Rentrée scolaire : "L'école est à bout de souffle", selon Claire-Marie Féret, co-secrétaire académique du SNES-FSU
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:36FerméeRéponse partielle
La promesse est-elle tenue ? Un enseignant devant chaque classe et des absences marginales dans l'académie de Normandie
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C'est plus que par rapport aux autres années ou ça se ressemble finalement ?
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Le pacte enseignant mis en place à la rentrée 2023 prévoit pourtant un système d'auto-remplacement dans les établissements, c'est-à-dire un prof libre qui accepte contre-rémunération, bien sûr, d'assurer la classe.
- 2:10OuverteRéponse directe
Est-ce que vous avez des explications à ce manque de profs ?
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Quelle première remontée vous avez là-dessus ?
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C'est quoi, selon vous, le véritable problème de cette rentrée ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Il y a une semaine et un jour, oui, le ministre de l'éducation nationale avait promis des absences de profs marginales. »
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« Il y aura un enseignant devant chaque classe, a même dit sur Ici Normandie la directrice de service de l'éducation nationale en Seine-Maritime. »
- 0:46InvitéChiffre
« Là, on a fait une enquête rapide en début d'année et il s'avère que dans plus d'un établissement sur deux en Normandie, il manque au moins un enseignant. »
- 1:00InvitéPromesse
« les nouvelles modalités de concours, les nouvelles modalités de recrutement des enseignants allaient combler ces manques. »
- 1:31InvitéFait
« 'est inefficace »
- 2:19InvitéFait
« Ça fait des années qu'on alerte sur le manque d'attractivité de nos métiers. »
- 2:23InvitéFait
« C'est-à-dire que les problématiques de rémunération, de salaire, d'abord, évidemment, qui font que très peu de candidats se tournent vers nos métiers. »
- 4:12InvitéFait
« Les vrais problèmes de cette rentrée, c'est d'abord évidemment le manque de personnel. »
- 4:47InvitéFait
« À force de supprimer des postes et d'augmentation effectif dans les classes, on arrive à des choses vraiment complètement inenvisageables. »
- 5:07PrésentateurFait
« Les résultats n'ont jamais été aussi mauvais. »
- 5:16PrésentateurChiffre
« Grosso modo, en 10 ans, les élèves français ont perdu l'équivalent de deux années scolaires. »
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Ici Normandie, premier sur l'actu locale en Normandie, ici matin. Il est 7h45, la rentrée scolaire c'était quoi ? Il y
a
une semaine et un jour, oui, le ministre de l'éducation nationale avait promis des absences de profs marginales. Il y aura un enseignant devant chaque classe, a même dit sur Ici Normandie la directrice de service de l'éducation nationale en Seine-Maritime. Alors, quel bilan ? La co-secrétaire du SNES-FSU en Normandie répond à vos questions, Marianne Naquet. SNES -FSU, principale syndicat chez les enseignants. Bonjour, Claire-Marie Ferret. Bonjour. La promesse est-elle tenue ? Un enseignant devant chaque classe et des absences marginales dans l'académie de Normandie
?
Non, on le craignait et ça fait plusieurs années qu'on le constate à la rentrée. Là, on a fait une enquête rapide en début d'année et il s'avère que dans plus d'un établissement sur deux en Normandie, il manque au moins un enseignant.
Et
c'est plus que par rapport aux autres années ou ça se ressemble finalement ?
Alors, ça se ressemble finalement, sauf que cette année, on nous avait garanti que les nouvelles modalités de concours, les nouvelles modalités de recrutement des enseignants allaient combler ces manques. Et en réalité, pas du tout. On se retrouve à nouveau dans une situation relativement critique dès le début de l'année.
Le
pacte enseignant mis en place à la rentrée 2023 prévoit pourtant un système d'auto-remplacement dans les établissements, c'est-à-dire un prof libre qui accepte contre-rémunération, bien sûr, d'assurer la classe.
C
'est inefficace
? C
'est inefficace. Alors d'abord parce que les collègues s'en sont très peu saisis, étant donné la charge de travail est déjà très importante dans les établissements. Là, ça rajoute encore des heures supplémentaires et les collègues n'en sont pas demandeurs. Et puis, de toute façon, ça reste très ponctuel parce que quand un professeur d'histoire-géo prend une classe qui n'a par exemple pas de prof de maths, ça ne résout absolument pas le problème de l'avancement du programme de mathématiques. Et donc, c'est plutôt de la permanence et éventuellement de la permanence améliorée pendant lesquelles les élèves peuvent faire un peu de soutien ou un peu de leurs devoirs.
Mais ça n'est pas du remplacement et ça n'est pas de l'enseignement.
