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interviewPublic Sénat (sur YouTube)· 16 janvier 2026 88 min

Budget 2026 : "Je préférerais le 49.3 aux ordonnances"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

[musique] Bonjour à tous et bienvenue dans cette nouvelle édition en direct du Sénat, votre programme qui revient tous les jeudis sur les temps forts de l'actualité de la chambre haute du Parlement. Voici les titres cette semaine. À la une, il y a toujours cet impasse autour du budget.

Sébastien Lecornu qui bien réfléchit avoir recours au 493 ou passer le budget par ordonnance. Dans ce contexte, la question se pose du niveau de taxation des plus fortunés. Nous recevions ce matin Éric Lombard, l'ancien ministre de l'économie.

Nous l'écouterons. Également à la une semaine, la lutte contre le narcotrafic avec l'audition au Sénat ministre de l'intérieur Laurent Nounes, également de la première procureur du nouveau parquet anticriminalité organisé. 3è titre cette semaine la colère du monde agricole à 5 semaines du début du salon d'agriculture.

Les syndicats de la profession étaient auditionnés [musique] ce matin par la commission d'enquête sur les marges des industriels et de la grande distribution. Nous les écouterons et enfin nous écouterons le chercheur Clément Terme sur la situation en Iran alors que les manifestations contre le pouvoir en place font l'objet d'une répression sanglante. Mais d'abord donc la recherche d'un compromis sur le budget.

Parmi les points au cœur des débats la question de l'imposition des plus riches en France. Éric Lombard, l'ancien ministre de l'économie a expliqué ces derniers jours que des milliers de personnes, je cite, ne payent aucun impôt sur le revenu. Il a précisé ses propos dans la matinale de public Sénat.

On l'écoute. Quelle est le la situation ? Nous savons que de plus en plus se sont développé pour un nombre de personnes ayant des revenus importants et des patrimoines importants, des techniques légal mais qui permettent de baisser fortement la base fiscale et c'est documenté.

D'ailleurs, il y a des moyens sur lequels nous travaillons pour corriger cela. Moi, j'ai très confiance dans les réactions qui ont suivi cette déclaration parce que vous avez vu que le président de la commission des finances du Sénat, Claude Rénal, son homologue de l'Assemblée nationale, Eric Cocren, ont demandé à Bercy les chiffres. Quels sont les chiffres qui sont importants pour prendre une décision et mesurer l'ampleur du phénomène ?

Les équipes de Beril sont tout à fait capables, d'abord avec ce qui est publié par les journaux et puis aussi par des informations ouvertes de regarder le patrimoine de nos concitoyens les plus fortunés. Ils ont par définition les revenus déclarés. S'il y a un écart trop important entre les revenus déclarés et le patrimoine que nous le connaissons, ça veut bien dire qu'il y a suroptimisation.

C'est le langage que nous utilisons et cela doit être corrigé. Et Jacqu les conférences. Roger Caroci.

Bonjour. Bonjour sénateur LR des Hautes scèes, ancien ministre des relations avec le Parlement. On va le voir ça à son importance dans mes prochaines questions.

Mais d'abord, que pensez de ces propos de l'ex-ministre de l'économie Éric Lombard ce matin sur Sénat ? Il y a bien donc des personnes qui bénéficient d'une forme de suroptimisation fiscale. La commission des finances du Sénat a raison de se pencher sur ce sujet.

Que la commission des finances du Sénat se penche sur le sujet, c'est son rôle. C'est normal de le faire. Si certains ont trouvé des systèmes pour échapper à l'impôt, si c'est illégal, si c'est à la limite de la ligne jaune, c'est anormal.

En revanche, je serais assez tenté de dire, je ne comprends pas parce que dans l'hémicycle, j'ai souvenir d'Éric Lombard, ministre à l'époque nous expliquant alors qu'on posait des questions de ce genre nous expliquant mais pas du tout, tout est sous contrôle, personne n'échappe à l'impôt s'il doit l'impôt. C'est ce que dit d'ailleurs sa successeur Améli aujourd'hui. Alors moi je suis pas un technicien de Bery.

J'entends qu'il dit si quelqu'un a un patrimoine important mais les revenus ne correspondent pas mais j'ose espérer que ça s'est contrôlé depuis longtemps et que ça ne c'est pas quelque chose qu'il faudrait faire qu'à partir de maintenant. On nous a toujours répondu que c'était sous contrôle à Ber. Donc moi, je fais confiance mais la commission des finances du Sénat a raison de demander des contrôles.

Ça pose aussi la question de l'impuissance de ces ministres de l'économie sur les arbitrages en leur défaveur. Bruno Lemire sur la dérive des finances publiques, il dit qu'il avait écrit à l'époque à Ellisabeth Born, maintenant Éric Lombard. Est-ce que la prise de décision est trop dépendante de l'Élysée de Matignon ?

Ça c'est clair. C'est pas récent. C'est pas récent mais ça c'est évident que on donne ou on accorde à Berir considérable.

En tout cas les citoyens, les collectivités tout le monde dit Bercy nous étrangle Bercy machin. Et quand on voit les ministres de l'économie, on a toujours l'impression qu'ils sont les patrons de Bercy mais pas vraiment. Donc soit Bercy a un vrai pouvoir de contrôle, un vrai pouvoir d'analyse, un vrai pouvoir de sanction, soit c'est pas le cas, mais je n'ai encore vu aucun ministre de l'économie démissionner en disant qu'il n'a pas la capacité d'agir.

Don Bruno Le maire, exactement par exemple. Les députés donc qui ont repris l'examen du projet de finance 2026, toujours cette impossibilité à sortir de l'impasse politique sur ce budget. l'exécutif qui réfléchit de plus en plus sérieusement à actionner le 493 avoir recours aux ordonnances.

Deux options qui pourraient permettre de contourner l'absence de majorité à l'Assemblée nationale. Est-ce que les ordonnances c'est acceptable pour les LR ? On a vu par exemple que Philippe Juvin, le rapporteur général LR du budget à l'Assemblée nationale n'est pas contre.

Au moins, ça garantit un budget qui n'est pas le cas avec le 493. Oui, mais enfin moi dès le début et pas seulement moi, beaucoup de gens ici avaient dit à le cornu, c'est une aberration d'abandonner la possibilité d'utiliser le 493. pendant des mois, cette nonutilisation a fait en sorte que le gouvernement a en réalité fait des concessions tous les jours davantage au Parti socialiste et plus d'impôts et moins de réduction de la dépense publique et plus de création de taxes nouvelles et puis au bout du bout du bout au mois de janvier, on vient nous dire "Ah là, il faut en sortir.

Ah, il faut en sortir n'importe comment. 493 ordonnance. Le gouvernement qui s'est empétré tout seul doit maintenant nous sortir de la clairement ici, on va pas recommencer le débat budgétaire, ça ne sert à rien.

Donc lorsque le texte reviendra après les députés, il y aura une motion préalable dès le début. C'est ma position, je sais pas ce sera la position de l'ensemble de la majorité sénatoriale mais franchement ça suffit. Et les Français sont l'ass du spectacle affligeant qu'a donné l'Assemblée nationale et le Parlement globalement sur ces débats budgétaires et le gouvernement.

Pour finir, est-ce que vous accepteriez l'utilisation des ordonnances alors qu'il y a pas du tout de débat euh sur ces ordonnances au Parlement ? Il y a même pas l'habilitation avec les autres types d'ordonnances. Et euh quel qu'est-ce qu'on aurait comme budget ?

Le budget initial avec l'année blanche ? Moi, je préférais le 493 parce qu'au moins les choses seraient claires, carrées et chacun déciderait. Si le gouvernement veut pratiquer par ordonnance, alors il faut voir ce qu'il retient, ce qu'il ne retient pas.

C'est-à-dire que même s'il y a pas de débat quand même bah évidemment. Donc euh qu'est-ce qu'il va mettre dans les ordonnances ? Si c'est pour avoir euh toutes les les tartes à la crème du Parti socialiste pour écraser d'impôt les gens, bah c'est non.

Euh donc voilà, je je trouve que franchement depuis le début de ce débat budgétaire, on tourne en rond et on n' pas de solution. Al justement, on arrive à la fin de cette interview, à la fin de mes questions, mais qu'est-ce que ça dit de la méthode le cornu ? Il avait voulu il voulu donner plus de place au parlement.

C'est un échec aujourd'hui. 15 janvier, il y a pas de place au parlement, il y a eu des méthodes, je le critique pas, il joue sa carte pour que le gouvernement dure, pour que lui-même dure, mais en réalité il dure parce qu'il fait des concessions socialistes comme ça, il vote pas la censure. Euh, mais il a juste gagné du temps.

Il a gagné du temps. Est-ce que le pays a gagné au niveau budgétaire, au niveau financier, au niveau fiscal ? Sûrement pas.

Bien merci. Merci pour cette analyse au micro de public sénat. On suivra le marathon, le le feuilleton autour de ce marathon budgétaire.

Merci. Merci à vous. [musique] Allez, on en vient au deuxième thème dans cette émission et la lutte contre les trafics de drogue.

Depuis le 5 janvier dernier, un nouveau parquet spécialisé est en place. Le ministre de l'intérieur a fait un premier bilan de son action dans la lutte contre le narcotrafic devant la commission des lois qui recevait également mercredi Vanessa Peré, la première procureure du PNACO. ce nouveau parquet spécialisé.

Voyez les moments forts de ces auditions. Ils ont été préparés pour public par Mathoutarelli et Gautier du Fossé. Je vous faire un état un peu précis de la la mise en œuvre des décrets d'application.

Alors donc tous nous concerne pas enfin de mise en œuvre de l'application de la loi d'abord hein pour dire les choses qui ont été faites puis ensuite euh des décrets qui reste à prendre euh quand il en fallait hein puisque nous avons eu j'ai le plaisir l'honneur d'être d'assister à la à la au débat sur le l'article 50 ti de la constitution he sur le le narcotrafic on a bien précisé et à l'Assemblée au Sénat qui avait quand il y a quand même beaucoup de mesures de la loi qui sont d'application immédiat he faut pas l'oublier. On avait l'impression dans ce débat que finalement la loi narcotrafic on l'appliquait pas. Bon, elle a été adoptée il y a 6 mois et j'ai redit je le redis d'ailleurs madame la présidente et j'assume de le dire, c'est pas l'alpha et l'oméga de la lutte contre le trafic des stupes.

C'est bien, c'est une couche supplémentaire. couche supplémentaire qui nous est apportée qui est extrêmement utile utile. On a des mesures qui nous sont qui qui vont être très utiles, notamment la création du PNACO, le chef de fila de la la DNPJ, les mesures qu'on les préfet dont je vais parler.

Mais j'avais l'impression quand j'avais été entendu par le Sénat sur le 50-1 que la lumière s'était allumée dans mon bureau au mois de septembre 2024 ou non, ça fait moi je je peux en témoigner, ça fait 10 15 ans qu'on travaille sur les stupes. Sous le quinquena de monsieur Hollande, on a fait plein de choses. Sous le quinquena sous les deux quinquenas du président, on a continué et on continue.

Donc voilà, je je fais ce proposinaire à dessin parce que ça me paraît important, mais on a effectivement dans la loi narcotrafic des mesures qui sont extrêmement importantes et qui sont très utiles à nos services de renseignement, de police judiciaire et de et et d'investigation. Alors sur le le et tout ça grâce au Sénat. Tout ça grâce au Sénat et au rapport sur le narcrotrafic de de de de monsieur Blanc et de monsieur Dulin.

