Nicolas Sarkozy : condamné à 5 ans de prison
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
C'est ça avoir American Express ... - C.Roux: Bienvenue dans "C dans l'air".
C'est une première dans la Ve République: un ancien président en prison. N.Sarkozy a été condamné à 5 ans de prison dans le dossier du financement libyen de sa campagne.
Cette peine est assortie d'un mandat de dépôt différé avec exécution provisoire. N.Sarkozy a annoncé faire appel de ce jugement alors que la date de son incarcération sera connue le 13 octobre.
C'est l'un des sujets que nous aborderons ce soir avec J.-P.Tanguy.
Bonsoir. Vous êtes député de la Somme et président délégué du groupe RN à l'Assemblée nationale. Vous êtes en charge des questions économiques.
Pour commencer, une réaction à la condamnation de N.Sarkozy, un ancien président en prison? - J.-P.Tanguy: On essaie d'avoir les mêmes réactions et les mêmes principes pour nos adversaires politiques, et N.Sarkozy en est un.
Je me suis engagé en politique contre lui, notamment pour sa trahison du référendum. La décision de la justice est délirante. - C.Roux: Pourquoi? - J.-P.Tanguy: Elle est incompréhensible.
Il est relaxé pour l'essentiel des charges et est accusé d'association de malfaiteurs qui n'aurait pas abouti, car les méfaits pour lesquels ses coaccusés se seraient associés, ils sont relaxés pour. Je ne suis pas juriste. Je ne comprends pas.
Mettre quelqu'un en prison ferme alors qu'il fait appel et qu'il peut être présumé innocent, alors qu'il n'est pas dangereux...
Il ne menace personne. Il ne va pas fuir ou agresser quelqu'un. Je pense qu'une grande partie de nos concitoyens risquent de considérer que la justice est devenue partiale, non plus impartiale.
Au-delà de la partialité, elle n'a même plus l'apparence de l'impartialité. C'est inquiétant. - C.Roux: N.Sarkozy dit que la haine n'a pas de limites.
Il sous-entend qu'il y a une forme d'acharnement de la justice. - J.-P.Tanguy: Ce qui est vrai, c'est ce que ses relations avec une partie de la magistrature ont toujours été mauvaises.
On a connu l'épisode du "mur des cons". Le syndicat de la magistrature avait encore un stand à la Fête de L'Humanité. Il y a un risque que certains Français pensent que l'agenda n'est pas celui de rendre la justice au nom du peuple français mais plutôt au nom de l'idéologie des juges. - C.Roux: Vous pensez que ça va altérer la confiance des citoyens? - J.-P.Tanguy: C'est pour ça qu'on ne comprend pas pourquoi il est relaxé, qu'on dit qu'il n'y a pas de faisceaux de preuves...
L'intime conviction des juges a ses limites. Ils ne sont pas madame Irma. - C.Roux: M.Le Pen a été condamnée dans le procès des assistants européens.
Elle a dénoncé la généralisation de cette mesure, l'exécution provisoire. Elle dit que c'est un grand danger au regard des grands principes de notre droit. On a une réaction dans ce sens de G.Larcher, président du Sénat.
Il partage le questionnement grandissant sur l'exécution provisoire. - J.-P.Tanguy: C'est un problème.
On le disait avant que nous soyons concernés par l'injustice qui a touché M.Le Pen. Je vois une certaine gauche sur les réseaux, qui s'acharne sur un homme à terre, qui tire sur l'ambulance, mais ce n'est pas très étonnant.
Au-delà de monsieur Larcher, beaucoup de spécialistes et de juristes s'interrogent sur cette utilisation systématique de l'exécution provisoire. Elle a été faite pour les personnes violentes, la mafia, des gens qui, en liberté, sont susceptibles de se venger, de commettre des méfaits. Je ne vois pas trop en quoi ça concerne M.Le Pen ou N.Sarkozy. - C.Roux: C'est pour ça qu'elle pense qu'il y a un point de passage devant le Conseil constitutionnel concernant l'exécution provisoire. - J.-P.Tanguy: Oui, et devant la Cour européenne des droits de l'homme. - C.Roux: Pendant ce temps, S.Lecornu, nommé depuis 15 jours, n'a toujours pas de gouvernement.
Il poursuit ses consultations. Le Premier ministre a reconnu devant les syndicats être le Premier ministre le plus faible de la Ve République. Il a entrepris une négociation avec les syndicats et les forces politiques. - J.-P.Tanguy: Il n'a pas de marge de manoeuvre financière pour satisfaire les forces de gauche, qui demandent des dépenses qui ne seraient pas financées, contrairement à nous qui demandons des économies.
