Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewLe Média (sur YouTube)· 9 avril 2026 38 min

IRAN–ÉTATS-UNIS : LE “CESSEZ-LE-FEU” QUI LAISSE ISRAËL RAVAGER LE LIBAN

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Entre l'Iran et les États-Unis, un cessé le feu a été adopté hier soir en 10 points comprenant le retrait des forces américaines de la région, la non agression des groupes alliés, la compensation des pertes iraniennes. 8 des 10 points mentionnés sont favorables à l'Iran comparé à la situation d'avant-guerre. Cet accord ne met pas fin en conflit dans leur région.

Israël a bombardé massivement cet après-midi Beirou, capitale du Liban. Le premier bilan fait état de plus de 700 blessés et au moins 100 morts. Quel avenir pour la région ?

Que vaut ce cesser le feu ? Jusqu'à quand le Liban va subir les agressions israéliennes ? On en parle tout de suite avec Quentin Müller, journaliste spécialiste du Moyen-Orient et Raphaël Maison, professeur de droit public et spécialiste en droit international.

Bonjour Raphaël, Raphaël Maison, vous êtes avec nous en viso. Est-ce que vous m'entendez bien ? Bonjour, j'entends bien.

Bonjour. Quantin Müller est légèrement en retard, il va nous rejoindre tout à l'heure tout à l'heure en plateau. Première question peut-être pour clarifier en quoi ce cet accord de CC le feu engage les parties prenantes ?

Quel quelles sont leurs obligations ? Est-ce qu'ils sont obligés de le respecter ? Euh écoutez, l'accord de CC le feu, le respect de cet accord est basé sur un principe de droit international très simple, le principe qu'on appelle pactasun servanda, c'est-à-dire les accords conclus doivent être respectés.

Donc ça dépend de la bonne volonté des uns et des autres, mais normalement l'accord devrait doit être respecté en principe. Mais bien entendu, il faut être très prudent puisque comme vous le savez, les États-Unis ou Israël ont mené des des actes d'agression, conduit des actes d'agression, des guerres d'agression en pleine négociation à deux reprises maintenant en juin 2025 et puis tout récemment le le 28 février 2025. Et il faut rappeler d'ailleurs que ce conflit débute par un acte d'agression des États-Unis et d'Israël, ce qui est un acte radicalement contraire à la charte des Nations-Unies.

C'est un acte d'agression qui malheureusement n'a pas pu être condamné par le Conseil de sécurité des Nations- Unies puisque les États-Unis en sont un membre permanent ni même par les par les États européens. On a eu un discours qui n'était pas du tout convaincant d'un point de vue juridique sur ce conflit puisque justement on va écouter la on va écouter la position des États-Unis qui n'ont pas hésité à fondfaronner justement sur cet accord par l'intermédiaire de du ministre de la défense Pete écoutez tout de suite. Au cours de la vague de frappes de la nuit dernière qui a totalisé plus de 800 frappes, nous avons fini de complètement détruire la base industrielle de défense de l'Iran, un pilier essentiel de l'objectif de notre mission. le peu qui leur reste enfoui dans les bunkers et tout ce qu'ils auront.

Ils peuvent encore tirer, nous le savons. Leur système de commandement et de contrôle est tellement décimé qu'ils ne peuvent plus vraiment communiquer ni se coordonner. Ils pourraient donc encore tirer ici et là, mais ce serait très très imprudent.

En revanche, ils ne peuvent plus fabriquer de missiles, de roquettes, de lanceurs, ni de drone. Leurs usines ont été rasées, ce qui constitue un recul historique. Quentin Müller vient de nous rejoindre sur le plateau.

Merci d'être avec nous ce soir. Cet accord de cesser le feu malgré ce que présente Piteggus est finalement très avantageux. On l'a dit en intro, hu de cet accord sur les 10 présents sont finalement en faveur de de l'Iran.

Est-ce que les États-Unis essayent tent mal de sauver l'image parce que c'est un peu les grands perdants de ce conflit. Oui. Oui, pour l'instant ce sont les grands perdants de ce conflit.

De toute façon, comment ce conflit pourrait être gagné par et à la fois par Israël et à la fois par les États-Unis ? Impossible. Donc la victoire est impossible.

Jusqu'ici, Donald Trump a essayé de sauver la face. Donc là, ils essayent de de présenter cela comme une comme une victoire. Alors que avant même la guerre enclenchée par Israël et les États-Unis, les États-Unis avaient conclu un accord de 0 % d'enrichissement d'uranium avec avec Oman enfin avec avec l'Iran via la médiation de de Oman.

