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Podcast / conversationLe Crayon· 26 septembre 2025 60 minContradictoireActualité / polémiqueEurope & internationalAgriculture & alimentationInstitutions & électionsEnvironnement & énergie

Peut-on encore faire confiance aux politiques ? Donnez-nous votre avis en commentaire !

Source d'origine 9 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 50 %Attaque 37 %Défensif 12 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 89 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteÉludée

    Pourquoi vous refusez d'utiliser le terme de génocide ?

  • 2:06OuverteRéponse directe

    Quelle image marquante vous a personnellement marqué récemment ?

  • 2:46OuverteRéponse directe

    Les suicides des agriculteurs continuent, que faire ?

  • 7:23RelanceRéponse directe

    Pourquoi l'Union européenne ne respecte-t-elle pas la volonté populaire ?

  • 12:40RelanceRéponse directe

    Pourquoi toujours réalimenter la machine européenne si elle ne fonctionne pas ?

  • 14:20RelanceRéponse directe

    Quelles mesures concrètes pour gagner la confiance des agriculteurs ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:08Locuteur 6Fait
    « commis par l'État israélien, par le gouvernement de Netanyahou. »
  • 0:17Locuteur 5Chiffre
    « Il n'y a pas une autre profession en France où on bosse 70-80 heures par semaine pour ne pas pouvoir se payer un SMIC. »
  • 0:22Locuteur 3Fait
    « Ursula von der Reine qui n'est pas élue démocratiquement. »
  • 0:25Locuteur 3Fait
    « L'Union Européenne, elle ne respecte pas la volonté populaire. »
  • 2:34Locuteur 5Fait
    « C'est quand même la première profession où il y a des suicides. »
  • 3:47Locuteur 6Fait
    « on est co-responsable en Europe de la crise de l'agriculture parce qu'on a une politique agricole commune qui n'est pas du tout orientée comme elle devrait l'être »
  • 8:40Locuteur 3Chiffre
    « il y a à peu près un agriculteur qui se suicide tous les jours ou tous les deux jours. »
  • 9:02Locuteur 3Chiffre
    « en Espagne, pour le kilo de tomate, ça va être 1,50€ le kilo alors qu'en France, ça peut être 7€, 8€. »
  • 16:25Locuteur 6Chiffre
    « En Espagne, par exemple, eh bien, le plafond, il est à 250 000 euros, je crois, de limite. »
  • 19:06Locuteur 3Chiffre
    « on est en décès à 110% de notre PIB, qu'on a 3 000 milliards de dettes. »
  • 19:25Locuteur 3Chiffre
    « on envoie environ 15 milliards et on perd la moitié »
  • 21:36Locuteur 6Promesse
    « j'aurais reconnu l'État de Palestine. »
  • 22:32Locuteur 6Fait
    « Pourquoi vous refusez d'utiliser le terme de génocide ? »
  • 22:56Locuteur 6Fait
    « j'ai travaillé pendant des années sur le génocide des Tutsis sur une extermination de masse où on a tué un million de personnes en 100 jours »
  • 26:52Locuteur 6Fait
    « Si vous avez eu des vaccins pendant la pandémie, c'était parce qu'il y a eu l'Europe. »
  • 29:07Locuteur 6Fait
    « les forces politiques qui demandent cela sont liées à Trump et à Poutine. »
  • 29:19Locuteur 6Fait
    « Ce sera la chute de nos agriculteurs. Ce sera la chute de nos industriels. »
  • 32:10Locuteur 6Fait
    « au lieu que les voitures électriques coûtent une blinde et que ce soit les gros modèles qui soient favorisés »
  • 32:23Locuteur 6Promesse
    « faire du leasing social pour permettre aux gens d'accéder à la voiture électrique »
  • 33:25Locuteur 6Fait
    « Vous avez dit l'électrique, c'est trop cher, mais vous avez totalement raison. »
  • 33:30Locuteur 6Fait
    « Il n'y a pas de politique publique suffisamment ambitieuse et cohérente pour la rendre abordable. »
  • 34:40Locuteur 6Fait
    « La France a souverainement décidé de ne plus rien produire pendant les années 80-90. »
  • 38:00Locuteur 6Promesse
    « Fonderlion à proposer une loi sur le bannissement des produits de l'esclavage »
  • 43:20Locuteur 6Fait
    « il y avait 12 000 institutions autour de l'école qui remplissaient la même fonction »
  • 44:26Locuteur 6Fait
    « on a supprimé le service militaire en disant ça ne sert plus à rien »
  • 48:01Locuteur 6Fait
    « le mépris absolu du pouvoir politique et d'Emmanuel Macron vis-à-vis des corps intermédiaires »
  • 56:40Locuteur 6Fait
    « national ou un social-démocrate ou un libéral ou un éléfiste ou un écologiste c'est la même chose »
  • 56:58Locuteur 6Fait
    « ce que vous pouvez exiger des dirigeants politiques c'est au moins qu'ils vous présentent des projets politiques clairs qui ne soient pas du verbiage »
  • 57:03Locuteur 6Promesse
    « qu'ils aient bossé pendant 2-3 ans avant de vous les présenter ou 10 ans même si vous voulez »
  • 57:20Locuteur 6Fait
    « quand vous avez des présidents de la France qui décident de telle ou telle politique ils sont responsables des résultats des échecs des réussites de ces politiques »
  • 57:27Locuteur 6Fait
    « il n'y a pas une Ursula von der Leyen qui est un marionnettiste et qui contrôle les dirigeants français »
  • 57:34Locuteur 6Fait
    « Ursula von der Leyen elle est beaucoup plus contrôlée par le président français allié au chancelier allemand par les chefs d'état qu'elle ne les contrôle »
  • 57:42Locuteur 6Fait
    « l'Europe elle n'est pas fédérale aujourd'hui »
  • 57:51Locuteur 6Fait
    « quand on lui reproche sa faiblesse à l'Europe quand on lui reproche de se coucher devant Trump c'est aussi parce qu'avant il y avait des chefs d'état européens des nations européennes qui ont été dans le bureau ovale pour céder avant que l'Union européenne ne cède elle-même »
  • 58:00Locuteur 6Fait
    « il y a des entreprises comme Mercedes ou Volkswagen qui ont été voir Trump pour céder avant que l'Union européenne ne cède elle-même »
  • 58:11Locuteur 6Fait
    « c'est pas l'Europe qui décide il y a des nations européennes qui votent pour élire des dirigeants »
  • 58:28Locuteur 6Fait
    « les élites françaises portent une immense responsabilité dans le déclin que vous décrivez que vous constatez »
  • 58:37Locuteur 6Fait
    « c'est pas en se refermant sur nous-mêmes ou en désignant des boucs émissaires imaginaires de notre déclin qu'on va réussir »
  • 59:00Locuteur 6Fait
    « c'est en menant des politiques sociales en menant des politiques écolo en rétablissant des services publics qu'on peut recréer la république »

Temps de parole

  • Locuteur 674 %
  • Locuteur 312 %
  • Locuteur 57 %
  • Locuteur 42 %

0,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Locuteur 9

Pourquoi vous refusez d'utiliser le terme de génocide ?

0:02
Locuteur 6

Le débat sur ce terme est en train d'évacuer le vrai débat qui est qu'est-ce qu'on fait pour mettre fin à ces crimes insupportables commis par l'État israélien, par le gouvernement de Netanyahou.

0:11
Locuteur 5

Ce qu'il faudrait c'est quand même avant tout que les politiques aient confiance en nous et affirment avoir confiance en l'agriculture.

0:17
Locuteur 6

Il n'y a pas une autre profession en France où on bosse 70-80 heures par semaine pour ne pas pouvoir se payer un SMIC.

0:22
Locuteur 3

Ursula von der Reine qui n'est pas élue démocratiquement. Non mais ce que je veux dire c'est que l'Union Européenne, elle ne respecte pas la volonté populaire. Si vous voulez être des marionnettes de Trump, de Poutine, de Xi Jinping,

0:33
Locuteur 6

eh bien sortez de l'Europe. On est déjà des marionnettes. Non, l'Europe n'est pas responsable du déclin de la France.

0:44
Locuteur 4

Salut à tous, j'espère que vous allez bien. Si je vous fais cette intro, c'est pour vous expliquer que ce que vous allez voir, c'est ce qu'on a tourné cet été au Delta Festival. Le Delta Festival, c'est un festival de musique qui a lieu à Marseille et dedans il y a une association qui s'appelle Le Monde des Possibles qui organise des conférences, des débats et des interviews. Et cette année, on a eu la chance d'être leur partenaire et de pouvoir organiser des débats, des interviews. Donc vous allez avoir normalement trois émissions sur cette chaîne YouTube. Voici la troisième. Bonne vidéo.

Très rapidement, avant de commencer cet échange, est-ce qu'il y a une image marquante dans le monde qui vous a marqué, vous, personnellement, récemment ? Moi, j'en vois plusieurs et qui participent de la même chose.

