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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 16 juillet 2020 26 min

Port du masque, croissance et transition écologique, formation et emploi des jeunes... Le "8h30 franceinfo" de Gabriel Attal

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:06
Présentateur

Le 8.30 de France Info, bienvenue avec Jean-Jérôme Bertolus, avec notre invité. Bonjour Gabriel Attal. Bonjour. On reviendra évidemment sur le discours de Jean Castex hier devant les députés. Discours de politique générale, un mot de la situation sanitaire. D'abord avec cette inquiétude concernant le département de la Mayenne. Écoutez ce que disait il y a quelques minutes Olivier Véran, le ministre de la Santé.

0:30
Invité

La situation en Mayenne, elle est problématique aujourd'hui, avec ce qu'on appelle une incidence, c'est-à-dire un taux de patients positifs par rapport à la population qui est supérieure à la moyenne nationale. Des clusters, donc des groupes de patients identifiés, des chaînes de contamination qui sont traquées. J'ai également des signaux, pas inquiétants, mais en tout cas des signaux d'attention particulière en provenant de certains hôpitaux parisiens, je le dis. Et nous assistons dans certains hôpitaux parisiens à des signaux faibles de reprise épidémique. C'est pourquoi je demande aux Français de rester particulièrement vigilants.

1:02
Présentateur

Gabriel Attal, est-ce qu'on est là précisément sur ce qui était redouté ?

1:07
Gabriel Attal

On a une vigilance et une préoccupation absolue depuis la fin du confinement pour qu'il n'y ait pas de deuxième vague en France. Ce qui nous invite à suivre en permanence les indicateurs, à regarder ce qui se passe sur l'ensemble du territoire français. Et ce qui nous invite surtout à passer les messages, à relayer les messages, de ne surtout pas relâcher sur les gestes barrières et sur les consignes sanitaires qui sont communiquées. Le ministre de la Santé l'a dit, il y a plusieurs territoires sur lesquels les préoccupations sont plus fortes. Il a cité la Mayenne, c'est le cas aussi de la Guyane, évidemment, où le Premier ministre s'est rendu il y a quelques jours.

Il a indiqué qu'il y avait des signaux faibles, comme il a dit dans les hôpitaux parisiens. Ça invite à maintenir absolument les gestes barrières et la vigilance de tous les Français.

1:47
Présentateur

Dans ce cas-là, pourquoi attendre le 1er août pour imposer le port du masque dans les lieux fermés ?

1:52
Gabriel Attal

Sur ce point, le Président a annoncé qu'il souhaitait qu'on rende obligatoire le port du masque dans les lieux clos recevant du public. Il y a forcément un travail juridique, technique, qu'on mène le plus rapidement possible pour définir la qualification des lieux, les sanctions. Mais je pense que ce qui est important, c'est que le message, c'est qu'il faut dès à présent porter le plus largement et le plus régulièrement possible un masque. C'est ça le message qui est passé. Et au fond, ce que je ressens quand j'échange avec les Français, c'est que l'enjeu, ce n'est pas de redouter l'amende ou la sanction. C'est de redouter l'épidémie et la contamination.

Et donc, il ne s'agit pas de dire qu'il faut attendre le 1er août pour porter un masque le plus régulièrement possible. D'ailleurs, il y a déjà énormément de commerces qui rendent obligatoire le port du masque pour leurs clients dans leur magasin.

2:34
Invité

Où sera-t-il obligatoire à partir du 1er août ? Est-ce que vous pouvez nous dire que ce sera dans les commerces, mais dans les services publics, dans les bureaux ?

2:41
Gabriel Attal

Alors justement, Jean-Jérôme Bertolus, c'est parce qu'on est en train de faire ce travail-là qu'il nécessite un peu de concertation avec les territoires, avec les fédérations professionnelles. Vous aurez la réponse très vite. C'est pour ça que l'obligation dans le texte, dans le règlement, n'est pas à rentrer en vigueur tout de suite et que la date du 1er août a été donnée comme un cap. Mais c'est ce travail qui est en train d'être fait et ça sera précisé très rapidement dans un décret.

3:00
Présentateur

Question posée par un maire ce matin sur France Info. Pourquoi attendre le 1er août, sachant qu'il a fallu 24 heures ou 48 heures pour décider d'un confinement général dans tout le pays ?

