Éric Zemmour à Saint-Quentin : Mon discours sur l'École
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Mesdames et Messieurs, chers amis, bienvenue à Saint-Quentin au palais de Fervac. Vous êtes près de 800 pour soutenir aujourd'hui votre candidat à l'élection présidentielle, M. Éric Zemmour. Je vous demande d'accueillir notre tout premier intervenant. Il est haut fonctionnaire, économiste, ancien candidat dans ce département de l'Aisne, ancien délégué national du Rassemblement National. Merci d'accueillir M. Jean Messia.
Merci. Merci pour votre accueil. Aussi loin que ma mémoire remonte, je me suis toujours considéré comme français. Étrange sentiment pour quelqu'un né il y a plus de 50 ans sur les rives du Nil et arrivé en France à l'âge de 8 ans sans parler un seul mot de français et sans rien connaître de la France. La France, ce trésor magnifique qui m'a été légué à la fois par mes parents et par l'école, est devenu mon pays. La France n'est plus seulement un pays où j'habite, la France est un pays qui m'habite. Romain Garry a admirablement résumé cela. « Je n'ai pas une seule goutte de sang français, disait-il, et pourtant la France coule dans mes veines.
Ainsi, je n'étais pas français, la France a fait de moi ce que je suis devenu, c'est-à-dire un français. Je me bats depuis des années pour que la France reste ce qu'elle est, c'est-à-dire française. Les Français assimilés, comme tous les nouveaux convertis, ont une conscience plus avive de ce qu'ils ont reçu, non en héritage, mais par volonté. Une volonté inébranlable de faire partie d'un pays fabuleux. Une lente et difficile entrée dans une communauté nationale porteuse d'une civilisation millénaire, prête à accueillir de nouveaux enfants, pour peu que ces enfants la chérissent et la respectent.
Petit à petit, l'idéal français qui m'animait a percuté la réalité d'un pays qui semblait littéralement se dérober sous mes pieds. C'était une évidence angoissante, obsédante. La France est de moins en moins française. Fort de ce constat et résolu à ne pas rester l'arme au pied face au délitement de notre pays, j'ai décidé il y a plus de sept ans de m'engager dans le combat politique et de rejoindre le parti qui, alors, incarnait une certaine constance dans la défense de la France, le Rassemblement National. Je conserve une profonde sympathie pour tous les militants, les adhérents et les électeurs du Rassemblement National et j'ai la faiblesse de croire que c'est réciproque.
A partir de l'échec de 2017, et comme de nombreux sympathisants du Rennes, j'ai commencé à comprendre que si les idées nationales représentaient l'avenir, cet avenir devait passer par une nouvelle incarnation. Cette incarnation, je l'ai longtemps cherchée et elle a fini par arriver. Cette incarnation de la France telle que j'aime, telle que je m'y suis assimilé, et je vous le dis solennellement aujourd'hui, mes amis, c'est Éric Zemmour. Je connais Éric depuis plus de dix ans. Au cours des nuits que nous avons passés à discuter de la France, Éric et moi, nous avons combattu les Anglais à Azincourt. Nous avons chargé la Grande Armée face aux Prussiens à Iéna.
Parti avec Victor Hugo le matin, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne, nous pensions au destin tragique de l'auteur du Grand Môle quand nous sommes tombés dans la nasse allemande du Chemin des Dames en 1917. Nous nous sommes retrouvés au Montparnasse des années folles avant d'affronter la mitraille de l'Africa Corse avec les Français libres à Birakem. L'histoire de France, nous ne faisions pas que la lire, nous la vivions et elle nous enivrait. Notre France est charnelle, incarnée, vernaculaire.
Ce n'est ni le tableur Excel de Valérie Pécresse, ni le désert identitaire d'Emmanuel Macron, ni l'amateurisme désinvolte de la garde rapprochée de Marine Le Pen, ni l'anti-France de Mélenchon et la gauche. De la même manière que j'étais Français avant de le devenir officiellement, je fus Zemmourien avant qu'Éric ne devienne Zemmour. Alors c'est vrai, j'ai mûrement réfléchi, beaucoup hésité, non pas sur le fond, car notre vision de la France à Éric et à moi est identique, mais sur la forme. Oui, je le confesse humblement, j'étais au départ circonspect quant à la réussite de cette ambition.
Cette franchise me permet aujourd'hui d'affirmer sans flagornerie ni faux-semblant qu'Éric m'a littéralement bluffé. Il m'a stupéfait par son extraordinaire capacité à franchir le rubicon entre la réflexion et l'action. Henri Bergson écrivait « L'homme d'action est comme le tireur à l'arc. Plus loin, il bande son arc vers l'arrière et plus loin ira sa flèche. La corde de notre arc est bandée loin, très loin vers l'arrière, jusqu'au temps de Clovis, des Francs et des Carolingiens, bref, jusqu'au berceau même de la France. C'est pourquoi notre flèche ira loin, très loin, et notre arc sera, soyez-en sûr, un arc de triomphe.
» Nos adversaires ne comprennent rien à la grandeur de ce qui nous anime. Ils donnent raison à Nietzsche qui disait « Plus on vole haut, plus on paraît petit à ceux qui ne savent pas voler. » Les choix que j'ai faits par le passé, mon ralliement à Éric Zemmour, que j'officialise ce soir, aujourd'hui, n'est pas un choix hasardeux, encore moins un choix opportuniste. D'une intime conviction, c'est-à-dire d'une conviction intime. J'ai aujourd'hui décidé de mettre toutes mes forces dans la bataille menée par Éric Zemmour, c'est-à-dire dans cette bataille historique pour la survie de notre pays et de notre civilisation.
J'ai décidé de le faire ici, dans l'Aisne, ce département et cette région chère à mon cœur, où j'ai enseigné et où j'ai fait mes premières armes électorales en tant que candidat dans la quatrième circonscription pour l'égislative de 2017. Notre candidat Éric Zemmour, dans tous ses déplacements, s'est forgé un crédo. Vous dire ce qu'il voit, c'est-à-dire ce que vous voyez, c'est-à-dire en réalité ce que tout le monde voit. Nous aussi, nous avons regardé Éric Zemmour et nous l'avons surtout écouté. Il nous a conquis parce que son discours nous impacte de vérité et de profondeur.