1:17
Locuteur 6

Je vois l'image, moi, d'un enfant palestinien pris en photo en train de mourir de faim. Je vois l'image du président Trump qui accueille Vladimir Poutine. Je vois l'image des feux à Marseille ou dans l'Aude. Et tout cela participe d'une même crise, mais qui est une crise générale. Et on pourrait se dire qu'il n'y a rien à faire, mais en réalité, il y a des vers d'un poète allemand qui m'accompagne tout le temps. C'est des vers d'un poète allemand qui s'appelle Hölderlin et qui dit « Là où croit le péril, croit aussi ceux qui sauvent ».

Et je pense que c'est en confrontant le péril qu'on peut trouver en nous-mêmes la force d'avoir un autre destin que celui décidé par Trump, Netanyahou ou Poutine.

2:05
Locuteur 4

Merci. On va laisser désormais les jeunes vous poser leurs questions.

2:10
Locuteur 5

Oui, bonjour. Bonjour. Rémi Laporte, je viens de Lozère, un département au centre de la France, mais en montagne, en zone de montagne. Je suis en préparation de devenir agriculteur. Et quand je vous écoutais, vous parlez des images, mais je pensais quand même que vous nous parlerez des suicides des agriculteurs qui continuent quand même. C'est quand même la première profession où il y a des suicides. Après, c'est les policiers. Je trouve que c'est quand même assez triste parce que dans les générations futures, on va manquer d'agriculteurs. Et peut-être penser à eux, ça serait une bonne chose.

2:46
Locuteur 6

Vous avez complètement raison. Et ils me demandaient des images. Donc moi, c'est les images que j'ai vues là. Mais il y a un mois et demi, il y a une image, mais qui n'est pas une image médiatique, qui est une rencontre. J'étais en Ardèche et j'étais avec des agriculteurs en Ardèche et j'ai passé la soirée avec Rémi, un agriculteur qui m'a expliqué sa passion pour son métier, mais qui est plus qu'un métier, qui est une vocation. Et il venait d'avoir un fils. Et à la fin de la soirée, il avait les larmes aux yeux et il m'a dit, mais moi, je vais dire à mon fils, tu peux tout faire sauf agriculteur. Ce n'est pas que je n'aime pas mon métier, c'est ma vie, mais c'est trop dur.

En fait, on n'y arrive pas. Et je pense que, moi, j'étais là-bas parce que justement, il y a beaucoup des questions agricoles qui sont décidées à l'échelle européenne et pas simplement à l'échelle de la France. Et je pense qu'on est co-responsable en Europe de la crise de l'agriculture parce qu'on a une politique agricole commune qui n'est pas du tout orientée comme elle devrait l'être, qui n'accompagne pas les agriculteurs, qui accompagne certaines grandes exploitations, mais qui n'accompagne pas les agriculteurs qui en ont besoin, qui ne fixe pas de cap pour l'agriculture et qui abandonne ceux qui en ont le plus besoin sur le chemin.

Et pendant 40 ou 50 ans, nos sociétés, elles se sont structurées. Et j'ai vraiment bossé sur la question agricole parce que je pense que c'est le nœud, en particulier pour la France, mais c'est le nœud de beaucoup de choses sur le continent européen. Quand on parle de souveraineté, ça touche à l'agriculture. Quand on parle de puissance européenne, ça touche à l'agriculture. Quand on parle de transformation écologique, ça touche à l'agriculture. Et la grande question qu'on doit se poser, c'est est-ce qu'on veut des agriculteurs dans notre pays ? Et si on veut des agriculteurs dans notre pays, alors il faut changer nos politiques publiques.

Et pendant 50 ans, on a fixé un cap qui était extrêmement clair, qui s'appelle le productivisme. On a dit, on va mettre fin, c'était au sortir de la guerre, on va mettre fin à la disette en France et en Europe. On va devenir autosuffisant, on va pouvoir nourrir l'Europe. Et tout le monde s'est mobilisé, tous les services de l'État, toute la société, et en premier lieu, les agriculteurs, pour faire des agriculteurs l'avant-garde de ce combat-là. Et il y avait un cap clair. Et pendant 50 ans, ça a fonctionné. Et on s'est rendu compte que c'est arrivé dans une impasse à la fois économique et une impasse écologique.

Et donc aujourd'hui, on a besoin d'inventer ensemble un nouveau cap qui permette aux agriculteurs de vivre dignement parce qu'il n'y a pas une autre profession en France. Enfin, ça c'est vrai. Il n'y a pas une autre profession en France où on bosse autant pour toucher aussi peu, où on bosse 70-80 heures par semaine pour ne pas pouvoir se payer un SMIC et où à la fin, effectivement, on est acculé au désespoir voire au suicide.

6:03
Locuteur 5

Le défi, on l'a relevé et je trouve quand même assez dignement parce qu'en ce moment en France, il n'y a plus personne meurt de faim en France actuellement. Donc on arrive à produire suffisamment pour nourrir les Français. L'agriculture, elle est quand même assez belle. J'ai l'impression que les agriculteurs, on n'est pas tous des sales types. Pendant la période Covid, on était vraiment quand même reçus comme des héros, les gens qui continuaient à donner espoir aux gens en étant dehors déjà, en donnant un souffle terre nouveau à la population française. Et là, c'est vrai que depuis dernièrement, il y a eu la loi Dupland.

Moi, elle ne me concerne pas spécialement sur mon type de production en zone de montagne. Et là, de nouveau, on dirait qu'il y a un diable derrière chaque agriculteur. Plus personne n'a confiance en nous. Ce qu'il faudrait, c'est quand même avant tout que les politiques aient confiance en nous et affirment avoir confiance en l'agriculture, dans les agriculteurs français, et pouvoir dire « Les gars, allez-y. On a confiance en vous. Ça va le faire. On sait que vous n'êtes pas là pour massacrer ni votre environnement ni vos animaux. Vous êtes là pour produire et pour nourrir la population française qui croît et les zones de production ont aussi diminué.

Donc, on est aussi, nous, face à un défi de production qui est réel.

7:23
Locuteur 3

Est-ce que je peux réagir rapidement ? Vous m'avez fait l'introduction parfaite avec l'Union européenne où je pense qu'avec la problématique des agriculteurs, c'est une sorte de mensonge politique et je pense que vous instrumentalisez les agriculteurs parce qu'en fait, on n'a pas les moyens de défendre vraiment nos agriculteurs. On les asphyxie, notamment avec la réglementation de l'Union européenne, que ce soit par exemple l'article 63 du Traité du fonctionnement de l'Union européenne. Comme vous le savez, c'est l'interdiction des règlements, les mouvements des capitaux. Donc, ce qui fait qu'il y a une concurrence qui est déloyale.

Donc, c'est juste, on parlait d'autosuffisance au niveau de souveraineté alimentaire. Il faut savoir qu'on est autosuffisant environ à 80%, 70%. Le problème, c'est que ne serait-ce juste qu'au niveau des pesticides qui sont utilisés pour la production au niveau de la récolte, de la production, des stockages et qu'il y a beaucoup plus de rendements par exemple des 26 autres pays qui font partie de l'Union européenne.

Sauf que la France, elle fait partie, elle a un vaste territoire agricole où globalement, il y a beaucoup de agriculture bio où on respecte nos terres, nos navres phréatiques et que c'est beaucoup plus facile de créer une alimentation vraiment améliorative d'un point de vue pour la santé mais également pour l'environnement. Sauf que le problème, c'est que, comme il a mentionné Rémi tout à l'heure, il y a, d'un point de vue économique, il y a vraiment les agriculteurs qui sont asphyxiés au niveau économiquement. C'est-à-dire qu'il y a à peu près un agriculteur qui se suicide tous les jours ou tous les deux jours.

Sauf que comment leur donner vraiment une clé économique puisqu'ils se suicident en fonction de leur budget économique. Sauf que comme il y a une concurrence déloyale à cause du marché commun, que c'est totalement impossible de vraiment redonner une souveraineté alimentaire et que, comme par exemple en Espagne, pour le kilo de tomate, ça va être 1,50€ le kilo alors qu'en France, ça peut être 7€, 8€. Donc, mécaniquement et stratégiquement, les consommateurs vont se diriger vers le prix au kilo qui sera le plus avantagé. Donc, ça ne récompensera pas les agriculteurs. Ils auront plus de mal à vivre.

Donc, pourquoi se servir et pourquoi être fervent de l'Union Européenne en sachant qu'elle nous tire vers le bas au niveau de la PAC, donc la politique agricole commune, et qu'en aucun cas elle sert justement les agriculteurs alors qu'à l'inverse, en fait, elle dessert les agriculteurs ?

