Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewLe Figaro (sur YouTube)· 26 octobre 2022 29 minComplaisantMixteÉconomie & entreprisesRetraitesImmigration & asileSécurité

🔴Sécurité, inflation, immigration: ce qu'il faut retenir de l'interview de Macron du 26 octobre

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:30OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qu'il faut retenir selon vous de cette interview d'Emmanuel Macron ?

  • 3:40OuverteRéponse directe

    On était sur une interview de façade de la part de Caroline ?

  • 4:46OuverteRéponse directe

    Est-ce que c'était le rôle ici d'essayer de le pousser, ou est-ce que c'était plutôt d'essayer de lui faire expliquer son programme ?

  • 12:38OuverteRéponse directe

    Il a été interrogé aussi longuement sur les retraites, est-ce qu'il s'en est bien sorti ?

  • 21:20FerméeRéponse directe

    Est-ce qu'il a parlé d'ensauvagement ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:30InvitéFait
    « ce qui arrive assez régulièrement au président, qui n'est pas spécialement économe de la parole présidentielle. »
  • 1:49InvitéFait
    « toujours libéré, protégé, en même temps libéré, protégé »
  • 2:40InvitéChiffre
    « il y a exactement une minute, j'ai chronométré, sur la question de la dette et des déficits. »
  • 12:49PrésentateurChiffre
    « Il a confirmé. Il a dit 64 ans. »
  • 13:45InvitéFait
    « il a mis la barre au bon endroit, je pense. »

Temps de parole

  • Invité76 %
  • Présentateur24 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Figaro et bonsoir, nous sommes en direct, vous venez de le suivre, l'interview d'Emmanuel Macron par Caroline Roux pour France 2 pour l'événement, une émission appelée Les Urgences françaises. Il y a deux semaines, on parlait de l'international, aujourd'hui, on a parlé de la France. Et pour parler de tout ce qui s'est dit aujourd'hui, je suis avec Christophe De Vogue. Bonjour Christophe. Bonjour. Spécialiste de rhétorique politique, historien, on va parler avec vous un peu de tout ce qui s'est dit, de ce qui ne s'est aussi pas dit. Vous les interdètes du Figaro, vous n'hésitez pas tout au long de ce live, bien sûr, à poser vos questions, on y répond au mieux comme d'habitude.

Christophe, déjà une question un peu globale, qu'est-ce qu'il faut retenir selon vous de cette interview d'Emmanuel Macron ?

0:35
Invité

C'est une interview, j'allais vous renvoyer la question, c'est une interview qui est longue quand même, qui dépasse d'ailleurs son, qui dépasse le temps imparti, ce qui arrive assez régulièrement au président, qui n'est pas spécialement économe de la parole présidentielle. Je crois que c'est une prestation techniquement bonne, au sens où l'orateur a été dynamique, énergique, présent, très concentré, très bon, on peut dire, dans les trois quarts de l'émission. On y reviendra un peu plus faible à la fin, est-ce la fatigue ou est-ce le choix des sujets, peut-être, que tout y contribue.

Donc c'est un bon Macron, je crois, techniquement, qui voulait envoyer un message sur la question du cap, c'est-à-dire dire, un, je suis toujours là, deux, j'ai des idées claires. C'est la dernière question de Caroline Roux d'ailleurs qui a demandé, est-ce que vous avez toujours un cap ? Voilà, c'est évidemment ça.

Alors malheureusement, ou heureusement, enfin je ne sais pas comment les Français l'interpréteront, il n'y a pas de nouveauté sur ce cap parce que c'est comme il nous l'a dit, et finalement comme il nous l'a dit, à la fois en général et en détail, toujours libéré, protégé, en même temps libéré, protégé, avec quand même une grosse assistance depuis, on peut dire, la crise Covid sur la protection des Français parce qu'il y a quand même quasiment une demi-heure au début de l'émission, l'État vous aidera, l'État vous protégera, l'État sera là, on peut multiplier les citations, nous avons décidément un État formidable.

2:12
Présentateur

Oui, parce que la première partie de l'émission a été concrètement faite sur l'économie, sur comment l'État va aider les Français. On a eu cette mesure, les prix de l'électricité et du gaz vont peut-être une hausse de 15%, a-t-il dit, et du coup, les PME collectivité locale, il y aura quelque chose pour amortir le choc, donc l'État va aider à ce niveau-là.