Voilà. Euh alors sur les mesures, donc il y a un certain nombre de de mesures qui ont été mises en place immédiatement euh évidemment hein, donc immédiatement et notamment euh tout ce qui concerne les mesures l'MCO hein, l'étatmajor qui a été mis en place dès le 17 juillet 2025, la désignation de la DNPJ comme chef de fil qui s'est faite par un décret du 8 septembre 2025, hein. Donc la création du PNACO qui est devenue effective le 5 janvier 2026.

La publication du décret du 30 décembre 2025 prévoyant les modalités d'application des demandes de blocage et déférencement des sites impliqués dans le trafic en ligne par Faros, hein. Donc là, c'est un décret du 30 décembre 2025. Euh depuis l'été 2025, dès l'apparution de la loi sur les mesures, hein, vous en parliez madame la présidente, de police administrative et notamment donc à la main des préfets hein et notamment les fermetures de commerce, les injonctions au bailleurs et les interdictions de de paraître.

Donc elles se sont mises en œuvre immédiatement. Nous avons euh pour les alors je réponds précisément à votre question hein. Pour les interdictions de paraître, on en a 1682 euh qui ont été prononcés et on a eu 96 condamnations pénales pour non respect aux violations de ces mesures.

Euh les fermetures de commerce, c'est 96 fermetures prononcées. 59 sont actuellement en cours d'instruction. 59 en cours d'instruction.

Pour les expulsions locatives, on a 185 injonctions aux bailleurs sociaux qui ont été prononcées euh et 15 substitutions. Donc le la procédure, vous souvenez, c'est injonction au bailleur d'avoir lancé une procédure et quand ce n'est pas fait, le préfet peut se substituer au bailleur pour lancer en fait purement et simplement la procédure et y compris l'exécuter. hein, c'est une interprétation qui est celle du ministère de l'intérieur mais qui je crois fonctionne puisqu'on a eu 15 substitutions à bailleurs opérées et donc 16 expulsions prononcé à date.

Euh voilà. Ensuite, nous avons eu euh depuis le 5 janvier 2026 la mesure du gel administratif des avoirs en matière de de criminalité organisée, hein, d'une manière générale, criminalité organisée. Donc, une procédure importante qui était conditionnée à la création du PNACO et qui s'est créé.

D'ailleurs, il y a il y a une doctrine d'emploi qui a été élaborée en interministériel hors décret, hors texte, mais qui a été validée, qui est maintenant opérationnel avec là encore un certain nombre de services qui sont désignés comme chef de fil. Euh sur les sur les quelques mots sur les autres, je vais quand même vous parler des autres textes, hein. Dire un mot, je je je alors je je les ai là pour pardon il y a il reste pour nous.

Oui, voilà pour nous. Pardon, j'ai oublié. Le seul texte qui reste pour nous, c'est le de pour le ministère de l'intérieur.

He, c'est l'évaluation collégiale des informateurs. Donc ce texte, il est c'est un décret en Conseil d'État que nous devons encore prendre et qui le sera maintenant rapidement rapide. Voilà.

En tout cas, on y travaille. Alors, sur les autres textes, sur les autres textes qui sont en cours. Voilà, je je vais m'appuyer sur mes notes et puis je regarde, je compléterai avec les tiens.

Donc ça veut dire alors les autres textes, ça veut dire que ce sont soit des textes qu'on doit prendre avec un autre ministère et pour lesquels nous avons été saisis souvent pour avis. C'estàd que le pilote c'est pas nous, c'est un autre ministère. Cela étant la balle est aussi en partie dans notre camp puisqueon a un certain nombre de textes pour lesquels moi j'ai été saisi pour avis.

Et donc on va euh on je vais en dire un mot. Alors à la fois les textes et les euh les arrêter hein. Euh donc le décret qui instaure la DNPJ comme chef de fil, j'en ai parlé.

Euh et effectivement euh alors on a je tiens à le dire aussi, c'est pas tout à fait lié, c'est pas un décret d'application de la loi euh la loi narcotrafic mais il est très lié, c'est que nous avons et c'est monsieur Rotaillot qui avait validé cette suggestion qui lui était remontée des services et donc nous l'avons évidemment mise en œuvre donc je l'ai mise en œuvre parce que c'est vraiment un truc hyper important, c'est d'inscrire au FPR les personnes qui font l'objet d'une interaction de paraître hein. Donc on a un décret qui a été publié le 26 décembre 2025 qui euh qui euh nous permet d'inscrire au fichiers des personnes recherchées. C'estàdire qu'en cas de contrôle, bah ça matche, ça matche.

Voilà. Euh alors sur tous les autres textes que j'ai pas cité, on a une circulaire du 24 juillet 2025 signée de Bruno Rotaillot qui a été envoyé à tous les préfets sur le tout le dispositif de la loi Narco qui relevait de leur compétences. Euh donc ça c'est dès le 24 juillet 2025 hein.

Donc d'où les mesures que j'ai cité, les les chiffres que je vous ai donnés. Euh nous avons euh modifié un arrêté pour les dispos la disposition qui concerne l'habilitation des professionnels utilisant le système d'immatriculation des véhicules. On a modifié un arrêté hein donc portant sur le système d'immatriculation des véhicules pour tenir compte donc de ces mesures.

Sur le gel administratif. Je vous ai dit, les doctrines sont adoptées. Le Parquet national anticriminalité organisé a maintenant une dizaine de jours puisque il a été créé le 5 janvier à la suite de la loi narcotrafic qui était effectivement issue de cette proposition de loi sénatoriale.

Nous nous sommes donc installés dans les locaux du tribunal judiciaire de de Paris à compter du 5 janvier. Et je vais vous présenter donc peut-être la genèse un peu de de ce parquet. Vous avez pu évoquer, madame la présidente, euh la mission d'abord de préfiguration euh qui a eu lieu après le vote euh de la loi.

Euh mission de préfiguration qui a été pilotée par la chancellerie euh avec différents magistrats, avec euh des services aussi euh d'enquête euh qui ont pu euh y y participer. et ensuite une mission d'installation dont le garde des saut a souhaité que je sois à la tête qui a fait la suite de la mission de préfiguration puisque la mission de préfiguration a eu lieu à partir du vote de la loi jusqu'au mois d'août et ensuite à compter du mois de de septembre jusqu'à la la création du PNACO, j'ai eu en charge cette mission d'installation qui était beaucoup plus pragmatique puisqu'elle portait non seulement sur les recommandions les recommandations pardon de la mission de de préfiguration mais également sur des des aspects beaucoup plus logistiques. les locaux du PNACO, le nombre de magistrats, les recrutements, nombre d'assistants spécialisés et les dossiers surtout que nous allions reprendre à la suite de la proposition de loi de la juridiction de lutte contre la criminalité organisée qui était précédemment donc à Paris et qui disparaissait à compter du 5 janvier à 0h1.

Donc, il fallait absolument qu'on statue sur le sort de de ces dossiers. Donc la la mission de préfiguration qui a rendu son rapport au mois d'août avait préconisé un certain nombre d'organisation et de missions dont dont dont devait à son sens devoir être ceux du du PNACO qui ont globalement été quand même repris dans la mission d'installation et dans ce qu'on va l'organisation qu'on a pu mettre en œuvre depuis le 5 janvier et que je vais vous décrire euh le Pnaco. Donc d'abord sur ce que vous avez évoqué, le PNACO c'est pas seulement le narcotrafic contrairement à ce qui avait été initialement initialement pensé et c'est d'ailleurs dans le cadre d'amendements sénatoriaux qu'il a été étendu le champ du spectre de la criminalité organisée à laquelle nous allions nous nous attaquer pour plusieurs raisons. sans doute, vous les avez évoqué madame la présidente, les interconnexions et les interpénétrations des réseaux, des malfaiteurs qui malheureusement se se font énormément de d'infractions absolument distinctes et puis aussi la la possibilité d'avoir des des interactions avec les services d'enquête spécialisés sur donc l'OPAINCO donc est en charge non seulement du trafic de stupéfiant, mais tout ce qui est la criminalité organisée de très grande complexité, c'est-à-dire aussi les filières d'immigration clandestine, c'est-à-dire le proxénétisme, c'est-à-dire la traite des êtres humains et bien sûr tout le volet financier dont on reparlera parce que ça fait aussi l'objet de ma politique pénale.

Donc sur le le l'installation géographique, le parquet national anticriminalité organisé est à Paris. Euh il y a eu à un moment des débats sur le point de savoir s'il ne pas être euh à Marseille au vu notamment de la très grande criminalité organisé euh dans ces territoires. Il a été fait le choix que ce soit à Paris pour plusieurs raisons.

Alors, on a tous les offices centraux d'abord qui sont euh à Paris. On a le parquet national financier et le parquet national antiterroriste qui sont également dans la juridiction parisienne avec lesquels on devra évidemment avoir des interaction régulières tant sur le volet financier que parfois euh avec une porosité dans les réseaux terroristes notamment pour la la logistique et le financement qui peut aussi être en lien avec le le trafic de stupéfiant. Donc euh souhait d'une installation géographique et de d'une facilité et d'une proximité euh évidemment euh commune.

Le le Pnaco euh qui est un parquet qui va être appelé à à monter en puissance euh est actuellement euh composé à date, euh c'est-à-dire aujourd'hui, euh de 34 personnes. 34 personnes, c'est 16 magistrats dont h d'entre eux sont issus de la Junalo, donc du parquet de Paris, qui ont donc l'antériorité des dossiers, ce qu'on trouvait tout à fait opportun avec la direction des services judiciaires au moment où on a réfléchi au recrutement, afin qu'il y ait pas de discontinuité dans le suivi de l'action publique et dans la mesure où on devait récupérer des dossiers qu'ils étaient en charge. et puis H qui sont des magistrats très spécialisés quand même qui proviennent en majorité qui ont déjà fait des juridictions interrégionales spécialisées qui proviennent pour certains de parquets nationaux déjà spécialisés notamment on a une personne qui vient du PNAT euh les autres ont globalement été dans des girs ou dans des services du ministère de l'économie et des finances ou euh pour l'une d'entre elles à la mission interministérielle de lutte contre les addictions et la drogue. pour avoir aussi ce ce cependant.

Donc 16 magistrats euh spécialisés euh qui proviennent des GIRs ou qui proviennent donc de de cette Junealco. 13 greffier comme équipe du magistrat, greffier, chef de cabinet, personnel administratif et puis spécificité du PNACO, une équipe pluridisciplinaire notamment une équipe autour du magistrat qui est évidemment essentielle pour faire la coordination et pour s'assurer d'une approche pluridisciplinaire dans un contentieux où évidemment énormément de pans de la société sont suivis, tant la santé publique que la sécurité, que la diplomatie, que la coopération nécessaire avec les acteurs privés aussi, on parle des ports, on parle des aéroports bien évidemment. Donc une équipe composée en l'État, alors de juristes qui nous aident, mais aussi de deux inspecteurs des finances publiques qui vont nous permettre notamment de s'attaquer au flux financier, de nous aider pour les saisies et confiscations, d'un officier de liaison gendarme qui nous a rejoint dès le premier jour du du PNACO et qui va être là donc bien évidemment pour faire le lien euh avec les services de gendarrammerie.

Euh nous attendons et nous sommes en train de recruter un douiernier, nous sommes en train de recruter un un agent également de l'administration pénitentiaire là encore pour permettre des interactions euh avec évidemment des partenaires essentiels et pour permettre qu'il ait pas euh si je puis me m'exprimer ainsi de trous dans la raquette et que la coordination soit vraiment euh tout à fait essentiel. Donc 34 euh 34 à date. Euh nous allons attendre en en mars et en février deux personnels également du ministère de l'intérieur qui vont pouvoir nous aider sur les données numériques et notamment sur la la coordination.