9:30
Locuteur 6

Ce qui dessert les agriculteurs, c'est la concurrence déloyale. Déjà, ce n'est pas seulement la concurrence à l'intérieur du marché européen, c'est le fait, par exemple, d'aller signer le Mercosur et de condamner les éleveurs français et européens en imposant une concurrence déloyale qui est ultra dangereuse écologiquement et qui est injuste socialement et économiquement. Donc, c'est la question de l'ouverture du marché européen sur l'extérieur. Ensuite, je ne peux pas, enfin, moi, je ne peux pas laisser dire que c'est l'Union Européenne qui est en train de buter l'agriculture parce qu'en réalité, la politique agricole commune, elle fait aussi du bien aux agriculteurs.

Il faut la réorienter, c'est tout. Il ne faut pas en sortir. S'il n'y a plus la PAC, s'il n'y a plus de politique agricole commune, il n'y a plus d'agriculture non plus. Donc, en réalité, ce qu'il faut faire, c'est faire une PAC qui soit orientée vers ceux qui en ont besoin. Vous avez aujourd'hui des grandes exploitations dans la Beauce, je suis désolé, qui touchent des millions d'aides parce qu'en fait, les aides, elles sont calculées à l'hectare. Et ensuite, les petits agriculteurs, les paysans, eh bien, ils ne touchent pas suffisamment d'aides par rapport aux grands exploitants qui sont en fait l'agro-industrie. C'est un problème de justice dans les politiques européennes.

Ce n'est pas un problème du fait qu'il y ait une politique européenne. Et ensuite, la question du marché et de la concurrence intérieure européenne. Là, vous touchez un point qui est parfaitement juste, c'est-à-dire qu'il y a une concurrence interne qui est déloyale. Il y a deux solutions qui sont cohérentes. Soit, vous sortez du marché commun et vous dites on remet des frontières partout autour de la France. Mais dans ce cas-là, ça condamnera les agriculteurs aussi puisqu'ils exportent aussi en Europe. Mais, l'autre solution, c'est vous harmoniser les règles à l'échelle européenne. S'il y a un marché commun, il faut qu'il y ait des règles communes.

Il ne faut pas qu'on puisse utiliser des pesticides en Espagne qu'on ne peut pas utiliser en France. Il faut qu'on ait les mêmes règles. Et cette harmonisation des règles, ça suppose quoi ? Ça suppose qu'en fait, on aille jusqu'au bout de la construction européenne. Ça ne suppose pas qu'on s'en retire. Si vous vous retirez de la construction européenne, en réalité, ça va être extrêmement mauvais pour les agriculteurs. Ce qu'il faut, c'est qu'en fait, on harmonise et on rende cette construction plus juste. Vous avez un marché commun, il faut des règles communes. Sinon, vous avez de la concurrence déloyale. La solution, ce ne sera pas de remettre des frontières autour de la France.

Et c'est vrai pour l'agriculture, mais c'est vrai pour le reste. C'est à l'échelle européenne aujourd'hui qu'il faut qu'on construise des normes communes qui protègent notre environnement, qui soient socialement plus justes, qui permettent justement de faire face à cette concurrence déloyale. Donc, ce dont il faut se séparer, c'est de l'idéologie du libre-échange qui a dominé les politiques européennes. Mais ce dont il ne faut pas se séparer, c'est de cet espace qui nous permet d'être aujourd'hui potentiellement un acteur qui compte. Si vous sortez de l'Union, si vous sortez du marché commun, vous privez les Français de toute capacité à avoir un destin.

Vous faites comment face à la concurrence américaine ? Vous faites comment face à la concurrence du Mercosur ? Vous faites comment face à la concurrence chinoise aujourd'hui ? Pour nos industries, pour notre agriculture, c'est impossible de ne pas s'adosser à un poids commun qui est l'Union.

12:40
Locuteur 3

Si je peux réagir rapidement, c'est-à-dire que c'est contradictoire puisque tout à l'heure on parlait que la France était autosuffisante à 70-80% en sachant qu'il y a une concurrence qui est déloyale. Donc, pourquoi si on ne pourrait pas mettre des hauts plans pour favoriser les agriculteurs ? Ce n'est pas une question de marché commun puisque le marché commun ça existe depuis 1957. Aujourd'hui, 80 ans après, on se rend compte que les agriculteurs n'ont jamais été au bord du gouffre. Donc, l'Union européenne frontalement, ça ne marche pas.

Donc, pourquoi toujours réalimenter la machine européenne en sachant qu'elle ne fait justement qu'abolir les pouvoirs économiques et surtout créer un malheur social au niveau et juste pour revenir de sortir l'Union européenne et surtout de quitter le marché commun. On ne va pas être isolé au niveau de la France. La France, elle a un pouvoir. Enfin, elle avait autrefois vous parlé de souveraineté. Sauf que justement, je pense que c'est contradictoire. C'est un oxymeur. C'est-à-dire que la souveraineté agricole, la souveraineté alimentaire, elle va de pair en fait la France. La France, elle a toujours été au 18e siècle. On appelait la France la Chine de l'Europe.

Donc, c'est-à-dire qu'elle a encore ses capacités. Et plus en fait, on la soumet par l'Union européenne, que ce soit par d'autres institutions, par d'autres pactes, par d'autres échanges, on va justement la vassaliser avec que ce soit les États-Unis, que ce soit avec la Chine, que ce soit plus tard avec l'Inde, alors que l'Inde, ils ont détruit leur industrie agricole, que la moitié de leur pays est ravagée par les pesticides. Et justement, revenant des pesticides, par les 50, 60, 70 ans d'année, les pesticides, ils ont drastiquement réduit la qualité nutritionnelle des tomates, de tous les fruits et légumes. Il y a 50 ans, vous prenez, par exemple, pourtant on était dans le marché commun.

Encore une fois, on était légiféré par les règles de l'Union européenne. La FNC, elle était là pour ça. Ma question, c'est pourquoi toujours plus d'Europe alors que stratégiquement et mécaniquement, ça ne fonctionne pas ?

14:26
Locuteur 6

Vous pourrez mieux répondre que moi, mais j'ai vu des dizaines d'agriculteurs qui étaient vraiment au bord du gouffre sur ces derniers mois. Il n'y en a pas un qui m'a demandé la sortie de l'Union européenne ou la sortie du marché commun ou la restauration des frontières à l'échelle française. Ce qu'ils m'ont tous demandé, c'est par contre qu'on mette fin à la concurrence déloyale.

14:49
Locuteur 5

Je pense aussi qu'ils vous ont demandé que la classe politique ait confiance dans les agriculteurs. Ça, c'est vraiment à l'heure actuelle qu'on parle à n'importe quel syndicat agricole ou n'importe qui. Ce qui revient chez tous les agriculteurs, c'est putain, ils ne nous font pas confiance. Ils n'en ont rien à foutre de nous, ils ne nous aiment pas. Est-ce que ce ne serait pas pour des voix qui vont chercher à aller dire on est contre les pesticides et mettre les agriculteurs de côté ? Nous, ce qu'on veut, ce n'est même pas dire est-ce que vous êtes pour ou contre les pesticides, c'est dire oui, j'ai confiance en l'agriculture, oui, j'ai confiance dans les agriculteurs français.

Oui, je vous fais confiance, mais vous pouvez le faire.

15:29
Locuteur 9

Je me permets de rebondir.

15:30
Locuteur 5

Ah, vas-y. Pardon.

15:31
Locuteur 9

Mais vous avez de très beaux discours, mais vous employez beaucoup le mot cap. Vous avez beaucoup de cap, mais concrètement, qu'est-ce que vous voulez faire comme mesure pour gagner la confiance des agriculteurs, justement ?

15:43
Locuteur 6

Demain, il faut repenser le système des aides européennes. C'est quand même c'est le premier budget de l'Europe, l'agriculture, la PAC. D'accord ? Donc c'est beaucoup, beaucoup d'argent. C'est des milliards d'euros qui sont dépensés aujourd'hui et qui vont dans les poches de gens qui n'en ont pas besoin principalement. D'accord ? Parce qu'il n'y a pas un seul monde agricole. Il y a des gens qui s'en sortent très bien. L'agro-industrie de la Beauce, les exploitations céréalières de la Beauce, ils ne se plaignent de rien du tout, ils vont bien. Donc la première des choses, c'est que les aides, vous ne les donnez plus à l'hectare et vous les donnez à l'emploi, à l'emploi agricole.

Ça, c'est une des premières des choses. Ensuite, vous mettez un plafond. Vous mettez un plafond. En Espagne, par exemple, eh bien, le plafond, il est à 250 000 euros, je crois, de limite. C'est-à-dire que vous ne pouvez pas toucher plus de 250 000 euros d'aides parce que comme ça, vous pouvez aider toutes les petites exploitations qui sont en train de crever. Donc vous répartissez mieux les aides. La deuxième des choses, c'est que vous mettez fin à ces traités de libre-échange qui installent la concurrence déloyale. Par exemple, le Mercosur. Je termine, je réponds. La troisième des choses, c'est que vous harmonisez les règles de production à l'échelle du marché européen.

