Blocage du 17 novembre : "Je comprends ceux qui vont manifester demain", déclare Didier Guillaume
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 70 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:12FerméeÉludée
Est-ce que vous leur dites, comme Emmanuel Macron avant-hier, ne vous laissez pas manipuler ?
- 1:09RelanceRéponse partielle
Cette mobilisation elle est récupérée par l'extrême droite aujourd'hui pour vous ?
- 1:26OuverteRéponse directe
Vous comprenez ceux qui vont manifester demain ?
- 2:01RelanceRéponse partielle
Mais ils souffrent, comme vous dit Didier Guillaume, mais ils souffrent des choix fiscaux du gouvernement sur les prix des carburants.
- 2:12RelanceRéponse partielle
Il y a des hausses des taxes sur les carburants qui ont déjà été appliquées et d'autres qui vont de nouveau entrer en vigueur le 1er janvier prochain.
- 3:45ComplaisanteRéponse directe
C'est le témoignage d'une agricultrice du département du Tarn qui a été interrogée il y a quelques jours par nos confrères de France 3 et qui explique les conséquences pour elle de la hausse du gazole non routier.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:48Invité politiqueFait
« Les mêmes qu'il y a encore quelques temps, et j'en faisais partie, ont soutenu l'augmentation des taxes sur le carburant et sur le diesel pour remettre au même niveau le diesel et l'essence. »
- 2:44Invité politiqueChiffre
« L'augmentation actuelle des carburants, c'est pour 80% lié au prix du pétrole qui ne dépend pas du tout du gouvernement et simplement pour 20%. »
- 4:44Invité politiqueChiffre
« Pour le monde agricole, dans le budget de 2019, c'est 70 millions d'euros de charges en moins. »
- 12:09Invité politiqueChiffre
« 4 000 euros pour changer de voiture. Pour changer sa chaudière au fioul. Pour l'isolation. »
- 12:20Invité politiqueChiffre
« C'est 500 millions d'euros d'argent qui est donné pour cette transition écologique. »
- 14:28Invité politiqueChiffre
« La Commission fait une proposition de moins 5%. »
- 14:44Invité politiqueFait
« Si la PAC baisse les aides apportées aux agriculteurs français, ça veut dire que la conséquence immédiate, c'est des fermetures d'exploitation. »
- 16:43Invité politiqueFait
« Non, c'est faux. »
- 19:53Invité politiqueFait
« Ce n'est pas une priorité. »
- 20:03Invité politiquePromesse
« La PMA sera présentée au Parlement et elle sera votée, je n'en doute pas un instant, que ce soit en mai, en juin ou en juillet. »
Temps de parole
- Didier Guillaume63 %
- Présentateur16 %
- Présentateur 210 %
- Locuteur 49 %
≈ 2,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
L'invité de France Info jusqu'à 9h, le ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation, c'est Renaud Delis qui vous pose la première question. Bonjour Didier Guillaume. Bonjour. De nombreux agriculteurs participeront demain à la journée de mobilisation des Gilets jaunes un peu partout en France. Est-ce que vous leur dites, comme Emmanuel Macron avant-hier, ne vous laissez pas manipuler ?
Une chose est sûre, c'est que je leur dis courage. Courage parce que toutes ces personnes, c'est pas le fait des Gilets jaunes, mais toutes ces personnes qui sont en zone rurale souffrent. Elles souffrent d'une situation, d'un sentiment de déclassement. Elles souffrent parce que l'essence est chère et le diesel est cher et à la campagne on a du diesel. Mais en même temps je constate qu'il y a une tentative de récupération politique par beaucoup de partis, d'extrême droite, de la droite, de la gauche. Les mêmes qu'il y a encore quelques temps, et j'en faisais partie, ont soutenu l'augmentation des taxes sur le carburant et sur le diesel pour remettre au même niveau le diesel et l'essence.
Donc il manque de la cohérence de la part des partis d'opposition. Mais parlons pas de cela, la politique politicienne, ce sont des spécialistes, c'est pas le sujet. Aujourd'hui moi ce que je veux dire c'est que je comprends...
Cette mobilisation elle est récupérée par l'extrême droite aujourd'hui pour vous ?
Aujourd'hui cette mobilisation essayait d'être récupérée à la fois par l'extrême droite, par la droite, Laurent Wauquiez, le président de la région, le président de la région, etc. Bien. Mais moi je comprends la détresse de ces gens-là.
