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DébatC dans l'air (sur YouTube)· 31 août 2024 70 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesSolidarités & familleSécurité

Matignon : l'hypothèse Cazeneuve #cdanslair 30.08.2024

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:00OuverteRéponse directe

    Quand aura-t-on de la fumée blanche en ce qui concerne la nomination d'un nouveau Premier ministre?

  • 5:00OuverteRéponse directe

    Comment les Français jugent cette situation politique?

  • 10:00OuverteRéponse directe

    Est-ce à dire que les Français ou certains regrettent leur vote?

  • 15:00OuverteRéponse directe

    Qui est responsable de ce blocage?

  • 20:00OuverteRéponse directe

    Est-ce à dire qu'E.Macron regrette cette dissolution?

  • 25:00OuverteRéponse directe

    Quel type de garantie chercherait B.Cazeneuve pour accepter d'aller à Matignon?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00B.JeudyFait
    « Ils espèrent que ça ne viendra pas polluer la rentrée lundi, la rentrée scolaire. »
  • 7:00B.TeinturierChiffre
    « 69 % de jugements défavorables. »
  • 12:00B.TeinturierChiffre
    « 67 % des Français pensent que la décision de dissoudre l'Assemblée nationale a eu des conséquences négatives pour la France. »
  • 17:00B.JeudyFait
    « N.Sarkozy a le mérite d'être constant depuis 2022. »
  • 22:00C.CornudetFait
    « Il a besoin de décrocher une bonne partie du PS qui est collée à LFI. »

Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Eau Minérale Naturelle des Alpes. ... - A.de Tarlé: Bonsoir.

La France aura-t-elle un nouveau Premier ministre d'ici la fin du week-end? Après 45 jours sans gouvernement, E.Macron doit choisir.

Plusieurs noms circulent, notamment des personnalités issues du centre gauche, à commencer par B.Cazeneuve, l'ancien Premier ministre de F.Hollande.

Comment les socialistes, qui soutiennent officiellement L.Castets, réagiraient-ils face à la nomination de l'un des leurs, même si B.Cazeneuve n'est plus au PS?

Quelle serait la marge de manoeuvre de ce nouveau gouvernement et pour pour quelle politique? Comment les Français jugent cette situation politique? C'est le sujet de cette émission.

Pour répondre à vos questions, nous accueillons B.Jeudy, directeur délégué et éditorialiste à "La Tribune Dimanche". C.Cornudet, vous êtes éditorialiste politique aux "Echos".

A.Oberdorff, vous êtes journaliste politique à "L'Opinion" en charge du suivi de la gauche. Vous revenez des universités d'été du PS à Blois.

Enfin, B.Teinturier, vous êtes directeur général délégué de l'institut de sondage Ipsos, qui publie son enquête électorale, une étude qui revient sur toute la séquence électorale des européennes et des législatives et sur la perception des Français de la situation actuelle. B.Jeudy, quand aura-t-on de la fumée blanche en ce qui concerne la nomination d'un nouveau Premier ministre? - B.Jeudy: Il y a quelques informations avec cette longue décantation version Macron qui n'a que trop duré...

Les conseillers du président disent que ça devrait se faire d'ici la fin du week-end. Ils espèrent que ça ne viendra pas polluer la rentrée lundi, la rentrée scolaire. C'est ce qu'ils essaient d'expliquer.

Maintenant, le président de la République peut aussi prendre son temps. En rentrant de Serbie en fin de journée, ce vendredi, il a prévu de procéder à une série de consultations téléphoniques de personnalités qui pourraient être le ou les candidats au poste de Premier ministre. Ca peut entraîner une ou deux séances ou de rendez-vous avec l'homme, ou la femme, idoine.

Ca peut nous amener à dimanche en fin de journée avec, traditionnellement, un communiqué de presse du palais de l'Elysée pour annoncer le nom du successeur de G.Attal. Certains disent, un peu plus éloignés d'E.Macron, mais de source gouvernementale, que la discussion avec le possible successeur de G.Attal peut prendre quelque temps.

Il n'y a pas à se mettre d'accord sur les ministres. Il y a surtout à discuter des conditions de cette cohabitation/coalition. Plein de néologismes... - A.de Tarlé: C'est une cohabitation et une coalition en même temps. - B.Jeudy: Ca n'a rien à voir avec 1986 et 1993.

On n'est pas dans une cohabitation franche. Le président va nommer un Premier ministre qui serait non-censurable. C'est l'objectif politique qu'il déploie depuis des jours pour arriver à un nom qui ne serait pas immédiatement censuré.

Ca veut dire qu'il sera soutenu en partie par le parti du président. C'est une situation inédite sous la Ve République. Ca nécessite de discuter des conditions de la politique du futur Premier ministre.

Ca peut prendre un peu plus qu'un samedi après-midi. - A.de Tarlé: En attendant ce nom qui va sortir du chapeau, est-ce qu'on sait comment E.Macron procède pour sélectionner ce nom et nommer le futur Premier ministre? - C.Cornudet: Il a procédé manifestement par élimination.

En juillet, on entendait qu'il cherchait quelqu'un de centre droit. Le nom de X.Bertrand avait couru à ce moment-là.

Au fur et à mesure, Les Républicains, L.Wauquiez, même s'il a mis sur la table des propositions et s'est voulu ouvert, a dit: "On ne participera pas à un gouvernement." Même nommer un LR à Matignon serait du débauchage et ça le mettrait dans une mauvaise attitude vis-à-vis d'E.Macron.

Cette carte a été écartée. E.Macron, jusqu'à cette semaine, a essayé de convaincre L.Wauquiez de bouger.

N.Sarkozy a dit qu'il aurait mieux valu avoir un Premier ministre de centre droit. Selon lui, la France est à droite.

L.Wauquiez a redit non. Le Nouveau Front populaire a été écarté.

Il a écarté au fur et à mesure. A été aussi envisagé et toujours en plan B, un Premier ministre techno, un D.Migaud ancien président de la Cour des comptes, un P.Moscovici.

Pas mal de noms comme ça. E.Macron considère que la situation est politiquement si difficile, quasiment inextricable, qu'il vaut mieux un politique qui sache faire et gérer ce Parlement.

C'est en éliminant que s'impose le nom de B.Cazeneuve. Il apparaît comme le moins censuré, comme celui qui est le plus capable de susciter l'indulgence du plus grand nombre à l'Assemblée pour essayer, même si elle est coupée en 3 blocs très hostiles, de créer un chemin et de concevoir quelque chose. - A.de Tarlé: Quel regard les Français portent-ils sur toute cette séquence, notamment sur E.Macron, qui prend son temps.

On est à 45 jours sans gouvernement. - B.Teinturier: Il est temps pour E.Macron de pouvoir annoncer un Premier ministre dans notre enquête, les jugements sont très négatifs à son égard.

Il est la 2e personnalité derrière J.-L.Mélenchon qui reçoit les jugements négatifs les plus nombreux, 69 % de jugements défavorables.