3:12
Gabriel Attal

Justement, ce que je vous dis, c'est qu'il ne s'agit pas d'attendre le 1er août pour porter un masque le plus régulièrement possible. Et c'est le message qu'a passé le président de la République.

3:19
Présentateur

Pourquoi les ministres n'en portaient-ils pas lors des passations de pouvoir ?

3:21
Gabriel Attal

Là-dessus, le président a d'ailleurs été interrogé sur ce sujet-là. Moi, j'ai eu l'occasion d'être interrogé aussi et je le dis. Il faut que les responsables politiques soient exemplaires. Et c'est vrai qu'il y a eu certaines images où ce n'était pas le cas. Il y a eu des moments d'émotion au moment des passations de pouvoir où certains ministres s'en allaient, d'autres arrivaient.

3:36
Présentateur

Est-ce qu'au-delà de l'émotion, ce n'est pas plutôt que la prise de conscience arrive depuis 2-3 jours sur ces signaux inquiétants et que depuis le début du mois de juillet, du côté du pouvoir politique comme des Français, il y avait le sentiment que la crise était derrière nous ?

3:50
Gabriel Attal

Moi, je n'ai pas ce sentiment-là. Je vous le dis, j'étais encore en conseil de défense et de sécurité vendredi dernier autour du président de la République. Il y a des conseils de défense très régulièrement, justement, pour faire le point. Il y a une lucidité absolue sur la situation et la lucidité, on la tient aussi de ce qui se passe chez nos voisins. Il y a des pays qui sont nos voisins, des pays qui sont plus lointains, qui ont reconfiné massivement des villes, des quartiers, parfois plusieurs millions de personnes qui se sont trouvées reconfinées. On n'en est pas là en France à ce stade. On ne veut pas en arriver là. C'est pour ça qu'on se mobilise.

C'est pour ça qu'il y a une vigilance. C'est pour ça qu'il faut maintenir les gestes barrières.

4:20
Invité

Gabriel Attal, il y a 48 heures, Olivier Véran disait qu'il faut déjà faire respecter le port du masque ou c'est obligatoire. Il parlait des transports. Il semblait indiquer que ça n'était pas toujours respecté. Est-ce que vous avez déjà un bilan, par exemple, des contraventions passées dans les transports ? Et est-ce que c'est vrai que, bien finalement, les Français ne respectent pas cette obligation ?

4:41
Gabriel Attal

Non, et d'ailleurs, je ne crois pas que c'est ce qu'Olivier Véran a voulu dire. Il peut y avoir un relâchement ici ou là. C'est pour ça que c'est important de rappeler en permanence qu'il ne faut pas relâcher, qu'il faut maintenir les gestes. Mais la question des transports, elle est intéressante. Quand on a mis en place l'obligation dans les transports, certains ont dit, si vous voulez vraiment que ça soit respecté, il faut créer une police des masques spécifique avec des milliers d'agents dans les transports pour faire respecter le port du masque. Et qu'est-ce qu'on a vu ? Que très massivement, si ce n'est unanimement, les voyageurs ont porté le masque immédiatement.

Et même que finalement, j'ai envie de dire la pression sociale des voyageurs dans les rames a incité encore plus. Et une contravention de 135 euros. Et une contravention, évidemment. Ça sera la même chose, d'ailleurs, pour les lieux clos ? Il y aura une contravention ? Justement, le décret est en cours de préparation et tout ça sera précisé dans le décret.

5:25
Invité

Quel est votre souhait, vous, en tant que ministre ? Effectivement, une obligation ?

5:28
Gabriel Attal

Je suis porte-parole du gouvernement, je ne suis pas ministre de la Santé ni ministre de l'Intérieur. Mais évidemment, quand on met en place une obligation, il faut qu'il y ait une sanction en face. Ça paraît être du bon sens. Et donc c'est ça qui est en train d'être regardé, qui est en train d'être préparé. J'espère que je reviendrai vous parler de ce décret dans quelques jours.

5:43
Présentateur

Est-ce qu'on paye aujourd'hui, sur le respect de ces consignes, des propos assez flous sur la question du masque depuis le début de l'année ? On ne va pas refaire toute l'histoire de cette crise, mais en même temps, la réalité est là. À un moment donné, le masque, ça ne servait à rien. Dans dix jours, il est obligatoire.