Vous comprenez ceux qui vont manifester demain ?
Je comprends ceux qui vont manifester demain. Et je veux simplement leur dire, et essayer d'expliquer de la cohérence, que le gouvernement entend cela. Le président de la République l'a dit il y a deux jours dans son interview. L'objectif c'est de réconcilier la France. Il a dit j'entends mais il a aussi dit poujadisme. Oui parce qu'il peut y avoir des relents de poujadisme dans cette manifestation. Mais les citoyens qui vont aller là, qu'ils aient un gilet jaune ou pas, c'est des gens qui souffrent. Et moi je veux leur dire que le gouvernement entend leur souffrance et qu'il y a des réponses qui sont apportées.
Mais ils souffrent, comme vous dit Didier Guillaume, mais ils souffrent des choix fiscaux du gouvernement sur les prix des carburants.
Non, non absolument pas. Je suis désolé de vous dire que ce n'est pas le cas. Ils souffrent parce que la situation est difficile.
Il y a des hausses des taxes sur les carburants qui ont déjà été appliquées et d'autres qui vont de nouveau entrer en vigueur le 1er janvier prochain. Oui. Ça ce sont des choix du gouvernement.
Parce qu'il y a un décalage momentané entre l'intérêt général voulu par le gouvernement, par l'État et par le Président de la République, qui ne correspond pas peut-être à l'intérêt particulier du moment. Je m'explique. Aujourd'hui la lutte pour un meilleur environnement, la lutte contre le réchauffement climatique, la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre est indispensable. Donc le gouvernement a décidé d'augmenter les taxes sur le diesel. Mais l'augmentation actuelle des carburants, c'est pour 80% lié au prix du pétrole qui ne dépend pas du tout du gouvernement et simplement pour 20%. Il faut préciser ces chiffres parce qu'après on s'en balle, il se dit tout et n'importe quoi.
Ils sont rappelés par chaque membre du gouvernement sur tous les plateaux de télé et de radio depuis une semaine. Je le fais à nouveau ce matin et c'est très bien. Non mais je vais répondre très précisément parce que c'est important. Pourquoi nous faisons cela ? Parce qu'il faut lutter contre le réchauffement climatique. Et il faut la santé de nos enfants, de nos petits-enfants demain. Mais parallèlement, les conséquences pour les citoyens sont fortes.
Mais je reprends, permettez-moi, sur les choix fiscaux du gouvernement, parce que quand la taxe d'habitation est supprimée pour 80% et que la taxe d'habitation vient d'arriver, 80% des Français voient leur taxe d'habitation baissée, c'est du pouvoir d'achat. Lorsque les charges sur les salaires de tous les salariés de France sont baissées depuis le mois d'octobre, c'est une augmentation du pouvoir d'achat.
Je vous parlais de ces gens qui souffrent. Je vous propose qu'on écoute précisément un témoignage. C'est le témoignage d'une agricultrice du département du Tarn qui a été interrogée il y a quelques jours par nos confrères de France 3 et qui explique les conséquences pour elle de la hausse du gazole non routier. Le gazole non routier, c'est le gazole qui est utilisé dans les machines agricoles.
On ne peut pas du tout répercuter cette hausse sur nos prix de vente puisque les prix de vente nous sont imposés par les cours mondiaux. Ça veut dire qu'on ne le voit vraiment que comme une nouvelle charge, quelque chose qui va venir diminuer notre revenu pour les années où on en a.
Ils sont coincés les agriculteurs ? Cette hausse du gazole non routier d'un côté et un niveau de revenu faible de l'autre côté ?
Aujourd'hui, nous travaillons sur deux sujets. Sur le revenu des agriculteurs, parce que ça c'est indispensable. On ne peut pas continuer à avoir des agriculteurs qui travaillent 7 jours sur 7 et qui ne gagnent pas d'argent. Ça c'est absolument évident. Et puis la deuxième chose, c'est la transition vers l'agroécologie. Quand on entend cette dame, il y a une urgence. Mais il y a une urgence. L'État y répond cette année. Pour le monde agricole, dans le budget de 2019, c'est 70 millions d'euros de charges en moins. La baisse des charges pour toutes les exploitations agricoles. Baisse des charges généralisées. L'augmentation des TICPE, les taxes, n'est pas prise en compte pour les agriculteurs.
