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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 10 décembre 2020 25 min

Marine Le Pen et la loi contre le séparatisme : "il manque tout à ce texte"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Merci d'écouter France Inter, il est 8h22. France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-9. Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin la présidente du Rassemblement National dans le grand entretien de France Inter. Question, réaction, 01-45-24-7000, les réseaux sociaux et l'application mobile d'Inter. Bonjour Marine Le Pen. Bonjour. Commençons par l'épidémie de Covid. On approche de la date du 15 décembre, fixée par Emmanuel Macron pour sortir du confinement. Pour franchir cette étape, le président de la République avait fixé un seuil, 5000 contaminations par jour. On n'y est pas, le dernier chiffre en date c'est 14 595, hier, chiffre le plus élevé depuis le 25 novembre.

Dans ce contexte et en attendant la conférence de presse de Jean Castex tout à l'heure, que faut-il faire Marine Le Pen ? Attendre avant de déconfiner, déconfiner quand même, repousser la réouverture des cinémas, des théâtres, des gymnases ? Que préconisez-vous ?

1:06
Marine Le Pen

D'abord je préconise de faire en sorte que la confiance revienne entre le gouvernement et la population. Car depuis le début de cette crise sanitaire, on est obligé de constater que le gouvernement a créé l'intégralité des conditions de la défiance qui existe aujourd'hui. Alors le problème de la défiance, c'est qu'elle a évidemment une conséquence directe sur l'acceptabilité des mesures. On a, c'est vrai, le sentiment, et il est réel, parce que c'est le climat qui a été instauré par le gouvernement, que les décisions qui sont prises sont des décisions arbitraires. Soit parce qu'on ne les explique pas, soit parce qu'elles sont inexplicables.

Bon, la jauge par exemple de 5000 contaminations, c'est pas d'où ça sort. C'est arbitraire. On a décidé arbitrairement d'avoir une gestion nationale de l'épidémie. Pourquoi est-ce qu'on a changé d'avis ? Lors de la première vague, on avait une gestion départementale ou régionale. Ça me paraissait plus raisonnable. Ça aurait peut-être permis, dans des départements où la circulation du virus est très faible, de réouvrir avant les commerces, d'ouvrir des restaurants avec évidemment le respect des règles sanitaires, etc. Ça c'est pour la critique du gouvernement. Non, mais c'est pas une critique, parce que vous comprenez bien que dans cette critique, il y a les solutions que je propose.

Il y a la gestion départementalisée, il y a le fait de dire la vérité aux Français, il y a la transparence. Or, on va se retrouver confronté à une nouvelle défiance, qui est la défiance vis-à-vis des vaccins. On va y venir. En raison, encore une fois, de l'opacité qui entoure cette opération. Donc moi, je pense qu'il faut départementaliser. Il faut permettre aux restaurants d'ouvrir lorsque la circulation du virus est minime, ou en tout cas dans des proportions raisonnables. Il faut déterminer quelles sont les proportions raisonnables. Et ça, c'est quelque chose qui est clair.

Il faut aussi arrêter ce qu'on a appelé l'absurdistan, c'est-à-dire la multiplication de décisions qui sont insensées, contradictoires, incompréhensibles. Par exemple ? Par exemple, pourquoi décide-t-on qu'on a plus de chances d'attraper le Covid sur une piste de ski, où il y a parfois en moyenne 10 mètres entre chaque skieur, que dans le métro, ou dans un avion ?

3:29
Présentateur

Vous auriez laissé ouvert les pistes de ski, c'est ça ?

3:31
Marine Le Pen

Oui, j'aurais laissé ouvert les pistes de ski, parce que rien ne justifie leur fermeture, et qu'il y a derrière un secteur économique entier, qui est le secteur de la montagne, qui fait 25% de son chiffre d'affaires pendant les vacances de Noël, et qui risque d'entraîner une multiplication des faillites, alors même que la situation économique du pays est catastrophique.

3:49
Présentateur

Et sur le secteur de la culture, qu'est-ce qu'on fait avec ces chiffres qui ne baissent pas ? Est-ce que vous laissez, est-ce que vous réouvrez les cinémas demain ?