Est-ce que vous avez des explications à ce manque de profs ? Donc, vous disiez, il manque au moins un prof dans plus d'un établissement sur deux en Normandie.
Ça fait des années qu'on alerte sur le manque d'attractivité de nos métiers. C'est-à-dire que les problématiques de rémunération, de salaire, d'abord, évidemment, qui font que très peu de candidats se tournent vers nos métiers. Et puis, la question des conditions de travail, des conditions d'affectation. En ces périodes de rentrée, on voit beaucoup de collègues qui sont affectés très loin de chez eux, qui sont affectés sur plusieurs établissements. Les effectifs dans les classes qui explosent et qui rendent le quotidien professionnel vraiment difficile. On sait qu'il y a vraiment beaucoup de collègues qui expriment une souffrance au travail.
Et donc, tout ceci fait qu'évidemment, les candidats ne se précipitent pas pour devenir enseignants. Et ensuite, c
'est
dans les classes qu'on constate le manque d'attractivité.
Claire-Marie Ferret, cette rentrée est marquée par l'interdiction du téléphone portable au lycée. Quelle première remontée vous avez là-dessus
?
La remontée,
c
'est que d'abord, ça ressemble à nouveau à un effet d'annonce. Parce qu'on sait bien que concrètement, ça va être très difficile à mettre en œuvre. Ça va être très difficile parce que ça va beaucoup reposer sur les équipes de vie scolaire et qui sont déjà en nombre très insuffisant dans les établissements. On manque de CPE, on manque de surveillants. Et donc, on imagine mal comment les surveillants vont pouvoir faire appliquer ceci dans les établissements scolaires en courant derrière chaque lycéen qui essaierait de sortir son téléphone portable. Donc, nous, on est pour un usage des écrans maîtrisé. Et on est pour que les jeunes ne passent pas leur journée sur des téléphones portables.
Mais pour ça, il faut des moyens,
il
faut de la pédagogie et il faut des personnels pour les encadrer et pour pouvoir expliquer aussi aux élèves le bien fondé.
Le SNES-FSU dit que cette interdiction, c'est un peu un écran de fumée pour ne pas parler des vrais problèmes de la rentrée. C'est quoi, selon vous, le véritable problème de cette rentrée
?
Les vrais problèmes de cette rentrée, c'est d'abord évidemment le manque de personnel. On manque aussi d'AESH par exemple, on manque de psychologues scolaires,
on
manque d'infirmières. Donc, on sait bien que l'école est à bout de souffle et on le voit aussi
dans
les difficultés que rencontrent et qu'expriment les jeunes, les élèves qui ne trouvent pas forcément leur place à l'école, les élèves en situation de handicap qui ne sont pas accueillis dans des conditions favorables qui leur permettent de progresser. Donc, le cœur du problème, c'est bien sûr la réussite des élèves.
Et le nombre d'élèves, notamment 37 pour certains dans certains groupes de spécialité
?
Oui, alors c'est ce qu'on voit là en cette rentrée. À force de supprimer des postes et d'augmentation effectif dans les classes, on arrive à des choses vraiment complètement inenvisageables, enfin en tout cas qu'on n'envisageait pas par le passé. Et là, on a effectivement des remontées de plusieurs lycées qui nous disent que ou dans les classes ou dans les groupes de spécialité, effectivement, on dépasse 36, 37 élèves.
Un dernier mot sur les résultats de l'enquête PISA, la comparaison à des performances des jeunes de 15 ans dans les pays de l'OCDE, en compréhension de l'écrit, en sciences et en maths. Les résultats n'ont jamais été aussi mauvais. Grosso modo, en 10 ans, les élèves français ont perdu l'équivalent de deux années scolaires. Qu
'est
-ce que cela vous inspire ?
Ça nous inspire que nous, ça fait 10 ans qu'on le dit, ça fait 10 ans qu'on dit que l'école va mal, et 10 ans qu
'on
dit qu'il faut écouter les enseignantes et les enseignants qui sont les professionnels de l'éducation et qui savent ce qui serait bon pour leurs élèves. Ça fait 10 ans qu'on ne nous écoute pas. Donc oui, l'école va mal. Et oui, il faut absolument écouter les professionnels et rebâtir la confiance, je pense aussi, des familles, des usagers en l'école et surtout la confiance des personnels pour qu'on puisse vraiment faire réussir tous nos élèves.
Merci Claire-Marie Ferret, co-secrétaire académique du SNES-FSU. Le SNES-FSU qui appelle à la grève le 29 septembre prochain, quelques jours avant le début des débats budgétaires. Bonne journée.
Merci.
Il est 7h50.