5:58
Gabriel Attal

Voilà, je suis lucide, on est lucide. Cette question des masques, ça n'a pas été un long fleuve tranquille. Ça n'a pas été un long fleuve tranquille chez nous, ça n'a pas été un long fleuve tranquille chez nos voisins. Il y a un certain nombre de pays qui viennent, il y a quelques jours, de rendre obligatoire le masque dans les lieux clos. Donc on voit bien qu'on est à peu près dans le même calendrier. Parce que aussi, désolé de le redire, mais il y a des consignes sanitaires, des expertises scientifiques qui ont aussi évolué. On ne va pas refaire ce sujet-là. L'important, c'est quand on a des informations, de les rendre transparentes.

Et quand on a des informations, de prendre les décisions nécessaires. Et c'est ce qu'on fait aujourd'hui avec le port du masque.

6:31
Présentateur

Et une question de bon sens qui est prônée par Jean Castex, qui a répété cette expression à plusieurs reprises. C'est le bon sens aujourd'hui de porter un masque ? Ça ne l'était pas il y a quelques semaines ?

6:41
Gabriel Attal

Non, je ne dirais pas ça. Encore une fois, il y a des personnes qui ont porté un masque très tôt. Il y a ensuite des recommandations très fortes qui sont arrivées. Je pense qu'encore une fois, l'important, c'est de s'adapter à mesure qu'on a les informations et les recommandations scientifiques.

6:54
Présentateur

On va l'écouter, Jean Castex. Ce sera dans un instant. On va évoquer le plan de relance annoncé notamment par le Premier ministre. Ce sera après un passage par le Filinfo à 8h40 avec Maureen Suiner.

7:04
Invité

Une nouvelle étape de la décentralisation promise par le gouvernement. Jean Castex, devant l'Assemblée nationale, veut remettre les territoires au premier plan. Réconcilier ces Frances si différentes, dit le Premier ministre. La confiance accordée par les députés après son discours de politique générale. Il sera aujourd'hui devant les sénateurs. Le thème de l'écologie aussi abordé. 20 milliards d'euros pour un plan vélo. La rénovation thermique des bâtiments. La transformation de l'industrie et des transports. Le Premier ministre qui dit croire à la croissance écologique et non à la décroissance verte.

Sur France Info, David Cormand, eurodéputé Europe Ecologie Les Verts, estime que c'est une erreur de dire « Je suis pour une écologie » mais sans toucher au culte de la croissance. Nous assistons dans certains hôpitaux parisiens à des signaux faibles de reprise épidémique. Olivier Véran demande aux Français de rester vigilants. Le ministre de la Santé évoque aussi une situation problématique en Mayenne. Le nombre de cas de coronavirus y a quadruplé depuis le mois de juin. Il demande aux préfets du département de rendre le port du masque obligatoire dans les lieux publics clos sans attendre le 1er août. Une aide renforcée pour 3 millions de familles.

L'allocation de rentrée scolaire revalorisée de 100 euros. Pas de démarche à faire si vous en bénéficiez. Déjà l'année dernière, c'est automatique.

8:18
Présentateur

Le 8.30 France Info, Nicolas Teilhard, Jean-Jérôme Bertolus. Et notre invité, Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement, dirigé par Jean Castex, qui a pris la parole à l'Assemblée hier, discours de politique générale, où il a très largement été question de territoire.

8:40
Locuteur non identifié

Vous le savez, mesdames et messieurs les députés, il y a beaucoup de France qui se sentent loin et laissées pour compte. France des banlieues, France rurale, France des outre-mer, France dite périphérique, France de ceux, y compris au cœur de nos villes, n'ont pas droit à la parole.

9:03
Présentateur

C'est qui cette France exactement, Gabriel Attal ? C'est la France des gilets jaunes qui a été perdue un temps, selon vous ?

9:11
Gabriel Attal

C'est la France des champs et des quartiers. C'est la France qui se sent depuis maintenant des années, si ce n'est des décennies, reléguée dans les politiques publiques. Il y a le sentiment que quand des décisions sont prises au niveau national, elles n'en voient que très peu la concrétisation au niveau local et que malheureusement, la concrétisation qu'elles ont vue, c'est des services publics qui ont reculé, c'est des commerces qui ont reculé, c'est la vie qui, peu à peu, s'est retirée. Et notre ambition, qui est une ambition qu'on porte depuis trois ans, mais sur laquelle on accélère avec Jean Castex...

