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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 12 janvier 2023 23 min

Jean-Philippe Tanguy sur la réforme des retraites : "C'est une soumission de LR, une trahison des électeurs"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-9-30. Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin le député RN de la Somme, président délégué du groupe Rassemblement National à l'Assemblée Nationale. Question réaction 01-45-24-7000 et passez autrement par l'application de France Inter. Jean-Philippe Tanguy, bonjour. Bonjour. Et bienvenue sur Inter, en ce jour, votre parti, c'est une première, dispose d'une niche parlementaire pendant laquelle vous aurez le droit de proposer un certain nombre de projets de loi. On va y venir dans quelques instants. Mais commençons d'abord par la réforme des retraites, présentée en détail mardi par Elisabeth Borne.

Ce sera donc 64 ans avec accélération de la réforme touraine et donc de la durée de cotisation. Elisabeth Borne, pardon, qui a défendu par ailleurs des avancées sur l'emploi des seniors, sur les carrières longues, sur la pénibilité et aussi une revalorisation des petites pensions, bientôt portées à 1200 euros bruts. La première ministre a parlé d'une réforme juste, d'un objectif de justice. La justice dans cette réforme, vous, est-ce que vous la voyez ?

1:12
Jean-Philippe Tanguy

Non, mais ça fait un moment, malheureusement, qu'en Macronie, les mots n'ont plus beaucoup de sens et même parfois le mot inverse de ce qu'il devrait désigner. C'est une réforme extrêmement dure pour les personnes qui travaillent, ceux qui ont commencé à travailler tôt, ceux qui ont commencé à travailler entre 20 et 22 ans, notamment ceux qui n'ont pas eu des carrières faciles et ceux qui exercent des métiers particulièrement pénibles. Je suis député de la Somme, c'est vrai que c'est la réalité du travail, quelque chose que je connais bien. Je pense aussi que les mots de Madame Borne, les mots de la Macronie en général, j'ai entendu M.

Wörth qui a dit que prolonger la durée de travail était un acte citoyen, ce sont des gens qui en fait aussi sont très déconnectés de la réalité du travail, ils sont très déconnectés d'une certaine forme de travail peut-être que certains ne veulent plus voir. Mais quand je vois par exemple, quand on parle d'exception, de pénibilité, comme quoi la pénibilité serait en fait une exception et non la règle, c'est ne pas connaître en fait le monde du travail français qui est encore très difficile.

2:04
Présentateur

Mais puisque vous parlez de la pénibilité des carrières longues, on se souvient que c'était une des mesures phares du programme de Marine Le Pen, ceux qui ont commencé à travailler tôt, avant 17 ans, avant 20 ans, doivent partir plus tôt à la retraite, et bien c'est ce que propose ce projet de loi, puisque les carrières longues sont prises en compte, et que quand vous avez commencé à travailler à 17 ou à 18 ans, et bien vous partirez bien avant, jusqu'à 4 ans avant la date de départ à la retraite, officiellement fixée à 64 ans désormais.

2:33
Jean-Philippe Tanguy

Alors ce que propose aujourd'hui Mme Borne, c'est essentiellement ce qui existe déjà, il y a peu d'améliorations, d'ailleurs dans les échos, il y avait la publication du coût de ce que coûteraient les carrières longues, c'est seulement 600 millions d'euros à terme. Donc vous voyez bien que quand vous connaissez l'ampleur du coût du système des retraites, 600 millions sur 375 milliards...

2:50
Présentateur

Oui j'entends, mais ce que je veux dire c'est que c'est pris en compte, c'est pas 64 ans pour tout le monde et on ne discute pas.

2:56
Jean-Philippe Tanguy

Bien sûr, je comprends ce que vous dites, mais c'est pris en compte dans les mots, mais dans la réalité financière. Or la réalité financière traduit bien des droits, puisque ces droits sont immédiatement traduits par un coût pour le système des retraites. C'est seulement 600 millions d'euros, donc en fait c'est beaucoup de mots, ça prend beaucoup de place dans le dispositif de la majorité, mais dans la vie des gens ça va prendre très peu de place, parce que réussir à atteindre les conditions technocratiques posées par les conditions de carrière longue, ce qu'il y a vraiment derrière carrière longue, c'est très difficile, c'est très difficile.