2:34
Invité

Alors l'État français, vous savez, il est quand même merveilleux puisque c'est visiblement le seul État au monde qui arrive à aider sans limite parce que j'ai constaté qu'il y a à peu près, donc une demi-heure sur l'aide de l'État, il y a exactement une minute, j'ai chronométré, sur la question de la dette et des déficits. Une minute. Bon, je crois que ça en dit long.

La journaliste n'est pas une journaliste spécialiste de l'économie, c'est une journaliste de la politique, donc elle est sensible aux questions d'opinion publique, aux questions de rhétorique politique, elle est sensible aux enjeux des sondages, mais évidemment, la question de la dette et du déficit n'est évidemment pas au cœur de ses préoccupations. Donc là, le président est très à l'aise là-dessus puisque les questions gênantes ne lui sont pas posées. On est bien d'accord sur la dette française, sur sa soutenabilité, sur le rôle de l'Allemagne, très peu de choses finalement sur le fait que est-ce que la France a encore la garantie allemande pour son endettement.

Enfin, les questions qui gênent sur ce sujet, comme sur finalement tous les autres, n'ont pas été posées, ce qui quand même permet au président d'avoir la main plus facile.

3:40
Présentateur

On était sur une interview de façade de la part de Caorino ?

3:43
Invité

On a une interview qui n'est pas extrêmement intrusive. Je ne prendrai que trois exemples. Arriver à parler quand même d'énergie pendant un bon quart d'heure sans mentionner ni Fessenheim, ni le programme de fermeture de 12 réacteurs, est tout de même un tour de force. Arriver à parler d'immigration et de délinquance sans évoquer l'affaire Lola est un peu surprenant. Donc on ne peut pas dire que les questions aient été très gênantes, ou encore sur l'immigration. Le président, si précis, mentionne un certain nombre d'aspects de l'immigration, mais ne parle pas d'immigration familiale, par exemple.

La journaliste se garde bien, ou le sait-elle, je ne sais pas, se garde bien de poser une question là-dessus. Ou sur les mineurs isolés, enfin on y reviendra. Donc il y a une interview qui est finalement assez, on va dire, complaisante, mais qui ne pose aucune difficulté majeure à un esprit aussi brillant qu'Emmanuel Macron.

4:42
Présentateur

Oui. Alors est-ce que c'était le rôle ici d'essayer de le pousser, ou est-ce que c'était plutôt d'essayer de lui faire expliquer son programme et ce qu'il avait prévu d'expliquer son cap, finalement ?

4:54
Invité

Je pense quand même qu'un journaliste, dans une interview en face à face, il n'est pas forcément là pour simplifier la vie du réseau de sa politique. Il doit quand même aussi, puisqu'il y a des questions qui se posent dans l'opinion, il y a quand même des questions sur les déficits, il y a des questions sur l'inflation, il y a des questions sur l'immigration, il y a des questions sur la délinquance. Et on peut attendre que le journaliste, dans une telle émission, se fasse le relais des interrogations des Français. Donc je pense qu'il n'a pas eu un exercice extrêmement difficile et que par ailleurs, il était encore une fois en forme, on va dire.

5:31
Présentateur

Alors il y a eu des questions sur les salaires. Il a beaucoup été interrogé au début sur les salaires. Il est resté sur sa ligne. Il a dit « Je ne veux pas être démago, mais je ne suis pas là pour dire qu'on va réinaxer les salaires sur l'inflation. »

5:42
Invité

D'ailleurs, on l'a vu, cette remarque « Je ne veux pas être démago, les fils se touchent, les copains font mieux que nous, moins bien que nous », le recours à un vocabulaire assez familier, qui n'est d'ailleurs pas un artifice, qui est le Macron tel qu'il se parle, je dirais, en dehors d'une émission de télévision, et qui veut donner ou donne une impression de spontanéité. Ça, c'est très important, et de parler directement à la façon dont les Français se parlent. Donc je pense que là, c'était pas mal. Mais là, encore une fois, il n'a pas été très gêné, par exemple, sur une question très simple. Est-ce que... Alors cet État, on n'arrive plus à s'y retrouver à la fin, finalement.

