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interviewyoutube.com· 1 décembre 2014 33 min

L'interview de Marine Le Pen - Version intégrale

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Marine Le Pen, merci d'avoir accepté notre invitation. Vous êtes présidente du Front National depuis 2011. Votre parti a obtenu le plus de sièges aux dernières élections européennes en mai dernier. Les sondages vous classent désormais premier parti d'opposition. Est-ce que vous y pensez en vous regardant dans la glace le matin ?

0:18
Marine Le Pen

Je prépare le grand basculement démocratique qui interviendra à la prochaine élection présidentielle, bien sûr. C'est notre ambition au Front National. Chacun de nous se bat pour que nous puissions arriver au pouvoir, pour pouvoir appliquer nos idées. Pas uniquement pour détenir le pouvoir, mais pour appliquer nos idées, pour changer la situation de notre pays. Et vous pensez avoir des chances ? Oui, enfin écoutez, je ne veux pas être plus royais que le roi, mais si même mes adversaires politiques envisagent l'hypothèse de ma victoire, c'est donc une hypothèse crédible. Je pense surtout qu'ils ont le sentiment légitime que le peuple français en a par-dessus la tête. Ça fait 30 ans, 40.

Ça fait 30 ans qu'ils vivent la même politique. Ils voient bien que la situation de notre pays ne cesse de s'aggraver, qu'on assiste à une véritable inversion des valeurs, que nous sommes enfermés dans la prison que constitue l'Union européenne. Mais ils veulent retrouver la maîtrise de leur destin. Or, il n'y a que ma candidature qui est capable de leur apporter.

1:19
Présentateur

Alors, vous dites avoir souffert pendant toute votre enfance du poids de votre nom. Vous avez subi les attaques, l'ostracisme. Ça continue. Partout où vous passez, à part bien sûr Paris, vous avez subi les attaques, l'ostracisme. Parmi vos sympathisants, vous êtes la cible d'attaque. Vous n'êtes pas fatiguée un peu, parfois, du politiquement incorrect d'être une cible permanente ?

1:36
Marine Le Pen

Moins aujourd'hui qu'avant, quand même. Il y a quand même énormément de Français aujourd'hui qui se retrouvent dans nos idées, qui sont des supporters. Et donc, cette pression est moins importante. En revanche, nous sommes toujours victimes de groupements qui sont des groupements ultra-violents, les mêmes que l'on retrouve à saccager les centres-villes de Nantes, de Rennes, de Paris, qui s'organisent, qui organisent leur action exclusivement autour de la violence, qui proviennent essentiellement de l'extrême gauche, et qui vont probablement encore faire parler d'eux aujourd'hui.

Ce sont des gens qui n'ont absolument aucune conscience de ce que veut dire un pays démocratique, c'est-à-dire la liberté de laisser l'autre exprimer sa pensée.

2:17
Présentateur

Et moi, je parlais de vous en tant que femme. Ce n'est pas fatigant, à force, d'être toujours, toujours attaqué ?

2:23
Marine Le Pen

Oui, enfin, de moins en moins. Ce qui est important, c'est de savoir que le peuple est derrière vous. Vous savez, après, les attaques individuelles de tel ou tel qui a envie d'être le premier de la caste, et non pas de la classe, ont en réalité peu d'importance.

2:38
Présentateur

Alors, quand vous avez commencé votre carrière de jeune avocate, vous êtes frappée par la misère humaine, les conditions d'étention, et vous êtes amenée à défendre les immigrés en situation irrégulière. Et paraît-il, vous vous battez avec tout votre cœur, et vous vous battez vraiment pour leur éviter l'expulsion. Qu'est-ce qu'elle est devenue, cette Marine Le Pen, là ?

2:54
Marine Le Pen

Elle est toujours là. Ce qu'il faut bien comprendre, si vous voulez, c'est qu'on peut parfaitement considérer qu'un processus est dévastateur pour un pays, c'est le cas pour l'immigration, sans avoir la volonté de faire payer ces choix, qui sont les choix politiques, faits par nos dirigeants, à des personnes qui, elles, ne sont pas responsables de cette situation. Nous avons toujours dit, nous n'en voulons pas aux immigrés, nous en voulons à ceux qui les font venir.

Donc, moi, j'ai été avocat, et j'ai exercé ce métier avec passion, sans réserve, comme je le fais pour toutes les activités, dans lesquelles je m'engage, avec conviction, aussi, et je crois qu'en cela, j'ai été tout à fait dans la ligne du mouvement auquel j'appartenais et que je dirige aujourd'hui.

3:37
Présentateur

Mais votre discours, c'est qu'il faut stopper l'immigration massive. Mais alors, concrètement, ces gens qui sont là, en situation irrégulière en France, on en fait quoi ? Et tous ceux qui essayent de rentrer en Europe pour sauver leur peau, qu'est-ce qu'on en fait ? Mais ils rentrent chez eux.

