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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 2 mai 2026 21 min

Commerces ouverts le 1er-Mai, hausse du prix des carburants... L'interview de Manon Aubry

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

France Info. Bonjour Manon Ombry. Bonjour. Et merci d'être avec nous ce matin sur France Info. On va évoquer évidemment avec vous l'actualité politique du week-end, évidemment marquée par le 1er mai. On va parler pouvoir d'achat, on va parler prix de l'énergie. On va aussi parler de la gauche, de l'élection présidentielle qui commence à se profiler. Mais d'abord, l'actualité du moment, et on en a parlé beaucoup ce matin sur France Info, c'est cette free party, au moins 20 000 fêtards réunis en ce moment même sur un champ de tir dans le chair entre Bourget et Nevers. Free party donc non autorisé qui dure tout ce week-end. Le terrain est dangereux, disent aussi les autorités.

Est-ce que vous, au pouvoir, vous accompagnez, vous autorisez ces free parties ou vous les interdisez comme le veulent certains ?

0:47
Manon Aubry

Je pense qu'il vaut mieux les accompagner, donner des autorisations préfectorales pour identifier des lieux où ces fêtes peuvent se tenir. Sinon quoi ? Sinon ces fêtes se tiennent quoi qu'il arrive, elles se tiennent dans un cadre qui est non encadré, non régulé. Et donc moi, je préfère que les forces de l'ordre puissent encadrer ce type d'événement et qu'on laisse franchement des jeunes faire la fête.

1:10
Présentateur

Elles ne se tiennent peut-être pas quoi qu'il arrive. En tout cas, si on en croit la loi votée par l'Assemblée nationale il y a un mois, 1500 euros, la loi doit encore passer au Sénat, je le précise, mais 1500 euros d'amende pour ceux qui participent jusqu'à 30 000 euros d'amende pour les organisateurs. Là, elles ne se tiendraient peut-être pas quoi qu'il arrive.

1:28
Manon Aubry

C'est bien tout le problème. Et nous, d'ailleurs, à l'Assemblée nationale, le groupe Insoumis a voté contre ce projet de loi parce que l'objectif est simple, c'est de criminaliser la fête. Et dans notre pays, on sera bientôt dans une situation où faire la fête sera passible de sanctions et de poursuites.

1:43
Présentateur

Faire la fête sur un terrain privé ou sur des terrains dangereux comme dans le cas d'Espèce ?

1:48
Manon Aubry

Mais dans ce cas-là, dites aux préfectures de donner des autorisations préfectorales pour identifier des terrains sur lesquels ce type de fête peuvent se tenir. Le problème de fond, je vais vous le dire, c'est qu'aussi on essaie de quelque part marchandiser la fête et que ce type de fêtes qui sont joyeuses, qui sont très importantes, qui réunissent beaucoup de monde, eh bien, quelques grincheux voudraient qu'elles ne se tiennent plus. Et moi, je ne suis pas d'accord avec ça.

2:18
Présentateur

On peut aussi entendre les riverains quand même qui peuvent se dire voilà, ça fait du bruit, ça fait du passage, ce n'est pas très agréable.

2:24
Manon Aubry

Je vous le redis, quand il y a des festivals, par exemple, qui se tiennent, ça fait aussi du bruit, ça fait aussi du passage et ils sont autorisés. Il n'y a pas de raison que des fêtes techno, notamment, ne soient pas autorisées.

2:35
Invité

Manon Brie, on voulait vous parler aussi du 1er mai. Vous étiez présente à la manifestation des Insoumis hier, juste derrière Jean-Luc Mélenchon pendant son discours. Place de la République, 158 000 personnes sont là à la police, plus de 300 000 selon la CGT. Une manifestation en ordre dispersé pour la gauche. On voulait commencer par vous montrer une image, celle d'Olivier Faure. Il était à Amiens, il défilait, il a été enfariné. On le voit sur ses épaules, sa veste, ses cheveux. On lui a aussi adressé ce message, « Casse-toi, sale traître ». Est-ce que vous condamnez cette agression ou vous vous dites « c'est bien fait » ?

3:07
Manon Aubry

Non, bien sûr que je la condamne. Tout type de violence telle qu'elle soit n'a pas sa place en manifestation, à gauche, de quelque mesure que ce soit. Et puis la farine, ça sert à faire du pain, pas le 1er mai. Mais pas à enfariner des hommes politiques, quand bien même on pourrait avoir des désaccords avec eux.