3:55
Marine Le Pen

Mais encore une fois, est-ce qu'on risque plus d'attraper le Covid au cinéma, avec des normes, avec un siège entre chaque personne qui porte un masque, qu'à l'Assemblée nationale, où nous sommes toute la journée, a eu un siège d'écart les uns des autres ? C'est ça la vraie question. Donc tout peut être accepté par les Français. Ils respecteront tout parce qu'ils ont été hyper respectueux. Encore faut-il qu'ils comprennent ce qu'on leur demande.

4:21
Présentateur

Marine Le Pen, pour les fêtes de Noël, le gouvernement préconise 6 adultes à table maximum, sans compter les enfants. Est-ce que cette jauge familiale vous semble raisonnable, ou faut-il la réduire encore ?

4:33
Marine Le Pen

Et les enfants, c'est à partir de quel âge ? C'est pas précis. Ah, on va faire un décret peut-être, juste après celui du sapin de Noël. On ne peut pas faire confiance un peu aux Français ? Parce que c'est ça en fait, il y a une défiance aujourd'hui des Français à l'égard du gouvernement, mais la première défiance a été celle du gouvernement à l'égard des Français, qui n'a eu de cesse de les culpabiliser, de les infantiliser. Faisons confiance aux Français. Est-ce que vous croyez sincèrement que les Français ont envie de prendre le risque de contaminer leur famille ? La réponse est non. Donc faisons confiance aux Français. Mais ça veut dire quoi, faisons confiance aux Français ?

Faisons, de la même manière, pardon, faisons confiance aux restaurateurs. Faisons confiance aux chefs d'entreprise dans les demandes d'aide financière qu'ils font. Faisons leur confiance pour déterminer leurs besoins.

5:19
Présentateur

Mais sur Noël, on ne met pas de jauge, c'est ça ?

5:21
Marine Le Pen

C'est une fête familiale Noël. Ce n'est pas le 31, c'est une fête familiale. Donc on va interdire les familles de plus de 6 personnes ? Ce n'est pas ce qui est dit. Si, c'est ce qui est dit, je suis désolée.

5:32
Présentateur

C'est recommandé, il n'y aura pas un policier en bas de chaque maison pour savoir. C'est recommandé, essayer de ne pas dépasser la jauge de 6 personnes.

5:39
Marine Le Pen

C'est une fête familiale. Les gens, encore une fois, ils ont des parents, ils ont des enfants. Et honnêtement, c'est une fête qui est extrêmement importante pour l'immense majorité des Français. Conservons encore une fois la confiance et axons sur la responsabilité des Français, plutôt que de les traiter de cette manière qui devient véritablement insupportable.

6:08
Présentateur

Vous allez fêter Noël en famille ? Oui, bien sûr. Vous allez fêter un dîner large avec vos parents ?

6:12
Marine Le Pen

Je vais fêter Noël en famille. Mais vous voyez, j'ai 3 enfants. J'ai de la chance. Mais si j'en avais 6, je fais comment ?

6:20
Présentateur

Les enfants ne sont pas comptés.

6:21
Marine Le Pen

Ça dépend des enfants. Mais lesquels ? Parce que moi, mes enfants, ils ont plus de 20 ans. Alors plus de 20 ans, c'est un enfant, ce n'est pas un enfant ? Plus ou moins de 15 ans ? Vous voyez bien que tout ça n'a pas de sens. Tout ça n'a pas de sens.

6:34
Présentateur

Alors, venons-en maintenant à la vaccination. Elle a commencé cette semaine au Royaume-Uni. Le gouvernement a dévoilé la stratégie vaccinale de la France, Marine Le Pen. Vaccination dans les EHPAD en janvier. Personnes fragiles et âgées en février. Toute la population ensuite. Ce phasage, ce calendrier vous semble-t-il le bon ?

6:54
Marine Le Pen

Dans le choix des priorisations, sûrement. Mais l'agenda ne sera pas tenu. Pourquoi ? L'agenda ne sera pas tenu. Je vais vous donner juste un exemple pour la première séquence. Il y a un million de doses qui ont été commandées. Il faut deux injections. Ça fait donc 500 000 personnes qui vont être vaccinées. Il y a un problème d'aiguilles. D'ailleurs, on vient d'en commander en Allemagne parce que les aiguilles ne sont pas adaptées. Donc, on perd 20% pour l'instant du produit. Donc, ça fait 400 000 personnes qui vont être vaccinées. Il y a 600 000 personnes dans les EHPAD et 400 000 soignants dans les EHPAD. Ça fait un million de personnes.