3:51
Marine Le Pen

Si vous voulez, moi, je suis là pour sauver la peau du peuple français. Par conséquent, je comprends très bien la souffrance, mais je voudrais d'abord qu'on s'attache à en éviter les causes. Vous voyez, je tiens un peu le même discours que le pape, c'est-à-dire mettre devant leur responsabilité les fauteurs de guerre, ceux qui ont porté la guerre un peu partout, en Irak, en Libye, en Syrie, qui est le cas, il faut bien le dire, de la France, avec ou sans l'Union européenne. Ceux qui, au travers des multinationales, pillent, dans une totale impunité, les richesses qui sont celles des peuples pauvres du monde. Voilà ce contre quoi il faut se mettre.

Car effectivement, c'est cela qui pousse les gens à partir. Vous savez, personne n'immigre par plaisir, je le conçois tout à fait. En même temps, ce n'est pas parce qu'on a fait ce constat que l'on peut admettre que nos portes sont grandes ouvertes et que nous pouvons accueillir des centaines de milliers de personnes alors que nous n'avons même plus à offrir d'une subsistance aux nôtres.

4:48
Présentateur

Oui, mais ça, ça fait des années qu'on tient ce discours-là, qu'il faut régler le problème à la base. Mais moi, je vous demande...

4:53
Marine Le Pen

Je suis en train de vous dire, ils ne l'ont pas fait, par conséquent, c'est pour ça qu'il faut voter pour nous.

4:56
Présentateur

Mais demain, vous êtes élus. Car nous, nous allons le faire. Vous dites, nous, on stoppe tout. Et ces gens qui sont là, actuellement, on en fait quoi ? Parce que, par exemple, vous avez de la compassion, Marine Le Pen, j'imagine. Vous êtes allée à Lampedusa, vous avez vu la détresse de ces gens-là. C'est une chose de dire, on a fait un bateau, on les renvoie chez eux, mais vous le conduiriez, vous, le bateau ?

5:12
Marine Le Pen

Vous êtes allée à Lampedusa ? Oui. Voilà. Vous y avez vu quoi ? Beaucoup de misère. Non, vous y avez vu des jeunes gens, des jeunes hommes, en général, entre 20 et 30 ans, qui viennent pour travailler en Europe parce qu'on leur a fait croire qu'il y avait du travail. Oui, c'est vrai. Des gens qui, pour l'immense majorité d'entre eux, s'apprêtent à venir en France parce qu'on leur a fait croire que c'était de l'eldorado. Donc, quelque part, ils sont aussi victimes du mensonge que ne l'est le peuple français qui subit les conséquences de cette immigration. À qui on dit ?

À qui certains, au balcon, disent, « Bon, écoutez, est-ce que vous pourriez faire de la place parce que là, il y a des gens qui arrivent ? » Ben non, on ne peut pas faire de place. On ne peut pas faire de place parce qu'on n'en a plus. Parce qu'on n'a plus assez de logements sociaux, parce qu'il n'y a plus de place dans nos hôpitaux, parce qu'il n'y a plus de place dans nos écoles, parce qu'il n'y a plus d'emplois dans notre pays, parce qu'il y a 9 millions de pauvres. Donc, l'honnêteté, ça consiste à le dire, cela. Alors, on met en place ce qu'il faudrait faire, une politique dissuasive d'immigration. On dit, écoutez, nous n'avons absolument rien contre vous.

Nous sommes prêts, d'ailleurs, à vous aider à développer votre pays, mais nous ne pouvons plus vous accueillir. Nous n'en avons plus les moyens. Voilà. Mais ceux qui sont là ? Mais ceux qui sont là, dans quelles situations ? Les clandestins ? Oui, par exemple. Alors, ils doivent rentrer chez eux. Parce que la première des choses, voyez-vous, quand on est dans un état de droit, c'est le respect de la loi. Voilà. Je pense que des gens qui viennent sans notre accord, en ayant trompé nos lois, n'ont aucune vocation à rester et même ne devraient avoir aucune vocation à être régularisés. Parce qu'ils nous mettent devant le fait accompli.

Et ceux qui sont là, en situation légale, soit ils ont un travail, ils subviennent à leurs besoins, et alors il n'y a pas de raison, si vous voulez, de les renvoyer, soit ils n'ont pas de travail, et à ce moment-là, il faut qu'ils rentrent chez eux, parce que nous ne pouvons pas subvenir à leurs besoins. Nous ne pouvons pas faire preuve de générosité à l'égard de gens qui sont venus travailler et qui n'ont pas d'emploi, alors que nous avons nous-mêmes des millions de Français qui sont sans emploi, et qui attendent après notre solidarité et notre générosité.

7:13
Présentateur

Mais vous le conduiriez, vous, le bateau qui les ramène ?

7:15
Marine Le Pen

Mais ça veut dire quoi, vous le conduiriez, le bateau qui les ramène ? D'un point de vue humain. Non mais, c'est trop facile, ça, Madame. C'est trop facile, je veux dire, parce que... C'est pas si facile que ça comme problème. Si, si, c'est très très facile. C'est que vous avez beaucoup de cœur, les uns et les autres, mais c'est aux autres de faire l'effort de se pousser. C'est aux autres de faire l'effort de laisser les logements sociaux à des clandestins. Ce sont les autres qui doivent se pousser. Ceux qui sont au balcon et qui donnent des grandes leçons de générosité, eux, ils n'ont pas d'effort à faire. Ils n'ont pas de sacrifice personnel à faire.