La baisse des charges qui intervient pour l'ensemble de la population au 1er octobre, intervient pour les agriculteurs au 1er janvier 2019. Donc nous apportons des réponses. Moi ce que je veux vous dire, c'est que nous entendons et j'entends la souffrance. Mais nous voulons mettre de la cohérence. Le choix que veut faire le gouvernement, que fait le président de la République, c'est vraiment des choses absolument simples. C'est de comprendre cette souffrance et essayer d'y répondre.
Didier Guillaume, avant les carburants, il y a eu les services publics qui ferment dans certaines petites villes ou en milieu rural. Il y a eu la question des 80 km heure. Est-ce que vous vous dites que vous avez tout réussi, franchement, depuis le début du quinquennat, pour parler à cette France-là, à cette France périphérique, à cette France des campagnes ? Ou est-ce que vous reconnaissez que, mis bout à bout, toutes ces mesures, ça fait un peu président des villes ?
Mais personne n'a tout réussi dans aucun gouvernement, dans aucun quinquennat. Il y a eu une accumulation, vous êtes d'accord ? Moi, ce que je veux faire, à mon modeste niveau de ministre, c'est de réconcilier le rural et l'urbain. De réconcilier l'agriculteur et le citoyen. Pourquoi ? Parce que nous devons réconcilier les Françaises et les Français qui souffrent. Il n'y a pas les villes et les campagnes. Vous savez, il y a des villes qui sont riches et des villes qui sont pauvres. Il y a des campagnes riches et des campagnes pauvres. Il y a des agriculteurs riches et des agriculteurs pauvres. Ils ont le sentiment d'avoir été stigmatisés, ce qui n'est pas le cas.
Les 80 km heure, c'était quand même lié à la santé, à faire baisser les accidents. On va voir ce que ça donne au bout d'un an. Et le Premier ministre a dit, s'il n'y a pas de résultats probants, nous diminuerons.
Vous pensez vraiment qu'on reviendra sur cette mesure, si ça ne marche pas ? Vous y êtes favorable ? Vous dites, si les chiffres sont mauvais, on annule, on est facile.
Il semblerait que les chiffres soient bons, parce que ça baisse. Il faut un peu plus que ça pour dégager une tendance. Nous verrons bien, nous verrons bien. Ne spéculons pas là-dessus. L'objectif des 80 km heure, c'était pour faire baisser la mortalité sur les routes. Ça a été le choix qui a été pris par le gouvernement.
Le ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation, Didier Guillaume, reste avec nous sur France Info jusqu'à 9h. On marque une petite pause à 8h40 pour le tour de l'actu avec David Daubat.
Et ce terrible bilan en Californie, l'incendie qui ravage. La région a déjà fait 63 morts uniquement dans la ville de Paradise. Il pourrait évoluer, dépasser même les pires scénarios imaginés. 600 personnes sont aujourd'hui portées disparues. Donald Trump est attendu sur place demain. En pleine tempête, Theresa May garde le cap. Les démissions en série de ses ministres et la rébellion au sein de son parti ne la font pas renoncer à son projet d'accord de 600 pages sur le Brexit. Elle a affirmé hier qu'elle irait jusqu'au bout dans l'intérêt de la nation. La quatrième demande a été la bonne. Après 10 mois de prison, Tariq Ramadan tient sa remise en liberté.
Il va pouvoir sortir de l'hôpital de Fresnes après le versement d'une caution de 300 000 euros. Il n'a pas le droit de quitter le territoire ni même d'entrer en contact avec les différentes plaignantes. L'Elysée confirme qu'Emmanuel Macron ne se rendra pas au congrès des maires de France. Jeudi et vendredi prochains, le chef de l'État recevra en revanche, mercredi, à l'Elysée, le bureau de l'AMF ainsi que plusieurs centaines d'élus. Et puis Guillaume Pépilassure, oui, la SNCF cessera d'utiliser des locomotives diesel d'ici 2030-2035. Il souhaite se les remplacer par des trains à propulsion hydrogène. Le calendrier initial évoqué 2050.
Toujours avec Didier Guillaume, le ministre de l'Agriculture, et toujours avec Renaud Delis. Vous évoquez à l'instant, Didier Guillaume, le fait que le gouvernement devait réconcilier les Français. C'est le terme que vous avez utilisé. Mais en termes de réconciliation, le chef de l'État lui-même, avant-hier soir, a reconnu qu'il avait échoué à réconcilier les Français et leurs gouvernants.