Alors, le PNACO est appelé à monter en puissance en terme d'effectif puisque si nous sommes 34 aujourd'hui, la mission de préfiguration le le préconisait et nous avons repris ces ces préconisations. À terme, il est question que le PNACO soit équivalent aux effectifs magistrats du parquet national antiterroriste qui sont 30 actuellement. Et donc l'idée c'est d'une montée en puissance progressive avec nos 16 magistrats donc à date 10 personnes 10 magistrats supplémentaires en septembre 2026 et encore une montée en puissance en septembre 2027 ce qui nous permettra de de compléter l'effectif et d'avoir bien évidemment après l'équipe autour du magistrat qui qui suit de de ce de ce côté-là.

Donc le voici l'organisation du PNACO. Peut-être pour vous préciser et je pense que ça correspond aussi à vos attente euh un souhait de ma part d'organiser le PNACO en essayant de faire à chaque fois dans les dossiers une approche à la fois criminalité organisée, on va dire classique et criminalité financière. Euh l'idée c'est de s'attaquer aussi au flux financier.

C'était aussi euh des préconisations de de votre commission euh d'enquête. Et donc euh pour chaque dossier que nous allons récupérer, je vais vous indiquer ensuite quels sont-ils, il y aura un double regard d'un magistrat spécialisé en criminalité organisé et d'un magistrat spécialisé en criminalité organisée financière pour permettre à chaque fois de faire à la fois la saisie du produit, les interpellations, les démantellements de réseau, mais aussi de traquer les flux financiers pour permettre cette double approche et effectivement d'éviter de réinjecter dans l'économie française mais pas seulement de de l'argent qui provient bien de de ces différents trafics. Donc un binôme de de magistrat euh sur le le contenu de des dossiers que le PNACO va suivre, nous avons à date 172, on en a récupéré 170 du de la Junalco.

On a récupéré donc tous les dossiers de criminalité organisée classique qui étaient de la Junalco, c'est-à-dire globalement les trafics de stupéfiants, les certains vols à armée, une nouvelle tendance de la criminalité organisée qui est notamment, vous savez le le les enlèvements et les séquestrations et les violences concernant des personnes qui sont détentrices ou de crypto actif. Donc on a également récupéré ces dossiers, mais aussi des filières d'immigration clandestine, du proxénétisme, de la traite des êtres humains qui était considéré évidemment dans des réseaux extrêmement euh organisés, transnationaux qui commettent des des atteintes fondamentales à la à la à la société. Et puis euh on a récupéré environ 70 dossiers financiers qui sont donc principalement des dossiers de blanchiment euh qui sont des blanchiments des infractions que le Pnaco a à connaître, c'est-à-dire de trafic de stupéfiant, mais aussi parfois des escroqueries très organisées transnationales qui nous permettent de de remonter les trafics. 170 dossiers.

Juste pour vous rappeler sur les moyens, la GIs de Paris a gardé 500 dossiers environ. Nous nous en avons 70, donc environ 11 à 14 dossiers par magistrat alors qu'ils sont des dossiers très importants bien évidemment, mais ce qui est un ratio qui est quand même plutôt favorable par rapport au ratio 1 des juridictions interrégionales spécialisées et également de manière générale en France. on regardait les les les chiffres notamment du Conseil de l'Europe avec parfois 2000 dossiers annuels par magistrat.

Donc on est quand même là sur un traitement pour le moment. Alors on va saisir d'autres dossiers mais qui nous permet de justement développer cette approche que je viens de vous de je viens de vous décrire et permettre d'avoir une vision plus importante sur des dossiers. des dossiers qui sont en partie en enquête préliminaire et en partie déjà ouvert chez des juges d'instruction eux aussi spécialisés, soit criminalité organisée euh soit financière avec le souhait aussi du tribunal de Paris de d'adopter cette double approche que je vous décris qui est à la fois parfois de mettre des magistrats spécialisés à la fois financiers et criminalités organisé lorsqu'il est nécessaire afin bien évidemment de permettre d'avoir un spectre tout à fait large à à démanteler pour vous indiquer peut-être la coordination qui est une autre de vos de vos de vos sujets de préoccupation avec les différentes juridictions interrégionales spécialisées.

C'était une mission qui était très attendue du parquet national anticinalité organisé notamment par les girs dont vous avez pu procéder aux auditions que le le parquet le parquet national soit à la fois bien sûr un parquet qui traite les dossiers de très grande complexité mais aussi qui soit un parquet qui soit une force de frappe un un animateur un parquet qui à la fois prend les dossiers qui évoque les dossiers mais qui aussi qui donne qui donne de l'analyse qui qui donne de la doctrine, qui donne une politique pénale afin que ce soit coordonné sur les territoires. Donc ça c'est quelque chose qu'on va faire avec un pôle coordination qui va être mise en place au PNACO qui est déjà mise en place avec un magistrat à sa tête avec les officiers de liaison avec les assistants spécialisés qui auront aussi pour but de diffuser des analyses quand le PNACO se rendra compte qu'il y a un groupement criminel ou qu'il y a un un un phénomène criminel qui peut remarquer. L'idée, c'est aussi d'alimenter les juridictions interrégionales spécialisées, de mettre en commun les différents éléments qu'on puisse avoir pour justement enrichir et que tout le monde soit à un même niveau d'information afin que ce soit coordonné et tout à fait utile.

Alors, on va être aussi aidé dans notre travail de coordination tant avec les juridictions interrégionales spécialisées qu'avec les parquets locaux par des éléments que vous avez pu voter dans le cadre de la loi narcotrafice. Premièrement, c'est la possibilité d'une délégation judiciaire comme là le parquet national antiterroriste. C'est-à-dire que quand un événement se passe sur le territoire national qui n'est pas à Paris, on a possibilité de donner la possibilité à une juridiction locale de d'acter dans un dossier, ce qui nous permet bien sûr de de nous aider, d'être en complémentarité.

Mais aussi ce qui est très intéressant, le mécanisme de la cosésine qui est prévu pour le parquet national anticriminalité organisé avec ce parquet qui va pouvoir se saisir en enquête préliminaire et en enquête de flagrance avec une juridiction interrégionale spécialisée, c'est-à-dire travailler en complémentarité et se partager le travail. Alors, on l'a fait, vous l'avez vu, on a communiqué là-dessus, on a pris il y a de jours donc le le premier dossier du Pnaco, c'est l'assassinat dans la Corse lors des des funérailles de sa mère. On s'écisi de manière très pratique avec le parquet de Marseille tout de suite.

Euh ce qui va nous permettre de se partager le travail et d'avoir à la fois un acteur qui s'occupe bien sûr de tout ce qui est local, de sa connaissance des des réseaux locaux, mais aussi nous la force de frappe nationale qui va permettre de donner des moyens euh de céder. Dans les trafics de stup, c'est une évidence que ça va être très utile. Euh vous aurez à la fois un parquet local qui connaît euh les réseaux, qui sait où se trouvent les trafics de stupéfiant. qui peut travailler sur le réseau local, sur l'approvisionnement et nous qui pouv qui pouvons venir en aide sur bah les réseaux de blanchiment, sur la coordination internationale notamment sur les routes d'importation, ce qui va nous permettre d'être complémentaire et de donc de de pouvoir travailler ensemble dans la plus importante coordination.

Voilà pour ces auditions qui se tenaient cette semaine au Sénat. Pour en parler, j'accueille ici Guénéoche. Bonjour.

Bonjour. C'est Nathan écologiste des bouches du Rô. Vous receviez donc cette semaine notamment Laurent Nugès.

Il a fait devant vous le bilan de l'action du gouvernement dans la lutte contre le narcotrafic. 1682 interdiction administrative de paraître sur des pointes d'î. 96 fermetures de commerce soupçonné de blanchiments qui ont été prononcées depuis cet été.

Est-ce que vous saluez l'action de l'exécutive dans cette lutte contre les trafics de drogue ? Alors écoutez, ce que je salue, c'est le le démarrage de l'application du texte qui a été voté ici. Euh il fallait le faire au niveau juridique, au niveau euh policier.

Il est vrai qu'un certain nombre de mesures ont été prises conforme à ce texte. Il est vrai aussi que ce qu'on déplore, c'est qu'il y a beaucoup de mesures prévues par ce texte qui n'aiit pas encore vu arriver leur décret d'application. Ce qui ça fait quand même quelques mois, je pense qu'il faudrait hâter la mesure.

Ce dont vous me parlez, c'est les mesures administratives nouvelles. Voilà. Et dans les mesures administratives nouvelles, bien entendu que je me réjouis de de celles que vousêtes cité.

Je me réjouis moi de celles qui consiste en fait à expulser un certain nombre de personnes de leur de leur logement social. OK. Et ça c'est parmi le point négatif selon vous dans l'action de l'exécutif.

Et alors comment est-ce qu'on explique de devoir attendre encore des décrets d'application de la loi qui a été maintenant voté depuis 1 an ? C'est que c'est trop technique enfin il manque de la volonté politique. Qu'est-ce qui se joue ?

Écoutez, il y a des il y a des il y a des sujets sur lesquels on peut l'expliquer par une certaine technicité ou la mise en place de certaines organisations. C'est très bien. Il y a des certains ou on comprend moins.

Alors, il y a un double pilotage, il faut le savoir. Ministère de l'intérieur, ministère de la justice. Même si euh Laurenounien nous dit que c'est plutôt le ministère de l'intérieur qui pile tout, il n'empêche que par exemple sur le statut des affranchis euh ou des repentis alors ou des indicateurs, voilà les trois qui est quand même quelque chose qui est très urgent.

On comprend mal qu'on aille pas plus vite. Donc on a posé la question aussi d'ailleurs à à Valapéré sur ce sur le sujet. Alors on nous prouver que ça va arriver vite mettre là.

Il faut que ça arrive. Parlons-en. Vous aviez donc aussi également reçu hier Vanessa Peré la nouvelle première procureur du PNACO. ce parquet spécialisé dans la lutte contre ehth bien euh c'estes cette criminalité organisée. 172 criminalité organisé, 34 personnes dont 16 magistrats.

Qu'est-ce que vous pensez des premiers pas de ce PNAC, cette nouvelle instance ? Alors, elle est en place depuis 5 jours officiellement, donc c'est compliqué. Mais la façon dont les choses ont été appréhendées, y compris dans la préfiguration de la mise en place du Placo euh par Vanessá dont elle était également en charge fait qu'effectivement, je pense qu'aujourd'hui cet le placot va être excessivement utile et que il va être opérationnel très rapidement.

Je m'en réjouis réellement parce que on en avait besoin. Euh, il travaille la coordination avec les girs et avec les les tribunaux judiciaires régionaux était indispensable. Euh, apparemment, il y a un effort, il y a une une structuration, un mécanisme qui a été créé à ce niveau-là.

Ça me paraît être une bonne chose. C'était indispensable. Ça permettra d'éviter le le peu de résultats, on va dire, pas l'op qu' avait les judal auparavant.

Donc, je pense que tout a été mis en place, y compris au niveau du nombre de magistrats. Il y aura de plus en plus d' augmenter d'ici 2027. Ouais. doit monter parce que forcément il y aura plus que le nombre d'affaires actuels.

Devant la commission, Vanessa Perry qui a insisté sur la nécessité de porter un double regard, je cite, sur chaque dossier avec un magistrat spécialisé dans la criminalité et un autre amené à traiter le volet financier, souvent laissé de côté par les enquêteurs, faute de moyens, c'est bien l'idée de s'en prendre à la tête de l'adre de la pieuvre dont on parlait dans le rapport narcotraique. Il faut, je n'arrête pas de le dire et pas que moi, la commission l'avait dit d'enquête aussi du Sénat. Il faut bien entendu viser le haut du spectre.

C'est l'organisation qu'il faut désorganiser et abattre. C'est ni les consommbateurs ni les petits dealers qui nous permettront de le faire. Forcément dans ce cadre là, il faut toucher là où l'argent arrive.