C'est-à-dire que des normes doivent être les mêmes dans les différents pays européens. Sinon, ce que vous avez, c'est une concurrence déloyale et effectivement, les fraises espagnoles qui ne sont pas du tout produites selon les mêmes normes que les fraises françaises. Ça, c'est les trois mesures que l'Europe peut prendre. Mais de manière hyper rapide, on va discuter là la politique agricole commune. Moi, c'est juste ce que je veux dire et peut-être on ne sera pas d'accord là-dessus.

Mais c'est que dans certaines personnalités syndicales qui s'autoproclament représentantes du monde agricole, quand ils viennent à Bruxelles, par exemple, ils vont défendre certaines choses, mais jamais ils parlent des inégalités de revenus ou des inégalités d'aide. Or, le monde agricole, il est comme tous les mondes. Il est traversé par des injustices, par des inégalités de situation. Et donc, il faut aussi que la puissance publique, elle soit là pour corriger les inégalités créées par le marché. Il y a des gens qui s'en sortent très bien. Ils ont peut-être besoin de moins d'aide que ceux qui, aujourd'hui, tirent la langue et galèrent. Donc ça, c'est des mesures extrêmement concrètes.

Mais vraiment, vous prenez juste la question des aides. Vous ne les fixez plus sur l'hectare, mais vous ne les fixez sur l'emploi. Ça changera la vie de beaucoup, beaucoup d'agriculteurs. Vous avez des exploitations, aujourd'hui, qui touchent très peu d'aide alors qu'elles emploient beaucoup. Et vous avez d'autres exploitations qui sont immenses et qui touchent énormément d'aide et qui emploient très peu. Et donc là, ce que vous ciblez, c'est non plus l'hectare, mais c'est la personne, c'est l'agriculteur lui-même. Et ça, ça changera vraiment dans la distribution des aides publiques. Et encore une fois, c'est l'argent public qui est investi.

Donc quand on investit l'argent public pour conforter les inégalités au lieu de les résorber, on fait le contraire de ce que devrait faire une politique publique. Et c'est ce qui est en train d'être fait sur l'agriculture. Mais là-dessus, la FNSEA ne le dit jamais ça. Pourquoi ? Parce qu'il y a beaucoup de gens qui touchent beaucoup d'aides et qui sont là-dedans.

18:55
Locuteur 3

Et pour rebondir, au niveau des aides, je ne pense pas que ce soit une question d'aide et de rediriger les flux financiers vers nos agriculteurs, que ce soit les premiers à en bénéficier. Parce que quand on regarde le plan économique de la France, on se rend compte qu'on est en décès à 110% de notre PIB, qu'on a 3 000 milliards de dettes. Donc déjà sur l'État, sur le plan financier, on est déjà en échec. Ensuite, on envoie, on est contributeurs net de l'Allemagne. Donc c'est-à-dire qu'il y a des bénéficiaires nets, il y a des contributeurs nets de l'Union européenne et il y a des bénéficiaires nets. C'est-à-dire qu'il y a des gens qui touchent l'argent que nous, on envoie à Bruxelles.

Donc on envoie environ 15 milliards et on perd la moitié, donc on perd de l'argent. Donc à partir du moment où ce n'est pas plus de moyens qui rectifieront la souveraineté agricole de la France à aider les agriculteurs, mais c'est vraiment de rediriger, c'est-à-dire en coupant, en faisant des économies là où est-ce que l'argent n'est pas redistribué légalement, enfin n'est pas rediriger socialement et stratégiquement.

19:45
Locuteur 6

J'aimerais bien qu'on fasse ces mots. Là, je n'ai jamais dit qu'il fallait dépenser plus. Ce que j'ai dit, c'est qu'on dépense une certaine somme et qu'il faut la dépenser au profit de ceux qui en ont besoin. Donc il ne faut pas augmenter, mais il faut réorienter. Je veux dire, quand vous dépensez, vous avez raison, on a une dette. Vous avez raison, on a des déficits chroniques. Mais quand l'argent est utilisé pour financer précisément ceux qui n'en ont pas besoin, ceux qui s'en sortent selon les règles du marché, alors là, vous faites un mauvais usage de l'argent public.

Et ce que je n'ai jamais dit qu'il fallait plus d'enveloppes pour la PAC, ce que je dis, c'est que cette enveloppe-là, elle peut bénéficier aux agriculteurs. Elle peut être orientée vers les agriculteurs qui aujourd'hui bossent 80 heures par semaine et touchent moins qu'à SMIC. Mais ce n'est pas eux qui touchent la majorité des aides. Et c'est ça le scandale dans les politiques publiques

20:41
Locuteur 4

qui sont là. On va évoluer le sujet le temps file. J'aimerais bien qu'on parle de la situation internationale Clémentine, tu avais une question sur le sujet.

20:48
Locuteur 9

Alors, à la place d'Emmanuel Macron, quelle aurait été votre politique concernant Israël et la Palestine à partir du 7 octobre et même avant ?

20:57
Locuteur 6

La première des choses, c'est qu'il y a un accord d'association entre Israël et l'Union européenne. Eh bien, j'aurais œuvré, comme je l'ai fait au Parlement européen, pour que face à l'anéantissement de Gaza, face à la poursuite de la colonisation en Cisjordanie, on suspende cet accord d'association. La deuxième des choses, et ça, il l'a fait. Moi, vous savez, je ne suis pas un opposant pavlovien. Quand Emmanuel Macron, il fait quelque chose que je trouve juste, je le dis. Donc, pour marquer l'opposition absolue à la politique de négation de tout droit des Palestiniens à avoir un État, j'aurais reconnu l'État de Palestine. C'est ce qu'il est en train de faire.

21:40
Locuteur 9

Vous l'auriez fait avant ?

21:42
Locuteur 6

Moi, je pense qu'il fallait le faire avant. Je l'avais demandé avant.

21:44
Locuteur 9

Dès le début ?

21:45
Locuteur 6

Mais moi, je pense que vous n'allez pas le faire le 8 octobre. Mais ce que je pense, c'est qu'il fallait le faire avant. Il y a d'autres pays comme l'Espagne qui l'ont fait avant. Mais là, il le fait. Donc, je ne vais pas dire que je suis contre parce que c'est Emmanuel Macron. Et troisième point, je pense qu'il y a aujourd'hui un vertige qui devrait nous saisir sur le fait que les colons extrémistes qui ont en fait pris le pouvoir en Israël à travers Ben Gvir, Smotrich, qui sont des ministres qui sont non seulement d'extrême droite mais qui ont des méthodes fascistes, eh bien, je ne comprends pas pourquoi ils ne sont pas sanctionnés.

22:29
Locuteur 9

Pourquoi vous refusez d'utiliser le terme de génocide ?

22:32
Locuteur 6

Parce que toujours, même sur l'Ukraine, même sur Boucha, j'ai toujours été hyper précautionneux avec ce terme de génocide. Je vais vous dire pourquoi. Et encore une fois, le fait de ne pas l'utiliser ne veut pas dire qu'il n'y a pas crime de masse, qu'il ne faut pas agir tout de suite, qu'il ne faut pas condamner Netanyahou, qu'il ne faut pas suspendre l'accord d'association, qu'il ne faut pas se révolter face à l'horreur de Gaza. Moi, j'ai travaillé pendant des années sur le génocide des Tutsis sur une extermination de masse où on a tué un million de personnes en 100 jours, où on allait chercher les bébés dans les buissons pour les tuer.

Et pour ces exterminations-là, dans ce cas-là, il me faudrait un autre mot pour l'extermination des Juifs d'Europe ou des Tutsis du Rondin.

23:14
Locuteur 9

Si on se fie à la définition

23:15
Locuteur 6

de 1948, c'est ce que vous disiez.

23:19
Locuteur 9

Non, je disais que ça restait un génocide si on se fie à la définition. Et que ce n'est pas parce qu'il y en a

23:24
Locuteur 6

des plus ou moins. Non, ce n'est pas plus ou moins, ce n'est pas du tout ça. Mais ce que je dis, c'est qu'en fait, le vrai débat qui est qu'est-ce qu'on fait pour mettre fin à ces crimes insupportables commis par l'État israélien, par le gouvernement de Netanyahou, par Smotrich, par Ben Gvir. C'est ça, ce que je dis. Donc moi, je n'ai aucun problème à ce que vous l'employez. Moi, j'explique pourquoi moi, je ne l'emploie pas. Et je vous dis que ça ne doit pas nous freiner sur le fait qu'il y a une nécessité. La Cour de justice internationale, elle dit qu'il y a un risque de génocide.

Ça ne doit pas nous freiner dans le fait qu'on doit agir, qu'on doit cibler l'extrême droite israélienne actuellement au pouvoir et qu'on doit enfin exercer les moyens de pression qu'on a. On se sent impuissant, mais en réalité, l'Union européenne a des moyens de pression, ne serait-ce que la suspension d'ailleurs de l'accord d'association qui n'est toujours pas décidé au moment où on se parle. Donc ça veut dire que de facto, nous sommes associés.

