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Podcast / conversationC à vous (sur YouTube)· 27 octobre 2021 16 minContradictoireActualité / polémiqueImmigration & asileSécuritéInstitutions & électionsEurope & international

De quoi Éric Zemmour est-il le nom ? Étienne Girard et Frédéric Potier - C à Vous - 27/10/2021

Source d'origine 3 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 70 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:20OuverteRéponse directe

    Frédéric Potier, vous publiez un rapport sur l'électorat et l'idéologie d'Éric Zemmour.

  • 1:00FerméeRéponse partielle

    Vous confirmez que les inégalités et l'environnement n'intéressent pas les électeurs potentiels d'Éric Zemmour ?

  • 1:24OuverteRéponse directe

    Étienne Girard, racontez les coulisses de la pré-campagne de Zemmour.

  • 2:39OuverteRéponse directe

    Son plan pour l'immigration est prêt, c'est-à-dire ?

  • 3:53OuverteRéponse directe

    Quels sont les points communs entre les électeurs de Zemmour et de Marine Le Pen ?

  • 5:25OuverteRéponse partielle

    Avez-vous des informations sur la déclaration de candidature d'Éric Zemmour ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:35InvitéFait
    « Éric Zemmour, c'est le thermomètre de toutes les peurs françaises. »
  • 2:15InvitéFait
    « Il faut une immigration zéro en France. »
  • 2:18InvitéFait
    « L'islam est incompatible avec la société française. »
  • 3:05InvitéPromesse
    « Expulser tous les étrangers qui n'ont pas de titre de séjour de France. »
  • 3:12InvitéPromesse
    « Déchoir de nationalité les gens qui ont la binationalité et qui se rendent coupables de crimes et délits. »
  • 3:21InvitéPromesse
    « Supprimer les contrôles de constitutionnalité, l'action du Conseil constitutionnel. »
  • 11:37InvitéChiffre
    « D'ici demain, il y a 20 millions de musulmans en France. »
  • 11:40InvitéFait
    « Il faudra instaurer une dictature. »
  • 14:09Locuteur non identifiéChiffre
    « 70% des Français estiment qu'il n'a pas l'étoffe d'un président de la République. »
  • 14:13Locuteur non identifiéChiffre
    « 71% estiment qu'il ne donne pas une bonne image de la France à l'international. »

Temps de parole

  • Invité40 %
  • Présentateur20 %
  • Invité 219 %
  • Locuteur non identifié6 %
  • Locuteur non identifié 26 %
  • Locuteur non identifié 33 %
  • Locuteur non identifié 43 %
  • Locuteur non identifié 53 %

4,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Frédéric Gérard, rédacteur en chef du service Société à l'Express. Vous publiez demain au seuil le radicalisé enquête sur Éric Zemmour, dont on retrouvera les bonnes feuilles, évidemment, dans l'hebdomadaire. Donc vous êtes le rédacteur en chef du service Société à l'Express. Frédéric Potier, co-directeur de l'Observatoire des radicalités politiques de la Fondation Jean Jaurès. Merci à tous les deux de votre présence. C'est à vous. Cette fondation qui publie aujourd'hui un rapport qui étudie en profondeur l'électorat, l'idéologie du polémiste, pas encore candidat officiellement, Éric Zemmour, et qui confirme l'obsession de cet électorat sur les questions d'immigration et de délinquance.

0:35
Invité

Oui, absolument. Je crois qu'Éric Zemmour, c'est le thermomètre de toutes les peurs françaises. Peur de l'immigration, peur de l'étranger, peur de l'islam, peur de l'Europe, peur de prendre le métro aussi, peur que des personnes LGBT aillent dans les écoles. Et donc la force d'Éric Zemmour, c'est d'arriver à concentrer toutes ces inquiétudes, toutes ces incertitudes et d'y apporter une forme d'offre politique simpliste, radicale, très ancrée à droite et très idéologisée.

1:00
Présentateur

Et vous confirmez que les inégalités et l'environnement ne les intéressent pas du tout, les électeurs potentiels d'Éric Zemmour ?

1:06
Invité

Ces électeurs, non, mais les Français, oui. Et quand on regarde ce qui intéresse l'ensemble des Français, et pas simplement ces segments électoraux, on voit que l'environnement est très haut, on voit que le pouvoir d'achat est très haut, on voit que les inégalités sociales ne sont pas au bas du classement, ce qui montre qu'il y a quand même aussi des espoirs pour la gauche.