Donc euh là, ils sont en train de de régresser puisque là, ils donnent des gages euh un peu plus à l'Iran et surtout euh l'Iran euh va se présenter comme le grand vainqueur de euh de de de cette guerre-là, enclenchée, encore une fois, je le je le redis par les États-Unis, Israël. Donc, c'est c'est du grand n'importe quoi. Raphaël Maison, l'accord prévoit même une fin de la majorité des sanctions qui ciblent l'Iran.

Est-ce que c'est un accord crédible qui a des chances d'être appliqué ? Je voudrais revenir un instant, si vous le voulez bien sur cette déclaration de Pit Excet parce qu'il fautement signaler que ce ministre est un néofasciste. C'est quelqu'un qui promeut la violence euh qui euh entend ne pas respecter du tout le droit de la guerre.

C'est quelqu'un qu'on ne peut pas croire. Et moi, je me réjouis quand même de cet accord d'hier soir puisque juste avant Donald Trump avait proféré des propos absolument inadmissibles, extrêmement choquants, une menace d'extermination. Je le je le rappelle parce que c'est quand même très important.

Il avait écrit "Ce soir la civilisation iranienne mourra pour ne plus renaître." He c'est une c'est une menace d'extermination. C'est absolument contraire au droit international et Pitex 7 ne cesse de faire des déclarations de ce type.

Alors, s'agissant de de de du succès des des de l'Iran, je dirais il faut quand même être un petit peu prudent parce que là, on a un cessé le feu, on a une base de négociation, les 10 points proposés par l'Iran, mais ce n'est pas du tout à qui encore hein. Ce n'est pas du tout certain que les 15 jours de négociation aboutiront vraiment à la fin du conflit puisque les États-Unis sont bien susceptible de reprendre le combat ou que tout puisse être validé dans les dans la base de négociation que que l'Iran a réussi à imposer. Donc je crois qu'il faut rester très prudent.

On n pas encore d'accord. Totalement. Totalement.

Vous avez tout à fait raison et il faut rappeler que lors des des désaccords sur le nucléaire en 2015 avec l'administration Obama euh et bien ces accords-là avaient été ratifiés mais les sanctions n'avaient pas été levées pendant très longtemps. Ce sont les États-Unis qui se sont retirés de cet accord bien sûr en 2018 après sous Trump mais déjà sous déjà sous Obama les sanctions n'avaient pas été levé et les entreprises internationales n'avaient pas pu investir en Iran malgré le le malgré ces accords-l donc il faut évidemment être très prudent et moi je vois pas trop dans quel monde encore enfin aujourd'hui à ce moment-là dans cette dans ce moment de tension les États-Unis pourraient lever des rechefs les sanctions et l'Iran pourrait se reconstruire comme ça non et puis déjà c'est CC le feu. Donc c'est trop c'est provisoire, c'est extrêmement précaire et puis on sait très bien que Israël a l'habitude de violer les cesser le feu.

Ils ont violé le cesser le feu avec le esbola 15000 fois. Euh donc tout ça est très fragile. Évidemment, on va en parler justement mais j'ajoute quand même qu'il serait important que ces sanctions soient levées car les rapporteurs spéciaux de l'ONU par exemple ou les experts de l'ONU s'agissant des droits fondamentaux ont alerté mreprise sur l'impact majeur qu'ont eu ces sanctions sur la la population. aussi la population iranienne.

Donc c'est ce qu'on appelle des mesures coercitives unilatérales. Parfois ici, elles ont été pas partiellement imposé par le conseil de sécurité mais ce elles ont un impact majeur sur les populations et sur la population iranienne. On va parler justement des violations de cesser le feu avec ce qui se passe au Liban.

On l'a dit en en introduction, le régime colonial israélien a bombardé massivement Bélot cet après-midi. On parle le premier bilan, on parle de plus de plus de plus de 100 morts et 700 blessés. En conseil de sécurité, Emmanuel Macron a réagi à cet accord de CCFU entre l'Iran et les États-Unis.

On l'écoute sur le Liban qui à date est aussi inclu dans le CC le feu, ce qui est une bonne chose et même une chose indispensable et où les frappes ont cessé ces dernières heures. La situation est critique. Le Esbola a fait la faute stratégique en attaquant Israël et en entraînant le Liban dans la crise régionale.

Et ce à quoi nous assistons aujourd'hui à la fois par ce que nous ce à quoi nous avons assisté par les frappes et l'occupation du sud Liban Israël est ne peut pas être une réponse dans la durée, nous le savons. Et donc notre souhait dans ce contexte c'est de nous assurer que le CC le feu inclut pleinement le Liban. Et depuis la Maison Blanche a clarifié en tout cas que le Liban ne fait pas partie de l'accord.

C'était des déclarations qui ont été faites à des journalistes d'Axios et que tout le monde le sait très bien. Euh Quentin, est-ce que Teran a lâcher le Liban ? Est-ce que Teran a lâché le Esbola ?