Ça veut dire que déjà, pour la première étape, on ne va pas pouvoir vacciner 50% des gens qui devraient recevoir le vaccin. Bon, il y a énormément de problèmes logistiques auxquels on n'a pas de réponse. On ne sait même pas qui va faire les vaccins d'ailleurs. Je vous signale que pour ce vaccin, il faut 4 jours de décongélation. Donc, ce n'est pas simple en termes d'organisation. Qui va organiser ça ? Ça aurait pu être une logistique privée. Il y a des entreprises de logistique qui sont spécialisées. Ça aurait pu être l'armée parce qu'ils ont une très bonne capacité, une très bonne connaissance en matière logistique. On nous dit que ce sera les médecins de ville, très bien.

Mais on ne sait pas comment est-ce qu'ils vont pouvoir opérer cela. Donc, plutôt, encore une fois, que de faire des annonces péremptoires, que le gouvernement s'avance un peu pour nous expliquer comment ça va se passer.

8:16
Présentateur

Allez-vous vous faire vacciner, Marine Le Pen ?

8:19
Marine Le Pen

En l'état, là, actuellement ? Oui. Non, d'abord, je ne suis pas dans un EHPAD. Non, non, mais en printemps... Je ne suis pas à risque, je n'ai pas l'âge, etc. Donc, commençons par permettre à ceux qui le souhaitent et qui sont les plus fragiles de pouvoir le faire. Quand vous pourrez... Je vous donnais un exemple tout à l'heure. On a dit qu'il faut que tout le monde se vaccine contre la grippe parce qu'il ne faut pas engorger... Alors, moi, vous savez, je suis une bonne citoyenne. Je me suis précipité le premier jour à l'Assemblée nationale pour aller me faire vacciner contre la grippe. On me l'a reproché en disant, ben oui, mais vous vous êtes fait vacciner.

Mais le gouvernement n'avait pas prévu assez de vaccins. Par conséquent, il y a des gens âgés qui n'ont pas pu avoir accès au vaccin. Vous voyez dans quelle situation on nous met ? Bon, donc, qu'il soit cohérent, qu'il travaille, qu'il soit rationnel, qu'il soit sérieux.

9:00
Présentateur

Sur ce vaccin à ARN messager, qui suscite parfois des doutes chez certaines personnes, qui ont peur de se faire vacciner. Est-ce que c'est votre cas ou est-ce que vous faites confiance aux autorités ? Si elles donnent leur accord pour ce vaccin-là, vous vous ferez vacciner ?

9:15
Marine Le Pen

Non, je préfère attendre un vaccin traditionnel en ce qui me concerne. Mais pourquoi ? Parce qu'en fait, il faut quand même dire les choses encore une fois aux Français et chacun prendra sa décision en responsabilité. C'est qu'on n'a pas de recul sur ces vaccins-là. On a développé en un an et demi un vaccin qu'en règle générale, on met 5 à 10 ans à développer. Ça, c'est une réalité. On n'a pas, évidemment, les études de recul sur ce vaccin. Mais il faut le dire, tout simplement. Il ne faut pas faire croire que...

9:42
Présentateur

Il le dit, il l'a dit, le monsieur Alain Fischer a dit, on n'a pas de recul, il l'a reconnu.

9:45
Marine Le Pen

Madame, vous avez raison.

9:46
Présentateur

On lui a reproché d'être trop franc, d'une certaine manière.

9:48
Marine Le Pen

Oui, mais il a eu raison d'être franc. Mais c'est d'ailleurs en écoutant ce monsieur qu'on se dit, moi, en ce qui me concerne, je vais peut-être attendre. Voilà, vous voyez ? Donc, je décide en responsabilité, parce que je suis une citoyenne, comme les 68 millions de Français, si je souhaite prendre ce risque, ou en tout cas si ce risque qui existe, est supérieur au risque d'avoir une forme grave du Covid. C'est à moi de le décider. Et d'ailleurs, je suis assez heureuse que le gouvernement ait compris qu'il ne fallait surtout pas imposer la vaccination obligatoire. Maintenant, encore une fois, oui, pardon.