Alors moi, je trouve ça odieux, je vais vous dire. Les leçons de générosité, de moral, données par ceux qui n'ont pas à vivre au quotidien les conséquences de cette immigration illégale. Et je pense à la manière dont vivent les Calaisiens. Il y a quelqu'un, il y a une personne de toute la caste, là, qui irait s'installer à Calais pour y vivre ? Pas une. Voilà. Vous iriez ? Non, je n'irai pas. Bien sûr que non, je n'irai pas. Mais moi, je me bats pour que les Calaisiens puissent vivre normalement, en sécurité, sans se poser la question, quand ils rentrent du boulot le soir, de savoir s'ils vont trouver deux ou trois clandestins dans leur cuisine. Voyez-vous ? Voilà.

Moi, je les défends, ceux-là, parce que tout le monde est très prompt à avoir de la compassion à l'égard des migrants, mais personne n'a de compassion pour la population de Calais, qui voit les prix de l'immobilier s'effondrer, qui voit leur situation de vie quotidienne difficile. Ben non, regardez, le ministre de l'Intérieur, il est allé à Calais, il a fait une belle missive sur le livre d'or, il n'y avait pas un mot pour les Calaisiens. Pas un. Ben voilà. C'est tout ce qui nous différencie, effectivement, de cette classe politique.

8:53
Présentateur

Alors, l'Europe, vous êtes contre ? On le sait, c'est pas... Non, je ne suis pas contre l'Europe, je suis contre l'Union européenne. Oui. Donc, en gros, pour schématiser, vous préconisez une sortie de l'Union européenne, une sortie de l'euro. Alors, encore une fois, concrètement, qu'est-ce qui se passe après ?

9:06
Marine Le Pen

Ben, ce qui s'est passé pendant des siècles, nous avons ce qui se passe dans 95% des pays du monde, nous avons notre monnaie, comme c'est le cas partout, sauf en Europe, et par conséquent, nous pouvons adapter notre monnaie à notre économie, car aujourd'hui, notre économie meurt d'asphyxie, en réalité. Elle meurt d'une monnaie qui est beaucoup trop chère pour elle, qui est adaptée à l'économie allemande, mais qui n'est pas adaptée à l'économie française. Donc, on fait comme on a toujours fait.

9:33
Présentateur

Mais si la France sort seule de l'euro, ça sera très compliqué. Vous le savez, parce que vous le dites vous-même sur votre site, vous dites, pour que ça marche, il faudrait vraiment que chaque Etat membre sorte de la monnaie unique. C'est pas ce que j'ai dit, madame.

9:46
Marine Le Pen

J'ai dit, je pense qu'il faut organiser la sortie de l'euro. Voilà. Il faut l'organiser, il faut la préparer ensemble, car si nous ne le faisons pas, alors peut-être d'ailleurs dans peu de temps, car on annonce déjà une future crise financière, une autre, une nouvelle. Et à ce moment-là, l'effondrement de l'euro se fera dans le chaos. Personne n'a jamais intérêt au chaos. Tout le monde a intérêt à la préparation du retour aux monnaies nationales. Peut-être d'ailleurs, ils viendront, nous. Mais s'ils ne veulent pas, moi, je n'irai pas dans le mur avec eux. Voilà. Je pense qu'encore une fois, retrouver une monnaie nationale est un élément essentiel du redéploiement de notre économie.

Mais permettez-moi de vous reprendre, je ne suis pas contre l'Europe. Je suis pour l'Europe des nations, je suis pour l'Europe des coopérations librement consenties. Je suis contre le carcan qui est devenu aujourd'hui l'Union européenne,

10:43
Présentateur

cette prison des peuples. Mais si nous seuls, la France, on était en dehors de l'Union européenne, en dehors de l'euro, ce serait quand même très compliqué économiquement pour s'en sortir. Dites pas trop ça, parce que les pays qui sont en dehors de l'Union européenne, de l'Europe,

10:55
Marine Le Pen

se portent très bien. Oui, mais ils ne sont pas rentrés. C'est toute la différence. Ah, d'accord. Donc, à partir du moment où on est rentrés, on est condamnés à rester, c'est ça ? Non. Mais ça, il fallait le dire avant.

11:03
Présentateur

C'est plus difficile d'en sortir.

11:04
Marine Le Pen

C'est plus difficile d'en sortir.

11:06
Présentateur

D'ailleurs, on ne le sait pas parce qu'on n'a aucun recul puisque personne n'a jamais tenté l'expérience.

11:09
Marine Le Pen

Voilà. Mais c'est ça. Parce qu'en fait, on est obligés à nous prendre pour des cobayes, à nous imposer donc une construction européenne qui ne ressemble plus du tout à ce qu'on nous a vendu, et puis de nous dire après « Ah, comment est-ce qu'on pourrait sortir si jamais le peuple décide qu'il ne veut plus y appartenir ? » C'est quand même gênant. Parce qu'a priori, quand on a lancé l'euro,

11:32
Présentateur

c'était dans une belle forêt. Non, mais vous admettrez avec moi quand même

11:34
Marine Le Pen

qu'il y a quand même un certain amateurisme à n'avoir pas prévu le processus qui consisterait…

11:40
Présentateur

Ah, c'est sûr que ce n'est pas prévu.