Quelque chose s'exprime contre le chef de l'Etat. On n'a pas que cet indicateur. On a aussi une défiance très forte vis-à-vis de cette nouvelle Assemblée nationale, des Français qui ont bien compris qu'il était très difficile de la faire travailler ensemble et qui expriment leur défiance.

On a aussi 65 % de Français qui nous disent que c'est regrettable qu'il n'y ait pas de majorité à l'Assemblée. La séquence où les Français nous disaient que c'était bien, les majorités relatives, que ça obligerait à des négociations et des compromis, c'est terminé. Ils ont senti que ces négociations et ces compromis étaient très douloureux, voire impossibles et, qu'en attendant, le pays commençait à rentrer dans une machine en panne, voire en pré-crise. - A.de Tarlé: Est-ce à dire que les Français ou certains regrettent leur vote car on se retrouve dans une situation sans majorité claire? - B.Teinturier: On a travaillé sur le regret autour du barrage anti-RN.

Vous n'avez pas de regrets très prononcés, sauf chez les électeurs LR qui ont joué le jeu du barrage anti-RN. Un peu plus de la moitié regrette d'avoir fait ça. - A.de Tarlé: Ils auraient préféré une majorité RN. - B.Teinturier: Ou ils se disent que cette idée d'aller voter contre le RN pour un candidat Ensemble ou de gauche, ils l'ont fait mais ils le regrettent aujourd'hui.

Il y a des traces qui ont été laissées non pas par ce front républicain mais par ce front anti-RN. C'est plus contre une force politique plutôt qu'autour de quelque chose qu'on souhaiterait, la République ou un idéal commun. Des électeurs ont voté contre le RN et étaient opposés à d'autres électeurs qui votaient également contre le RN.

Cette espèce d'idée qu'on va avoir des compromis, ils en ont fait l'expérience douloureuse et en reviennent. - A.de Tarlé: A.Oberdorff, on a vu que les Français regrettaient cette situation de blocage, mais qui est responsable?

C'est plutôt E.Macron ou les députés, voire les partis qui n'arrivent pas à s'entendre, avec L.Wauquiez qui bloque la situation? - A.Oberdorff: Le fait générateur de cette situation, c'est la dissolution, qui a pris tout le monde court et qui a été prononcée par E.Macron.

Certaines expressions malheureuses du président de la République qui ont été infirmées par l'Elysée et confirmées par des confrères comme "la grenade dégoupillée" qui laissait à penser qu'E.Macron jouerait avec les institutions...

Ca lui aurait valu les griefs des Français. A mesure que le temps passe et que les Français voient que la classe politique n'est pas prête à transitionner vers une nouvelle culture du compromis, ce sont les partis qui sont tenus pour responsables. Ils sont tous prisonniers d'une même culture politique, une culture présidentialiste où ni L.Wauquiez ni J.-L.Mélenchon ne veulent se salir les mains ou plutôt se retrousser les manches pour tirer le pays de cette mauvaise passe.

Les socialistes, chez lesquels j'étais à Blois, les plus attentifs à la culture du gouvernement historique dans ce parti, sont soucieux de ne pas être tenus pour comptables du chaos ambiant. Ca va énormément jouer. Ils sont soucieux... - A.de Tarlé: Les partis se disent qu'il ne faut pas qu'ils soient tenus pour responsables du blocage. - A.Oberdorff: A gauche, il y a 2 règles d'or.

O.Faure et ses affidés, c'est ne pas apparaître comme ce qui romprait l'unité à gauche. Mais aussi ne pas apparaître comme les comptables de la situation de blocage dans le pays.

Tous ont conscience que si les Français...

Il y a des reports de voix avec le barrage républicain. C'est bien ça qui mène à une chambre ingouvernable et à la neutralisation de la classe politique. La prochaine fois, nul ne sait si on a vécu peut-être les derniers moments du front républicain avec des reports de voix aussi majeurs. - A.de Tarlé: Le front républicain peut être tenu comme l'un des responsables du blocage actuel. - A.Oberdorff: Oui.

Certains Français se sont fait violence dans l'isoloir pour désigner des électeurs écologistes qui ont voté pour L.Wauquiez, des électeurs de droite qui ont voté pour F.Ruffin.

Il y a eu ce type de configuration. Si après s'être pincé le nez, les Français ne voient pas le début du commencement d'une avancée dans leur quotidien, il est probable qu'ils ne se prennent plus à cet exercice. On met en garde...

Les réflexes républicains subsistent, mais c'est un point d'alerte. - B.Teinturier: 67 % des Français nous disent que la dissolution a eu des conséquences négatives sur le pays.

L'enquête a été réalisée fin juillet ou début août. On était encore dans la parenthèse enchantée des JO. Il était légitime qu'on n'ait pas encore de gouvernement.

Ca a empiré. 85 % des Français nous disent que les responsables politiques ne tiennent pas compte de ce que pensent les Français comme eux. On sent la distorsion massive.

Sur le barrage républicain, vous avez environ un Français sur deux qui dit que cette histoire de barrage républicain, c'est une invention des partis traditionnels pour garder le pouvoir. L'autre moitié considère que c'est un moteur de gens qui redoutent le RN et que c'est légitime. Ce rassemblement anti-RN a fonctionné de manière très puissante.

La menace était réelle et le RN n'est pas perçu comme une formation comme les autres. Malgré tout, ça a laissé des traces négatives, une amertume et il n'est pas dit que ça fonctionnerait de la même manière. - A.de Tarlé: 67 % des Français pensent que la décision de dissoudre l'Assemblée nationale a eu des conséquences négatives pour la France.

Est-ce à dire qu'E.Macron regrette cette dissolution qu'il a ordonnée au soir des européennes à 21h, à la surprise générale? - B.Jeudy: Si c'est le cas, il ne l'a jamais exprimé en public ou en privé.

Ce n'est pas le genre à faire beaucoup de mea culpa. Il en a fait quelques-uns depuis qu'il est président, sur certaines décisions, les "gilets jaunes"...

Il continue à penser qu'il a anticipé une situation de blocage qui serait intervenue, JO ou pas, à l'automne, parce que le gouvernement Attal aurait été censuré sur le budget. Il a dit, en juillet, que s'il préférait la dissolution pendant l'été plutôt qu'à l'automne, avec la situation budgétaire compliquée... - A.de Tarlé: Il a pris les devants. - B.Jeudy: Y compris avec le risque que ça pouvait faire peser sur les JO.

Il a exprimé que le risque était minoré car les Jeux étaient bien organisés. Ce sont ses explications. Les Français n'ont pas compris pourquoi il avait dissous.

Il a pris tout le monde de court, y compris sa propre majorité, qui n'était pas prête. Peut-être qu'après les Jeux, le timing aurait été meilleur pour dissoudre, mais une dissolution offensive, "vous avez mal voté aux européennes et vous voterez mieux aux législatives", les Français n'ont pas compris. Même les politiques un peu moyens se sont dit que c'était plus que risqué. - A.de Tarlé: Les jours passent et la France n'a toujours pas de Premier ministre, mais la liste des candidats au poste s'allonge un peu plus.