Comme dit le président lui-même, on ne va rien y comprendre. Est-ce que cet État qui peut tout faire dans certains domaines, ne peut rien faire sur les salaires, on ne s'y retrouve plus très bien. C'est-à-dire que cet État tout-puissant, d'un seul coup, n'est plus puissant. Et alors là, sur d'autres sujets, il n'a plus aucun pouvoir. Donc sur l'inflation, par exemple, c'est une inflation importée de l'extérieur, un impôt de l'extérieur, j'ai noté l'expression. C'est très discutable, ça. Un économiste, un journaliste économiste, ou un économiste, dirait tout de suite qu'elle n'est pas seulement importée.

6:56
Présentateur

Est-ce qu'on aurait pu se dire que la prochaine fois, pour une interview comme celle-là, on ramène le journaliste en chef de l'économie de France 2 pour interroger Emmanuel Macron ?

7:07
Invité

J'ai un peu tendance à penser que, là, c'est une question de mœurs journalistiques dans nos différents pays, j'ai un peu tendance à penser que sur l'international, il vaut mieux un spécialiste de l'international que sur l'économie, il vaut mieux un journaliste de l'économie. Et sur les questions proprement politiques, d'ailleurs, on l'a vu sur la question des votes de l'Assemblée, sur la question du CAP, Karine Roux est tout à fait là dans son rôle.

Donc je pense qu'en effet, peut-être un petit problème de l'habitus français de donner toutes ces interviews à des journalistes politiques qui connaissent, parce qu'on ne peut pas tout connaître, plus certains sujets que d'autres, et notamment les sujets économiques.

7:42
Présentateur

Alors, on a entendu parler aussi du Conseil national de la refondation, une grande conférence sur le partage de la valeur au moment total. On en reparle une nouvelle fois.

7:51
Invité

Je crois que ça, c'est un petit peu une obligation pour le président de remettre sur la table son Conseil national de la refondation qui, il faut bien le dire, a quand même fait pchit pour reprendre une expression bien connue. C'est-à-dire qu'à part lui, et encore, j'ai envie de dire, qui y croit, à ce CNR un peu mal nommé, qui a l'air de doubler le Parlement, enfin, qui fait un peu grand débat bis, grand débat qui n'a pas laissé un immense souvenir, qui était très réussi sur le moment, mais les gens se disent, mais à quoi ça a servi ? Alors, vous savez, des conseils nationaux de la refondation sur le partage de la valeur, je crois que ça échappe à l'entendement de beaucoup.

8:33
Présentateur

Oui, alors, on l'a vu, en plus, France 2, passer des petits reportages pendant. On a vu, par exemple, cette mère de famille qui parlait, justement, de ce qu'elle n'arrivait plus à vivre et qui terminait son interview en parlant de ceux qui touchaient les aides sociales et qui pouvaient gagner de l'argent, pas comme elle. Et Karim Roux, par exemple, n'a pas réinterrogé sur ça. Il n'a pas eu besoin de parler de ça.

8:54
Invité

Non, enfin, il a pu barteler ce qui, moi, me paraît être l'axe majeur, en fait, du macronisme, on va dire, socio-économique. En tout cas, le cap, qui d'ailleurs, encore une fois, est le même, est un inconvénient, est un avantage, on peut en discuter éternellement, mais qui est le travail. Et là, je ne sais pas si on peut venir plus loin, mais là, c'est intéressant parce que, sur un certain nombre de points, il y a véritablement des appels du pied tout à fait explicites aux Républicains.

9:26
Présentateur

Effectivement, alors, les Républicains, on peut peut-être partir, du coup, sur la partie un peu politique de ce qui s'est passé parce que, est-ce que ça n'a pas été ça, le moment fort de cette interview, c'est cet énervement contre l'ANUPS ?