Apparemment, certaines économies concernant l'immigration incontrôlée, les dotations à l'UE, les grands tabous du macronisme, tout ça ne serait pas accepté par une partie du centre. Les gens qui ont perdu les élections se maintiennent à tout prix et ne veulent pas lâcher le pouvoir. Ils sont dans une position difficile.
On a un Premier ministre de plein exercice et on a des ministres démissionnaires qui n'ont pas tous les pouvoirs et un Premier ministre qui a tous les pouvoirs. Je ne sais pas comment ils font pour travailler. Le Premier ministre a tous ses pouvoirs mais les ministres associés à lui ne peuvent pas exercer leur pouvoir.
Au-delà de la réalité de ce que dit S.Lecornu, la République n'est pas là pour mettre en place des opérations de com. - C.Roux: Où en voyez-vous? - J.-P.Tanguy: Est-il sincère?
Discrétion, humilité, la consultation...
Pour ce qui est des finances et de l'économie, on a tous les rapports sur la table, toutes les revues de dépenses possibles et imaginables. Il y a aussi les rapports de la Cour des comptes. Ces gens sont au pouvoir depuis 7 ans.
S.Lecornu a été au Conseil des ministres toutes les semaines depuis 7 ans. Il sait où en sont les finances publiques, où en est l'Etat.
Tout ça, c'est pour gagner du temps de manière cynique. - C.Roux: Pour passer un budget, il faut trouver des compromis.
S'il concède à la gauche le retrait de l'année blanche ou la suspension de la réforme des retraites, que vous demandez aussi, cela pourrait convaincre le RN au moins de s'abstenir? Au moins de ne pas provoquer une censure? - J.-P.Tanguy: C'est mettre fin à des injustices.
On ne peut que s'en satisfaire, mais il faut faire des économies en face. C'est là où la gauche n'est pas logique. Financer la fin d'une année blanche, c'est plus de 10 milliards d'euros.
L'abandon de la réforme des retraites et la retraite à 62 ans, ça doit être entre 500 millions et 1 milliard d'euros car on n'est pas en vitesse de croisière. Il faut faire des économies en face. La gauche ne propose aucune économie.
La taxe Zucman, c'est-à-dire faire croire qu'il y a une poule aux oeufs d'or qui attend d'être zigouillée pour remplir les caisses de l'Etat, ce n'est pas crédible. Si F.Hollande avait une poule aux oeufs d'or, il l'aurait... - C.Roux: M.Le Pen a dit sur CNews: ...
Comment vous positionnez-vous dans ce débat? Les patrons vont organiser une journée de mobilisation le 13 octobre. Vous êtes du côté du patronat qui dit que la coupe est pleine?
Ils disent qu'il faut commencer à faire des économies. - J.-P.Tanguy: Faire croire que c'est par plus d'impôts qu'on va régler la crise des finances publiques, c'est un mensonge.
E.Coquerel a reconnu que la taxe Zucman, ce n'était même pas 10 % des efforts qu'il faut faire pour redresser les comptes. Il faut baisser les dépenses structurellement.
C'est la seule façon de résoudre la crise. - C.Roux: Comment vous obtenez la justice fiscale? - J.-P.Tanguy: Il faut demander plus aux plus favorisés et baisser globalement les impôts.
Pour financer les impôts, il faut demander plus aux plus favorisés. Pas forcément les patrons. Il y a des gens qui ne travaillent pas et qui ont beaucoup de rentes ou de revenus.
La gauche a choisi un clivage en ciblant au-dessus de 100 millions d'euros, essentiellement 10 familles, qui incarnent le capitalisme français, Hermès, LVMH, ceux qui possèdent Chanel, L'Oréal...
C'est une lutte des classes un peu vaine. - C.Roux: Quand le RN dit vouloir une taxe sur le patrimoine financier, sur la fortune financière, c'est l'impôt sur la fortune? - J.-P.Tanguy: C'est un impôt qui va taxer tout le patrimoine financier au-delà de 1,3 million d'euros.
Ce n'est même pas 1 % de la population française. On exonère les actions qui existent dans les TPE, PME, TPI, les biens professionnels et la résidence principale ou résidence unique. Certains payaient l'ISF alors qu'ils n'étaient pas très riches, à l'époque.
Ca permet de faire contribuer les plus fortunés Pour baisser les impôts des classes moyennes. - C.Roux: Vous pourriez être aux côtés du patronat? - J.-P.Tanguy: La taxe Zucman, c'est un mensonge.
Beaucoup d'économistes disent qu'il y a 4 à 5 milliards à récupérer.
Nicolas Sarkozy