S.Royal et K.Bouamrane se sont dit prêts à en discuter avec le président si celui-ci les sollicitait. - Loin des tumultes de la politique française, un tapis rouge déroulé pour E.Macron.

Le président français est reçu par son homologue à Belgrade pour officialiser la vente de 12 avions Rafale à la Serbie. Un contrat à 3 milliards d'euros. Un succès diplomatique, mais pas suffisant pour esquiver une question sur le chaos politique de l'Hexagone. - E.Macron: Croyez bien que je fais tous mes efforts, les jours et les nuits, depuis des semaines, même si vous ne l'avez pas forcément vu, pour aboutir à la meilleure solution pour le pays.

La France a un gouvernement qui gère les affaires courantes. Je ne voudrais pas qu'on laisse s'installer l'idée que les affaires ne sont pas suivies. Après, je ferai mes meilleurs efforts. - E.Macron comme si de rien n'était.

Une semaine après le début des consultations des chefs de partis à l'Elysée. Le président français cherche-t-il à faire traîner les choses? A gauche, beaucoup s'impatientent, comme la cheffe des écologistes. - M.Tondelier: E.Macron n'est plus un politique.

C'est un maître composteur sur la stratégie du pourrissement. Ca fait 2 mois et demi que l'Assemblée nationale ne s'est pas réunie. Il a fait le pari de l'effritement du Nouveau Front populaire.

Je pense que sa stratégie, c'est que tout le monde en ait tellement marre de ne pas avoir de Premier ministre qu'ils se disent que les Français accepteraient n'importe qui. - Quel Premier ministre et avec quelle majorité? Plus le temps passe et plus l'équation paraît un peu insoluble.

L.Castets est une hypothèse écartée depuis lundi, tout comme une alliance entre la Macronie et la droite avec V.Pécresse X.Bertrand à Matignon.

Reste l'option d'un bloc central élargi, mais qui pour l'incarner? Un nom est évoqué avec insistance, B.Cazeneuve, ancien Premier ministre de F.Hollande, pour l'heure très discret.

Autre hypothèse, K.Bouamrane, maire socialiste de Saint-Ouen, un peu plus bavard. - K.Bouamrane: Si mon téléphone sonne, je réponds.

Si le président de la République me demande de devenir président de la République, je me retournerai vers ma formation politique. - Hier soir, S.Royal propose ses services. - S.Royal: Compte tenu des appels que je peux recevoir ou des indications que je peux observer et des réponses négatives données ici ou là, je suis disponible.

Je ne suis pas candidate, mais disponible pour constituer un gouvernement d'union républicaine. - Pour presser E.Macron d'envoyer quelqu'un à Matignon, à chacun sa stratégie.

Les insoumis souhaitent toujours destituer le chef de l'Etat et saisissent le Conseil constitutionnel. - M.Panot: Vous vous retrouvez avec monsieur Attal qui siège en conférence des présidents, qui décide de l'ordre du jour législatif de l'Assemblée alors qu'il est toujours Premier ministre démissionnaire.

C'est une violation totale de la séparation des pouvoirs dont on sait depuis 3 siècles et Montesquieu que le pouvoir arrête le pouvoir. - Le RN se voit bien profiter de la confusion. Retour aux fondamentaux pour le parti.

L'extrême droite dénonce les drames relayés par la presse, notamment la mort d'un gendarme près de Cannes suite à un refus d'obtempérer, et attaque l'instabilité à la tête de l'Etat. - J.Bardella: La France navigue à vue depuis plus de 40 jours, paralysée par E.Macron et ses indignes alliances avec le Nouveau Front populaire aux législatives, je veux appeler à une prise de conscience.

Le président doit convoquer une session extraordinaire à l'Assemblée nationale pour débattre d'une grande loi de sursaut sécuritaire. - Un système politique paralysé et la défiance qui grandit. Dans une enquête du "Monde" qui paraît ce samedi, près de 3 Français sur 4 disent ne pas avoir confiance dans l'Assemblée nationale élue le 7 juillet. - A.de Tarlé: Question. - C.Cornudet: Certains, sans doute, mais elle a été beaucoup décrédibilisée ces derniers temps, notamment parce qu'on ne savait pas très bien où elle se situait.

Il y a eu toute une période où elle était très favorable à J.-L.Mélenchon et LFI quand elle pensait pouvoir en tirer profit.

E.Macron ne veut pas gouverner avec LFI. Si c'est la Ségolène LFI, c'est hors de question.

La Ségolène ex-socialiste s'est beaucoup abîmée aux yeux de ses anciens amis. C'est aussi pour ça qu'E.Macron veut aller vite.

Ca ne va pas devenir la foire à Matignon. - A.de Tarlé: S.Royal était disruptive.

Elle avait une parole qui détonnait quand elle était ministre. Par moments, elle plaisait à droite en affirmant la nécessité d'avoir un peu d'autorité. - B.Teinturier: C'était il y a longtemps.

En 2007...

A droite, elle était perçue comme l'adversaire de N.Sarkozy. Elle était très rejetée.

Elle avait développé des thèmes autour de l'autorité républicaine qu'il fallait restaurer, du désir d'avenir. Elle cassait les codes. Depuis 2007, elle n'a plus été en situation.

Elle a brouillé son positionnement avec des propos qui étaient une forme de populisme sur les vaccins. Il y a eu plusieurs séquences étonnantes, une proximité assez opportuniste à J.-L.Mélenchon.

Elle n'est pas en situation. En termes de popularité, elle a disparu des radars, pour les Français. De moins en moins de Français l'ont connue en situation et ont connu la grande époque de S.Royal.

Ses soutiens sont faibles, pas simplement dans l'opinion, mais y compris en termes de réseau politique. Il faut que ce film cesse. Sinon, vous avez des déclarations de disponibilités qui deviennent ubuesques. - A.de Tarlé: On a vu le maire de Saint-Ouen, K.Bouamrane.

Il y a aussi plusieurs noms de personnalités peu connues issues des technos. E.Macron avait dit qu'il ne fallait pas détricoter ce qui avait été fait depuis qu'il était arrivé à l'Elysée en 2017.

Ce ne serait pas une situation plus confortable, comme D.Migaud ou P.Moscovici? - A.Oberdorff: D.Migaud, ancien Premier président de la Cour des comptes ou P.Moscovici, actuel président de la Cour des comptes, ou même E.Lombard, actuel patron de la Caisse des dépôts...

L'interprétation de ces profils techniques à gauche, c'est qu'il s'agirait d'un macronisme déguisé. Dès lors que ces profils mettraient un orteil à Matignon, ils en deviendraient des politiques au service de la continuation du projet politique d'E.Macron.

Raison pour laquelle, dans sa prise de position de groupe, les 66 députés PS ont eu une formule intéressante qui n'est pas sans rappeler l'esprit de synthèse d'un F.Hollande: "Nous censurerons tout Premier ministre qui incarnerait une prolongation même réinventée du macronisme." Qu'il s'agisse de D.Migaud, E.Lombard ou autre, ce sont des ersatz de macronistes.