Et ensuite, pour beaucoup de métiers qui sont à Bac plus 2, Bac plus 3, notamment souvent des métiers féminins, je pense aux métiers à l'aide à la personne, où vous avez des conditions de travail très difficiles, des journées qui sont très longues, avec beaucoup de ruptures dans le temps de travail, toutes ces carrières-là sont méprisées, voilà, et sont mises de côté.

Et je voudrais quand même dire quelque chose, quand j'ai écouté Mme Borde attentivement, je me suis fait cette réflexion, je ne vais pas m'empêcher de la partager avec vous, c'est quand même pendant longtemps, être un homme ou une femme d'État, même si peu de femmes ont eu l'occasion malheureusement de faire leur preuve en France, c'était de donner de nouveaux droits, c'était de mettre en place les conditions du progrès social, du progrès humain, et que le bilan d'un Premier ministre ou d'un Président de la République, c'était d'accorder des droits. Maintenant, visiblement, être soi-disant une femme d'État, c'est gérer la pénurie.

Dans ce secteur comme les autres, on ne fait que gérer la pénurie.

4:09
Présentateur

C'est gérer un système de retraite par répartition auquel vous tenez également, j'imagine.

4:15
Jean-Philippe Tanguy

Oui, mais si vous créez de la richesse, par exemple la productivité, la productivité a longtemps été une des caractéristiques positives de l'économie française. Elle s'est effondrée avec Emmanuel Macron pour une raison simple, c'est que comme il ne crée que des faux travails ou des petits travails ou des travaux précaires, et que l'industrie est totalement délaissée. Parce qu'en fait, l'industrie est toujours délaissée. Et dans les prévisions du gouvernement, on s'en compte de quoi ? C'est qu'en fait, il n'y a pas de réindustrialisation. Or, pour créer de la valeur à partager, il faut évidemment réindustrialiser. Le pays, c'est ce que propose Marine Le Pen depuis longtemps.

4:44
Présentateur

Jean-Philippe Tanguy, la hausse du minimum de pension à 85% du SMIC, soit 1200 euros bruts par mois pour une carrière complète pour les futurs retraités, mais aussi pour les retraités d'aujourd'hui, ça. Est-ce que ça, vous vous en réjouissez ?

4:58
Jean-Philippe Tanguy

Bien sûr, mais nous, on n'est jamais dans la politique du pire. Donc cette disposition-là, on la soutiendra, puisque Marine Le Pen l'a elle-même proposé à 1100 euros avant l'inflation. Donc avec l'inflation de l'année dernière et de cette année, on arrive effectivement à 1200 euros. Bon, il faut savoir que beaucoup de gens disposent déjà, j'ai vu que les fonctionnaires notamment, disposent déjà en fait de cette retraite minimale. Et une fois de plus, les conditions sont très dures. Parce qu'il faut faire, quand vous entendez ça rapidement, parce que tout le monde ne fait pas aussi de la politique comme nous, et c'est normal, vous entendez à la radio, le gouvernement le sait.

En fait, c'est des conditions s'il faut faire une carrière complète au SMIC. Donc en fait, tout le monde entend que tout le monde aura au moins 1200 euros. Non, c'est seulement ceux qui ont fait une carrière complète. Je pense une fois plus aux femmes, qui souvent ont besoin d'atteindre 67 ans pour ne pas avoir de décote. Très peu d'entre elles auront vraiment 1200 euros. Donc on le votera, mais attention à ne pas faire des promesses que les gens entendent comme des généralités et qui sont malheureusement, pardon, exclues beaucoup de monde.

5:47
Présentateur

Les principaux régimes spéciaux de retraite seront supprimés pour les nouveaux entrants, à la RATP, EDF, ENGIE, pour les clercs de notaire, à la Banque de France, etc. Vous allez défendre le maintien des régimes spéciaux, Jean-Philippe Tanguy ?

