TOUS ESPIONNÉS, TOUS FLIQUÉS : LA SURVEILLANCE DE MASSE AUX PORTES DE L'UNIVERSITÉ
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
début décembre la couverture du net appelé à soutenir un mouvement étudiant qui prenait de l'ampleur à part 8 dans leur viseur la start-up tweet test oui pardon et son service de télésurveillance d'examens à distance alors jugé je cite mes humanisantes discriminatoires et intrusives en plus d'être clairement illégal deux semaines plus tard le 15 décembre dernier le tribunal administratif de Montreuil a décidé de suspendre l'usage de ce logiciel victoire pour les étudiants intelligents de Paris 8 victoires aussi qui met l'accent sur un sujet plus vaste concernant la surveillance de masse elle prend de plus en plus d'ampleur surtout depuis la période covid et un projet de loi arrive bientôt pour l'accueil des JO 2024 où est prévu un déploiement extraordinaire d'algorithme de vidéo surveillance sur la capitale pour en parler je reçois Bastien le quérec et Noami le 20 juriste à la croissance du net [Musique] bonsoir tous les deux bonsoir bonsoir Noémie bonsoir Bastien merci d'avoir accepté mon invitation ce soir alors avant toute chose pour celles et ceux qui ne vous connaissent pas forcément pas vous personnellement mais la quadrature un mot pour faire un bref rappel de ce que c'est l'émission que vous portez en 2008 qui vise à défendre les libertés à l'ère du numérique au début c'était vraiment les libertés sur Internet tous les combats contre l'adopi etc et au fur et à mesure des années avec notamment la loi renseignement en 2015 nos activités se sont un peu élargies en 2019 on a lancé la campagne Technopolis qui vise à documenter à lutter contre la surveillance dans l'espace public et ici avec test oui on va y revenir c'est un peu le lien entre ces différents modes de surveillance alors plongeon du coup maintenant dans le vif du sujet ce sujet cette décision du tribunal administratif de Montreuil Montreuil ça me situait d'ailleurs au passage saisie en urgence ce qui est le principe d'une attaquant en référé pour faire suspendre l'usage d'un logiciel nommé oui alors allons-y par étape pour commencer pour bien comprendre c'est quoi tes fruits alors test twist c'est un logiciel de télésurveillance derrière ce terme un peu barbare se cache en réalité la combinaison un peu dystopique entre la vidéo surveillance algorithmique comme on la voit dans l'espace public et la surveillance sonore algorithmique c'est-à-dire que test twee se targue de surveiller automatiquement des candidats et des candidats à un examen que ça soit surveillé leur leur comportement avec une analyse par exemple du regard que ça soit surveillé leur environnement sonore pour vérifier si de se ferait pas souffler les réponses par une tierce personne c'est également une surveillance de l'ordinateur même des candidats et des candidats parce que le logiciel test oui s'installe sur l'ordinateur doit avoir des droits administrateurs l'antivirus doit être désactivé donc c'est vraiment une bonne barbe c'est vraiment open bar c'est le principe même de de cette surveillance et ce c'est ce qui a mené le c'est ce qui a conduit le tribunal administratif de Montreuil a considérer que ce genre de surveillance est disproportionnée donc probablement illégal donc à côté le côté regard surveillance des corps je crois un moment donné que c'était écrit sur des articles c'était un peu en reliant je pense que le terme est n'était pas de trop alors vous avez donc soutenu le mouvement étudiant qui naissait à Paris qui s'opposait à cette télésurveillance de leurs examens à distance avec succès donc on l'a compris quel était vos arguments avancés devant le juge alors déjà je rappellerai que il s'agit à l'origine d'un combat des étudiants de l'institut d'étude à distance de Paris 8 et c'est important de rappeler ça parce que ça montre que la contestation à l'université avec des mouvements qui naissent un petit peu de de nulle part mais qui arrive à se structurer ça peut fonctionner et c'est vraiment pas un combat de la quadrature initialement on est arrivé vous avez ce deuxième temps on est arrivé dans un deuxième temps pour soutenir ce mouvement et devant le tribunal administratif apporté nos arguments public ce qu'on disait c'était assez simple c'était de dire que ce type de surveillance est disproportionné par nature c'est-à-dire que on ne peut pas sous couvert de lutter contre la fraude et sous couvert de faire passer des examens on ne peut pas surveiller tout le temps tous les corps les visages le regard le son ça n'est pas acceptable dans une