Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewyoutube.com· 15 septembre 2021 27 min

Eric Zemmour était face à Jean-Jacques Bourdin sur RMC: l'interview en intégralité

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

– Éric Zemmour, bonjour. – Bonjour. – Merci d'être avec nous, votre dernier livre. La France n'a pas dit son dernier mot, je l'ai là, sort demain. Vous n'êtes plus sur CNews, mais vous êtes sur BFM TV, Éric Zemmour. – Le malheur des uns fait le bonheur des uns. – Oui, liberté de parler, liberté d'écrire, de vous exprimer, de débattre, vous êtes là avec moi ce matin, honnêtement, est-ce que vous vous sentez censuré ?

0:37
Éric Zemmour

Sincèrement. – Est-ce que je me sens censuré ?

0:38
Présentateur

– Oui, parce que j'ai lu ça, j'ai vu que vous aviez tweeté, tout ça.

0:43
Éric Zemmour

– Vous savez, quand même, accordez-moi, je suis ravi de venir chez vous, et je vous remercie de votre invitation. Accordez-moi que le CSA a inventé une catégorie spéciale pour moi.

0:55
Présentateur

– Pourquoi ?

0:56
Éric Zemmour

– Parce que ça n'existe pas, ça. M. Olivier Roch de Mestre, ah, Olivier Roch de Mestre, pardon, Roch Olivier Mestre, pas j'arrête, pas j'arrête, pas j'arrête, pas j'arrête, pas j'arrête, qu'il me pardonne, disait lui-même en juin qu'il ne fallait pas comptabiliser les éditorialistes politiques, et que c'était contraire à l'esprit de sa loi. Et trois mois plus tard, les vacances passant, il fait l'inverse. Moi, j'estime que, vous savez, j'estime qu'il a inventé une catégorie pour moi. – Arnaud Montebourg aussi est déjà comptabilisé, a été comptabilisé avant la déclaration de sa candidature.

– Mais Arnaud Montebourg, c'est un homme politique qui a déjà été élu, qui a été déjà candidat à la primaire, etc. Moi, je n'ai pas encore été élu et pas encore été candidat à quoi que ce soit. – Mais vous vous approchez d'une éventuelle candidature. – Non mais, peut-être, mais en tout cas, ce n'est pas le sujet, vous comprenez ?

1:41
Présentateur

– Non, ce n'est pas le sujet. – Allez-y. – Ce n'est pas le sujet, on va poursuivre. Remarquez, il y a une solution simple, Éric Zemmour, c'est de dire « je ne suis pas candidat ».

1:50
Éric Zemmour

– Mais je ne dirais ni « je ne suis pas candidat » ni « je suis candidat ».

1:54
Présentateur

– Parce que si vous dites « je ne suis pas candidat », vous retournez sur CNU.

1:57
Éric Zemmour

– J'ai bien compris, mais si vous voulez, je réfléchis à cette occurrence. J'observe, je regarde les autres candidats, je regarde les sondages qui ne sont pas inintéressants. Vous avez remarqué que sans être candidat, j'arrive à 10%. – 8% et là, 10% Harris, directif ce matin. – Voilà, et il y a une dynamique, j'ai commencé à 3. Alors que je ne suis pas candidat, encore une fois, manifestement, mon discours, les idées que je porte sont entendues dans le pays.

2:26
Présentateur

– Vous êtes sondés, vous êtes sondés, ça vous réjouit, ces chiffres vous réjouissent.

2:31
Éric Zemmour

– On ne va pas ça…

2:33
Présentateur

– Bon, quand même, je ne peux que me réjouir, puisque je vous ai lu depuis 3 mois.

2:36
Éric Zemmour

– Ça veut dire que les gens m'écoutent. Vous pourriez d'ailleurs parler du succès du livre. Vous savez qu'Amazon n'a jamais vu ça. – Mais vous allez en parler, vous allez très bien en parler. – On est à 200 000 d'impression, on a réédité 100 000. Il y a déjà près de 20 000 ventes par Amazon. Je suis premier, premier des ventes, alors que mon livre n'est pas encore en librairie. Vous voyez, il n'y a pas de sondage, je regarde aussi les livres.

3:00
Présentateur

– Je suis certain que vous allez bien en parler. En matière de propagande, Staline était un amateur, dites-vous.

3:05
Éric Zemmour

– Vous reprenez ma formule.

3:07
Présentateur

– Mais oui, vous l'avez écrit, vous êtes un professionnel.