10:26
Présentateur

Axel Kahn, le généticien, dit que pour stopper ce cycle infernal des confinements, déconfinements, rechutes, il faut une immunité collective, et seule la vaccination l'apportera. Fin de citation. Que répondez-vous à ça ? Quel autre moyen, effectivement, que le vaccin, pour enrayer l'épidémie et espérer sortir de la double crise sanitaire et économique ?

10:50
Marine Le Pen

Moi, j'entends Axel Kahn. Je l'ai même entendu, d'ailleurs, quand il a dénoncé l'opacité des contrats qui ont été signés par l'Union européenne avec les syllabos en question. Juste une toute petite incise et je réponds à votre question. 2 milliards, 2 milliards commandés par l'Union européenne, d'accord ? Personne n'a accès aux contrats de négociation. Pourquoi ? Et ils en sont à venir expliquer qu'ils vont tirer au sort des députés européens qui vont avoir le droit d'aller regarder ces contrats de négociation sans téléphone, sans possibilité de les photographier, sans stylo pour pouvoir prendre des notes. Mais à quoi ça rime ?

Comment voulez-vous qu'il y ait un climat de confiance dans les peuples européens à l'égard de cette vaccination, si on agit avec une opacité aussi incroyable ?

11:38
Présentateur

Marine Le Pen, y a-t-il aujourd'hui une alternative au vaccin ? Répondez à la question sur Axel Kahn.

11:42
Marine Le Pen

Non, il n'y a pas d'alternative pour l'instant au vaccin. On le voit bien. Mais est-ce que le vaccin est une alternative ? On le saura à terme. On ne sait même pas si le fait d'être vacciné, en réalité, protège les autres d'une contamination. On ne sait pas si, lorsqu'on est vacciné, on ne peut pas l'attraper. On ne le sait pas encore. On ne sait pas combien de temps va durer l'immunité. Et on semble même dire, moi je m'intéresse un petit peu à tout ce qui s'écrit, que ce vaccin ARN messager, en réalité, est un vaccin contre les effets du Covid. Et non pas contre le Covid lui-même.

12:19
Présentateur

Vous demandez la clarification, on l'entend. Vous n'êtes pas la seule et il faut clarifier, évidemment, les choses.

12:23
Marine Le Pen

Je crois qu'il s'agit de la santé des Français. C'est bien un domaine dans lequel, objectivement, on ne peut pas jouer le jeu de l'opacité.

12:30
Présentateur

Marine Le Pen, on va passer à l'autre grand sujet d'actualité. Hier a été présenté au Conseil de ministre le projet de loi pour lutter contre le séparatisme, désormais intitulé « Confortant les valeurs de la République ». Il comprend un arsenal de mesures pour mieux contrôler les mosquées et les lieux de culte, d'autres pour lutter contre les écoles clandestines, d'autres enfin pour mieux encadrer les associations. Toutes ces dispositions annoncées hier par Gérald Darmanin et Eric Dupond-Moretti vont-elles dans le bon sens ?

12:54
Marine Le Pen

Est-ce qu'un tout petit pas vers la bonne direction est suffisant compte tenu de la gravité de la situation ? La réponse va être non, évidemment. Qu'est-ce qu'il manque à ce texte ? Il manque tout. Quoi tout ? Déjà, il manque tout le volet sur l'immigration, parce qu'il est évident que l'immigration, de manière dérégulée telle que nous la vivons, est le terreau du communautarisme, qui lui-même est le terreau de l'islamisme. Il n'y a rien sur l'idéologie salafiste, sur l'islamisme en lui-même, d'ailleurs, puisque ça a disparu du texte. Donc on n'a plus de référence à l'islamisme, plus de référence à la laïcité.

Il n'y a rien sur tout l'aspect l'islamisme au travail, c'est-à-dire tout ce qui pourrait donner aux chefs d'entreprise la possibilité de lutter contre les revendications communautaristes et islamistes. Il n'y a rien, je vous l'ai dit, sur la crise de l'immigration.