3:27
Invité

La CGT et la CFDT avaient réussi à trouver un terrain d'entente pour manifester ensemble. Vous, les partis politiques de gauche, n'y êtes pas arrivés.

3:36
Manon Aubry

C'est un échec ? Je crois qu'il y avait des représentants du Parti Socialiste dans toutes les manifestations hier en France. Mais après, on va se parler franchement. Si le Parti Socialiste a pu retrouver et être accueilli de manière bienveillante dans les manifestations du 1er mai ces dernières années, c'était grâce au nouveau Front Populaire. C'était grâce au nouveau Front Populaire. Je me souviens d'ailleurs, Pierre Jouvet, le secrétaire général du Parti Socialiste, qui avait dit lui-même, grâce au nouveau Front Populaire, de nouveau nous pouvons retrouver notre place dans les manifestations du 1er mai.

Et je n'oublie pas que le Parti Socialiste, en refusant de censurer le gouvernement de Sébastien Lecornu, ils ont laissé le camp macroniste s'attaquer au 1er mai et à toute l'histoire de conquêtes et de droits sociaux, alors que c'est un jour chômé et payé. C'est inscrit tel quel dans le Code du Travail. Et je suis assez sidérée de voir que Sébastien Lecornu, le Premier ministre hier, a appelé un patron qui n'a pas respecté la loi plutôt que d'appeler les inspecteurs du travail qui font respecter la loi. Donc on a un Premier ministre délinquant qui encourage, mais là, on n'a pas respecté la loi.

4:42
Présentateur

Mais pour vous, le boulanger en question est un délinquant ?

4:44
Manon Aubry

Bien sûr, le Code du Travail.

4:46
Présentateur

C'est juste un boulanger qui voulait ouvrir sa boulangerie et qui sans doute l'a fait pendant des années, jusqu'à ce qu'il y ait ses jurisprudences récentes.

4:54
Manon Aubry

S'il le voulait, il pouvait ouvrir sa boulangerie et travailler, lui, en tant que patron. Pas employer des salariés. L'article du Code du Travail, je l'ai retrouvé parce qu'il est intéressant, c'est l'article L331-33-4 du Code du Travail. Le 1er mai est un jour férié et chômé. Point à la ligne. Qu'est-ce qui n'est pas clair là-dedans ? Si vous avez aujourd'hui...

5:12
Présentateur

Vous savez très bien qu'il y a des exceptions, Manon Aumry.

5:14
Manon Aubry

Si vous avez aujourd'hui, jusqu'au plus haut sommet de l'État, un encouragement à ne pas respecter la loi, mais pourquoi on fait la loi ? Pourquoi, moi, au Parlement européen, je vais venir siéger demain en sachant que le Premier ministre lui-même va encourager à ne pas respecter la loi ? Manon Aumry, pardonnez-moi, mais vous savez très bien

5:31
Présentateur

que sur cette question, c'est un petit peu plus compliqué que ça. Déjà, la loi...

5:34
Manon Aubry

En l'occurrence, les boulangeries ne font pas partie de l'exception dans la loi.

5:37
Présentateur

La loi, effectivement, va sans doute être changée. Et puis surtout, jusqu'à des décisions de justice assez récentes, il y avait quand même depuis des années, y compris d'ailleurs, faite par Martine Aubry à l'époque, une forme de tolérance à l'ouverture des boulangeries, y compris avec des salariés. Ça fait seulement quelques années que ça a changé.

5:53
Manon Aubry

Et donc, la loi est faite pour ne pas être respectée. Et vous trouvez ça normal que dans notre pays, non seulement la loi ne sera pas faite pour être respectée, mais que le Premier ministre encourage à la violer plutôt qu'à la respecter. Moi, je ne trouve ça absolument pas normal. Le 1er mai, l'histoire de grandes conquêtes sociales. C'est d'ailleurs pour ça qu'on parle de conquis, non d'acquis sociaux, parce que manifestement, ce gouvernement continue à les attaquer. Et donc, moi, je veux apporter toute ma solidarité aux agents publics, aux inspecteurs du travail qui, hier, ont fait leur travail, c'est-à-dire faire respecter la loi.

