Pourquoi Retailleau s'attaque à Trappes et à sa banderole pour Gaza | Ali Rabeh
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 20 %Attaque 60 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 1:25OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qu'il dit plus précisément le courrier ? Quels textes invoque la préfecture ?
- 3:02RelanceRéponse partielle
Le respect de la neutralité des services publics est-il un argument convaincant ?
- 4:38ComplaisanteÉludée
C'est peut-être une façon de désavouer le président de la République ?
- 4:50OuverteRéponse directe
Pourquoi maintenant cette décision ?
- 5:36OuverteRéponse directe
Vous avez interpellé le ministre pour plus de moyens à Trappes, qu'en est-il ?
- 6:34OuverteRéponse directe
Est-ce que la justice va s'emparer de cette affaire ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:54Invité politiqueFait
« On nous intime l'ordre de retirer cette banderole. »
- 2:08Invité politiqueFait
« Les communes doivent être neutres, ce qui est un principe effectivement inscrit. »
- 3:55Invité politiqueFait
« Quand on dit cessez le feu à Gaza, que les bombes ne pleuvent plus sur la tête des enfants, quand on dit libération des otages israéliens, on a un message humanitaire. »
- 4:19Invité politiqueFait
« Il y a un an déjà, la reconnaissance de l'État de Palestine. »
- 4:26Invité politiqueFait
« C'est la position du chef de l'État français. Ça ne l'était pas il y a un an, aujourd'hui ça l'est. »
Temps de parole
- Ali Rabeh74 %
- Présentateur26 %
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La ville de Trappes et son maire Alirabé sont de nouveau la cible d'une polémique. Bruno Retailleau a donné l'ordre par l'intermédiaire du préfet des Yvelines de retirer la banderole Trappes solidaire avec Gaza pour une paix juste et durable installée sur l'hôtel de ville depuis plus d'un an. Dans un communiqué publié ce mercredi 27 août 2025, la municipalité dénonce une décision incompréhensible et autoritaire et fait savoir qu'elle refuse le baillon du ministre de l'Intérieur. Alirabé rappelle qu'en 2022, la ville de Trappes déployait une banderole aux couleurs de l'Ukraine sur cette même façade de l'hôtel de ville. Alors qu'est-ce qui dérange ?
Qu'est-ce qui explique ce deux poids deux mesures ? Quelles sont les réelles motivations qui se cachent derrière la décision du ministre de l'Intérieur ? Et pourquoi Trappes est régulièrement au cœur de l'attention médiatique ? Maire de Trappes et coordinateur de Génération, Alirabé est également engagé dans l'association des maires-villes et banlieues de France dont il est membre du conseil d'administration. Nous profiterons de sa présence pour évoquer la rentrée sociale. L'appel à bloquer le pays le 10 septembre trouve-t-il un écho chez les jeunes issus des quartiers populaires ? On en parle avec Alirabé par le biais de la visioconférence. Bonjour Alirabé.
Bonjour.
Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation. Alors ici aux médias, on est curieux et on aimerait en savoir plus sur ce courrier. Qu'est-ce qu'il dit plus précisément ? Quels sont les textes qu'invoque la préfecture pour justifier l'ordre qui a été donné par le ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau, de retirer la banderole ?
Alors on nous intime l'ordre de retirer cette banderole. En plein cœur de l'été, c'est important de le rappeler, moi j'étais pendant mes vacances en famille à l'autre bout de la France et je reçois un appel de la préfecture des Yvelines, puis rapidement un courrier, comme si c'était la seule urgence à traiter dans cette période, pour faire retirer cette banderole qui, je le rappelle, est là depuis un an. Ça fait un an et deux mois qu'elle est affichée sur le fronton de l'Ontel-Levier.
On m'indique que les communes doivent être neutres, ce qui est un principe effectivement inscrit, les bâtiments publics doivent être neutres, doivent respecter le principe de laïcité, de neutralité politique, etc. Et vous le savez, à Trappes, comme dans de nombreuses villes d'ailleurs en France, et à Trappes depuis des décennies, il y a de nombreux maires qui s'appelaient Bernard Hugo, qui s'appelaient Alain Fourcassa, etc. Eh bien on se bat pour la paix, on revendique, surtout les théâtres de guerre, les cessez-le-feu, la paix en général, et en particulier sur le conflit au Proche-Orient et sur le droit des Palestiniens à disposer d'un État.