11:41
Marine Le Pen

…suivant la volonté d'un des peuples de l'Union européenne d'envisager qu'ils sortent de cette Union européenne. Vous voyez bien qu'on a construit, encore une fois, cette Union européenne véritablement comme une prison et dont on nous explique aujourd'hui qu'on a jeté la clé. Eh bien voilà, moi j'apporte la clé. Après, libre au peuple de s'en servir ou de ne pas s'en sortir, ou de ne pas s'en servir, ils détermineront cela par l'intermédiaire d'un référendum. Ça coûtera cher à la France. Vous ne croyez pas que ça coûte cher à la France d'y rester dans l'Union européenne ?

12:13
Présentateur

Si, mais… Comment vous allez faire pour rééquilibrer après la dévaluation ? On sait bien qu'il faudra passer par une dévaluation du nouveau franc si on sortait de l'euro. Non, il y aurait une dépréciation automatique.

12:25
Marine Le Pen

Non, la dévaluation est un acte politique. Si nous voyons, après avoir créé le nouveau franc, que ce franc est encore trop cher, alors nous effectuerons une dévaluation politique. Mais la dévaluation n'est pas automatique. Elle est décidée si c'est nécessaire. Oui. Elle peut ne pas être nécessaire. Il y a de fortes chances pour que ce soit nécessaire.

12:47
Présentateur

Vous le dites vous-même, vous parlez d'un certain nombre à peu près.

12:49
Marine Le Pen

Oui, mais aujourd'hui, mais demain, après tout, l'euro peut perdre à nouveau de sa valeur. On ne peut pas savoir ça à l'avance. Mais il ne faut pas, en tout cas, s'interdire de passer par une dévaluation. En quoi cela constitue une difficulté ? Nous avons une certaine expérience en France de la dévaluation.

13:08
Présentateur

Oui, c'est juste qu'après, il faudra rééquilibrer les comptes. Je passais à une autre question. Que pensez-vous de quelqu'un qui critique son entreprise, l'entreprise dans laquelle il travaille ?

13:18
Marine Le Pen

Je trouve que cela dépend dans quelles circonstances. Mais si c'est publiquement, je ne sais pas, ce n'est peut-être pas tout à fait loyal. Pourquoi ?

13:25
Présentateur

Qu'est-ce que vous faites au Parlement européen, alors, Marine Le Pen, puisque vous y touchez l'essentiel de vos... Vous êtes gentille, Madame,

13:29
Marine Le Pen

mais moi, je ne suis pas une salariée, d'accord ? Je ne suis pas une salariée de l'Union européenne. Je suis une élue du peuple.

13:33
Présentateur

Oui, mais vous...

13:34
Marine Le Pen

Ah, non, mais pardon, pardon. Oui, mais c'est l'essentiel de vos règles.

13:36
Présentateur

Non, Madame, non,

13:37
Marine Le Pen

mais je crois que vous avez vraiment une vision qui est vraiment définitivement totalement dénaturée. Je suis une élue du peuple, moi. J'ai été élue par mes électeurs qui, précisément, trouvent que le Front national doit avoir un maximum d'élus pour les protéger de l'Union européenne. C'est pour cela qu'ils nous ont mis en tête des élections européennes.

13:52
Présentateur

Très bien. 25 membres, 7 pays, c'est ce qu'il vous fallait pour créer votre groupe parlementaire au Parlement européen. Vous étiez confiante, vous... Oui, je le suis toujours. Là, ce n'est pas fini, effectivement. La législature n'est pas finie. Certains des groupes qui ont... Oui. refusé l'invitation l'ont fait en vous jugeant raciste. Est-ce que c'est vous ou votre père qu'on juge dans ces cas-là, à votre avis ?

14:17
Marine Le Pen

Non, je crois surtout qu'ils sont eux-mêmes victimes de diabolisation dans leur propre pays et qu'ils pensent qu'une alliance avec le Front national risque d'aggraver en quelque sorte leur situation, car après tout, les Suédois sont eux-mêmes accusés faussement, d'ailleurs, de racisme au motif qu'ils s'opposent à l'immigration. C'est le cas, d'ailleurs, aussi du UKIP, qui lui-même est accusé de tous les maux par monsieur Cameron au motif de son positionnement sur l'immigration. Mais moi, je ne suis pas du tout désespéré. Je pense que nous ferons ce groupe. Il nous manque une nationalité. Ça peut se déclencher, d'ailleurs, du jour au lendemain. En tout cas, nous y œuvrons.

De toute façon, ça ne nous empêche pas de travailler. Il vous en manque une ? Oui, il nous manque une nationalité. Et donc, ça ne nous empêche pas de travailler et d'être assez efficace. Je crois qu'on entend parler de nos initiatives notamment dans la lutte contre la condition européenne. C'est quand même moins efficace

15:10
Présentateur

de ne pas avoir de groupe. Enfin, c'est plus handicapant, quand même. Oui, c'est plus handicapant.