6:24
Invité

Manon Aubry, une des questions du cortège hier, c'était la question aussi du pouvoir d'achat, notamment dans ce contexte de hausse des prix du carburant. Une mesure que vous soutenez, c'est celle du blocage des prix des carburants. C'est une mesure qui profiterait à tout le monde, y compris aux très riches. Est-ce que quand on est un cadre, quand on est un chef d'entreprise, qu'on gagne 4 000, 5 000 euros par mois, on a vraiment besoin d'un prix de l'essence bloqué ?

6:46
Manon Aubry

Est-ce que vous connaissez le principe de la solidarité ? Quand vous gagnez 4 000, 5 000 euros par mois, vous bénéficiez, comme tout le monde, par exemple, de la protection sociale, de la sécurité sociale, mais vous contribuez à la hauteur de vos moyens et notamment vous payez plus d'impôts. C'est pour ça qu'on est pour un système redistributif.

7:03
Invité

Je vous pose la question parce qu'on a posé la question hier à Marie-Lise Léon, qui était à votre place sur ce fauteuil. La secrétaire générale de la CFDT, elle ne partage pas votre point de vue.

7:11
Locuteur non identifié

Elle écoute, on l'écoute et vous réagissez. Un blocage généralisé, ça bénéficie à tous, y compris à ceux qui n'en ont pas besoin. On est face à des inégalités profondes en fonction de ses revenus, mais aussi de la façon dont on utilise son véhicule. Et donc, les aides ciblées pour la CFDT, ça doit être en priorité pour les travailleurs qui utilisent leur véhicule pour aller travailler. Manon Brie, vous parlez de solidarité.

7:34
Manon Aubry

Pourquoi ne pas choisir une solidarité ciblée ? Parce qu'aujourd'hui, la hausse des prix du carburant, ça touche tout le monde. Quand vous avez le prix du litre qui est à plus de 2,20 euros, quand vous faites votre plein d'essence à plus de 100 euros, la voiture, il y a des millions de gens qui nous écoutent ce matin, qui sont peut-être en voiture et qui se disent à chaque plein d'essence, j'ai l'impression de me faire braquer. Braquer d'abord par des entreprises comme Total qui font un montant colossal de super profits. On a appris cette semaine...

8:03
Présentateur

On rappelle que les profits de Total se font majoritairement à l'étranger et que l'activité carburant est assez déficitaire en France.

8:08
Manon Aubry

Non, l'activité qui est la plus rémunératrice, c'est l'activité de raffinage et que cette activité de raffinage se fait également en France. Vous avez une entreprise comme Total, c'est quasiment 6 milliards d'euros de profits au premier prix de l'essence. Non, c'est important parce qu'on va en parler. Vous avez... Ok, on laisse à côté des super profits si vous voulez de côté. Je reviens à la question du blocage. Sur la question du blocage aujourd'hui, vous avez des gens qui, tous les jours, pour aller amener leurs enfants à l'école, pour aller travailler, quel que soit leur revenu et quel que soit leur domaine d'activité, qui se retrouvent pris à la gorge.

8:42
Invité

Mais ceux qui peuvent peut-être trouver une solution alternative, faire du covoiturage, prendre leur vélo, qui en ont la possibilité. Si on subvenne sur l'essence, ils ne vont pas le faire. Ce n'est pas écolo comme démarche.

8:52
Manon Aubry

Et donc, pour quelques milliers de personnes qui vont avoir des alternatives, vous refusez de bloquer les prix qui, aujourd'hui, prennent à la gorge de millions de Français.

8:59
Présentateur

Il y a aussi quelques millions de personnes, pardon, Manon Aubry, qui gagnent 3 500, 4 000, 5 000 euros et qui, peut-être, peuvent supporter quelques mois de prix de l'essence élevés.

9:10
Manon Aubry

C'est intéressant comment, d'un coup, vous vous focalisez sur les gens qui gagnent 3 500, 4 000 euros. Vous savez combien de pourcentage de la population ?

9:17
Présentateur

Vous voulez augmenter les impôts pour cette tranche de revenus.

9:19
Manon Aubry

Vous savez combien de personnes ça représente dans la population française ?

9:21
Présentateur

Ça doit représenter à peu près... On est dans les 10 % des personnes qui gagnent le plus. Exactement.

9:24
Manon Aubry

Et donc, moi, je veux m'adresser aux 90 % de la population française. Et oui, moi, j'assume de légiférer pour les 90 % de la population française. Et j'assume de dire qu'aujourd'hui, le blocage des prix... Alors même que ce sont ceux

9:34
Présentateur

à qui vous voulez augmenter les impôts sur le revenu ?