9:38
Invité

Contre l'ANUPS et contre les extrêmes, on va dire. Là, il y a eu un moment, alors, assez rare, quand même, dans une interview comme ça. Là, en général, le président a de temps en temps quelques éclairs d'agacement ou de colère, mais qu'il réfrène vite. Là, il s'est vraiment laissé aller pendant de longues minutes sur l'alliance des extrêmes irresponsables qui ne peuvent pas former un gouvernement, etc., etc. Et Caroline Roux était très à l'aise là-dessus, lui aussi. Quel est le message ? Moi, j'ai noté, le message était très clair. C'était, donc, ces gens-là ne sont pas en situation de gouverner. En revanche, il y a une autre solution qui paraît jouable.

Et d'ailleurs, il a même ébauché un programme, si on regarde bien, très rapidement et brillamment. Finalement, avec LR, on pourrait voter, j'ai noté, sur le travail, sur les retraites, sur les migrations et sur l'énergie. Exactement, il a parlé du nucléaire. Je pense qu'on peut travailler avec les parlementaires LR. Là, c'était assez incroyable, c'est-à-dire, véritablement, un programme de coalition. Je pense que ça va ressortir demain dans les commentaires.

10:40
Présentateur

Oui, alors, c'était une main tendue. Alors, il l'a dit aussi. Cela avait été recherché par la Première ministre dès le début. En fait, il a essayé d'aller du côté de LR, avant la législative, pour essayer de former...

10:51
Invité

Oui, ça, c'est certainement vrai. Mais l'essentiel, c'est que ça sorte maintenant, en tout cas, c'est-à-dire que les extrêmes s'étant alliés dans le vote d'une motion de censure, eh bien, appellent à la France raisonnable, en fait, hein. Et au bon moment, opportun, bien lancé, à un moment donné où LR est en pleine élection de son nouveau président, au moment où on sent qu'il y a un peu d'hésitation sur la conduite à tenir, au moment où LR a eu du mal à expliquer son vote ou son non-vote de la motion de censure, le président la met un coin dans le dispositif, comme il a déjà fait à d'autres occasions. Et je pense que c'est assez... C'est très habile. Et surtout, ça a été extrêmement précis.

C'est la première fois que je vois, en Macronie, et venant du patron lui-même, un programme de gouvernement avec LR.

11:43
Présentateur

Voilà, je pense donc qu'on peut travailler avec ces parlementaires sur plusieurs réformes comme celle des retraites, sur les énergies renouvelables et le nucléaire. Effectivement, c'est précis. On leur dit... Et l'immigration. Et l'immigration. Et là, on leur dit, voilà, vous allez travailler avec nous. Enfin, c'est une vraie main tendue. Ouais.

11:58
Invité

C'est une... Avec en plus, alors, quelque chose d'assez subtil, de subliminal, qui est juste derrière le référendum. Et puis, de toute façon, j'ai le référendum. Et puis, de toute façon, j'ai la dissolution. Donc, rappeler à des gaullistes... C'est toujours bon de rappeler que le patron, c'est lui. Donc, il a fait... C'était extrêmement... J'ai trouvé ça très habile. M'a tendu en rappelant quand même que, attention, les gars, pour parler comme lui, attention, les copains, j'ai le référendum et j'ai la dissolution. Et qu'est-ce qu'il a voulu ? Le général de Gaulle, il l'a cité encore, et les artisans de la Constitution. Je trouvais ce passage

12:32
Présentateur

particulièrement brillant. Donc, effectivement. Donc, là, c'est sur la partie politique. Je vais vous poser encore une petite question sur la partie économique. Il a été interrogé aussi longuement sur les retraites, sur la réforme des retraites. On lui a demandé, voilà, jusqu'où ? Est-ce que vous pouvez nous confirmer ce chiffre ? Il a confirmé. Il a dit 64 ans. On lui a ressorti ce qu'il disait en 2017, forcément. Est-ce que là, il s'en est bien sorti ? Bon, écoutez,

12:55
Invité

il y a deux façons d'apprécier ça. Les gens, les experts, souriront. Parce qu'on sait, depuis 2017, qu'on savait en 2017, comme en 2010, comme en 2005, comme en 2000, que les retraites n'étaient pas équilibrées. D'accord ? Ça, en dehors de quelques, on va dire, analyses du Conseil d'orientation des retraites qui font sourire les experts de la question, Emmanuel Macron, qui s'y connaît, savait très bien, à l'époque, ce qu'il en était. Mais ça, c'est pour les experts. Il a, disons, il a botté en touche là-dessus. Et puis, il a proposé, il a utilisé ce qu'on appelle des arguments d'opportunité. Mais depuis, on a eu les crises, etc. Tout a changé. Bon, tout ça, on achète ou on n'achète pas.