15:13
Marine Le Pen

Nous travaillons dans des conditions plus difficiles, mais nous avons tellement l'habitude de travailler dans des conditions difficiles que nous sommes très efficaces.

15:19
Présentateur

Mais bon, pour revenir à ma question, à votre avis, c'est vous, Marine Le Pen, au Front national, qu'on juge raciste ou c'est l'héritage du Front national ? Là, je parle vraiment d'un point de vue de l'étranger, les partis de l'étranger. Si vous voulez, à l'étranger,

15:34
Marine Le Pen

la caricature est de dire qu'elle est peut-être encore plus forte qu'elle ne l'est en France. Parce qu'en France, nous avons des canaux pour pouvoir nous exprimer et pour pouvoir, au fur et à mesure, ce que nous avons fait au cours des dernières années, faire tomber cette caricature. À l'étranger, nous en avons très peu. Et donc, à l'étranger, les gens ne croient que ce qu'ils entendent et donc ont une vision de nous, je crois, qui est assez décalée par rapport à la réalité.

C'est la raison pour laquelle il est aussi important pour nous de pouvoir s'accueillir les uns les autres, constituer, pour l'instant, pas ce groupe, puisque nous ne l'avons pas, mais au moins cette coordination des partis patriotes qui défendent les mêmes idées que nous. C'est la raison pour laquelle je les reçois d'ailleurs, demain, à Lyon,

16:25
Présentateur

au cours de notre congrès. Alors, la Russie. Bon, le prêt russe accordé pour le financement du FN a fait la une des journaux, on ne va pas y revenir. C'était une pratique assez courante et on ne pourrait cesse de financer des partis politiques idéologiquement proches du régime. Est-ce que vous êtes idéologiquement proche de Vladimir Poutine ?

16:45
Marine Le Pen

Je partage avec Vladimir Poutine en tout cas une partie de sa vision économique, c'est une certitude, mais ça ne date pas d'hier. Enfin, je veux dire, le FN n'a jamais changé de positionnement sur ce sujet. Nous avons été tout à fait des adversaires de la décennie qui, après la chute du mur, a vu un certain nombre de personnages infréquentables essayer de s'accaparer la richesse du peuple russe et nous avons regardé plutôt d'un bon oeil l'arrivée d'un gouvernement qui a mis au pas les apparatchiks et qui a développé un patriotisme économique. C'est une évidence.

Et encore une fois, nous n'avons pas attendu d'avoir une banque tchéco-russe d'ailleurs, qui nous prête de l'argent pour être sur cette ligne. Donc, suggérer que nous adapterions notre ligne pour obtenir un prêt est d'une telle mauvaise foi et d'une telle stupidité que je ne veux même pas m'y arrêter. En revanche, si demain une banque américaine veut nous accepter avec plaisir, nous ne changerons pas d'avis sur les Etats-Unis et sur la politique que les Etats-Unis

18:01
Présentateur

mènent, je vous rassure. Qu'est-ce que vous admirez chez Vladimir Poutine ? Parce que vous avez dit que vous aviez une certaine admiration pour le personnage.

18:09
Marine Le Pen

Oui, d'abord, j'admire son sang froid, car il lui menait une guerre froide par l'Union européenne, sous impulsion des Etats-Unis, qui défendent là des intérêts qui leur sont personnels, qui est assez pénible. Je vous dis, j'admire ce patriotisme économique, j'admire qu'il ait réussi à rendre à une grande nation qui a été tout de même humiliée et persécutée, le peuple russe, pendant 70 ans, une fierté, une joie de vivre. Voilà, je pense qu'il y a des choses qui sont à regarder avec un œil positif ou au moins avec un œil impartial. Mais je pense que la France a intérêt au développement d'intérêts stratégiques et économiques avec la Russie et que

18:59
Présentateur

mener cette guerre... On en a, on en a des relations.

19:01
Marine Le Pen

Très peu, écoutez, on en avait un peu, on vient de les rompre de la manière la plus brutale et la plus malhonnête

19:07
Présentateur

qui soit. Parlons-en des raisons de la brouille, on va dire. Le Venezuela, l'Afghanistan, la Syrie et le Bélarus, outre la Russie, ont reconnu la situation politique en Crimée. Vous aussi, vous approuvez l'annexion ?

19:21
Marine Le Pen

Je pense que, au moment où ce référendum s'est organisé, il n'y avait pas de pouvoir légitime en Ukraine. C'était un pouvoir illégitime, un putsch. En réalité, c'était un gouvernement qui avait effectué un coup de force, un putsch. C'est quand même

19:37
Présentateur

Viktor Yanukovitch qui est parti. Personne ne l'a forcé à partir.

19:41
Marine Le Pen

Il s'est enfui. Oui, bien sûr, avec un couteau sous la gorge. On ne peut pas dire que le niveau de liberté soit tout à fait exemplaire. Je pense que s'il serait resté, il se serait fait éliminer, en disant les choses comme elles sont. Donc, je pense que ce référendum par conséquent a été organisé dans des conditions qui sont, pour le coup, assez peu contestables. Et la volonté de la Crimée de se voir rattachée à la Russie était, elle aussi, assez peu contestable. Cette annexion à l'Ukraine a été faite, vous le savez, historiquement, en même temps récemment dans le temps, et en même temps contre la volonté de la Crimée. Et l'Ukraine

20:23
Présentateur

n'a pas volé la Crimée. C'est quand même Khrouchtchev qui l'a donnée à l'Ukraine.

