Propos antisémites d'une étudiante gazaouie : le gouvernement «importe des nazis sur notre territoire», affirme Sébastien Chenu
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Un matin week-end, 6h-9h, Alexis Delafléchère. Il est 8h15 sur Europe 1. Alexis Delafléchère, vous recevez Sébastien Chenu, vice-président du Rassemblement National et député du Nord.
Bonjour Sébastien Chenu. Bonjour Monsieur. Merci d'être avec nous en direct sur Europe 1. Je vais évidemment vous faire réagir ce matin sur les annonces de Catherine Vautrin. La ministre de la Santé et du Travail veut s'attaquer à la fraude sociale. Il y a 13 milliards d'euros à récupérer. Gérald Darmanin, lui, dans le JDD, explique vouloir imposer une révolution pénale, sursis unique, courte peine. Il veut une justice plus simple, plus rapide, plus lisible. Mais d'abord Sébastien Chenu, vous avez forcément vu le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barraud très embarrassé vendredi après cette affaire à Sciences Po Lille.
Il a eu bien du mal à expliquer comment une jeune étudiante Gazaoui, boursière, accueillie généreusement sur notre sol, a pu être admise dans l'école alors qu'elle avait tenu sur les réseaux sociaux des propos ouvertement antisémites, allant même jusqu'à faire l'éloge d'Hitler. Qu'est-ce que cette affaire, Sébastien Chenu, vous inspire ? Est-ce que c'est le signe d'un grave dysfonctionnement de nos institutions ?
C'est surtout un scandale d'État. En réalité, on importe des nazis sur notre territoire. Le « on », c'est le gouvernement. C'est Jean-Noël Barraud, c'est le directeur de Sciences Po Lille qui a logé cette palestinienne nazifiée. C'est la directrice de France 24, la chaîne d'information financée par l'argent public qui accueille des journalistes qui ont des propos nazis. Il suffit d'ailleurs que quelques internautes, de façon beaucoup plus efficace que le gouvernement, regardent les profils de ces personnes pour s'en rendre compte. Et donc, on importe des gens qui, ici, véhiculent une idéologie mortifère et qui sont un danger pour notre pays.
Et le ministre des Affaires étrangères est dans le déni le plus complet. Tous ces gens-là ne reconnaissent aucune responsabilité. C'est-à-dire le drame de ces gens, que ce soit le directeur de Sciences Po, la directrice de France 24 ou le ministre des Affaires étrangères, ces gens-là ne se sentent pas responsables de leur action, alors qu'ils sont évidemment responsables lorsqu'il s'agit d'être nommés, lorsqu'il s'agit d'être élus, lorsqu'il s'agit d'avoir des postes à haute responsabilité. Et là, quand il y a un problème, ils ne sont pas responsables. Donc, c'est un scandale d'État qui met en danger, évidemment, les Français.
Sébastien Chenu, le ministre des Affaires étrangères a annoncé tout de même le gel des entrées de Gazaoui sur notre sol, le temps de l'enquête. L'expulsion de cette jeune Gazaoui est également prévue. Je rappelle qu'elle est boursière, donc elle a 900 euros tout de même net par mois. Elle perçoit cette somme. Elle pourrait demander le statut de réfugié. Finalement, on comprend bien que ça va être difficile de l'expulser. Et ça aussi, ça choque les Français de se dire qu'on n'y arrive pas. Pour l'instant, elle est toujours ici, elle est toujours en France.
Non, mais effectivement, on envoie des gens sur la Lune. On n'est pas capable d'expulser une nazie de notre territoire. À un moment, les expulsions, elles sont nécessaires. Elles doivent être exécutées. Elles ont d'ailleurs été déjà exécutées. Ça a déjà été le cas en 2023. Ça avait été validé par le Conseil d'État. Il y avait une personne qui tenait des propos du même genre qui avait été expulsée. Donc, on peut le faire. C'est expulsé vers l'Égypte, en particulier. Donc, Jean-Noël Barraud...
Mais l'Égypte, je crois qu'ils ont... Le problème, c'est qu'ils ne veulent pas non plus les récupérer.
D'accord. Il y a d'autres pays. En tous les cas, on doit aujourd'hui, si ce n'est expulsé, déjà empêcher que ces gens arrivent. Arrêter d'accueillir de façon totalement aveugle des gens qui sont des bombes sur notre territoire. Et puis, revoir l'ensemble des procédés. Enfin, qu'est-ce que fait Jean-Noël Barraud, le ministre des Affaires étrangères ? Comment sont choisis les réfugiés ? Quels protocoles de sécurité sont mis en place quand on vous dit que les internautes sont plus efficaces que le ministre des Affaires étrangères pour débusquer des militants nazis palestiniens sur notre territoire ?