Euh bon, c'est Non, ça c'est c'est pas c'est pas possible de de le dire là maintenant. Euh de toute façon, le le soutien de l'Iran euh au Esbola euh euh depuis le depuis le 7 octobre et donc de l'entrée en guerre du Esbola enfin une entrée en guerre parcellaire contre contre Israël, il est euh il est minime. Enfin, je veux dire, il y a il y a pas eu de soutien militaire de la part de l'Iran à part envoyer des évidemment des des instructeurs, des des militaires, des conseillers épauler le esbola. il y a pas une une aide totale de l'Iran vis-à-vis du du Esbola et et on peut l'analyser comme une espèce de de frilosité à l'époque de l'Iran, de s'engager justement dans la guerre dans cette guerre contre Israël.

Donc là là parler de d'abandon de du esbola par l'Iran, c'est c'est un peu compliqué de le dire. Après aujourd'hui, je pense que le esbola obéit maintenant vraiment parce que ça a été une organisation qui a pris une telle place politique au Liban, politique, commerciale, économique, que c'était devenu une excroissance de l'Iran. Mais aujourd'hui, moi je dirais que le Esbola est vraiment dans la main de l'Iran.

Et donc le le esbola euh euh de ce qu'il en reste en tout cas euh appartient vraiment à lire en contrairement par exemple au outil. Les outils justement, on en parlera un tout petit peu plus tard, mais est-ce que les États-Unis ont négocié cet accord de CCF feu en partant du principe qu'en cas de besoin, Israël se chargera des attaques militaires dans la région finalement, est-ce que c'est pas une une nouvelle carte blanche accortée accordée par les États-Unis à Israël Raphaël Maison ? Je voudrais juste dire un mot sur la question précédente.

Je ne sais pas si l'USBA est dans la main de l'Iran. Je me prononcerai pas là-dessus, mais je signale que dans les points avancés par l'Iran, s'agissant des négociations à venir, il y a un point qui concerne où où l'Iran exige la fin de la guerre contre tous les acteurs de ce qu'ils appellent l'axe de la résistance. Donc ça va faire partie des négociations.

Pour le moment, le CC le feu ne s'étend pas probablement au Liban. Mais dans la négociation qui va avoir lieu, l'Iran annonce qu'il demandera donc la fin de la guerre contre tous les acteurs de ce qu'il appelle l'axe de la résistance. Ça comprend bien entendu le bola, les outistes et aussi les groupes armés palestiniens, je suppose.

Euh sur votre question, moi je pense pas que les les États-Unis ont négocié en se disant qu'Israël se chargerait des attaques. Je pense que c'est plutôt Israël a très largement besoin des États-Unis comme on l'a vu récemment, s'agissant de Gaza. Et il en a besoin aussi au Liban.

Il a eu besoin des États-Unis pour attaquer l'Iran. Euh donc je ne je ne dirai pas les choses de cette manière, mais je ne peux pas répondre au fond sur la question est-ce que les États-Unis ont négocié ce cesser le feu en pensant qu'Israël se chargerait des attaques ? Je dirais que ce qu'on a entendu de la part des observateurs de de récent, des analystes récents, c'est que l'origine de l'agression contre l'Iran du 28 février 2026 est très largement lié à Israël.

C'est en tout cas ce qu'a dit Joe Kent après avoir démissionné, vous savez, le responsable du contre-terrorisme américain. Donc je dirais que c'est c'est Israël a vraiment besoin des États-Unis, peut-être plus que les États-Unis n'ont besoin d'Israël. Enfin, c'est difficile à évaluer évidemment, mais je dirais pas les choses comme cela.

Il il y a une enquête de Reuters qui est sortie il y a pas longtemps qui qui a révélé que euh quelques heures avant les les bombardements américain et israélien sur l'Iran, Netaniaahu avait eu au téléphone Donald Trump et lui avait dit enfin l'avait persuadé de de rentrer en guerre contre l'Iran parce qu'il y avait une fenêtre de tir. parce que les renseignements israéliens avaient notifié le fait que Ali Hameney elle avait le guide suprême avait une réunion avec plusieurs acteurs et donc c'était une c'était le le moyen de l'éliminer enfin de l'assassiner même. Et donc voilà, voilà pourquoi les États-Unis seraient rentrés en guerre parce que il y avait cette fenêtre d'opportunité vis-à-vis de de Hameney et comme Joe Kent l'a dit et Joe Kent he c'est Dieu sait que c'est pas un gauchiste, hein, c'est c'est même un c'est même un fasciste de d'extrême droite qui a été nommé par Donald Trump.

Lui-même reconnaît que c'est Israël qui a vraiment entraîné les États-Unis dans cette guerre. Après, vis-à-vis de du Liban, c'est un peu différent. Je dirais que le Liban est devenu le précaré en fait d'Israël euh comme le le une partie de la Syrie maintenant et et la si Jordanie et Gaza.