9:36
Manon Aubry

Eh bien, précisément parce que les impôts servent à redistribuer les richesses. Et donc, oui, quand nous arriverons au pouvoir, toutes les personnes qui gagnent plus de 4 000 euros par mois de salaire seront davantage imposées. Mais ils auront droit une naissance moins chère. Toutes les personnes... C'est le principe de la solidarité nationale. Et vous voyez, ce principe de la solidarité nationale, il est constitutif de notre État, constitutif de notre République. Et le blocage des prix, ça ne coûtera pas un centime à l'État. C'est la seule solution aujourd'hui pour faire face à l'urgence.

Et je regrette d'ailleurs que le Rassemblement national, comme la droite, comme les macronistes, s'y refusent. Probablement parce que leur dîner avec Patrick Pouyanné a été apporter ses fruits. Mais pour notre part, nous continuerons à porter cette proposition simple et de bon sens qui a été faite dans de nombreux États, dans le monde, comme en Europe, en Croatie, en Grèce, etc. Et qui a été faite aussi au moment du gel hydroalcoolique hydroalcoolique et des masques. Même Emmanuel Macron l'a fait. Il n'y a aucune raison de ne pas le faire aujourd'hui.

10:35
Invité

Vous parliez de Patrick Pouyanné, le PDG de Total Énergie. Vous vouliez évoquer les super profits. 50% en hausse de bénéfices, 5 milliards d'euros pour le premier trimestre. Jean-Luc Mélenchon a appelé hier. L'entreprise a passé à la caisse. Concrètement, vous faites comment ?

10:49
Manon Aubry

Concrètement, on taxe les super profits. Vous parliez à l'instant d'imposition et de juste taxation. Aujourd'hui, une entreprise comme Total, et ils assument d'ailleurs, parce que j'ai regardé leur rapport annuel, c'est intéressant de regarder dans le détail, ils disent, ils ne cachent même pas leur voracité puisque leurs super profits sont grâce, je cite, à la capacité à capturer la hausse des prix. Je vous traduis en langage français, c'est de la spéculation. Au moment de la hausse des prix, ils ont acheté massivement des barils de pétrole qu'ils ont revendus ensuite au prix fort. Résultat, ils font un profit record pour ce premier trimestre.

11:29
Présentateur

Ce qui a permis aussi à Total de bénéficier de stocks par ailleurs.

11:34
Manon Aubry

Mais en fait, tous les pétroliers ont des stocks d'au moins trois mois, première chose. Et deuxième chose, je rappelle qu'une entreprise comme Total a été privatisée il n'y a pas si longtemps que ça. J'étais toute petite en 1993 et qu'à la base, ça a été une société nationale qui a été créée. C'était la compagnie française des pétroles pour faire face après la Première Guerre mondiale à la dépendance de la France à l'hydrocarbure américain. Je pense qu'il faut se rappeler de cette histoire-là et qu'il n'y a pas de raison qu'il y a un tout petit nombre d'entreprises féroces qui spéculent et qui font des super profits.

12:08
Présentateur

Sur ces 5 milliards de bénéfices, on va dire de surprofits, de super profits, on les appelle comme on veut. Vous prenez combien ?

12:17
Manon Aubry

La proposition que nous avions faite à la fois à l'Assemblée nationale et que j'ai faite au Parlement européen cette semaine et qui de nouveau n'a pas été votée par les macronistes la droite et l'extrême droite, c'est de prendre la moyenne des profits des trois dernières années et de tout ce qui est au-dessus de 50% de pouvoir le taxer. Vous le voyez, on est sympa, on laisse même quelques centaines de millions d'euros à Total. Ce qu'on dit juste, c'est qu'il n'est pas normal de profiter d'une crise telle qu'on la connaît à l'heure actuelle pour s'en mettre plein les poches et derrière faire casquer les Françaises et les Français.

12:50
Présentateur

Vous restez avec nous Manon Aubry, on va parler de l'actualité politique juste après l'info en une minute. Voici Théométan Réjimbault, il est 9h moins le quart.

12:58
Locuteur non identifié

Pas d'incident particulier, une nuit relativement calme à Cornus, près de Bourges, dans le Cher, où une free party est en cours depuis 24h. Maintenant, c'est la mère du village qui le dit ce matin sur France Info. Elle s'attend à d'autres arrivées de festivaliers. Aujourd'hui, ils sont déjà 20 000 sur un terrain militaire dangereux, selon la préfecture, un champ de tir. L'enquête continue en Ardèche après l'accident hier sur une départementale du Nord. Cinq jeunes, âgés de 17 à 19 ans, ont tué dans leur véhicule qui s'est totalement embrasé après avoir chuté dans un ravin. Les causes de l'accident restent à déterminer.