24:21
Locuteur 3

Vous dites que justement, l'Union européenne a des leviers de pression pour la situation à Gaza, sauf qu'avec l'actualité internationale, on ne fait que voir des sucessions, des humiliations de l'Union européenne, que ce soit par Trump, que ce soit par Poutine, que l'Union européenne est obligée de guébander auprès du président des États-Unis pour participer, que ce soit aux accords de paix, de comment on va plus ou moins avec la thèse impérialiste que BlackRock essaie de prendre des terres, que les terres rares de l'Ukraine, que tout ce qui permet d'alimenter en fait et de ne pas participer au... comment dire ?

qui ne sert pas à favoriser le peuple ukrainien et en fait, on se rend compte de l'unificacité de l'Union européenne parce que comme je le disais, elle came on pour essayer de demander d'avoir une place à l'Union européenne et qu'on se rend compte que le monde, il est plus ou moins, il est de plus en plus bipolaire, que ce soit au niveau de la Russie, que ce soit au niveau de la Chine, donc tripolaire, mais avec les États-Unis et que justement, l'Union européenne, plus elle continue dans vraiment l'encre de la continuité du temps, plus on se rend compte que globalement, elle est obligée d'avoir une réelle ambition politique, d'essayer de se projeter et qu'en fait, elle est de plus en plus invisibilisée, ça me rappelle la fameuse phrase de Trump, il me semble qu'il disait si je veux appeler l'Union européenne, j'appelle quel numéro ?

Et ça permet aussi de rebondir à la position démocratique, par exemple, de Ursula von der Leyen qui n'est pas élue démocratiquement. Non, mais ce que je veux dire, c'est que l'Union européenne, elle ne respecte pas la volonté populaire, elle a moins en moins de place à l'échelle internationale, elle est de plus en plus boycottée, invisibilisée et tous les États qui contribuent à l'Union européenne sont de plus en plus en déficit économique et provoquant une désolidarisation de tous les peuples et qu'il y a une fragmentation sociale en sein des peuples.

26:08
Locuteur 6

Alors, non, mais j'ai bien compris votre discours et d'ailleurs, ce n'est pas des questions, mais c'est très sympa, c'est une confrontation idéologique sur faut-il ne pas rester dans l'Union européenne ? Moi, je vais vous dire une chose. Maintenant, si vous voulez, si vous voulez être des marionnettes de Trump, de Poutine, de Xi Jinping, eh bien, sortez de l'Europe. On est déjà des marionnettes. Non, non, non, mais moi, je vous ai laissé parler, je vous ai laissé parler, le dialogue, j'ai bien compris que ce n'était pas des questions, mais le dialogue suppose qu'on laisse parler l'autre. Je ne vous ai pas interrompu. Donc, maintenant, je vais vous le dire.

L'Europe, si vous avez eu des vaccins pendant la pandémie, c'était parce qu'il y a eu l'Europe. Si vous avez eu des pays qui ne se sont pas effondrés, comme l'Italie, au moment de la pandémie, c'est parce qu'il y a eu la mutualisation des dettes et un emprunt commun, c'est-à-dire une solidarité entre les pays européens, que les contribuables riches d'Allemagne ont été solidaires des contribuables italiens. si vous avez eu une réaction commune à l'invasion de l'Ukraine, qui était une guerre directement dirigée contre nous, Européens, c'est parce qu'il y avait l'Union européenne. Et oui, elle est trop faible, l'Union européenne.

Et oui, il n'y a pas d'affirmation assez forte face à Trump, face à Poutine, face à Netanyahou. Mais donc, la solution, c'est quoi ? C'est moins d'Union européenne qu'on la rende encore plus faible, qu'on la rende encore plus ridicule ? Non, la solution, c'est justement d'assumer de construire l'Europe. D'assumer de construire l'Europe. Si vous voulez renouer avec le pacte gaullien entre la grandeur de la France et la liberté du monde, la seule manière, ce n'est pas les postures des nationalistes qui vont vous expliquer je vais fermer les frontières et tout ira bien. Tout ira bien comme à Thèbes, on va finir par tous crever de la peste entre nous.

On sera peut-être content d'être entre nous, mais on sera faible. La seule manière de faire, c'est de construire une puissance politique en Europe. C'est de transformer ce qui est aujourd'hui le premier marché du monde en puissance politique. Tant qu'on n'assumera pas ça, tant qu'on n'assumera pas ça, eh bien, on aura une Europe dysfonctionnelle. Quant au fait que Van der Leyen n'est pas élue. Van der Leyen, elle est élue par le Parlement européen. Elle est nommée par le Conseil européen et votée par le Parlement européen. Donc maintenant, en fait, ce n'est pas vrai qu'elle n'est pas élue. Et d'autre part, et d'autre part, moi je suis pour, mais vous, vous serez contre.

Moi je suis pour qu'elle soit élue, pas elle d'ailleurs, parce que je ne ferai pas campagne pour elle, mais que le président de la Commission soit élu directement par les peuples européens. Mais ça, ça veut dire que c'est un progrès fédéral de l'Europe et qu'il refuse. Ben c'est précisément les nationalistes. Mais vraiment, vous pouvez choisir, vous pouvez choisir un destin sans l'Europe. La France peut faire ça. Le résultat de cela, et d'ailleurs, ce n'est pas un hasard si les forces politiques qui demandent cela sont liées à Trump et à Poutine.

Le résultat de cela, d'une sortie de l'Union européenne, d'un renoncement au destin européen de la France, le résultat de cela, ce sera la chute de notre pays. Ce sera la chute de nos agriculteurs. Ce sera la chute de nos industriels. Ce sera la chute de notre capacité à avoir du poids politique dans le monde. Vous pensez qu'aujourd'hui, pour défendre les principes qui sont les nôtres, pour défendre les démocraties qui sont attaquées, vous pensez qu'aujourd'hui, la voix de la France seule aurait du poids ? Non. La seule manière de faire, c'est de se battre pour transformer l'Europe dans une puissance politique qui nous permette d'avoir un rôle.

Moi, je ne dis pas ça parce que je suis fan de l'Europe en tant que telle. Je dis ça parce que je refuse de n'avoir aucun rôle en tant que citoyen français dans le monde. Or, c'est ce qui se passera si on n'a plus la puissance européenne pour s'adosser.

29:59
Locuteur 5

Oui, tout ça, c'est des trucs qui me dépassent un peu. Mais, ce que je sais, c'est que moi, j'ai le boulanger qui a 8 km. Donc, ça fait un aller-retour 16 km pour acheter du pain. L'autoroute, elle est à 25, le premier supermarché, il est à 25 aussi. Donc, on a besoin de rouler, d'avoir des voitures à diesel parce que c'est ce qui consomme le moins chez nous. Ça ne coûte pas trop cher. Et c'est vrai que quand on apprend qu'on n'a plus le droit de rouler au diesel, c'est problématique qui nous, nous concerne directement. Moi, je fais 30 000 bornes par an. C'est vraiment des questions je pense qui se règlent au niveau européen et qui, nous, ne nous arrangent pas dans les zones rurales.

Il faut savoir qu'est-ce qui se passe dans les autres pays. C'est vrai que je n'y peux rien. C'est délicat. Par contre, savoir que dans quelques années, je serai obligé d'avoir une voiture électrique. Moi, je pense que ce n'est pas des mauvaises voitures. Mais enfin, ça coûte cher. Là, pour l'instant, j'ai des voitures au diesel. Ça marche pas mal. Je suis bien content de les avoir. Je ne peux pas trop les changer non plus. Les tracteurs, c'est pareil. Ils roulent tous au rouge. Il faudra bien continuer à pouvoir cultiver un minimum. Je ne sais pas. Moi, c'est ce genre de questions. Là, par contre, ça m'inquiète pour l'avenir. Et ça, je le vois tous les jours.

Ce n'est pas des trucs sur la guerre ailleurs que ça, je ne sais pas. Par contre, ça, tous les jours, je constate. Pour l'instant, je ne suis pas prêt du tout à tous ces changements et je n'ai que 25 ans. Ce qu'il faut qu'on fasse.

31:28
Locuteur 6

On est face à un mur qui s'appelle l'effondrement climatique. Ça existe. Ce ne sera pas abstrait. Ce sera extrêmement concret et on va le sentir dans les zones rurales, on va le sentir dans les villes, on va le sentir partout. Et on le sent déjà. Donc, on a une transformation à mener. Cette transformation, elle implique progressivement de sortir des énergies fossiles. c'est une transformation d'une ampleur délirante. Donc, ce qu'il faut qu'on fasse, ce n'est pas de renoncer à cette transformation, c'est de faire en sorte que cette transformation, elle soit socialement juste et acceptable.