3:09
Éric Zemmour

– Non, non, pas du tout, moi je ne suis pas un professionnel. – Vous êtes un vrai professionnel de la propagande. – Non, je suis sincère, je ne fais pas de propagande, je défends des idées. Je n'ai pas le pouvoir, Bourdin. Je n'ai pas le pouvoir, le pouvoir c'est la propagande.

3:22
Présentateur

– Le 27 août, on va reprendre les faits, vous êtes journaliste comme moi, et les faits sont indispensables. Le 27 août, vos soutiens, membres de l'association des amis de Zemmour, que vous connaissez bien évidemment, affirmer avoir recueilli une centaine de promesses de parrainage indispensables pour être candidat à la présidentielle. Des tracts ont été envoyés à des élus. Alors, je ne vais pas lire ces tracts, ils vantent votre candidature. Combien de promesses avez-vous recueillies aujourd'hui ? – Je ne vous le dirai pas et je ne sais pas.

3:54
Éric Zemmour

– Vous ne me dites pas, parce que vous ne me le dites pas, parce que vous n'avez pas envie de me le dire. – Parce qu'il n'y a pas de candidature, donc il ne peut pas y avoir de parrainage. – Vous ne savez pas, vous ne savez pas qu'on va chercher des parrainages. – Si, je le sais. Je sais que des gens s'enthousiasment pour moi, je sais que des gens me sollicitent, veulent que je sois candidat, s'engagent, ils préparent une candidature. C'est tout à fait légitime de leur part. Je ne suis pas un citoyen de seconde zone. J'aurais le droit, à yes, de me présenter. Donc, si vous voulez, il n'y a pas là quelque chose de scandaleux. C'est tout à fait normal de se préparer éventuellement.

– Non, vous comprenez.

4:30
Présentateur

– Oui, mais l'association des amis d'Éric Zemmour, toujours la même, s'est constituée en partis politiques. On est d'accord. Tout ça, ça ne s'est pas fait à votre insu. – Non, mais ça s'est fait, si vous voulez…

4:42
Éric Zemmour

– Avec votre accord. – Non, non, moi je ne suis pas dans cette histoire-là. – Ah bon ? Vous ne savez rien de tout ça ? – Non, je ne sais rien de tout ça. – Soyez sincère. – Mais non, mais non, je vous explique. Je vous explique. Moi, il y a des gens qui veulent que je sois candidat. Ça fait des mois que ça dure. Moi, au départ, je n'y songeais pas. Au départ, je n'y songeais pas. J'étais bien tranquille à CNews, au Figaro, à Paris 1ère. Je faisais mon travail le mieux possible. J'essayais d'éviter les innombrables procès. Mais à part ça, je coulais des jours heureux.

Et c'est uniquement parce que je regarde la situation catastrophique de la France, ce danger de mort du pays par le remplacement d'une population par une autre, par le remplacement d'une civilisation par une autre, que je m'interroge et je me rends compte qu'il y a des milliers, des dizaines de milliers, voire des millions, qu'ont fait les sondages et qu'ont fait les pré-ventes du livre, qui pensent comme moi et qui ont la même inquiétude que moi et qui considèrent qu'il faut que c'est la question essentielle, existentielle, j'allais dire, c'est-à-dire vitale pour le pays, et que la classe politique, dans son ensemble, dans son ensemble, c'est ça la nouveauté par rapport à des temps immémoriaux, si je vous le dis, ne prend pas la conscience de ce danger.

6:01
Présentateur

Je vais y revenir sur cette préoccupation, selon vous, première préoccupation des Français, qui serait l'immigration et le grand remplacement. Je vais y revenir, Éric Zemmour, mais je voudrais terminer sur cette histoire de candidature. Quand en serez-vous votre candidature ? En novembre ?

6:17
Éric Zemmour

Je ne sais pas. Je ne sais pas si je la lancerai. Je ne sais pas quand je la lancerai, si je la lançais. Je n'ai pas décidé. Encore une fois, vous sous-estimez, vous savez... Je sous-estime quoi ? Vous savez ce qu'aiment les Français ? C'est la clarté, la transparence, la clarté. Vous avez vu dans le livre, je cite une phrase de Marguerite Ursenar, que j'ai relue cet été, les mémoires d'Adrien, qui dit une très belle phrase, « Ce qu'on appelait mon secret n'était que mes doutes et mes états d'âme ». Je réfléchis, j'hésite encore, je suis là, c'est un changement de vie pour moi.