Le Pentagone annonce le retrait d'ici un an de 5 000 militaires américains stationnés en Allemagne, annonce qui fait suite à des critiques par le chancelier allemand de la stratégie des Etats-Unis au Moyen-Orient. 36 000 soldats américains sont présents en Allemagne. Du foot, les féminines de l'Olympique lyonnais reçoivent Arsenal cet après-midi à 15h pour la demi-finale retour de la Ligue des champions. À l'allée, les Lyonnaises ont été battues 2 à 1.

14:04
Manon Aubry

France Info

14:04
Locuteur non identifié

Le 8.30 France Info Adrien Beck Camille Vigon-Lecouat

14:10
Invité

Et nous sommes toujours sur France Info avec Manon Aubry, députée européenne de la France Insoumise. On voulait revenir avec vous cette semaine sur des propos qui ont divisé la gauche. Ceux de François Ruffin qui s'est dit opposé à une immigration massive de travail tout en insistant sur la nécessité d'un accueil plein et entier pour les étrangers qui travaillent ici. Il a été très critiqué pour avoir tenu ses propos sur le fond. Vous en pensez quoi vous Manon Aubry ?

14:34
Manon Aubry

J'avoue que je ne comprends pas trop quelle est sa position et ça m'a fait penser à un parti politique en Allemagne qui s'appelle BSW qui était une forme de scission de notre parti frère de Die Linke. Et ce parti, BSW, a soutenu des positions assez similaires en tentant de manière assez étrange vis-à-vis de l'histoire de la gauche de trianguler d'une opposition à l'immigration et en même temps d'essayer de défendre les droits sociaux comme si finalement c'était les migrants qui tiraient les droits sociaux par le bas.

Je pense que c'est une erreur je lui dis amicalement et d'ailleurs en Allemagne ça n'a pas du tout payé puisque ce parti BSW qui s'est présenté aux dernières élections n'a pas eu de représentation à l'Assemblée nationale donc je ne suis pas sûre que c'est la meilleure des manières de démarrer sa campagne présidentielle.

15:21
Invité

En préparant l'émission je suis retombée sur des propos de Jean-Luc Mélenchon en 2018 il disait nous disons honte à ceux qui organisent l'immigration par les traités de libre-échange et qui l'utilisent ensuite pour faire pression sur les salaires et les acquis sociaux c'était le 25 août 2018 à Marseille en quoi les propos de François Ruffin aujourd'hui sont-ils différents de ceux que tenait Jean-Luc Mélenchon en 2018 ?

15:42
Manon Aubry

Précisément parce qu'il est question des accords de libre-échange et d'ailleurs nous sommes le 2 mai le lendemain de l'entrée en vigueur de l'accord de libre-échange avec le Mercosur je vous donne un exemple très concret l'accord de libre-échange avec le Mercosur qui n'a été voté par aucun Parlement et qui entre en vigueur et c'est le plus gros scandale antidémocratique

15:58
Invité

là on parle des sujets d'immigration

15:59
Manon Aubry

je vais vous donner un exemple très concret en quoi les accords de libre-échange sont un problème pour le droit du travail nous allons faire venir des centaines de milliers de tonnes de poulet de bœuf etc qui viennent d'Argentine et du Brésil et qui vont aujourd'hui poser une concurrence déloyale à nos agriculteurs français et européens vous ne répondez pas vraiment sur le fond de la question je vous explique la phrase de Jean-Luc Mélenchon en quoi elle est toujours et peut-être plus que jamais valide aujourd'hui et en quoi elle se distingue de la position de François Ruffin

16:27
Présentateur

pour bien comprendre pour vous il n'y a pas de stratégie de la part du patronat d'organiser l'immigration dans l'objectif de faire pression sur les salaires et éventuellement le modèle social c'est ce que dit François Ruffin

16:39
Manon Aubry

je ne pense pas que le patronat organise les venues les allées les entrées vous savez très bien que ce n'est pas ça ma question les entrées les sorties quand vous dites que le patronat et que ça arrange