1:24
Présentateur

Etienne Girard, dans votre enquête Le Radicalisé, vous racontez notamment les coulisses d'une pré-campagne qui ne veut pas dire son nom. Éric Zemmour repousse toutes les suggestions de ses proches qui lui demandent de parler d'autre chose que d'immigration.

1:36
Invité

Ah oui, il dit que c'est mon point fort. Mais pourquoi vous voulez que je parle d'autre chose ? Toute ma candidature doit s'axer là-dessus. Si je dois gagner, c'est grâce à ça que je gagnerai. Il a eu l'intuition qu'il ne fallait pas du tout mener une campagne comme on le fait habituellement en essayant d'être modéré, de finalement faire en sorte que ceux qui ne sont pas vraiment convaincus par un programme ne détestent pas ce programme. Non, lui, il veut cliver. Son modèle, c'est Donald Trump, assumé. C'est à moins forte raison Victor Orban, le chef du gouvernement hongrois.

Il veut à tout prix cliver, ne faire aucune concession sur ses valeurs, sur l'idée qu'il faut une immigration zéro en France, que l'islam est incompatible avec la société française. Et ça, il tiendra ce discours-là jusqu'à la fin, parce que c'est le sens même de sa candidature.

2:29
Présentateur

Vous écrivez même, page 46, dans le même paragraphe, Zemmour a un projet, il l'a confié à Emmanuel Macron. Son plan est prêt, c'est-à-dire ?

2:41
Invité

Oui, dans sa conversation avec Emmanuel Macron, d'ailleurs, il le raconte dans son dernier livre, Éric Zemmour, il dit, oui, oui, moi j'ai un plan, j'ai un plan pour l'immigration. Et d'ailleurs, Emmanuel Macron lui a dit, envoyez-moi votre plan.

2:55
Locuteur non identifié

Mais Zemmour a dit qu'il ne l'avait pas fait.

2:56
Invité

Oui, il ne lui a jamais envoyé. Ah oui, il ne l'a pas envoyé. Il le garde pour lui, le plan. Le plan, il est relativement clair. Il est simple. Oui, il est relativement clair. C'est expulser tous les étrangers qui n'ont pas de titre de séjour de France. C'est déchoir de nationalité les gens qui ont la binationalité et qui se rendent coupables de crimes et délits. Et c'est supprimer les contrôles de constitutionnalité, l'action du Conseil constitutionnel.

3:27
Présentateur

Les fameuses QPC. Pas que, pas que.

3:29
Invité

C'est toutes les décisions juridiques qui garantissent l'état de droit en France. C'est-à-dire que lui, il joue le référendum et le Parlement s'il gagne contre l'état de droit, les droits individuels des personnes. Il considère qu'il faut remettre de la force dans l'État.

3:48
Présentateur

Immigration et sécurité, c'est les points communs entre les électeurs d'Éric Zemmour et de Marine Le Pen. Mais là où il diffère, c'est sur le social, au point qu'on entend désormais. Éric Zemmour compare Marine Le Pen à Marlène Schiappa, entre autres gentillesses.

4:01
Locuteur non identifié

Je crois qu'Éric Zemmour n'a aucune chance d'arriver au second tour. Marine Le Pen a enfermé ses électeurs dans un ghetto politique que le vote pour Marine Le Pen ne sert à rien. Il est candidat, il ne veut pas le dire, mais il l'est. Ça fait un mois et demi qu'il ne cesse, quand même, plutôt que de faire des reproches à Emmanuel Macron, de me faire des reproches à moi. Pauvre Marine Le Pen. Je la plains. Je la plains de devoir reprendre, de parler comme Marlène Schiappa, de parler comme la gauche. Tous ses réflexes sont de gauche. Elle est en décalage avec son électorat.

4:35
Présentateur

Frédéric Pottier, c'est le retour de la fracture entre un Front National Social et un Front National Libéral.

4:40
Invité

Oui, et quand on examine de près ces deux tendances, on voit bien que le cœur de l'électorat de Marine Le Pen, c'est un électorat plus social, plus ancré peut-être dans le nord de la France, plus attentif aux questions sociétales et plus féminin. Là où ceux qui sont intéressés par la candidature de Zemmour sont plutôt des hommes, des personnes plus favorisées, plus diplômées et aussi plus radicalisées sur le plan idéologique.

5:02
Présentateur

Et c'est plutôt la tendance libérale de Zemmour ou celle sociale de Marine Le Pen qui pourrait l'emporter ?

5:07
Invité

Pour l'instant, on a deux blocs à peu près équidistants dans les sondages, mais nous verrons bien qu'il sera combien.

