemble, mais si elle n'est pas rassemblée, elle ne peut pas gouverner. Alors parce que j'ai cette expérience et cette responsabilité, j'ai fait cette proposition.

13:38
Présentateur

– Donc vous faites cette proposition, pendant ce temps-là, Christiane Taubira prépare un programme qu'elle présentera début janvier, c'est ce qu'elle a dit, donc ce sera une candidature de plus, si j'ai bien compris. – Absolument. – Jamais vous ne vous rangerez derrière elle, elle ne se rangera pas derrière vous. – C'est pour ça qu'il faut une primaire. – Mais je regarde les enquêtes d'opinion, vous êtes à 3-4% Anne Hidalgo. Croyez-vous que les Français aient envie que vous deveniez présidente de la République ?

14:04
Alain Bourdin

– Ce sera à eux de le dire au moment de l'élection. Mais vous savez, moi, les enquêtes d'opinion, cher Jean-Jacques Bourdin, je ne vais pas les commenter ici. Mais lorsque des sondages me donnent à zéro, je vous le dis, à zéro dans le sud-ouest et en Occitanie, c'est comme si on me disait, à Paris, tu as des sondages qui ne sont pas très bons, tu es à zéro dans le 20e et dans le 11e. Je vous répondrai quoi ? Il y a un petit problème de sondage, il y a un petit problème d'échantillon. Donc cher Jean-Jacques Bourdin, je ne vais pas vous parler de cela. Je vais vous parler de ce que moi, je veux porter comme projet, comme proposition pour les Françaises et les Français.

14:38
Présentateur

– Bon, mais alors attendez, laissez-moi finir, laissez-moi finir. Le 8 décembre dernier, parce que j'aimerais savoir ce qui s'est passé à Anne Hidalgo, vous vous rendez à La Rochelle, vous êtes dans le TGV, et vous descendez en gare de Poitiers, il est à peu près 11h du matin, vous avez réfléchi, retour à Paris, vous n'allez plus à La Rochelle.

14:54
Alain Bourdin

– Oui, parce que le plan blanc va être déclaré à Paris.

14:56
Présentateur

– Vous annoncez le soir sur TF1 que vous appelez une primaire de la gauche, vous avez réfléchi dans le TGV ? Qu'est-ce qui s'est passé ?

15:03
Alain Bourdin

– D'abord, ce n'est pas tellement le TGV, vous savez, puisque je reviens sur Paris ce jour-là, puisque le plan blanc est déclenché à Paris, dans les hôpitaux. Mais surtout, ce que je vous ai dit précédemment, c'est-à-dire qu'un débat qui se focalise autour de quoi ? De deux candidats de droite et deux candidats d'extrême droite. Une gauche qui, effectivement, s'amenuise, parce que j'entends, j'entends beaucoup de nos concitoyens qui me disent « Si vous n'êtes pas rassemblés, on n'ira pas voter, parce que si la gauche n'est pas rassemblée, elle ne peut pas gouverner. » Et nous, on veut une alternative à gauche. Donc je prends mes responsabilités, ce que je vous ai expliqué.

15:44
Présentateur

– Vous prenez vos responsabilités, vous demandez l'organisation de primaire, vous demandez un débat télévisé, personne ne veut de la primaire, personne à gauche ne veut de votre débat.

15:50
Alain Bourdin

– Eh bien, je suis responsable pour deux, pour trois, pour cinq, voilà. – Ils sont irresponsables, donc ? – Non, je ne dis pas qu'ils sont irresponsables, mais je vous le dis, et je l'ai dit il y a un instant, Jean-Jacques Bourdin, pourquoi je prends cette responsabilité ? Parce que je sais, je sais que la gauche, si elle n'est pas rassemblée, celle qui veut gouverner ensemble, ne peut pas gouverner si elle n'est pas rassemblée. – Oui, elle ne peut pas gagner.

– La deuxième chose, c'est que je suis chef d'une majorité, chef d'un exécutif, où je vois aussi, quand la gauche est rassemblée, c'est pas facile, c'est pas facile, mais c'est ma vocation, c'est ce que je fais à Paris depuis plus de sept ans, être à la tête d'une majorité, où ça discute, ça débat, ça s'engueule, mais ça avance, ça avance sur quoi ?

Sur des sujets majeurs, sur la transition écologique, sur le fait qu'on laisse personne sur le côté du chemin, qu'on fait une politique en matière de logement et de logement social, donc de logement accessible, qu'on fait une politique en direction des enfants, parce qu'on considère, je considère, et j'ai une majorité pour le faire, que l'école c'est essentiel, et qu'à l'école, on doit donner à nos enfants, bien sûr, toute l'éducation, mais aussi tout ce qui doit leur permettre de se construire comme des citoyens. Parce qu'avec ma majorité, qu'est-ce que je fais à Paris ? Ce que font les régions, ce que font beaucoup, beaucoup d'élus dans les exécutifs locaux de gauche, on aide qui ?

Les étudiants, parce que vous croyez qu'on peut se satisfaire des files d'attente pour aller chercher des paniers repas, des étudiants qui sont ces enfants de la classe moyenne et des catégories populaires qui ne s'en sortent pas, et nous mettons en place des politiques, pourquoi ? Pour aider les jeunes à s'en sortir, parce que, qu'est-ce qu'on constate avec ce Covid et cette situation dramatique ? Que les jeunes sont en grande difficulté, qu'il y a des problèmes de santé mentale dans le pays, et nous, qu'est-ce que nous faisons, les élus de gauche ? Qu'est-ce que je fais, moi, à la tête d'un exécutif de gauche avec une majorité ? C'est d'apporter ces solutions qui sont utiles.