Et là où l'argent arrive, ben il faut bien entendu plus de renseignement, plus de renseignement judiciaire, plus de renseignement financiers. Alors aujourd'hui, quel est l'état d'esprit à Marseille ? Vous êtes proche du militant Amine Kessassi dont le frère a été assassiné.

On en a beaucoup parlé. Est-ce que la chape de plomb qui s'était formée audessus de Marseille au moment de la mort de Mic et Sassie, elle s'est un peu relevée ces dernières semaine ? Écoutez, sincèrement, il y a jamais eu ni de découragement ni de peur à Marseille.

Il faut le dire clairement. On m'a posé la question à l'époque de l'assassinat effectivement du frère de mon ami Amine. Euh est-ce que les Marseillais ont peur ?

Est-ce qu'il faut envoyer l'armée ? Bien sûr que non. Les Marseillais n'ont pas peur aujourd'hui.

Les Marseillais souffrent, ils sont plongés. euh dans un endroit qui est à des endroits où le où le trafic, le narcotrafic le développé euh plus rapidement, où sont nés donc les plus grandes franchises, j'appelle ça comme ça, des aides de mafia ou autres, c'est-à-dire ceux qui possèdent le plus à la fois de participation financière sur le marché. Bien entendu qu'à Marseille, tout le monde est encore debout et je loue la famille qu'elle s'est assis parce qu'elle a été debout depuis l'assassinat du premier frère et elle a été debout et il faut il la seule chose que je dis aujourd'hui à l'État, il ne faut pas laisser les plus précaires entre sous l'emprise du narcotrafic.

Il faut non seulement s'attaquer au problèmes qu'on vient de voir avec les tribunaux, avec les fermetures administr administratives et cetera, mais il faut empêcher le narcotrafic d'avoir la même mise et d'avoir une emprise sur les gens les plus précaires et les plus vulnérables de l'ité y compris à Marseille. J'ai une dernière question. En décembre, voici ce que disait Amine Kessassi à Ici Provence.

Ce que je veux lancer aujourd'hui, c'est un appel, un appel aux décideurs, un appel au président de la République. Et si on faisait une convention citoyenne de la lutte contre le narcotrafic pour justement créer un espace de parole et donner la parole à ces gens qui aujourd'hui se taisent, est-ce que vous soutenez cette idée de votre Je la soutiens à 100 %. Ouais, je la soutiens à 100 %, je l'approuve et je l'adresse s'il le faut pour la pour la mise en place par le président de la République euh cette convion de cette convention absolum aussi parce qu'il y a des milieux qui se testent trop, le milieu artistique, sportif, vous les appelez à sortir du silence aussi sur ce sujet.

Écoutez, moi j'appelle personne à sortir du silence parce que en fait chacun peut avoir une raison, il y compris y compris les personnalités effectivement exposées populaires qui pourraient avoir eux effectivement un peu plus peur de ce qui pourrait se passer. Donc je je vais je vais juger personne. Je vais pas dire ils auraient pu faire, ils auraient dû faire, ils auraient dû bien intervenir.

Ce que je dis c'est que l'État doit s'pparer du problème et pas et tous ses intermédiaires de l'État hein et tous ses corps parce que aujourd'hui c'est un problème prioritaire dans notre société et parce que toutes les familles, je le répète, tous les gens qui sont victimes et qui sont sous l'emprise de narcotrafic ne le sont pas volontairement. Et ces gens-là ne doivent pas être laissés de côté. C'est notre rôle.

Et si les artistes ou les prises de position des uns et des autres peuvent y aider, bien entendu qu'il faut qu'il prennent position. Bien merci. Merci Guénaroche pour cette déclaration au micro public.

Merci à vous. [musique] Allez, on en vient au troisème thème dans cette émission et la colère du monde agricole. Les genders de mobilisation se sont enchaînés ces dernières semaines après la coordination rurale, la confédération paysane, c'est la FNSEA et les jeunes agriculteurs qui étaient réunis à Paris cette semaine pour dire leur colère.

Les représentants de trois de ces syndicats étaient au Sénat ce matin, reçus par la nouvelle commission d'enquête sur les marges des industriels et de la grande distribution. Écoutez les moments forts de cette audition. Tout d'abord me présenter donc Johan Bar.

Moi, je suis producteur de lait sur le département des Vauges euh comme je l'ai dit et je suis aussi donc président de la FNPL, donc la Fédération nationale des producteurs de l'Es déjà auditionné mon collègue Stéphane Joandel et membre du bureau de la FNS. Juste dans les propos introductifs déjà vous remercier pour cette audition. Je pense que c'est important que les producteurs puissent s'exprimer euh à un moment où le contexte agricole est quand même très compliqué compliqué pour plein de plein de choses, plein de raisons, mais la première des raisons, c'est quand même un manque de revenu dans la ferme France, dans sa glob dans sa globalité et je pense qu'on a un intérêt collectif à aider le monde agricole à s'en sortir pour assurer notamment la souveraineté alimentaire de la France et j'ai envie de dire plus loin, imaginez une souveraineté alimentaire européenne.

Donc on s'inscrit toujours à la FNSOA dans une volonté de produire nationalement mais aussi d'être en capacité de continuer à exporter. Donc on peut pas se permettre de dire que uniquement le marché intérieur est une solution. On a besoin de l'ensemble des marchés.

Rappelez que ce contexte de de baisse de revenus ou de manque de revenus et s'ajoute forcément une augmentation des charge sur les dernières années qui est de l'ordre de 30 % et qui contrairement à ce que tout le monde pense elles ne baissent pas si vite qu'elles n'ont augmenté et donc les primes ne peuvent pas toujours tout compenser et c'est vraiment ce ciseau qui est en train de se refermer sur l'agriculture française et qu'il faut absolument redonner un bol d'air du côté des charges ou du revenu mais l'un va pas sans l'autre Donc, j'ai envie de dire c'est c'est les deux sujets qu'on doit travailler. Rappelezer que le contexte sanitaire n'a rien euh aidé au niveau de l'agriculture, au niveau de l'élevage en général, hein, pas que l'élevage bovin, on pense souvent à la DNC, mais on peut parler de la FCO, de la grippe avière, de la pest porcine aussi qui est qui est aux portes de la France. Donc on a besoin aussi d'une vraie conscience globale du risque sanitaire et de s'en préoccuper pour pour j'ai envie de dire le le prévenir et surtout l'éviter.

Rappelezer que la balance commerciale de la France s'effondre. C'est pas juste une baisse, on est en train de l'effondrer. Malgré une augmentation de la valeur de nos denrées alimentaires, la balance continue à baisser.

Donc ça veut dire que les volumes ont encore baissé plus vite que finalement facialement le le le chiffre en milliard de la balance commerciale. Il y a une vraie inquiétude. Beaucoup de filières aujourd'hui ne vont plus être en capacité de fournir le marché national et encore moins d'être en capacité à exporter.

Donc ça c'est vraiment un point je pense central quand on parle de de vouloir encadrer les marges des uns et des autres. c'est qu'il faut qu'on comprenne qu'il faut continuer à assurer cette souveraineté bien au-delà de de la France et de nos frontières. Donc tout ça dans un contexte économique français très compliqué.

Rappelez aussi que le marché peut aussi aider à avoir des prix rémunérateurs. Si je parle du domaine de la viande, la viande bovine a mis en place les lois égalim. On est invancé.

Mais la réalité c'est que c'est le marché qui a sorti les éleveurs un peu de la tête de l'eau là ces dernières années. Il faut absolument qu'on arrive à cranter ce sujet-là au niveau français franco-français. Ça veut dire qu'on peut pas se permettre de faire toujours un constat que parce qu'il manque de viande tout d'un coup les prix s'envolent.

Si je parle des œufs, c'est exactement pareil. Il y a eu des décisions politiques qui ont été prises, une production qui s'est un peu effondrée mais surtout une consommation qui est toujours plus grande et tout d'un coup tout s'effondre et le prix s'envole. Donc à nous responsable agricole et à vous responsables politiques de prendre les bonnes décisions pour qu'on évite cet emballement d'un côté ou de l'autre parce qu'on sait très bien et si je parle de la filière laitière, on sait très bien que quand les marchés s'envolent, il y a un jour il se retournent et la ferme France n'est pas du tout adaptée à un retournement des marchés et à une baisse des revenus.

J'ai j'ai souvent l'habitude de dire qu'en France, il est plus facile de continuer à augmenter son niveau de vie qu'à faire marche arrière. Ça veut dire que le système fiscal et social est pas fait pour baisser le revenu. Mais quand on le dit, c'est bien, mais quand on agit dessus, c'est mieux.

Et honnêtement, on a aujourd'hui pas assez de de garantie fiscale ou de d'aide sur le sujet pour accompagner ces marchés qui sont hyper volatiles. Donc on reste à la FNSO très très proactif sur le sujet parce qu'on sait que c'est une part de la réponse par le sujet fiscal et social. Rappelez aussi que il y a certains points dans la loi égalim qui nous sont chers et qui ont permis de canter vers le haut.

Malgré certaines associations qui ont été le discrédité, je pense au SRP, ce fameux seuil de revente à perte de + 10 %, on pourrait tous penser que finalement ça profite pas au monde agricole et effectivement c'est pas directement pour le monde agricole, mais ça permet de garantir un minimum de rémunération aux acteurs qui travaillent nos produits. derrière ça garantit les choses et et le supprimer dans un moment où la guerre des prix est toujours aussi forte et pour nous un vrai risque de revenir à l'ancien temps, ça veut dire négocier et donner ce qui reste au monde agricole. Donc avant de travailler ce SRP, il faut s'assurer que les lois elles fonctionnent.

Aujourd'hui pour nous, égal est une loi qui peut fonctionner. C'est une loi qui doit fonctionner mais pour ça il faut l'appliquer, la contrôler et derrière peut-être la faire vivre dans d'autres filières. Et et si je peux me permettre aussi sur la loi égalim, il y a il y a un point central, c'était l'encadrement des promotions.

Je pense qu'elle a permis d'apporter une certaine visibilité pour pour les les acteurs, mais surtout éviter les abus. À chaque fois qu'il y a des promotions, c'est plutôt le monde agricole qui les paye plutôt que finalement les industriels transformateurs ou la grande distribution. Même si dans la propagande de la publicité, ils ont tendance à dire que c'est eux directement qui financent.

Je le rappelle ici, à chaque fois il y a rien de gratuit. Donc soit c'est le paysan qui le paye, soit c'est le consommateur. Mais entre deux, j'ai l'impression que que les choses vont vont presque mieux.

Rappelez aussi que dans les lois égalimes, ce qu'on a besoin, c'est des indicateurs. Des indicateurs qui permettent d'aiguiller le marché mais aussi en même temps d'être pris en compte par tout le monde. Et on parle souvent de coût de production, de prix d'équilibre.

à l'fesso, on s'interdit au moment où on se parle de parler de prix minimum. C'est pas qu'on veut pas un prix minimum garanti parce que c'est vrai que ça serait tellement simple, mais on risque de drainer tout le monde vers le bas et quand on sort des états généraux de l'alimentation où il y a une montée en gamme, finalement si on lissait par un prix minimum, tous les efforts qui seraient faits par l'agriculture française notamment en bien-être animal ou sur l'environnement pourrait être réduit à néant au travers du prix. Donc le prix minimum est vraiment une alerte pour nous et on préfère parler de tunnel de prix où effectivement là on pourrait imaginer travailler ensemble dans les filières pour trouver une bonne rémunération en fonction du niveau d'engagement notamment environnemental et autres de la part du monde agricole.