C'est un précarré et et les et je crois pas que le le Israël ait besoin du soutien américain pour pour bombarder Beyrout, même si à un moment donné en terme de munition ça va peser mais en tout cas les États-Unis continueront de fournir des armes et et pas que les États-Unis d'ailleurs l'Allemagne et la France. Oui, mais d'ailleurs le Liban, malgré un une position assez particulière dans le traitement médiatique européen parce queil y a un soutien occidental qui est assez euh fort en tout cas symboliquement euh au Liban. Euh là aujourd'hui euh ou même dans les semaines précédentes, ils sont les Libanais sont laissés à la mercie des bombes israéliennes.

Comment expliquer cette impuissance européenne ? Est-ce que c'est aussi symptôme de l'impuissance du droit international ? Raphaël Maison.

Moi, je suis pas sûre qu'il y a un soutien occidental ou européen très fort au Liban parce que l'accord de cesser le feu de l'automne 2024 était par exemple garanti devait être garanti par la France. Il a été violé de manière récurrente par Israël et on n' pas vu beaucoup d'activités diplomatiques des États européens s'agissant du du respect de cet accord de de cesser le feu. Par ailleurs, je dirais que les États occidentaux ne prennent pas en compte toute une partie de la population libanaise représentée par le Bolla dans sa dans sa branche politique.

Au contraire, ce mouvement est stigmatisé, sa branche militaire pour le moins inscrite sur les listes terroristes de l'Union européenne. Moi, je ne dirais pas que les États occidentaux soutiennent le Liban à proprement parler. Alors, le droit, est-ce que c'est un symptôme de l'impuissance du droit international ?

Je dirais qu'il est il est difficile à imposer ce droit international dès lors que vous avez au Conseil de sécurité un état les États-Unis qui sont la première puissance mondiale et qui ont une politique criminelle. Donc évidemment, c'est difficile d'avoir des sanctions, mais je pense qu'il reste important de le de le de le de le soutenir et de le dire, car il permet de de qualifier le réel, par exemple, de qualifier l'agression contre l'Iran. Et je signale d'ailleurs, c'est intéressant dans les dans les points avancés par l'Iran comme base de négociation, il y a l'un des derniers points, c'est la ratification de l'ensemble, enfin l'acceptation de l'ensemble du plan iranien par une résolution obligatoire du Conseil de sécurité.

Ça veut dire que un certain nombre d'États continue de croire dans le droit international qui a pour objectif de de qui a de pour objectif de de ne pas mettre en difficulté les États les plus faibles, éventuellement de les protéger puisque le recours à la force est interdit en droit international. Donc voilà, c'est je dirais que c'est une marque d'impuissance en ce sens qu'il est difficile de faire appliquer le droit international mais néanmoins ces normes fondamentales doivent être soutenues et redites constamment ce qu'on ne fait guerre puisque comme je l'ai indiqué d'emblé euh les États occidentaux n'ont pas qualifié l'agression contre l'Iran et en juin 2025 au contraire ils avaient dit qu'Israël agissait en légitime défense dans son attaque contre le Liban. Donc ça c'est des discours complètement inversés. qui sont extrêmement problématiques et je pense qu'il est nécessaire de rétablir une forme de réalité ou de vérité par le recours au droit international.

Pour pour parler du enfin, vous avez fait mention d'un d'un soutien des États européens vis-à-vis du Liban. Bon, peut-être que vous vouliez mentionner potentiellement euh le fait qu'il y ait une grande diaspora libanaise en Europe. Souvent cette diaspora euh même s'il y en a plusieurs hein des diasporas libanaises en Europe, souvent cette diaspora c'est sont quand même les maronites euh euh et les maronites dans la grande majorité de cette communauté et je veux pas faire d'association pour dire que tous les maronites pensent comme ça. pas c'est pas le cas du tout.

Mais beaucoup de maronites pensent que la guerre dans le sud du Liban qui existe depuis le 7 octobre, c'est-à-dire qu'il y a des bombardements constants de la part d'Israël qui encore une fois n'a pas respecté le CC le feu 15000 fois depuis l'accord de CCFU en 2024. Mais comme ça touchait pas Beoute et ça touchait surtout des provinces du sud, euh il y a beaucoup de Libanais qui euh considéraent qu'il y avait pas la guerre, qu'il y avait pas la guerre au Liban et que euh la guerre là c'est depuis seulement les bombardements à Beouh euh ou à Tir ou voilà. Donc il y avait pas la guerre et que euh et ben c'est à cause dubola que il y a de nouveau la guerre.