Et vous croyez que je vais renoncer à cela ? Que je vais me satisfaire que demain, notre pays soit encore plus fracturé, encore plus divisé, parce qu'il y a à droite et à l'extrême droite une volonté de mettre à mal tout notre système de protection sociale. Vous croyez que je vais me satisfaire ? Qu'on nous explique que la retraite, demain, il va falloir bosser jusqu'à 67 ans, parce que c'est comme ça qu'on arrivera à maintenir quoi ? Une espèce de minimum vieillesse pour que chacun puisse partir et que finalement, les gens ne puissent profiter de la retraite parce qu'ils seront morts avant, notamment ceux qui ont des métiers pénibles. Je ne me satisfais pas de cela.

Et c'est ma responsabilité de le dire. Et pour qu'on gouverne, il faut se rassembler. Et la meilleure façon de se rassembler, c'est la primaire.

18:29
Présentateur

C'est la primaire. Vous voulez avancer, mais il y a un sujet qui n'avance pas, Anne Hidalgo. J'y reviendrai à chaque fois qu'on viendra ici.

18:34
Alain Bourdin

Oui, je sais.

18:35
Présentateur

C'est la rue de Trévis.

18:35
Alain Bourdin

C'est faux, il avance.

18:36
Présentateur

Mais c'est faux. Vous m'aviez dit la dernière fois que les indemnisations interviendraient avant la fin de l'année 2021. Nous sommes le 23.

18:46
Alain Bourdin

Est-ce qu'ils seront indemnisés avant la fin ? Vous ne pouvez pas dire, cher Jean-Jacques Bourdin, que ça n'avance pas.

18:52
Présentateur

Anne Hidalgo, pourquoi cette promesse ? Pourquoi m'avoir promis pas à moi ? Moi, ça ne compte pas. Pourquoi avoir promis aux familles des victimes ? Jean-Jacques Bourdin.

19:00
Alain Bourdin

Mais pourquoi ? Jean-Jacques Bourdin. Oui. Ce que j'ai fait sur ce... D'abord, je veux dire, la ville de Paris, la maire que je suis, sera toujours du côté des victimes. Oui, mais ça, les victimes... J'ai mis en place... Oui, mais d'accord, mais les victimes veulent attendre une indemnisation. Jean-Jacques Bourdin, oui ou non, est-ce que ça a été voté ? Les 20 millions d'euros...

19:19
Présentateur

Mais pourquoi m'avoir dit que ça allait être...

19:20
Alain Bourdin

Les 20 millions d'euros ont été votés. J'ai mis sur la table 20 millions d'euros. Hier, il y a eu une réunion. Hier, il y a eu une réunion. Il faut prendre les sujets sérieusement, avec ceux dont c'est la responsabilité. Et vous savez que nous travaillons avec les associations des victimes et les victimes. Alors, indemnisation, quand ? Aujourd'hui, ça avance très, très vite. Non, mais ça, à chaque fois que vous me dites, ça avance. Non, non, non, non, Jean-Jacques Bourdin. Quand ? Ce n'est pas la maire de Paris qui décide du camp. La maire de Paris, qu'est-ce qu'elle a fait ? Elle a mis 20 millions d'euros sur la table. Ce qui n'avait jamais été fait auparavant.

Et ces 20 millions d'euros, ils se discutent avec qui ? Avec les associations de victimes. Hier, le 22 décembre, il y avait une réunion avec ces associations de victimes. Avec aussi, bien sûr, le gouvernement et le Premier ministre. Parce qu'évidemment, vous le savez, cet argent ne peut pas être utilisé sans avoir un certain nombre de critères.

20:12
Présentateur

Donc, quelle a été la conclusion de cette réunion ?

20:14
Alain Bourdin

La conclusion de cette réunion a été de dire, par les associations de victimes, qu'ils préfèrent, y compris prendre quelques jours de plus pour avoir un bon accord et pouvoir être sûr de pouvoir enclencher cet argent. Ce n'est pas moi qui vais décider. Avant le 12 janvier ? Avant le 12 janvier, je l'espère, évidemment. Et on va tout faire pour que ce soit avant le 12 janvier. Mais ce que je peux vous dire, cher Jean-Jacques Bourdin, c'est que personnellement, je suis cette situation personnellement. Je suis y compris la situation de cette jeune femme qui m'importe, qui m'importe beaucoup, à laquelle nous avons proposé des appartements.

Il y en a un qui aurait pu être extrêmement intéressant, mais qui ne permettait pas suffisamment pour elle, compte tenu de son handicap de circulation. Je m'y intéresse personnellement. Ce que je peux vous dire, c'est que nous faisons les choses non seulement sérieusement, mais que, par ailleurs, je vais finir là-dessus Jean-Jacques Bourdin, ce que ça révèle, c'est que le temps de la justice pour décréter les indemnisations, ce temps de la justice est beaucoup trop long.

Et ce que je ferai, une fois que ce fonds d'indemnisation sera mis en place, je demanderai, je travaillerai avec le gouvernement sur les modifications législatives qui permettront de ne pas laisser les victimes, justement, dans ce temps très très long de la justice pour leur indemnisation.

21:34
Présentateur

Merci Anne Hidalgo d'être venue nous voir ce matin. RMC, BFM TV, 8h54.

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