9:37
Présentateur

Ce n'est pas un aveu d'échec sur les trois premières années, tout ce qu'on entend là ?

9:40
Gabriel Attal

On a aujourd'hui une nouvelle donne, avec la crise économique et la crise sociale qui s'installent à la suite de la crise sanitaire du coronavirus. Et si on veut reconstruire notre pays, si on veut que l'ensemble des territoires puissent avoir un avenir, puissent développer une activité économique, des emplois, il faut mettre le paquet et il faut investir. Et c'est parce qu'il y a cette nouvelle donne, qu'il y a un nouveau Premier ministre, un nouveau gouvernement, qui est chargé de mettre en place cette relance.

10:01
Invité

Mais ça paraît raisonnable de vouloir ressouder toutes les Frances, dont a parlé effectivement le Premier ministre, les Frances des Valais, la France des Outre-mer, la France des quartiers, en seulement un ou deux ans, alors que vous n'y êtes pas parvenu en trois ans. Et vous parlez, ça fait des décennies effectivement qu'on évoque cet objectif.

10:20
Gabriel Attal

Mais je pense qu'on est là dans un moment historique avec cette crise. Jamais depuis la Seconde Guerre mondiale, on a connu une telle crise économique, qui fait suite encore une fois à la crise sanitaire. Et notre conviction, c'est que ce moment peut être saisi comme une opportunité. Il peut être saisi comme une opportunité pour reconstruire notre pays, et pas de le reconstruire à l'identique, le reconstruire avec un autre modèle de production, avec un autre partage de la valeur dans l'entreprise, avec une autre organisation territoriale, pour que l'ensemble des territoires de notre pays puissent être embarqués dans la croissance et dans la création d'emplois.

Donc c'est cette opportunité-là qu'on veut saisir.

10:53
Invité

Et vous êtes bien placé, vous, République En Marche, qui avez échoué lors des municipales, qui avait beaucoup de mal, finalement, vous avez du mal à vous implanter sur les territoires, et aujourd'hui, vous mettez en avant ces territoires. Ce n'est pas un peu paradoxal ?

11:06
Gabriel Attal

Je pense que c'est deux sujets différents. Il y a un parti politique, un mouvement politique, qui est la République En Marche, qui a présenté des candidatures... Plutôt du cœur des villes, plutôt des métropoles. A des élections, non, je ne dirais pas ça. Vous savez, on a 300 députés qui ont été élus dans tous les territoires, qui représentent ces territoires à l'Assemblée nationale, qui sont élus de la nation, mais qui représentent leur circonscription aussi, qui sont très présents, qui sont des relais de l'action du gouvernement, qui font remonter des choses. On a aujourd'hui un Premier ministre qui a été maire de Prades, une ville, je crois, de 6 000 habitants.

11:35
Présentateur

À vous entendre, ces derniers jours, quand même, on a l'impression que Jean Castex, il est arrivé à Paris avec un guide touristique et avec un plan du métro. Il a quand même été pendant 5 ans conseiller ministériel, pendant 2 ans secrétaire général de l'Elysée sous Nicolas Sarkozy, depuis 3 ans délégué interministériel à l'organisation des JO. C'est effectivement le maire de Prades, mais Édouard Philippe était le maire du Havre. C'est quoi la différence ? D'abord, c'est 2 villes différentes, 2 territoires différents.

12:00
Gabriel Attal

Mais moi, je ne vais pas jouer au jeu des 7 différences entre Édouard Philippe et Jean Castex. Non, mais enfin, c'est présenté comme ça.

12:04
Présentateur

Jean Castex, l'homme des territoires, du terroir.

12:06
Gabriel Attal

Mais heureusement qu'on peut être du terroir et des territoires et faire une très belle carrière dans la fonction publique. Non, mais c'est ce que vous aviez l'air de dire. Heureusement qu'on peut être des territoires, représenter les territoires, connaître la réalité des territoires et faire une très grande carrière dans la fonction publique ou dans des cabinets ministériels. Je te donne 2 types d'expériences qui sont très utiles pour gérer un gouvernement et pour mettre en oeuvre des politiques de relance dans un moment de crise où il faut que tous les territoires puissent être embarqués.