Que, par exemple, au lieu que les voitures électriques coûtent une blinde et que ce soit les gros modèles qui soient favorisés, c'est qu'on fabrique des voitures électriques qui sont abordables et qu'on puisse ensuite faire du leasing social pour permettre aux gens d'accéder à la voiture électrique et qu'on mette en place les infrastructures pour que la voiture électrique soit abordable et utile partout. Mais on ne peut pas renoncer à cela. Et vous savez, cette transformation, cette transformation écologique qui est nécessaire, ce n'est pas juste une histoire de sauver la planète, sauver l'environnement. C'est aussi la seule manière.

Vous savez, en Europe, on ne produit pas de gaz, on ne produit pas de pétrole ou très peu. Tant qu'on est addict, tant qu'on est drogué au gaz et au pétrole, oui, mais tant qu'on est drogué au gaz et au pétrole, on est dépendant des autres. Et donc, dans cette transformation-là, dans cette transformation vers l'électrique, vers les énergies renouvelables qui comprendra du nucléaire, eh bien, on affirmera notre indépendance. Donc la solution, ce n'est pas de renoncer à l'écologie. La solution, c'est de faire en sorte qu'on ait des solutions socialement justes qui permettent justement de généraliser l'électrique. Vous avez dit l'électrique, c'est trop cher, mais vous avez totalement raison.

Aujourd'hui, l'électrique, c'est hyper cher. Et il n'y a pas de politique publique suffisamment ambitieuse et cohérente pour la rendre abordable. Eh bien, il faut fabriquer des voitures électriques qui soient abordables. Et il faut ensuite permettre aux gens d'y accéder. Mais on ne va pas renoncer à cette sortie du gaz et du pétrole. Parce que si on renonce à cette sortie du gaz et du pétrole, on renonce non seulement à la lutte contre le réchauffement climatique, mais en plus, on renonce à notre indépendance, on renonce à notre liberté. Mais je veux juste vous dire, bien sûr, que cette transformation, elle est sans doute la transformation la plus compliquée qu'on ait eu à mener.

Mais si on y renonce, on va tout sacrifier. Ce n'est pas une perspective ultra abstraite.

34:16
Locuteur 3

Ça a déjà un impact, y compris sur l'agriculture. On n'a pas l'industrie nécessaire. Vous n'avez pas les moyens de vos motivations politiques. On n'a pas l'industrie nécessaire. Il faut la développer, cette industrie. Par les traités européennes, c'est impossible. Ça favorise la délocalisation. C'est inévitable. Il y a une fuite des cerveaux.

34:32
Locuteur 6

C'est pas l'Union européenne qui empêche la France d'avoir une politique industrielle ambitieuse. En attendant, on n'a rien pour rien. La France a souverainement décidé de ne plus rien produire pendant les années 80-90. Et c'était gauche et droite réunis. Donc,

34:47
Locuteur 3

c'est pas l'Europe qui a fait ça. Mitterrand, en tournant, avec sa politique du rigueur, il a travaillé du socialisme. C'était l'électorat de gauche. Et pourtant, il a fait son plan d'austérité. Il s'est confondu, enfin, il s'est agenouillé face au néolibéralisme. Et c'est ce qu'ont fait tous les présidents qui ont succédé. C'est pas l'Europe qui l'a obligé à feu. Merci beaucoup.

35:05
Locuteur 4

Est-ce qu'il y a des questions dans le public ?

35:07
Locuteur 7

Merci beaucoup. Merci pour cette échange. Même si je regrette un peu que ma camarade ici présente ait eu un temps de parole minime par rapport à ses homologues masculins. Mais c'est pas le propos. Moi, ma question, elle est simple. Dans un contexte où les jeunes, on le voit, ils expriment une forte politisation sur les enjeux environnementaux, sur les enjeux sociaux, démocratiques. On le voit à l'occasion de ce festival. Mais ils expriment aussi une forte défiance à l'égard des formes de représentations classiques, disons.

Donc, comment est-ce qu'on réconcilie cette énergie politique avec des institutions, que ce soit à l'échelle nationale ou européenne, qui ne semblent plus parler la langue de la jeunesse ? Voilà. Au début de l'intervention, vous parliez de menaces autoritaires extérieures. Pour moi, la menace, elle vient aussi de l'intérieur et elle prend la forme d'un affaiblissement démocratique en France, notamment chez les jeunes. On l'a constaté aux dernières européennes. Donc, voilà. Comment est-ce que...

36:04
Locuteur 6

C'est la question qui m'obsède. Mais c'est vrai, j'ai même écrit un livre là-dessus qui s'appelle « Lettre à la génération qui va tout changer ». Pourquoi ? Parce qu'en fait, je pense qu'il ne peut pas y avoir de démocratie vivante sans jeunesse engagée dans les institutions et dans la politique. Je pense qu'en fait, ce qui est en train de se produire, c'est que la démocratie, ce n'est pas quelque chose qui tient tout seul. C'est-à-dire que c'est un arbre qui a besoin de sève. Et aujourd'hui, si la sève part ailleurs que dans les canaux des institutions, elles vont s'effriter et elles vont crever.

Et il y aura n'importe quel dirigeant fasciste qui va être là pour ramasser ce qui s'est effrité et créer un système complètement différent. Et donc, ça doit être notre obsession à tous. Et donc, face à ça, qu'est-ce qu'il faut qu'on fasse ? Un, qu'on change les institutions. Qu'on change les institutions. Qu'on arrête, finalement, cette république verticale qui considère les gens comme des enfants et qu'on donne beaucoup plus de pouvoir aux citoyens. Qu'on arrive à décentraliser, déconcentrer le pouvoir. Qu'on arrive à faire vivre le débat absolument partout.

Deux, je pense qu'il faut changer la manière dont les partis politiques sont organisés, dont la politique même s'exprime, se parle, se fait. Moi, ce que j'essaye de faire en mobilisant autour de causes, par exemple, c'est de dire qu'en fait, on peut, même si on peut se sentir impuissant, on peut avoir un impact.

Quand on a lancé les mobilisations pour le peuple ouïghour, dont personne ne se souciait, eh bien, en fait, il y a des centaines de milliers de jeunes français et puis ensuite européens qui ont dit ça, ça nous intéresse, ça, ça nous concerne, ça nous concerne le fait d'avoir des multinationales qui emploient des esclaves au bout du monde et qui ensuite vendent des produits chez nous et que donc on peut organiser des mouvements où les interpellent ces multinationales et que comme on est leur cible de toute leur campagne de pub, eh bien, on a du poids sur elles et on a fait céder certaines de ces multinationales et on est obligé Fonderlion à proposer une loi sur le bannissement des produits de l'esclavage et donc ce qu'il faut que les politiques fassent c'est qu'ils montrent aux jeunes que leur engagement peut avoir un débouché politique concret que ça peut réellement changer les choses il faut généraliser ce type de campagne ensemble ça ne veut pas dire nécessairement adhérer à un parti politique même si moi je pense qu'à la fin on aura besoin de partis politiques et qu'il faut que si vous n'êtes pas content des partis politiques existants soit vous en créez soit vous investissez ceux qui existent et vous les transformez à votre guise mais moi ce que je dis ce que je pense c'est qu'il y a besoin de réellement changer la manière dont les politiques se comportent dont les institutions sont organisées et à la fin je vais vous dire il y a aussi dans la jeunesse dans toutes les jeunesses à un moment une question qu'il faudra se poser c'est-à-dire si je ne participe pas aux élections si je ne rentre pas dans la scène politique ça veut dire que je laisse en un sens à d'autres la possibilité de décider de mon avenir et y compris à des gens qui ont un avenir qui est moins long que le vôtre donc c'est d'abord votre avenir qui est décidé par les politiques qui sont menées et je sais que des fois on a l'impression que la politique finalement ça ne sert pas à grand chose mais ce n'est pas vrai ce n'est pas vrai si vous voulez faire la transformation écologique c'est fondamental de donner l'exemple de s'engager dans des associations de mener des transformations locales mais à la fin vous aurez besoin de douaniers vous aurez besoin de fonctionnaires de l'état vous aurez besoin d'agents du fisc pour aller trouver les sous vous aurez besoin de politiques d'investissement planifiées à l'échelle nationale ou européenne donc vous aurez besoin de la politique et finalement si tout va bien la politique elle sert à pas grand chose moi j'avais 20 ans je sais je ne suis pas un jeune j'avais 20 ans dans les années début des années 2000 et au début des années 2000 il y avait ce mythe de la fin de l'histoire il y avait l'idée quand moi j'étais à Sciences Po que le monde ce serait toujours un choix entre Jospin et Juppé en gros c'est à dire un choix qui est un choix de nuances importantes mais qui n'est pas un choix où tu ne dis pas si Juppé gagne ma vie est finie et que donc finalement la politique c'était un hobby pour ceux qui avaient le temps et qui avaient les moyens aujourd'hui on est dans un moment où les choix qui vont être devant vous sont des choix qui sont des choix tragiques et qui ne sont pas du tout Juppé et Jospin et donc ne pas participer à ces choix quel que soit le choix que vous pouvez faire vous pouvez faire des choix qui sont radicalement opposés aux miens je le vois bien mais il faut les il faut les faire il faut s'investir dans la politique et à la limite plus elle vous semble rebutante plus il faut s'y investir parce que à la fin c'est le politique qui décide vous savez il y avait tous ces débats entre qui est le plus fort entre Trump et Musk vous vous souvenez les débats oui ils sont tous les deux très forts le milliardaire ou le politique mais à la fin celui qui décide c'est le chef politique c'est pas vrai ce qu'on vous dit à la fin si Trump il débranche la carte Musk il s'effondre il a plus de contrat public il s'effondre donc c'est le politique qui décidera à la fin