B.Cazeneuve est une hypothèse qui s'impose sur le haut de la table. Néanmoins, la question qui se pose pour B.Cazeneuve dans les échanges qu'il peut avoir avec l'Elysée, c'est de savoir quelles sont les garanties qu'il serait en mesure d'arracher au président de la République et qui donneraient un parfum de cohabitation.

Ca embarquerait, parmi les 193 députés du Nouveau Front populaire, a minima le groupe socialiste, les 66 députés socialistes. Ca nous ramène sur un débat peut-être plus intéressant pour les Français, qui n'est pas sur le casting mais sur le fond. Sur la réforme des retraites, quels bougés possibles de la part d'E.Macron?

Il ne souhaite pas revenir sur les 64 ans. Il y a aussi des bougers moins significatifs sur les carrières longues, la pénibilité et l'emploi des seniors, l'étalement du Smic... - C.Cornudet: Les impôts. - A.Oberdorff: Avant de s'engager dans cette aventure périlleuse qui s'apparente...

C'est l'enfer de Matignon. On s'imagine que le profil qui se prêtera à la tâche prendra au préalable certaines garanties. - A.de Tarlé: Dans une interview à paraître demain au "Figaro", N.Sarkozy dit qu'il vaudrait mieux que la droite propose l'un des siens plutôt que de prendre B.Cazeneuve.

Il dit que la France n'a jamais été autant à droite. Il dit que les LR doivent assumer d'être un parti de gouvernement et accepter d'entrer dans un gouvernement de coalition. Il assume son désaccord avec L.Wauquiez. - B.Jeudy: N.Sarkozy a le mérite d'être constant depuis 2022.

C'est ce qu'il défend depuis les législatives de 2022, poussant la droite, d'abord présidée par E.Ciotti puis reprise en main par L.Wauquiez, à passer un accord de coalition, de gouvernement, avec les macronistes et E.Macron.

Pour l'instant, la droite ne veut pas. - A.de Tarlé: C'est L.Wauquiez qui ne veut pas ou les députés LR? - B.Jeudy: L.Wauquiez a pris en main le groupe.

Il préside le groupe. Il a trouvé un groupe qui est sur cette ligne. Il a posé des éléments pour un pacte législatif sur la sécurité, les impôts.

Il a fixé des lignes rouges. Il est prêt à ne pas censurer un gouvernement sans avoir de Premier ministre issu de leurs rangs. - A.de Tarlé: On parlait de l'opportunisme de S.Royal.

A droite aussi, il peut y avoir de l'opportunisme. - B.Jeudy: La position de N.Sarkozy, c'est de passer un accord.

E.Macron ne se représentera pas en 2027. Une partie des macronistes sont issus des rangs des Républicains. "Il faut participer au pouvoir..." Depuis 2022, ils ne veulent pas.

Le problème de N.Sarkozy, c'est qu'il s'est fait beaucoup d'ennemis dans son propre camp. Quand il propose des solutions, il n'y en a plus beaucoup.

Longtemps, sa solution, c'était C.Lagarde. - A.de Tarlé: Présidente de la Banque centrale. - B.Jeudy: E.Macron n'en a pas voulu.

Après, il a voulu éventuellement la nommer ministre des Affaires étrangères. Ca a donné lieu à des fâcheries entre Macron et Sarkozy. Un nom s'est imposé au début de l'été: X.Bertrand, même si les relations avec N.Sarkozy ne sont pas très bonnes.

C'est compliqué. X.Bertrand ne tient pas le groupe.

Le jeu, à droite, est fermé. L.Wauquiez l'a dit à E.Macron.

Que lui a répondu E.Macron? "Vous me mettez dans une position de nommer un Premier ministre de centre gauche." On arrive à la solution centre gauche.

C'est B.Cazeneuve qui tient le plus la corde. Ce matin, B.Cazeneuve a téléphoné à J.-M.Blanquer.

Il devait participer demain à une réunion à Autun. Il a annulé sa participation. Sans doute qu'il prévoit d'avoir des activités demain, mais pas de conférencier devant un parterre de politiques ou d'anciens politiques. - A.de Tarlé: N.Sarkozy dit que jamais la France n'a été autant à droite et que c'est un paradoxe d'avoir un Premier ministre de gauche. - B.Teinturier: Si vous regardez le critère d'autopositionnement des Français sur une échelle gauche-droite, 29 % des Français se situent à gauche, 16 % au centre et 45 % à droite.

On peut se dire que le pays est à droite. A partir du moment où vous considérez que le RN ne fait pas partie de l'arc républicain et que vous ne voulez pas gouverner avec eux, dans ces 45 %, énormément s'identifient au RN. Si vous ne voulez pas gouverner avec le RN, ces 45 %, c'est de la droite et de l'extrême droite dont vous ne voulez pas.

Ce n'est pas si évident. Beaucoup de thèmes plaident pour l'idée d'une France à droite, une demande autour des thèmes régaliens, de l'immigration, mais là aussi, il ne faut pas sous-estimer la puissance idéologique du RN, qui a fait progresser ces thèmes dans l'opinion. Sur d'autres thèmes, le désir d'égalité, d'intervention de l'Etat, ce n'est pas une droite libérale.

C'est vrai, et ce n'est pas aussi caricatural que d'asséner "jamais le pays n'a été aussi à droite". - A.de Tarlé: B.Cazeneuve est le moins censurable.

Quel type de garantie chercherait-il à obtenir pour accepter d'aller à l'enfer de Matignon? - C.Cornudet: C'est l'ancien Premier ministre, le dernier Premier ministre de F.Hollande, un socialiste.

Il a cette image...

Il était à l'Intérieur, au moment des attentats du Bataclan, et il a l'image d'un homme ferme sur le plan régalien. A priori, sur ces questions, il ne devrait pas faire d'inflexion par rapport à la politique d'E.Macron.

Toute la question se porte sur l'économie. B.Cazeneuve ne veut pas aller à Matignon pour se faire censurer demain.

Il a besoin de décrocher une bonne partie du PS qui est collée à LFI et qui n'arrive pas à se décoller. Pour le convaincre, il faut qu'il montre qu'il va mener une politique de gauche. C'est pour ça que tous les échos de l'Elysée depuis une semaine...

E.Macron a dit: "Je suis là pour faire l'arbitre mais je ne suis pas là pour faire la politique du gouvernement. Il faut un opposant à Matignon.

Il laisse Entendre que tout ça est discutable. C'est de ça qu'ils vont discuter. E.Macron a dit non au Nouveau Front populaire parce qu'il ne voulait pas qu'on revienne sur ses avancées en matière économique, ses grandes réformes.

Elles vont être toutes sur la table, les retraites, le Smic, les impôts. Il va essayer de voir jusqu'où il pourra aller. Sinon, il n'aura aucun soutien du PS. - A.de Tarlé: B.Cazeneuve n'est-il pas ami avec F.Hollande?

