Le choix d'Apolline : Jean-François Loiseau - 19/02
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 30 %Défensif 70 %
Questions et réponses
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- 0:54OuverteRéponse directe
C'est-à-dire ?
- 1:42OuverteRéponse directe
Mais qui est le maître du jeu ? J'aimerais quand même comprendre comment ça se passe.
- 2:00OuverteRéponse directe
Et est-ce que vous avez une petite marge ? Est-ce qu'il y a du temps ? Est-ce que vous pouvez discuter ?
- 3:32OuverteRéponse directe
À la fin, on arrive à combien ? À quelle part, pour vous, d'inflation, on va arriver ?
- 4:10RelanceRéponse directe
Entre 0 et moins 7 ?
- 5:05RelanceRéponse directe
Et moi, je voudrais essayer de comprendre la différence entre le chiffre que vous, vous nous annoncez.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:42PrésentateurFait
« Vous accusez même la grande distribution de vouloir, je vous cite, détruire le tissu industriel français en tirant volontairement les prix vers un bas trop bas. »
- 1:05Invité politiqueFait
« Ce sont les distributeurs qui fixent le prix des produits dans les rayons. »
- 1:11Invité politiqueFait
« Ce ne sont pas les 22 000 entreprises agroalimentaires que je représente. »
- 2:42Invité politiquePromesse
« Je dis à mon distributeur, j'ai besoin de plus 3% d'augmentation sur ces produits-là. »
- 2:48Invité politiqueFait
« Le distributeur, systématiquement, mais ça c'est culturel en France de la part de nos distributeurs, c'est tout de suite moins. »
- 4:41Invité politiquePromesse
« Le prix de la matière première agricole doit être sanctuarisé. »
- 6:46Invité politiqueFait
« Nous sommes aujourd'hui importateurs. »
Temps de parole
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Vous écoutez RMC. Des biscuiteries, jaquets, des bonbons Haribo. Toutes les marques que l'on trouvera ensuite dans nos rayons. C'est en ce moment même qu'elle négocie avec la grande distribution. Et on a l'impression que c'est plus violent que d'habitude. Vous accusez même la grande distribution de vouloir, je vous cite, détruire le tissu industriel français en tirant volontairement les prix vers un bas trop bas. C'est-à-dire ?
Depuis 15 ans à peu près, systématiquement, les prix des produits alimentaires doivent baisser pour le consommateur. Alors, ils ne doivent pas être chers. D'ailleurs, je précise au passage que ce sont les distributeurs qui fixent le prix des produits dans les rayons. Ce ne sont pas les 22 000 entreprises agroalimentaires que je représente. Et dans ces 22 000 entreprises, je le précise, il y a 98% de TPE, c'est-à-dire des toutes petites entreprises et de PME.
Des biscuiteries familiales, de l'achatrice familiale.
Et dans tous les départements français. Et donc, pendant cette période qui part du 1er décembre jusqu'à la fin du mois de février, il y a une compression de tension parce qu'il faut négocier des possibilités d'aller vendre dans les grandes surfaces. Et nous en avons besoin, les grandes surfaces, qui représentent 70% de l'offre en rayon.
Mais qui est le maître du jeu ? J'aimerais quand même comprendre comment ça se passe. La plupart du temps, ça se passe dans des boxes. Vous avez effectivement les représentants de vos marques qui arrivent avec leur cahier des charges. Vous avez face à vous un représentant de la grande distribution qui va vous dire, moi je veux tel volume de produits, mais je te les achète à temps. Et est-ce que vous avez une petite marge ? Est-ce qu'il y a du temps ? Est-ce que vous pouvez discuter ? Comment ça se passe concrètement ?
Alors, en France, il y a trois chiffres simples. A peu près 500 000 agriculteurs, à peu près 20-22 000 entreprises, à peu près 4-5 distributeurs, les majors. Donc, je dirais que la messe est dite en termes de pression et d'influence.
La concentration de la grande industrie, de la grande distribution, fait que finalement, vous n'avez plus beaucoup de marge.
Donc, on n'a pas beaucoup de marge. Et notamment les PME, je le précise. Et donc, quand une PME arrive pour proposer ses produits, elle dit, moi j'ai eu des hausses de salaire. Il faut bien payer des salaires. J'ai eu des hausses d'énergie, d'assurance, de taxes, de charges classiques. Donc, je dis à mon distributeur, j'ai besoin de plus 3% d'augmentation sur ces produits-là. Le distributeur, systématiquement, mais ça c'est culturel en France de la part de nos distributeurs, c'est tout de suite moins. Non, c'est moins. L'alimentaire, c'est moins. C'est le seul, je dirais, produit vendu aujourd'hui en France où systématiquement, il faut vendre moins cher.