12:27
Présentateur

Mais ça veut dire que tous les autres ne l'avaient pas au gouvernement ?

12:30
Gabriel Attal

Alors qu'il y a des élus locaux qui étaient déjà là depuis 3 ans ? Je ne joue pas aux 7 différences. Moi-même, je suis élu local, alors pas dans un territoire rural pour le coup, dans un territoire urbain, mais il y avait des élus locaux, il reste des élus locaux. Ce que je dis, c'est qu'aujourd'hui, l'incarnation du gouvernement, le Premier ministre, c'est une personnalité nouvelle qui fait son entrée au gouvernement et qui va pouvoir incarner et porter cette relance.

12:49
Invité

Alors il y en a un qui a du mal à croire qu'on peut réaliser en un an ou même en 600 jours, ce qui n'a pas été fait depuis 2017, c'est Jean-Luc Mélenchon, le président de la France Insoumise, qui a répondu hier à Jean Castex. On l'écoute.

13:06
Locuteur non identifié

Le président vous demande de réparer en 600 jours les dégâts qu'il a occasionnés en 3 ans. Allez-vous enfin nationaliser Luxfer pour produire les bouteilles d'oxygène de nos hôpitaux ? Non. Le glyphosate sera-t-il finalement interdit à la fin de l'année 2020 ? Non. Préparez-vous la sortie des accords de libre-échange CETA et GEFTA, pourtant acceptés par le président ? Non. Rétablirez-vous la ligne de fret de Perpignan-Rangis ? Non. Et le monopole de la SNCF ? Non. Où est l'argent d'ailleurs pour le rail ?

13:34
Invité

Alors c'est vrai, par exemple, sur le CETA, il n'a pas tort. On ne sort pas du CETA. Sur le glyphosate, il n'a pas tort. Finalement, la promesse présidentielle ne sera pas tenue, même sur cette ligne symbolique, effectivement, de primeur, cette ligne de fret, cette ligne qui compte en matière environnementale entre Perpignan et Rangis, elle semble complètement, finalement, enterrée, malgré les promesses. Donc, est-ce qu'il n'y a pas un petit côté en race gratis ?

13:59
Gabriel Attal

Qu'est-ce qu'il a dit hier, le Premier ministre, sur ces sujets-là ? Il a annoncé qu'un tiers du plan de relance serait consacré à la transition écologique et à l'écologie. C'est-à-dire déjà 20 milliards qui ont été annoncés et sans doute plus ensuite. Et notamment pour financer... C'est 20 milliards par an ? Oui, c'est 20 milliards dans le plan de relance qui a été annoncé. Non, 20 milliards dans les... Sur les 100 milliards du plan de relance. Il y a un plan de relance de 100 milliards d'euros.

14:18
Invité

Donc, 10 milliards par an pour la transition écologique, c'est ça ?

14:20
Gabriel Attal

Ce que je vous dis, c'est qu'il y aura un tiers du plan de relance qui sera consacré à l'écologie.

14:25
Invité

Oui, mais encore une fois, c'est 10 milliards par an pour la transition écologique.

14:28
Gabriel Attal

En plus des budgets qui existent déjà, je le dis, et c'est 20 milliards qui ont été annoncés dans la première enveloppe. Il y a encore une enveloppe qui va être affectée à la suite des discussions avec les partenaires sociaux. Mais l'engagement qu'on a pris, c'est qu'un tiers du plan de relance sera consacré à l'écologie parce que c'est ce qu'on porte aussi au niveau européen pour que dans le plan de relance européen, un tiers soit consacré à ces questions-là. Mais pourquoi je dis ça ? Parce que dans les exemples qu'il a donnés d'investissements qu'on allait réaliser avec ces fameux 20 milliards d'euros, il y a la question des petites lignes. Il y a la question du fret ferroviaire.