5:59
Jean-Philippe Tanguy

Ça dépend, parce que les régimes spéciaux sont globalisés comme quelque chose qu'il faut toujours jeter dans le débat comme ça. Vous savez, je pense que vous en parlez régulièrement sur France Inter, il y a un problème de recrutement, par exemple, dans le transport public maintenant. C'est-à-dire qu'à force d'avoir toujours tapé sur les mêmes métiers, d'avoir dit que c'est très facile d'être conducteur de train, c'est très facile d'être conducteur de bus. J'invite les gens à être conducteur de bus. C'est un stress toute la journée, c'est un métier très difficile. Vous devez gérer l'agressivité de la société, vous devez gérer des conditions de transport.

6:24
Présentateur

Donc vous allez défendre les régimes spéciaux de la RATP ?

6:28
Jean-Philippe Tanguy

Moi, je pense qu'il ne faut pas considérer que soit conducteur de bus, c'est un métier facile. Être dans les bureaux, oui, il n'y a pas besoin d'avoir...

6:35
Présentateur

Personne ne dit que c'est un métier facile. Je vous demande, est-ce que vous allez défendre le régime spécial de la RATP ?

6:39
Jean-Philippe Tanguy

Je ne dis pas que vous l'avez dit, Mme Salamé, je ne dis pas que vous l'avez dit, mais il y a des gens, c'est-à-dire dans le débat politique, qui considèrent qu'ils font toujours passer certains régimes spéciaux comme des privilégiés, comme si les conditions de travail qui étaient derrière n'étaient pas justifiées.

6:50
Présentateur

Donc il faut maintenir pour la RATP le régime spécial.

6:53
Jean-Philippe Tanguy

Je considère que conduire un bus aujourd'hui, oui, ça demande, c'est de la bénibilité, et ça demande un régime spécial. Être dans un bureau, par contre, non, même si vous êtes dans la même entreprise, ça ne nécessite pas un régime spécial. C'est de pragmatisme et c'est de la justice sociale.

7:04
Présentateur

Jean-Philippe Tanguy, alors comment comptez-vous vous opposer à ce texte à partir du moment où vous avez d'ores et déjà dit que vous ne descendrez pas dans la rue ? Pourquoi vous ne manifestez pas ? Il y a des acquis sociaux qui ont été gagnés, comme ça, en descendant dans la rue, dans de vastes mobilisations sociales. Pourquoi vous n'y allez pas ?

7:23
Jean-Philippe Tanguy

Ah mais on ne dévalorise pas du tout l'action sociale, l'action syndicale, dans ce qu'on estime être la tradition française, démocrate et républicaine. Les syndicats, d'un côté, mènent leur mobilisation, et les hommes politiques font ce pour quoi ils ont été élus, en particulier les 88 députés Rassemblement National, au Parlement et nous mènerons, comment dire, notre fonction au Parlement. C'est une constance du marinisme, on ne mélange pas l'action syndicale et l'action politique et généralement c'est quand même la tradition française.

D'ailleurs, je n'ai pas l'impression quand même que beaucoup de syndicats n'ont plus accueilli la récupération politique de certaines forces comme quelque chose de bienvenu, puisque ça risque de mettre des tensions dans l'unité syndicale. On a aussi une unité syndicale sur le fond. Là, il faut le noter, c'est insuffisamment rare, y compris la CFDT, y compris les représentants des cadres, qui eux-mêmes ne sont pas d'accord avec cette réforme. Le fait de s'interposer politiquement dans cette unité syndicale pourrait créer des problèmes artificiels qui favoriseraient Emmanuel Macron.

8:17
Présentateur

Mais n'adoptez-vous pas une stratégie d'opposition un peu paresseuse au Rassemblement National ? Vous laissez aux syndicats et à la gauche le soin de bloquer le gouvernement, de se battre pied à pied, de descendre dans la rue, de manifester, et vous, c'est quoi ? C'est un peu la contestation en chaussons, notabilisée ? Est-ce que ce n'est pas un peu ce qu'on pourrait vous reprocher ?