Il faut comprendre, je ne suis pas un professionnel de la politique, je ne suis pas un politicien, je ne suis pas un professionnel de la candidature. Ma vie ne se réduit pas à se présenter tous les 5 ans comme d'autres. Moi, je ne me présenterai pas à Yes pour uniquement faire persévérer un parti politique qui distribue des prébandes avec de l'argent public. Ce n'est pas moi, vous voyez ? Ça, ce n'est pas ma vie. Donc, il est légitime de réfléchir, d'hésiter. Je ne vais pas faire comme tous les autres. Votre candidature, c'est un blob.

7:21
Présentateur

C'est ma candidature pour toutes les 3 semaines. Ce sont vos amis qui le disent. Votre candidature, c'est un blob. Vous savez ce que c'est qu'un blob ? Non, je ne sais pas. Un blob ? Vous ne savez pas ce que c'est qu'un blob ? Un blob, c'est un mi-chemin entre un animal et un végétal qui s'étale sur le sol, qui s'étale sur le sol, qui s'étale, qui s'étale, qui s'étale. Après, sa vie, ça meurt. Je ne connais pas. On verra votre candidature. Vous ne connaissez pas. Bon, vous m'avez dit la candidature, bon, novembre, c'est ça ? Je ne sais pas. Décision novembre ? Je ne sais pas. Je vous assure que je ne sais pas.

7:54
Éric Zemmour

Franchement, vous ne savez pas. Mais franchement, je ne sais pas. Bon, comment vous croire ? Mais vous avez tort. Il faut toujours me croire. Je dis toujours la vérité, vous savez.

8:03
Présentateur

C'est mon... Votre vérité. Non, non, non, la vérité. Non, non, non, votre vérité. Non, il n'y a pas... Votre vérité. Il n'y a pas une vérité, Jean-Jacques Gourda. Il y a la vérité. L'immigration, votre vérité, votre vérité, c'est que l'immigration est la première préoccupation des Français. Et le danger qui menace la France. Le grand remplacement menace la France. Vous ne pensez pas qu'il y a d'autres préoccupations dans la tête des Français. Il y a... Ça, vous avez raison. Par exemple, le pouvoir d'achat. J'aimerais vous interroger sur ce sujet. Mais vous avez raison. Le pouvoir d'achat. Attendez, Jean-Jacques Gourda. Est-ce que vous connaissez... Simplement, j'ai une question.

Est-ce que vous connaissez le syndrome du vin du mois ? Du vin du mois. Du vin du mois.

8:40
Éric Zemmour

C'est-à-dire qu'on n'a plus d'argent à partir du vin du mois. Voilà. Vous ne le connaissez pas, moi non plus. Voilà, exactement. On est d'accord. On est d'accord. Mais moi, je l'ai connu. Quand j'étais enfant. Vous savez, moi, je ne suis pas né avec une cuillère en or dans la bouche. Mon père était ambulancier. Ma femme ne travaillait pas. Ma mère ne travaillait pas. Là-dessus, c'est intéressant. Mon grand-père était cordonnier en Algérie. Je peux vous dire que moi, je sais ce que c'est que les fins de mois difficiles. Moi, mon grand-père avait neuf enfants. Non, mon père m'a toujours raconté qu'il partageait une orange en quatre.

Donc, vous ne me ferez pas le coup de le bourgeois qui n'a aucune notion. Je ne veux pas vous faire ce coup-là. Je sais très bien ce qu'est une vie difficile.

9:17
Présentateur

Je veux vous demander ce que vous proposez à ceux-là. À celles-là et à ceux-là.

9:22
Éric Zemmour

D'abord, je ne suis pas candidat pour l'instant. Donc, je n'ai pas... Vous n'avez pas réfléchi. Non, ce n'est pas que je n'ai pas réfléchi. J'ai beaucoup réfléchi sur beaucoup de sujets. Je n'ai pas à vous donner un programme, des mesures, des mesurettes, parce que ce n'est pas ni le lieu, ni le moment. Vous savez, Emmanuel Macron, Emmanuel Macron, qui était candidat, a attendu février-mars 2017 pour donner un programme. Et il disait, le programme ne sert à rien. Donc, je ne vais pas, moi, en non-candidat, faire mieux que lui. Donc, je sais très bien les difficultés des vies.

9:56
Présentateur

Donc, votre programme ne sert à rien.