Moi, je souris. Mais il a surtout proposé... Enfin, il est sorti du flou qui lui était beaucoup reproché. Et il a mis sur la table, on va dire, soit 65 ans, soit 64 ans, plus trimestre supplémentaire. Ce qui revient au même, quasiment. Ce qui est plus vendable, ce qui est plus esthétique, mais ce qui reviendra au même, c'est-à-dire l'extension du dispositif Touraine, comme on dit, vous savez, c'est-à-dire l'augmentation progressive du nombre de trimestres nécessaires. Bref, il a mis la barre au bon endroit, je pense. Et maintenant, il va être jugé sur sa fermeté. Et là, d'où, alors, tout se tient, LR. Oui, parce qu'il va falloir négocier avec eux.

Parce que là, il y aura évidemment une motion de censure avec, il y aura un 49.3, une motion de censure avec évidemment une nouvelle alliance des extrêmes. Donc, le vote LR ou l'abstention de LR sera décisive.

14:28
Présentateur

Il a quand même dit sur ce point qu'il voulait négocier. Alors, il a annoncé qu'il était assez sûr de lui mais qu'on pouvait bouger à la marge. Il veut négocier sur les carrières longues, sur la pénibilité. Il laisse quand même la porte ouverte.

14:40
Invité

Et il faut bien sûr donner un peu de grain à moudre aussi selon l'expression consacrée. Et donc, on voit bien que les modalités, bon, pareil, l'histoire de 64 ans, c'est aussi pour les carrières longues. C'est-à-dire que si vous avez travaillé plus jeune, vous aurez plus de trimestres. Donc, il laisse, mais sur l'essentiel, il était important qu'ils disent voilà, c'est, on va dire, allez, c'est 64 ans et 6 mois. Voilà.

15:01
Présentateur

Maintenant, le cap est fixé. On a Paul Rogowinkuli. Ça nous change des médias comme Le Monde dans notre interview. Alors, je ne sais pas pourquoi mais en tout cas, merci de rester avec nous et de nous poser vos questions. N'hésitez pas à poser vos questions à Christophe Devoque qui sera très content, j'imagine, d'y répondre. Ensuite, on a parlé d'énergie avec un exemple qui vous a fait aussi un peu sourire, je crois, c'est celui de la Chine.

15:22
Invité

C'est-à-dire que je n'ai pas très bien compris parce que, bon, c'était aussi la présentation journalistique, c'est que la Chine, certes, est tout à fait pionnière en matière de véhicules électriques, mais enfin, on aurait peut-être pu commencer par rappeler que les véhicules électriques et la question des émissions et des effets de serre, mais là, c'est encore un problème de connaissance. Ce n'est pas le sujet. La France peut transformer demain matin ou arrêter même de la circulation automobile, ça ne changera rien au réchauffement climatique. Donc quand le président dit c'est pour le climat, ça, ce n'est pas vrai. On sait que ce n'est pas vrai. Bon, ce n'est pas pour le climat.

Ça, c'est pour des raisons purement politiques et électorales, c'est pour le vote écologiste. Donc, c'est totalement la moitié de l'épaisseur du trait à la question des véhicules électriques en France. En revanche, la Chine, il fallait peut-être rappeler que c'était le premier pollueur du monde. Le premier émetteur est de très loin de gaz à effet de serre. à aucun moment ça n'est venu en discussion.

16:17
Présentateur

Effectivement. Vous l'avez dit, on a parlé du nucléaire sans parler de Fessenheim. Oui. Tout de même. Tour de force. Tour de force, on a parlé du charbon, on a parlé du gaz de schiste. Il s'est évité une petite pique à Nicolas Sarkozy. Là,

16:31
Invité

on sent très bien la grande... Enfin, on verra jusqu'où ça ira puisque la dernière interview de l'ancien président, je ne sais pas comment l'actuel président l'a prise, mais il est clair qu'il a évité, puisque vous savez que c'est sous Nicolas Sarkozy que l'interdiction de l'exploration et de l'exploitation du gaz de schiste a été adoptée sur la proposition de Christian Jacob. Donc, ça aurait été amusant de relever ça, la contradiction de l'ancien président. Mais il est évident que c'est une contradiction française au-delà des présidents, c'est-à-dire qu'on avait des moyens d'indépendance énergétique que l'on n'a pas utilisés quels qu'ils soient.