13:41
Présentateur

Sur l'islamisme, Jean Castex a dit clairement hier que l'ennemi de la République est l'islamisme radical. Éric Dupond-Moretti, à ce micro, hier, a dit que le mot séparatisme est dans tous les interstices du texte, toutes les virgules du texte. Ce texte vise, je le cite encore, bien sûr l'islamisme radical, mais pas seulement. Voilà pourquoi ils n'ont pas mis les deux mots en question dans le texte. Mais ces mots-là sont assumés.

14:05
Marine Le Pen

Mais pourquoi ne les mettent-ils pas dans le texte ? C'est la question. Pourquoi est-ce qu'ils ne le mettent ?

14:10
Présentateur

Parce qu'ils y sont partout. C'est la réponse d'Éric Dupond-Moretti hier.

14:14
Marine Le Pen

Mais c'est totalement faux. Pourquoi ? D'ailleurs, on met dans ce texte, toutes les religions, créant, si je puis me permettre, de fait, une forme de confusion entre les religions et l'islamisme. Alors après, on va dire pas d'amalgame. Oui, d'accord, mais c'est vous qui, en l'occurrence, faites un amalgame. Moi, je considère que l'islamisme est une idéologie totalitaire. C'est contre cette idéologie totalitaire qu'il faut faire une loi. C'est ce que dit Emmanuel Macron, au mot près. Mais alors qu'il l'écrive, une loi, c'est quand même quelque chose d'important, qu'il l'écrive.

Et puis, je vais vous dire, Emmanuel Macron, luttant contre le séparatisme, on pouvait encore y croire il y a quelques jours, mais depuis l'interview qu'il a donnée à Brut, on ne peut plus y croire. Pourquoi ? Mais parce que c'est une succession, encore une fois, de soumissions au séparatisme. En quoi ? En quoi ? Notamment quand, par exemple, le président de la République demande à ce que soit fait une liste de personnalités noires et arabes. Pour moi, c'est du séparatisme. Issue de la diversité. Et c'est du racialisme. Issue de l'immigration. Non, non, non. Il a dit noires et arabes. C'est du racialisme.

Lorsqu'il explique que l'islamisme, vieille en tienne, de la gauche d'ailleurs, est la conséquence de nos propres erreurs, que c'est la conséquence d'un échec de l'intégration à la française, on en revient à la justification inadmissible de l'islamisme, qui n'a évidemment rien à voir avec toutes ses causes. C'est d'ailleurs si vrai que l'islamisme mène au pays une guerre mondiale. Dans tous les pays, quasiment, il y a des poussées, des visées, des attaques islamistes. Y compris dans les pays musulmans. Je veux dire, l'Égypte est confrontée, comme beaucoup d'autres pays musulmans, à des attaques et à des agressions, des meurtres de masse, des attentats islamistes.

16:09
Présentateur

Mais ça n'empêche pas de pouvoir parler aussi de l'intégration, comment mieux intégrer les populations issus de l'immigration, oui ou non ? On ne peut parler que de l'islamisme radical, comment lutter contre l'islamisme radical, ou est-ce qu'on peut également évoquer comment mieux intégrer les populations issus de l'immigration ?

16:23
Marine Le Pen

Parce qu'il me semble que c'est ce qu'il a dit. Non mais c'est complètement autre chose. Si on part sur ce terrain...

16:27
Présentateur

Et c'est vous qui confondez les choses ? Parce qu'Emmanuel Macron parle de comment mieux intégrer

16:31
Marine Le Pen

les populations issues de l'immigration. Non. Eh bien, moi je vais répondre à Emmanuel Macron. Le meilleur moyen d'intégrer les populations issues de l'immigration, c'est d'abord que l'immigration soit raisonnable, et d'arrêter l'immigration de masse telle qu'elle est organisée encore sous son mandat. La deuxième manière, c'est d'arrêter de faire de ce que Valéry Giscard d'Estaing appelait la francophobie.

C'est-à-dire, en toutes circonstances, d'accuser la France de tous les maux, comme il est encore, comme il l'a fait lorsqu'il est allé accuser la France de crimes contre l'humanité en Algérie, comme il ne cesse de le faire, y compris dans cette interview, en expliquant que tout est de la faute de la France. Alors expliquez-moi, ou qu'il m'explique, après tout, ou qu'il explique au peuple français, en quoi le Tunisien qui a assassiné trois pauvres personnes à Notre-Dame, à Nice, a agi en raison de l'échec de l'intégration à la française.