9:58
Éric Zemmour

Il disait ça. Oui. Vous voyez. Vous reprenez. Non, je ne reprends pas. Je vous dis qu'il y a des exemples prestigieux. Ce que je veux dire, c'est que je sais très bien les difficultés de pouvoir d'achat, de vie des gens, de beaucoup de gens. J'ai suivi, comme vous, les Gilets jaunes. Je parle avec des gens. Les gens viennent me parler. Mais ce que je dis, c'est qu'il y a quelque chose d'essentiel qui est l'avenir du peuple français. Parce que l'avenir du peuple français, c'est tout simplement la vie ou la mort de la France. Je vais vous donner des exemples très simples. Oui, obsession. Mais oui, obsession. C'est une obsession. Mais oui, mais vous savez tout ça. Attendez, attendez, attendez.

10:32
Présentateur

Ici, ce n'est pas vous qui guidez le débat, c'est moi. Jean-Jacques, vous avez dit obsession.

10:36
Éric Zemmour

Attendez, attendez. Non, mais je réponds obsession. Faites-moi plaisir. Obsession, ça vient du latin qui veut dire assiégé. Donc, nous sommes assiégés. Donc, oui, c'est mon obsession. Parce que la vie et la mort de la France, c'est une obsession. Et oui, je me sens assiégé, comme tous les Français. Vous savez, vous regardez des sondages. Vous avez 70 à 80% des Français qui vous disent on ne vit plus aujourd'hui en France. Qui vous disent il n'est pas nécessaire d'être né en France pour être français. Il n'est pas suffisant. Qui vous disent la France est un pays de racines chrétiennes. Tous ces sondages-là, on n'est pas 5%, 10%, 15%. Ce n'est pas quelque chose de marginal.

C'est 70% des Français. C'est-à-dire que ce que je dis moi est absolument central. Et ceux qui disent le contraire sont marginalisés. Mais ils ne s'en rendent plus compte ni les médias, ni les politiques. Ça, c'est votre analyse.

11:28
Présentateur

Éric Zemmour, elle vous appartient. Elle vous appartient. Voilà. Évidemment. La vaccination obligatoire pour les personnels des hôpitaux, maisons de retraite, les pompiers, les infirmiers, les aides à domicile. Sinon, contrat de travail suspendu. Logique ? Non, vous n'avez pas d'avis.

11:47
Éric Zemmour

Non, non, j'ai un avis. Je vais vous dire... Oui. Vous savez, on n'est pas obligé d'avoir un avis tranché sur tout. Non. Bon. Deuxièmement...

11:53
Présentateur

Vous avez des avis tranchés.

11:54
Éric Zemmour

Non, j'ai une... Oui, bien sûr, bien sûr. Attendez. J'ai une réflexion... La nuance ? Non, non, j'ai une réflexion... Je ne crois pas que je connais la nuance. J'ai une réflexion historique. Allez-y. Parce que je raisonne en fonction de l'histoire et du réel. Les politiques aujourd'hui, depuis 30 ans, raisonnent en fonction des communicants et des médias. Moi, je raisonne en fonction de l'histoire et du réel. C'est pour ça que, oui, j'ai des convictions sérieuses sur le sujet qu'on a abordé tout à l'heure. Maintenant, vous me dites... On va y revenir. La vaccination obligatoire, je vous dis, ça me gêne.

D'abord, vous savez que c'est contraire à tout ce qu'on a dit, à la loi, aux conventions internationales. On ne peut pas me dire d'un côté... Oui, je vous assure. La vaccination obligatoire, c'est interdit par toutes les conventions qu'on a signées. Alors, moi, je veux bien remettre en cause des conventions internationales, ça ne me gêne pas. Je le dirais pour l'immigration. Mais il faut le dire. Il faut être honnête. Là, on fait quelque chose de sournois depuis le début. Je peux comprendre les injonctions contradictoires qui animent le gouvernement depuis le début. Cette situation n'est pas simple. La gestion n'est pas simple.

Mais franchement, depuis le début, le gouvernement s'est planté tout le temps, avec changeant d'avis tout le temps. Souvenez-vous de Sibeth Endine nous disant les masques, je ne sais pas les mettre. On n'a pas besoin de masques parce qu'on n'en avait pas. Tant d'autres se sont trompés en changer d'avis. Mais je suis d'accord avec vous. Je suis d'accord avec vous. C'est vrai. Nous n'allons pas établir la liste. Surtout sur cette situation-là. Mais tout ça n'est pas simple. Et je trouve que là, le gouvernement est sournois. Moi, je n'aime pas cette méthode. Mais l'intérêt collectif existe. Mais oui, l'intérêt collectif existe. Mais vous avez raison, Jean-Jacques Bourdin.

L'intérêt collectif existe.