À l'aune des ralliements à reconquête qui m'ont précédé et ceux qui vont me suivre, je vous certifie avec enthousiasme et solennité que nous gagnerons cette bataille de France. Merci Éric pour ce que tu fais pour notre patrie. Nous sommes à tes côtés, nous sommes avec toi et face à cet élan national, son précédent, je vous le dis, aucune barrière antinationale ne fera le poids. Nous nous battrons jusqu'au bout. Nous nous battrons jusqu'au bout. Et nous battrons dans les urnes ce système antinational inique. Et la haine de la France, la haine de soi et la haine de tout ce qui est français.
Pour tous, chers amis ici présents et partout en France, vous pouvez compter sur mon total engagement pour défendre notre identité et notre civilisation. Dans notre histoire, les mots « Vive la France » n'ont été porteurs d'autant de significations qu'en cette époque la nôtre, tourmentée et dangereuse pour le destin de notre pays. Mais ce soir, ici à Saint-Quentin, je veux vous le dire du fond du cœur. Vive la France ! Vive le parti reconquête ! Mesdames et Messieurs,
il est député du Loire-et-Cher, ancien numéro 2 des Républicains, vice-président maintenant de Reconquête et porte-parole d'Éric Zemmour. Merci d'accueillir M. Guillaume Pelletier.
...picar, comme la première cohorte du peuple de France qui retrouve sa liberté. Je suis venu en tant que député du peuple pourquoi, avec gravité et avec enthousiasme, j'ai décidé de placer mes convictions au-dessus de la carrière, devant la lâcheté et de soutenir de toutes mes forces qui soutiennent Éric Zemmour, président de la République, Éric Zemmour. Ce qui nous gouverne, la patrie n'est qu'une idée. ...de la droite de France. Le passé, à Marine Le Pen, à Nicolas Sarkozy, à Charles Pasquois, à Philippe Séguin, à rejoindre, comme le disait si bien Jean, l'immense bataille de France qui commence aujourd'hui.
Chers amis, au nom précédé, jusque parfois, jusqu'au sacrifice de leur vie, pour nos enfants qui nous suivront, aveugles et ne pas voir l'immigration massive créée sur le territoire et l'insécurité. Ne pas voir l'assistanat qui gangrène le pacte républicain. Toute cette France du travail qui se lève tôt le matin et qui n'en peut plus de ne plus gagner assez sa vie et de voir le voisin ne pas travailler et gagner autant que lui. La France qui défend nos valeurs à l'immigration de masse, c'est la France de demain avec Éric Zemmour.
La majorité signe des minorités, hommes et une femme, quand nous dénonçons l'exclusion, le drapeau tricolore, l'hymne national, l'immense trésor de notre patrie, comme des racistes, quand nous défendons nos traditions rurales, la pêche, la chasse, le change de nos églises, nous sommes méprisés par les élites qui nous gouvernent. Nous avons retrouvé le chemin de la majorité. La deuxième raison, c'est parce que nous voulons que la droite reste la droite. Il y a 40 ans, et cette idée terrible, gauche et minoritaire, nous allons diviser la droite qui est majoritaire. Le grand projet d'Éric Zemmour, le nôtre désormais, c'est en reconquête.
Marine Le Pen, publicain, nous avons besoin des électeurs indépendants, nous avons besoin de tous les Français pour créer ce grand mouvement de l'union des droites qui demain, rassemblera l'ensemble de nos compatriotes. Je pose la question du vote utile pour Mme Pécresse. Ne vous laissez pas aveugler. L'alternative possible, profonde, c'est l'alternative proposée par Éric Zemmour. Reste Éric Zemmour, 63 ans, qui depuis des décennies, la télévision, nous indique avec cohérence et constance la ligne qu'il nous faut suivre de nos compatriotes.
Accusé d'être d'extrême droite, lui, le français juif berbère, dont la propre famille se vit retirer la nationalité française par l'immonde régime de Vichy. Éric Zemmour est un homme de droite, Éric Zemmour est un patriote, Éric Zemmour est un républicain, Éric Zemmour est le futur président de la République. Vous savez, quand on aime Éric Zemmour, en vous parlant de mon livre préféré, un livre écrit il y a 3000 ans, l'Odyssée. C'est l'un des plus beaux livres du monde, d'abord parce que c'est le premier. C'est ensuite une magnifique chanson d'amour entre Ulysse et Pénélope. C'est un livre qui célèbre leur racinement, qui rappelle la dynastie des grands aventuriers.
Nous ne redoutons rien parce que nous disposons d'un port d'attache. Nous savons, nous, chrétiennes, dont nous devons être fiers, de ce patrimoine et notre patrie. L'Odyssée du courage, de la victoire contre le cyclope, contre les monstres caribes, et c'est le livre de la constance et de l'endurance. Alors oui, préparons-nous. Nous rencontrerons et des champs de bataille. Nous serons parfois jetés dans la mêlée, parfois même conviés à l'Assemblée des dieux. Nous rencontrerons des montagnes, nous visiterons des îles ensemble, nous affronterons des récifs, nous gravirons des sommets.
Combattus, souvent, battus, parfois, abattus, jamais, mes chers amis, car au bout de chemin que nous allons pratiquer et porter ensemble, nous allons retrouver le plus beau pays du monde, la France. Mesdames et Messieurs,
il est votre candidat pour être le prochain président de la République française. Merci d'accueillir M. Éric Zemmour. Zemmour.
Quel enthousiasme, quelle joie de vous rencontrer, de vous voir, et quelle bonne nouvelle pour la France. Toute cette ferveur du vrai combat politique, de la fougue, du panache, de la fougue, du panache, de l'ardeur, reconquête. Et vous êtes la reconquête, car la reconquête est une vision, la reconquête est une mission, mais elle est aussi, j'allais dire, elle est d'abord un immense plaisir, un plaisir d'être ensemble, ce soir, à Saint-Quentin. C'est un plaisir d'être avec toi, Guillaume Pelletier, qui nous vient des LR, que tu as quittés, parce que tu n'avais plus confiance en eux. Un plaisir, oui, il n'a pas tort, un plaisir, que tu nous rejoignes, mon cher Jean Messia.