démocratie juridiquement ça se traduit par une absence de proportionnalité c'est ce qu'a dit le théâtre Montreuil et justement m'attarder sur cet argument je sais pas si une amie tu peux en dire quelque chose sur cette argument de proportionnalité alors c'est à dire que seuls les données je fais j'essaie de traduire ça comme ça directement utile pour l'objectif visé doivent être collectés et pas plus dans un cas de clair régis par la loi c'est ça la proximité et c'est là-dessus que le juge a émis un doute sérieux pour le citer pourquoi alors en fait la proportionnalité c'est quelque chose qu'on retrouve donc en droit des données personnelles mais même de manière générale en liberté publique est-ce que le juge a dit grosso modo c'est que test Wii donc comme on l'a dit c'était open bar et collecter beaucoup trop de données par rapport à l'objectif poursuivi et donc prendre une photo toutes les trois secondes pour vérifier que l'étudiant ne bouge pas collectez le son l'image les corps c'était en fait trop et il pouvait y avoir d'autres manières pour l'objectif au suivi qui est juste de vérifier en fait de surveiller un examen et donc c'est cette disproportion qui fait que c'est illégal en termes de données personnelles mais c'est des raisonnements qu'on retrouve souvent en liberty public de manière générale qui permettent de mettre des freins à des à des projets à des abus exactement de surveillance parce que là on parle de surveillance à distance automatique qui devient j'imagine pas les la surveillance humaine d'une personne dans la salle alors personne dans la salle qui vient elle aussi regardez si les personnes regardent à gauche et regarde un peu les corps etc en quoi on peut suspecter la société parce que du coup test oui et qui porte le même nom que son logiciel d'avoir en tête éventuellement l'idée de récolter plus de données que nécessaire en quoi on peut imaginer ça et dans quel but elle ferait ça dans cette affaire c'était très compliqué de savoir ce que devenait les données la société dit on les conserve pendant deux mois après après le après le passage d'un examen a priori ces données n'étaient pas utilisées pour entraîner des algorithmes pour améliorer la reconnaissance mais en réalité on n'a pas besoin de se poser ces questions pour aboutir à la conclusion que ce genre de surveillance est inacceptable juridiquement philosophiquement également et finalement cette surveillance qui est proposée c'est sous couvert de faire passer un examen prendre les étudiants comme des enfants qui sont de potentiels fraudeurs qui va falloir giffler quand ils vont faire une bêtise la société test oui sur son sur sa chaîne YouTube à des petites vidéos de démonstration et on voit vraiment que elle veut infantiliser les étudiants et les étudiantes qui passent des examens et il y a une formulation très anxiogène à la fin d'une de ces vidéos où elle indique que tout comportement suspect sera rapporté à votre administration et c'est une bonne manière de de traduire ce que fait cet algorithme c'est à dire que la décision que de dire si un étudiant triche ou pas n'est pas prise par l'algorithme l'algorithme ne va faire que détecter et ensuite c'est un humain qui va dire si oui ou non il y a une triche mais en réalité ça reste une surveillance tout le temps de tous les corps et même si à la fin un humain va apposer son seau oui c'est une triche ou non c'est pas une triche il y a quand même cette surveillance qui se fait et le thé a dit que c'était probablement illégal alors dans le monde hier apportait l'information mais aussi les réactions de benassiard le PDG de cette entreprise qui donc dénoncé sur Linkedin je le cite un rêve de cancre après avoir déclaré je sais toujours et je le cite imaginer une salle d'examen sans contrôle d'identité ou sans ou de convocation un cauchemar pour le monde de l'enseignement supérieur il se dit vous l'avez lu un scandalisé par la perte de la valeur diplôme avant de souligner le retard qu'aurait pris les universités françaises vis-à-vis de grandes écoles qui ont depuis le covid le dit-il largement adopté la surveillance à distance qu'est-ce que vous pouvez lui répondre aujourd'hui ce soir nous ça nous a fait un peu sourire dans le sens où on a vu que si réagissait de manière aussi virulente c'est probablement qu'on avait touché là où ça fait mal et de ce qu'on va dans son discours mais il y a beaucoup de choses qui vont pas mais c'est quand même ce réflexe de voir dans la surveillance de voir dans quelque chose de très autoritaire la clé pour poursuivre l'objectif de donc là de surveillance des examens