13:23
Présentateur

Oui. Éric Zemmour. Et on va en parler justement pour d'autres sujets. Oui, justement. Que reprochez-vous à Marine Le Pen ? Qu'est-ce qui vous gêne chez elle ?

13:31
Éric Zemmour

Qu'est-ce qui vous gêne ? Mais vous savez, je n'ai rien contre Marine Le Pen. Je l'aime bien. Je la connais bien depuis 20 ans. Je l'ai vu débuter sa carrière politique derrière son père il y a 20 ans.

13:44
Présentateur

Vous avez même proposé d'être tête de liste.

13:46
Éric Zemmour

Non, elle m'a proposé d'être numéro 3. D'être sur sa liste. Voilà, d'être sur sa liste. Donc, je n'ai rien contre elle de personnel. Vous comprenez ? Oui. Mais je constate deux choses. La première, c'est que la classe politique lui a laissé, comme un privilège extraordinaire, le monopole de la lutte contre l'immigration. Et je pense que malheureusement, qui est pour moi donc le sujet essentiel, malheureusement... Le seul ? Non, ce n'est pas le seul. Si je vous lis, mais je caricature pas, j'ai lu attentivement votre livre. Ce n'est pas le seul, mais c'est le plus important. Je l'assume, mais j'assume. Dans votre livre, c'est le seul ? Non, pas du tout. Ah bon ? Non, je parle de trop.

Ceux qui liront...

14:25
Présentateur

Oui. Ceux qui liront... Mais je vous ai dit, j'assume.

14:28
Éric Zemmour

C'est le plus important. Alors, si vous l'assumez, c'est le seul. C'est le plus important. Ce n'est pas la même chose. Mais vous savez, Jean-Jacques Bourdin... Oui. Quand on vit et quand on meurt, on ne vit plus. Donc, vous êtes d'accord que c'est plus important que tous les sujets de préoccupation qu'on a dans la vie ? Puisque c'est la vie elle-même qui est plus importante. C'est tout ce que je dis. Et là, nous sommes effectivement dans une question de vie ou de mort. En train de mourir. Donc, terminer avec Marine Le Pen. Donc, Marine Le Pen, je disais, premier problème, tout le monde sait. Et autour d'elle aussi, même s'il ne l'avoue pas.

Et elle-même, je pense, le sait, qu'elle ne peut pas gagner. Elle ne peut pas gagner. On a vu au régional... Mais pourquoi dites-vous ça ? Parce que tout simplement, pour des raisons qui tiennent... Vous pensez qu'elle est nulle ? Non, non, non, non, encore une fois. Je pense que, un... Soyons sincères, est-ce que vous pensez qu'elle est nulle ? Je pense en tout cas que son débat... Franchement. Laissez-moi finir. Je pense que son débat de 2017 a montré cruellement ses lacunes et a humilié ses électeurs. Je n'ai pas dit qu'elle était nulle, pas du tout. Vous le pensez ? Mais pas du tout, je ne juge pas les gens comme ça.

Je pense qu'effectivement, elle a été humiliée en 2017 et qu'elle a humilié ses électeurs. Donc, c'est tout. Après, ça c'est une première chose. Et deuxièmement, je pense que la droite, elle erre, parce qu'on pourrait dire, après tout, Marine Le Pen pourrait ne pas être au second tour. Mais je pense que la droite, elle erre avec les candidats qu'ils ont, que ce soit Valérie Pécresse, que ce soit Xavier Bertrand ou Michel Barnier, ne passeront jamais devant Marine Le Pen. Donc, on a une situation bloquée, qui est le rêve d'Emmanuel Macron. C'est-à-dire qu'Emmanuel Macron veut Marine Le Pen en face de lui au second tour, parce qu'il est sûr de gagner. Donc, je pense qu'il faut bouleverser ça.

Donc, vous dites, rassemblez-vous derrière moi. Non, je dis, je dis, manifestement, ni les hommes, ni les autres, non, je ne dis rien, mais je ne dis rien. Ça, c'est des discours politiciens. Moi, je ne suis pas là. Je dis simplement, il faut, écoutez-moi, mais écoutez-ce que je dis. Oui, allez-y. La politique, ce n'est pas la politique aérie. La politique, c'est des idées. Vous savez, je voyais un des soutiens de Marine Le Pen qui disait, Éric Zemmour confond la politique avec le combat des idées. Mais j'assume. Ce sont des idées. Le combat des idées, c'est la politique. Sinon, c'est le combat pour les places.