Mais non, en fait, il y avait la guerre dans le sud du Liban depuis un moment. Et donc euh forcément les États euh européens euh étant euh la plupart du temps euh soutenant euh bec et ongles Israël, quoi que Israël fasse, euh y compris euh en commettant euh des crimes et un génocide par exemple à Gaza, euh et bien euh non ne ne considérait que la situation en au su Liban n'était pas problématique parce que une grande partie de la communauté de la diaspora libanaise ne faisait fait pas non plus pression sur les États européens parce que la guerre c'était pas à Beout et c'était pas dans leur zone, c'était dans les zones du sud Liban des zones cheat, des zones qui considèrent de toute façon abandonné par par l'État libanais ou ne faisant peut-être pas partie de l'État libanais. Voilà.

Je je trouve que c'est votre enfin peut-être avez-vous raison hein mais en tout cas moi les Libanais que je connais sont extrêmement inquiets de cette guerre. Euh donc je pense qu'il faudrait pas généraliser mais par contre je trouve que l'extrait que vous avez cité du président Macron tout à l'heure est tout à fait illustratif de de ce que nous sommes en train de dire puisque et c'est ce qui a été relayé dans les médias aussi le discours c'est c'est le esbola qui a entraîné le Liban dans la guerre alors qu'on est en présence de violation du cesser le feu constant par Israël. Donc je crois que ce qui euh ce qui motive la politique des des États européens ou en tout cas de la France, c'est le soutien à Israël comme vous l'avez dit. le ni la présence du Finule, ni de militaires occidentaux globalement au Liban, ni les nombreuses résolutions de l'ONU qui existent depuis depuis de nombreuses années notamment sur sur les incursions israéliennes et sur la guerre avec Israël, non empêché ces ces bombardements, non dissuader Israël de les faire.

Est-ce que finalement le message qui est envoyé vers ceux qui ceux qui ceux qui vivent au Liban, même ce ceux qui vivent à Pine, c'est que le droit international ne suffit pas, les les les instances internationales ne suffisent pas et peut-être que c'est aussi une des raisons pour laquelle il s'orient vers la lutte armée ou la lutte la lutte organisée armée du monde. Oui, moi ça me semble assez logique si vous voulez, mais je dirais que en droit international et notamment c'est très ancien dans les convention du début du 20e siècle notamment sur le droit de la guerre, il est tout à fait admis qu'une population faisant l'objet d'une invasion puisse se puisse combattre, puisse résister. C'est ce qu'on appelle dans ces conventions la levée en masse et c'est tout à fait admis.

Donc si vous voulez en droit international, on on il n'est pas du tout exclu au contraire qu'une population face à un agresseur ou un acte d'invasion ou une forme d'invasion ou d'occupation puisse prendre les armes pour y résister si par ailleurs il n'y a pas d'armée qui puissent le faire. Oui, je pense que le le Esbola en période d'occupation israélienne va remplir son rôle, c'est-à-dire son rôle de de d'un groupe de résistance qui est là pour expulser les les soldats israéliens qui sont sur leur territoire. Jusqu'ici, le Esbola était devenu plus du tout un groupe de résistance.

C'était un groupe qui était totalement affilié à l'Iran, qui est allé réprimer le le le la rébellion en Syrie qui est devenu une mafia, un parti politique extrêmement puissant. Et donc on il il avait euh dépassé son rôle premier dans dans les années 80 qui était de résister contre contre la présence israélienne dans le territoire libanais. Aujourd'hui, le le le Esbola revient à son essence, c'est-à-dire à combattre et et à repousser l'occupation israélienne dans le dans le sud de Liban.

Dans dans le sud du Liban. Ouais. C'est plus généralement c'est c'est aussi ce genre de séquence qui renforce la popularité et la légitimité du du Esbola parce que que tout le régime iranien dans le monde arabe a eu un regain de popularité dès lors qu'il était en en conflit ouvert avec Israël en du en guerre avec Israël.

C'est difficile à dire dès lors qu' y a il y a pas de sondage et puis c'est la la population libanaise, elle est connue pour être très fracturé en fonction des communautés religieuses. Donc si vous dites vous demandez un sunnite, peut-être que le sunnite va considérer que enfin les pas tous les sunnites mais certains vont considérer que les bombardements israéliens c'était dû et bien aux quelques roquettes qui ont été lancées, les roquettes symboliques qui ont été lancées sur Israël par le Esbola. Euh un maron va vous dire que c'est à cause du Esbola.