Il y a la question des mobilités durables. Et tout ça, ça va être décliné dans les semaines et les mois qui viennent. Le plan de relance, il va être présenté à la rentrée. Je peux vous dire que Barbara Pompili, la ministre de la Transition écologique, elle est déjà au travail avec ses ministres délégués, avec ses services. On reviendra sur l'environnement. Mais par exemple,

15:14
Invité

une question très concrète. Il a parlé de la sécurité au quotidien des Français. Bien sûr, tout le monde est préoccupé effectivement par les gestes d'incivilité, la petite délinquance. Et il dit, on va installer des juges de proximité. Le seul problème, c'est que ces juges de proximité, vous les avez supprimés en juillet 2017. Donc, vous restaurez quelque chose qui a été supprimé.

15:35
Gabriel Attal

Non, on n'a pas supprimé. On a transformé les tribunaux de grande instance et les tribunaux d'instance en tribunaux judiciaires. On les a fusionnés. Il n'y a eu aucune suppression de juridiction. Les tribunaux d'instance sont devenus des tribunaux de proximité. Et ce qu'a dit Jean Castex, c'est qu'on allait flécher davantage de juges en proximité, des juges de police, des juges de correctionnel, pour lutter contre ces petites incivilités, petites ou moins grandes d'ailleurs, incivilités du quotidien, les tags, les destructions, les stupéfiants qui minent la vie dans certains territoires.

Et pour qu'il y ait des sanctions immédiates, rapides, qui permettent de faire en sorte que ça ne se reproduise pas.

16:08
Présentateur

En l'occurrence, sur le trafic de stupéfiants, par exemple, c'est Christophe Castaner qui, au mois de janvier, a annoncé la mise en place d'une nouvelle structure. L'OFAST. Du coup, en quoi c'est nouveau ici ? Il y a un besoin de nouveauté, de nouvel élan, de marquer le coup ? La nouvelle structure, l'OFAST,

16:24
Gabriel Attal

il me semble que c'est une structure nationale qui vise à coordonner la lutte contre les trafics de stupéfiants et notamment les trafics qui viennent à l'international. Là, on parle du très local. On parle de ce qui se passe localement dans certains quartiers, dans certains territoires où vous avez une forme, un sentiment pour beaucoup de Français d'impunité, où vous avez le sentiment qu'il se passe des choses, qu'il y a des méfaits, qu'il y a de la délinquance et qu'il n'y a pas de sanctions. Et l'objectif, c'est justement de répondre à ça avec davantage de juges en proximité.

C'est ce qu'a annoncé Jean Castex hier et c'est ce que porte Éric Dupond-Moretti et qui sera décliné dans les prochaines semaines.

16:54
Présentateur

Le nouveau garde des Sceaux. On va parler écologie, retraite, emploi également dans un instant. A 8h50, le Filinfo avec Maureen Suignard.

17:03
Invité

Ils sont soupçonnés d'avoir pesé sur le corps de Cédric Chouvia lors de son interpellation jusqu'à lui fracturer le larynx et l'asphyxié. Deux des quatre policiers présents le 3 janvier dernier mis en examen pour homicide involontaire. Le livreur de 42 ans est mort à la suite de ce contrôle routier à Paris. Le Premier ministre devant les sénateurs aujourd'hui, après son discours de politique générale hier, la confiance accordée par les députés. Jean Castex met une nouvelle fois les territoires au cœur de son intervention. Le terme répété 25 fois en une heure. Il promet une nouvelle étape de la décentralisation. Le Premier ministre qui remet la réforme des retraites sur le devant de la scène.

La crise nous invite plus que jamais à mettre en place un régime de retraite plus juste et plus équitable, assure-t-il. Olivier Véran demande au préfet de la Mayenne de rendre le port du masque obligatoire dans les lieux publics clos avant le 1er août. Date annoncée pour le reste du pays. Situation problématique liée au coronavirus dans le département, dit-il. L'armée justement mobilisée pour saluer l'engagement des soignants. Après l'Île-de-France hier, 8 appareils de la patrouille de France vont tracer les couleurs du drapeau dans le ciel de la région Grand Est. Région particulièrement touchée par le Covid-19. France Info Et tout est plus clair.