Ça fait quelques décennies que la ville de Trappes est engagée avec ses maires successifs. Et là, tout d'un coup, on me demande de retirer cette banderole en invoquant cette neutralité politique. Pourtant, quand le ministre des Affaires étrangères, il y a deux ans, a adressé une circulaire à toutes les communes de France, dont Trappes, nous invitant à arborer le drapeau ukrainien, ce que nous avons fait avec plaisir d'ailleurs à l'époque, et nous avons même mis une banderole qui appelait au cessez-le-feu et qui exprimait notre solidarité avec le peuple ukrainien, là, la fameuse neutralité politique n'était plus à l'ordre du jour.
– Alors justement, est-ce que le respect du principe de neutralité des services publics est un argument qui vous convainc ? Alors c'est quand même sur ce fondement que le tribunal administratif de Nice a ordonné en juillet aux maires de retirer le drapeau israélien qui flottait sur l'hôtel de ville, tout comme d'autres mairies ont été contraintes de retirer le drapeau palestinien.
– Et honnêtement, si on n'était que sur la question des principes juridiques, bêtement, de dire les bâtiments communaux doivent arborer aucun emblème, aucun slogan, aucun drapeau, ça pourrait s'entendre. Mais moi je dénonce quand même le deux poids deux mesures qui est stupéfiant, qui est surprenant. Et en plus, la position que prend la ville de Trappes, à la limite, elle n'est pas particulièrement politique, elle est humanitaire.
Quand on dit cessez le feu à Gaza, que les bombes ne pleuvent plus sur la tête des enfants, quand on dit libération des otages israéliens, on a un message humanitaire qu'on a toujours porté, et les communes ont le droit, jurisprudence à l'appui, de porter des messages humanitaires, de verser des subventions humanitaires, on l'a fait, on a versé une subvention pour soulager la population de Gaza à l'association partenaire du secours populaire, qui est active sur place, on verse une subvention à SOS Méditerranée, et rien, jurisprudence, les décisions du Conseil d'État ne nous y autorisent. Donc là encore, il y a un discours humanitaire.
J'ai rajouté un message, c'est vrai, sur cette banderole, il y a un an déjà, la reconnaissance de l'État de Palestine. Et c'est vrai que ce n'est pas un message humanitaire, là c'est un message plus politique, je le reconnais. Mais c'est la position du chef de l'État français. Ça ne l'était pas il y a un an, aujourd'hui ça l'est. Donc je ne vois pas pourquoi Bruno Retailleau, ministre de Macron, vient me reprocher de soutenir finalement, le souhait d'Emmanuel Macron de reconnaître la Palestine.
C'est peut-être une façon de désavouer le président de la République. La décision, vous l'avez rappelé, Ali Rabé, de Bruno Retailleau, surgit en plein été, et plus d'un an après que vous ayez déployé une banderole sur l'hôtel de ville. Alors pourquoi maintenant ?
Allez savoir, il y a peut-être des figures politiques comme lui qui sont gênées par le fait que dans quelques semaines, a priori, la France va reconnaître l'État de Palestine. Ils veulent faire taire les voix qui portent ce message avant même que le président de la République ne se rallie à cette évidence, à cet impératif moral. Donc je pense que là, on a l'agitation, la volonté de créer des polémiques stériles, et aussi, pour Bruno Retailleau, je n'en doute pas, la volonté de faire oublier son bilan catastrophique.
Parce qu'il n'apporte rien, il n'a aucun résultat en matière de lutte contre l'insécurité, il ne fait que de l'agitation, des moulines avec les bras, alors il veut créer des buzz inutiles et aller harceler finalement des élus, des maires, qui ont le courage de porter des positions fortes sur le plan humanitaire, et il veut les baillonner, nous on refuse le baillon, et on continuera de parler encore plus fort.
Parce que vous avez d'ailleurs, vous-même, à l'Irabé, interpellé le ministre de l'Intérieur pour lui demander plus de moyens dans la ville de Trappes.
Moi, j'écris des courriers en permanence, aux procureurs, aux préfets, aux ministres, parce que les problèmes d'insécurité, on en connaît, comme partout en France d'ailleurs. Et quand il y a du tapage, quand il y a du trafic, quand il y a des rodeos motos qui font du bruit, qui empêchent les familles de vivre paisiblement, parce que ce sur quoi m'interpelle au quotidien les habitants, il n'y a jamais de réponse. Il n'y a jamais de réponse. Et le commissariat de Trappes lui-même indique que la nuit, sur une circonscription de police de 170 000 habitants, vous m'entendez bien, 170 000 habitants, il y a une seule patrouille qui fait sept communes.
