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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 18 juin 2025 24 min

Conclave sur les retraites, risques liés à la chaleur au travail, chômage... le 8h30 d'Astrid Panosyan-Bouvet

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Astrid Panossian-Bouvé. Bonjour. Elle était attendue, très attendue. La fumée blanche du conclave sur les retraites n'est pas apparue. Malgré des négociations tardives hier soir, les partenaires sociaux n'ont pas réussi à se mettre d'accord. Alors une opération de la dernière chance est prévue lundi. Mais Patrick Martin, le patron des patrons lui-même, a dit ce matin qu'il n'était pas sûr d'y aller. Donc s'il n'y a pas d'accord, c'est l'échec de la méthode Bayrou ?

0:27
Astrid Panosyan-Bouvet

La négo dans le dialogue social, c'est quelque chose de vivant. C'est quelque chose d'itératif. Parfois ça se tend, mais quand ça se conclut, c'est du solide. Et c'est bien normal que sur des sujets aussi essentiels, eh bien d'abord les négociateurs consultent leurs instances. Ça c'est une première chose. C'est bien normal que, plutôt que de se dire hier soir on arrête, c'est on se donne un petit peu plus de temps pour notamment travailler sur ce qui fait encore discussion. Je pense notamment à la pénibilité qui a été un sujet... On va en parler, oui bien sûr. Et sur lequel je pense qu'il y a, à travers notamment M.

Marrette, celui qui s'occupe de ses négociations, une voie de passage sans revenir à des dispositifs très lourds. Donc voilà. On est parti pour avoir du solide ? Non, ce que je dis simplement, c'est que quand il y a une conclusion d'un dialogue social, eh bien c'est du solide. C'est-à-dire que, et c'est normal de prendre son temps sur des sujets aussi essentiels, que le retour à l'équilibre, il faut quand même redire, le retour à l'équilibre d'un régime de répartition, pour que vous, quand vous arriverez à l'âge de la retraite, vous puissiez bénéficier de pensions, et puis de corriger certaines injustices, je pense aux femmes, ou à ceux qui nous écoutent et qui ont des carrières usantes.

1:38
Présentateur

Sauf qu'à la conclusion, on n'y est pas encore. Vous savez, madame la ministre, Maryse Léon de la CFDT dit que les partenaires sociaux n'ont pas besoin de quelques jours, en fait, de négociations supplémentaires. Elle dit tout simplement, le MEDEF bloque, il y a un blocage du patronat. Est-ce que vous, c'est votre rôle de jouer les médiateurs dans ces cas-là ?

1:54
Astrid Panosyan-Bouvet

Alors, on a monsieur Marette qui est médiateur. Moi, mon rôle avec le ministère du Travail, c'est d'instruire, de préparer les simulations pour que les négociations se passent au mieux. Voilà, mais c'est monsieur Marette qui est en première ligne et nous qui alimentons en simulation pour savoir si les propositions qui sont faites de part et d'autre tiennent la route. D'abord, respectent le retour à l'équilibre et puis qu'on vienne avec le chemin d'incitation d'un côté ou de l'autre.

Moi, ce que je dis simplement, c'est que d'abord, je constate qu'il y a eu des avancées très notables, très notables qu'il faut quand même, on voit toujours le verre à moitié plein dans d'autres pays, malheureusement, mais très notables sur les femmes, aussi très notables, en tout cas, quand ils se sont vus hier, sur les sujets de pénibilité. Mais des avancées, il n'y aura plus rien s'il n'y a pas d'accord. Pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui, le MEDEF dit qu'il est prêt à remettre les sujets d'ergonomie, des sujets de port de charge qui concernent nos aides-soignantes, ceux qui travaillent dans les chantiers.

C'est des sujets qui étaient difficilement mesurables dans une logique de prévention beaucoup plus forte qu'avant. Sauf que pour la CFDT, sur la mesure d'âge, c'est aussi quelque chose quand même qu'il faudrait pouvoir noter. Donc voilà, maintenant, je pense qu'il faut continuer à instruire parce que des voies de passage sont possibles.