Mais on le voit bien. On voit bien que l'élection d'Emmanuel Macron en 2017, c'était déjà une rupture. Aujourd'hui, il y a une coupure, malheureusement, entre le peuple et les élites. Et elle s'est creusée, cette coupure de réduction. Je ne sais pas si elle s'est creusée, mais en tout cas, elle ne s'est pas assez résorbée. Et c'est le constat qu'a fait tranquillement, sereinement, le président de la République. Vous savez... C'est un constat d'impuissance ? Oui, ce n'est pas un constat d'impuissance. C'est un constat d'étape au bout d'un an et demi. Il faut... Je crois qu'il y a un triptyque par rapport à nos concitoyens. C'est compassion, protection, solution.
Je pense qu'il faut avoir de la compassion avec nos concitoyens. Il y a certains qui souffrent. Mais il faut les protéger. Les protéger de la mondialisation, du Brexit. Peut-être en parlerons-nous. Protéger de l'Europe qui, parfois, est mal... Mais ils veulent des solutions. Et malheureusement, le temps des solutions est plus long que le temps de l'immédiateté. C'est pour ça que je vous disais tout à l'heure, le gouvernement prend des solutions, des mesures d'intérêt général qui se confrontent à l'intérêt particulier du moment, qui est la hausse du carburant.
Il y a un homme, Didier Guillaume, qui en ce moment donne des conseils, justement. Ça tombe bien, au gouvernement et à Emmanuel Macron. C'est quelqu'un que vous connaissez bien, qui a fait partie de votre vie politique avant, il n'y a pas si longtemps que ça d'ailleurs. On l'écoute. Il s'appelle François Hollande.
Les Français, je pense qu'il ne faut pas leur faire la leçon. Il faut leur donner des informations, beaucoup d'informations et des explications. Et comprendre leur situation. Vous savez, j'ai fait ce tour de France et j'ai entendu beaucoup de personnes qui me disaient qu'elles étaient loin du pouvoir, loin des lieux de décision.
Il est légitime à donner des leçons, François Hollande. Il est ancien président de la République, donc il dit ce qu'il a envie de dire. Je dis simplement, doucement quand même, il ne s'est pas représenté aux élections présidentielles. Il y avait déjà un sujet de coupure entre la population et le président de la République. Ce n'est pas nouveau. On a vu ce qui s'est passé pour Nicolas Sarkozy, pour François Hollande. Et aujourd'hui, la situation est dure. Fort de ses expériences.
Donc vous lui dites, vous qui l'avez beaucoup côtoyé, soutenu, autant vous étiez ensemble au PS. François, calme-toi un peu.
Non, je ne dis pas François, calme-toi un peu. Je ne me permettrai pas. Je dis simplement que si ce gouvernement échouait, ce ne sont pas les anciens partis de gouvernement qui reviendraient. Pourquoi ? Parce que je pense qu'ils sont déconnectés de la situation aujourd'hui, qu'ils n'ont pas de proposition alternative. Et donc ce serait qui ? Et qu'aujourd'hui, ça pourrait très bien être les extrêmes. Si Emmanuel Macron échoue, il prendra le pouvoir. Eh bien moi, je ne sais pas, on va tout faire pour qu'il ne l'échoue pas. Quels extrêmes ? Mais si les choses ne se passent pas, ça pourrait être les extrêmes. Vous savez, on a vu ce qui s'est passé en Italie.
Personne ne croyait en Italie qu'il puisse y avoir une alliance entre l'extrême droite et l'extrême gauche. Bon, ça ne se passera pas en France, ce n'est pas la même chose. Mais le risque est là. Le risque du populisme, le risque du nationalisme. Donc moi, je suis là, tout à ma tâche, pour soutenir Emmanuel Macron. Vous alliez dire François Hollande.
Pour soutenir Fr... J'ai cru entendre, non ? François Hollande. C'était un lapsus. Il n'y a que moi qui l'ai entendu. Quand on vous écoute, en tout cas, c'est Emmanuel Macron ou Marine Le Pen ? C'est un risque. C'est un risque. Parce qu'aujourd'hui... C'est un risque ou c'est un chantage ?
Une autre... Mais il n'y a pas de chantage. Enfin, il n'y a aucun chantage. Aujourd'hui, nous devons réussir pour la France. Ce qui est mis en place pour l'attractivité économique. Ce qui est mis en place pour le développement de nos industries. On recommence à gagner des emplois industriels. Ce qui est fait pour les ménages. L'augmentation du minimum vieillesse, la baisse de la taxe d'habitation. Je vais vous en parler. Il y a des mesures qui sont prises. De la prime d'activité. Il y a des mesures qui sont prises pour les citoyens. Mais aujourd'hui, elles sont tamponnées par cette hausse mondiale des cours du pétrole. La transition écologique, elle doit arriver immédiatement.