Donc cette réalité-là, c'est le bilan de Bruno Retailleau et de tous ses prédécesseurs. Et comme les Français doivent ignorer cette réalité, on agite des chiffons et on fait la course aux militants qui défendent le droit de la Palestine et des Palestines.
En tout cas, manifestement, Bruno Retailleau connaît l'adresse de l'hôtel de ville de Trappes. Enfin, Alir Abbé, vous l'avez dit, vous refusez le baillon du ministre de l'Intérieur. Est-ce que ça veut dire que la justice va s'emparer de cette affaire ? Est-ce que ça va devenir un contentieux judiciaire, tout ça ?
C'est déjà le cas parce que j'observe, je vous le disais, que le coup de réactivité sur des sujets majeurs qui concernent la vraie vie des habitants, de Trappes en particulier. Par contre, au cœur de l'été, je vous le disais, on m'a adressé un courrier pour me demander, sous une semaine, de retirer cette banderole. Je ne vous cache pas que j'étais sur l'île de Leroux. Je n'avais pas me déplacé immédiatement pour enlever la banderole. J'étais au bout de mes congés. Dès le 20 août, la date limite était atteinte. Et le 21, un officier de police judiciaire était mandaté par le préfet pour constater la présence de la banderole.
J'aurais préféré que cet officier de police judiciaire, et je pense que lui-même, d'ailleurs, l'aurait préféré, s'occupe d'affaires plus sérieuses, garantir la sécurité de nos concitoyens. Et donc, dès le lendemain, le recours au tribunal administratif a été ouvert. Et nous sommes passés ce matin au tribunal administratif. Nous attendons la décision dans les prochaines heures ou les prochains jours.
Ce matin. Donc, on vous a quelques heures après... Ça peut aller vite,
la justice.
Oui, on vous a, donc on vous reçoit quelques heures après l'audience devant le tribunal administratif. Vous pouvez nous raconter un peu comment ça s'est...
Alors, je n'étais pas moi-même parce que c'est notre avocat qui nous représentait. Moi-même, j'inaugurais, je veux dire, j'inaugurais un nouveau centre social et je posais la première pierre d'une crèche. C'est ça, la vraie vie des trappistes et c'est ça, le vrai rôle d'un élu. D'ailleurs, l'État doit être aux côtés des élus quand ils agissent et il ne doit pas les harceler pour des engagements, encore une fois, humanitaires qui concourent à la diplomatie française. Maintenant, franchement, vous savez, moi, il y a des femmes battues qui mettent deux ans à obtenir le divorce dans ma ville.
Il y a des personnes qui vivent dans des logements des taudis insalubres qui mettent des années à faire condamner leur propriétaire. Et quand on voit que pour enlever une banderole, un ministre mobilise le tribunal administratif en référé en urgence et qu'une décision est prise dans quelques jours, ça laisse pas en toi.
La décision tombe ? Vous pouvez nous rappeler la date ?
Nos tribunaux et nos policiers ont mieux à faire, honnêtement. Vraiment, nos policiers, nos juges, nos magistrats ont mieux à faire que de répondre aux caprices d'un ministre.
La décision tombe quand, à l'Irabé ?
A priori, demain ou dans les tout prochains jours.
D'accord. Bon, alors on reste en contact. Alir Abé, en avril dernier, vous étiez censé faire partie d'une délégation d'élus français interdites d'entrer en Israël et en Palestine. 48 heures avant son départ, les autorités israéliennes ont invoqué une loi contre les personnes susceptibles d'agir contre Israël. Alir Abé, êtes-vous considéré comme une menace non seulement pour Israël mais également le gouvernement français qui n'a de cesse de lui exprimer son soutien inconditionnel ?
Quoi vous dire ? Moi je trouve que c'est une ironie de l'histoire que de voir le président Macron être accusé quasiment d'antisémitisme par Benyamin Netanyahou. C'est-à-dire que les outrances, les grossièretés de l'extrême droite israélienne qui dirige le pays malheureusement depuis trop longtemps et qui accuse des élus, députés, sénateurs, maires dont j'ai fait partie d'être des ennemis d'Israël en gros parce que nous ne soutenons pas le projet colonialiste extrémiste de Netanyahou. Et pourtant
vous avez très tôt condamné les attaques du 7 octobre ?