et et aussi ça pour rejoindre ce que disait Bastien cette idée de techno solutionniste parce qu'en fait on a une nouvelle situation on sait pas trop comment faire parce que c'est différent du personnel on va faire de la surveillance hyper violente et hyper autoritaire et hyper ses moyens en fait et il arrive et du coup avec des des arguments comme comme Sébastien très infantilisant c'est des cancres et derrière il y a une vraie enfin c'est assez les crayon il y a aucun aucune considération politique et philosophique sur qu'est-ce que c'est en fait la surveillance de te couper il dit imaginez c'est un cauchemar s'il n'y a pas de surveillance il n'y a pas de contrôle alors qu'il y en a de contrôle ce qui est très intéressant c'est que la justification de Paris 8 pour imposer test Wii c'était de dire notre précédente infrastructure Moodle au dernier examen n'avaient pas tenu le coup nos serveurs étaient pas assez performants c'était pas des questions de fraude à aucun moment des suspicions de fraude n'ont été apportées ni même affirmer même si c'était pas prouvé il y a aucun élément de la part de l'université dans toute cette affaire qui laissait penser qu'il y avait eu des fraudes et que c'était pour ça qu'on utilisait test oui la seule justification c'était l'infrastructure de Paris 8 était sous-dimensionné au dernier examen du coup Moodle c'était et c'était retrouver à terre et c'est uniquement pour ça or aujourd'hui ce dysfonctionnement qui peut être résolu très facilement on embauche des personnes on prend un peu plus de serveurs pour faire tourner une infrastructure et c'est bon ce cet argument a justifié le passage à une échelle supérieure de de surveillance et d'atteinte aux libertés qui est toute cette surveillance algorithmique que qu'impose teste pour que les gens comprennent bien avant de passer à la seconde partie de l'entretien on pourrait l'argent un peu le sujet à ce qui nous concerne aussi tous et pas étudiant en étudiante est-ce que les conséquences positives est-ce que j'imagine que oui mais est-ce que ça va s'appliquer de manière automatique à tous les autres universités c'est bon ils sont à l'abri des étudiants sur cette question là ou pas alors il faut il faut relativiser quand même cette décision c'est une décision d'un ta pas du Conseil d'État administrative d'appel c'est en référé c'est-à-dire en urgence le théâtre n'a pas dit que test oui était illégal il a dit il y a un doute suffisamment sérieux pour suspendre l'utilisation en revanche nous voyons dans cette décision un avertissement très clair pour les autres universités pour les autres écoles qui voudraient utiliser ce genre de logiciel parce que ici le TA utilise des termes qui sont très forts autour du fait que ce type de surveillance n'est pas proportionné à l'objectif poursuivi et donc sera en infraction ce pourrait être en infraction une école privée ou un concours à quelconque qui voudrait utiliser ce genre de technologie l'autre l'autre point positif dans cette décision c'est que l'acnil a des à lancer début décembre une consultation publique sur des nouvelles lignes directrices autour de ces logiciels de télésurveillance dans dans son projet de délibération la CNIL voudrait pousser un petit peu plus ses surveillance en posant un certain nombre de de conditions qui nous à la collabrature nous paraissent inconcevable juridiquement et politiquement ou la CNIL voudrait par exemple poser un principe de proportionnalité de certains types de surveillance cette décision du tribunal administratif de Montreuil on va l'utiliser pour communiquer à la CNIL que non sa position qu'elle voudrait avoir n'est pas conforme à ce que disent les juridictions n'est pas conforme aux droits de manière générale et nous allons l'utiliser pour pousser une interprétation plus stricte des textes qui conduirait à refuser ce genre de surveillance algorithmique comme comme test tweet alors dans votre communiqué de presse pour faire la transition publie à 4 jours vous en appelez aux étudiants et aux étudiants de et je vous cite faire du bruit dans vos facs réutiliser les arguments juridiques comme tu allais le faire instant créer le rapport de force la victoire d'aujourd'hui n'attend que de se propager pour infini bouter la Technopolis et toutes les idées qu'elle charrie hors des facs hors des facs nous y voici et c'est là que ça devient encore plus intéressant car la télé la télé surveillance et tout ce que ça comporte ne se limite pas du coup aux universités bien que nous connaissons les désirs du gouvernement de maté un petit peu les étudiantes et étudiants comme on