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interviewFrance Culture (sur YouTube)· 25 avril 2024 8 min

Les routes françaises sont-elles en bon état ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

direction la 13 où les services de la Direction des Routes d'Île-de-France sont à pied d'œuvre pour réparer la fissure apparue la semaine dernière au milieu de la chaussée depuis vendredi soir cette petite portion d'autoroute longue d'une dizaine de kilomètres entre Paris et vaureson est fermé un événement rare qui interroge sur la fiabilité du réseau bonjour Pierre Duma bonjour vous êtes chargé de projet à l'Observatoire national de la route que sait-on pour commencer de cet incident sur la 13 alors moi je vais pas pouvoir vous en dire beaucoup sur cet incident euh toutefois euh les quelqu chose qu'on peut noter c'est tout d'abord que c'est quelque chose c'est un événement assez exceptionnel le le réseau enfin tous les réseaux routiers français sont surveillés par leur gestionnaires de façon très régulière et ce type d'événement apparaît assez assez exceptionnel ensuite de ce que j'ai cru comprendre pour le moment il serait il pourrait être lié à des glissements de de terrain donc qui se déroulerait sous la chaussée et qui aurait pas pu être nécessairement perçu ou prévu en en amont et donc cette portion d'autoroute va rester fermée jusqu'au 30 avril inclus on essaiera d'en savoir plus peut-être euh il faut préciser qu'il s'agit d'une autoroute gérée par l'État qui n'a pas fait l'objet d'une concession alors un mot de comparaison les autoroutes concédées sont-elles en bon état voir peut-être en meilleur état de votre point de vue pierre Dumar alors encore une fois nous à l'Observatoire de la route on n' pas beaucoup d'informations sur les sur les autoroutes concédé euh toute fois euh dans dans dans les contrats de concession euh qui euh qui régissent euh la la gestion et la maintenance des autoroutes concédées des niveaux de services sont fixés auxquels les les pardon les les sociétés doivent se tenir pour maintenir du coup un bon état d'autant que lorsque les concessions se termineront euh les gestionnaires devront rendre l'infrastructure dans un état quasi neuf et du coup elles entretiennent régulièrement leur réseau donc on peut imaginer que ce sont en effet des réseaux qui sont en bon état si on revient à la gestion pub comment s'organise la surveillance matérielle de la chaussée pour le réseau national d'abord alors pour le réseau national et pour euh les autres réseaux qui sont d'ailleurs géré par les par les collectivités euh il y a globalement deux types de de surveillance eu une surveillance qu'on dit visuelle où en fait on va avoir des des agents de du gestionnaire qui vont aller patrouiller euh les routes qui vont aller observer voilà les l'infrastructure les équipements pour savoir s'il y a des défauts pour savoir s'il y a des des soucis euh et à cette observation visuelle on a des méthodes plus automatisées qui vont être faites par des machines où là on va avoir des camionnettes sur lesquelles on a des des radars qui sont qui sont fixés et qui vont au fil de de l'avancé de la camionnette sur la route balayer euh la chaussée pour percevoir voilà les défauts les éventuelles fissures tout ce qui pourrait nuire à la qualité de l'infrastructure et faire un relevé global et c'est à partir de ces deux euh de ces deux méthodes que le gestionnaire va pouvoir qualifier l'état de sa route et ensuite mettre en place sa sa stratégie de de gestion et tous les gestionnaires ont les moyens je je pose la question parce qu'il y a le réseau national qui est géré directement par l'État mais en fait c'est que 12000 km sur le m000 km de route en France la plus grande partie du réseau dépend des communes 700000 km est-ce que les petites communes ont ces véhicules automatisés qui permettent de de voir précisément l'état des routes alors justement c'est une des difficultés par parce que alors ce sont des des campagnes qui peuvent coûter assez cher et puis euh du coup c'est aussi euh des des une c'est des compagnes qui ont besoin d'une certaine technicité que n'ont pas forcément les plus petites communes les plus petites intercommunalités donc c'est vrai que dans beaucoup de cas pour cette grande partie du réseau qui est le réseau lié au bloc communal enfin géré par le bloc communal on va