17:28
Présentateur

Mais il n'a pas dit ça, Marine Le Pen. Pardon, mais là, vous mélangez tout. Il n'a pas parlé du Tunisien.

17:35
Marine Le Pen

Non, non, je vous dis...

17:37
Présentateur

On peut tout mélanger.

17:38
Marine Le Pen

On peut tout mettre dans un même bocal

17:40
Présentateur

et tout mélanger. Le Tunisien terroriste, l'intégration... On peut tout mettre. On peut.

17:44
Marine Le Pen

On peut, vous faites. Non, mais calmez-vous. Non, non, non, je suis calme. Non, mais tout va bien se passer. Non, mais je suis calme. Je vais vous lire la déclaration d'Emmanuel Macron. Ceux qui ont cette idéologie prospèrent sur nos échecs. Et nos échecs, c'est le ressentiment qui est né dans une partie de la population pour des raisons culturelles, historiques, c'est-à-dire l'échec de l'intégration à la française. Oui, d'accord. On a laissé à beaucoup de nos jeunes et moins jeunes l'idée qu'ils n'étaient pas une part de France.

Il y a ensuite le ressentiment économique et social, ces discriminations à l'embauche, c'est-à-dire, encore une fois, toutes les excuses données depuis 20 ans par la gauche la plus ringarde. Même les types de gauche, ils ont abandonné cette argumentation.

18:23
Présentateur

Une question. Après les propos racistes d'un arbitre, les équipes du PSG et de Bassac-Shekir ont quitté le terrain avant-hier, interrompant le match. On n'avait jamais vu ça. Avant la reprise du match hier, les joueurs des deux équipes ont mis le genou à terre et levé le poing. Le geste des sportifs américains pour dénoncer le racisme, ils l'ont fait hier, le PSG et l'équipe du Bassac-Shekir. Comment avez-vous reçu cette image ? Elle m'inquiète.

18:45
Marine Le Pen

Pourquoi ? Parce que je vois notre pays, je vois un certain nombre de... Je vois une mouvance essayer d'importer en France la guerre raciale américaine. Et ceci m'inquiète fortement. Je pense qu'un certain nombre de nos dirigeants, d'ailleurs, vont dans ce sens de la racialisation des relations humaines. Moi, la racialisation des relations humaines me fait horreur. Voilà. Je suis française et ça me fait horreur. Déterminer les gens en fonction de leur couleur, comme l'a fait le président de la République à plusieurs reprises, où leur religion est une régression démocratique majeure.

19:28
Présentateur

Là, c'était un mouvement des sportifs pour lutter contre une phrase objectivement raciste d'un arbitre.

19:34
Marine Le Pen

Non mais, madame, vous avez bien compris ce qui se passe quand même. Parce que, si vous voulez, on est là pour réfléchir. Il y a une volonté séparatiste de la part de certains qui souhaitent séparer les blancs des noirs. D'ailleurs, le président est dans cette ligne-là puisqu'il dit qu'il faut une liste de 300 ou 500 personnalités noires parce que, en gros, les jeunes noirs doivent avoir leurs héros. Donc, les noirs doivent avoir des héros noirs et les blancs des héros blancs. Je trouve ça épouvantable. Je pense que c'est, encore une fois, un abandon total de nos valeurs républicaines.

Et dans cette démarche-là, on voit bien que chaque événement est monté en épingle, en quelque sorte, pour être vu et analysé sous le prisme racial. Je vous signale d'ailleurs que le joueur en question avait lui-même fait un tweet il y a quelque temps que je vous lis « Bienvenue en Occident, là où le blanc se croit tellement supérieur que racisme et débilité deviennent banalité. » Et il dit en anglais « Il est temps de se lever. » Ces gens-là cherchent à séparer. Ces gens-là cherchent le conflit.

20:46
Présentateur

Il y a beaucoup de questions au standard sur les sujets médicaux. Rudi, bonjour.

20:53
Locuteur non identifié

Bonjour. Bienvenue. Merci. Je voulais savoir ce que Mme Le Pen pense du collectif citoyen tiré au sort pour surveiller et participer à la stratégie vaccinale aux côtés du Conseil d'orientation vaccinale et de M. Fischer. Est-ce une preuve de transparence et un bon outil démocratique, selon elle ?