3:13
Invité

Pour la CFDT, l'important sur la question de la pénibilité, ce n'est pas seulement les mesures de prévention, ce sont les départs anticipés, refus catégorique pour le moment du MEDEF qui préfère la mise en place avec l'autre organisation patronale présente dans ce conclave de la CPME, de points d'usure pour les personnes qui doivent porter des charges. Comment est-ce qu'on fait d'ici lundi pour résoudre ce différent ?

3:38
Astrid Panosyan-Bouvet

Il y a plusieurs... Justement, c'est ce sur quoi ils sont en train de travailler. Je ne vais pas vous le dire comme ça à 8h30 sur France Info, mais il y a différentes pistes qui doivent encore être explorées pour pouvoir rapprocher les positions. D'abord sur... Parce qu'il faut quand même se dire que dans ce compte de prévention, existait déjà de la réparation dans la réforme de 2023. Ça, c'est un premier point. Et puis de voir comment, effectivement, on prend en compte d'abord dans la prévention pour que les gens ne soient pas cassés avant que ça n'arrive et aussi pour voir éventuellement comment est-ce qu'on peut avancer sur le sujet.

4:09
Invité

En trois jours, on peut résoudre ce qu'on n'a pas réussi à résoudre en trois mois ?

4:12
Astrid Panosyan-Bouvet

Mais c'est maintenant qu'ont lieu les négociations. C'est maintenant qu'ont lieu les négociations.

4:17
Présentateur

Il y a toujours le money time, comme on dit. Tout à fait. Quand même sur la question de la pénibilité, parce que c'est le nœud de la discorde entre le patronat et les syndicats. vous qui pouvez mettre de l'huile dans les rouages, quelle idée vous mettez sur la table ?

4:29
Astrid Panosyan-Bouvet

Je le dirais. On a déjà commencé à échanger. Et ce n'est pas ici que je le dirais. Mais simplement... Et pourquoi vous ne voulez pas le dire ? Non, mais parce que... Dans le dialogue social, c'est d'abord aux négociateurs de travailler ensemble. Donc il y a des pistes qui sont explorées, je vous le dis encore une fois, sur la question de la réparation, sur ceux qui déjà en bénéficiaient, pour que ce ne soit pas un recul pour eux. Et puis encore une fois, il faut voir comment est-ce qu'on prend en compte, effectivement, ceux qui font face à des charges, à des lourdes charges, et à tout ce qui est pénibilité ergonomique.

5:03
Présentateur

Allons sur les points sur lesquels ils sont d'accord. Parce qu'effectivement, il y a quelques points où ils sont d'accord, syndicats comme patronat. Un point sur le sort des mères de famille, qui, on le rappelle, avec la réforme Borne, ont perdu leurs avantages liés à la maternité. Leur retraite, là, avec cet accord des partenaires sociaux, pourront être calculées sur 23 ou 24 années, au lieu de 25. Ça, c'est clairement un progrès.

5:24
Astrid Panosyan-Bouvet

Oui, alors, moi, je pense qu'il faut voir les choses de manière encore mouvante. Rien n'est fixe. Mais je pense qu'effectivement, il y a des progrès, notamment sur les femmes, pour que la durée sur laquelle on calcule le salaire de référence soit plus réduite pour que le salaire moyen augmente. Il y a également des réflexions sur les majorations de durée d'assurance. Ça, ce sont des choses qui sont des vrais progrès aujourd'hui pour corriger ce qui se cristallise toute une vie au travail pour beaucoup de femmes à travers des salaires plus bas et des carrières hachées.

5:54
Invité

Tous sont d'accord aussi sur le refus de la proposition de dernière minute de François Bayrou de créer une prime pour inciter les salariés seniors à retarder leur départ à la retraite. Comment vous l'expliquez ? D'abord, on a un petit peu de mal à voir d'où sortait cette proposition et pourquoi elle était advenue maintenant ?

6:12
Astrid Panosyan-Bouvet

Écoutez, ça, ça fait partie des propositions qui peuvent être faites ou instruites. Moi, je note encore une fois que ce sont les partenaires sociaux qui décident et d'un côté comme de l'autre de la table, visiblement, il a été décidé, en tout cas pour le moment, de ne pas retenir cette proposition. Vous êtes la ministre du Travail. Vous savez que ça existe déjà ? Pourquoi ? Exactement, c'est ce que j'allais dire. Non, j'allais dire exactement parce qu'on a d'abord... Ce n'est pas tout à fait la même chose. Ce n'est pas tout à fait la même chose quand même. Ce n'est pas tout à fait la même chose. Le cumul emploi retraite ?