20:27
Marine Le Pen

Oui, c'est ça, c'était un cadeau. Voilà, c'est ça, un cadeau. Je prends une partie d'un territoire et je vous le donne. C'était quand même assez peu connaître l'histoire que de se scandaliser, si vous voulez, du retour de la Crimée

20:41
Présentateur

de la Russie. Mais je pense

20:43
Marine Le Pen

que la Crimée ne serait pas, en tout cas, revenue à la Russie si l'Union Européenne n'avait pas poussé à reconnaître, en reconnaissant, si vous voulez, un gouvernement qui était, en l'occurrence, totalement illégitime. Je pense que l'Union Européenne a commis une erreur majeure, d'autant que dans ce gouvernement, il y a tout de même des éléments pour le moins infréquentables, et notamment un certain nombre de nazis notoires qui, dont d'ailleurs

21:08
Présentateur

on a vu, on n'a pas terminé d'entendre parler. On dit qu'il y en a dans votre entourage aussi. Vous plaisantez, j'espère. Non, on a encore vu des photos, il n'y a pas très longtemps, de Marion, Maréchal Le Pen, entourés des anciens d'Ugud, de membres néo-nazis.

21:22
Marine Le Pen

Non, mais attendez... Non, mais écoutez, vous faites des raccourcis qui ne sont pas dignes de votre profession, je vous le dis clairement. Non, non, ce ne sont pas des raccourcis. Ce sont des faits. D'abord, considérer que un ancien d'Ugud est un nazi, si vous voulez, c'est quand même avoir une connaissance limitée des différents groupes politiques français. Oui, non, mais ce n'est pas pareil. Les nazis, quand je vous dis des nazis, en Ukraine, ce sont des nazis. Des nazis, c'est-à-dire des nazis avec des drapeaux nazis. Ils sont minoritaires, vous le savez bien. Ah, ils sont minoritaires, vous le savez bien. Ben non, justement, ils n'étaient pas minoritaires place Maïdan, figurez-vous.

Mais encore une fois, l'histoire nous donnera raison, ce n'est pas grave. Je vois qu'il y a des gentils nazis, quand ils sont ukrainiens, ils sont gentils, mais des méchants nazis. C'est pas du tout ce que j'ai dit, mais bon, si vous voulez le voir comme ça. Selon vous, donc, la situation

22:14
Présentateur

en Ukraine, c'est un peu la faute de l'Europe. C'est un peu ce que vous avez déclaré, c'est-à-dire qu'en fait, l'Europe a un peu poussé pour que le peuple ukrainien choisisse entre la Russie et l'Union européenne. Mais pourquoi vous tournez le dos à la population qui regarde vers nous, vers l'Ouest ? Mais je tourne le dos à la population qui regarde vers nous, vers l'Ouest.

22:38
Marine Le Pen

Je ne tourne le dos à personne, moi. J'ai été, depuis le début, j'ai été pour préserver l'indivisibilité de l'Ukraine, y compris, d'ailleurs, bien avant le référendum de Crimée. J'étais pour que l'on puisse organiser une fédéralisation de l'Ukraine.

22:54
Présentateur

Quel est votre intérêt à ça, alors ? Qu'est-ce qui vous intéresse

22:58
Marine Le Pen

dans une fédéralisation de l'Ukraine ? Ce qui m'intéressait, c'était d'éviter la partition, précisément, voyez-vous, c'est-à-dire exactement ce qui s'est passé. Il est évident qu'à partir du moment où l'Ukraine avait décidé, en premier lieu, d'interdire aux Ukrainiens de parler russe, ceux qui parlaient russe, on savait très bien que ça allait déclencher une guerre civile. Donc, permettre, comme ça, aux régions ukrainiennes, tout en restant dans le berceau ukrainien, de pouvoir avoir une part d'autonomie raisonnable, m'apparaissait la seule solution.

Bon, je crois ne pas avoir eu totalement tort, puisque, précisément, ça n'est pas la voie qui a été choisie et que, donc, c'est aujourd'hui la partition et le déchirement et la guerre civile.

23:42
Présentateur

Et c'est aussi parce que vous ne voulez pas de l'Ukraine en Europe,

23:46
Marine Le Pen

dans l'Union Européenne. Non, mais moi, je ne veux plus personne dans l'Union Européenne, donc ce n'est pas contre les Ukrainiens. Vous ne voulez plus d'élargissement. Je ne veux plus personne, voilà. Je considère que l'élargissement a déjà été beaucoup trop loin, que ça devient n'importe quoi, que c'est une des raisons pour lesquelles l'Union Européenne marche aujourd'hui sur la tête. Donc, ce n'est pas contre l'Ukraine.