Donc ça c'est des c'est des thèmes qui pour nous restent centraux dans cette web galim. Et après quand on parle de préserver la MPA en matière première agricole, rappelez quand même à tout le monde que cette matière première agricole finalement c'est le revenu du monde agricole. Et si le si la MPA est peut-être pas attaquée directement dans les boxes, j'ai l'impression aujourd'hui qu'on est en train de détourner ça pour attaquer ce qu'on appelle la MPI, matière première industrielle.

Alors, on pourrait se poser la question nous agriculteur, c'est pas notre sujet. Faut quand même savoir que une bonne partie de nos produits sont transformés par des coopératives qui appartiennent à des agriculteurs. Donc la MPI est aussi un sujet agricole, un sujet des agriculteurs.

Mais cette MPI, on peut pas la mettre sur la place publique. Et j'entends supprimer des options dans la loi Galim, ça peut être une solution mais mettre tout sur la place publique de la MPI des uns et des autres, ça pourrait aussi casser la dynamique et surtout casser la dynamique de certaines entreprises qui investissent durablement. Donc ça c'est des points quand même que que je voulais porter ce matin.

Rappelez aussi que sur cette sur cette loi égalime, on a un sujet qui est devant nous, c'est on l' porté et le président Macron l'a aussi porté, c'est d'imaginer quand même une loi galim qui va vers l'Union européenne. On a trop de centrales européennes qui aujourd'hui essayent de contourner ces lois égalimes. Alors on nous explique par A + B que non la matière première est pas agressée quand on est sur une plateforme européenne.

Moi, j'aimerais en être sûr et pour ça, il faut des contrôles. Et aujourd'hui, la la France est pas c'est pas doté d'assez de contrôle, n'a pas rendu public assez de contrôle et derrière ce contrôle, il faut aussi qu'on comprenne que la plupart des industriels ont aussi découpé finalement leur mix produit. Ça veut dire que ils estiment que le mix produit qui est valorisé sur le territoire national doit effectivement contribuer et faire partie prenante des galimes.

Donc avec une rémunération des producteurs. Par contre, tout ce qui part à l'export doit être le marché rien que le marché. Quand vous faites le choix sur une exploitation de la segmentation positive, quand vous êtes engagé dans une démarche environnementale, vous engagez pas une partie de votre production mais toute la production.

Donc ça, il faut aussi que on arrive dans dans dans l'évolution des galim à le prendre en compte et nous ne pouvons plus tolérer d'être la variable d'ajustement sur les marchés. Et je parle par exemple de la production laitière où finalement ben on utilise ce qu'on appelle une valorisation beurre poudre pour les excédents laitiers. Donc ça veut dire ce que les industriels n'arrivent pas à valoriser ni sur le marché national ni à l'export.

On dit on va le valoriser en beurre et en poudre. Donc quand le beurre était cher, on nous a expliqué qu'on pouvait pas aller le chercher parce qu'on était pris dans les lois égalim et maintenant qu'il est pas cher, comme par hasard, il faudrait tout de suite qu'il intervienne dans le prix. Donc ça ça reste des choses très compliquées.

Tout ça pour vous dire aussi qu'on a besoin aussi de remettre un rôle central aux organisations de producteurs. Ces organisation de producteur qu'elles soient du côté de l'élevage, du côté du végétal doivent être mieux encadrés et surtout mieux accompagnés pour aller négocier le prix rémunérateur, le prix juste pour les agriculteurs et au moment où on se parle finalement nos organisations de producteurs sont plutôt laissées pour compte. Elles ont quand même énormément de mal à trouver l'accompagnement nécessaire et souvent si je parle pour le lait mais on l'a imaginé dans la viande, on devrait avoir des négociateurs nationaux pour nous aider nous filière quelle que soit la filière pour nous aider nous.

Notre métier c'est de produire, c'est pas de négocier directement notre prix et je pense que le que dans les coopératives, c'est pareil. On a fait confiance en s'associant dans une coopérative forcément au conseil d'administration mais aussi aux équipes dirigeantes pour aller négocier pour le compte des agriculteurs. Donc dans les organisations de producteur, il faut qu'on y arrive aussi à les remettre sur le devant de la scène sur sur le sujet.

Rappelezer aussi quand même que la DGCCRF a un rôle central dans le contrôle mais aussi dans l'accompagnement et peut-être dans le renforcement de l'OFPM. cet observatoire de la formation des prix et des marges est pour nous un un vrai outil et qui aujourd'hui est pas du tout utilisé et surtout euh il est pas rendu obligatoire euh à chacun d'y répondre. Je je peux parler de la filière laitière qui a refusé à ce stade, le maillon de la transformation a refusé à ce stade de répondre à l'OFPM.

Je je trouve ça juste inadmissible parce que je pense qu'ils ont pas forcément des choses à cacher. Mais rien que de pas répondre, on pense tout de suite qu'ils ont des choses à cacher. Donc il faut absolument qu'on revoit ça.

Et après dans les lois égalimes, on parle souvent de la grande distribution, c'est 40 % des volumes. Mais il y a tout ce qui est RHF, tout ce qui est cette restauration hors domicile qui aujourd'hui est compliqué parce que ben finalement c'est souvent al soit des collectivités ou soit des chaînes de restaurants qui sont assez peu scrupulés d'utiliser des produits Médine France et et il y a énormément d'importations sur le sujet. Donc si on veut un égal qui fonctionne au-delà de l'état d'esprit d'égalisme comme l'avait imaginé Emmanuel Macron, je pense qu'il faut aussi aller plus loin par des actes des uns et des autres, notamment des acteurs politiques dans les territoires.

Quand c'est les collectivités territoriales qui négocient, elles savent les obligations qu'elles ont de produits locaux, de produits régionaux, de produits bio, mais j'ai envie de dire, normalement, elles auraient pas besoin de connaître. Elles devraient être à 100 % approvisionnement origine France. Alors, peut-être que c'est un coût, mais on peut pas demander au consommateur tous les matins quand il fait ses courses de mettre quelques centimes supplémentaires pour aider le monde agricole et quand vous êtes dans votre collectivité, toujours essayer d'avoir le repas le moins cher possible.

Alors, toujours parce que le consommateur veut le repas le moins cher possible, mais de de toujours faire croire que l'alimentation n'est pas chère, ça ne peut pas fonctionner. Et donc à chaque fois qu'on aura des repas qui seront pris en dehors du domicile pas cher donneront l'impression que l'alimentation ne vaut rien. Donc il faut absolument remettre la valeur nécessaire dans l'esprit de des consommateurs de l'alimentation saine et française.

Voilà ce que je pouvais vous dire en propos introductif. Merci beaucoup monsieur. À vous monsieur Bouanchaud.

Bien merci. Bonjour à toutes et tous, c'est donc Jordi Bochi, agriculteur en plein cœur du bocage Vandéen en production viande bovine, système laisseur engraisseur volaille pardon en production viande de bovine, volaille et céréales en agriculture de conservation des sols. Donc responsable des sujets commerciaux pour les jeunes agriculteurs.

Donc déjà en effet, merci pour cette audition sur un sujet qui nous est à cœur nous les les jeunes agriculteurs qui est la juste rémunération des agriculteurs. Et je tenais à rappeler en en complément de ce qu'a déjà dit beaucoup de choses mon ami Johann Barb, mais que les agriculteurs sont des chefs d'entreprise mais aussi des consommateurs. Donc, ils sont des chefs d'entreprise, donc ils ont besoin de gagner leur vie à la fois pour faire perdurer leur leur entreprise, mais aussi pour avoir un train de vie comme n'importe quel consommateur et citoyen français.

Aujourd'hui, on est face aussi à un enjeu crucial qui nous rassemble tous, je pense, les agriculteurs, c'est la juste rémunération et d'aller chercher du revenu pour nos agriculteurs principalement aussi pour renouveler les générations. On n'ira pas chercher de nouveaux agriculteurs si on n' pas une rémunération digne de ce nom qui leur permet de vivre de leur métier. Même si c'est un métier passion, aujourd'hui, on a besoin de se retirer un salaire digne de ce nom. un salaire un salaire digne de ce nom aussi parce que on le voit les les agriculteurs sont de plus en plus challengés sur différents enjeux sociétaux auxquels on est prêt à répondre présent.

Néanmoins, il sera important de rémunérer l'ensemble de c de ces nouveaux enjeux sociux qu'ils soient environnementaux et cetera à leur juste valeur. On a souvent tendance à le dire. qui dit plus vert dit plus cher.

Mais à chaque fois que l'on impose des règles à l'agriculture, forcément c'est des charges qui vont en face. Euh je pense qu'on est aussi rendu à la fin de l'ancien monde, c'est-à-dire le monde du jeu euh du chat à la et à la souris lorsque euh les distributeurs disent que c'est de la faute des industriels et les industriels disent que c'est la faute des distributeurs, que euh la valeur est mangée par l'un ou par l'autre et qu'il n'y a plus d'argent pour les agriculteurs. Euh nous ce que l'on en a toujours défendu et ce à quoi et ce pourquoi aussi on a défendu Corsé Âm la loi égalim c'est la construction du prix en marche avant.

C'est pour nous indiscutable. C'est une ligne rouge que l'on ne peut plus franchir de se dire qu'aujourd'hui on part du prix consommateur que tout le monde se sert et qu'on donne les miettes à l'agriculteur. Ça c'est pas c'est plus possible.

C'est pourquoi on demande une construction du prix en marche avant qui prend en compte les coûts de production des agriculteurs, qu'il soi totalement intégré dans la réflexion du prix payé producteur mais pas que. Je nous n'avons pas honte de le dire chez jeunes agriculteurs qu'on l'on doit aussi aller chercher plus parce que un entrepreneur si il veut continuer d'entreprendre justement d'innover, de renouveler son outil de production, d'attirer la jeunesse agricole, il faut pouvoir aller chercher même plus que le le fameux SMIC qui est souvent mis en évidence. À travers cette loi égal, nous ce que l'on demande aussi c'est de la transparence. euh la transparence parce que on est bien conscient qu'aujourd'hui tout le monde doit gagner sa vie.

Les agriculteurs, les transformateurs, les distributeurs. C'est important parce que lorsqu'on maintient des outils de transformation et de distribution sur un territoire, ça permet aussi de maîtriser euh le coût au consommateur. Et je pense que on a aussi un devoir et le le premier rôle d'un agriculteur, c'est de produire des denrées des denrées alimentaires pour ses citoyens.

Donc forcément, on est attaché à pouvoir maîtriser la chaîne de la valeur pour euh rester euh compétitif aussi pour nos citoyens français euh mais pas que aussi pour produire des den alimentaires à travers le monde. On connaît les enjeux de souveraineté alimentaire. Euh rappeler aussi que pour nous, il est important de ne pas mettre les agriculteurs en concurrence les uns les autres.

C'est pourquoi on défend nous aussi la contractualisation. Cette contractualisation, elle est importante pour nous. elle permet de se donner une vraie vision sur du long terme euh incorporant des coûts de production comme je l'ai dit et puis ça permettra aussi à la nouvelle génération de pouvoir aborder sereinement l'enjeu de la transmission, d'aller rembourser son capital, rembourser ses prêts bancaires et et justement pour aller chercher des investisseurs pour financer cet enjeu de renouvement de génération.

Nous, on est convaincu que la contractualisation à minima pour sécuriser nos outils de production est une bonne chose. Je terminerai également en disant que tous ces enjeux d'avenir, ils sont urgents. La loi égalim, elle est dans les tuyaux depuis maintenant quasiment 3 ans.

Nous jeunes agriculteurs, on a rédigé un document de position et on a toujours répondu présent à l'ensemble des sollicitations pour la faire améliorer. En tout cas, pour nous, elle n'est pas à mettre dans un tiroir. Elle devrait toujours être sur le devant de la scène.