Il y a le cumul emploi retraite où on est en retraite et on a un complément de salaire en reprenant une activité. Je pense que ce dispositif peut être encore un peu simplifié. C'est peut-être aussi l'objet des discussions aujourd'hui. Et puis, il y a l'avancée sur les retraites progressives qui ont été négociées en novembre dernier par les partenaires sociaux et qu'on est en train de transposer dans la loi au Sénat et à l'Assemblée nationale. Donc clairement, le Premier ministre a proposé un truc qui existe déjà. Non, pas du tout. Pas du tout. Parce que vous voyez, ce qu'il a proposé, ça ressemble beaucoup à ce que les Allemands dans la coalition vont mettre en place.

C'est-à-dire de pouvoir, quand on arrive à taux plein, de pouvoir avoir un supplément, quelque part un supplément qui rémunère le maintien en activité. Et ça, c'était chiffré ? Ça, c'était tout à fait. C'est des choses que nous avons chiffrées, que nous avons fournies aux partenaires sociaux. Je ne m'exprimerai pas là-dessus. Simplement, simplement...

7:31
Présentateur

Pardon, mais on vous reçoit ce matin.

7:32
Astrid Panosyan-Bouvet

Oui, non, mais je n'exprimerai pas là-dessus parce que si ça a été écarté par les partenaires sociaux, ça a été écarté par les partenaires sociaux pour le moment. Ce que je dis simplement, et on l'oublie, c'est que la condition même pour qu'on ait un accord, c'est le retour à l'équilibre de toute façon. Donc s'il y avait une quelconque proposition qui était retenue, il faut que de toute façon, on soit dans l'épure de l'absorption du déficit prévu entre 6 et 7 milliards d'euros dans 5 ans.

7:56
Invité

Continuons de parler de ce qui fait consensus. Les carrières longues, les partenaires sociaux sont d'accord pour raboter ce dispositif. Patronat comme syndicat estime qu'il est trop large, qu'il permet à des personnes ayant une bonne espérance de vie, des cadres par exemple de bénéficier de ce système de carrière longue grâce par exemple à des jobs étudiants dans leur jeunesse. Vous êtes alignée avec ça ?

8:14
Astrid Panosyan-Bouvet

Oui, je pense que ça fait partie des choses qu'il y a eu des études qui sont d'ailleurs sorties l'année dernière et qui montraient que pour un homme à moins d'avoir commencé à travailler avant 19 ans, pour les femmes c'était un petit peu différent, mais l'espérance de vie est la même que si vous commencez à travailler à 22, 23, 24 ans. Donc on a effectivement mis pas mal d'argent pour la réforme de 2023 qui ne se justifie pas parce que la clé c'est quand même l'espérance de vie et l'espérance de vie après on débarque à la retraite.

8:45
Invité

Alors question importante parce qu'on est dans un entre-deux.

8:47
Astrid Panosyan-Bouvet

Ça permet tout simplement d'économiser pour pouvoir soit revenir à l'équilibre soit financer des mesures de justice. Je pense aux femmes ou je pense au travail qui est actuellement instruit sur la pénibilité.

8:56
Invité

Question importante Astrid Panossian-Bouvet parce qu'on est dans un entre-deux. Si lundi soir il n'y avait pas d'accord tous ces points de consensus dont on vient de parler, qu'est-ce qu'ils deviennent ? Vous les mettrez en place quoi qu'il arrive ?

9:08
Astrid Panosyan-Bouvet

Moi je souhaite, moi je ne suis pas encore dans cet état d'esprit. Je suis vraiment avec le Premier ministre et avec les membres du gouvernement dans la confiance que les partenaires sociaux qui sont arrivés si loin jusqu'à présent peuvent effectivement parvenir à un accord et trouver les voies de compromis nécessaires. C'est absolument indispensable pour que... Pourquoi c'est nécessaire ? La question est importante. La question du jour est importante. Pourquoi c'est nécessaire ? Oui mais justement, moi je me mets dans cet état d'esprit qui est qu'on peut parvenir à un accord. Pourquoi ? D'abord c'est parce qu'il faut qu'on mette cette question des retraites derrière nous. derrière nous.