8:37
Jean-Philippe Tanguy

Non, écoutez, je ne pense pas que quand vous faites votre travail de parlementaire sérieusement avec cœur, vous êtes paresseux. Pour le pouvoir d'achat, on est des séances, on commence à 8h du matin, on finit ça à 4h. Ce n'est pas paresseux, ce n'est pas un métier difficile. Moi, je ne me suis jamais plein, je ne fais pas partie des parlementaires qui ont demandé des aménagements. On est très fiers d'être là, on a de bonnes conditions de travail, mais faire son métier de parlementaire, ce n'est pas paresseux, c'est faire la fonction pour laquelle on a été élu.

Moi, une fois de plus, je ne conteste pas l'action syndicale, au contraire, je la respecte, je considère qu'y aller, ce serait une forme d'ingérence dans leur action qui ne me semble pas pertinente.

9:09
Présentateur

Et vous allez faire quoi au Parlement puisque vous savez que LR risque de voter ce texte-là, donc il devrait passer ce texte. Donc comment vous vous opposez concrètement ? Comment vous faites, vous, au Rassemblement National, pour empêcher la Première Ministre ? Vous allez déposer 1000 amendements comme la France Insoumise ?

9:25
Jean-Philippe Tanguy

Au contraire, dans les conditions du texte qui ont été choisis, le choix parlementaire qui a été fait, fait que faire de l'obstruction parlementaire peut favoriser le gouvernement à la Macronie puisque le débat de fond va être parasité par de l'obstruction parlementaire. Donc nous, nous déposons, comme toujours, c'est la ligne de Marine Le Pen, des amendements pertinents qui permettent de mettre le débat, de montrer les contradictions, de montrer les insuffisances, de fragiliser, peut-être on l'espère, la coalition entre LR et la majorité.

9:49
Présentateur

Et comment vous voulez la fragiliser ?

9:50
Jean-Philippe Tanguy

Politiquement, en montrant les incohérences, en montrant que c'est une soumission de LR, ils se sont présents, ce n'est pas la première fois, c'était déjà le cas sur le budget. Je rappelle que les Républicains ont fait campagne tout l'été pour voter les mesures budgétaires du gouvernement en promettant un carburant à 1,50€. Donc là, ils promettent mon émerveille sur les retraites.

10:06
Présentateur

En quoi ils trahissent leurs électeurs ? Ils ont toujours défendu la retraite, même à 65 ans. Parce qu'ils font croire

10:10
Jean-Philippe Tanguy

que cette réforme est socialement juste. Ils font croire qu'ils ont eu des acquis qui permettent que cette réforme des retraites soit socialement juste. Ils font croire que la réforme en elle-même peut sauver le système. Moi, je ne pense pas que les économies réelles qu'ils seront faits vont sauver le système puisque la dégradation des autres comptes sociaux met en péril l'ensemble de la sécurité sociale et du régime de protection sociale. Donc, ce sont des fausses économies. Donc, c'est ce travail-là qu'il faut faire. Je ne pense pas qu'il soit paresseux. Je pense qu'il est sérieux et je pense que ce que les électeurs attendent de nous.

10:38
Présentateur

Jean-Philippe Tanguy, venons-en à cette niche parlementaire du RN. Aujourd'hui, à l'Assemblée nationale, on trouve beaucoup de choses dans ce que vous allez proposer. Notamment un texte qui introduit l'uniforme obligatoire à l'école. Ça, on va en parler dans quelques instants. La suppression des zones à faible émission, les fameuses ZFE. Rien sur l'immigration. Ce n'est plus la priorité des priorités au RN ?

11:01
Jean-Philippe Tanguy

Mais, vous savez que la gestion de l'immigration, le contrôle des frontières, l'assimilation, l'expulsion des personnes qui n'ont rien à faire chez nous, ça reste une priorité. Mais nous avons une loi avec M. Darmanin qui va arriver. Donc, on n'a pas eu besoin de prendre notre temps parlementaire pour parler d'un sujet qui va déjà arriver au Parlement. De la même manière qu'on sort d'une séquence sur la LOCMI où on a pu voter parce que je rappelle que la programmation des moyens de la sécurité intérieure était une idée de Marine Le Pen. On a discuté de ce sujet-là. On ne va pas remettre le sujet sur la table. On essaie de varier les sujets.