Euh un cheat peut vous dire que c'est à cause du Esbola. Il peut vous dire que en fait il soutient le esbola et que c'est plutôt Israël qui cherchait un bon prétexte à euh à envahir euh le Suliban comme ils essayent de le faire depuis un moment et ils l'ont déjà fait par le passé. Donc euh la la je trouve enfin je pense que la communauté enfin la la population libanaise est très fracturée et comme je l'ai dit tout à l'heure pour les maronites, c'est pas du tout pour euh en faire un un amalgame hein parce queil y a il y a il y a évidemment plein de maronites qui pensent différemment mais euh beaucoup euh vous le diront avant là l'entrée enfin les bombardements israéliens sur l'Iran et sur Beou et cette invasion terrestre et bien beaucoup de maronites considéraitent qu'il y avait pas la guerre au Liban parce que le sud de Liban pour eux c'était pas c'était pas vraiment libant, c'était éloigné et puis de toute façon il considérait les populations chites de cette zone là comme ne faisant pas partie d'un espèce de de de d'une République enfin voilà et que ces gens-là avaient cherché le conflit justement avec Israël.

Moi personnellement je ferais pas de généralisation de ce type. Donc je Non non je ne généralise pas mais ce discours existe au Liban et il exist la communauté maronite. Je ne dis pas que la population n'est pas divisée au Liban.

Mais ça me semble un petit peu schématique tout de même. Mais vu la structuration de des de la politique libanaise à travers cette organisation par communauté justement, enfin je sais pas si c'est de la généralisation, mais c'est plutôt un un des points de vue qui s'expriment à travers des organisations communautaires. C'est pas euh c'est c'est enfin je me trompe pas en disant ça vous ça a été ça a été exacerbé par la colonisation française.

Donc ça on peut le reconnaître aussi. On va revenir sur la situation générale dans la région. les pays arabes du Golf, l'Arabie Saoudite notamment, il se positionnent comment dans dans ces dans ces conflits notamment sur le Liban.

On sait que l'Arabie Saoudite est un est un allié très proche des États-Unis. Est-ce qu'ils peuvent jouer un rôle de médiation ? Ben alors non, il faudra que les États du Golf fassent un rôle de médiation avec Israël parce que les États-Unis pour le coup sur le Liban n'ont pas la main.

Donc ou alors faudrait que les États du Golf fassent pression sur les États-Unis pour que les États-Unis demandent à Israël d'arrêter le bombardement au Liban. Mais les intérêts, je veux dire, les intérêts vitaux et financiers et économiques pour les États du golf ne sont pas sur de sur au Liban parce que en fait s'ils ont fait autant pression sur les Américains pour qu'ils cessent cette guerre vis-à-vis de de de l'Iran, c'est parce que l'Iran ciblait des infrastructures de désalonisation d'eau, des infrastructures pétrolières et bloquait aussi le D3 d'Ormous qui est un D3 3 où les pays du golf exportent leur pétrole sur le monde. Donc c'était une atteinte à la sécurité et à l'économie des pays du golf avant tout.

Mais je je je ne sais pas si les pays du golf feront cette diplomatie en tout cas essayeront de de d'obtenir un cesser le feu au Liban auprès des États-Unis et indirectement auprès d'Israël. Raphaël, mais vous vouliez réagir ou pas du tout ? Euh ben moi, je serais aussi un petit peu sceptique sur l'absence d'influence des États-Unis au Liban.

Tout le monde sait que leur ambassade est absolument considérable. Lors des dernières négociations sur la constitution du gouvernement, ils étaient très présents. Vous avez eu énormément d'influence de de l'envoyé spécial de Donald Trump, Tom Barak.

Donc moi, je pense qu'il faut pas minimiser la place des États-Unis et l'influence des États-Unis au Liban. S'agissant des États du golf, il est très clair que ils ont soutenu enfin ils se sont rallés au côté des États-Unis dans cette guerre contre l'Iran parce que euh leur territoire accueillant des bases militaires américaines a été le lieu de le lieu de départ finalement de de l'agression contre l'Iran. Donc ceci, on on l'a pas beaucoup dit, mais un État qui accepte que son territoire soit utilisé pour la commission d'un acte d'agression et lui-même auteur d'un acte d'agression permettant donc des réactions légitimes défenses les bases militaires euh de États-Uien qui se trouvent dans ces États.

Donc je pense qu'ils sont extrêmement fragilisés en raison en raison de son de ce conflit parce que ils ont été impacté avec des des attaques militaires contre des objectifs militaires se trouvant se trouvant dans les territoires de de ces différents états. Donc pour le moment, je pense qu'ils sont très embarrassés mais pour le moment, ils ont très largement soutenu l'agression américaine. Et d'ailleurs au conseil de sécurité hier ou avant-hier, je ne sais plus, il y a une proposition de résolution portée par Barrain qui essayait de faire passer une validation pour une coalition internationale visant à intervenir militairement sur le Détroit d'Ormous, hein.

Donc ça c'était porté par les états du golf et c'est bien sûr totalement hostile à cette résolution. Elle n'est pas passée en raison des vétorusses et chinois. Oui.