F.Hollande... - C.Cornudet: Il a été très dur, cette semaine... - A.de Tarlé: Est-ce qu'il va laisser tomber L.Castets? - C.Cornudet: Ce sera très compliqué pour lui.

C'est sans doute pour ça qu'il a fait cette interview, avant que la décision ne se prenne. Si on se met dans la tête d'E.Macron, ça ne lui déplaît peut-être pas complètement de mettre un coin entre ces 2 amis.

Ce sera très difficile à F.Hollande de dire non à une politique de gauche telle qu'il la demande. On verra au fil de l'eau...

On est dans un jeu de posture de tous les côtés. Quand on rentrera dans le vif du sujet, sur les sujets de fond, il espère décrocher au moins F.Hollande et les hollandais. - B.Teinturier: Il y a des sujets économiques majeurs.

Il y a aussi l'attitude à l'égard de La France insoumise, F.Hollande et son ami B.Cazeneuve, qui ne sont pas aussi éloignées que cela. - C.Cornudet: Ces derniers temps, F.Hollande a été plus...

Vis-à-vis du Nouveau Front populaire, et donc de LFI, il est beaucoup moins dur qu'avant. Lui-même a un calcul présidentiel et espère empocher le plus large PS possible, y compris celui d'O.Faure. - B.Teinturier: Tout à fait.

On retrouve une question d'opportunisme politique, de positionnement et d'ambition, mais sur le fond, F.Hollande est un social-démocrate pur jus, qui n'a pas de sympathie particulière ni pour J.-L.Mélenchon ni pour beaucoup d'aspects programmatiques de LFI. - A.de Tarlé: Pour E.Macron, c'est le hollandisme qui revient par la fenêtre. - B.Teinturier: C'est sans doute un élément de réticence et de doute dans la tête du président de la République, même peut-être d'explication sur cette procrastination.

C'est le temporisateur en chef de l'été, E.Macron. Cette solution était assez visible plus tôt.

Nommer quelqu'un comme B.Cazeneuve, c'est nommer la dernière figure du monde d'avant le macronisme. C'est faire du macronisme une parenthèse.

Il n'y a pas plus symbolique que de nommer B.Cazeneuve, à la fois Premier ministre de F.Hollande, un homme avec qui ils ont été proches.

Sur le fond, c'était 2 personnalités assez proches. Il y en a un qui a une droiture, une fidélité à toute épreuve quand E.Macron a choisi de rentrer dans la brèche qui s'ouvrait.

Il a fait le pari que F.Hollande ne se représenterait pas. Ca les a brouillés et séparés.

Ils se sont un peu retrouvés ces derniers mois à l'occasion de drames qui ont touché B.Cazeneuve, mais c'est difficile...

De ce point de vue, B.Cazeneuve incarne une forme d'opposition et de cohabitation. Il a son caractère.

Ce ne sera pas un Premier ministre classique collaborateur. On sera dans une cohabitation, mais une cohabitation-coalition qui fait une situation inédite sur le plan institutionnel et qui peut engendrer des situations qu'on ne mesure pas encore. - A.de Tarlé: Depuis hier, le PS organise ses universités d'été à Blois.

Les socialistes laissent de plus en plus apparaître leurs divisions avec toujours la même question: faut-il laisser J.-L.Mélenchon mener la danse au sein du Nouveau Front populaire? - Il s'était fait plutôt discret depuis les dernières législatives.

Le voilà de retour. R.Glucksmann fait sa rentrée, invité aux universités d'été du PS. - Garder le cap.

Je sais qu'il y a des pressions, mais vraiment, continuez. - Son cap, il n'a pas hésité à le donner. - R.Glucksmann: Aujourd'hui, Jupiter, c'est fini.

Ce n'est pas le casting de Jupiter qui va décider de la stabilité du gouvernement. Il faut travailler sur un projet qui permette de créer une forme de stabilité au Parlement. - A ce grand raout des socialistes, les regards étaient plutôt tournés vers lui, O.Faure, ostensiblement entouré de ses soutiens. - O.Faure: On n'est pas divisés du tout.

Tout le monde a compris la position prise par le bureau national et le groupe parlementaire. Nous censurerons toute prolongation du macronisme. - Faire bloc avec le Nouveau Front populaire, une position réaffirmée par le premier secrétaire du PS, sauf que tout le monde n'est pas de cet avis, à commencer par H.Geoffroy, proche de F.Hollande.

Pour elle, la destitution voulue par J.-L.Mélenchon est une aberration.

Le PS doit se libérer de l'emprise des insoumis. - H.Geoffroy: Quand on représente la moitié du parti, on n'est pas des frondeurs.

Le parti peut être au bord de la rupture si nous ne tenons pas compte du fait que certains élus locaux et militants ont besoin de stabilité dans le pays, de répondre aux tensions du pays. Est-ce que vous pensez que nous devons organiser l'élection présidentielle dans les difficultés que nous connaissons, alors que les gens n'ont pas de logement, ils n'arrivent pas à aller à l'hôpital et que le pouvoir d'achat est en berne? Il y a d'autres choses à faire que de se dire qu'on va marcher sur l'Elysée. - Pour de nombreux militants, discuter avec les macronistes, c'est se compromettre. - Si certaines personnes au PS commencent à se dire que le NFP n'est pas la solution, il ne faut pas oublier qu'E.Macron savonne la planche, que ça va devenir devenir glissant. - Beaucoup refusent de tourner la page L.Castets. - D'abord, il nomme et on verra s'il y a une motion de censure. - Si un gouvernement doit tomber, il tombe.

Là, en ce moment, il décide qui tombera. - L.Castets mise hors jeu par E.Macron.

Pourrait-il y avoir un autre consensus s'il nommait une autre figure de gauche? - B.Cazeneuve n'est plus socialiste depuis un certain temps. - Derrière le casting, l'enjeu pour la gauche sera de rester crédible. - A.Corbière: Si on donne l'impression que ce qui suit le macronisme, c'est une resucée macroniste avec des personnalités de gauche, ça peut faire perdre le goût pour la gauche que c'est une alternative. - Au PS, les débats sont ouverts sur la stratégie à adopter.

Ce soir, les 2 tendances qui s'affrontent tiennent leur propre conférence. - A.de Tarlé: Vous revenez de cette université d'été.

Quelle était l'ambiance? Le PS, 1,75 à la présidentielle. Et là... - A.Oberdorff: 14 %.

Le PS a repris des couleurs grâce à un socialiste hors les murs, qui n'est pas socialiste. R.Glucksmann a été le candidat Place publique et du PS.

Il a permis au PS de poursuivre l'entreprise de rééquilibrage à gauche que poursuit O.Faure depuis son arrivée. Depuis son arrivée au PS, O.Faure n'a qu'une obsession, c'est réancrer le PS à gauche.

En finir par avec l'ère des trahisons, des débauchages. Là, par rapport au rapport de force avec LFI dans la Nupes, ils ont un contingent de 66 députés PS. Ca les tient à une poignée de main des insoumis.

Le paradoxe, c'est que le ressort anti-LFI dans l'opposition à O.Faure est particulièrement présent. Le PS est en congrès permanent, ça fait partie du folklore lié à ce parti.