41:27
Locuteur 4

on va passer à une autre question merci beaucoup le micro circule

41:34
Locuteur 2

et il y a quelqu'un voilà monsieur bonjour bonjour alors moi j'aimerais bien revenir sur le thème du coup les jeunes sont-ils oubliés de la politique et notamment comment on inculque en fait cette culture politique pour des jeunes qui n'ont pas forcément ça qui ne connaissent pas ce cadre dans le cadre familial dans le cadre associatif est-ce qu'il n'y a pas un enjeu autour de l'école justement ça peut être tout bêtement une élection de délégués des classes qu'est-ce qu'on peut mettre en place que ce soit à partir de la primaire jusqu'au lycée où des lycéens vont être amenés à voter à 18 ans donc s'il n'y a pas les parents pourquoi on vote qu'on n'a pas cette culture-là qu'est-ce qu'on pourrait mettre en place en tout cas qu'est-ce que vous pourrez proposer autour de ça pour l'école et cette culture politique pour la jeunesse à mon avis

42:17
Locuteur 6

à mon avis là vous touchez à un enjeu qui est fondamental et ça pose quoi comme question pourquoi on a créé l'école républicaine c'était quoi le but de ça c'était de créer des citoyens c'était de former des citoyens et l'idée c'était que la république elle ne pourrait tenir que si on formait des républicains donc c'était un projet quasi d'émancipation philosophique on apprenait à penser on apprenait à devenir citoyen et moi ce que je pense c'est que aujourd'hui il y a tellement de de crises qui s'abattent sur l'école qu'en fait on n'arrive plus à le faire et que donc il faut reprendre le sens originel de ce qu'était l'école et c'est pour ça que la formation citoyenne elle doit être partie intégrante mais c'est pas que l'école vous savez quand on dit il y a une genre l'école ne remplit plus sa mission mais c'est parce qu'en fait avant dans la troisième république les temps glorieux des hussards noirs il y avait 12 000 institutions autour de l'école qui remplissaient la même fonction il y avait de former des citoyens il y avait des associations extrêmement puissantes des syndicats de masse des partis politiques de masse aujourd'hui tout ça a été réduit à la taille croupion vous prenez les partis politiques c'est un politique qui vous parle mais les partis politiques la sociologie des partis politiques le nombre d'adhérents tout ça est extrêmement restreint c'est plus des écoles de formation avant vous adhériez à la SFIO c'était à la fois un engagement politique mais c'était aussi une formation intellectuelle c'était aussi des cours sur l'histoire de France c'était aussi de l'enseigneur enfin de l'éducation populaire à la SFIO de Jaurès c'était il y a bien longtemps mais aujourd'hui s'il n'y a que l'école et TikTok honnêtement on est mort on est mort et donc ce qu'il faut c'est non seulement reprendre le cours de cette formation citoyenne de l'école mais c'est renouer par exemple je vais vous dire un truc peut-être que ça ne va pas vous plaire on a supprimé le service militaire en disant ça ne sert plus à rien peut-être que ça ne servait plus du point de vue de la défense militaire mais ce que ça faisait le service militaire c'est qu'il y avait des gens bourgeois des enfants de prolétaires des enfants de zones rurales d'agriculteurs des enfants de centres urbains et bien qui se retrouvaient à un moment de leur vie au même endroit et qui donc sortaient de leur environnement pour aller se connaître pour aller vivre ensemble et pour faire l'expérience de ce que ça voulait dire qu'il y a de français on l'a supprimé et on l'a remplacé par rien on ne s'est même pas posé la question de savoir s'il fallait le remplacer par quelque chose parce qu'on croyait qu'une société pouvait tenir toute seule or une société ne peut pas tenir toute seule c'est surtout une société républicaine qui a envie de faire des citoyens libres et donc ce qu'il faut c'est réfléchir à ces structures le service civique peut-être qui ne doit pas être militaire mais rétablir quelque chose qui nous permette de nous croiser de faire des choses ensemble qu'un môme qui naît dans un quartier nord qui naît dans un quartier bourgeois ou qui naît dans un village et bien à un moment de leur vie ils participent à la même chose au même pays aujourd'hui ils ne participent même plus au même pays peut-être quand la France gagne la coupe du monde ils se retrouvent mais c'est tout et ce n'est pas suffisant et donc il y a des structures de formation qui doivent exister et l'autre chose l'autre chose que je veux dire c'est on est dans un moment où en particulier dans les jeunesses mais pas seulement la politique elle a lieu sur les réseaux sociaux qui sont des écoles de formation ou de déformation c'est les deux et bien c'est à la fois le pire et le meilleur c'est à dire qu'il y a la capacité par exemple je parlais tout à l'heure de la question de la mobilisation sur les Ouïghours ça n'aurait jamais eu lieu sans les réseaux sociaux donc on peut faire des choses géniales de mobilisation là-dessus mais c'est aussi mais un instrument de déstabilisation de la démocratie de propagation des informations les plus fausses de manipulation des courants d'opinion c'est aussi un moyen d'ingérence c'est aussi un moyen de formatage c'est aussi un moyen de destruction d'une société libre et démocratique et donc il va falloir imposer des cadres sur les réseaux sociaux mais aujourd'hui vous avez raison tout commence à l'école et donc ça doit être la priorité numéro 1 mais vous savez en ce moment la France est le pays en Europe qui paye le plus mal ses enseignants qui investit le plus mal dans l'éducation nationale en France on a par exemple les cadres sup-retraités les mieux traités d'Europe et les enseignants les plus mal traités d'Europe tout ça c'est des choix et on a fait des choix qui sont au détriment de l'avenir en France bonjour on assiste

47:19
Locuteur 1

à une verticalisation de la politique et l'absence de dialogue réel entre les politiques et les partenaires sociaux face à ce constat comment fait-on pour recréer du lien entre les politiques et les corps intermédiaires et aussi vous avez beaucoup parlé d'Europe si vous deviez nous réconcilier la jeunesse avec l'Europe quel punchline vous pourriez nous donner merci