16:44
Présentateur

Un combat, un combat qui a marqué l'histoire. Vous aimez l'histoire. Le 18 septembre 1981, que s'est-il passé ce jour-là ? 18 septembre 1981. Non, vous ne me souvenez pas. C'est un moment important. C'est, à l'Assemblée nationale, l'abolition de la peine de mort. Aujourd'hui, vous rétabliriez la peine de mort ou pas ?

17:04
Éric Zemmour

Je pense que... Non, non, je n'hésite pas. Je ne suis pas au pouvoir. En plus, c'est très compliqué d'abolir la peine de mort. Je ne pense pas qu'on ait bien fait d'abolir la peine de mort. Vous êtes favorable à la peine de mort ? Philosophiquement, oui. Maintenant, vous savez, une majorité de Français est favorable à la peine de mort, encore aujourd'hui. On l'a aboli, alors qu'une énorme majorité des Français étaient pour la peine de mort. Je pense d'ailleurs que, vous savez, quand on va exécuter les terroristes du Bataclan en Syrie, sous ordre de François Hollande, on a rétabli la peine de mort. Donc, on le fait sans le dire. Maintenant, c'était un symbole, la peine de mort.

C'était, vous savez, le sommet de la hiérarchie des peines. Mais, si vous voulez, ce n'est pas, d'après moi, quelque chose qu'on va faire tout de suite. Il y a d'autres priorités.

17:51
Présentateur

Bon, les priorités, la priorité, on la connaît chez vous, c'est la lutte contre le grand remplacement. La France est une citadelle assiégée par l'islam, en pleine décadence, en danger de mort, une nation destituée, en voie d'effondrement. Je suis épuisé. Quand je vous lis, je suis épuisé. Les Français seraient, à vos yeux, endormis et soumis. Et, il y a deux choses que j'aimerais que vous m'expliquiez. Vous avez dit, on refera la France avec des Français qui veulent rester Français. Là, je ne comprends pas. Je vais vous expliquer. Et puis, il faut que la France refasse des Français. Alors, que voulez-vous dire ?

18:25
Éric Zemmour

Oui, c'est la même chose, mais que voulez-vous dire ? Alors, d'abord, quelques chiffres pour vous donner l'ampleur du phénomène. Nous avons... Je vais très... Les chiffres seront vérifiés, hein, Eric ? Ne vous inquiétez pas, je les connais bien. Ils sont officiels. On a, par an, depuis des années, 200... Je vous donne le chiffre de 2019, parce que 2020, ça ne veut rien dire avec le Covid, etc. En 2019, on avait 275 000 entrées légales. Je dis bien légales. C'est-à-dire, regroupement familial au sens large, étudiant, travail, très très peu. 14% du travail de ces 275 viennent pour travailler. Pas de droits d'asile, d'ailleurs. Droits humanitaires, etc. Nous avions... Ça, c'est 275 000 légales.

Nous avons, en plus, 130 000 demandes d'asile, dont à peu près 36 000 sont acceptées, et donc à peu près 90 000 sont déboutées, mais les déboutées ne parlent jamais. Il y a 10 à 15% de déboutées renvoyées. Donc, vous voyez, ça vous fait encore une masse de plus de 120 000. Et on a un stock, si j'ose dire, de mineurs isolés, entre 40 000 et 50 000. Ça, je vous parle seulement des réguliers. Donc, vous calculez, ça vous fait entre 350 000 et 400 000 tous les ans.

C'est-à-dire, en gros, la ville de Nice, qui tous les ans arrive, évidemment pour la plupart maghrébins et africains, une énorme majorité de musulmans, alors que, justement, si vous voulez, on a une distance culturelle énorme avec l'islam.

19:50
Présentateur

Alors, on refera la France avec des Français qui veulent rester Français, donc avec des Français qui ne viennent pas d'ailleurs. Attendez. Je finis mon raisonnement. Non, je finis mon raisonnement.

19:59
Éric Zemmour

Alors, finissez. Donc, au bout de 5 ans de mandat d'Emmanuel Macron, on aura en plus 2 millions d'étrangers, de plus, venus pour la plupart du Maghreb et d'Afrique noire. Je pense qu'il faut arrêter cette folie. Et qu'au contraire, il faut, dans les 5 ans qui viennent, diminuer de 2 millions, par exemple. On pourrait envisager, effectivement, le départ ou la non-arrivée de beaucoup de gens. C'est ça qu'il faut inverser. Il faut inverser cela. Et, si vous voulez, vous me dites refaire des Français. C'est ça votre question. Oui, mais répondez-moi, là. Oui, alors, je pense, il y a, si vous voulez, il y a un phénomène depuis 30 ou 40 ans de défrancisation.