Ça fait depuis deux ans qu'on ne parle que de ça. On ne parle pas de ce fait de moins de pouvoir d'achat. On parle moins d'emploi alors que le taux de chômage... Oui, on ne parle pas de décrochage de l'Europe. On ne parle pas de financement de la protection sociale qui fait que la protection sociale est trop assise sur le travail ce qui fait que vous avez tous un écart incroyable entre votre brut et votre net. Moi ce sont des... On ne parle pas de formation, de compétence des jeunes. Mais là ce matin

10:11
Invité

on parle de cette réforme.

10:13
Astrid Panosyan-Bouvet

C'est pour ça que moi je me mets dans un état d'esprit qui est que je fais confiance aujourd'hui avec le Premier ministre et le gouvernement dans la capacité des partenaires sociaux à trouver les voies de compromis nécessaires.

10:24
Invité

Mais encore une fois une question qui a été en filigrane de toute cette négociation. Est-ce que lundi soir quel que soit le résultat échec ou accord les 64 ans ce sera un acquis définitif ?

10:39
Astrid Panosyan-Bouvet

Excusez-moi. Le Premier ministre a été très clair hier. Il a été très clair hier devant l'Assemblée nationale. Il a dit s'il y a accord il sera soumis au Parlement. S'il n'y a pas accord il ne remettra pas la réforme de 2023 en chantier. Il l'a dit dans ces termes-là d'ailleurs.

10:58
Présentateur

Ça veut dire que le patronat parce que vous entendez ce que disait notamment hier Sophie Binet de la CGT qui disait en fait dès le début il y a eu le patronat et le gouvernement qui sont tapés dans les mains en disant de toute manière on ne va pas toucher aux 64 ans donc tout est verrouillé. Je crois que Sophie Binet

11:15
Astrid Panosyan-Bouvet

est mal placée pour parler de ce qui est en train de se passer au conclave puisqu'elle a fait le choix de quitter dans les semaines qui ont suivi. Et donc moi je veux montrer que en tout cas pour ceux qui sont autour de la table ils ont envie que ça se conclue. Ce sont des gens de bonne volonté. Ils ont fait suffisamment de chemin jusqu'ici ils ont pris suffisamment de risques jusqu'ici pour pouvoir avancer et trouver les bons compromis d'ici lundi.

11:40
Présentateur

Toujours dans cette suite politique si en cas d'accord qu'est-ce que vous répondez au patronat qui s'inquiète que les parlementaires détricotent ce qu'ils ont décidé ?

11:48
Astrid Panosyan-Bouvet

Après on ne peut pas critiquer la réforme de 2023 en disant que ça manquait de dialogue social et puis ensuite à partir du moment où il y a un accord qui est soumis aux parlementaires de détricoter ce qui a été négocié. Donc je pense qu'il va falloir autour de la table pendant ces quelques mois où vous avez eu des partenaires sociaux qui prennent leur responsabilité il va falloir aussi que les parlementaires soient respectueux du dialogue social et prennent leur responsabilité.

Et on le voit aujourd'hui dans la transposition des accords seniors et chômage qui sont discutés au Sénat où on a eu de très bonnes discussions et soit un soutien soit de l'abstention mais en aucun cas des votes contre.

12:26
Invité

Le 830 France Info Jérôme Chapuis Salia Brakia Et toujours Astrid Panossian Bouvet la ministre déléguée au travail et à l'emploi on se souvient que ce conclave était une des conditions du soutien du parti socialiste au gouvernement ou en tout cas de la non-censure à défaut de soutien et on entre sans doute dans une nouvelle phase puisqu'on a entendu le parti socialiste hier à l'Assemblée vous y faisiez allusion il n'est pas satisfait des résultats prévisibles de ce conclave appartenez-vous à un gouvernement en sursis ?