l'a vu avec les dispositions de la loi l'opmi avec l'augmentation des amendes si on bloque les facs etc et demain a priori demain au Conseil des ministres sera étudié une loi dont on ne connaît pas la la composition tu vas nous en parler à Noemi la loi Jeux Olympiques Jo qui promet entre autres joyeusetés le déploiement extraordinaire d'algorithme de vidéo surveillance est-ce que tu peux nous en dire un peu plus ouais alors avant de parler des JO revenir sur ce que c'est la vidéo surveillance algorithmique pour automatisé dont on a un peu parlé et qui ressemble un peu à l'affaire test oui en fait depuis qu'on a lancé la campagne Technopolis il y a quelques années qui visait à documenter l'émergence des nouvelles technologies dans dans les villes de France le plus gros combat et le les dossiers les plus importants qu'on a vu c'était l'apparition de logiciels de détection d'anomalies ou de comportement du suspect je reviendrai dessus sur les flux de vidéo surveillance dans l'espace public cette fois-ci donc c'est à dire que des villes ont installé ces 20 dernières années énormément de caméra et aujourd'hui elle passe à la vitesse supérieure dans la surveillance de masse en mettant sur les flux donc de vidéo surveillance des logiciels des algorithmes qui vont sonner des alertes et détecter des choses du coup que les entreprises privées auront fait entraîner à leurs algorithmes pour que les agents regardent ou non quel écran et donc de ce que nous on a pu voir donc quand même pareil ça a été pour nous à long travail d'aller chercher l'information parce que tout ça est très opaque et c'est vraiment un marché il y a beaucoup d'acteurs beaucoup d'acteurs français notamment qui vendent ces technologies aux villes mais pas que il y a aussi des supermarchés des des espaces semis publics privés et donc on a été regardés les contrastes qu'il y a et donc ce qu'on a vu c'est que derrière ces alertes derrière ces comportements événements qui sont signalés à la police ça va être donc ils sont dit comme suspects ça va être par exemple quelqu'un qui court quelqu'un qui est statique trop longtemps le ce qu'ils appellent le maraudage donc c'est ça c'était l'idée de faire des tours ou d'être trop statique des bag [Musique] et politique et pour nous hyper problématique parce qu'on passe à une échelle supérieure de la vidéo de la surveillance de masse pardon avec cette vidéo surveillance automatisée puisque ça ça rend en fait les policiers totalement omniscient ils peuvent décider ce qui est suspect ou non et en fait ça leur permet de voir beaucoup plus de choses et de réprimer encore plus une certaine partie de la population et donc nous à la correction on a observé ça donc en fait c'est déjà hyper présent dans les îles de France de manière illégale parce que les arguments qu'on a avancé dans le tribunal administratif c'est les mêmes en fait aujourd'hui les données ce qu'on appelle biométrique donc notre corps les données sur notre corps sont très très protégées par le droit et en fait c'est donner là qui sont analysés par par les algorithmes dans l'espace public et c'est illégal même le ministre d'armanin la l'a dit il y a deux mois dans une audition au Sénat et que c'était illégale donc il y a une espèce de stock il y a un flou mais du coup tout le monde se presse pour que vite une loi arrive et justement il vient voilà et du coup après voilà c'était la petite mise en contexte c'est que on le savait on avait un focus nous sur les Jeux Olympiques 2024 à Paris parce que c'était annoncé depuis pas mal d'années comme le moment où allait être exposé une vitrine sécurité du savoir-faire français en matière de surveillance et donc on regardait un peu ce qui se passait et donc là il y a une loi sur les jeux olympiques qui arrivent à priori qui sera présenté demain en Conseil des ministres et qui prévoitrait du coup des dispositions un encadrement pour cette vidéo surveillance algorithmique alors a priori de façon expérimentale pas sur le long terme mais rassurez-vous il y a une autre loi qui arrive juste après pour pérenniser les usages de la vidéo surveillance automatisée et donc pour nous ça va être un des gros gros combats à venir et ce qui est intéressant quand même de voir c'est que les Jeux Olympiques pas qu'à Paris mais en fait quand on regarde dans l'histoire et les mégas événements sportifs de manière générale ça a toujours été des prétextes pour faire passer pour rendre les galles des choses illégales pour transformer aussi notre rapport à la ville que soit en termes d'urbanisme ou autre à Rio par exemple ils ont détruit des favelas ils