17:12
Présentateur

Effectivement. Ensuite, on a parlé de la santé, du rôle des médecins. Il a ouvert une porte sur les médecins en leur disant vous pourrez partir à retraite sans cotiser. C'est quelque chose aussi qui peut ouvrir des portes pour d'autres personnes plus tard. Oui, alors là,

17:30
Invité

je suis un peu perplexe parce que vous savez actuellement que si vous cumulez emploi et retraite, vous payez sur la partie emploi votre cotisation de retraite. c'est-à-dire que vous contribuez au système collectif sans gagner de nouveaux droits. Là, le président a l'air de proposer un système où vous ne prierez plus de cotisation de retraite. Alors là, ça me semble tout à fait étonnant. Je crois qu'on aurait dû le relever et les experts le relèveront. C'est totalement contradictoire avec ce qu'il a dit au début, son grand argument pour dire il faut travailler plus pour soutenir notre modèle par répartition.

Alors si les gens travaillent plus mais ne cotisent pas à ce système par répartition, il y a un problème. Vous voyez ce que je veux dire ? Donc là, un, il y a un problème de cohérence qui aurait dû être relevé ou qui le sera, mais surtout, il va y avoir un problème là, nous sommes en France, de compétition, c'est-à-dire que des catégories diverses et variées qui cumulent emploi et retraite vont dire et pourquoi pas nous ?

18:28
Présentateur

Oui, on ouvre une porte et du coup, peut-être que d'autres gens vont vouloir s'engouffrer dedans et on va se retrouver avec énormément de gens qui vont... Est-ce qu'il n'a pas ouvert une petite boîte de Pandore ? On peut le dire ?

18:40
Invité

Moi, je pense que ce n'est pas extrêmement bien pensé et il était pourtant très fier de l'annonce puisqu'il y a eu un suspense, vous savez, nous avons préparé quelque chose d'extraordinaire pour les médecins et il a fini par dire voilà, ce système-là plaira aux médecins, ça c'est sûr, aidera peut-être à résoudre une partie du problème que nous avons mais vous allez voir où je me trompe beaucoup de dès demain les anciens avocats, les anciens professeurs, les anciens... tout ce que vous voulez vont dire

19:11
Présentateur

et pourquoi pas moi ? Oui, moi je travaille et pourquoi je ne continuerai pas ? Je salue Cédel Belcanto qui vient de nous rejoindre une nouvelle fois, n'hésitez pas à poser vos questions. Ensuite, on a parlé de l'immigration, il a été confronté aux chiffres des OQTF, seulement 5% qui sont vraiment effectués. Alors là,

19:32
Invité

il faut quand même dire quelque chose, toute la fin de l'émission, un petit peu d'ailleurs précipité par le temps, sur les deux grands sujets qui sont immigration et délinquance, d'abord, un petit peu de remarque en tant que spécialiste de rhétorique, on sent que sur ces sujets, le président est beaucoup moins à l'aise. Ça se voit dans le body language, ça se voit dans le fait qu'il lit. Il prend ses notes beaucoup plus. Bien sûr, il prend ses notes, il ne connaît pas les chiffres par cœur alors que vous avez vu qu'il connaît la moindre hausse du quart de delta du SMIC depuis 1970, d'accord ? Et là, il connaît moins le sujet, on sent que ça n'est pas son sujet.

Et là, je crois que dans le body language, dans l'attitude, on sent que justement, ça n'est pas sa priorité. Il faut bien qu'il en parle, c'est le sujet, un des sujets importants de l'actualité, n'est-ce pas ? Mais ça n'est pas son sujet. On le voit bien aussi, lui qui est si précis dans les descriptions des mécanismes jusqu'à parfois en être un peu lassant quand il décrit chaque mécanisme pour les voitures électriques. Là, curieusement, il oublie un certain nombre de catégories. Ça m'a frappé beaucoup.