5:11
Présentateur

En tout cas, c'est tout sauf une bulle sondagière, Éric Zemmour, contrairement à ce qu'on a pu penser.

5:14
Invité

L'étude qu'on a sortie avec la Fondation Jean Jaurès et Ipsos est faite sur 9000 répondants, 1400 électeurs potentiels d'Éric Zemmour, donc on a un échantillon qui est quand même assez solide.

5:24
Présentateur

Encore faut-il qu'il soit candidat. Est-ce que vous avez des informations, Étienne Girard, sur la date, le lieu, la forme que pourrait prendre la déclaration de candidature d'Éric Zemmour ?

5:32
Invité

Je n'ai pas d'informations certaines. Ce que je sais, c'est que le mois de novembre est très, très sérieusement envisagé pour annoncer la candidature.

5:39
Présentateur

Une date en particulier ?

5:40
Invité

Entre le 5 et le 15, ça peut être le 9 novembre, ça peut être le 11 novembre.

5:44
Présentateur

9 novembre, pourquoi ?

5:46
Invité

Parce que c'est l'anniversaire de la mort du général de Gaulle. Ça pourrait être à Colombel et deux églises, d'ailleurs, cette annonce de candidature.

5:53
Présentateur

Parce qu'Éric Zemmour tente de capter l'héritage du général de Gaulle, ce qui, évidemment, fait grincer beaucoup de dents.

5:59
Invité

Il joue sur tous les tableaux, Éric Zemmour. Il essaie de capter l'héritage du général de Gaulle, donc d'être finalement le représentant de la France résistante. Et en même temps, dans tous ses discours, dans toutes ses prises de parole, il défend la France millénaire, la France même d'avant la Révolution française. Donc il veut être le candidat de toutes les droites, c'est son rêve. C'est pour ça que c'est très important pour lui, dans sa déclaration de candidature, de s'apparenter au général de Gaulle, parce qu'il parlera à une droite un peu plus respectable, une droite dont il a besoin sans doute pour aller au deuxième tour, quand il sera candidat, et pour gagner, s'il le veut.

6:36
Locuteur non identifié

– Bon, pour ce qui est de la France résistante, ça risque d'être un peu compliqué, parce que Zemmour n'a pas seulement tenté, comme on l'a entendu encore ces dernières semaines, de réhabiliter le maréchal Pétain, il est allé aussi jusqu'à dénoncer les actions armées de la résistance. C'est une déclaration que j'ai retrouvée qui date de novembre 2018, à l'occasion du centenaire de la fin de la Grande Guerre, lors d'une émission de CNews, chaîne qui refuse de laisser utiliser ses images d'Éric Zemmour sur ses plateaux. Voici donc le son de cet extrait de débat. – On a eu la guerre civile.

La guerre civile, c'est les communistes qui l'ont commencé en exécutant des Français qui étaient collaborateurs. C'est des 41, et c'est les communistes qui ont poussé la guerre civile. – Ce que vous dites là est énorme, c'est de la résistance. – Non, oui, c'est de la résistance. – Donc on ne devait rien faire. – Donc tuer des Français dans la rue, sans collaborateurs, et de tuer des soldats allemands, c'est de la résistance. – On tue des miliciens, moi ça ne me gêne pas personnellement. – Je vous signale que ça a gêné tous les chefs de la résistance, et le général de Gaulle, y compris, qui ont condamné ces actes.

– Bon, Éric Zemmour qui tente de raccrocher de Gaulle à sa condamnation des actes de la résistance, mais en réalité, ils semblent prendre le parti des occupants contre celui des résistants. Je ne suis pas sûr que l'histoire de la filiation gaulliste tienne encore longtemps debout. Qu'en pensez-vous ?

7:49
Invité

– Frédéric Potty. – C'est un faussaire de l'histoire, je crois qu'on le voit là sur la Seconde Guerre mondiale, on le voit aussi sur l'affaire Dreyfus, puisqu'Éric Zemmour met en cause l'innocence du capitaine Dreyfus, Alfred Dreyfus, défendu par Zola, défendu par Clémenceau, le fameux J'accuse. Donc je crois qu'Éric Zemmour n'a peur de rien, il n'a aucune limite, et je crois que c'est très dangereux pour la démocratie, parce que là, ce qu'il met en cause, c'est l'histoire, c'est l'État de droit, c'est la Constitution, et l'élection et la démocratie, ce n'est pas juste des élections. Pierre Mendès-France disait que c'était un code moral.

Je crois que c'est important qu'on se repose cette question-là, un code moral, et toutes nos institutions démocratiques, il faut les préserver de ce genre d'aventurier.