ont ils ont fait passer des lois antiterroriste pour pour les Jeux Olympiques donc c'est ces phénomènes qu'on voit et donc ici ils vont tester des des choses des choses des algorithmes sous prétexte donc de gestion des foules de sécurité et pour les rendre acceptables et pour mieux les faire légaliser par la suite donc c'est vraiment un mécanisme de jouer sur cet état d'exception des Jeux Olympiques pour faire passer cette surveillance de masse donc voilà donc nous ça va être vraiment un de nos gros combats c'est ces prochains mois la loi donc va être présenté là va passer au Parlement janvier février et du coup on aura besoin du maximum de personnes pour pour faire du bruit là dessus et s'y opposer on est dans une situation quand même assez ubuesque en termes de démocratie ou aujourd'hui c'est logiciel de vidéo surveillance algorithmique on sait qu'ils existent le ministre Darmanin place les collectivités les utilisent et pourtant le gouvernement le ministre de l'Intérieur en premier savent que ces logiciels existent et ne font rien et au lieu de faire respecter les principes d'un état de droit et donc d'aller sanctionner ces collectivités parce que utiliser un logiciel de surveillance sans autorisation c'est un délice c'est puni assez serrement et donc au lieu de faire leur travail en tant que ministre et de de faire respecter nos règles démocratiques et bien Gérald Darmanin s'empresse de partir de ce constat que c'est utilisé partout de manière illégale et donc de les rendre légal et que cette manière de faire c'est pas la première fois en matière de renseignement en 2015 on a vu exactement la même chose mais ça interroge sur nos capacités sur la capacité de notre démocratie à pouvoir lutter contre finalement c'est source de pouvoir la police qu'elle soit police municipale police nationale les services de renseignement quand ce genre de de service veulent faire de la surveillance sur les populations et rappelons aussi une actualité toute récente celle qui concerne Paris avec sa mère à Hidalgo qui vient de valider le déploiement de 315 nouvelle caméra vidéo surveillance dans Paris qui rencontre déjà plusieurs milliers alors le chiffre j'ai vu 4000 5000 mais plusieurs milliers avec l'argument avancé que le nombre de caméras serait déficitaire par rapport je cite à la moyenne parisienne des 13e des 15e mais surtout 18e et 19e arrondissement dans le nord de la ville là où va se jouer essentiellement les Jeux Olympiques 2024 qui se concentreront là-haut mais aussi de constater sur une carte que je sais pas si on la verra à l'écran ici mais les gens la voient il y a cette carte du site collaboratif Paris une expérience point net que le nombre de caméras vous le voyez à l'écran et bien plus grand déjà à Paris intra-muros plutôt que à l'extérieur de Paris mais surtout essentiellement concentré dans le centre de la ville et à l'ouest de la ville de la capitale française là où sont situés on le sait les instances de pouvoir politique médiatiques et économiques l'argument que tu as avancé à l'instant que vous avancez à l'instant et que nous avons en fait de sécurité publique va semble un peu bancal quand tout est se concentré à un endroit et il y a des problèmes de surveillance de pardon de sécurité qui peut être dans le Nord ou dans les gars garde du Nord gare de l'Est sans jouer sur les clichés et là il y a moins de caméra c'est pas un peu facile finalement l'argument sécuritaire alors il y a pas notre projet finalement ah oui et surtout la vidéo la vidéo surveillance donc on va dire classique sans algorithme et qui qui est présente dans dans nos rues depuis 25 ans en fait n'a jamais démontré son utilité il faut le rappeler et en fait c'est d'ailleurs est un exemple comment ni c'est un exemple et en fait là d'ailleurs ces dernières années il commence à y avoir des rapports des études universitaires qui essayent en fait de s'atteler à à comprendre comment ça marche en fait comme toute politique publique il faut l'évaluer et qui montre son utilité totale les quelques chiffres qu'on a c'est sur les enquêtes résolues la vidéo surveillance a été utile dans moins de 2% de ses enquêtes donc vraiment c'est minime et pourtant elle ne fait que se déployer et là bah à nouveau il y a l'échéance des JO donc c'est tu l'as dit plusieurs centaines de caméras à Paris de 500 500 ni aussi faut le dire alors que voilà la Seine-Saint-Denis c'est enfin c'est je pense un département qui a peut-être d'autres besoins que des caméras de vie de surveillance et nous on a aussi regardé les enjeux derrière ça parce que c'est un marché faut rappeler que la