C'est du bon sens. C'est du bon sens. Nous ce que l'on demande c'est peut-être un peu plus de contrôle parce que même si on a souvent des belles paroles aujourd'hui, il est important d'aller contrôler les autres maillons de la filière pour voir s'ils appliquent pleinement cette loi et d'appliquer aussi pourquoi pas des sanctions.

Aujourd'hui, la loi ne prévoit pas de sanctions et donc ce que l'on demande c'est des sanctions pour ceux qui ne joueraient pas le jeu parce qu'on a on est face à à un enjeu comme l'a dit monsieur Barbe à la fois de souveraineté alimentaire mais de renouvellement des générations en agriculture et de dynamique de territoire. Ça a été dit à la fois pour la vie des agriculteurs, mais aussi des industries euh agroalimentaires euh ou des distributeurs qui font vivre aussi grand nombre de nos co-citoyens par l'emploi. Voilà pour les extraits de cette audition qui se matin au Sénat pour en parler Jacque.

Catherine Oisier, bonjour. Bonjour. Vous êtes sénatrice centriste de la Côte d'Or, également présidente de cette commission d'enquête sur les marges industriels et de la grande distribution.

On l'a vu FNSEA, jeunes agriculteurs, coordination rurale, ils ont apprécié le fait d'être auditionnés que vous les convoquez ce matin. Ils ont besoin de parler de leur profession, il y a des problèmes et c'était le bon endroit pour venir parler de ces problèmes, cette commission d'enquête. Bien sûr, aujourd'hui, nous sommes au cœur de l'actualité, c'est-à-dire la bonne la juste rémunération de nos de nos producteurs sur l'ensemble de nos territoires et on voit que ça nourrit beaucoup de d'angoisse, d'inquiétude pas seulement au niveau du mercour, mais aussi dans leur quotidien de production.

Ouai. Donc pour la la FNSA qui a dit toujours croire que l'alimentation n'est pas chère, cela ne peut pas fonctionner. C'est au cœur effectivement de cette question des revenus.

Il y a une prise de conscience à avoir de la part du consommateur. On y revient toujours. On ne paye pas assez cher nos denrées agricoles.

Bien sûr et surtout que ces dernières années bien nous avons mis des contraintes supplémentaires avec des objectifs de préservation notamment de de l'environnement et un de nos intervenants soulignait qu'il y a eu pratiquement une augmentation de 30 % de leurs charges et que tous les efforts qui ont pu être faits notamment dans le cadre des galim mais finalement n'ont même pas réussi à compenser ces coûts supplémentaires générés par des contraintes ou des engagements en terme de de production plus respectueuse de l'environnement. Alors globalement, qu'est-ce que vous vous retenez de ces auditions de ce matin ? La question des marges.

À qui profite la création de la valeur ? C'est au cœur de votre commission d'enquête, vous le disiez. Est-ce que vous avez appris des choses nouvelles ce matin ?

Oui, beaucoup. Euh et euh notamment euh je dirais que les les les pistes euh prises en compte dans Égalim finalement sont plutôt les bonnes, notamment autour de la notion de créer un tunnel de prix pour préserver en fait la rémunération de l'agriculteur et intégrer notamment pas seulement les coûts de production de la matière première agricole, mais aussi tous les coûts annexes. On a vécu des périodes d'inflation, de l'énergie, de l'emballage, de la main d'œuvre et tout ça finalement aujourd'hui les agriculteurs n'arrivent pas à le répercuter dans leur prix de vente.

Donc travailler sur cette notion de tunnel de prix qui permettrait aux agriculteurs d'être pas seulement rémunéré pour la matière première agricole, mais aussi pour toutes les dépenses et les coûts annexes qui ont beaucoup augmenté ces derniers mois, et bien c'est un sujet majeur. Mais alors finalement dans le débat actuel, on entend assez peu parler de la question des revenus d'agriculteurs. Le gouvernement qui a annoncé mardi une loi d'urgence agricole portant sur plusieurs priorités, je les cite, aux prédation, donc la lutte contre les attaques de loup et moyen de production.

Mais est-ce que donc il faut pas mettre davantage la question de ce que vous disiez égalime le bon respect du bon prix pour les denrées agricoles au cœur de ce projet de loi d'urgence agricole ? Oui, je pense que ce qui ressort vraiment dans les débats actuels, c'est que le revenu de l'agriculteur, c'est pas seulement le prix, je dirais, de vente du produit. C'est l'ensemble des charges et de l'environnement économique qui pèse aujourd'hui sur ces agriculteurs.

On peut aussi parler des aléas climatiques qui viennent qui viennent vraiment remettre en cause les la voilà les productions. Donc on voit que aujourd'hui nos agriculteurs sont finalement soumis à beaucoup de contraintes extérieures. on l'a dit, des normes européennes, des normes nationales, une contrainte sur l'eau, sur l'accès à l'eau, une contrainte aussi voilà sur les les aléas, les catastrophes naturelles qui viennent vraiment fragiliser leur revenus.

Qu'est-ce que vous pensez de la gestion de de l'exécutif de cette crise ? Un nouveau projet de loi que que j'évoquais d'urgence. Est-ce que c'est nécessaire alors qu'on sait que la loi du plomb promulguée le 11 août dernier n'a toujours pas vu certains de ces décrets d'application être publié aujourd'hui ?

Oui, bien sûr. Je pense que malheureusement souvent en matière de communication politique, on propose de remettre tout sur le tapis et sur la table. Le débat est bien sûr nécessaire, le dialogue est bien sûr nécessaire, mais déjà prenons en main toutes les dispositions qui ont été prises ces derniers mois égal mais aussi la loi du plomb et la loi d'orientation agricole.

Il y a là, je pense, beaucoup de solutions aux difficultés qui sont rencontrées aujourd'hui par nos agriculteurs. Et alors à l'inverse, je voulais euh vous faire réagir à cette édito du journal L'Opinion colère agricole 2. Le degré zéro de la politique française.

Compaisance envers la radicalité, prime à l'émotion, au dogmatisme sur la rationalité et l'efficacité qui ose encore dire en France que la colère futile paysane n'est pas toujours légitime. Qu'est-ce que vous répondez à cet éditorialiste de l'opinion sur les agriculteurs en France qui serait une vache sacrée pour les politiques ? Inoutable.

Je je pense que nos agriculteurs reflètent quand même un grand désespoir du monde rural avec une incapacité aujourd'hui à à vivre, on vient de le dire, de de son travail au quotidien et de toutes les valeurs sont légitimes. Elles sont légitimes. Par contre, je pense effectivement qu'il faut faire preuve de fermeté parce que rien rien ne justifie la dégradation de moyens publics qui sont au final payés par le contribuable français.

Donc, il y a une ligne à tracer entre les revendications légitimes et est-ce qu'il peut y avoir aussi une concurrence, une surenchère entre syndicat agricole ? C'est ce qu'a dit à notre micro François Patria hier qui est également sénateur de la Côte d'or. Est-ce que ça peut aussi expliquer une partie de l'intensité des manifestations de ces dernières semaine ?

Je [rires] je pense que c'est au pouvoir public d'être vigilant effectivement à faire la part des choses dans le les discours qui sont menés par les différents syndicats agricoles et à suivre la boussole de l'intérêt général. Un dernier mot sur votre commission d'enquête, elle doit rendre un rapport. Est-ce que il y aura aussi une proposition de loi à la clé ?

Qu'est-ce que vous attendez de cette commission vous Alors, je ne vais pas préfigurer puisque c'est bien sûr madame la rapporteur aussi qui voilà qui avec qui nous échangerons là-dessus mais à ce stade nous avons quand même des échanges très intéressants et nous ne sommes qu'au début. Nous avons quand même des échanges très intéressants et nous avons déjà des pistes qui me semblent importantes et qui ont besoin d'être approfondies à la fois réglementaire mais aussi législative. Et merci.

On suivra ça de très près merci à vous. Merci. Allez, on en vient au dernier thème dans cette émission et la situation dramatique en Iran.

Selon le président américain, les Turies ont cessé hier mais le bilan de la répression des manifestations serait très lourd. En France, Emmanuel Macron a convoqué ce matin un conseil de défense notamment pour évoquer ce sujet. On écoute le chercheur associé à l'IFRI, l'Institut français des relations internationales Clément Terme.

Il était reçu mercredi par la commission des affaires étrangères du Sénat. Je voudrais euh développer euh mon propos en trois points. D'abord, les aspects internes à la République islamique.

Donc euh la répression en cours, donc le bilan, ça aussi entre 2000 et et 20000 morts. Mais ça c'est lié à la méthodologie euh de chaque ONG ou de chaque média qui va compter les morts. Est-ce que ce sont des des morts vérifiés et cetera ?

Donc à ce stade, c'est normal. Il y a la chronologie également puisqu'il y a eu une coupure d'Internet, l'accès à l'information aussi est problématique. Donc il n'est pas surprenant d'avoir si vous voulez une telle échelle euh dans le le bilan de la répression.

Mais c'est une question qui est centrale puisque comme vous l'avez évoqué, ça fait partie des lignes rouges du président Trump et il y a un lien entre le niveau de la répression et la probabilité d'une intervention militaire américaine. Donc c'est pour ça qu'il faut prendre au sérieux, même si parfois on a du mal à lire les déclarations de de l'administration Trump, les propos du président américain sont parfois suivis des faits. Donc d'abord les aspects internes, ensuite les aspects régionaux et enfin les aspects internationaux avec notamment la question de la Russie, du rôle de la Russie, de la Chine, des États-Unis et et bien sûr je terminerai avec la France les quelles conséquences pour les relations franco-iraniennes et la situation de notre ambassade en particulier également.

Est-ce qu'elle pourra continuer à fonctionner dans l'hypothèse de frappe américaine et cetera ? Est-ce qu'il y aurait une pression américaine pour qu'on ferme notre ambassade ? parce que et et la question de nos soldats aussi, nos troupes armées euh qui sont déployées euh dans les à proximité euh apporté de tir de missile euh des forces armées iraniennes.

Donc sur les aspects internes, donc la répression, vous avez évoqué ces bilans euh avec des sources euh disons de qui varient énormément. Donc il y a la question de l'accès à l'information, je l'ai dit, la question de la méthodologie, donc est-ce qu'il s'agit de décès vérifié avec l'attestation euh de décès ? Le témoignage de la famille également.

Donc il faut du temps. Euh c'est normal, c'est un processus pour documenter si vous voulez les violations des droits humains en cours. Ce qu'on sait c'est les modèles d'action, ce qu'on appelle les patterns en anglais, c'estàdire les modalités d'action de la République islamique et de son appareil de sécurité.

Donc c'est un régime qui est accusé de de crime contre l'humanité par la mission d'établissement des faits de l'ONU depuis mars 2024 avec une responsabilité particulière pour le guide suprême qui est le commandant en chef des armées et le principal responsable de l'appareil de sécurité. Donc, il y a, si vous voulez, dans le passé euh des répressions qui ont eu lieu des mouvements précédents. Euh donc, on peut remonter à 2009, le mouvement vert, ensuite 2017-28, les premiers mouvements euh qui qui demandent un changement systémique en République islamique.

Et ensuite 2019, les révoltes contre le prix de l'essence où là aussi, il y avait le le dernier grand la grande coupure nationale d'Internet, donc la l'aspect répression numérique qui est très important. Donc vous avez auditionné de nombreux chercheurs sur les questions de l'internet souverain. Donc la République islamique d'Iran est un laboratoire pour le contrôle d'internet, la surveillance digitale et la coopération avec des États comme la Russie et la Chine qui aident la République islamique avec toutes les questions liées à Starling par exemple ou comment on peut contourner euh cette cette coupure nationale internet shutdown.