Toi, qui nous viens, toi, qui nous viens du RN, que tu as quittés, parce que tu n'y croyais plus. Oui, il a raison aussi, de te voir, Benjamin Cauchy, dans ton département. Oui, vous pouvez l'acclamer, il est chez lui, dans son département. Toi, qui nous viens, toi, qui nous viens de Debout l'en France, et qui est à nos côtés depuis le début. Vous êtes trois personnalités différentes, venues d'horizons politiques. Mais, vous avez les mêmes idées, la même vision, le même amour pour la France. Qu'avez-vous fait si loin ? L'un de l'un de l'un. Merci à vous, mes amis. Quel plaisir, quel plaisir de vous voir tous prêts à la reconquête, répondant à l'appel de la France.
Quel plaisir de voir ces élus qui m'ont chaleureusement accueilli aujourd'hui dans leur village. Nous sommes heureux d'être ensemble, mais nous allons parler ensemble d'un sujet grave. Nous nous rassemblons ici, à Saint-Quentin, pour parler d'un sujet fort important, vital même, celui de l'école. Mais permettez, avant d'entrer dans le vif du sujet, que je fasse un léger détour par l'Algérie. J'aimerais vous raconter l'histoire d'un petit garçon né au début du siècle dernier, de l'autre côté de la Méditerranée. Un petit garçon, orphelin de père à un an, élevé par une mère analfabète. Un tout petit français qui fait ses premiers pas dans une Algérie misérable.
Un tout petit garçon qui deviendra un géant des lettres françaises. Un intellectuel de très grande valeur. Un écrivain hors pair qui se hissera de son vivant, là-haut, tout là-haut, au sommet de nos gloires littéraires. Ce garçon, vous l'avez deviné, s'appelle Albert Camus. En 1957, après avoir reçu le prix Nobel de littérature, il écrit à son ancien instituteur, M. Germain, une lettre entrée dans la légende. La lettre poignante d'un élève devenu un maître, mais qui, toujours, demeure au fond de son cœur, infiniment reconnaissant du travail de son professeur, à qui il avoue.
Sans vous, sans cette main affectueuse que vous avez tendue au petit enfant pauvre que j'étais, sans votre enseignement et votre exemple, rien de tout cela ne serait arrivé. Et je veux continuer à vous raconter une autre anecdote au sujet du magnifique destin d'Albert Camus. Il a 11 ans. Il vient d'obtenir son certificat d'études. Mais s'il veut entrer au collège, il doit se rendre à Alger, la capitale. Sa mère, sa grand-mère, les deux modestes femmes qui l'élèvent seules, n'ont pas les moyens de l'envoyer si loin. Alors, M. Germain se déplace en personne pour convaincre les deux femmes. A la mère, il dit, votre fils est un excellent élève, il ne faut pas qu'il quitte l'école maintenant.
Mais la pauvre femme refuse, elle n'a pas le sou. Alors, M. Germain ne renonce pas. A la grand-mère, il dit, vous vous en voudrez toute votre vie d'avoir gâché de tels dons. Écoutez-moi, je vous en supplie. Et la grand-mère cède. Albert Camus deviendra Albert Camus. Son histoire, cette histoire m'a toujours ému car, comme Camus, je fais partie de ces millions de petits Français qui doivent tout à l'école. Tout à leurs instituteurs, à leurs professeurs. Comme lui, je ne suis pas né avec une cuillère en or dans la bouche. Je suis né à Montreuil, en banlieue parisienne.
Ce que j'ai eu dans ma vie, je le dois à l'exigence de ma mère, à l'autorité de mon père et à la chance que j'ai eue de bénéficier de l'école française, quand elle était encore l'école du mérite et l'école de l'excellence. Certains remarquent aujourd'hui que je fais beaucoup de citations, que j'adore l'histoire et que j'admire nos grands auteurs. Mes parents en seraient fiers. Oui, tout cela, je le dois à l'école française. Ce magnifique système éducatif qui faisait la fierté de notre pays, mais qui bientôt, si nous ne réagissons pas, fera notre honte. Voilà, mes amis, la belle histoire d'Albert Camus en préambule d'une autre que je suis venu vous raconter aujourd'hui.
L'histoire tragique d'un échec. L'histoire d'un gâchis. L'histoire d'une école qui détruit ce qu'elle est censée construire. L'histoire d'une école qui ne transmet plus des savoirs, mais des incapacités, des incompétences, des handicaps. L'histoire qui abolit l'avenir au lieu de le préparer, qui enterre l'héritage au lieu de le transmettre. L'histoire d'une école qui rabaisse socialement au lieu d'élever. L'histoire d'une école qui n'est plus une école, qui est même le contraire d'une école. Cette triste histoire est devenue notre histoire. Et ce n'est pas un hasard si j'ai choisi Saint-Quentin pour vous présenter ma vision de l'éducation.
La glorieuse tradition industrielle de votre région a été sacrifiée sur l'autel du libre-échange par la naïveté de nos élites. Depuis les années 70, les usines ont déménagé, les entreprises ont licencié, les commerces ont fermé, le taux de chômage a explosé. Oui, le vent mauvais de la crise économique a soufflé fort sur votre région et a failli tout emporter. Le grand déclassement dont je sens la hantise partout où je vais a déferlé sur vous, sur vos vies, sur vos rues, sur vos métiers, jusque dans l'intimité de votre famille. Dans ce contexte dramatique, l'école aurait dû constituer une digue protectrice.
Elle aurait dû dire, le présent est terrible, mais l'avenir sera beau, car nous préparons pour cette région une nouvelle génération qui remettra debout ce qui a été abattu. Mais elle n'a rien à protéger, bien au contraire. Elle a assombri votre ciel, elle a ajouté du désespoir à vos angoisses. L'école n'a pas seulement failli, elle a trahi sa vocation. Qu'attendiez-vous d'elle ? Qu'elle apporte de la lumière à vos enfants pour les élever au-dessus de la fatalité où la crise vous avait fait tomber. C'est cela la promesse méritocratique de la France depuis tant d'années.