Immédiatement et j'ai appelé à la libération des otages y compris publiquement et à travers cette banderole immédiatement mais ça ne suffit pas à trouver grâce aux yeux de Benyamin Netanyahou et de son gouvernement bien sûr et effectivement non seulement on m'interdit le territoire en Israël nous avions des rendez-vous avec des militants israéliens des élus des députés israéliens qui voulaient nous partager leur combat pour la démocratie en Israël et pour les droits des deux peuples à vivre de façon pacifique en coexistence mais nous sommes aussi interdits de territoire en Palestine en Cisjordanie à Gaza j'en parle pas théâtre de guerre mais même en Cisjordanie nous ne pouvons pas aller par exemple je ne peux pas aujourd'hui aller rendre visite au camp de réfugiés palestiniens d'Al-Fawar avec lequel la ville de Trappe est jumelée.
Le président de la République la diplomatie française ont été très silencieux au moment où nous avons été empêchés de réaliser ce voyage d'études avec un certain nombre d'élus pour les témoigner de la réalité sur le terrain et leur silence était déjà coupable de voir aujourd'hui que même le président de la République n'est pas épargné par les diatribes la vindicte de l'extrême droite israélienne et de ses relais en France parce qu'ils ont des relais médiatiques politiques etc ça me fait sourire mais malheureusement sourire jaune parce que je ne peux même pas m'en réjouir il y a un moment donné où il faut que les consciences s'élèvent dans notre pays qu'elles soient citoyennes celles des élus celles de la diplomatie française pour arrêter de tolérer l'intolérable et en Palestine à Gaza comme en Cisjordanie c'est vraiment la dignité humaine qui est atteinte et si la dignité des palestiniens est atteinte dans le silence général c'est la nôtre qui ne mérite pas d'être respectée
Al-Irabé la ville de Trappe fait régulièrement l'objet de tous les fantasmes la menace islamiste guetterait cette commune des Yvelines on se souvient que Jordan Bardella avait qualifié Trappe de république islamique et avait d'ailleurs reçu le soutien indirect de Bruno Retailleau qui avait déclaré au micro de Public Sénat en 2022 oui il y a des quartiers qui ont été verrouillés par des barbus entre autres polémiques vous êtes venu un maire très médiatique malgré vous pourquoi les politiques aidées par les médias mainstream s'acharnent contre les trapistes ?
déjà ils n'y mettent pas les pieds c'est important que vous le sachiez que ceux qui vous regardent sachent que ces gens-là ne mettent jamais les pieds dans les quartiers dont ils parlent qu'ils n'en connaissent pas la réalité qu'ils n'en rencontrent pas les habitants et qu'ils ne connaissent pas la complexité d'ailleurs la diversité de ces territoires où il y a toutes les populations ce sont des villes cosmopolites avec leurs difficultés mais aussi avec leurs immenses énergies les espoirs qui jaillissent sur ces territoires et ce sont des populations plutôt jeunes pleines de dynamisme et qui sont pleinement républicaines pleinement attachées et intégrées dans la république pourquoi ils le font ?
parce qu'il y a deux éléments qu'il ne faut pas opposer déjà il y a un profond racisme latent plus ou moins exprimé qui anime les prises de position les engagements de beaucoup de ces élus l'extrême droite à l'évidence mais la droite extrême on parlait de Bruno Retailleau tous ces gens sont prêts à gouverner ensemble demain ils partagent la même doctrine le même discours les mêmes mots les mêmes constats les mêmes solutions d'ailleurs qui n'en sont pas ce ne sont pas des solutions les politiques publiques qu'ils proposent c'est des appels à la guerre civile en quelque sorte mais donc ils ont le même discours ils ne sont juste pas dans le même parti mais demain on va dénoncer le fait que le fascisme rampant qui inonde les plateaux télé les journaux le débat public en France peut se transformer en alliance électorale concrète moi je vois déjà la majorité qui pourrait gouverner avec Marine Le Pen et Jordan Bardella je vois déjà autour de moi y compris parmi les élus locaux des élus LR même des élus centristes proclamés qui sont parfaitement capables demain de constituer la majorité de l'extrême droite au pouvoir donc cette réalité qu'il y a une haine profonde d'ailleurs assez ancienne en France de la figure de l'étranger en général de l'arabe en particulier cette réalité là elle est là elle est face à nous et nous devons tous quelles que soient nos origines nos religions nos sexes nous devons tous la combattre avec acharnement avec méthode avec détermination nous devons y opposer un front républicain solide ensuite il y a aussi un peu d'opportunisme malgré tout c'est à dire qu'à chaque fois je le disais pour Bruno Retailleau à chaque fois qu'on parle de ça à chaque fois qu'on agite un chiffon rouge à chaque fois qu'on explique qu'il y aurait des territoires perdus de la république une cinquième colonne qui chercherait à prendre le pays de force ce qui est un fantasme délirant il n'y a pas d'autre terme tant les personnes dont on parle sont minoritaires les populations d'origine étrangère sont minoritaires les extrémistes sont encore plus minoritaires