Le plus vite possible. C'est par cette transition écologique que nous arrivons. Et les mesures qui sont prises par le gouvernement. 4 000 euros pour changer de voiture. Pour changer sa chaudière au fioul. Pour l'isolation. C'est des mesures concrètes. Il faut que les gens s'aperçoivent que c'est plus de 500 millions d'euros. Alors, 500 millions d'euros, lorsqu'on est au SMIC ou RSA, on ne sait pas ce que ça veut dire. Mais c'est 500 millions d'euros d'argent qui est donné pour cette transition écologique. Et pour permettre aux citoyens français de moins dépenser. C'est quand même fort.
Le Brexit, Didier Guillaume, le Royaume-Uni est en pleine crise politique depuis que Thérèse Hamet a signé un accord avec les 27 pour sortir de l'Union. L'hypothèse qu'il n'y ait pas d'accord du tout à la fin du mois de mars prochain, c'est-à-dire la date limite, la date butoir fixée par l'Europe. Cette hypothèse-là, elle est possible aujourd'hui. Qu'est-ce qui se passerait pour les agriculteurs français s'il n'y avait pas d'accord de Brexit ?
Cette mesure-là est possible. Les 600 pages, le gouvernement est en train de les étudier. Déjà 4 démissions dans le gouvernement, dans le cabinet de Thérèse Hamet. On va voir ce que va se passer au Parlement. Donc c'est important. S'il n'y avait pas d'accord sur la sortie du Royaume-Uni, il y aurait un certain nombre de compétences, de conséquences. D'abord, la première conséquence, c'est pour les pêcheurs, plus que pour les agriculteurs. Parce qu'aujourd'hui, les pêcheurs français pêchent dans les eaux territoriales britanniques. S'il n'y avait pas d'accord et s'il devait y avoir interdiction, ce serait une catastrophe pour la pêche française.
C'est-à-dire qu'ils ne pourront plus y aller ?
Exactement. Donc aujourd'hui, dans la négociation de la France avec l'Union Européenne, c'est de dire que la pêche n'est pas une variable d'ajustement. Nous souhaitons que dans l'accord global, ou dans le non-accord global, la pêche soit prise en compte. Il est hors de question qu'un Brexit dur, un no-deal, ait comme conséquence que la pêche française disparaisse de la surface. Quand on vous écoute, vous êtes inquiet ? Non, je dis que c'est un risque et que la France se bat de toutes ses forces pour éviter ce risque. Et puis, il y aura la période de transition. Et dans cette période de transition, avec notre négociateur européen, Michel Barnier, il faudra avancer de nouvelles propositions.
Pour les autres professions du monde agricole, est-ce qu'il y a des professions qui risquent de souffrir s'il n'y a pas d'accord ? Ou est-ce que finalement, on passera entre les gouttes et on s'en sortira ?
Non, après, la conséquence, c'est la politique agricole commune. C'est la PAC qui va être mise en place dans les semaines qui viennent. Et là, c'est aussi un vrai combat. Et la France, par la voix du président de la République, je serai lundi au Conseil des ministres de l'Agriculture et de la Pêche à Bruxelles, pour dire, nous n'acceptons pas une baisse de la politique agricole commune. Nous ne l'acceptons pas. La Commission fait une proposition de moins 5%. C'est inacceptable. Ça veut dire qu'il y aurait des dizaines, des centaines d'exploitations agricoles...
Pour vous, il ne peut pas y avoir une baisse du moindre milliard d'euros. C'est au moins la même chose que dans le budget précédent.
Un milliard, malheur, on ne dépend pas de milliards, de millions, millions d'euros. Non, c'est impossible. Si la PAC baisse les aides apportées aux agriculteurs français, ça veut dire que la conséquence immédiate, c'est des fermetures d'exploitation. Concrètement, ça veut dire que la France mettrait son veto ? La France n'acceptera pas. Pour l'instant, nous sommes majoritaires. Nous avons réussi à avoir 19 pays qui nous soutiennent avec la France. L'Allemagne est en train de se positionner là-dessus. Si la PAC devait baisser, ce serait catastrophique pour l'agriculture française et pour l'agriculture des petits pays. C'est pour ça que nous ne l'accepterons pas.