Vous attendiez de l'école qu'elle donne à vos enfants ce que vous aviez perdu, qu'elle remplace votre courage épuisé par leur courage naissant. Elle fait le contraire. Que s'est-il passé, mes amis, pour que l'école, ce berceau de la réussite française, devienne celui de sa débâcle ? Je vais vous dire ce qui s'est passé. Depuis des décennies, un vent mauvais a soufflé sur la France. Il a pris le pouvoir, il a commencé par habiter les cerveaux des intellectuels de gauche dans les années 60. Puis il a possédé l'université, puis il a essaimé au ministère de l'éducation nationale. Alors il a pu envahir les lycées, les écoles, jusqu'aux maternelles.
Ce vent mauvais est la chose la plus dangereuse au monde. Il a un nom étrange, abstrait, comme un masque énigmatique. Ce vent mauvais, mes amis, c'est l'idéologie. Ah ! Qu'est-ce que l'idéologie ? C'est une croyance devenue folle, à laquelle adhèrent des millions de personnes. C'est qu'une gigantesque épidémie, une religion envahissante. L'idéologie peut prendre mille formes. Socialisme, communisme, antifascisme, antiracisme, wokisme. Peu importe le nom sous lequel elle se présente, elle est toujours la même.
Une pensée qui ignore le réel et estime qu'elle peut le refaçonner à sa guise, qu'elle peut changer l'homme comme elle le souhaite, qu'elle peut faire table rase du passé et de toutes les traditions. Alors, alors, alors, alors quand elle prend le pouvoir dans toutes les écoles d'un pays, l'heure est grave. Quelle est cette idéologie qui a tué l'école ? Une idéologie venue du communisme. Avec elle, l'objectif de l'école ne doit plus être la transmission des savoirs, mais l'égalité. Au nom de cette égalité, on éliminera peu à peu l'instruction. Sans comprendre que c'était justement l'instruction qui réduisait les inégalités.
Armés de cette idée folle, les idéologues ont pris le pouvoir sur les méthodes. Ils ont pris le pouvoir sur les programmes. Ils ont pris le pouvoir sur les horaires, sur les calendriers. Ils ont pris le pouvoir sur les matières enseignées, sur les parcours des élèves. Ils ont pris le pouvoir sur les sorties culturelles. Ils ont contraint les professeurs. Ils ont tout détourné, contourné, retourné. Ils ont lavé les cerveaux de nos enfants, anéanti leur talent, prohibé l'autorité et la discipline, et inscrit le désordre au tableau d'honneur. Ils ont érigé l'anarchie en idéal. L'idéologie a voulu faire de l'école une zone de non-civilisation, de non-identité et désormais de non-droit.
Qu'ont-ils fait concrètement ? Depuis les années 60, la gauche tente de détruire une culture française qu'elle juge bourgeoise. Elle veut détruire une méritocratie républicaine qu'elle juge injuste. Elle a pour intention claire, nette, officielle, affichée, de faire de l'école une machine de guerre idéologique à son service. Par égalitarisme, ce n'est plus le professeur qui enseigne, mais l'élève qui construit son propre savoir. Le professeur qui est le centre de gravité de l'école ne l'est plus. C'est l'enfant désormais qui le saura. Et ministre, après-ministre, réforme après réforme, ils ont abaissé et rabaissé encore le niveau d'exigence.
On a envoyé le génie national au piquet et on a fait porter un bonnet d'âne aux plus nobles ambitions de la République. L'école française s'est mise à distribuer généreusement les bonnes notes en pagaille sous les yeux attendris de parents qui n'ont pas tout de suite compris le drame qui se jouait. Le baccalauréat, progressivement perdu toute valeur et avec lui, les diplômes du supérieur. Autrefois, le bac était quand même un tout petit peu difficile à décrocher. Désormais, ne pas l'obtenir est quasiment impossible.
Pendant ce temps, pendant ce temps, à Paris, nos belles âmes de gauche, journalistes, ministres, n'ont cessé de nous expliquer « tout va bien, ne vous inquiétez pas, le niveau monte ». Tartufferie d'une bourgeoisie parisienne que l'effondrement de l'école ne concernait pas puisqu'il avait depuis longtemps placé ses enfants dans les derniers établissements où l'on échappait à cette panique générale. Mais désormais, le roi est nu. Nos chers bobos, nos marxistes des beaux quartiers, nos sociologues cabillards et nos pédagogues cinq étoiles, tous ceux-là ne peuvent plus traiter de réactionnaires ceux qui dénoncent l'effondrement du niveau scolaire.
Une à une, les études comparatives ont révélé l'étendue du désastre. La part d'élèves de CM2 réussissant à faire moins de cinq fautes dans une dictée est passée, tenez-vous bien, de 31% en 1987 à seulement 5% aujourd'hui. En même temps, je savais quand même, vous êtes lents, la part d'élèves faisant plus de 25 fautes est passée de 5% à 20%. En mathématiques, la chute est encore plus radicale puisque la part de ces mêmes élèves de CM2 sachant effectuer une addition est passée de 90% à 69% et ce, sachant faire une division de 74% à 47%. Moins d'un enfant sur deux sachant faire une division à la fin de la CM2. Je ne parle même pas du niveau en histoire, en géographie, en lettres classiques.
Beaucoup dans la nouvelle génération croient que Notre-Dame de Paris est un dessin animé. Nous la privons des chefs-d'oeuvre les plus essentiels. Nous sous-estimons les enfants. Chaque enfant de France peut lire et apprécier Victor Hugo. Croyez-moi, faites-en l'expérience dès ce week-end. Lisez une page des misérables à votre fille ce soir et vous verrez qu'elle vous dira « Maman, continue, je veux savoir ce qui arrive à Jean Valjean ». Mais nos grands Manitou du ministère de l'Éducation idéologique ont refusé les règles. Toutes. Ils ont exclu le par cœur. Ils ont ridiculisé la dictée. Ils ont méprisé les grands textes.