21:10
Présentateur

Merci, Rudi. Pour cette question, Marine Le Pen vous répond.

21:13
Marine Le Pen

Monsieur, moi, je commence à m'inquiéter de me dire à quoi sert le gouvernement puisque sur chacun des sujets, on crée des conventions citoyennes. Alors, le gouvernement, donc, ne sert à rien et, objectivement, l'Assemblée nationale, du coup, ne sert à rien car c'est le rôle, évidemment, de l'Assemblée nationale. Je vais aller dans votre sens puisque je considère que l'Assemblée nationale n'étant pas représentative des opinions des Français, il y a évidemment un défaut de représentativité et donc un défaut d'efficacité. Mais puisque vous parlez de ça, on peut parler de la Convention sur le climat, la Convention citoyenne sur le climat.

En réalité, on s'est rendu compte que dans cette Convention citoyenne sur le climat, ce n'étaient pas des citoyens. Disons les choses clairement. Il s'agissait majoritairement d'associatifs, d'experts, enfin, de soi-disant experts ou sachants et bien souvent de militants politiques.

22:07
Présentateur

Pas du tout, il y a eu 150 citoyens qui iraient au sort. Est-ce que vous êtes

22:11
Marine Le Pen

la seule en France à croire que M. Cohn-Bendit aurait été tiré au sort par le plus grand des hasards dans cette Convention ? Vous êtes alors très naïf.

22:19
Présentateur

Il y avait des citoyens qui étaient extrêmement climato-sceptiques qui sont dans cette Convention-là. Les membres de la Convention nous le disaient au micro d'inter. Il y avait aussi

22:27
Marine Le Pen

beaucoup de militants, beaucoup de responsables associatifs qui ont évidemment dirigé ces groupes de citoyens. Donc, je crois assez peu à ce type de démarche.

22:40
Présentateur

Norbert au standard depuis Tenon-les-Bains. Bonjour, bienvenue. Oui,

22:45
Locuteur non identifié

bonjour à tous. Bonjour, monsieur. Je voulais demander à Marine Le Pen si elle a l'intention de laisser sa place au parti pour que le parti soit plus fort et qu'il a des chances d'arriver aux responsabilités.

22:56
Présentateur

Merci. Ah, pardon. Finissez, finissez.

22:59
Locuteur non identifié

Je vais parler avec les équipes de sport. Quand ça ne marche pas, on change l'entraîneur. Voilà un peu ce que je voulais vous demander à Marine.

23:06
Présentateur

Merci, Norbert, pour cette question. Marine Le Pen vous répond.

23:09
Marine Le Pen

Norbert, je vous trouve assez sévère tout de même parce qu'avec les moyens médiatiques, financiers, limités du Rassemblement National, nous sommes aujourd'hui en situation de gagner à la prochaine présidentielle. Le Rassemblement National, en tout cas le candidat soutenu par le Rassemblement National ou qui sera soutenu est donné aujourd'hui, bien sûr, c'est une photographie au second tour de l'élection présidentielle avec de grandes chances de gagner. Alors, je suis beaucoup plus optimiste que vous.

23:43
Présentateur

Il reste une petite minute. Marion Maréchal a annoncé hier qu'elle ne serait pas candidate en 2022. Oui. Elle n'a pas dit qu'elle vous soutenait pour autant. Oui. Je ne suis pas au service d'un parti ou d'un candidat. Espérez-vous qu'elle vous soutienne ? Elle a fait le choix,

23:57
Marine Le Pen

encore une fois, de créer une école et donc de s'obliger à une forme de neutralité pour que les études qui puissent sortir de cette école ou de ce think tank bénéficient à l'ensemble de l'espace public. C'est son choix. Moi, je le respecte totalement. Maintenant, la France est dans une situation extrêmement grave et évidemment, tous les soutiens sont le bienvenu parce que les décisions qui vont être amenées à être prises vont déterminer notre sécurité, notre prospérité, notre liberté, notre souveraineté, notre indépendance.

24:34
Présentateur

Eh bien, merci Marine Le Pen d'avoir été au micro d'Inter ce matin. 8h46, présidente du Rassemblement National.

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