Cette expression, vous savez, c'est le général de Gaulle qui l'employait, la francisation, au moment de la guerre d'Algérie. C'est-à-dire que les Français, un, on ne leur apprend plus l'amour de la France, l'amour de son histoire, l'amour de sa culture, l'amour de sa grandeur, et on laisse les immigrés vivre comme au pays.

21:03
Présentateur

C'est la raison pour laquelle vous pensez qu'appeler son enfant du prénom de son grand-père, qu'il soit italien, portugais ou algérien, finalement, c'est ne pas aimer la France. Moi, je ne comprends pas. Vous dites, je protège les enfants parce qu'ils seront discriminés. Oui, absolument. Vous êtes sûr de ça ? Mais qui discrimine ? Les associatrices. Qui discrimine ? Les patrons. Qui est le coupable ? Qui est le coupable ? L'enfant qui porte le prénom ou celui qui discrimine ? Est-ce que je peux vous répondre ?

21:34
Éric Zemmour

Ben oui, mais je vous pose une question. Il y a une, mais je vais vous répondre. C'est très intéressant ce que vous dites. Il y a une étude très intéressante de 2010 de chercheurs français et américains pour Sciences Po qui s'appelle l'étude DIOUF. On a pris trois faux CV. Le premier, un CV repère qui est Amélie Lombard. On voyait un nom très français, Amélie Lombard. Et deux, on a pris un nom Marie avec un nom africain, Marie, autre chose. Et on a pris un nom, un prénom Kalidja avec le même nom. De quoi on s'est aperçu ? On s'est aperçu que le CV avec le nom français et le prénom français recevait quasiment autant de bonnes réponses que celui avec le nom africain mais un prénom français.

Et celui qui était vraiment rejeté c'était le prénom français. Oui, mais ça c'est le constat. Pourquoi ? Ben oui, c'est un constat. Pourquoi ? Ben je vais vous dire, ils ont raison. Parce qu'il faut donner des preuves à l'homme. Le discriminateur a raison. Le discriminateur a raison. Il ne doit pas être poursuivi. Non. Je sais qu'il est poursuivi aujourd'hui. Ben oui. Je sais, je connais la loi. J'ai moi-même été condamné parce que j'avais dit justement qu'il ne devait pas être poursuivi. Mais ce que je veux dire, c'est que depuis 150 ans qu'on a une immigration, elle est italienne, vous l'avez dit vous-même, qu'est-ce qu'ont fait les Italiens ?

Ils ont donné des prénoms français à leurs enfants. Qu'est-ce qu'ils font ici ? Aldo, Naori, Aldo. Platini a appelé son fils Michel. Et donc... J'ai tant d'autres exemples contraires.

23:01
Présentateur

Mais bon, il y a un Zemmour.

23:03
Éric Zemmour

Il y a, il y a, il faut, il faut. Vous savez, soit, écoutez-moi, soit le prénom n'est rien. Puisque c'est ce que vous avez l'air de dire. Et je ne vois pas pourquoi on ne donnerait pas un prénom français. Soit il est marqueur de l'identité, et en plus, c'est ça la vérité. Et là, il faut justement donner des preuves d'amour. Il ne suffit pas d'aimer, il faut donner des preuves d'amour. Et là, vous savez pourquoi les immigrés arabo-musulmans ne donnent pas de prénom français ? Parce que ce sont des prénoms chrétiens. Ils ne veulent pas, ils veulent persévérer dans leur être islamique.

23:35
Présentateur

Et c'est pour ça qu'ils appellent Mohamed. Mais souvent, parce que c'est le prénom de leurs ancêtres, ça leur appelle leur terre natale. Jean-Jacques Bourdin, est-ce que mon grand... Attendez, non, non, non, non, non. Non, non, non, non. Est-ce que vous croyez

23:47
Éric Zemmour

que mon grand-père n'avait pas d'ancêtre ? Non, non, mais... Est-ce que vous croyez que mon grand-père n'avait pas de père ? Vous êtes un assimilé, vous êtes un assimilé parfait. Est-ce que vous croyez que mon... Pas parfait, on n'est jamais parfait. Non, pas parfait. Est-ce que vous croyez que mon grand-père n'avait pas de père ? Je déteste cet argument. Est-ce qu'il y a des sous-hommes et des sur-hommes ? Il y a ceux qui... Éric Zemmour. Il y a qu'eux qui sont pliés à la règle. Je vous rappelle que c'était une loi de 1803 jusqu'en 1993 et qu'il y a d'autres qui doivent s'émanciper de la règle. C'est ça que vous êtes en train de me dire.