47:40
Locuteur 6

je pense que c'est l'un de mes mes pires défauts pour faire un bon politique c'est que je suis hyper nul en punchline mais je vais essayer j'y viendrai après moi je crois que un des principaux reproches qu'il faut faire aux huit dernières années de pouvoir ça a été le mépris absolu du pouvoir politique et d'Emmanuel Macron vis-à-vis des corps intermédiaires ce mépris permanent vis-à-vis des syndicats vis-à-vis du dialogue social quelqu'un qui s'était présenté comme le fils spirituel de Jacques Delors et de Michel Rocard c'est-à-dire les apôtres de cette deuxième gauche qui voulaient faire de la politique à partir du dialogue social à partir de la société de la société civile organisée des syndicats de ce dialogue dans la société qui est constamment brutalisé en France et bien cet homme il a constamment méprisé les syndicats on a vu l'épisode de la réforme des retraites et la manière dont elle a été imposée mais de manière générale même là même là la manière la manière dont les partenaires sociaux ont été encore une fois méprisés alors même que le gouvernement n'a plus de majorité à l'Assemblée nationale et qui devrait s'adosser au corps intermédiaire pour pouvoir créer une atmosphère de paix et de dialogue dans la société et ça c'est quelque chose qu'il faut reprendre mais totalement c'est-à-dire qu'il faut changer de méthode de gouvernement de la France totalement vous avez dit tout à l'heure il faut faire confiance aux agriculteurs mais il faut faire confiance aux partenaires sociaux il faut faire confiance au corps au corps intermédiaire il faut arrêter en fait d'avoir une attitude qui est une attitude jacobine complètement surannée et qui ne fait pas confiance aux citoyens et au corps intermédiaire mais moi je vais vous dire s'il y a de la démocratie parce que j'ai vu votre petit badge s'il y a de la démocratie encore dans notre pays on le doit notamment à la CFDT par exemple s'il y a une capacité à vivre dans un dialogue apaisé qui est tout le temps mis à mal on le doit notamment à la CFDT donc quand le président Macron a pris pour cible le partenaire dont n'importe quel président mais même un libéral rêverait pour discuter pour établir un dialogue je me suis dit qu'en fait il allait conduire la France à l'explosion c'est à dire que donc il faut passer par le dialogue social il faut décentraliser il faut déconcentrer le pouvoir il faut faire quelque chose que les élites françaises ont du mal à faire c'est à dire juste créer une société un peu plus de confiance maintenant moi je vois à quel point il y a un mouvement de scepticisme sur l'Europe mais sur la politique en général et sur l'Europe en particulier et je ne peux pas je ne peux pas donner comme ça une punchline moi c'est un combat qui anime ma vie mais moi je pense que si vous voulez être libre vous ne pouvez être libre qu'en étant et français et européen vous ne pouvez être libre qu'en affirmant une Europe qui soit capable de peser sur le cours des choses sinon vous serez bouffé l'autre avenir qui nous est promis c'est très simple on sera dans le meilleur des cas dans le meilleur des cas parce qu'on est un beau pays qu'on a hérité c'est pas de notre responsabilité honnêtement il était beau avant qu'on naisse on pourra devenir une sorte de Disneyland un pays qui vit uniquement sur le tourisme et avec des oligarques russes des tycoons américains des dignitaires du parti communiste chinois des émirs qataris tout ça qui viendront chez nous et qui assisteront à un spectacle qui est le spectacle de la vie politique française mais qui n'aura aucun impact aucun impact sur le cours des choses et aucun impact sur la vie des citoyennes et des citoyens français la seule manière de retrouver une grandeur de la France c'est d'affirmer une puissance en Europe c'est de faire de la France la locomotive de l'Europe mais au-delà de ça on est dans un moment aujourd'hui où la démocratie honnêtement est passée de mode où les valeurs de la démocratie libérale tout le monde s'amuse à pisser dessus où de toute façon en fait c'est cool d'être radical et de dire mais moi je m'en fous de la démocratie il faut un bon leader qui nettoie tout ça ça c'est super cool c'est super intéressant c'est fantastique ça a le vent en poupe on le voit à chaque fois partout moi je veux que la France soit peut-être au début dans une forme de solitude et bien la flamme qui reste vivante et qui défend la liberté qui lutte contre l'autoritarisme qui défend la démocratie qui défend l'humanisme je sais ces vieux jeux mais je pense qu'on peut retrouver nous une forme de fierté dans ça je veux dire on est fier d'être français pas parce que simplement on est français né en France mais parce qu'on a une histoire où on a dit que tous les hommes n'essayent libres et égaux en droit on a une histoire qui nous rend immensément fiers on a été la nation qui a propagé des lumières on a fait des trucs qui étaient terribles mais on a aussi fait des trucs absolument extraordinaires on parlait à tout le monde et aujourd'hui on peut être à nouveau cela mais pour ça il faut puiser en nous une force qui souvent semble manquer

53:24
Locuteur 4

à nos élites politiques on m'a dit qu'on a encore le temps pour une question donc s'il y a quelqu'un qui veut encore poser une question

53:29
Locuteur 8

monsieur Gluskman j'avais une question je pense que la plupart des français se la posent en tant que politique je trouve que vous faites vous faites beaucoup de verbiage c'est à dire que vous nous promettez beaucoup de choses vous mettez beaucoup d'espoir dans vos paroles face à l'Europe sauf que vous savez vraiment et vous savez très bien que nous ne sommes pas libres nous sommes menottés face à l'Europe notamment la banque centrale on est complètement menottés promouvoir l'Europe c'est comme mettre de l'eau dans un seau qui est vide ça ne sert à rien donc face à la dette qui est immense je me demande vraiment quel est l'avenir de la France parce que moi de mon côté je la vois vraiment en décadence que ce soit économique culturel et sur plein d'autres plans

54:17
Locuteur 6

l'Europe n'est pas responsable du déclin de la France moi aussi je vois la France en déclin moi aussi je vois la France qui s'effrite moi aussi je vois les français qui souffrent et je vois les gens aussi qui regardent leur propre pays et qui se disent franchement notre pays c'est mieux que ce qu'on fait de ce pays actuellement que la France mérite mieux mais c'est pas l'Europe qui est responsable des choix politiques faits par les élites françaises c'est pas l'Europe qui est responsable de ça il y a d'autres pays européens qui s'en sentent mieux vraiment donc c'est pas des gens à Bruxelles qui ont décidé que désormais il y aurait telle ou telle politique en France c'est pas vrai non mais ils décident des décisions de la commission non ils appliquent pas les décisions de la commission c'est pas vrai vous savez par exemple pendant la réforme des retraites il y a des ministres qui ont dit mais nous en fait on applique ce qu'a dit la commission la commission elle a dit mais non on a jamais demandé cette réforme là on a dit il faut une réforme des retraites en général mais quelle réforme des retraites quel âge légal c'est le gouvernement français qui le décide vous savez il y a d'autres pays européens qui sont moins désindustrialisés que la France donc c'est bien des décisions qui ont été prises par des dirigeants français il y a d'autres écoles en Europe qui s'en sortent mieux que l'école française il y a des pays où on investit plus en Europe que dans l'éducation en France par rapport à la France vous allez en Finlande c'est pas la même école et il n'y a pas les mêmes moyens qu'en France et les enseignants ils sont pas payés de la même manière donc en fait à un moment c'est facile de se défausser sur l'Europe mais il y a eu des choix politiques qui ont été faits en France il y a des orientations qui ont été prises en France et donc la France elle est aussi responsable de son destin et c'est pour ça que les élections en France elles sont importantes parce que sinon si tout est décidé à l'échelle européenne alors dans ce cas là pourquoi est-ce que vous vous passionneriez pour une élection présidentielle ou une élection française c'est parce que vous savez bien qu'en fait selon le président que vous élisez vous n'aurez pas la même politique c'est pas vrai enfin c'est pas vrai de dire que le rassemblement national ou un social-démocrate ou un libéral ou un éléfiste ou un écologiste c'est la même chose il y aurait des frances différentes et ce sera des choix d'ailleurs qui vont être faits en 2027 qui seront fondamentaux pour les décennies qui viennent donc ce que vous pouvez exiger des dirigeants politiques c'est au moins qu'ils vous présentent des projets politiques clairs qui ne soient pas du verbiage justement qui soient des projets politiques cohérents qu'ils aient bossé pendant 2-3 ans avant de vous les présenter ou 10 ans même si vous voulez mais ces choix là ils sont importants et vous même vous le savez donc ça veut bien dire que c'est pas décidé ailleurs et c'est donc que quand vous avez des présidents de la France qui décident de telle ou telle politique ils sont responsables des résultats des échecs des réussites de ces politiques il n'y a pas une Ursula von der Leyen qui est un marionnettiste et qui contrôle les dirigeants français vous savez Ursula von der Leyen elle est beaucoup plus contrôlée par le président français allié au chancelier allemand par les chefs d'état qu'elle ne les contrôle parce que l'Europe elle n'est pas fédérale aujourd'hui et quand on lui reproche sa faiblesse à l'Europe quand on lui reproche de se coucher devant Trump c'est aussi parce qu'avant il y avait des chefs d'état européens des nations européennes qui ont été dans le bureau ovale pour céder avant que l'Union européenne ne cède elle-même il y a des entreprises comme Mercedes ou Volkswagen qui ont été voir Trump pour céder avant que l'Union européenne ne cède elle-même donc c'est pas l'Europe qui décide il y a des nations européennes qui votent pour élire des dirigeants et c'est pour ça que vos élections nationales elles sont importantes et c'est pour ça qu'il y a une telle passion qui est déclenchée sur une présidentielle parce qu'on sait qu'à la fin il y a du pouvoir là qui s'exerce et donc oui les élites françaises portent une immense responsabilité dans le déclin que vous décrivez que vous constatez et donc oui c'est en nous aussi en France qu'on trouve les remèdes à ce déclin là mais moi je le dis c'est pas en se refermant sur nous-mêmes ou en désignant des boucs émissaires imaginaires de notre déclin qu'on va réussir c'est en à nouveau en étant capable déjà de dire ce que ça signifie qu'il y a de français de créer des structures qui permettent justement de donner une matérialité à ce verbe qu'on peut avoir sur notre pays dont on est fier c'est en menant des politiques sociales en menant des politiques écolo en rétablissant des services publics qu'on peut recréer la république mais ça ça se décide pas à l'échelle européenne ça se décidera dans les élections nationales mais si on veut que la France elle ait du poids on a besoin de l'Europe

59:18
Locuteur 4

merci beaucoup j'espère que cette vidéo vous a plu si c'est le cas n'hésitez pas à laisser un j'aime et à nous indiquer en commentaire qui vous aimeriez voir la prochaine fois dans une prochaine vidéo en tout cas nous on reprend très vite les vidéos en studio salut ciao

59:31
Locuteur

ciao