Donc, à la fois, on doit cesser cet accueil totalement aveugle et puis tout mettre en place pour expulser des gens qui, encore une fois, je vous le dis, sont des gens qui sont dangereux pour notre territoire.
Sébastien Chenu, l'antisémitisme continue de grimper en France. Près de 1600 actes recensés depuis janvier. On l'a vu encore récemment à Nice avec des slogans antisémites scandés par des manifestants pro-palestiniens. On a vu aussi récemment cette irruption de pro-palestiniennes dans l'église de la Madeleine pendant la communion. Est-ce qu'Emmanuel Macron a une responsabilité sur ce climat de plus en plus délétère dans le pays ? Et si oui, à quel niveau ?
La responsabilité d'Emmanuel Macron est immense. En fait, d'abord, Emmanuel Macron, c'est un président faible. C'est un président qui a peur, qui a peur des communautés, en tout cas de certaines communautés, qu'il lie à la défense de la Palestine en France. Et toutes les actions qu'il entreprend, que ce soit la volonté de reconnaître la Palestine comme un État ou que ce soit son absence totale à la marche...
C'est ça, dès septembre, devant les Nations Unies.
Oui, ou son absence à la marche de lutte contre l'antisémitisme. Emmanuel Macron est un trouillard, est un président trouillard. Emmanuel Macron nous place dans des difficultés immenses, devant des difficultés immenses, plutôt que d'ailleurs, je me souviens d'une époque où il voulait monter une coalition internationale contre le Hamas. On se demande où c'est passé. Il a plié les gaules sur ça. Emmanuel Macron nous met dans des difficultés, puisqu'il souhaite reconnaître au pire moment un État qui est un État Hamas, qui est un État adossé au Hamas. Emmanuel Macron reçoit les félicitations du Hamas, qui légitime finalement les massacres du 7 octobre.
Et en réalité, même si, moi je le dis, et le Rassemblement National le dit, à terme, c'est la solution à deux États qui doivent être recherchés et privilégiés. Oui, parce que c'est ce qu'il dit aussi, Emmanuel Macron.
Il espère, avec le soutien de Mahmoud Abbas, le président de l'autorité palestinienne, il espère quand même désarmer les terroristes du Hamas. Mais vous nous dites très clairement ce matin sur Europe 1 que ce n'est pas la bonne stratégie, que ce n'est pas le moment, en fait, c'est ça ?
Non, mais ce n'est pas le moment. Et surtout, il définit lui-même, Emmanuel Macron, des conditions qui ne sont pas remplies. Il nous dit, il faudrait que les otages reviennent. Il n'est pas question, visiblement, que le Hamas se libère des otages. Les dernières images qu'on a vues d'otages sont terrifiantes, sont glaçantes. Donc en fait, Emmanuel Macron raconte n'importe quoi. Il pose des conditions qui ne sont pas remplies. Il choisit le pire moment, puisque en fait, ça légitime une certaine forme de radicalité du Hamas. Et Emmanuel Macron nous expose à des dangers. Et puis, de l'autre côté, permettez-moi de le dire, c'est l'abandon, l'absence, l'incapacité à faire revenir l'un des nôtres.
Moi, je ne peux pas parler, lorsque je suis à votre antenne, ne pas parler de Boilem Sansal, retenu dans les geôles algériennes, qui devraient mobiliser les énergies du Quai d'Orsay, mais aussi tous les acteurs publics. Il y a une initiative qui a été lancée par un de nos députés, Emmanuel Taché de La Pagerie, à Arles, demandant que la photo de Boilem Sansal soit posée sur les murs de cet hôtel de ville. Ça devrait être le cas partout. Il faut se réveiller. Boilem Sansal est un écrivain. Il est le symbole de la liberté, de la lutte contre l'obscurantisme. Il est retenu dans les geôles algériennes. Le gouvernement se tourne les pouces.
Oui, ils n'arrivent pas, effectivement. Qu'est-ce qu'il faudrait faire, justement, selon vous, Sébastien Chenu, pour faire revenir Boilem Sansal ? Pour l'instant, on le voit bien, la stratégie du gouvernement ne fonctionne pas. Si vous étiez à la place du ministre de l'Intérieur, par exemple, ou si vous étiez au pouvoir, qu'est-ce que vous feriez concrètement pour essayer de faire revenir Boilem Sansal ?
Plus un visa délivré tant que Boilem Sansal n'a pas les pieds sur le tarmac, tant qu'il n'est pas revenu en France. Plus un visa délivré aux Algériens dans notre pays. On doit avoir, non pas une réponse graduée qui n'est jamais venue de la part de Bruno Retailleau, qui raconte lui aussi n'importe quoi, mais qui, visiblement, reste très faible. Plus un visa délivré. On arrête toute l'aide, également, l'aide au développement à l'Algérie. On prive sa nomenclatura d'accès à nos services de soins en France. Enfin, je veux dire, à un moment, il faut savoir ce qu'on veut. On veut récupérer Boilem Sansal parce qu'il est français.