Enfin Baren étant enfin le pouvoir bar est un étant l'un des plus comment dire hostiles alliran du du fait de de des enfin des tentatives d'ingérence iranienne sur sa sur sa population. Mais mais je je serais un peu moins euh catégorique sur le fait que les États du golf ont soutenu l'offensive américaine sur l'Iran. Je de ce que je sais c'est que les États du golf ont toujours essayé même si elles disposent évidemment de base américaines sur leur territoire et que ça a servi aux attaques sur l'Iran, mais les États du golfe ont ont essayé le plus possible de de enfin de de stopper cette guerre enfin de cette agression là.

C'est vrai qu'il y a eu beaucoup de négociations avant l'entrée en guerre pour éviter cette guerre. Je suis d'accord avec vous. Oui.

Que entre la position du Qatar ou des Émirat par exemple, il y a une il y a une il y a une variété de positions dans le golf qui Oui. Oui. Oui.

Bien sûr, évidemment. Mais le est-ce que cette séquence, on a parlé du véto de de la de la Russie et de la Chine pour pour la proposition du BL, mais est-ce que cette séquence elle accélère justement le déclin de l'influence américaine, européenne au profit occidental, globalement au profit de la Chine et de la Russie ? Clairement euh ce que je ce que je souhaitais dire, c'est que avant toute cette séquence catastrophique, en 2022, il y a eu un accord extraordinaire qui a été réalisé par la Chine et franchement jusqu'ici la Chine diplomatiquement euh n'avait pas fait de diplomatie comme ça pour rapprocher deux États en situation de conflit.

Euh la Chine a obtenu en 2022 un accord historique entre de non agression, un pact de nonagression entre l'Iran et l'Arabie Saoudite. Donc les deux pays se sont rapprochés alors que leur il n'y avait plus de de représentation diplomatique iranienne en Arabie Saoudite et Saoudienne en Iran depuis la la pendaison de de plusieurs chides saoudiens qui avaient participé aux manifestations pendant les printes arabes. Donc il y avait une brouille diplomatique qui était très importante à ce moment-là.

En plus, les outils euh faisaient pression sur les Saoudiens euh au Yémen. Et donc euh ce que la Chine avait réalisé à l'époque était, moi je dirais un exploit diplomatique et ça a tenu. C'est-à-dire que c'était pas euh un accord trouvé euh symbolique.

Ça a vraiment tenu sur le terrain. Moi pour être allé au Yémen plusieurs fois, le cesser le feu entre les outils et le gouvernement et l'Arabie Saoudite qui soutient le gouvernement yéméénite était bien réel. même si sur les lignes de front, il y avait de temps en temps des accrochages, il n'y avait plus d'offensive, plus d'attaque.

Et et l'Iran avait vraiment repris conversation avec l'Arabie Saoudite. Bon, cet accord a été détruit par Israël et États-Unis, mais ce que je veux dire, c'est que la Chine, d'un point de vue diplomatique, avait obtenu une grande victoire et euh le fait que là la Chine et la Russie, bon opposent leur véau à Bahrain, bon ça me paraît relativement logique. Mais ce que je veux dire, c'est que ce que je je voulais dire, c'est que les États-Unis sont apparus aussi comme étant un pays vat en guerre qui mettait en danger la sécurité des pays du golf h de par leur suivisme vis-à-vis d'Israël.

Donc je pense que beaucoup de pays du golf vont se dire aussi on peut plus mettre nos œufs dans le même panier. Et c'était déjà le cas avant hein, c'est-à-dire on peut plus tout miser sur notre sécurité en étant totalement allié envers enfin avec les États-Unis. Raphaël Maison, est-ce que vous partagez cette analyse sur le la perte d'influence des États-Unis dans la région ?

Je pense que c'est un petit peu trop tôt pour le dire, mais c'est ça semble être une tendance. Évidemment, ce qui était intéressant aussi dans ce conflit, c'est la manière dont l'Iran a géré cette question du D3 d'Ormous en en demandant le paiement des cargaisons de pétrole ou du ou de de de taxes en y. Donc l'idée ici, c'est évidemment d'attaquer aussi la domination du dollar.

Donc ça ça ça peut être un élément extrêmement important. enfin en tout cas partiellement important dans l'affaiblissement de la domination mondiale des États-Unis. Maintenant, je trouve que c'est un petit peu tôt pour dire qu'il y aura véritablement une perte d'influence définitive.

En revanche, il me semble que ce ce conflit qui n'est pas encore terminé euh marquera euh une importance supplémentaire de l'Iran comme acteur régional extrêmement puissant ayant acquis une forme de de légitimité extrêmement importante. Oui, ce vous venez de le préciser, ce conflit n'est pas encore euh euh terminé. Mais dans ce projet d'accord, euh l'Iran a beaucoup insisté sur la vous l'avez dit au début, sur la protection de l'axe de la résistance.