L'alimentation, c'est un prix, c'est un coût, c'est une valeur. Et que fait-on du travail des agriculteurs, du travail des 20 000 entreprises ? On veut la meilleure alimentation et nous avons la meilleure alimentation. Moi, je regrette, elle mérite un prix juste. Et nous n'avons pas le droit d'être, je dirais, un petit peu estorqués pendant ces derniers mois et ces dernières semaines sur l'hôtel, finalement, du pouvoir d'achat. Et finalement, nous nous rendons compte que ce sont des distributeurs qui font une guerre terrible entre eux, justement, pour se prendre des parts de marché.
À la fin, on arrive à combien ? À quelle part, pour vous, d'inflation, on va arriver ?
Alors, heureusement, il n'y a plus l'inflation qu'on a connue pendant la période de crise, notamment à cause de la guerre. Et c'est pour cela que les prix avaient beaucoup augmenté. Donc, nous, nous avons en moyenne, en moyenne, je dis bien, demandé 2,5 à 3,5% d'augmentation. Pour les raisons que j'évoquais tout à l'heure, les salaires, les assurances, les transports, l'énergie, etc. Et les négoves vont se terminer, comme toujours, entre 0 et moins 4, 0 et moins 7. Alors, quelquefois, il y a quelques hausses obligatoires. Et il ne faut pas oublier une chose essentielle.
Entre 0 et moins 7 ? C'est-à-dire, pour vous, ceux qui produisent, vous n'augmenterez pas vos prix. Donc, s'ils augmentent dans les rayons, ça veut dire que ce sera la grande distribution qui aura augmenté sa marge.
Mais c'est vous qui le dites, exactement. Mais depuis des années, il y a eu systématiquement des baisses de négociations de prix entre l'industriel, quelle que soit sa taille, et la grande distribution. Et je dois rappeler quand même que le synchro saint, nous l'avons tous dit, c'est pour ça que nous avons signé une chartre. C'est que le prix de la matière première agricole doit être sanctuarisé. Ça veut dire, on paye aux agriculteurs le vrai prix des produits agricoles. Mais ça veut dire qu'entre le prix du produit agricole qu'il faut officialiser et respecter, et le prix en distribution, il y a une espèce de goulot d'étranglement.
Et l'industrie, quand je dis l'industrie, je parle des petites entreprises que je connais très bien, elles sont prises dans ce goulot d'étranglement.
Et moi, je voudrais essayer de comprendre la différence entre le chiffre que vous, vous nous annoncez. C'est-à-dire que vous, vous nous dites, à la fin des négociations, on va se retrouver avec entre moins 0,7 et 0. Et de l'autre côté, on a par exemple hier Alexandre Bompard, qui est le patron de Carrefour, qui dit qu'à la fin, on va se retrouver avec à peu près 1% de hausse. Donc, comment ça se passe ? Comment c'est possible qu'on arrive à une différence ?
Mais de toute façon, on comptera, à la fin, je dirais, de cette période, malheureusement, beaucoup de dégâts dans l'agroalimentaire. Parce qu'il ne faut pas oublier que ce sont en majorité des petites entreprises.
Je voudrais comprendre, ça veut dire que vous, on va vous acheter vos produits au même prix que l'an dernier, voire un peu moins cher.
Oui.
Mais à la fin, ils seront vendus 1% de plus que ce qu'ils n'étaient cette année.
Ah, mais ils peuvent être vendus beaucoup plus cher. Je le répète, c'est la grande distribution.
Donc, le chiffre que donne la grande distribution, en fait, il ne reflète pas vos échanges. Il reflète les prix que eux décideront à la fin de mettre dans les rayons.
In fine, ce sont eux qui décident du prix qu'ils mettront en grande distribution.
Vous dites, vous alertez ce matin, il y a tout un tissu d'industrie agroalimentaire en France qui va disparaître.
Il y a malheureusement un tissu d'industrie qui va disparaître et qui est menacé. Mais on ne le voit pas beaucoup. Vous savez, c'est comme cette petite piste bleue là où ce qui, c'est la période, petite descente, tous les ans, ça baisse. Regardez le commerce agroalimentaire. Nous étions sur le podium, les 3e, il y a 15 ans, en termes d'exportation. Nous en avons tous besoin, quelle que soit la taille des entreprises. Nous sommes aujourd'hui importateurs.
Ça veut dire qu'aujourd'hui, on exporte moins l'importation.
Moins que l'on importe. Donc, c'est un vrai drame. Et donc, les entreprises, elles mangent leur capital, elles mangent leur retraite. Elles n'investissent plus dans l'innovation, dans la décarbonation. Elles ne peuvent pas payer correctement les salaires. C'est ça, notre problème. Et dans le monde de la ruralité, nous avons des entreprises partout. Il faut payer les salariés mieux et correctement.
Merci d'avoir alerté ce matin, Jean-François Loiseau. Vous êtes donc le président de l'ANIA, l'Association nationale des industries alimentaires. Et on continuera évidemment à suivre ces négociations. Ces négociations qui se poursuivent jusqu'au 1er mars minuit.