11:29
Présentateur

Ce projet de loi sur l'immigration que va présenter Gérald Darmanin qui arrive en mars, je crois, à l'Assemblée vise à mieux faire respecter les OQTF, les obligations de quitter le territoire français en réduisant les délais, en diminuant les recours. On l'a encore vu hier à la Gare du Nord où l'homme qui a adressé plusieurs personnes était sous le coup d'une OQTF. Ce projet de loi qui assume aussi une forme de double peine, il va dans votre sens ? Il y a beaucoup de mesures qui vont dans votre sens. Est-ce que vous allez le voter ?

11:53
Jean-Philippe Tanguy

Les mesures qui vont dans notre sens, qui permettent effectivement de favoriser l'expulsion des personnes qui n'ont rien à faire chez nous, nous les voterons. Par contre, l'autre partie de la réforme qui consiste en fait à créer une nouvelle filière d'immigration légale en légalisant ce qui ne devrait pas l'être, nous paraît, nous paraît une fois de plus, en fait, favoriser l'immigration. Donc, c'est comme avec la retraite que vous parlez du permis

12:13
Présentateur

de séjour temporaire d'un an pour les métiers en tension. C'est ce que vous dites ?

12:17
Jean-Philippe Tanguy

Bien sûr, des personnes arriveront légitimement pour exercer ce travail et comme toutes les autres personnes se rendront compte que peut-être, si ces travaux n'ont pas les salaires nécessaires, si les conditions de travail de ces professions ne sont pas nécessaires, elles se comporteront comme tout être humain et donc, ce n'est pas une solution. Une fois plus, c'est comme le minimum à 1 200 euros. On fait de grandes annonces qui sont séduisantes, c'est le but de la communication gouvernementale. Notre travail de parlementaire, s'est montré que derrière cette communication, il y a des réalités qui sont tout à fait condamnables.

12:43
Présentateur

Allez, on va passer au standard d'Inter où Alain nous attend. Alain qui nous appelle de Toulon et qui veut revenir à la question des retraites. Je crois que vous y êtes favorable à cette réforme. Bonjour, bienvenue.

12:55
Invité

Oui, bonjour. Je suis favorable pour des raisons uniquement comptables. Il faut savoir que les régimes de retraite, les caisses veillées en général, sont en déficit à moyen terme. Donc, ce problème n'est pas politique, c'est un problème comptable. D'accord ? Donc, il faut, je suis pour la réforme de retraite, mais qu'on fasse le même régime pour tout le monde comme ce qu'on fait dans les pays scandinaves, c'est-à-dire que le ministre doit être traité comme le boulanger. Et exactement pareil sur un régime imposé, un euro cotisé, les mêmes retraites pour tout le monde. Un régime à point. Et rien d'autre.

Et moi, je suis réglementé, je peux vous dire que le régime de retraite, on a accumulé beaucoup d'argent à ce régime-là. L'argent va être pillé par l'État, ce qui est une bonne chose parce qu'on va mettre tout dans une caisse commune, mais il faut que les règles soient communes pour tous les travailleurs. Tous, sans exception.

13:44
Présentateur

Bien reçu Alain. Merci pour cette intervention. Alain, donc favorable à une réforme d'abord et avant tout pour des raisons budgétaires. Elisabeth Borne parlait mardi d'une accumulation de déficit qui atteindrait environ 150 milliards d'euros d'ici à 10 ans si le statu quo prévalait sur les retraites. Jean-Philippe Tanguy, comment répondez-vous à notre auditeur ? Déjà,

14:06
Jean-Philippe Tanguy

si j'ai bien compris, l'auditeur est favorable à la réforme des retraites de M. Macron du précédent mandat, à l'époque, il condamnait la réforme que M. Macron fait aujourd'hui. Moi, les gens qui parlent de comptabilité alors que par définition, si on doit le réformer, c'est bien que le système qui était soi-disant comptablement équilibré avant a failli, donc il y a déjà une incohérence là-dedans. Et une fois plus, je l'ai dit, nos dirigeants ne gèrent que la pénurie. Par définition, on peut créer de la richesse.