On nous avait promis dans l'opposition d'O.Faure des prises de position très musclées, avec une coagulation de ses oppositions internes. Une volonté d'en finir avec l'alliance avec LFI.

Le problème, c'est que l'opposition d'O.Faure ne veut pas un renversement de l'alliance. Il ne veut pas non plus aller vers une coalition avec les macronistes.

Ce matin, je discutais avec H.Geoffroy. Elle me disait qu'elle a résisté en 2017 aux sirènes du nouveau monde alors qu'elle n'était pas loin de Lyon, un des berceaux du macronisme.

Elle m'a dit qu'elle ne céderait pas maintenant, qu'elle ne deviendrait pas la supplétive du macronisme finissant. Elle pense qu'il est possible, à travers une figure de gauche, d'imposer une cohabitation. - A.de Tarlé: Question. - C.Cornudet: L'objectif, c'est plutôt de décrocher le PS de la Nupes, de LFI, de cette alliance d'union de la gauche, pour le ramener dans un grand bloc centre, centre gauche, centre droit.

E.Macron a conscience qu'il a créé avec sa dissolution une situation inextricable. Avec le temps long, il espère en sortir par le haut en redonnant à ce pays, qui n'a pas une culture de la coalition...

S'il arrive à associer les partis de gouvernement pour faire avancer le pays. Au moins il pourra dire qu'il aura changé la culture de ce pays...

Aujourd'hui, la France est éclatée dans tous les sens. Ca se traduit aussi politiquement. On a 3 blocs qui se détestent.

Il faut avoir cette culture de la coalition. Il veut décrocher le PS de LFI. - A.de Tarlé: Le PS n'est-il pas l'otage de cette coalition dominée intellectuellement et techniquement par la LFI de J.-L.Mélenchon? - B.Teinturier: D'une certaine façon, oui.

Il y a de bonnes raisons qui expliquent pourquoi O.Faure a du mal à rompre avec J.-L.Mélenchon et LFI.

Le mode de scrutin...

Il a besoin du report des voix LFIstes. On a des municipales qui vont arriver. Il y a aussi une aspiration unitaire qu'il ne faut pas négliger de la part des électeurs de gauche.

Je voudrais vous dire quelques chiffres sur la perception de LFI, y compris chez les sympathisants PS. On a évoqué les militants...

Les sympathisants, c'est une couronne plus large. Au niveau des Français, LFI, 74 % nous disent que c'est une formation d'extrême gauche. C'est 9 points de plus qu'en septembre 2023. 72 % disent qu'elle attise la violence, 12 points de plus. 69 % disent que c'est un danger pour la démocratie, 12 points de plus.

Le bilan de la séquence électorale pour LFI, c'est un bilan terrible avec une très forte dégradation de l'image, un rejet très puissant. La popularité de J.-L.Mélenchon, 13 % de jugements favorables, 83 % de jugements défavorables.

Ca, c'est les Français. Pour les sympathisants PS, 69 % nous disent que LFI est un parti d'extrême gauche. 68 % disent qu'elle attise la violence et 57 % qu'elle est un danger pour la démocratie.

On voit bien la tension. Ce n'est pas l'affaire d'E.Macron qui chercherait à détacher ceci ou cela.

C'est chez les sympathisants PS que vous avez des réticences grandissantes à l'égard de LFI. O.Faure, en raison des autres contraintes, essaie de ne pas en tenir compte.

Il y a un moment où il va être rattrapé par la patrouille. Ses opposants internes sont conscients de cette évolution. - A.de Tarlé: Il a hypnotisé les dirigeants du PS, J.-L.Mélenchon? - B.Teinturier: Il y a des contraintes préalables, que j'ai évoquées.

Dans le reportage, R.Glucksmann a donné une interview intéressante. Il y a une domination intellectuelle, psychologique que J.-L.Mélenchon a insufflé.

Ca fait partie de son talent. Ce que je trouve fascinant, en dépit des mauvais résultats électoraux européennes, c'est la liste Glucksmann qui est devant celle de LFI. En dépit de tous ces éléments qui montrent que la stratégie de LFI n'opère pas dans l'opinion, les baisses sont considérables.

J.-L.Mélenchon continue à fasciner par son talent, sa stratégie, etc.

Il y a là un ressort étonnant. Les faits sont têtus. Les faits, me semble-t-il, ne lui donnent pas raison.

Il y a une montée de l'entité mélenchoniste, y compris chez les sympathisants PS. Chez les écologistes, c'est différent. Ils sont plus proches de LFI. - B.Jeudy: C'est plus compliqué au niveau des parlementaires, les députés.

Si on élargit aux maires, les présidents de conseils régionaux, il y a un débat entre les pro et les anti-Mélenchon. Ce débat dure depuis la fondation de la Nupes. A ce moment-là, O.Faure fait ce pas vers J.-L.Mélenchon. - A.de Tarlé: Mais son impopularité est croissante. - B.Jeudy: Oui mais en 2017, ce n'était pas ça.

C'est depuis 2 ans. O.Faure avait promis de se détacher des insoumis.

Là, il arrive au moment où certains se demandent quand il va se détacher. Mais il y a le PS hors les murs, maintenant. B.Cazeneuve est un socialiste hors les murs. - A.de Tarlé: Il l'a quitté en raison de la proximité avec LFI. - B.Jeudy: Les grands élus qui ont regardé la constitution du NFP, C.Delga a été reçue par E.Macron, elle a donné une interview où elle fait partie de ceux qui disent qu'il faut discuter avec les macronistes et que le parti doit prendre ses responsabilités. - A.de Tarlé: Le PS est tenu par LFI en raison de ses accords électoraux indispensables pour gagner au scrutin majoritaire.

Ca ne veut pas dire que tout le monde serait plus tranquille et en paix avec soi-même si on était dans un système proportionnel? On n'aurait pas ces magouilles. - A.Oberdorff: Il y a des notes qui circulent, notamment chez les hollandais, faites par des experts du Meccano parlementaire.

Elles poussent les avantages d'un système proportionnel aux régionales. Ca aurait cet avantage de dessouder, redonner de l'air. Chaque parti serait à hauteur de ce qu'il se passe.

O.Faure est opposé à cette interprétation pour l'heure. Il considère que dans l'hypothèse où dans un an, il y aurait de nouvelles législatives anticipées, ce n'est pas par le changement de mode de scrutin que l'on peut s'affranchir de LFI.

La stratégie d'O.Faure, on peut laisser penser qu'il y a une hégémonie culturelle, quasi psychologiques de LFI sur une partie de la gauche parce que J.-L.Mélenchon pose des concepts, mais la bataille culturelle...

La créolisation, une conception de la France, le terme d'islamophobie, ce sont des concepts que J.-L.Mélenchon a poussés dans le débat.

Il y a aussi des échéances et un J.-L.Mélenchon qui promet, comme il l'a fait lors des législatives, de faire la guerre aux socialistes partout où ils s'aviseraient d'entrer en dissidence. - A.de Tarlé: Est-ce un échec sur tous les segments de la population?