Donc en 2019, il y avait eu selon Reiters 1500 morts pendant le Internet Shutdowns. Et donc là, les chiffres que vous entendez, compte tenu de la durée de la répression et l'ampleur de la répression qui est beaucoup plus grande que en 2019, euh la répression est d'une ampleur aussi plus importante. Donc les chiffres semblent plusieurs milliers de morts, c'est un minimum.

Euh donc il y a il y a cet aspect-là, il y a ensuite les conséquences de cette répression qui est à la fois la violence d'État et le contrôle numérique. Euh pour ce qui est euh de la capacité de l'État à contrôler la circulation de l'information, donc c'est très important pour la République islamique qui est dans une forme de guerre informationnelle. Et donc l'objectif c'est vraiment d'imposer un narratif qui montre que les mouvements internes, les mouvements de protestation interne sont en fait du point de vue de la République islamique un combat géopolitique face à Israël aux États-Unis.

Donc, ils essayent d'inscrire ces mouvements populaires dans la continuité de la guerre de 12 jours du mois de juin 2025 et d'accuser en fait leur propre population d'être des agents entre guillemets terroristes. Donc, il y a une criminalisation du mouvement qui est en cours. Donc ça sert à la fois à la guerre informationnelle pour contrer le le discours, le narratif si vous voulez que nous avons ici dans les médias sur le mouvement pour la liberté, le mouvement pour les droits civiques, un mouvement pour un changement politique substantiel et en fait décrédibiliser les supporters, les partisans du changement, les les les manifestants en Iran.

Donc ça c'est un aspect. L'autre aspect, c'est de mobiliser l'appareil de sécurité. C'est-à-dire que on est face à une force idéologique.

Donc on n'est pas dans un cadre de d'une police ou d'une armée traditionnelle. Il y a un endoctrinement. Donc c'est très important.

Donc ceux qui répriment en Iran le font au nom de l'idéologie de la République islamique et au nom du guide suprême. Et donc pour renforcer la cohésion interne, il y a toujours une surenchère sécuritaire et idéologique dans un premier temps face au mouvement populaires spontané. Donc ceux qu'on et donc il y a aussi des manifestations officielles qui sont organisées pour contrer les les mobilisations populaires pour ressouder si vous voulez les clientèles et ceux qui font partie du système de sécurité et on leur dit en fait vous combattez des terroristes, vous vous combattez pas des compatriotes.

Donc c'est très important pour le régime de distinguer ceux qui sont à l'intérieur et ceux qui sont à l'extérieur. Néanmoins, ça pose la question cette répression massive de l'avenir du régime. Pourquoi ?

Parce que plus le régime réprime, plus les problèmes économiques s'accroissent, plus la monnaie nationale, le rial s'effonde face au dollars, plus la situation économique devient désespéré et plus les gens perdent du pouvoir d'achat en Iran. Donc c'est comme une prophétie autoréalisatrice si vous voulez. Plus le régime réprime, plus il survit mais plus les conditions économiques locales se détériorent parce que les acteurs privés ne peuvent pas se projeter dans l'avenir.

La stabilité politique n'est plus garantie. Et donc l'argument principal, si vous voulez, de la République islamique jusqu'au mois de juin 2025 était de dire "Certes, le pays s'est appauvri depuis 1979. Certes, il y a pas de liberté de manière si vous voulez importante pour le au niveau civil, au niveau personnel.

Donc le droit de se vêtir, le droit de chanter, le droit de faire la fête, le droit de de sortir dans la rue, de jouer de la musique et cetera. Mais il n'y a pas la guerre. Et depuis le mois de juin, euh c'est vrai que la stratégie de la République islamique depuis 1979 a conduit le pays à la guerre.

Donc ils ont perdu un argument pour si vous voulez se faire accepter par leur propre population depuis le mois de juin. Et donc il y a pas eu vraiment de ralliment nationaliste en Iran au mois au mois de après la guerre de 12 jours tout simplement parce que la grille de lecture qui est retenue par la majorité de la population en Iran et que la guerre est la conséquence des choix idéologiques fait qui ont été faits par la République islamique depuis 1979. Ils n'inscrivent pas, si vous voulez, cette guerre euh comme on le fait souvent ici dans les études Moyen-Orientales dans le contexte du 7 octobre euh et des attaques du Has si vous voulez.

Donc il y a deux grilles de lecture sur cette guerre-là. Il y a la grille de lecture qui part de 1979 et du choix de la République islamique de désigner Israël et les États-Unis comme un ennemi et la grille de lecture qui présente cette guerre comme la conséquence des actions israéliennes depuis le 7 octobre. Et selon la grille de lecture que vous choisissez, vous prenez un point de vue.

Donc la population en Iran ne crédite pas le régime, ne soutient pas cette politique si vous voulez de la République islamique parce qu'elle considère que l'aventurisme militaire au niveau régional du système politique conduit à l'appauvrissement du pays. Ils font un lien entre les deux et ça s'explique également évidemment par les sanctions économiques qui sont un facteur décisif et déterminant dans cette dégradation là. Mais on est quand même dans cette situation où l'avenir du régime est quand même compromis parce que il n'a pas de réponse à apporter cette fois aux manifestants qui veulent que le pays, que l'État se focalise sur le bien-être de la population, sur le développement économique du pays.

Et pour se faire, il faudrait un rapprochement avec les États-Unis parce que c'est c'est c'est une économie qui est dévastée par les sanctions, par l'inflation et par si vous voulez un système qui qui conduit à la survie du système au prix au prix de du développement économique du pays. Donc est-ce qu'on s'approche du point de bascule ? À chaque mouvement, on on s'en approche.

Pourquoi cette fois-ci ? Parce qu'il y a cette question des revendications. Le mouvement femme vie liberté par exemple la réponse de l'État a été de laisser élire un président entre guillemets modéré en 2024 pzch et de relâcher l'application sur la loi sur le voile obligatoire.

Donc en sans changer si vous voulez l'idéologie du système mais dans la mise en œuvre, il y a eu plus de pragmatisme. Euh en 2009, le mouvement vert, la réponse de l'État ça a été de laisserliire euh le président Rouani entre guillemets, modéré en 2013 et de signer l'accord avec l'administration Obama en 2015. Donc ouverture économique.

En 2019 le pour le prix de l'essence, ben ils ont annulé la hausse du prix de l'essence. Mais cette fois-ci, comment faire pour régler les problèmes macroéconomiques du pays sans changer l'ADN de la République islamique qui est le rejet de la politique américaine et euh le l'hostilité idéologique à Israël ? Donc ça c'est pour la situation interne parce qu'il n'y a pas de de réponse possible à long terme pour régler les questions économiques.

Et la majorité de la population en Iran pense que seul un changement systémique pourrait permettre si vous voulez le la le règlement de leurs problèmes quotidien et de la situation économique du pays. Ensuite au niveau régional et là peut-être avant de passer voilà peut-être regarder quelques cartes. Voilà ça c'est pour voir l'ampleur des manifestants.

On touche à la fois les grandes villes et des zones beaucoup plus reculées. Donc c'est la première fois parce qu'en 2009, il y avait aussi des grandes manifestations à Teron et c'est la première fois donc depuis 2009 qu'il y a des manifestations dans les grandes villes mais aussi dans des villes très reculées de l'ouest et du centre de l'Iran. Et donc des villes qui n'avaient jamais été touchées par les mouvements précédents ont été touchées cette fois-ci.

Donc ça c'est une nouveauté et c'est plus difficile de contrôler les petites villes parfois parce que il y a un risque réputationnel pour les forces de répression. Tout le monde se connaît et cetera. Donc il peut y avoir aussi et ça c'est un risque important pour la survie du régime des risques de fraternisation si le mouvement perdure entre l'appareil de sécurité et des des manifestants en dépit de l'endoctrinement que j'ai évoqué qui est quand même pour l'instant qui garantit cette cohésion. euh interne à l'appareil de sécurité.

Donc ça c'est différentes sources qui montrent euh l'ampleur du du mouvement de de manifestation jusqu'au euh aux jours qui ont suivi le la coupure nationale d'Internet parce que depuis lors on observe une baisse de la mobilisation en raison des des morts. Donc entre 2000 et 20000 c'est considérable. Donc ça a eu un effet évidemment sur les mobilisations qui sont plus nocturnes, qui sont plus désormais en petit groupe.

Mais sachant que notre comptage aussi dépend de l'accès à l'information. Donc il faut relativiser cette baisse. Le mouvement continue actuellement mais il est plus difficile à évaluer.

Ça c'est pour Teran. Donc là aussi on a quand même des manifestations massives dans la capitale et là c'est très important pour le pouvoir parce que c'est c'est les centres de commandement des forces de sécurité. Donc ça donc au niveau régional donc je passe à la carte sur les conséquences possibles d'une escalade militaire en raison des lignes rouges qu'on a évoqué qui ont qui ont qui ont été décrites par le président Trump que si la la répression est extrêmement sanglante et extrêmement violente, les États-Unis interviendront d'une manière ou d'une autre.

Donc il y a ce risque pour les forces armées américaines. C'est pour ça que la réponse n'a pas été immédiate malgré la publication des des premiers chiffres parce que les bases militaires américaines, on l'avait déjà dit au mois de juin 2025, mais peuvent être touchés par les missiles iraniens. Donc est-ce que les États-Unis sont prêts à assumer le coût si vous voulez de frappes militaires contre la République islamique d'Iran et des conséquences que cela pourra avoir pour les 40000 soldats ?

On estime entre 40000 et 50000 soldats qui sont stationnés au Moyen-Orient, qui sont à la portée des des missiles iraniens, des gardiens de la révolution. Donc il y a il y a il y a ce risque là de de d'escalade régionale. Si le pouvoir se sent déstabilisé et sur le point de s'effondrer, il pourrait prendre des mesures de dernier recours comme la perturbation du trafic pétrolier dans le détroit d'Ormous ou cibler donc les troupes américaines.

Et sachant que des soldats français ou des forces militaires françaises sont également déployées dans la zone notamment la base d'Abou Dhabi et aussi au sein par exemple de la 5e flotte qui est située au Bahrain. Nous avons aussi des des marins français qui qui sont stationnés dans les bases américaines. Donc il y a aussi cette question là pour pour la sécurité régionale.

Et donc les pays de la région extrêmement prudents face aux événements en Iran parce que il y a pas d'alternative pour l'instant clair, vous avez évoqué le l'alternative de de Résa par la vie. donc le prince héritier de la monarchie par la vie. Euh mais il a quitté l'Iran juste avant ses 18 ans.

Euh il il a il a certes une mémoire, une nostalgie si vous voulez au sein de la population iranienne qui est assez importante parce que il y a il y a trois points qui qui retiennent l'attention des jeunes générations. Donc 60 % n'ont pas connu le régime précédent. Euh c'est la sécularisation, le développement économique et la politique étrangère qui était consensuelle.

Donc c'est vrai qu' il représente un modèle de l'identité iranienne qui apparît aujourd'hui par rapport au projet idéologique de la République islamique euh comme compatible avec les intérêts nationaux du pays. Mais en même temps, c'est une mémoire fragmentée notamment parmi les mouvements de gauche iranien. Donc il ne fait pas l'unanimité si vous voulez parce que certains mouvements d'opposition l'ont combattu même s'ils ont aussi combattu la République islamique, ils ont aussi combattu le régime impérial.

Donc euh c'est pas une personne qui va unifier mais c'est la personnalité préférée des Ianiens selon les enquêtes indépendantes. Il aurait 39 % presque 40 % d'opinions favorables. Euh mais c'est cette nostalgie doit être transformée en projet politique.

Après, est-ce qu'il s'agirait d'une instauration comme ce fut le cas en Espagne avec Juan Carlos ou au Cambodge après les cin rouges ou d'une restauration ce qui est plus rare mais la France l'a connu au 19e siècle. Mais dans tous les cas, c'est il faut des conditions historiques spécifiques et on n' pas beaucoup d'exemples euh dans l'histoire contemporaine d'instauration ou de restauration réussi par en Espagne. Il y avait des partis politiques, il y a eu une négociation, il y a eu un consensus.