Si on réindustrialisait le pays, si on redonnait de la force à notre agriculture, bref, si l'économie française et européenne en général repartait sur un modèle de croissance vertueux, de croissance durable, nous réglerions aussi le problème des retraites. Donc moi, je ne veux pas non plus que la perspective pour ma génération soit en permanence des restrictions, des pénuries et en fait, la fin d'un monde qui était fait de pleines de promesses et de progrès humains. Aujourd'hui, ce ne sont que de la sinistrose et que des promesses de lendemain qui déchantent.

14:54
Présentateur

Revenons à votre niche parlementaire, donc à cette journée où vous avez le droit de proposer une propos... Non, allez-y, allez-y. C'est vrai que vous me faites des signes, Nicolas, parce que je veux parler de l'uniforme. Une de ses propositions... On a un Thomas qui a fait sa scolarité à l'uniforme. On va lui donner la parole puisque une de vos propositions c'est de rendre obligatoire le port d'un uniforme dans chaque établissement public, notamment. Vous avez lu Le Parisien ce matin ?

15:20
Jean-Philippe Tanguy

Je ne l'ai pas vu mais j'en ai entendu parler par des échos. Parce que vous avez reçu le soutien de Brigitte Macron,

15:26
Présentateur

la première dame se déclare favorable à l'uniforme à l'école. Qu'est-ce que ça vous inspire ?

15:30
Jean-Philippe Tanguy

Écoutez, elle a raison. Donc moi, je ne vais pas dire qu'elle a tort. Je ne sais pas... Bon, je ne vais pas essayer de surrationaliser les raisons de cette déclaration. Écoutez, l'uniforme, ce qui existe déjà dans nos territoires d'outre-mer, à mon avis, est une mesure tout à fait consensuelle, constructif, qui permet de résoudre beaucoup de problèmes. Les inégalités sociales, moi j'ai fait toute ma scolarité dans le public, dans un collège notamment en banlieue, les inégalités sociales il y a 20 ans maintenant malheureusement, étaient déjà importantes et je pense, moi, moi-même, en tant qu'élève, je me disais que ce serait bien d'avoir un uniforme.

Ce n'est pas forcément quelque chose de ringard. On propose que les établissements soient associés, que ce soit aussi une démarche collective pour arriver à un uniforme qui ressemble et qui soit une bonne solution pour tous.

16:13
Présentateur

Voilà Thomas, bonjour. C'est vous qui avez fait votre scolarité en uniforme. Racontez-nous ça. Vous nous dites que c'est une fumisterie. Pourquoi ?

16:22
Invité

Oui, parce que l'uniforme à l'école, c'est quelque chose qui a des avantages, des inconvénients, mais en aucun cas ça efface les différences sociales. Ça n'interdit pas de porter des signes distinctifs religieux. Donc, il faudrait que les hommes politiques arrêtent de proposer des réformes démagogiques et surtout des choses qu'ils ne connaissent pas. Je ne pense pas que M. Tanguy ait porté l'uniforme. Je ne pense pas que Brigitte Macron ait porté l'uniforme. Donc, ils arrêtent de parler de ce qui est là. Elle dit que oui. Elle dit que oui. Elle dit qu'elle l'a porté. Elle dit que oui.

16:57
Présentateur

Jupette, bleu marine et petit pull bleu, je crois aussi. D'accord.

17:01
Invité

Moi, c'était pantalon gris, chemise blanche, pull bleu marine, mais ça n'empêchait pas les distinctions sociales. J'étais dans un lycée bourgeois. Il y avait des distinctions par rapport au lycée de secteur plus modeste. Il y a des stratégies d'éditement, de distinctions, comme pour tous les jeunes. Vous avez dit, Thomas,

17:26
Présentateur

il y a plein d'aspects négatifs et il y en a quelques-uns de positifs. Vous pouvez nous en donner un ? Il y avait quoi de positif sur l'uniforme ?