à Trappes il y a des extrémistes ils sont extrêmement minoritaires et rejetés par la population elle-même mais il y a la volonté je le disais d'agiter un chiffon rouge et de détourner le regard d'un bilan calamiteux calamiteux celui d'Emmanuel Macron et de sa majorité c'est mille milliards de dettes supplémentaires qui n'ont servi qu'à enrichir les plus riches en appauvrissant les plus pauvres le bilan d'Emmanuel Macron et de sa clique c'est une augmentation d'une explosion du taux de pauvreté qui n'a jamais été aussi élevé depuis 40 ans et donc on peut continuer dans tous les domaines je parlais de l'insécurité des violences faites aux femmes on peut vraiment quasiment tout dérouler le bilan est calamiteux et quand on parle des musulmans on ne parle pas du bilan donc il y a à la fois un fond profond réel incontestable de racisme d'islamophobie et la volonté de monter les français les uns contre les autres et par ailleurs de l'opportunisme et la volonté de ne pas être mis en cause sur son propre bilan
D'ailleurs on ne donne pas assez la parole aux habitantes et aux habitants de Trappes comment ils et elles vivent ces attaques assez régulières je crois que c'est pratiquement tous les trimestres que la municipalité votre municipalité se trouve au coeur vraiment du débat médiatique
Alors déjà moi je suis assez fier d'être le maire d'une ville et représentant d'une population qui ne baisse pas la tête et tous les jours dans les rues il n'y a pas encore ce matin l'occasion des inaugurations il n'y a pas des habitants qui viennent me voir pour me dire on est fier continuez battez-vous portez notre parole y compris sur le combat pour la libération du peuple palestinien parce qu'à un moment donné on peut se dire ça peut être le réflexe de certains baissons la tête ne faisons pas de bruit c'était le réflexe de nos parents de mon propre père par exemple ne faisons pas de bruit essayons de passer entre les gouttes mais on ne passera jamais entre les gouttes personne ne passera jamais entre les gouttes parce que si on laisse grandir la bête immonde l'histoire l'a démontré elle nous dévorera tant ou tard elle dévorera non seulement sa cible principale mais beaucoup plus largement tous les autres tous ceux qui sont des minorités tous ceux qui les soutiennent tous ceux qui défendent les droits humains seront la cible des extrémistes donc il ne faut pas baisser la tête ni baisser les yeux et je peux vous dire que ma grande fierté c'est d'être soutenu très massivement par les habitants de Trapp encore une fois quelle que soit leur religion leur origine leur couleur de peau leur histoire et leur ancienneté dans ce pays ou dans cette ville je suis arrêté à chaque coin de rue les gens klaxonnent etc.
et m'encouragent à continuer le combat donc il n'est pas question quels que soient les ordres les oucases et les menaces de monsieur Rotaillot et de ses amis de baisser la tête ou de baisser les yeux
et enfin j'ai une dernière question Ali Rabé alors que la rentrée politique approche à grands pas le mouvement social bouillonne est-ce que vous soutenez l'appel à bloquer le pays le 10 septembre et est-ce que cette mobilisation trouve un écho chez les jeunes issus des quartiers populaires dont vous êtes très proche
alors c'est deux questions auxquelles je vais tenter de répondre la première la colère elle est immense le ressentiment le tous pourri d'ailleurs c'est assez injuste ça nous met tous dans le même bateau alors que les politiques ne sont pas les mêmes heureusement mais ce ressentiment il est immense je vais vous raconter une anecdote ce matin j'ai posé la première pierre d'une crèche et une jeune femme est venue me voir elle doit avoir 17 ans elle vient d'avoir son bac elle voulait rentrer en fac de psycho le système parcours sup fait qu'elle n'a toujours pas d'affectation et qu'elle ne sait pas ce qu'elle fait alors que tous ses collègues préparent leur rentrée cette violence en direction en particulier des jeunes elle est inouïe et je lui ai dit que quand j'avais son âge ça n'existait pas il n'y avait pas de parcours sup il n'y avait pas d'algorithme et je savais avant l'été que je rentrais à la fac de mon département à Versailles cette réalité que vivent les jeunes de 17 ans au moment où on n'est pas en mesure d'affronter cette violence institutionnelle qui consiste à vous dire on ne sait pas où vous mettre vous êtes un problème pour la société alors que vous êtes scolarisé depuis l'âge de 3 ans vous ne serez peut-être pas scolarisé dans une semaine c'est inouïe donc cette colère là et qui frappe encore plus et ça a été démontré les jeunes des quartiers populaires parce que parcours sup les discriminent davantage parce qu'ils ne collent pas à tous les canons qui permettent de rentrer dans la bonne université ou dans la bonne grande école ce sentiment de relégation de discrimination d'humiliation il est immense et donc je ne peux pas vous dire que la population de Trappes ou les jeunes en particulier s'apprêtent massivement à participer au mouvement du 10 septembre je n'en sais rien mais moi je soutiens les aspirations sociales fortes qui s'expriment à travers les appels à la manifestation à la grève etc.