Ou il y a des parties de la population où il marque des points? - B.Teinturier: On retrouve des rejets sur tous les segments de la population.

Sauf sur 2 catégories: les moins de 35 ans, notamment les 18-24 ans...

Les Français Musulmans également. Là, vous avez une inversion des résultats. Ils considèrent que J.-L.Mélenchon comprend leurs préoccupations.

Ils ne sont pas dans l'idée qu'il constituerait un danger pour la démocratie. Ce qui a beaucoup changé depuis 2022, ce sont ces nouveaux thèmes. Le thème de Gaza pendant la campagne.

L'utilisation du conflit israélo-palestinien en France, le recours au terme de génocide. Il y a aussi les formules de J.-L.Mélenchon et d'autres qui peuvent flirter avec l'antisémitisme.

Parfois, ce n'est pas qu'un flirt. Pour les Français, J.-L.Mélenchon et ses propos relèvent de l'antisémitisme ou attisent l'antisémitisme.

Sur la proportionnelle, on a travaillé là-dessus. 75 % des Français y sont favorables. Quand vous injectez des informations du Cevipof, si vous dites que les résultats avec la proportionnelle auraient été de tant... - A.de Tarlé: Qui en profiterait? - B.Teinturier: Le RN.

La gauche aurait un peu perdu. Vous pouvez avoir des petites variations suivant les informations injectées. Dans le pire des cas, vous êtes au minimum à 65 % de Français qui y sont favorables.

Si vous ne donnez pas d'information, on est à 75 %. O.Faure devra expliquer pourquoi il s'oppose à ce mode de scrutin. - C.Cornudet: Le paradoxe dans tout ça, c'est que c'est la dissolution qui a ressoudé la gauche.

Il y a eu un mouvement intéressant autour de R.Glucksmann: une partie du PS était prête à le suivre. Il voulait reconstruire la social-démocratie sans LFI en disant qu'ils les tiraient vers le bas.

Le soir de la dissolution, il s'apprêtait presque à lancer un appel à la reconstitution d'une gauche plus centrale. O.Faure a vu que dans sa circonscription, s'il y avait un candidat LFI contre lui, il perdrait.

M.Tondelier était avancée dans les discussions. Ils ont bloqué cette initiative.

Ca les a ressoudés. - A.de Tarlé: En politique, alternance ne signifie pas forcément apaisement.

C'est la situation que connaît le Royaume-Uni. - Détendu, il apparaît aux côtés des athlètes paralympiques de son pays, plus solennel à Berlin. Cette semaine, K.Starmer souhaite renouer avec ses partenaires européens.

Une main tendue 4 ans après le Brexit. Avec l'Allemagne, un nouveau traité pour relancer les échanges économiques. - K.Starmer: Ce traité fait partie d'une redéfinition plus large fondée sur un nouvel esprit de coopération. - La nouveauté, le changement, c'est le leitmotiv de K.Starmer.

Nouveau Premier ministre du Royaume-Uni. C'était le 5 juillet dernier. La ferveur de ses électeurs après 14 années de règne conservateur. - K.Starmer: Merci beaucoup pour cet accueil incroyable.

On l'a fait! - Mais les premiers pas de K.Starmer ont été difficiles.

Le Premier ministre a déjà fait face à sa première crise. A peine 3 semaines après son élection, une attaque au couteau dans le nord-ouest de l'Angleterre fait 3 morts, 3 fillettes. - K.Starmer: Je sais que le pays tout entier est profondément choqué par ce qu'il a vu et entendu. - Une fausse information circule alors, le suspect serait un demandeur d'asile de confession musulmane.

Le pays vit au rythme de ces émeutes, les plus importantes depuis 2011, opposant l'extrême droite aux contre-manifestants. - K.Starmer: Les citoyens de ce pays ont le droit d'être en sécurité.

Pourtant, nous avons vu la communauté musulmane être prise pour cible, des attaques contre des mosquées, d'autres communautés minoritaires montrées du doigt, des saluts nazis dans la rue, des attaques contre la police. - Une violence gratuite accompagnée d'une rhétorique raciste. Un fait divers qui réveille un sujet sensible, l'immigration.

L'opposition se met dans la brèche. - S'il vous plaît, ne rentrez pas dans cela. Que tous ceux qui s'inquiètent du changement des communautés, ne laissez pas penser que vous les désignez comme l'extrême droite.

Je vous l'assure, ce n'est pas le cas. - Le ton est aussi grave au sujet des finances. Le gouvernement dit avoir découvert un trou de 22 milliards de livres dans le budget de l'Etat. - K.Starmer: Je vais être honnête avec vous.

Il y a un budget à venir en octobre et il va être douloureux. Nous n'avons pas d'autre choix étant donné la situation dans laquelle nous nous trouvons. Ceux qui ont les épaules les plus larges doivent porter le fardeau le plus lourd. - Réplique immédiate des conservateurs. - Ce gouffre financier l'oeuvre de K.Starmer.

Ils ont fait des choix égoïstes. Ils ont choisi de dépenser des milliards de livres par an pour payer les salaires excessifs aux travailleurs du secteur du public. - Pas d'état de grâce pour K.Starmer.

Selon un dernier sondage, 30 % des Britanniques ont une opinion plus négative du gouvernement qu'au moment des élections. - A.de Tarlé: Question. - C.Cornudet: Je pense qu'il y a un parallèle.

Comme lui, il doit incarner l'alternance. Lui aussi a un virage à gauche. Le Premier ministre britannique a décidé d'augmenter les salaires des fonctionnaires de 5 à 6 %.

Ca a été son signal. A la fin de l'été, il dit qu'il ne peut pas aller plus loin et qu'ils doivent faire des choix budgétaires très durs. C'est ce qui guette B.Cazeneuve.

Il a besoin de montrer qu'il fait une politique plus à gauche. Mais la situation budgétaire est telle que ça va être très compliqué, au-delà des symboles, de vraiment réorienter la politique. Là, on a un risque budgétaire d'une France qui dévisse.

On est déjà dans une très mauvaise situation. Sur le plan du RN, c'est un peu différent. Le RN n'est pas opposé par principe à B.Cazeneuve.

Autant M.Le Pen a fait passer le message que pour elle, X.Bertrand, ça ne serait pas possible.

Il y a un différend personnel entre eux. B.Cazeneuve, comme il incarne une politique régalienne assez rigoureuse, pour l'instant, elle n'y est pas opposée par principe. - A.de Tarlé: Après 14 ans de gouvernement de droite, le Royaume-Uni passe à gauche.

Il n'y a pas d'état de grâce. Finalement, les Britanniques n'attendent plus rien de leurs politiques? - B.Jeudy: Pas beaucoup d'illusions.

Il y avait un rejet de ce qu'il s'est passé, le Brexit, la succession de Premiers ministres.. Une est partie au bout d'un mois car elle mettait le pays en banqueroute, L.Truss.