Euh est-ce que le prince héritier est en contact suffisamment avec les autres mouvements d'opposition et cetera ? Mais pour l'instant, il apparaît comme l'alternative. Ensuite, au niveau international, donc le le régime continue de bénéficier du soutien de la Russie notamment pour contourner et détecter les équipements Starlink.

Donc, il y a cette idée de d'empêcher si vous voulez les occidentaux et notamment les Américains de briser la coupure nationale d'Internet. Et donc là, on voit que Elon Mosk a pris la décision de rendre l'accès à Starling gratuit depuis hier matin et de proposer une actualisation du logiciel Starling pour contourner le brouillage par la République islamique qui a une un savoir-faire à la matière puisqu'elle brouille les antennes satellites et notamment dans les années 2007 quand j'étais à Ter l'époque on c'était surtout les télévisions qui sont en exil en perçant qui diffusaient auprès de la population iranienne et le régime c'est forcé de les brouiller. Donc ils ont des capacités de brouillage, de guerre électronique qui sont anciennes.

Ils ont une expertise et ils peuvent appliquer ce qu'ils faisait à l'époque pour les télévisions par satellite euh aux équipements Starlink. Ce qu'on sait, c'est que c'est un un un projet très important parce que la population iranienne s'informe d'abord par ses médias en exil, ce qui explique aussi la popularité du prince héritier qui est soutenue par le principal média suivi en Iran, c'est-à-dire et la chaîne en perçant Iran international. Donc c'est très important cette question. euh de la guerre informationnelle et de la capacité de la Russie et de la Chine d'assister l'Iran dans son projet de fermeture digitale du pays.

Donc on est là euh aussi la livraison d'équipements. La Russie aurait livré des équipements euh de type hélicoptère et des véhicules aussi blindés pour lutter contre les manifestations. Donc c'est ces livraisons auraient eu lieu avant le déclenchement des manifestations. et la nature des coopérations si vous voulez militaires, technique cyber entre l'Iran et la Russie en faire un acteur clé pour la survie de la République islamique.

De même pour la Chine qui achète près de 90 % du pétrole iranien. Donc une autre des stratégies américaines pour réussir si vous voulez le projet américain de l'administration Trump en Iran, euh il faut que la Chine euh cesse de soutenir économiquement euh la République islamique. Et donc ça va avoir aussi des effets pour cette rivalité entre la Chine et les États-Unis. la situation en Iran.

Euh sur la le projet américain, on note l'influence de Marco Rubio, donc le secrétaire d'État qui est cubain, donc qui a une compréhension des enjeux de régime idéologique comme la République islamique en raison de son expérience par rapport au régime castriste. Et donc, il applique un peu si vous voulez le logiciel cubain à la République islamique. Et ça explique aussi les positions prises récemment par l'administration Trump de soutien au manifestants. il a euh Steve Vitkov a rencontré Ra par la vie au lieu de rencontrer les responsables de la République islamique.

Donc ça c'est une inflection qui a eu lieu ces dernières heures au sein de l'administration Trump en même temps que les réunions pour préparer une réponse militaire par rapport à la ligne rouge qui a été tracée. Je termine avec les conséquences pour la France très rapidement. Donc l'ambassade est en format noyau dur.

Euh les diplomates, le personnel diplomatique non essentiel a été rapatrié et les États-Unis font pression pour que nous fermons notre ambassade à Terran. Euh il faut savoir qu'il y a pas d'ambassade américaine à Teran, vous le savez, depuis 79. D'où mon livre Teran Washington, le grand Satan à l'épreuve de la grand à l'épreuve de la révolution islamique.

Et du coup, les ambassades européennes peuvent notamment la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni se sont en première ligne de la réponse possible de la République islamique à une escalade militaire avec les États-Unis. Donc c'est pour ça qu'on est dans ce format noyau dur. l'ambassadeur est est rentré à Teran, est présent sur place, mais on est dans cette situation où on a aussi convoqué l'ambassadeur.

Comme vous l'avez dit, on est passé d'une forme de retenue à une position plus ferme euh de condamnation et de solidarité affichée avec la population iranienne. Donc cela pourra aussi avoir des conséquences pour nos deux otages. Donc Cécile Colère et Jacques Paris pour qui j'ai une pensée.

J'espère que le retour au mois de de janvier qu'on espère tous pourra se confirmer et je pense très fort à eux parce que dans cette situation c'est vrai que la République islamique détient aussi un couple de britannique par exemple. Donc il y a de nombreux otages européens. Il y a des iranois-Américains aussi qui sont en prison notamment depuis la guerre du mois de juin.

Donc ce sont aussi des des des outils pour la République islamique pour répondre à l'escalade en cours. Voilà, je vous remercie pour votre attention. et Jacquel salle des conférences.

Ronald Legu bonjour. Bonjour. Vous êtes sénateur LR des Français de l'étranger.

Vous receviez donc cette semaine un chercheur. Il voit un lien direct entre répression des manifestants en Iran et menace d'une intervention américaine. Ces menaces de cette intervention militaire, est-ce qu'elles peuvent dissuader le régime iranien de réprimer par la force les mobilisations selon vous ?

Déjà, il faut avoir euh bien à l'esprit qu'il y a eu une intervention américaine, vous vous en souvenez, euh sur les installations d'enrichissement en juin de l'année dernière, donc euh euh sous la présidence Trump 2, une intervention américaine est déjà a déjà eu lieu sur le territoire même d'Iran évidemment a montré les muscles déjà dans ce dossier. Voilà. Donc il faut, il a déjà euh fait la démonstration que selon lui on était il était parfaitement apte à la fois euh d'un point de vue militaire et aussi politique de prendre ce type de décision.

Donc ça c'est vraiment fondamental d'avoir ça à l'esprit. Il faut quand même rappeler euh également que euh pour le peuple iranien la meilleure chose qui puisse arriver c'est la chute du régime des Molas qui tire à vue ball réelle sur son propre peuple dont des enfants. Ouais.

Un bilan très lourd. une ONG qui parle de plus de 3000 morts, mais on ne peut même pas confirmer ce bilan à l'heure actuelle avec toujours le blackout sur internet en Iran. Oui, le chiffre que l'on m'a communiqué est même supérieur à celui-ci.

Euh effectiv est-ce qu'on passe la dizaine de milliers de morts selon vous ? C'est un média américain avance cette hypothèse ? Alors, c'est pas le chiffre que j'ai que j'ai eu, mais effectivement le chiffre que j'ai eu est supérieur à 3000 morts.

Donc, c'est absolument effrayant. On me dit que voilà que les morgues sont pleines euh effectivement à Teran et ailleurs. Euh les Français par exemple qui vivent en Iran peuvent encore joindre l'ambassade de France quand le côté c'estàd que quand on appelle d'Iran à Iran, ces communications fonctionnent. de l'extérieur.

Évidemment que c'est très difficile. Néanmoins, nous parvenons à obtenir quelques informations. Je suis sénateur des Français de l'étranger.

C'est c'est une préoccupation majeur sur des proches évidemment qui vivent en France qui veulent avoir des nouvelles de leurs proches en Iran. Il y aurait 900 français actuellement en Iran à voilà. Oui, plutôt plutôt je pense moins de 800 en réalité.

Euh et nous parvenons à avoir quelques informations en passant par l'ambassade puisque l'ambassade reste joignable. Et alors justement, qu'est-ce quel est le message que vous avez pu avoir de nos concitoyens ou de leurs proches ? Une grosse inquiétude, on l'imagine, hein sur ce qui se joue en ce moment.

Bien sûr. Euh écoutez, euh ce ce régime des MOLA euh n'a euh je veux dire tire sur son peuple avec des armes automatiques, avec Absolument, je veux dire, c'est abominable ce qui est en train de se passer. On comprend en écoutant le chercheur de l'IFRI que l'Iran est au cœur d'un bras de fer entre trois grandes puissances États-Unis, Russie, Chine. "La Russie est un acteur clé pour la survie de la République islamique", a expliqué Clément Terme devant votre commission quand Pékin achète près de 90 % du pétrole iranien offrant au régime une bouffée d'oxygène économique essentiel.

C'est ce qui explique aussi la gravité de la crise qui touche l'Iran. Oui, de toute façon, si vous voulez euh c'est en lien sur la question des approvisionnements. Bon, la compétition qui se joue est une compétition pour la place de leader mondial entre les États-Unis et la Chine.

L'approvisionnement est fondamental et c'est à la lecture de cette question des approvisionnements notamment de pétrole qu'il faut comprendre l'intervention des États-Unis au Venezuela. Venezuela était un fournisseur de la Chine et et c'est uniquement quand on comprend cette question là que l'on comprend effectivement les enjeux relatifs et et qu'il y a finalement une forme de lien effectivement avec cette intervention américaine. Dans ce contexte, alors quelle va être la réaction de la France République qui a convoqué ce matin un conseil de défense notamment sur la situation en Iran.

Hier, il y avait quatre questions d'actualité au Sénat. certains sénateurs qui déploraient la relative faiblesse de la réponse française. Qu'est-ce que vous en pensez ?

Oui, je je partage cette analyse. Je pense que les Européens n'ont pas encore compris dans quel monde nous avions basculé. Nous sommes les proies dociles d'un monde de prédateur et nous n'avons pas encore réalisé que aujourd'hui c'était la réaffirmation des États-Puissances et que l'Europe campé sur de vieilles positions n'a pas encore remis à jour son logiciel.

Oui, et ça mène à ma dernière question sur un autre thème d'actualité, la situation au Groenland. Emmanuel Macron qui a confirmé dans la nuit que la France participerait à la demande du Danemark, je cite, à des exercices conjoints au Groenland, l'opération endurance arctique au côté de l'Allemagne, pays nordique. Comment est-ce qu'on comprend ce déploiement de forces armées ?

C'est une bonne chose. C'est l'Europe qui essaie de revenir un peu dans ce que vous disiez, le jeu international. Oui, j'approuve cette décision.

Effectivement, nous sommes liés, rappelons-le, avec le Danemark, par l'article 427 du traité de l'Union européenne, hein, c'est-à-dire que les pays de l'Union européenne se doivent assistance mutuelle et nous sommes donc parfaitement dans ce cadre-là. Et j'ajoute qu'il y a évidemment l'enjeu de l'OTAN qui est en fait la vraie question majeure sur cette voilà et ce sera au cœur d'un débat article 50-1 lundi soir. Qu'est-ce que vous en attendez ?

à 21h30 au Sénat, c'est de comprendre quelle doit être la stratégie de la France dans ce monde multipolaire qui bouge avec un allié américain qui n'est plus tant un allié que ça maintenant dans le temps. Il faut montrer les muscles, il faut se réarmer, réinvestir massivement sur les enjeux de diplomatie, d'une diplomatie musclée et sortir de ce monde de bisounours et comprendre que nous sommes revenus au temps des prédateurs. Merci Rand.

On suivra donc un lundi le débat 50-1 au Sénat. Merci. Merci. [musique] Et c'est la fin de cette émission.

Merci à vous de l'avoir suivi. N'hésitez pas à lire les décryptages, à voir les replay, c'est sur publicsna.fr.

Prochain rendez-vous avec l'information dans quelques minutes à 18h pour Sens Public, c'est présenté par Thomas Hug. L'émission qui reviendra notamment sur la recherche d'un consensus et d'un compromis dans le marathon budgétaire. À très vite sur Public. [musique]

Budget 2026 : "Je préférerais le 49.3 aux ordonnances" — Sébastien Lecornu · Pourquijevote