18:17
Présentateur

Le 8.30 France Info Nicolas Teilhard Jean-Jérôme Bertolus Et toujours avec notre invité Gabriel Attal porte-parole du gouvernement Jean Castex apprenait hier à l'Assemblée une croissance écologique et pas une décroissance verte. Écoutez ce qu'on dit David Cormand l'ancien dirigeant d'Europe Écologie Les Verts sur France Info

18:39
Locuteur non identifié

La décroissance des rejets de gaz à effet de serre j'espère qu'on est tous pour La décroissance du plastique qu'il y a dans les océans j'espère qu'on est tous pour La décroissance de l'air pollué j'espère qu'on est tous pour Donc aujourd'hui dire je suis pour une écologie mais sans toucher au culte de la croissance je pense que c'est une erreur

18:58
Présentateur

Est-ce que c'est compatible de vouloir lutter contre le réchauffement de la planète les émissions de gaz à effet de serre mais de prôner la croissance à tout prix

19:08
Gabriel Attal

C'est pas à tout prix justement ce qu'on veut c'est une croissance verte et on veut une économie décarbonée l'objectif c'est de faire de la France l'économie la plus décarbonée d'Europe c'est très ambitieux on met des moyens pour y parvenir mais moi je suis toujours très circonspect quand j'entends qu'on oppose économie et écologie on peut les concilier on peut créer des emplois en poursuivant des objectifs écologiques je donne un exemple le président a annoncé qu'il allait avoir un plan massif pour la rénovation thermique des bâtiments à la fois dans les logements des particuliers et puis dans les bâtiments publics il a notamment cité les écoles et les EHPAD quand on fait ça on lutte contre le gaspillage de l'énergie on fait des économies d'énergie donc on produit moins d'énergie donc on protège la planète et en même temps pour rénover tous ces bâtiments il y a besoin d'emploi il y a besoin de formation on crée une activité économique avec des sous-traitants avec des entreprises qui vont le faire Est-ce que vous allez cibler

19:57
Présentateur

les emplois proposés aux jeunes par exemple c'est une priorité aussi tous ces jeunes qui vont arriver sur le marché du travail sur ces secteurs là

20:05
Gabriel Attal

c'est une question très importante et qui me tient à coeur puisque j'étais il y a encore quelques jours secrétaire d'état à la jeunesse avant d'être nommé porte-parole du gouvernement il y a beaucoup d'inquiétudes chez les jeunes en ce moment et d'ailleurs chez les moins jeunes puisqu'il y a les parents les grands-parents qui sont aussi très inquiets pour savoir quelles seront les perspectives de leurs enfants ou leurs petits-enfants à la rentrée il y a 700 000 jeunes qui doivent arriver sur le marché du travail cette année et évidemment qui sont inquiets et notre objectif c'est que tous ces jeunes se voient proposer une solution à la rentrée comment on va faire ?

d'abord on va inciter les entreprises à recruter des jeunes c'est ce qui a été annoncé par le président de la république redit hier mais vous répondez pas de cela Nicolas Teilhard je vais y venir avec une incitation pour les entreprises à recruter des jeunes on va faire baisser le coût du travail quand vous recrutez un jeune ce sera une baisse de l'ordre de 20% mais est-ce que vous allez les flécher

20:51
Invité

ces emplois sur l'environnement ?

20:53
Gabriel Attal

non sur les emplois marchands entre guillemets pour les entreprises il n'y a pas de fléchage c'est pour toutes les entreprises mais je vais ensuite sur la suite on a besoin aussi que les jeunes s'engagent reconstruire le pays c'est reconstruire l'économie c'est aussi reconstruire le lien social et c'est aussi reconstruire l'environnement et on a besoin que les jeunes s'engagent ils ont envie de s'engager et donc ce qui a été annoncé et qui pour moi est très fort aussi c'est la création de 100 000 places en service civique supplémentaire dans les 6 prochains mois service civique c'est quoi ?

c'est une mission une activité qui est proposée à des jeunes au service de l'intérêt général notamment autour de l'environnement et ça sera pour répondre à votre question une priorité où les jeunes reçoivent au service de l'intérêt général avec une association ou un service public donc ce que je peux vous dire c'est que on va créer 100 000 places en service civique c'est la plus grosse augmentation du service civique de son histoire sur un an et qu'on va flécher cette augmentation sur la question de l'environnement et la question du lien avec les personnes âgées et de l'intergénérationnel notamment

21:46
Présentateur

sur la question des créations de places en formation qualifiante 200 000 places a priori ce serait pour 2021 est-ce qu'on sait aujourd'hui à qui c'est destiné ? Pour les étudiants qui vont être diplômés à la rentrée est-ce qu'ils seront touchés par ces formations-là ?