17:33
Invité

Positif, c'est qu'on n'avait pas à se soucier de comment s'habiller le matin. Après, les aspects négatifs, c'est que les gens vraiment modestes avaient un budget supplémentaire à affecter à l'uniforme à l'école, à une tenue sportive, parce qu'il y a, en règle générale, des tenues sportives spécifiques pour chaque établissement. Donc, il y a du pour et du contre, mais ce n'est pas quelque chose qui aide à avoir une uniformisation. Merci, Thomas,

18:08
Présentateur

pour votre intervention et votre témoignage. Jean-Philippe Tanguy

18:11
Jean-Philippe Tanguy

vous répond. Qui est du pour et des comptes, c'est un débat démocratique. Il ne s'agit pas que 100% des Français soient pour l'uniforme. C'est un arbitrage démocratique. Nous, on pense que ça limite les inégalités sociales. Il n'a jamais été dit que ça les effacer complètement. Évidemment, ce serait ridicule. Ça dépend aussi de comment c'est appliqué. Les signes distinctifs religieux, par exemple, si vous avez un uniforme qui est correctement appliqué, par définition, ils ne peuvent pas exister. Donc, je ne vois pas comment il pourrait y avoir une exception à ça. Si c'est d'avoir

18:32
Présentateur

une petite croix,

18:33
Jean-Philippe Tanguy

un petit signe religieux, une petite main de Fatma, ça n'a jamais été un signe prosélyte.

18:37
Présentateur

Le ministre de l'Éducation est contre le côté obligatoire de l'uniforme. Il dit que certains établissements veulent faire très bien, mais il serait bien naïf de penser qu'un uniforme viendrait régler les questions de laïcité.

18:47
Jean-Philippe Tanguy

Oui, mais lui, il ne les règle pas du tout les questions de laïcité. Et d'ailleurs, j'étais assez atterré par, une fois de plus, cette forme de lâcheté qui est moins grave pour l'uniforme que pour les questions de laïcité, ce n'est pas la première fois, c'est même systématique que M. Ndiaye renvoie en fait la responsabilité, l'arbitrage, par exemple, de ce qui est ou pas une tenue prosélite aux établissements. C'est systématique. Il renvoie toujours la responsabilité aux établissements. Or, on le sait, aujourd'hui, il y a le risque du pas de vague, il y a des difficultés sur le terrain qui sont extrêmement difficiles.

Au contraire, les acteurs de terrain ont besoin de la protection de l'autorité de l'État et de leurs ministres pour faire cet arbitrage, pour appliquer partout sur le territoire autorité aux établissements. C'est un acte de lâcheté de M. Ndiaye que je trouve très préoccupant quand on connaît les difficultés de certains établissements.

19:31
Présentateur

Il y a juste une dernière question sur l'uniforme, c'est que ça ne marche pas. C'est-à-dire que là où ça a été appliqué en France, notamment chez Robert Ménard à Béziers ou récemment à Provins, dans la ville de Provins, eh bien, ils ont arrêté parce que ça ne marchait pas, parce que les parents d'élèves ne voulaient pas qu'il y a renoncé, par exemple, Robert Ménard à l'uniforme.

19:49
Jean-Philippe Tanguy

Oui, mais c'est possible, mais parce que c'est un état d'esprit général. Si c'est une exception sur un territoire, forcément, vous allez avoir des tensions. Les élèves qui vont se comparer avec les autres, qui vont préférer, effectivement, la liberté. Vous savez, à court terme, on choisit toujours la liberté absolue à un peu d'autorité, alors que sur long terme, on dit, finalement, ce n'était pas si mal. Dans les territoires d'outre-mer, où c'est appliqué depuis longtemps, je n'ai pas envie de faire ça, je ne sais pas depuis quand, ça fonctionne plutôt bien. Les retours sont très bons. D'ailleurs, on a beaucoup d'élus d'outre-mer qui vont sans doute soutenir cette mesure.