Et je vais lundi dans la négociation au Conseil des ministres en disant « Stop, la France ne signera pas un accord avec une PAC en baisse ». Ça veut dire que les mesures agro-environnementales diminueraient. Ça veut dire que les aides aux agriculteurs diminueraient. Ça veut dire que la concurrence serait difficile. Parce que là, on est en Europe dans un marché unique. Mais enfin, lorsqu'on aura certains de nos amis, certains pays, le coût de la main-d'oeuvre en Espagne, le coût de la main-d'oeuvre en Allemagne est moins cher qu'en France.
Il y a l'Europe menacée par le Brexit, dit Guillaume. Puis il y a aussi les Etats-Unis et la dégradation des relations entre la France et les Etats-Unis. On a vu la salve de tweets dégainées par Donald Trump il y a quelques jours. Il s'y est notamment pris dans un de ses tweets au vin français, au marché du vin français. Est-ce que les agriculteurs, et notamment ceux qui produisent du vin, peuvent redouter des conséquences de la dégradation des relations entre les Etats-Unis et la France ?
Ce qu'on peut redouter, c'est les positions de Donald Trump qui sont comme ça, géométrie variable. Il prend une crise, il tape d'un côté, il tape de l'autre. C'est absolument ahurissant. C'est le président des Etats-Unis, de la plus grande puissance du monde. Et là, il y a des tweets, mais on a vu qu'on gérait par tweet. D'ailleurs, la plupart des Français n'ont pas de tweet. Ils ne gèrent pas que par tweet, ils gèrent par taxe aussi. Est-ce que vous redoutez des hausses de taxes ? Bien sûr, parce qu'aujourd'hui, s'ils devaient taxer les produits d'importation, et notamment le vin, ça poserait des problèmes.
Il a un argument, Donald Trump, pardon Didier Guillaume, il dit aujourd'hui on nous taxe plus nos vins qui arrivent en Europe que nous, nous ne taxons les vins qui arrivent aux Etats-Unis depuis l'Europe. Est-ce que c'est vrai ou est-ce que c'est faux ? Non.
C'est vrai ou c'est faux ? Non, c'est faux. Parce que Donald Trump est dans un monolatéralisme. Nous, nous voulons le multilatéralisme. C'est peut-être un peu compliqué, mais nous voulons des accords avec l'ensemble. On taxe moins les vins américains qu'eux ne taxent les... Mais je ne peux pas vous répondre comme ça au centime prime. Enfin, quand on envoie un Bordeaux, un Bourgogne, c'est quand même pas le même produit que les vins américains qui entrent... Là, vous allez les fâcher les américains avec des propos comme ça.
Vous allez recevoir un tweet là.
Non, mais c'est une réalité. Ah, les vins américains sont moins bons que les français ? Je ne sais pas... Les vins américains sont moins bons que les vins français. Donc on peut les taxer plus ? Non, mais c'est pas de ça dont il s'agit, mais...
Attention, vous pouvez vous fâcher avec...
Que je dise que les vins français sont meilleurs que les vins américains, c'est quand même une réalité. C'est-à-dire que c'est une mesure de salubrité de les taxer davantage. Non, c'est pas une mesure de salubrité. Tant qu'il n'y aura pas des accords généraux entre l'Europe et les Etats-Unis, nous serons en crise dans les relations bilatérales.
Un petit verre d'eau. On se retrouve dans une minute, 8h50. Le tour de l'actualité, David Daubat.
L'affaire vire au règlement de compte politique. Dans le Figaro, Renaud Muselier affirme avoir l'impression que Jean-Claude Godin est lâché par les Marseillais. Le président LR de la région PACA a suspendu de leur délégation deux vice-présidents de l'Assemblée territoriale et parmi eux, l'adjointe au maire de Marseille en charge du logement et de la rénovation urbaine. Les ronds-points, les rocades, les centres commerciaux, les dépôts de carburant, les gilets jaunes peaufinent leurs actions de demain. 1500 pourraient être organisés un peu partout en France. Il est innocent, c'est en tout cas l'avis de la justice et de la diplomatie saoudienne.