Les pédagogistes s'imaginent que l'on apprend uniquement ce que l'on comprend. Ben voyons ! Alors, le philosophe Michel Serres ne disait pas « Ben voyons » mais il disait « Si je n'avais appris dans ma vie que ce que je comprenais, je ne saurais pas grand-chose ». Cela peut paraître étrange aujourd'hui car on a sous-estimé les vertus du par cœur qui fixe le savoir dans l'esprit des enfants, qui va ensuite lentement mûrir et qui trouvera sa pleine expression des semaines, des mois, des années plus tard. Vous vous souvenez tous des poèmes que vous avez appris à l'école si vous avez l'âge d'avoir connu une école de qualité ? Quel plaisir de se les réciter des années plus tard !
Vous ne l'auriez pas cru à l'époque où vous les appreniez. Pourtant, quelle richesse intérieure pour vous aujourd'hui ! Le par cœur comme le calcul mental n'était pas non bête et méchant. Il permettait à chacun de se forger les outils nécessaires à l'acquisition du savoir. Les pédagogistes voulaient favoriser l'expression de l'élève. Mais qu'ont-ils à exprimer ces pauvres élèves lorsqu'on leur a enlevé tout ? Les professeurs le savent bien, demandez-leur. Ils m'en parlent tous les jours que leurs élèves n'expriment plus rien puisqu'on les a privés des outils qui leur permettaient de penser par eux-mêmes et de formuler ce qu'ils pensent.
J'ai, vous savez, il m'a été donné de lire tout récemment des copies d'élèves de Terminal. Quelle tristesse ! Quel gâchis ! La France, ce pays où les ouvriers se cotisaient au XIXe siècle pour acheter les livres de Victor Hugo dès qu'ils sortaient et les lire ensemble, ce pays où pendant tant d'années, chaque Français, quelle que soit sa condition, son milieu, ses opinions, admirait la culture littéraire par-dessus tout. Mes amis, dans le monde réel, quand on veut qu'un enfant écrive ses propres poèmes, on lui apprend d'abord les règles de l'Alexandrin. Demain, des l'eau, balleure ou blanchit la campagne. C'est tellement beau.
Quand on veut qu'un enfant prenne goût aux mathématiques, on lui apprend d'abord les règles de l'arithmétique. Quand on veut qu'un enfant s'approprie l'histoire, on lui explique la chronologie. C'est ainsi que procède l'humanité depuis des millénaires. Mais nos idéologues pensent que tout ce qui nous vient du passé est abjecte. Et c'est ainsi, et c'est ainsi qu'en deux générations, nos enfants ont perdu la maîtrise des trois domaines fondamentaux sur lesquels on ne peut vivre dignement, lire, écrire, compter. Je vois vos mines dépitées. Mais soyez rassurés. Oh, nos enfants ont acquis d'autres formes de savoirs.
Ils sont désormais incollables sur l'égalité hommes-femmes, sur les sexualités LGBT, sur l'antiracisme, le développement durable, les éoliennes, les méfaits des pesticides, la lutte contre le populisme et les bienfaits de l'immigration. Ah ! Ils vous font la leçon si vous dites un mot de travers. Ils vous ordonnent de ne plus manger de viande et gare à vous si vous ne triez pas vos ordures. Oui, comme moi, comme moi, tous les parents ont découvert sidérer l'évolution du contenu des programmes scolaires de ces dernières années. Nous avons vu l'émergence de ce gloubi-boulga idéologique, dernière invention d'une éducation nationale déjà ravagée par 30 années de pédagogisme.
De la transmission des savoirs au service des élèves, notre éducation est passée à leur épanouissement dans l'ignorance. A l'échelle du monde, le verdict ne s'est pas fait attendre. De 2000 à 2018, la France a perdu 8 places au fameux classement PISA dans la maîtrise de l'écrit. 12 places en sciences et 15 en mathématiques. Oui, vous pouvez, effectivement, vous pouvez huer. Alors, c'est bien simple, alors que nous avions été durant des décennies les champions dans l'enseignement des mathématiques, la France est désormais avant-dernière au classement de l'OCDE.
Nous cumulions les médailles Fils, vous savez, ce prix Nobel de mathématiques, en rivalisant avec les Russes et nous sommes désormais derrière le Kazakhstan à l'échelle mondiale. Aucun, aucun pays ne s'est effondré comme le nôtre. Ce n'est plus une rétrogradation, ce n'est plus une régression, c'est une véritable humiliation. Une humiliation pour notre fierté, pour l'image que nous avons de la France. Nous ne voulons plus sacrifier le bien-être des professeurs, l'édification de nos enfants et l'espérance de la France. Nous ne voulons plus que les mêmes intellectuels, les mêmes responsables politiques, les mêmes idéologues qui ont saccagé l'école poursuivent leur travail.
Nous voulons le progrès social, nous voulons le mérite, nous voulons la vraie lutte contre les inégalités, celle qui veut les classements, celle qui accepte la sélection, celle qui permet aux élèves de toutes les conditions et particulièrement, au moins gâtés par la naissance, de montrer l'étendue de leur intelligence et de leur travail. Oui, je veux ici rendre un hommage particulier aux écoles privées, la fameuse école libre, qui souvent, qui souvent, conservant les méthodes, les exigences de travail, d'effort, ont réussi à garder la ligne alors que l'école républicaine s'effondrait. Pour des tas d'enfants, pour des tas de familles, cette école libre a permis de sauver les meubles.
Je veux ici l'en remercier chaleureusement. Oui, nous voulons l'effort, nous voulons le mérite car nous voulons le savoir. L'idéologie a tout gâché mais nous allons tout réparer. Mes amis, nous n'aurons pas le droit à l'erreur et nous sommes lucides sur l'ampleur de la tâche phénoménale qui nous attend. Non, cela ne se fera pas en un jour mais nous le ferons. En tant qu'élèves, en tant que parents, en tant qu'anciens élèves, tous nos concitoyens suivront de près notre action.