8:24
Présentateur

– Cette campagne qui n'est pas encore officielle, dans votre rapport, vous la qualifiez de campagne à mort, qui ne doit pas faire de quartier.

8:32
Locuteur non identifié

– Nos dirigeants pensent qu'en refusant le conflit, ils l'éviteront, ils se trompent, il n'y a qu'une seule alternative. Soit nous assumons ce rapport de force géopolitique, démographique, comme nous l'avons assumé pendant des siècles, soit nous perdrons et nous serons liquidés.

8:51
Présentateur

– Ne pas éviter le conflit, quitte à chaque déplacement, ça devient quasiment systématique désormais, provoquer des incidents, c'était le cas hier à Biarritz.

8:58
Locuteur non identifié

– Nous, nous, nous, l'État, c'est fasciste ! – Au tabou, vous avez oublié la guerre ! – On est là pour s'opposer à toute cette xénophobie, cette haine, cette haine de l'autre. – On ne veut pas de se ruger de cette haine. – Qu'est-ce que vous pensez de ce comité d'accueil ? – Des connards ! – On ne peut pas parler avec ces gens-là ! – Je suis homosexuel, et je vote pour Zemmour, alors je les emmerde !

9:23
Présentateur

– C'est l'annonce d'une campagne sans compromis qui assume le conflit, d'où des propositions clivantes, qui doivent faire parler d'elle, comme celle d'interdire les prénoms non-français comme premier prénom. Vous ouvrez votre enquête par une scène lors d'un dîner privé en juin dernier, devant le haut gratin du patronat français, Eric Zemmour répète, répète, va tester la proposition sur les prénoms, l'interdiction des prénoms qui ne sont pas d'origine française.

9:45
Invité

– Oui, c'est avant de répéter ça devant les médias, il a testé ça auprès de grands patrons. L'accueil a été relativement mitigé, mais il n'a pas dit que ça. Il a aussi dit, la culture arabo-musulmane est une culture qui respecte la force, c'est pour ça qu'on doit être dur avec eux, c'est comme ça qu'ils nous respecteront. Il a testé, disons, le sel de sa campagne devant des petits parterres, comme ça, de personnalités importantes, influentes.

10:14
Présentateur

– Qui par exemple ?

10:15
Invité

– Il y avait à ce dîner Henri Decastre, qui est un proche de François Fillon. Il y avait les deux frères de Benzman qui font partie des 500 premières fortunes de France. Il y avait quelques personnalités très importantes comme ça. Il en a déduit que ce qui allait le faire gagner, c'est d'aller au plus fort, de défendre la force. Moi, quand je le rencontre, il m'a accordé une heure, il me dit, un chef d'État, ça doit parfois être cruel. Donc c'est ça qu'il va vendre. C'est plutôt la cruauté que la faiblesse. Il est certain que c'est ça, aujourd'hui, qu'attend son électorat et qu'il le fera gagner. On parlait de De Gaulle. Moi, je suis persuadé qu'il a été gaulliste, Éric Zemmour.

Alors, dans sa jeunesse, d'ailleurs, je le raconte dans les livres, il a été ce républicain souverainiste à l'achevènement pasquois dans les années 80-90, voire début 2000. Et puis, il a basculé. Et là, ce discours-là, il n'y a plus une once de gaullisme dans ce discours. Il a un discours identitaire. Et d'ailleurs, ça a été très peu commenté dans un de ses derniers ouvrages, celui de 2016, qui s'appelle « Un quinquennat pour rien ». Vous l'aviez invité, d'ailleurs, dans cet avou pour en parler. Il évoque l'hypothèse de 20 millions de musulmans en France. D'ici demain, il y a 20 millions de musulmans en France. Alors, il faudra instaurer une dictature. Le mot est lâché.

Éric Zemmour, aujourd'hui, c'est quelqu'un qui n'exclut pas, dans un certain scénario, de mettre en place un État autoritaire, voire une dictature.

11:53
Locuteur non identifié

Il y a des choses qui peuvent faire sourire, mais qui sont des faits. Dans votre bouquin, vous assistez sur le rôle, évidemment, de Sarah Knafo, sa conseillère, qui partage avec lui une sorte de détestation de Marine Le Pen. Et elle s'en prend au compte Instagram de Marine Le Pen, qui a promu ses chats, si j'ose dire. Et elle dit « Quelqu'un qui aime les chats ainsi et qui les montre ne peut pas être présidente de la République ».