13:03
Astrid Panosyan-Bouvet

Je vais répondre à votre question mais le 1er juillet je vais aller en Allemagne avec les partenaires sociaux pour rencontrer avec Catherine Votrein mon homologue du travail ainsi que les syndicats et patronats allemands et pour comparer en fait les cultures politiques on a un parti social démocrate allemand qui est respectueux de la parole des syndicats et respectueux du dialogue social et on a je le regrette aujourd'hui à travers les déclarations qui peuvent être faites ici et là une potentielle remise en cause de ce qui pourrait être discuté et négocié par les partenaires sociaux donc je pense encore une fois je rappelle en fait je rappelle je rappelle simplement s'il y a un accord et on y travaille et on a confiance pour que ça ait lieu je rappelle simplement aux socialistes aux sociodémocrates qu'il faut être aussi respectueux de ce qui peut être convenu entre les partenaires sociaux et notamment les principales centrales syndicales de notre pays

14:07
Invité

mais les socialistes vous répondraient qu'il faut être respectueux aussi de ce qui a été dit entre les partis et le chef du gouvernement François Bayrou ce conclave c'était une sorte d'assurance vie pour le gouvernement

14:18
Astrid Panosyan-Bouvet

qu'est-ce qui a été dit il a été dit qu'on remettait en chantier la question des retraites à la condition de revenir à l'équilibre en 2030 il a été dit et ça c'est vraiment aussi toute l'action de François Bayrou de redonner la légitimité à la cour des comptes pour faire un diagnostic indiscutable de la trajectoire financière qui est extrêmement préoccupante et ce qui a été dit c'est que s'il y avait un accord et bien il reviendrait au parlement il a été dit

14:45
Invité

le 15 janvier par le premier ministre lors de son discours de politique générale que la question de l'âge était une question ouverte en tout cas cette question est restée ouverte ce jour-là et en cours de conclave il a fermé la porte comme vous l'avez refait ce matin sur France Info

14:59
Astrid Panosyan-Bouvet

il a refait non j'ai pas fermé la porte

15:01
Invité

vous avez dit que les 64 ans quoi qu'il arrive lundi prochain

15:04
Astrid Panosyan-Bouvet

non non non je me suis mal exprimée ce qu'il a dit ce que le premier ministre a dit il a dit il ne croyait pas au retour aux 62 ans voilà ça c'est la première chose et ensuite ce que je dis simplement c'est que dans les discussions qui ont lieu aujourd'hui je vois que les questions sont autour plutôt de la pénibilité ou de cette thématique-là mais encore une fois encore une fois ce qui a été dit c'est que s'il y a un accord on passe au parlement mais sinon on ne remet pas en chantier cette réforme c'est très clair

15:33
Présentateur

donc vous demandez aux socialistes de ne surtout pas toucher au texte qui va sortir je demande aux sociodémocrates de ne pas ajouter la mesure de 64 ans de ne pas toucher à cette mesure

15:44
Astrid Panosyan-Bouvet

je demande aux sociodémocrates d'être parce que je sais qu'ils sont attachés au dialogue social parce que je sais qu'ils sont attachés au respect des corps intermédiaires de notre pays et en particulier à ceux qui représentent le monde du travail d'être respectueux de ce qui aura pu être négocié en bonne intelligence en responsabilité par les partenaires sociaux tout simplement tout simplement

16:08
Invité

la retraite par capitalisation c'est un autre débat alors qui ne fait pas partie de ce conclave mais là aussi il en a été question ces derniers jours notamment avec des prises de position de Gérald Darmanin votre collègue au gouvernement Edouard Philippe également qui rejoint le MEDEF là-dessus qui en font tous la promotion est-ce que c'est inéluctable ?

16:29
Astrid Panosyan-Bouvet

Alors ça concerne déjà 15 millions de français la retraite par capitalisation dont 5 millions de fonctionnaires donc c'est quelque chose qui existe déjà et qui est communément admis le problème c'est que ça concerne pour la partie des salariés du secteur privé essentiellement d'ailleurs les salariés des grandes entreprises

16:46
Invité

Est-ce qu'il faut l'encourager ?