Nous allons mettre fin à la triste histoire de ce ministère, l'histoire d'une longue suite de réformes abandonnées, les unes après les autres, devant la formidable capacité d'inertie de cet État dans l'État, le plus gros ministère civil de la planète Terre en nombre de fonctionnaires. Voyez, voyez le pauvre Jean-Michel Blanquer. Blanquer. Oui, ne sifflez pas, ne sifflez pas, c'est triste. Recueillez-vous. Jean-Michel Blanquer, Jean-Michel Blanquer, tenu par son administration, corseté par ses pédagogistes et aujourd'hui noyé dans l'hystérie hypochondriaque de son gouvernement. Il fait le contraire de ce qu'il a promis.
Nous croyons avoir Jules Ferry et finalement, nous avons eu Najat Vallaud-Belkacem. Comme tous les parents, je suis atterré par le bazar de cette rentrée avec ces protocoles impraticables imposés dans les crèches, les écoles primaires, les collèges ou les lycées. Si nos élèves étudiaient encore Kafka, ils en auraient ici la plus parfaite illustration. Quand la folie bureaucratique française rencontre le Covid, ce n'est plus la raison qui guide les décisions. Nous assistons médusés à une fuite en avant vers l'absurde, uniquement motivé par l'impérieuse nécessité d'agir pour agir. Quitte à faire absolument n'importe quoi, quitte à brasser du vent, quitte à emmerder les Français comme jamais.
Et ce, quoi qu'il en coûte. Dans cette bataille que nous nous apprêtons à mener pour sauver l'école, nous ne cèderons pas au chantage et nous ne lâcherons rien. Qu'il soit prévenu, nous saurons nous passer d'eux. Nous saurons nous appuyer sur les administrateurs soucieux du bien commun, sur les recteurs conscients de l'état de délabrement de l'école, sur les proviseurs qui pensent à l'avenir de leurs élèves et sur les professeurs attachés au sens véritable de leur mission. Comme ils sont nombreux, nous saurons contourner les blocages car il en va du destin de la France.
Mes amis, mes amis, voilà des mois que nos équipes préparent notre projet pour l'école et je veux les saluer pour le travail colossal qui a été abattu. Pour rendre son prestige à l'école, nous avons d'abord pensé à nos enfants. Ils sont les premiers concernés et c'est à leur bien-être intellectuel et moral que nous avons pensé en inscrivant notre action sous le signe du mérite. Nous avons pensé aussi aux nouveaux parents qui pendant près de 20 ans vont vivre l'école de leurs enfants par procuration. Constamment à leur côté, nous guettons des résultats scolaires qui nous angoissent souvent davantage que les premiers concernés.
Nous avons aussi et surtout pensé aux professeurs, aux instituteurs, aux enseignants, tous ceux qui ont choisi l'enseignement comme une vocation malgré les bas salaires, malgré le peu de considérations, malgré le faible soutien de l'administration pour une cause plus grande que soit au service des autres. Enfin, enfin, nous avons pensé à la France dont la destinée sera intimement mêlée à celle de l'éducation des prochaines générations. Pour nos enfants, nous avons une priorité simple. D'ailleurs, elle n'est pas très éloignée de celle que le ministre Jean-Michel Blanquer avait annoncé à son arrivée rue de Grenelle, celle qu'il n'a jamais mise en œuvre depuis cinq ans.
Tout misait sur l'enseignement des savoirs fondamentaux. Lire, écrire, compter. Le tout validé par un certificat de fin d'études à la fin de l'école primaire car ces savoirs ne sont pas seulement fondamentaux pour faire des études ou pour le monde du travail. Ils sont tout simplement fondamentaux pour la vie. Notre responsabilité d'adultes, c'est de tout faire pour permettre à chaque enfant d'acquérir l'autonomie intellectuelle qui le forgera. C'est pourquoi nous supprimerons le collège unique. Au nom de l'égalité, au nom de l'égalité, le collège unique a voulu mettre dans la même classe des élèves forts et des élèves faibles pour que les uns et les autres progressent ensemble.
L'ennemi était devenu la discrimination selon le niveau. Le résultat, les forts sont devenus moins forts et les faibles n'ont absolument pas progressé. Nous devons donc rétablir des classes de niveau homogène pour que l'effort devienne toujours plus fort et que les élèves plus faibles progressent à leur rythme et avec des méthodes adaptées. Nous proposerons un enseignement adapté à chaque enfant avec notamment des filières professionnelles offertes dès 14 ans. C'est de cette manière que les enfants, quels que soient leurs talents, leurs inclinations, pourront le plus tôt possible laisser parler leur excellence.
Aux élèves, au lycée, nos élèves doivent aussi pouvoir accéder à des filières claires et ne plus se noyer dans la réforme Blanquer et ses matières à la carte qui varient d'un élève à l'autre et qui nourrissent les inégalités aléatoires. Nous rétablirons donc les trois filières littéraires, économiques, scientifiques. Et nous créerons des classes d'excellence littéraire et des classes d'excellence scientifique. Car la plus belle promesse qu'on puisse faire aux élèves, c'est la promesse de l'exigence. C'est s'engager à leur donner les moyens de démontrer concrètement toute l'étendue de leur travail, de leur intelligence, de leur persévérance.
Je veux que les élèves les plus travailleurs puissent se distinguer. Je veux que les élèves qui s'en donnent les moyens puissent montrer leur différence. Je veux que le mérite soit le seul critère de sélection de l'ensemble de notre système éducatif. Pour cela, nous referons du baccalauréat un grand examen national. Compétition, discipline, notation. C'est ainsi que les élèves les plus travailleurs, notamment ceux issus des milieux les moins favorisés, pourront montrer de quoi ils sont capables. Je me souviens quand, au classement du trimestre, j'apportais une pauvre deuxième place de ma classe. Ma mère se moquait de moi et me disait « Pfff, t'es Poulidor cette année !
» Alors évidemment, pour les plus jeunes d'entre vous, Poulidor, vous savez, c'était ce cycliste qui arrivait toujours deuxième autour de France derrière le grand Anctil. Oui, elle se moquait de moi et, rassurez-vous, je n'en ai jamais été traumatisé. Au contraire, au contraire, elle me poussait à exiger toujours plus de moi-même et, comme elle a bien fait, comme je l'en remercie. Oui, je le répète, respecter les enfants, c'est être exigeant. Car être exigeant, c'est leur montrer que nous croyons en eux. Aristote écrivait « Les racines de l'éducation sont amères, mais ses fruits sont doux. Offrons à nos enfants les conditions de leur succès et ils dépasseront leurs aînés.