Ils ont même précisé dans dans le dans le dans les 10 points les groupes alliés euh à l'Iran, donc notamment euh les outils sur lequel sur lesquels vous avez beaucoup travaillé, vous avez beaucoup travaillé. Est-ce que cet axe de la résistance avec avec les avec le Esbola avec l'Iran est devenue une puissance régionale incontournable au vu de de de de ce projet d'accord ? Ça l'était avant avant le 7 octobre.

Aujourd'hui, l'axe de la résistance, il est en lambau. Le esbola bien a été considérablement affaibli par la séquence. Euh les outils ont leur propre calendrier, on l'a vu, ils ont mis un mois avant d'entrer euh dans la danse et puis ils ont envoyé quelques missile symbolique.

Ils ont fait quelques frappes coordonnées avec le esbola mais qui sont restés som tout assez minoritaires et puis ils sont très très loin d'Israël. Donc pour c'est c'est plus difficile pour eux de défendre ou alors de participer à à la guerre contre contre Israël. Euh et puis bon, la série de Bacharsad c'est terminée.

Euh le Hamas euh est totalement affaibli également. Donc l'axe de la résistance, il existe quasi plus dans les faits. Donc ça c'est ce n'est plus du tout une comment dire une force une force régionale.

Après avec toute tout ce qui s'est passé, tous les crimes commis par les États-Unis et Israël, ça sème un ter euh vis-à-vis de la communauté chit et Zaidit au Moyen-Orient. un terro euh qui va donner une euh je je ne sais pas quoi mais dans les 10 20 30 prochaines années. Moi je je serais quand même plus sceptique sur cet affaiblissement définitif de ce de ce qu' les Iraniens appellent l'axe de la résistance parce que les outils ont joué un rôle important s'agissant en 2024-2025 avec le blocus de la mer rouge.

On a dit que lebola était totalement détruit, mais depuis quelques semaines, on voit qu'il y a quand même des succès militaires importants dubola. quant à l'Iran, il a réussi à pour le moment à à défaire la première puissance militaire mondiale. Donc je pense qu'on a pu effectivement essayer de enfin de montrer dire que l'axe de la résistance, ce sont les termes employés par l'Iran notamment était définitivement mort avec la chute de Bachar Elassad.

Mais il me semble pas qu'aujourd'hui ça soit exactement ce que l'on doit constater. Je je vous laisse le mot de la fin contre à Müer. Euh sur justement cette cette l'actualité chaude, c'est le c'est c'est le Liban.

Euh est-ce que il y a espoir que que ce ce soit euh un conflit temporaire pour mettre la pression dans le cadre de ces négociations où il y a euh où il y a on se dirige vers une occupation longue et durable euh euh d'Israël du sud de Liban ? Moi, j'ai pas j'ai pas de boule de cristal, donc je vais pas me prononcer en disant ça va être comme ça. Et parce que c'est très difficile, enfin on peut pas lire l'avenir évidemment et je suis pas là pour ça, mais dans les faits euh aujourd'hui euh il y a eu quand même une centaine de bombardements israéliens euh rien qu'aujourd'hui.

Et euh donc enfin, le Liban connaît une une journée extrêmement sanglante et et traumatisante. l'occupation israélienne est un peu difficile dans le sud parce que le esbola connaît très bien le terrain et donc c'est difficile pour eux de se de se de se focaliser de se baser et l'armée israélienne je pense est est extrêmement éprouvée après des des des mois et des mois de génocida Gaza et de d'intervention militaire ici et là. Donc est-ce que euh Israël aura les reins pour rester continuer de bombarder autant le Liban ?

Euh je ne le sais pas. Mais en tout cas, ce qui est sûr c'est que il y a une volonté politique et une volé volé volonté politique donc entre guillemets de d'éradiquer le esbola chose qui n'est pas possible de faire à travers des bombardements et même si on rasait tout le Liban, ça serait pas possible de le faire parce qu'on le voit bien, ils n'ont pas réussi à éradiquer le Hamas à Gaza. Donc l'objectif est inatteignable mais il y a aussi une volonté d'occupation et d'extension du territoire israélien au Liban et dans le sud Liban.

Et euh il est euh probable et c'est une hypothèse hein, c'est un un scénario qui peut malheureusement se passer, c'est que euh les terres qui ont été qui sont occupées par les Israëls ne soient jamais rendues et que bien des années plus tard ou où bientôt des colons israéliens se établissent des colonies dans le sud du Liban et sur le modèle de la 6 Jordanie. Merci beaucoup à vous deux d'avoir été avec nous ce soir. Raphaël Maison, je rappelle que vous êtes professeur de droit public et spécialiste en droit international.

Quentin Müller, grand reporteur, journaliste, spécialiste du Moyen-Orient. Merci beaucoup.