le 10 septembre je me réjouis que la CGT et que le syndicat sud est appelé à la grève mais un mouvement ça se construit sur la durée mais contrairement à ce que le discours mainstream nous indique le mouvement se répartit de l'extrême droite pour le disqualifier c'est peut-être vrai d'ailleurs probablement que des éléments d'extrême droite ont été parmi des agitateurs mais aujourd'hui je vois surtout autour de moi des gens normaux des gens des classes moyennes des gens pauvres des chômeurs etc.
qui ont envie d'exprimer leur colère et qui se rallient à ce moment d'ordre donc il n'y a aucun mépris à avoir vis-à-vis de cette mobilisation je suis membre d'un parti politique dirigeant d'un parti politique Génération qui a été fondé par Geno Hamon ça parfois à l'époque des gilets jaunes a compris le mouvement et on ne doit pas avoir de mépris vis-à-vis des mobilisations spontanées populaires plus ou moins spontanées d'ailleurs mais quand on sent que ça s'embrase que le peuple a besoin de s'exprimer au moment où François Béroud est totalement délégitimé pour moi il est déjà un fantôme il devrait déjà avoir démissionné avant même le vote de confiance et bien notre rôle c'est de se tenir aux côtés du peuple qui a des messages à apporter quand on n'est pas entendu à l'Assemblée nationale et on ne l'est pas quand en tant que maire on s'exprime et qu'on est baïonnés comme vous le voyez et bien oui le peuple doit parler et prendre les rues et s'exprimer plus fortement et se mettre en grève et porter des mots d'ordre et des revendications autour de la justice sociale les gens c'est trop gros maintenant tout le monde a vu et compris 200 milliards d'euros de baisse d'impôts pour les entreprises sans contrepartie sans résultat dans la lutte contre le chômage ou la précarité au moment où je le dis la pauvreté expose des 40 milliards raquettés aux plus vulnérables vous savez quand on a dans sa famille et c'est mon cas des personnes qui sont malades qui sont soignées par le système de santé français et qu'on vous annonce qu'on va économiser sur leur dos notamment les gens qui ont des affections longues durées c'est à dire des cancers comment vous voulez ne pas vous révolter et ne pas avoir une forme de haine en vous parce que le mot de haine je l'entends et je le vois de plus en plus et il faut que les dirigeants de ce pays ouvrent les yeux la haine monte dans notre pays et son débouché peut être explosif donc il faut que les gens qui dirigent aujourd'hui s'en aillent j'ai pas d'autre mot et je crois que c'est le mot d'ordre il faut qu'ils partent ils ont écœuré les français à plusieurs reprises ils ne peuvent pas par la force se maintenir au pouvoir puisqu'ils sont minoritaires
Merci beaucoup Ali Rabé d'avoir répondu à nos questions je rappelle que vous êtes maire de Trappes coordinateur de génération et membre du conseil d'administration de l'association des maires ville et banlieue de France et merci à vous d'avoir regardé le média sur notre chaîne YouTube sur notre site internet ou encore sur le canal 165 de la Freebox on rappelle que le média votre média ne vit que des abonnements et des dons de celles et ceux qui l'aiment si vous pouvez aller sur lemediatv.fr soutien et donnez-nous et donnez-vous de la force restez connectés au média
Ali Rabeh