16:52
Présentateur

d'une certaine façon le patronat

16:53
Manon Aubry

mais bien sûr que le patronat exploite les travailleurs je veux dire il n'y a rien de nouveau rien de nouveau sous le soleil mais par contre le faire comme le fait François Ruffin en niant l'histoire de notre pays qui est une histoire de métissage culturel notre pays est issu de migration je veux dire à la fin de la seconde guerre mondiale il y a un français sur dix qui est un parent issu de l'immigration aujourd'hui c'est un français sur quatre et oui notre pays est métissé notre pays est mélangé et je pense que c'est plutôt une chance et une fierté plutôt que de commencer sa campagne présidentielle sur le sujet mais est-ce qu'il n'y a pas

17:28
Invité

un danger pour la gauche de ne pas vouloir parler d'immigration et donc de laisser ce thème qui est un thème important à la droite et à l'extrême droite qui impose sa grille de lecture sa vision

17:38
Manon Aubry

ses mots c'est pas vrai que l'on n'en parle pas mais peut-être vous pouvez m'inviter plus souvent et j'aurai l'occasion de répondre à toutes vos questions sur le sujet je le dis singulièrement en tant que députée européenne puisque ces derniers mois ont été votés les pires textes que l'on puisse imaginer en matière migratoire et d'ailleurs je n'ai pas entendu François Ruffin en parler qui prévoit notamment d'expulser des mineurs non accompagnés vers des pays dans lesquels ils n'ont jamais mis les pieds par exemple on peut renvoyer un afghan vers l'Albanie avec des espèces de centres de rétention de migrants et donc je pense que ces politiques migratoires là sont mortelles sont extrêmement dangereuses et qu'on devrait plutôt concentrer nos forces et notre énergie à combattre précisément l'agenda de l'extrême droite plutôt qu'à le nourrir

18:23
Présentateur

Un mot encore Manon Aubry vous étiez hier aux côtés de Jean-Luc Mélenchon qui a eu ces mots nous sommes à moins d'un an d'élection présidentielle nous sommes prêts est-ce que Jean-Luc Mélenchon va annoncer sa candidature demain ?

18:37
Manon Aubry

j'ai un scoop pour vous oui nous sommes prêts nous avons un programme de prêts nous avons une équipe de prêtes une organisation de prêtes vous avez raison il nous manque plus que le candidat c'est pour bientôt c'est pour demain c'est pour bientôt vous comprendrez bien que mon scoop s'arrête là mais surtout pourquoi on a envie de faire campagne parce que moi je vous le dis franchement en tant que porte-parole de la France Insoumise j'ai hâte d'entrer dans cette campagne parce que j'ai hâte d'en terminer avec l'ère Macron j'ai hâte de retrouver un peu d'espoir dans notre pays pour augmenter le salaire minimum pour faire la retraite à 60 ans pour bloquer les prix qu'on évoquait c'est tout ça qu'on va aborder dans cette campagne

19:21
Invité

Jean-Luc Mélenchon aujourd'hui c'est l'incarnation de votre mouvement un homme de 74 ans un homme blanc ça sera sa quatrième candidature est-ce que c'est pas un peu un vieux candidat pour le parti qui va incarner la nouvelle France

19:34
Manon Aubry

deux choses là-dessus la première c'est que je crois qu'il y a plusieurs personnalités de la cinquième république qui ont je crois même sont allées jusqu'à quatre candidatures que ce soit

19:45
Présentateur

François Mitterrand

19:47
Manon Aubry

ou Jacques Chirac mais je pense que ce sont des grands hommes de la cinquième république malgré certains désaccords que je peux avoir avec l'un ou avec l'autre et puis ensuite pour le reste c'est précisément la différence de la campagne que nous aurons en 2027 vous allez voir elle va vous surprendre ce sera une campagne collective moi j'ai fait la campagne de 2022

20:04
Invité

ça sera Jean-Luc Mélenchon qui la portera

20:06
Manon Aubry

vous verrez mais quoi qu'il arrive il y aura un portage collectif parce que en 2022 nous n'étions qu'une vingtaine de députés désormais nous sommes plus de 75 députés nous avons des maires partout en France et cette campagne nous allons la mener avec espoir vigueur pour enfin changer les choses changer la vie ici et maintenant disait François Mitterrand vous voyez un bon clin d'œil

20:27
Présentateur

merci Manon Aubry eurodéputée la France Insoumise d'avoir été avec nous ce matin sur France Info le Nouvel Obs restez avec nous