vidéo surveillance elle est énormément financée par l'État il y a beaucoup beaucoup de subventions on voit la vidéo surveillance arriver dans des petites villes et des villages alors que à nouveau sa questionne notre rapport à la sécurité dans dans des échelles beaucoup plus petites est-ce que vraiment une caméra va changer quelque chose donc on comprend que la vidéo de surveillance c'est vraiment juste une manière politicienne d'agir de montrer qu'on fait quelque chose sur la sécurité alors que si on prenait un pas de recul généralement les les politiques de sécurité que ce soit dans l'espace public ou autre c'est sur un temps long en fait c'est des politiques sociales c'est des politiques d'éducation c'est l'aménagement de l'espace aussi pour à certains endroits et donc oui non la réponse de la vidéo surveillance déjà elle coûte super cher écologiquement c'est un des astres c'est inefficace et en fait c'est juste pour renforcer une croyance il y a aucun fait aujourd'hui un sentiment voilà et on parle de sentiment d'insécurité et ça renforce la croyance que on agit pour la sécurité en faisant en installant des caméras alors que pas du tout et au final qui en s'organ gagnant les industriels et aujourd'hui avec la vidéo surveillance algorithmique c'est l'étape d'après c'est les mêmes personnes c'est les mêmes boîtes et on a même pas fait encore l'audit de ces politiques de vidéosurveillance qu'on passe déjà à mettre des logiciels dessus donc il y a un vrai problème aujourd'hui de démocratie parce qu'il y a pas de choix et surtout à nouveau comme Bastien l'a dit c'est énormément de pouvoir d'informations et de capacité de répression pour l'État il y a un an on avait été invité à l'île Saint-Denis en banlieue parisienne parce que c'était une des dernières communes qui n'avait pas de vidéo surveillance et le maire nouvellement élu voulait en mettre on était invité à une réunion publique pour justement discuter de est-ce que il en faut est-ce que c'est utile etc et à la fin de cette réunion tout le monde peu importe son bord politique était d'accord sur le fait que rien aucun travail universitaire ne vient démontrer l'efficacité de ces caméras par exemple la Cour des comptes en 2020 disait aucune université ne vient démontrer des caméras qui sont pourtant partout sur le territoire et pourtant le maire disait à la fin de cette réunion oui mais qu'est-ce que vous allez dire à la petite vieille qui s'est fait voler son sac c'est à dire qu'on sortait du domaine du rationnel on sortait du débat suffisamment raisonné pour admettre que bah oui rien ne vient justifier cette surveillance et donc il faudrait l'arrêter et on est dans cette course à l'échalote en quelque sorte aujourd'hui c'est la vidéo surveillance classique demain avec la loi sur ejo ça sera de la surveillance algorithmique peut-être après demain ça sera de la surveillance sonore puisque par exemple à Orléans on se bat contre la surveillance sonore algorithmique où il y a des micro dans la ville pour écouter les gens voilà on est toujours dans une surenchère sécuritaire et on essaie tant bien que mal de de de de s'opposer à cet effet cliquet prioritaire et pour finir vous alors vous en tant que que juriste à la coiffe ordinette mais en tant que l'aquateur du Net vous donnez des leviers et des de compréhension déjà pour tout le monde mais aussi de d'action on veut pouvoir vous retrouver il y a rendez-vous fixé je crois à la Flèche d'Or dans le 20e à Paris le 14 janvier prochain peut-être un mot sur ce pour terminer sur cette grande soirée une première d'ailleurs oui bah du coup avec la campagne technologies on essaie d'aller voir ce qui se passe un peu dans dans les villes et là du coup à Paris et en Île-de-France ça va être les Jeux Olympiques donc on fait une journée soirée le 14 janvier pour présenter Technopolis parler justement des enjeux de surveillance qui vont que les Jeux Olympiques vont impliquer en Île-de-France notamment en Seine-Saint-Denis et après aussi faire des petits ateliers sur comment lutter comment s'organiser donc venez nombreuses et nombreux et ça sera voilà que le début de cette lutte on sera juste et un dernier point sur ben tout ça ça coûte de l'argent donc on appelle évidemment encore une fois aux dons avant évidemment derrière voilà on retrouve tout ça sur la couleur du net sur Internet merci à tous les deux d'être merci bonne nuit sur ce plateau ce soir on continuera à suivre tout ça bien sûr au sujet qui sont en fait passionnant tout aussi inquiétant que passionnant et cruciaux pour notre avenir collectif à bientôt tous les deux
Anne Hidalgo