16:47
Astrid Panosyan-Bouvet

Donc c'est quelque chose qui existe et justement un des acquis peut-être aussi de cette démarche qui a été entamée à l'initiative du Premier ministre depuis plusieurs mois c'est de dépassionner le débat sur la capitalisation d'en faire moins un tabou et de se dire que ça peut peut-être être un complément à l'image de ce qui existe dans d'autres pays européens sachant que la base la base de la retraite en France doit rester naturellement le régime par répartition

17:18
Présentateur

Mais vous savez pourquoi c'est un tabou c'est-à-dire que même pour les plus modestes mettre une petite partie en capitalisation c'est-à-dire mettre les actifs sur les marchés financiers c'est extrêmement dangereux pour eux On l'a vu aux Etats-Unis ces derniers mois Oui mais c'est pour ça que ça doit rester

17:31
Astrid Panosyan-Bouvet

avec Donald Trump C'est pour ça que d'abord il y a des politiques prudentielles Mais c'est pour ça que si c'est imaginé d'ailleurs même aujourd'hui pour nos 15 millions de Français c'est pas parce que c'est pas le premier pilier ce serait un pilier en complément au même titre que le complément Agir Carco et donc c'est quelque chose qui peut être en tout cas regarder sans qu'on monte dans les tours et ça ça fait aussi partie des avancées

17:54
Invité

On a parlé de pénibilité et c'est important de parler du temps qu'il fait cette semaine il fait faire très chaud il va faire jusqu'à 38 degrés dimanche prochain 35 degrés aujourd'hui dans un certain nombre de régions Astrid Panossian-Bouvet un décret renforce la protection des travailleurs du bâtiment du BTP mais à partir du 1er juillet seulement est-ce que ce n'est pas trop tard ?

18:17
Astrid Panosyan-Bouvet

Alors d'abord c'est un décret qui a été vu avec les fédérations du bâtiment des travaux publics pour justement permettre des arrêts donner plus de moyens aussi de contrôle à l'inspection du travail je pense qu'on doit tout en bonne intelligence avant d'attendre c'est-à-dire qu'on ne peut pas appliquer le décret avant le 1er juillet mais on a le droit aussi d'avoir la bonne dose de pragmatisme pour se dire que passer certaines températures il n'est pas raisonnable de faire travailler les gens sur les chantiers à l'extérieur il n'y a pas la possibilité

18:50
Invité

d'avancer la mise en oeuvre de ce décret

18:53
Astrid Panosyan-Bouvet

la mise en oeuvre si le décret la publication est prévue au 1er juillet je ne le pense pas mais en tout cas la mise en oeuvre pragmatique peut être avancée en bonne intelligence avec les entreprises les fédérations naturellement avec les mesures de bon sens exactement on a le droit d'avoir du bon sens

19:11
Présentateur

Astrid Panossian-Bouvet votre collègue au gouvernement Gérald Darmanin a déclaré la semaine dernière qu'il était pour diviser par deux la durée d'indemnisation de l'assurance chômage de 18 à 9 mois est-ce que c'est la position du gouvernement ?

19:23
Astrid Panosyan-Bouvet

Non ce n'est pas la position du gouvernement ça ferait de la France le pays le moins dix ans en termes de durée d'indemnisation en général on est autour d'entre 12 et 15 12 et 15 mois 12 et 18 mois donc je pense que non je pense que c'est absolument pas la position du gouvernement aujourd'hui sur l'assurance chômage on est en train de transposer l'accord qui a été signé par les partenaires sociaux en novembre dernier qui sert un petit peu les choses mais qui permet aussi il faut quand même le dire en ayant plus d'économie mais qui permet aussi de redonner un petit peu d'oxygène pour ceux qui sont on appelle les primo-arrivants qui sont en particulier les jeunes au moment de la remontée du chômage et je signale par ailleurs de cet accord et bien c'est là on est en train de le transposer donc des promulgations de la loi des promulgations de la loi donc j'espère fin début juillet voilà un point important point important aussi sur l'assurance chômage c'est tout le travail que nous menons aujourd'hui au niveau européen pour réformer l'assurance chômage des transfrontaliers qui depuis une dizaine d'années nous coûte 800 millions d'euros par an au niveau du déficit de l'assurance chômage et donc c'est aussi en réglant ce genre de choses qu'on pourra aussi assurer une forme de pérennité de l'assurance chômage en France

20:34
Présentateur

sur les seniors ce qu'on remarque à chaque fois dans les chiffres c'est que plus l'âge augmente plus le taux de chômage progresse aussi seulement 5 personnes sur 10 sont en emploi à 61 ans trop vieux pour travailler mais trop jeunes pour partir à la retraite on fait comment ?