» Alors, les parents, justement, je pense à eux aussi, ces oubliés de toutes les politiques éducatives entreprises en France ces 50 dernières années, je ne veux pas qu'ils fassent la loi à la place des professeurs. Je ne veux pas qu'ils les harcèlent. Je veux que les pères et les mères de chaque Français puissent être rassurés sur le contenu politique, idéologique des cours imposés à leurs enfants. Il n'est pas normal que des parents soient obligés de scruter les manuels scolaires et les cours de leurs enfants pour détecter la propagande LGBT ou antiraciste injectée dans leur cerveau.
L'école n'est pas un centre de rééducation et nos enfants ne sont pas les cobayes de toutes les expériences sociétales de la gauche. Il y a quelques jours, l'association SOS Méditerranée se félicitait d'avoir, je cite, rencontré plus de 50 000 élèves depuis 2015 pour présenter ses actions auprès des migrants. Désolé, mais ce n'est pas à l'école de servir de propagande pour les complices des passeurs, des mafias et de la gauche immigrationniste. Depuis des années, tous nos gouvernements refusent de prendre les mesures qui s'imposent contre l'intrusion de ces associations dans les écoles.
Dès 2022, dès le premier jour après mon élection, je vous le promets, nous interdirons purement et simplement toutes ces interventions idéologiques dans l'enceinte des établissements scolaires. Pour moi, les choses sont claires. L'école doit être un sanctuaire. Les professeurs ne doivent pas être remplacés par des commissaires politiques. Et tous ces enseignants qui sont trop souvent insultés, menacés, molestés par les élèves et méprisés par les familles. Emmanuel Macron n'a rien fait pour eux. Rien fait pour assurer leur sécurité. Rien fait pour les rassurer. Rien fait pour rétablir l'ordre et leur permettre d'exercer leur travail conformément à leur vocation.
Toutes les semaines, je reçois du courrier de ces professeurs. Je les rencontre. Ils me racontent qu'ils vont au travail la boule au ventre. Ils ont peur de se présenter devant certaines classes devenues des jungles et de faire court sur certains thèmes devenus épidémiques, épidermiques et épidémiques aussi pour certains de leurs élèves comme la laïcité ou la Shoah. Comment pouvons-nous accepter que certains ne respectent pas la minute de silence à la mémoire de Samuel Paty ? Combien de temps encore accepterons-nous de visionner, méduser les vidéos de violences envers les professeurs qui tournent en boucle sur Internet ? Rétablir l'école, c'est rétablir l'ordre.
Nous transformerons les CPE en surveillants généraux. Je veux que ces surveillants généraux se consacrent exclusivement au maintien de la discipline dans l'enceinte des établissements car il y a fort à faire. Et pour les élèves les plus violents, nous mettrons en place des internats de réinsertion afin de libérer les établissements scolaires classiques de ces cas difficiles et de protéger les enseignants. Les perturbateurs ne doivent plus empêcher les autres d'apprendre. Ils ne doivent plus ridiculiser ou menacer ceux qui veulent faire des efforts pour s'en sortir. Nous suspendrons les allocations familiales pour les élèves perturbateurs ou gravement absents pays.
Oui, il faut responsabiliser les parents. Les parents ne peuvent plus se défausser sur l'école pour éduquer leurs enfants. Cette mesure, j'en suis sûr, les poussera tellement à rétablir l'ordre dans leur famille que nous aurons enfin la paix dans les écoles. Protéger les enseignants, c'est les laisser exercer leur métier. Les enseignants aiment leur discipline. C'est pour elles qu'ils ont choisi d'enseigner. Ce qu'ils veulent, c'est pouvoir l'enseigner justement, pouvoir transmettre ce qu'ils savent aux enfants. Protéger les enseignants, c'est aussi restaurer leur statut. Nous développerons des primes et favoriserons les avancements au mérite.
Mais en contrepartie, les concours de recrutement et les formations seront beaucoup plus exigeants. Car j'ai une certitude, j'ai une certitude, pour que nos professeurs soient incontestés, il faut que leur niveau dans leur discipline soit incontestable. Aujourd'hui, aujourd'hui, certains jeunes professeurs sont nommés faute de candidature, alors que leurs résultats au concours ne sont pas satisfaisants. Pour sortir de cette situation absurde, je veux rendre la carrière du professeur plus attractive mais beaucoup plus exigeante.
Nous avons parlé des élèves, nous avons parlé des parents, nous avons parlé des professeurs, mais nous n'avons pas encore parlé d'une chose essentielle, le sort de la France. Car le destin d'un pays dépend de l'éducation de son peuple. Mes amis, nous sommes à la croisée des chemins. Si nous voulons assurer la prospérité, la sécurité, l'identité des prochaines générations, tout se joue maintenant chez nos enfants. Pour participer aux puissants efforts de réindustrialisation que nous voulons pour notre pays, je veux restaurer l'attractivité des filières scientifiques, mathématiques.
Pour cela, nous rétablirons les méthodes qui étaient celles de la France jusqu'aux années 70 et qui conjuguaient savoir théorique et compréhension pratique du monde qui nous entoure. Ce sont ces méthodes qui sont utilisées aujourd'hui avec succès par les pays asiatiques. Ce sont celles qui ont fait notre succès dans le passé et qui feront notre succès demain. Pour notre réindustrialisation, nous aurons aussi et surtout besoin de filières professionnelles, d'apprentissage et d'alternance de haut niveau. L'enseignement professionnel passe actuellement pour une voie de garage. Je veux en faire une voie d'excellence avec son propre prestige et ses propres débouchés.
Oui, des parents doivent pouvoir être fiers de leur enfant qui est technicien dans le nucléaire, qui est menuisier, horloger, plombier, qui ne sera jamais au chômage et qui gagnera fièrement sa vie sans jamais rien demander. Enfin, enfin, et pour finir, la défense de l'école française c'est aussi et d'abord la défense de la civilisation française, la défense d'un art de vivre, d'une façon de parler et d'écrire, une manière de penser, la défense d'une liberté intérieure, d'une exigence de l'esprit, de l'humour et de la galanterie, un goût particulier pour le bien, le vrai, le beau.