Il parle d'immigration, il parle de l'immigration de travail, il parle des étudiants, il parle de l'asile et il ne parle pas de l'immigration familiale qui est la plus importante immigration en France, la plus importante source d'immigration. On voit bien que là, il y a un problème politique majeur. Quand il parle des sources de la délinquance liées à l'immigration, il ne parle pas des mineurs isolés qui sont quand même à des problèmes majeurs, notamment dans l'insécurité. Et là, il va se faire vraiment, je pense, reprendre demain quand il parle de la sécurité surtout à Paris. Non, justement.

Ce que montre la situation actuelle, c'est que l'insécurité est maintenant répandue dans toutes les grandes métropoles et y compris dans des villes moyennes. Donc là, je pense que sur ces sujets, il n'a pas été bon.

21:19
Présentateur

Oui, alors il a été poussé par rapport au propos de son ministre de l'Intérieur, de Gérard Manin qui parlait d'ensouvagement. Est-ce que lui, il parle d'ensouvagement ? Alors, il a quand même dit la société française, alors je vais retrouver la citation. Il est devenu plus violente. Voilà. Il est devenu plus violente, c'est quand même un aveu de sa part. Non, c'est la société, c'est pas lui. Oui, mais je veux dire que lui le dise, est-ce qu'il l'avait déjà dit comme ça ?

21:43
Invité

En tout cas, là, il est en position de commentateur. C'est pas le fait, on lui demande pas si la société est plus violente, on lui demande ce qu'il fait. Quand vous répondez, alors ça s'appelle en rhétorique un changement de cadrage, c'est-à-dire on l'interroge sur l'action du gouvernement, il répond à la société. Vous voyez ? Et ça, c'est une des grandes forces de la rhétorique de Emmanuel Macron, c'est qu'à chaque fois, il est commentateur de la situation. Il peut vous parler pendant des heures de comment les choses se passent en Ukraine ou dans la santé française sans répondre à une question sur l'action et les politiques publiques. Et vous, vous faites quoi ?

Il répond pas à cette question ? Jamais. Ou rarement, sauf quand, j'ai tort de le dire jamais, il répond à cette question, mais quand il ne peut pas répondre, il fait des commentaires. Et ce qui est frappant dans sa rhétorique, c'est ce qui d'ailleurs rend les réponses toujours très longues, c'est ce qu'on appelle la contextualisation. Vous lui posez n'importe quelle question, il vous fait un panorama depuis l'origine du monde, sur la planète entière du sujet.

C'est-à-dire qu'il passe un grand oral et il énumère tous les aspects du problème, toutes les solutions évoquées et à chaque fois qu'on l'interrompt, on peut lui dire peut-être qu'on pourrait répondre à la question, il dit mais sinon on ne va rien comprendre. C'est ce qu'on appelle la contextualisation qui est une arme qu'on apprend dans les bonnes écoles françaises est un peu quelque chose qui est un petit peu je dirais une ruse trop connue des politiques. C'est-à-dire c'est une façon de gagner du temps de ne pas vraiment répondre au sujet précis. Ça a d'ailleurs assez énervé Carvedrou qui a essayé de le presser quelques fois.

Qui a tout à fait bien compris ce qui se passait et qui est revenu à la charge à plusieurs reprises mais qui n'a pas peut-être posé

23:19
Présentateur

les questions les plus gênantes. Oui. Lucas qui nous demande des relations bilatérales avec l'Allemagne alors il n'en a pas vraiment parlé puisque ça c'était sur la partie d'il y a deux semaines là il n'a pas été trop question en tout cas de l'Allemagne il en a parlé assez rapidement sur quelques sujets pour donner finalement des points de comparaison mais il n'a pas parlé des relations en tant que telles. Je vais vous récupérer une autre question oui voilà donc c'était sur la sécurité il a demandé justement de pacifier la société il fallait pacifier la société mais là une fois de plus il n'a pas donné lui ce qu'il allait faire enfin il n'a pas donné d'acte en tout cas concret sur ça.