20:13
Présentateur

Jean-Philippe Tanguy, deux questions sur l'appli d'Inter. Fabrice, à propos de la suppression des zones à faible émission, le RN qui se veut le chantre de la sécurité rejette la sécurité sanitaire. Merci pour tous ceux qui vont souffrir ou mourir de maladies respiratoires.

20:30
Jean-Philippe Tanguy

Réponse rapide. C'est une question de responsabilité. Ce sont l'État français qui ont favorisé le diesel. Ce ne sont pas aux classes populaires et moyennes d'être exclus des villes. Il faut renforcer la transition vers les véhicules propres. biocarburants, voitures hybrides, voitures électriques. Il y a plein de solutions. Mais exclure les classes moyennes et populaires d'autorité, c'est extrêmement choquant. D'ailleurs, je ne sais même pas comment ça peut être constitutionnel.

20:50
Présentateur

Émilie vous demande la chose suivante. Comment pouvez-vous dire que l'industrie est délaissée alors que le plan France Relance va partager des milliards d'euros pour la relocalisation, la décarbonation, la formation et le recrutement dans l'industrie ?

21:04
Jean-Philippe Tanguy

C'est très simple. Dépenser de l'argent ne fait pas une politique. Je sais que M. Le Maire pense que plus dépense de l'argent, si vous prenez le plan RTE, la réindustrialisation massive prévue par le gouvernement lui-même prévoit seulement de regagner un à deux points d'industrie en 30 ans. Or, on a perdu 12 points en 30 ans. Donc, le gouvernement fait beaucoup de mots mais derrière, il n'y a rien du tout à part beaucoup de dépenses publiques d'ailleurs avec une utilité contestable.

21:32
Présentateur

Deux, trois petites questions d'actu pour terminer. La mise en retrait de Noël Legrette de la FFF hier après ses propos sur Zidane et ses affaires de harcèlement, vous la saluez ou il faut qu'il aille plus loin et qu'il démissionne ?

21:41
Jean-Philippe Tanguy

Je ne comprends pas ce genre de régime intermédiaire. Je ne connais pas spécialement le dossier mais d'ailleurs, moi j'ai été surtout choqué pour tout vous dire sur ces accusations de harcèlement. Je trouve que c'est quand même un peu inquiétant qu'une personnalité de cette ampleur démissionne parce qu'il a dit des conneries sur M. Zidane plutôt que sur des accusations de harcèlement mais sur ce sujet comme un autre à savoir M.

Quatennens le double discours sur les violences faites aux femmes et les harcèlements aux femmes ça commence à m'inquiéter parce qu'on a mis beaucoup de temps à mettre ce sujet sur la table à le prendre en compte réellement voire réellement ces incidences gravissimes sur la société et dans les faits certaines élites visiblement envoient un signal contraire à la population française c'est vraiment regrettable.

22:15
Présentateur

Adrien Quatennens qui est revenu hier à l'Assemblée Nationale

22:17
Jean-Philippe Tanguy

C'est ce que j'ai dit moi je trouve absolument je déteste le deux poids de mesure entre les élites enfin les élites c'est bien grand mot en l'occurrence dirigeantes et la politique qu'on doit appliquer Adrien Quatennens

22:29
Présentateur

c'est pas vraiment l'élite dirigeante

22:30
Jean-Philippe Tanguy

je suis un député quand vous représentez les habitants de votre circonscription statistiquement c'est un produit

22:36
Présentateur

de la méritocratie aussi

22:37
Jean-Philippe Tanguy

oui mais vous avez une élite j'opposerai jamais la méritocratie et l'élite pour moi donc vous faites aussi partie de l'élite j'ai toujours dit que j'avais la chance le privilège de faire partie de l'élite et qu'il fallait être responsable et qu'il fallait assumer les responsabilités liées à ce privilège et à cette chance

22:51
Présentateur

Jean-Philippe Tanguy merci à vous d'avoir été au micro d'inter ce matin député rassemblement de la Somme président délégué du groupe RN à l'Assemblée Nationale

Jean-Philippe Tanguy sur la réforme des retraites : "C'est une soumission de LR, une trahison des électeurs" — Jean-Philippe Tanguy · Pourquijevote