En Grande-Bretagne, il y a des extrêmes droites à l'affût. Ce qu'il s'est passé avec la gauche anglaise, c'est une inversion. La gauche modérée a repris le leadership par rapport à la gauche radicale.

Elle est revenue au pouvoir. Elle est revenue avec un projet qui n'enthousiasme pas forcément la base de gauche anglaise, comme sans doute un programme social-démocrate en France n'emballerait pas l'électorat de gauche. Mais c'est le cas de beaucoup de pays européens, qui se retrouvent pris avec ces questions de tenailles identitaires...

Et il y a également des contraintes financières énormes. C'est le cas de la Grande-Bretagne qui a du mal à se relever du Brexit. C'est le cas de la France qui est l'un des pays européens les plus endettés.

Ce sont des contraintes, qui pour n'importe quel gouvernement, sont difficiles. En Grande-Bretagne, le système social est différent. Mais c'est difficile chez eux, comme c'est difficile chez nous avec notre système social très généreux. - A.de Tarlé: Question. - A.Oberdorff: Elle a pris ses dispositions pour continuer à incarner le visage de l'unité à gauche.

Elle a l'assurance des leaders des 4 formations qui lui ont donné mandat, de rester à faire bloc derrière elle. Reste à voir le rôle qu'elle va jouer lors des manifestations à venir. Insoumis, écologistes et communistes ont annoncé qu'ils défileraient le 7 septembre prochain.

L.Castets va-t-elle participer de cette entreprise, alors qu'elle s'est montrée jusqu'ici assez respectueuse des institutions? Elle a dit qu'elle était prête à gouverner, bâtir des compromis.

Mais prisonnière des contradictions du NFP, elle n'a pas pu aller jusqu'au bout de l'esquisse de ces compromis. - B.Jeudy: Il y a des choses irréelles depuis le début de l'été.

Toutes ces personnalités qui émergent, qui demandent à être Premier ministre, qui font campagne. On a un monde parallèle où L.Castets, qui ne représente personne, est haut fonctionnaire à la Ville de Paris, hop, elle veut être Premier ministre.

On a un maire de banlieue qui veut être Premier ministre. On est dans quelque chose de très inédit, très nouveau. - A.de Tarlé: C'est le signe de quoi? - B.Jeudy: Une nouvelle forme de dégagisme.

E.Macron a pété la droite, la gauche. Il se retrouve dans un bloc central qui est dans l'étau des extrêmes.

Les personnalités se disent: "Pourquoi pas moi?" Ca crée beaucoup de vocations, mais ce n'est pas toujours très sérieux. - A.de Tarlé: Samedi 7 septembre, manifestation à l'appel de LFI contre E.Macron.

Il est traité de "dictateur" par J.-L.Mélenchon parce qu'il refuse de nommer L.Castets.

Ca peut lui mettre la pression? Ca peut faire du bruit? - C.Cornudet: Ce jour-là est bizarrement choisi, c'est pendant la période des Paralympiques.

Comme s'ils s'attendaient à ne pas avoir l'autorisation de manifester. - A.de Tarlé: Ca peut être refusé? - C.Cornudet: La circulation est très encadrée à Paris.

C'est bizarre. Qu'il y ait des zones de mécontentement, un climat social à l'hôpital, l'école...

Il y a plein d'endroits qui sont fragiles qui peuvent faire des démarrages de feux. C'est évident. - B.Teinturier: Si jamais nous avons un Premier ministre nommé en début de semaine prochaine, cette manifestation va arriver quelques jours après sans que les Français puissent dire qu'ils peuvent laisser la chance...

B.Cazeneuve est issu des rangs socialistes. - B.Jeudy: J.-L.Mélenchon, Matignon, ça ne l'intéresse pas beaucoup.

Il met du bois dans la cheminée pour mettre le plus le feu possible et bordéliser la situation politique. Il essaye d'acculer E.Macron. - A.de Tarlé: Comment interpréter sa proposition de la semaine dernière, un soutien à un gouvernement de gauche sans ministres de LFI. - A.Oberdorff: Pour se préserver la voie vers la seule échéance valable à ses yeux: la présidentielle...

En restant à l'intérieur d'un gouvernement NFP, qui était voué à faire des compromis donc de décevoir. J.-L.Mélenchon a tout loisir de matraquer les manquements, les compromis du gouvernement de L.Castets.

Ca faisait penser à 1936 avec des communistes qui étaient dans un scénario de soutien sans participation. A ce stade, les réticences des socialistes, c'est d'accompagner J.-L.Mélenchon dans cette course au désastre que serait la crise de régime.

Ils savent qu'ils ne sont pas prêts pour une présidentielle anticipée. Il y a un sondage effroyable que beaucoup d'insoumis devraient avoir en tête, c'est celui de l'hypothèse où J.-L.Mélenchon décrocherait son ticket pour le 2d tour.

Où il pourrait jouer son match tant attendu avec M.Le Pen, mais ça ne jouerait pas en sa faveur. - B.Teinturier: Il se ferait écraser.

La certitude de J.-L.Mélenchon, c'est que dans une telle configuratio les classes moyennes ou les bourgeois voteraient pour lui.

Moi, je pense tout le contraire. Il y a un autre aspect qui est important dans la stratégie de J.-L.Mélenchon, c'est qu'il voudrait aller vers cette stratégie de conflictualisation, mais la société française n'est pas là-dedans.

Elle est dans l'inverse, dans la recherche de l'apaisement. Ce conflit, ça inquiète nos concitoyens. On n'est pas dans la décivilisation dans le sens où il y aurait une adhésion de plus en plus forte des Français à ces explosions de violence.

C'est tout le contraire. - A.de Tarlé: Question. - B.Jeudy: Cette relation est ancienne.

Ils ont longtemps été très proches. Sur le fond, une grande proximité idéologique. Cazeneuve est un social-démocrate, mais il est plus centriste que F.Hollande.

Ils étaient assez proches, même s'il l'un était à l'Intérieur et l'autre à Bercy. Ils ont longtemps été assez proches. Beaucoup d'anecdotes les ont rapprochés.

Une chose les a séparés, c'est l'infidélité en politique. B.Cazeneuve est allé jusqu'au bout de sa fidélité à F.Hollande.

Il n'a pas aimé la campagne de 2017, il n'a pas aimé la façon dont E.Macron a mis un coup de boutoir dans les partis du gouvernement, que ce soit Les Républicains, ou le PS. Ca les a séparés.

Mais ils se sont plutôt rapprochés ces derniers temps. Ce sont des gens qui se parlent encore. Mais c'est une relation faite de hauts et de bas. - A.de Tarlé: Question. - C.Cornudet: Manifestement, il veut travailler sur le pouvoir d'achat.

Il veut un signal sur le pouvoir d'achat. Est-ce que ça prendra cette forme ou une forme de baisse de charges pesant sur les salaires? Ca va être dans le contrat de gouvernement qu'il va devoir présenter s'il est désigné et la discussion actuelle avec E.Macron. - B.Teinturier: Possiblement, une annonce d'ici dimanche soir.

Merci.