24:11
Présentateur

Non, je vous dis simplement, je vous dis simplement que pour honorer ses ancêtres, parfois dans des familles, et même souvent, on a envie de donner le prénom de son grand-père. Je le sais, mais je le sais, et on peut le donner en deuxième prénom. Ce n'est pas une question... Mais je sais,

24:26
Éric Zemmour

on peut le donner en deuxième prénom. On peut le donner en deuxième prénom. De temps en temps, il faut honorer la France aussi, Jean-Jacques Bournault. Mais on l'honore la France.

24:32
Présentateur

Non, non, on ne l'honore pas. Tiens, l'équipe de France de football, vous êtes amateurs de football. L'équipe de France de football, des Noirs, des Blancs, qui jouent ensemble, qu'est-ce qu'on honore ? Qu'est-ce qu'on honore quand on joue avec le maillot bleu ? On honore qui ? On honore la France. On honore la France. Mais ces joueurs honorent la France. Quel que soit son origine.

24:48
Éric Zemmour

Mais je suis d'accord avec vous. Mais attendez, je ne vais pas... Non, mais je... Ne me faites pas un procès en origine. Je viens moi-même du sud de la Méditerranée. Mais je veux que vous êtes assimilé. Alors moi, je suis... Devenu... Non, mais... Alors vraiment, ça ne me touche pas, ce genre d'argument. Parce que moi, je viens aussi du sud de la Méditerranée. Je suis moi aussi un berbère.

25:05
Présentateur

Un admirateur d'un antisémiste notoire qui est Charles Maurras. Mais oui. Pardon de vous le dire, Non, mais c'est la vérité.

25:12
Éric Zemmour

Je n'admire, vous savez, je n'admire pas Charles Maurras. Je lis Charles Maurras. Comme je lis Barès, comme je lis Jaurès, comme je lis Léon Blum, comme je lis Zola.

25:23
Présentateur

Vous ne voulez pas terminer comme Jacques Bainville, hein ?

25:26
Éric Zemmour

Vous savez... Qui a regretté toute sa vie de ne pas faire de politique. Vous savez, j'ai découvert ça. Vous savez, il faut dire aux gens qui est Jacques Bainville. Oui, c'est un historien. Un très grand historien. Un très grand historien. De l'action française qui était ami de Maurras, justement. Oui. Et qui... Et qui... Je peux avoir une minute là-dessus ? Parce que ça va vous intéresser. 30 secondes. Absolument. J'ai une dernière question. En 1920, nous sommes en 1920 après la Première Guerre mondiale. Oui. Il annonce, uniquement en regardant le traité de Versailles, tout ce qui va se passer après. Hitler n'est encore qu'un peintre. Tout ce qui va se passer après.

C'est-à-dire, la remiliteration de la Réunanie, l'annexion de la Pologne, tout ce qu'on a connu. Et la Seconde Guerre mondiale. Uniquement en fonction de l'histoire et du réel. Et à l'époque, on l'insulte. On l'accuse de germanophobie, de bellicisme, etc. C'est pour ça que je me suis identifié à Jacques Bainville. Parce que j'annonce, j'annonce une catastrophe et on me dit vous souhaitez la guerre civile, etc. Non, je simplement, j'annonce comme Cassandre le pire parce que je crains que cela arrive si on ne fait rien. Et si on fait quelque chose, on peut se sauver de cela. Mais pour l'instant, si on suit toute la classe politique,

26:31
Présentateur

on va à la guerre civile. Alors, Éric Zemmour, j'ai une dernière question. Vous avez été condamné pour incitation à la haine. Je vous écoute, votre question ? Incitation à la haine. Peut-on imaginer un président de la République condamné pour incitation à la haine ? Je vous le dis sincèrement. Deux choses. Je le mets à la place.

26:47
Éric Zemmour

Mais bien sûr, vous savez que le général de Gaulle a été condamné par Contumas à mort en 40. Nous ne sommes pas sous le même régime. Mais nous ne sommes pas sous le même régime, mais nous sommes dans une période aussi tragique. Merci. Et je pense que c'est un délit d'opinion. On veut me condamner uniquement parce que je dis des vérités qui dérangent. Oui, je suis une victime en l'occurrence de lois liberticides

27:11
Présentateur

qu'il faudra abroger. Dans tous les cas, la victime a pu s'exprimer ici. Et je vous en remercie. 8h57, merci, Éric Zemmour, sur RMC et BF.