Non éducation

23:52
Invité

quand il y a je suis professeur donc quand on n'a pas de solution on dit toujours c'est l'éducation vous savez qui va qui va régler le problème sauf les on oublie toujours que peut-être l'éducation d'abord à s'occuper d'éducation et d'enseignement donc ça c'est la réponse un peu facile là aussi je le disais la politique pénale par exemple peut-être que c'est quelque chose qui relève du gouvernement la politique pénale pas seulement les moyens de la justice mais la politique pénale là c'est encore un sujet qui a été évacué par le président il pourrait peut-être changer la politique pénale la question n'a pas été posée

24:30
Présentateur

j'avais quelques petites questions de rhétorique sur la fin est-ce qu'il y a des petites phrases qui pourraient lui coûter cher de ce qu'il a dit des petites choses qui pourraient se retourner contre lui de ce qu'il a dit ce soir

24:42
Invité

je trouve que dans l'ensemble je vois pas énormément à part le lapsus quand il refuse de faire le lien immigration délinquance et il parle quand même de délinquance etc là on sent que de toute façon toute cette partie il n'est pas à l'aise il ne veut pas dire ce qu'il pense ou il ne pense pas ce qu'il dit ça je ne rentre pas dans la tête d'Emmanuel Macron mais en tout cas je pense que ce sera plutôt le caractère le contraste entre l'extrême brillance et brillot plutôt d'ailleurs que brillance encore que avec lui l'un peut tenir la place de l'autre le brillot et la précision de tout ce qui a concerné l'économie le social et puis le côté je regarde mes fiches presque du Marine Le Pen vous voyez ce que je veux dire je regarde mes fiches et je ne suis pas très à l'aise et j'évite la moitié du sujet

25:38
Présentateur

et on a vu aussi un petit truc assez ce qu'on avait déjà vu il y a deux semaines c'est le retour des petits graphiques ils utilisent des petits graphiques pour pour bien conseiller peut-être un peu encore gagner du temps

25:49
Invité

voilà vous êtes trop jeune mais c'est c'est toujours la position alors là c'est la posture comme on appelle l'élocution en termes savants c'est à dire que Emmanuel Macron nous parle toujours en pédagogue c'est la posture qu'avait déjà Giscard d'Estaing donc avant votre avant votre naissance effectivement mais c'est une posture qui est bien connue et qui renvoie alors à une chose qui m'est chère que je vais développer dans les colonnes d'un très bon journal qui s'appelle le Figaro c'est l'idée qu'Emmanuel Macron s'adresse toujours aux français d'ailleurs il a tendance à dire vous il se reprend après pour dire nous mais comme un prof parle à ses élèves le côté saint-simonien c'est à dire cette doctrine qui dit que les experts détiennent le bien connaissent le bien et vont le transmettre par une bonne pédagogie au peuple donc une bonne pédagogie aujourd'hui c'est avec des graphiques l'ennui c'est que certains graphiques sont plus ennuyeux que d'autres

26:42
Présentateur

et c'est un peu ce côté nous avons raison c'est le camp de la raison contre le camp oui c'est plus que

26:48
Invité

le camp de la raison c'est l'idéologie saint-simonienne c'est à dire que l'élite est sachante on l'a vu avec le covid et va expliquer et si on explique bien les gens vont bien comprendre et la politique passera cette conception pédagogique du politique vient en France très précisément de saint-simon qui est l'idéologie dominante comme des autres fois dans les grandes écoles françaises à Polytechnique et à l'éna

27:09
Présentateur

merci beaucoup Christophe de Vogue d'avoir été avec nous merci à vous merci à vous les intérêts d'avoir été très nombreux à nous suivre ce soir je vous rappelle sur le Figaro vous pouvez retrouver bien sûr tout ce qu'il faut retenir l'interview inflation-retraite motion de censure immigration ce qu'il faut retenir l'interview d'Emmanuel Macron vous pouvez retrouver ça sur le site du Figaro vous pouvez retrouver Christophe de Vogue souvent dans le Figaro puisque vous écrivez souvent pour nous régulièrement régulièrement pour le Figaro dans la colonne Figaro Vox merci une nouvelle fois Christophe et je dis à bientôt à mes internautes pour de nouveaux lives sur Figaro Live