euh avoir souvent des méthodes plus rustique donc voilà cette observation visuelle don dont je parlais pour qualifier le l'état de de l'infrastructure et cette observation visuelle est-ce qu'il est nécessaire d'avoir une expertise importante pour la mener ou il s'agit pardon de le dire comme ça mais un peu de compter les nid de poules alors c'est je pense que c'est une bonne base de pouvoir compter les nid de poules ensuite voilà il y a une une technicité et une expertise qui s'acquierre au gré des formations mais aussi au gré de l'expérience et dans beaucoup de de collectivités c'est en fait le le savoir-faire des agents lors œil avisé qui saura repérer ou non les les défauts et qui pourra faire remonter au gestionnaires les les soucis qui pourrai y avoir j'ai lu que l'Europe avait développé un projet de capteur embarqué sur des véhicules pour détecter les dégradations des routes couplé à une géolocalisation satellitaire ça permettrait d'avoir une cartographie numérique complète bon je comprends que c'est assez loin des moyens employés dans la plupart des communes après la détection vient la question d'entretien pierre Duma ce qu'on observe c'est un sous-investissement historique avec des dépenses qui ont fort ement diminué à partir de 2012 alors on le répète beaucoup en 7 ans entre 2012 et 2019 la France a dégringolé de la première place à la 18e place au classement international de la qualité des infrastructures routières est-ce qu'aujourd'hui la barre est redressée alors pardon moi j'aurais tendance à dire que ce qu'on observe dans le dans le rapport c'est que effectivement on a eu au début des années enfin jusqu'au début des années 2000 une baisse d'investissement assez importante dans les dans la maintenance de l'infrastructure euh toutefois depuis 2015 2016 on observe que les dépenses d'investissement sont reparties à la hausse ce qui indique qui nous montre que les les gestionnaires ont pris conscience bah de l'importance de cette infrastructure et des services carend aux populations et donc euh on on voit qu'il y a un travail de rattrapage qui est en cours mais malheureusement euh le prix des travaux est en directement lié au prix du pétrole ce travail de rattrapage est entre guillemets compensé par le le fait que les travaux coûtent plus cher et que pour un même volume de dépenses on peut faire moins de travaux de Quoand en date cette prise de conscience en plutôt qu'est-ce qu' a déclenché c'est on est avant l'effondrement du pourandi à gè en 2018 oui je pense que le le le mouvement inverse qui se de de relance des investissements date d'un peu avant cette cet événement mais effectivement je pense que le l'effondrement du pom Randi a été un un une alerte supplémentaire sur l'importance de l'entretien des infrastructures parce que c'est vrai que la route on a tendance à se dire que c'est quelque chose de solide quelque chose qui va tenir dans la durée ce qui est vrai mais comme tout patrimoine il a besoin d'un entretien régulier et plus on tarde à le faire plus il va coûter cher à terme et vous le dites nécessite un entretien qui est de plus en plus important puisque le trafic routier augmente et puis les épisodes climatiques extrême sécheresse forte plus ça ça accélère encore l'usure des routes et l'État a tendance un peu à déléguer donc aux communes au départ on l'a vu récemment en 2022 il a décidé que les métropoles et les régions pouvaient aussi prendre la main sur les routes est-ce que cet éparpillement des responsabilités n'est pas préjudiciable à la bonne qualité de l'entretien on peut effectivement imaginer que ce cette cette décentralisation finalement des des compétences de l'État vers les collectivités a eu un impact assez négatif sur voilà sur la capacité de gestion des collectivités faut savoir que la décentralisation c'est quelque chose qui a commencé dans les années il y a eu plusieurs vagues et en fait effectivement aujourd'hui les départements les intercommunalités les communes sont complètement gestionnaires leur infrastructure et même si elles ont reçu des compensations financières par rapport à ce que faisait l'État à l'époque aujourd'hui les enjeux changent et il y a pas forcément un équilibrage financier derrière qui permet de de voilà de compenser merci beaucoup pierre Duma je rappelle que vous êtes chef de projet l'Observatoire national de la route merci