Selon leurs enquêtes, le prince héritier Mohamed Ben Salman n'avait pas connaissance du plan visant à supprimer le journaliste Jamal Rashogi. France Info sort ce matin la calculatrice. Le coût de la vaccination contre la grippe va coûter très très cher à l'assurance maladie. 63 millions d'euros au total contre 35 l'an dernier. Dernier match officiel de l'année pour Les Bleus de Didier Deschamps. Ils affrontent à partir de 20h45 à Rotterdam les Pays-Bas dans le cadre de la Ligue des Nations. Une victoire ou un nul leur offrirait alors un billet pour les demi-finales.
Toujours avec Didier Guillaume, le ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation. Question de Renaud Delis. On a appris hier qu'une réforme promise par le candidat Macron allait être reportée. Ce n'est pas votre champ de compétences ministériennes mais c'est une réforme importante. Il s'agit de la PMA, la procréation médicalement assistée qui devait être élargie à toutes les femmes. Finalement, ça n'aura pas lieu, enfin le texte ne viendra pas avant l'été 2019 au plus tôt. Ce n'est pas le premier report. On a l'impression que le gouvernement est inquiet et très prudent sur ce dossier. Qu'est-ce qu'il redoute le gouvernement sur la PMA ?
Non mais évidemment, il faut être prudent parce que la PMA, moi, à titre personnel, j'y suis très favorable. Je pense qu'il y a une acceptabilité dans la population française. Je pense que les Français sont favorables à la PMA. Mais là encore, il faut que ce débat arrive sereinement à l'Assemblée, sereinement dans la société. Il ne faut pas qu'il divise comme malheureusement, dans le précédent quinquennat, nous avons divisé les Français avec les mariages pour tous. En quoi faire traîner ? Je dis malheureusement. En quoi, pardon, il y a eu repoussé la réforme, ça permet d'arriver plus sereinement ? La réforme n'est pas repoussée.
Mais enfin, d'ici l'été, il y a la réforme constitutionnelle, il y a la loi Pacte, il y a des lois justice, il y a le budget. Ce n'est pas une priorité. Ce n'est pas que ce ne soit pas une priorité, mais je suppose, on va voir. Ce n'est pas une priorité. Dans les faits, on la repousse
et on met d'autres réformes avant.
Oui, mais parce que la réforme constitutionnelle, elle est importante pour l'équilibre de notre pays. La PMA sera présentée au Parlement et elle sera votée, je n'en doute pas un instant, que ce soit en mai, en juin ou en juillet, je n'ai pas les dates. Mais voilà, mais ce que je veux affirmer ici, c'est qu'il y a une majorité de Français, une majorité de parlementaires de la majorité qui sont favorables à la PMA. Renaud Dely ?
Il y a un sujet sur lequel la droite, et en l'occurrence les Républicains, dégaine des propositions. Le secrétaire général adjoint des Républicains, Julien Aubert, c'est sur la question de l'immigration et plus précisément sur le voile, le port du voile. Julien Aubert veut interdire plus largement le port du voile, notamment pour les mineurs. Il va présenter des propositions en la matière, notamment avec... Et puis, étendre aussi cette interdiction à l'université, dans les administrations. Est-ce que vous pensez qu'il faut rouvrir aujourd'hui le débat sur le port du voile ?
Non. Je pense surtout qu'il ne faut pas le rouvrir. Aujourd'hui, il y a un équilibre qui a été trouvé avec la précédente loi. Dans les universités, sans des adultes, il n'y a aucun problème. Sur la voie publique, ça a été géré. Je crois que le député Aubert a d'autres idées derrière la tête. Court après les voies de l'extrême droite, après les gens qui peuvent avoir un racisme anti-islam. Ce n'est pas mon cas. Donc, je pense qu'aujourd'hui, l'équilibre est trouvé. Il faut qu'il y ait une laïcité dans notre pays qui soit réaffirmée sans cesse. Mais la laïcité, ça n'exclut pas qu'à l'université, les jeunes étudiantes qui veulent porter le voile puissent porter le voile. C'est la réalité.
Sur la laïcité, Christophe Castaner, le ministre de l'Intérieur, a expliqué qu'il n'y avait pas de tabou quant à une éventuelle réforme de la loi de 1905 ? Il faut en discuter. Et votre avis ? Il faut en discuter. Vous êtes hostile à une hypothétique réforme de 1905 sur la séparation des églises et de l'État ?
Il n'y a pas de tabou. Moi, je fais partie de ceux qui pensent que la loi de 1905 est là sur la table. Elle protège. Elle existe. L'État ne reconnaît d'une salarie aucun culte. Elle met tous les cultes au même niveau. Chacun a le droit de penser ce qu'il veut, de prier. Mais c'est la sphère privée dans le public. C'est la laïcité qui est la règle fondamentale de notre pays. Et moi, cette loi de 1905, je la promeux, je la soutiens. Elle me va bien.