On veut le récupérer parce que c'est un intellectuel qui n'a rien fait, qui n'a commis aucun délit. Et puisque l'État algérien ne respecte pas, ou est incapable, ou ne souhaite pas, en tous les cas, libérer Boilem Sansal, alors, il faut montrer les muscles et avoir un peu de courage politique, ce qui manque singulièrement à ce gouvernement.
Sébastien Chenu, je voulais vous faire réagir aussi, ce matin, aux annonces de Catherine Vautrin, ministre du Travail et de la Santé dans Le Parisien. Elle veut s'attaquer à la fraude sociale. Il y a 13 milliards d'euros à récupérer. Est-ce que, sur ce sujet-là, au moins, est-ce que ça va dans le bon sens ?
Bon, mais j'entends, Madame Vautrin, oui, la fraude sociale. Enfin, il ne faut pas oublier la fraude fiscale. La fraude fiscale, c'est entre 80 et 100 milliards d'euros. Moi, je pense que lorsqu'on veut s'attaquer à la fraude, c'est à toutes les fraudes sociales et fiscales. Vous savez, il y a des choses assez faciles, parce que moi, j'ai déjà entendu le même discours de Gabriel Attal, lorsqu'il était ministre du Budget. Elle le dit, d'ailleurs,
qu'il n'a pas eu le temps de le faire. C'est ce qu'elle dit.
Oui, voilà. Gérald Darmanin, il était ministre du Budget. Il n'a probablement pas eu le temps de le faire non plus. Mais la carte vitale biométrique que nous demandons avec Marine Le Pen, elle en est où ? Ça fait des années, elle en est où ? La priorité nationale sur un certain nombre d'aides sociales. En fait, la première des fraudes, c'est celle-ci. C'est le fait que des gens qui ne soient pas nationaux, qui n'aient jamais contribué à la richesse nationale, puissent bénéficier de cette même aide nationale. Ça, je vais vous dire, on commencerait par là. On commencerait par réserver à nos citoyens français qui travaillent ou qui ont travaillé ou qui voudraient travailler les aides sociales.
On n'aurait pas besoin d'imaginer ou de prononcer des discours qui ne sont sans arrêt pas suivis des faits. La réalité, c'est que la fraude sociale est fiscale. Elle doit commencer par la priorité nationale sur les aides sociales.
Sébastien Chenu, je voulais rapidement aussi qu'on se projette quand même. Je sais que les Français sont en vacances. Beaucoup nous écoutent en vacances. Mais à la rentrée, est-ce que vous allez dégainer cette fameuse censure ? Puisqu'on voit bien que le gouvernement, à vos yeux, ça ne fonctionne pas. Il ne va pas dans le bon sens sur de nombreux sujets. Est-ce que cette censure va être activée par le RN à la rentrée ?
Vous savez, nous, ce qui nous intéresse, c'est le redressement économique du pays et la relance économique du pays. C'est-à-dire une politique qui soit en rupture avec ce qui a été mené. Les mesures qui s'appliquent cet été, par exemple, c'est l'été de toutes les hausses. La TVA sur l'énergie augmente, le livret A baisse, les tarifs postaux augmentent. Et ça touche qui ? Ça touche la France populaire. Moi, je suis élu de Denain, dans le Nord. J'étais à Berck, cité bal d'air du Nord. On voit bien que les Français, ils se serrent la ceinture.
Donc, si le chemin qui est pris par François Béroux, c'est celui de demander encore aux Français de se serrer la ceinture, de renoncer un jour férié, de faire une année blanche, etc., alors ils seront censurés. On ne les laissera pas faire, parce que derrière, il faut que l'État fasse des économies sur son train de vie, les agences d'État, 80 milliards d'euros, qui avaient été dénoncés par l'IFRAP, sur la fraude, on en a parlé, sur l'Union européenne, la contribution de la France à l'Union européenne, sur l'immigration, et sur tous ces chapitres, on ne voit rien. Le gouvernement a décidé de fermer les yeux.
Donc, au lieu de demander des efforts aux Français, le gouvernement devrait demander des efforts à lui-même, et rompre avec la politique qui nous a amené à ces 1 000 milliards d'euros de dettes, la politique d'Emmanuel Macron, car il faut toujours le rappeler, la situation que nous vivons, c'est celle de Macron, de Darmanin, d'Edouard Philippe, de Gabriel Attal, ce sont ces gens-là qui ont mis le pays dans cette situation.
Merci Sébastien Chenu, merci d'avoir été avec nous ce matin sur Europe 1.