20:48
Astrid Panosyan-Bouvet

c'est ça le paradoxe français on est trop vieux pour travailler et puis on est trop jeunes et pas avoir assez d'expérience donc on cumule les taux d'activité les plus bas chez les jeunes et chez les personnes de plus de 55 ans on a amélioré quand même le taux d'activité entre 55 ans et 59 ans maintenant on est dans la moyenne européenne le vrai sujet c'est la chute à partir de 60 ans d'où à la fois les accords qui ont été signés et qu'on transpose et ce qu'on est en train de faire au niveau du changement des pratiques avec les entreprises c'est d'abord un contrat senior pour faciliter les recrutements des personnes de plus de 60 ans ça a été négocié parce qu'une personne qui est au chômage qui a plus de 60 ans elle a deux fois plus de 55 ans elle a deux fois plus de durée de chômage qu'une personne qui est plus jeune c'est aussi là on est en plein discussion des entretiens à mi-carrière pour faire le point compétence et santé précisément pour pouvoir envisager de bifurquer vers d'autres métiers quand ils sont usants

21:49
Invité

Mais comment vous expliquez qu'on fasse beaucoup moins bien que les autres pays vous dites il faut changer les mentalités

21:55
Astrid Panosyan-Bouvet

Oui alors c'est ce qu'il y a de plus difficile mais c'est vrai et c'est pour ça qu'on a lancé une campagne de communication la communication ne fait pas tout mais il y a quand même des regards à déconstruire sur le fait que quand on a plus de 50 ans dans notre pays on se dit on est usé on ne s'adapte pas on ne va pas pouvoir être fiable alors que c'est précisément l'inverse quand on a de l'expérience on a de la bouteille on a un toucher de balle on sait gérer le stress on est fiable et on sait avancer donc ça c'est aussi changer les regards changer les pratiques valoriser les entreprises qui de plus en plus s'intéressent à cette question et c'est tout l'objet de ce qu'on fait en région et notamment avec les organisations patronales l'association nationale des DRH et toutes les boîtes qui aujourd'hui s'engagent sur cette question

22:39
Présentateur

Une dernière question sur le budget parce qu'il faut trouver 40 milliards d'euros d'économie pour l'année prochaine Ces dernières semaines plusieurs pistes ont été évoquées par le gouvernement notamment la baisse du nombre de postes de fonctionnaires écoutez ce qu'on dit Sophie Binet de la CGT elle est à votre place hier

22:55
Auditeur

Allez le demander dans un hôpital dans une école ou dans une université au contraire on a des secteurs entiers qui sont sous dotés et en grande difficulté notamment il y a des milliers d'élèves qui n'ont pas d'enseignants ou d'enseignantes en phase 2 parce que des milliers d'enseignants ne sont pas remplacés à cause des suppressions de postes décidées sous l'air de Nicolas Sarkozy il y a besoin de plus de recrutement dans un certain nombre de secteurs clés il y a besoin de plus de moyens pour le service public Alors il y a trop de fonctionnaires ou pas ?

23:25
Astrid Panosyan-Bouvet

C'est vous qui avez posé la question sur une réallocation moi je pense que il y a besoin d'avoir une approche d'ensemble et c'est précisément ce que le Premier Ministre va faire mi-juillet parce que si on est sur un point un autre point ça ne marche pas donc il faut montrer que l'effort il est réparti sur l'ensemble mais c'est vrai que sur la question effectivement des fonctionnaires il y a besoin d'avoir dans certains secteurs effectivement plus de personnes en première ligne parce qu'on a aujourd'hui des agents qui s'épuisent je pense notamment au secteur hospitalier je ne sais pas plus tard que ce week-end dans un hôpital et j'ai pu le voir par moi-même et puis d'autres où il faut réfléchir tout simplement on a le droit d'avoir du bon sens et du pragmatisme et en tout cas ce sera de sa partie des annonces du Premier ministre le mi-juillet

24:15
Invité

Astrid Panossianbouvet ministre déléguée au travail et à l'emploi invité de France Info ce matin