12:14
Invité

Absolument. Et je crois que la personnalité de Marine Le Pen a une grande importance dans l'engagement politique d'Éric Zemmour. C'est-à-dire que, ce que me racontent plusieurs interlocuteurs, à l'avoir s'effiloché pendant le débat d'entre-deux-tours face à Emmanuel Macron, ça a déverrouillé quelque chose en lui. Il s'est dit « Décidément, ils sont vraiment trop nuls. Il n'y a que moi qui peux faire le job ».

12:40
Présentateur

Donc une union entre les deux est absolument inenvisageable.

12:43
Invité

Avant le premier tour, impossible.

12:44
Présentateur

Mais après, peut-être.

12:45
Invité

Après, pas tout à fait possible. Après, oui. Après, c'est ce qui se passera d'ailleurs. Mais attendez, il y a même un troisième scénario. Alors je ne vais pas être cassant, mais le troisième scénario, c'est qu'Emmanuel Macron peut aussi descendre. Et là, il n'est pas tout à fait exclu d'avoir un second tour. Si on regarde les sondages, Éric Zemmour face à Marine Le Pen. Je ne veux pas être cassant.

13:07
Présentateur

Sauf qu'Éric Zemmour n'a pas l'électorat féminin pour lui.

13:11
Invité

Non, il ne l'a pas. Et il y a une autre équation, et peut-être un quatrième scénario. C'est celui où ni l'un ni l'autre, ou plutôt l'un ou l'autre, auraient uniquement les 500 parrainages pour se présenter à l'élection présidentielle. Et alors là, qu'est-ce qui arrive ? Politique, fiction, je ne sais pas. On n'en fera pas ici. Mais ça sera un élément décisif pour cette prochaine campagne présidentielle.

13:29
Présentateur

Mais il est le candidat qui connaît la plus forte désaffection du vote des femmes. Et ça, c'est clairement un problème.

13:36
Invité

Les politologues appellent ça le « gender gap », c'est-à-dire l'écart entre le vote masculin et le vote féminin. Marine Le Pen avait réussi à combler cet écart par rapport à son père Jean-Marie Le Pen. Aujourd'hui, Éric Zemmour souffre du même handicap. On verra s'il arrivera à le rattraper. Mais en tout cas, à force de jouer de cette image très viriliste, très machiste, basée sur la force, ce n'est pas évident qu'il y arrive.

13:57
Locuteur non identifié

Ce n'est pas le seul handicap dont il souffre. Si on regarde les résultats de votre enquête, ce sont des résultats sûrement moins vendeurs que les sondages dont on parle qui font grimper Éric Zemmour sans cesse dans les intentions de vote. Mais 70% des Français estiment qu'il n'a pas l'étoffe d'un président de la République. 71% estiment qu'il ne donne pas une bonne image de la France à l'international. Ça aussi, ce sont de vrais handicaps.

14:20
Invité

Oui, parce que la démocratie, on vient de le voir sur vos images, selon Éric Zemmour, c'est quoi ? C'est la guerre civile. Et donc ces images de conflits, ces images de manifestations, ces images où on oppose les Français entre eux, évidemment que ça ne donnerait pas une bonne image de la France à l'international. Donc ce résultat-là n'est pas très surprenant.

14:35
Présentateur

Il ne croit pas en la politique, Éric Zemmour ?

14:37
Invité

Il ne croit dans les rapports de force, Éric Zemmour. Il ne croit pas dans les compromis. Oui, ça l'insupporte, ça l'agace, cette habitude des politiques d'aujourd'hui de faire des compromis, de ne pas réaliser leur programme politique. Et je pense que c'est une partie d'ailleurs de son succès aujourd'hui. C'est que lui propose un projet politique de renversement total de certaines valeurs et ça correspond à une envie de radicalité absolument virulente d'une partie de l'électorat.

15:11
Présentateur

C'est comme ça d'ailleurs que se termine votre texte, Frédéric Pottier. Il ne croit pas en la politique, Éric Zemmour, ce qui est quand même un incroyable paradoxe.

15:18
Invité

Non, parce que je crois qu'il ne croit pas en la délibération apaisée, constructive, qui permet de faire progresser un débat démocratique. Je crois qu'il croit uniquement, en résumé, à la guerre civile.

15:27
Présentateur

Étienne Girard, le radicalisé enquête sur Éric Zemmour, c'est au seuil, il s'apparaît demain, il faut lire l'Express qui en publie les bonnes feuilles ou lire directement les bonnes feuilles dans l'original. Frédéric Pottier, on rappelle également que vous avez publié en septembre Pierre Mandès-France, la foi démocratique. Certainement plus apaisée, j'imagine, et constructive. Vous restez avec nous.