Vous dites qu'on n'y touche pas ?
S'il doit y avoir un débat, nous l'ouvrirons. Aujourd'hui, je ne vois pas forcément l'utilité de la toucher. Mais reconnaissons quand même qu'entre 1905 et 2018, il s'est passé du temps. Il y a de nouvelles pratiques religieuses qui sont arrivées. Donc, ça mérite d'être discuté. Renaud ?
Ce serait dangereux à vos yeux d'y toucher.
Non, je ne dis pas que ce serait dangereux. Je vous donne ma position. On va ouvrir le débat. Le débat doit être ouvert.
Un sujet qui lui relève directement de vos compétences ministérielles, c'est la situation des abattoirs. En l'occurrence, notamment l'association L214 a à plusieurs reprises révélé des maltraitances animales. Vous êtes vous-même intervenu il y a quelques jours, enfin il y a deux semaines, pour suspendre l'activité d'un abattoir dans l'Indre. On avait eu la révélation de traitements particulièrement insoutenables, infligés aux animaux. Comment expliquez-vous, Didier Guillaume, que ce genre de pratiques visiblement continue de perdurer dans les abattoirs en France ?
D'abord, moi, je ne veux pas stigmatiser les abattoirs parce qu'il y a des gens qui font bien leur travail. On a nos services vétérinaires qui sont là, qui contrôlent, donc qui font un maximum. Mais il peut y avoir, dans certains abattoirs, des situations de maltraitance. Ça a l'air très répandu, quand même. Je ne sais pas si c'est très répandu. Je suis en train de lancer vraiment un audit sur tout cela et je vais voir. Si je dois demander de fermer de nouveaux abattoirs, nous fermerons de nouveaux abattoirs.
Ça n'avait jamais été fait avant. On ne connaît pas la situation dans l'ensemble des abattoirs. On les connaît,
mais on va essayer d'avancer très précisément.
Vous évoquez un nouvel audit. Cet abattoir dans l'Indre que vous avez suspendu il y a deux semaines, il était déjà stigmatisé, pointé du doigt dans un audit précédent il y a deux ans. Il y a eu un audit en 2016 sur 268 abattoirs français. Cet abattoir-là était pointé du doigt et il a continué de fonctionner pendant deux ans.
Ce qu'il faut reconnaître nos dédits, c'est qu'il y a des situations et puis après la direction des abattoirs doit les régler.
On fait des audits qui ne servent pas à grand-chose.
Elles servent évidemment à beaucoup. Cette situation devait être réglée. Elle l'avait été. L'abattoir restait ouvert. On s'est aperçu que ça s'était dégradé. L'abattoir est fermé. Donc il n'y a pas d'état d'âme là-dessus. Mais moi, je ne veux pas stigmatiser qu'on a besoin d'abattoirs pour abattre de la viande, pour manger, pour nourrir les Français. Est-ce que le ministre
de l'agriculture et de l'alimentation félicite cette association en tout cas pour son travail, pour les vidéos qu'elle met en ligne ?
Non, je ne félicite pas cette association. Cette association, je n'ai pas à la féliciter.
Sans elle, il y a des abattoirs qui continueraient à fonctionner. Non, je ne crois pas. Le dernier que vous avez fermé, sans cette association, on ne connaîtrait pas la situation.
Je pense que vous faites erreur, Marc Pauvel, si je peux me permettre. Aujourd'hui, les services du ministère et les services vétérinaires sont là pour contrôler les choses et sont très fermes sur tout un tas de sujets. Et j'ai passé comme consigne qu'on ne laisserait rien. Le moindre cas de maltraitance, immédiatement, il y a un signalement. Si ça devait se perdurer, on ferme. Mais en même temps, il y a des abattoirs qui fonctionnent bien. Moi, ce que je ne veux pas, là encore, moi qui me bats, qui travaille pour les réconciliations, je ne veux pas les oppositions. L'abattoir de l'un qui a été brûlé, c'est absolument honteux. C'est quoi ça ? C'est un acte terroriste, c'est des exactions.
On ne peut pas supporter ça.
Merci Didier Guillaume d'être venu ce matin. Merci à vous. Merci. La France Info, ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation dans deux minutes, un peu moins le journal.
Didier Guillaume