En allant, si vous voulez dire, à l'Ukraine, soit vous passez un accord de libre-échange avec nous, soit c'est avec la Russie, évidemment, on allait recréer les conditions d'une tension dans une population dont vous avez raison de dire qu'il y a une partie qui regarde vers nous et une partie qui regarde vers la Russie. Eh bien, on a soufflé sur les braises. Eh bien, le feu a pris et aujourd'hui, la guerre est aux portes de l'Europe et c'est en partie de notre responsabilité.

24:32
Présentateur

Mais il y a quand même la moitié de la population ukrainienne qui veut être en Europe. Qui voudrait rompre avec la Russie.

24:38
Marine Le Pen

Eh bien, il suffisait de ne pas faire de chantage. Non, maintenant, elle veut rompre avec la Russie. Parce que maintenant, on a soufflé sur les braises et que le feu a pris. Moi, j'ai entendu dans les années passées condamner des gouvernements qui brutalisaient leur peuple, qui tiraient sur leur peuple. Mais là, celui de Kiev bombarde le peuple sans que personne ne s'en scandalise.

25:04
Présentateur

Ça dépend de quel point de vue on se place. C'est une histoire de fête. Si demain, par exemple, la Corse décidait de se rattacher à l'Italie et faisait un référendum.

25:14
Marine Le Pen

Eh bien, madame, je ne plaiderais pas pour faire de la Corse un tapis de bombes.

25:20
Présentateur

Donc, vous la laisseriez partir ?

25:22
Marine Le Pen

Non, je me battrais politiquement mais je n'envisagerais pas de tuer les populations civiles, voyez-vous. Mais bon, voilà, d'autres manifestement le pensent. Êtes-vous pour ou contre cette coalition anti-État islamique ? C'est-à-dire que j'aimerais savoir si elle a une efficacité, déjà. Je voudrais savoir qui il y a dans cette coalition. Et je voudrais savoir quel est l'objectif. Et quels sont les moyens. Aujourd'hui, on ne sait rien de tout cela. On a une coalition qui est en réalité exclusivement, quasiment, une coalition américaine. Se mettre derrière les Américains pour lutter contre l'État islamique, c'est à mon avis prendre des risques. Pourquoi ?

Parce que les États-Unis sont probablement les pays les plus discrédités dans cette partie du monde, compte tenu de l'histoire qui reste une histoire récente. Être dans une coalition avec le Qatar et l'Arabie Saoudite, là, pour le coup, si vous voulez, je tombe de ma chaise. Parce que le Qatar et l'Arabie Saoudite ont été les pays qui ont financé le fondamentalisme islamiste.

26:22
Présentateur

C'est de l'aréal politique, ça. On le sait bien. C'est comme nous qui avons soutenu l'Irak pendant la guerre Iran-Irak. Et puis après, voilà.

26:30
Marine Le Pen

C'est des alliances qui changent. Oui, d'accord, sauf que ça continue. Sauf que le Qatar continue à financer, à acheter des chars pour eux. C'est pas très clair la position du Qatar, quand même. À financer des armes. Oui, mais on l'assure, on le sait. Très récemment, ils livraient des armes au fondamentalisme islamiste. Donc, moi, je veux bien l'aréal politique. Mais l'aréal politique, ça consiste à ne pas avoir un type qui vous plante un couteau dans le dos. Bon, moi, je considère que le Qatar et l'Arabie Saoudite nous plantent un couteau dans le dos. Et que donc, partir dans une coalition avec ces pays-là, c'est juste de la folie. Donc, on laisse

26:58
Présentateur

faire l'État islamique et ce qu'on fait pour les arrêter ?

27:00
Marine Le Pen

Non, je ne dis pas qu'il faut laisser faire. Mais d'abord, encore une fois, si on parle de réel politique, est-ce qu'il faut s'empêcher d'aller éventuellement combattre l'État islamique ? On sait que le centre de l'État islamique, c'est en Syrie. On va dire, ah non, on ne veut pas parce que ça risque d'aider Bachar al-Assad. Bon, excusez-moi, mais la diplomatie, la politique internationale, c'est la politique du moins pire. C'est quoi le moins pire aujourd'hui ? Je crois que le moins pire aujourd'hui, c'est d'aller combattre l'État islamique partout où on peut lui, comment dire, porter les coups les plus durs. Donc, même en Syrie ?

Évidemment, même en Syrie, mais avec l'accord, évidemment, du gouvernement syrien. Pourquoi ? Parce que sinon, on rompt les lois internationales en vigueur. On ne peut pas allécher les gens, bombarder. Enfin, normalement, vous me direz, depuis un certain nombre d'années... C'est vrai que le droit international est passé par-dessus la jambe, chacun fait ce qu'il veut, où il veut, quand il veut, surtout

28:03
Présentateur

les Américains, d'ailleurs. C'est au nom de la souveraineté nationale.

28:05
Marine Le Pen

Ben oui, au nom du respect

28:07
Présentateur

du droit international. Vous défendez la souveraineté nationale en Syrie, mais pas en Ukraine.

28:11
Marine Le Pen

Mais, Madame, en Ukraine, personne n'est venu pour forcer, encore une fois, les... De la même manière qu'on sait... Vous mélangez...

