240 bombes humaines à Commentry
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
240 bombes humaines dans l'entreprise. Vous pouvez féliciter qu'on qu'il y a des gens encore qui travaillent quoi, qui ont pas mis le feu à l'usine. Le feu, il est resté dans les fours pour continuer un peu à produire.
Moi j'ai participé à l'arbre de Noël là en décembre dernier. J'ai vu une petite fille en difficulté quoi. J'ai pris en aparté sa maman.
Elle m'a dit que elle a déjà été suivie psychologiquement et il faut qu'elle reprenne rendez-vous parce qu'elle accepte pas qu'un papa il soit lisancier quoi. Vous savez quand on est coincé à l'assemblée et que finalement les gens deviennent du juridique ou des statistiques, vous avoir en face du feu de savoir tous les jours pour qui on se bat quoi. Et on l'oublie pas.
Bonjour messieurs. Bonjour. Bonjour.
Bonjour. On nous avait vendu du rêve. Vous avez premis beaucoup de choses.
Il y a ce qu'on fait à vous et même quand on ferme une boîte, c'est où vont aller les gamins demain. Les licenciements de 190 personnes, c'est pas uniquement des ouvriers qui souffrent, c'est des familles. Nous, c'est nos élèves parce qu'on est déjà dans une situation sociale difficile, la Comerie, que c'est leur vie aussi qui sont qui sont affectés avec des papas qui perdent leur emploi.
Et puis c'est aussi le boulanger d'à côté moins de passage devant sa boulangerie qui risque de fermer des fonds de commerce qui sont pas repris des bars, des tabacs, des super. C'est toute la vie d'une ville qui dépend de cette décision qui est complètement injuste. Et ça c'est le cré du cœur parce que bon mon cas à moi, il est pas compliqué he dans un an en retraite.
Donc voilà, mais je parle pour les autres. Moi, ça fait 35 ans que je suis à la Forge. Nous, on demande pas grand-chose.
On demande juste d'avoir un emploi et que notre emploi nourrisse la famille. Et voilà. C'est cette dignité humaine qui est qui est qui est affectée par des gens qui prennent des décisions de tout en haut et qui voient que leur intérêt à eux et qui pensent pas à nos intérêts à nous et à nos vies à nous. l'État peut toujours refuser de l'homologuer un plan social.
Euh et donc au moins vous ça repousse l'échéance et ça permet qu'il y ait un repreneur euh qui ou des repreneurs qui qui soient sollicités et de se bagarrer sur l'entrée de la BPI au capital. Vous savez, on nous parle de réindustrialisation et pour la première fois dans notre histoire, nous venons de passer sous la barre des 10 % de PIB d'industrie. Jamais nous avons eu aussi peu d'industrie dans notre pays.
Pourquoi ? parce que il y a le libre échange, parce que on laisse partir nos usines à l'est, soit en Europe de l'Est, soit en Chine, en Inde ou ailleurs. Donc évidemment, il y a il y a des solutions, moi je l' dit, il faut des protections, il faut des taxes frontières, il faut des barrières douanières, il faut des quotas d'importation.
La forge, on y tient. Chaque famille de commenterie a une attache avec cette entreprise. Ceux qui décident de nos vies, ils sont tellement éloignés.
Il décide de nos vies mais il décide des territoires, il décide de ce qu'on doit fabriquer. C'est que vous trouvez le courage quand même de vous tenir debout, de continuer le boulot. Je sais pas comment vous faites.
Aujourd'hui, la parole des salariés, elle est soit interdite, soit ignorée à l'intérieur de l'entreprise. Or, porter des projets industriels, porter des projets économiques, ça peut pas se faire sans les premiers concernés, ceux qui connaissent le mieux leur outil de travail. Et moi, je suis pour une entrée de la démocratie dans l'entreprise par deux biaiss.
Une entrée par le haut, c'est la présence d'un/ers de salariés au conseil d'administration des entreprises afin de peser sur les orientations stratégiques et que vous laz pas en visio en visio euh le 3 novembre d'un seul coup. Et ensuite la démocratie à la base qui permettrait que une demi-journée par mois les salariés se réunissent sans leur hiérarchie pour discuter de comment va l'organisation de travail, comment ils sentent les choses de se faire remonter les doléances. Il faut que les gens s'emmêlent.
H il faut que le peuple s'emmêle.
François Ruffin