Dans sa dernière lettre, Saint-Exupéry écrivait la civilisation c'est un lien invisible parce qu'elle porte non sur les choses mais sur les invisibles liens qui les nouent l'une à l'autre. Ces liens, c'est l'éducation qui les tisse et là réside notre devoir vis-à-vis de nos enfants. Partager notre civilisation, c'est permettre à tous les Français de retrouver une culture commune, des héros communs, connaître les mêmes chansons, avoir lu les mêmes classiques, connaître les mêmes expressions, les mêmes proverbes, avoir vu les mêmes films. Bref, retrouver la base pour une vie en commun. Et je ne parle pas uniquement des enfants de l'immigration. Je parle de tous les Français.
L'école doit refaire des Français. L'école doit refaire des Français et nous ne pouvons pas tolérer la moindre entaille à ce principe de base. Ainsi, nous interdirons pour les maires qui accompagnent les sorties scolaires tout voile et tout signe représentatif qui est religieux. Jean-Michel Blanquer en a rêvé, nous le ferons. Transmission et assimilation. L'école doit pouvoir confier aux prochaines générations le précieux leg de notre civilisation comme le trésor de la lente sédimentation du temps et du génie des hommes. Bravo, madame.
Cela passe par l'apprentissage du français, évidemment, car plus la maîtrise de la langue est riche, plus le réel s'ouvre à nous avec ses nuances, ses subtilités et ses éclairs de génie. Cela passe aussi par un retour de l'enseignement du grec ou du latin dont la quasi-disparition de notre système scolaire est une honte absolue. Une fois au pouvoir, nous permettront aux élèves d'accéder réellement à ces trésors culturels qui sont le socle de notre philosophie, de nos droits, de nos religions et de nos mythes fondateurs. Mais la civilisation française n'est pas désincarnée.
Ce sont des paysages, des fleuves, des villes, des régions, des accents, des peuples, des traditions qui font vivre l'âme de la France depuis mille ans. assimiler et transmettre, c'est raconter cette civilisation vivante, c'est raconter aux petits-enfants où et comment vivent d'autres Français. Car l'enseignement, notamment quand il s'adresse aux plus jeunes, doit sortir de cette manie de l'abstraction qui sépare le savoir du monde sensible. Dans son merveilleux ouvrage sur l'enracinement, la philosophe Simone Weil rappelle l'importance de faire ce lien entre la salle de classe et le monde de la nature.
Elle disait « On croit couramment qu'un élève de l'école primaire en sait plus que Pythagore parce qu'il répète docilement que la Terre tourne autour du Soleil. Mais en fait, il ne regarde plus les étoiles et le Soleil dont on lui parle en classe n'a plus aucun rapport avec celui qu'il voit dans le ciel. Oui, notre vision de l'enseignement, c'est la discipline, le par cœur, l'acquisition des fondamentaux et le mérite. Mais tout ceci serait vain sans toucher la sensibilité des enfants. C'est par la poésie, par la musique, par l'histoire de l'art que nous saurons leur faire toucher du doigt la vraie culture, que nous pourrons leur permettre d'aiguiser leur cerveau aux grandes idées.
sauvons nos enfants du rap par Debussy, sauvons nos enfants des séries abrutissantes par le cinéma, sauvons nos enfants de l'agitation contemporaine par les trésors de la littérature française. Il ne faut pas entretenir nos enfants dans leur médiocrité, mais les extraire de la sous-culture mondialisée qui veut faire d'eux de parfaits consommateurs domestiqués. Ce combat-là, c'est aussi défendre une certaine idée de la civilisation française. Une défense de la civilisation qui passe aussi par son histoire, dont les épisodes glorieux doivent remplir les yeux de nos enfants de fierté. Car connaître la France, c'est commencer à l'aimer.
On s'est beaucoup moqués de l'histoire enseignée comme un récit, comme on le faisait autrefois. Nos pédagogistes lui reprochaient son lyrisme, son manque de scientificité. Ou pire, ou pire, ses accents patriotiques. Mais tous ces pseudos sachants sont surtout des idiots qui confondent colloques d'historiens et salles de classe. C'est précisément en donnant du cœur et de la vie aux récits qu'on passionne les enfants, qu'on leur donne goût à la France et goût à l'histoire. Car l'histoire libère de la plus terrible des prisons, la frénésie du présent et l'hystérie de la mémoire qui enferme dans sa communauté au lieu de projeter chacun vers la France.
Enfin, défendre la civilisation française, c'est être intraitable sur notre tradition de laïcité pour laquelle Samuel Parti a perdu la vie et que jamais j'en fais le serment nous n'abandonnerons. Car en assurant la transmission de notre civilisation, l'école se prépare à rebâtir aussi une fraternité française aujourd'hui fracturée et que je veux réparer. Car en refaisant une école du mérite, nous préparons notre prospérité et en refaisant une école française, nous assurerons la paix civile. Mes amis, désormais, les choses sont claires. Nous avons un cap, nous avons des objectifs, nous avons une méthode.
A nous de rallier un maximum de Français à notre belle et noble cause, rendre à l'école de la République tout ce qu'elle nous a donné et on l'a souvent sauvé la France. Devant nous, devant nous, se hisseront les corporatismes, les blocages, les habitudes, l'inertie. Mais nous continuerons tant que la France n'aura pas retrouvé le rang qui est le sien, tant que la France ne sera pas de retour parmi les premiers rôles de l'histoire et tant que notre école ne sera pas à la hauteur du génie français.
Nous avons nous avons un pays à rebâtir, une école à redresser, un avenir à reconstruire pour nos enfants et pour la France de demain, pour faire honneur à la France de nos parents et pour que, face au péril qui nous attendent, nous ne fassions qu'un. Nous entamons la reconquête. Vous êtes la reconquête. Debout, peuple français, apprenons à vaincre l'idéologie, apprenons à convaincre, apprenons, Français, à espérer. Vive l'école, vive les professeurs, vive les parents, vive les élèves, vive la République et surtout, vive la France !
Éric Zemmour