28:19
Présentateur

De la même manière qu'on sait que le Qatar aide et finance militairement l'État islamique, on sait qui, par qui sont aidés les rebelles en Ukraine, quand même. Ben, écoutez, comme on

28:31
Marine Le Pen

savait qui a descendu l'avion. Ben, ça... Est-ce qu'on le sait vraiment ? Pour l'instant, on ne le sait pas. L'enquête est toujours... Attendons donc de voir. Parce que moi, précisément, permettez-moi, quand ce sont les Américains qui me disent ça, permettez-moi de douter. D'ailleurs, je doute de tout ce que disent les Américains. C'est clair ? Nous, on a des équipes en Ukraine. Tout ce que les Américains disent est sujet à caution. Oui, mais là, c'est moi qui vous le dis. Je ne suis pas les Américains. Depuis les petites... Comment dire ? Armes de destruction massive, je crois que nous sommes victimes de propagande systématique de la part des Américains. Est-ce que vous

29:09
Présentateur

persistez à dire et à penser que le phénomène des djihadistes français et européens, d'ailleurs, parce que ce n'est pas uniquement un problème français, est dû à l'immigration ? Ou à la conséquence de l'immigration ? Bien sûr.

29:19
Marine Le Pen

Évidemment. La montée du fondamentalisme islamiste dans notre pays a été tout à fait corrélée avec l'immigration massive que nous avons vécue. Bien sûr. Enfin, je veux dire, pense... Dire l'inverse c'est ne pas avoir la moindre conscience de la réalité. La multiplication des mosquées dont une partie, que les choses soient claires, je n'accuse pas toutes les mosquées, dont une partie sont des mosquées salafistes, sont des mosquées fondamentalistes, sont la conséquence d'une immigration massive dans notre pays. Ce ne sont pas la... Ce n'est pas la conséquence d'une conversion massive des Français à l'islam.

Maintenant, sachant cela, il faut évidemment mettre en place les conditions pour lutter contre ce fondamentalisme islamiste. Et on fait comment, alors ? Eh bien, on contrôle d'abord le financement des mosquées. On évite que ce soit le Qatar et l'Arabie Saoudite qui financent à temps de bras des mosquées, des associations soi-disant culturelles, qui en réalité sont les vecteurs de passage de cette... et de développement de cet islam politique.

30:27
Présentateur

Quand vous dites qu'on contrôle le financement, c'est-à-dire en fait on l'arrête ?

30:29
Marine Le Pen

Oui, voilà, c'est ça, voilà, exactement, on l'arrête. On demande à ce que les prêches soient en français. On agit pour fermer les mosquées qui sont des mosquées où est développé un discours de haine et de meurtre. Or, il en existe en France. Bon, quant à ceux qui sont partis, il ne faut pas qu'ils reviennent. Voilà, donc ceux qui sont... qui ont la double nationalité, il faut... les déchoirs de la nationalité française, et ceux qui n'ont que la nationalité française, qui sont une ultra minorité, il ne faut pas se raconter d'histoire là non plus, eh bien...

31:00
Présentateur

C'est pas si... c'est pas s'il y a d'autres gens que ça, il y en a quand même... dont les 25%.

31:06
Marine Le Pen

Qui n'ont que la nationalité française ? Ben vous avez de la chance d'avoir ces chiffres, parce que le Ministère de l'Intérieur nous a donné un chiffre précis de ceux qui étaient partis, 1132,7. C'est quand même très très précis. Mais en revanche, on n'a pas eu les profils de ces gens-là. Donc si on fait la transparence, il faut faire la transparence jusqu'au bout. Bon, eh bien ces 25%-là, s'il est avéré qu'ils ont commis des actes qui sont des actes criminels, on n'a pas besoin d'attendre qu'ils reviennent pour les condamner. Voilà.

On les attrape, on les fait passer devant la cour d'assises, on les condamne, et le jour où ils reviennent, on les attrape, et on les met directement à la casse-prison.

31:40
Présentateur

Pour finir, est-ce que... euh... je voudrais juste vous demander un mot, un adjectif qualificatif sur quatre personnalités. François Hollande. Un faux mot. Angela Merkel. Une dame de fer. Jean-Claude Juncker. Haha.

32:10
Marine Le Pen

Un sacré hypocrite. Barack Obama. Euh... Une déception.

32:18
Présentateur

Ah oui.

32:20
Marine Le Pen

Ouais. Il aurait pu, il est un peu comme Nicolas Sarkozy, ils ont eu en main une crise terrible, ils auraient pu en tirer l'opportunité de tout changer, et ils ont fait le choix de tout laisser en l'état, de tout continuer.

32:36
Présentateur

Un petit peu les mains liées avec son congrès.

32:38
Marine Le Pen

Non, ils pouvaient faire plein de choses, ils pouvaient séparer les banques de dépôt et les banques d'affaires, ils pouvaient changer, je veux dire, la manière dont ils pouvaient mettre un coup d'arrêt à la financiarisation de l'économie, à la spéculation, à tout va, etc. Ils ont eu une opportunité, ils s'en sont pas servis, bon ben voilà, l'histoire les jugera là-dessus. Très bien. Je vous remercie.