22:02
Gabriel Attal

Oui, alors là-dessus il y a un travail qui est engagé par Frédéric Vidal et elle aura l'occasion de faire des annonces avant les vacances justement pour donner des perspectives et rassurer l'objectif toujours dans cette idée de faire en sorte que chaque jeune se voit proposer une solution c'est de proposer au plus grand nombre d'étudiants possibles diplômés cette année de pouvoir poursuivre leur formation avec un an par exemple de professionnalisation qui peuvent être d'ailleurs dans la droite ligne de leur diplôme c'est-à-dire de leur licence ou de leur master ou de se réorienter vers des secteurs dont on sait qu'ils embauchent notamment avec des formations courtes autour du numérique et ça c'est en train d'être développé absolument ça a été annoncé

22:36
Invité

Un petit mot sur la rénovation thermique des bâtiments est-ce qu'il y aura une obligation pour les bailleurs ceux qui louent des appartements ou les propriétaires pour qu'ils rénove véritablement leur ou simplement sous forme d'incitation ?

22:52
Gabriel Attal

Sur ce sujet il y a des annonces qui vont être faites par la ministre concernée Emmanuel Vargon On a bien vu ces dernières années que quand on allait vers une obligation qui avait un impact sur le pouvoir d'achat des français souvent ça revenait en boomerang je vous donne l'exemple de la taxe carbone donc plus on peut inciter et on le voit par exemple sur le changement de véhicule on a mis en place des primes historiques pour permettre de changer de véhicule d'aller vers des véhicules électriques ou hybrides rechargeables et ça explose il y a eu plus de ventes de voitures je crois en juin 2020 qu'en juin 2019 alors qu'on est passé par le confinement alors qu'on a eu une crise économique historique parce qu'on a mis le paquet et qu'on a mis en place ces aides pour inciter on n'a pas forcé les français à changer de voiture on les a incités à le faire avec des aides et on voit que ça marche

23:33
Présentateur

Nouvelle méthode concertation discussion ça va commencer avec les partenaires sociaux s'ils vous disent tous comme c'était le cas jusqu'à présent que la réforme des retraites ça n'est pas le bon moment qu'allez-vous faire ?

23:46
Gabriel Attal

C'est le président et le premier ministre qui vont décider il y a eu je crois 14 réunions avec les partenaires sociaux la semaine dernière le premier ministre les a vus individuellement et il y a une réunion très importante vendredi pour fixer l'agenda social des mois à venir et il y a plusieurs chantiers qui sont très importants il y a la question du chômage la question d'emploi des jeunes dont on parlait il y a la question de l'assurance chômage et puis il y a la question des retraites et moi ce que je veux redire c'est que le principe de la réforme des retraites c'est-à-dire aller vers un système universel mettre fin aux régimes spéciaux valoriser la retraite de celles et ceux qui ont les métiers les plus précaires qui sont les moins payés ceux qu'on a vu en première et en deuxième ligne pendant le confinement évidemment que ça on continue à le poursuivre et moi je redis que la question des déficits la question de l'équilibre de notre système de retraite

24:31
Invité

elle reste aussi centrale mais c'était pas le mea culpa d'Emmanuel Macron au début de l'interview du 14 juillet il avait dit oui effectivement j'ai pu donner l'impression que je réformais contre les français qu'il y avait des réformes injustes est-ce que c'est pas justement la réforme des retraites qui était visée ? non finalement

24:49
Gabriel Attal

je dis pas il y a eu la taxe carbone dont on parlait à l'instant aussi moi enfin ce que je veux redire c'est on parlait de jeunesse j'étais secrétaire d'état en charge de jeunesse je suis jeune quand on se dit quand on se fait plaisir en se disant on peut laisser filer totalement les déficits sans donner de cap et de cadre c'est des impôts qu'on contracte sur les jeunes les futures générations qui auront un jour à les payer et qui auront à faire des choix et moi je souhaite que ma génération les générations qui suivent elles puissent avoir un système de retraite par répartition comme en ont bénéficié les précédentes et pour ça ça impose une responsabilité maintenant évidemment il y a une nouvelle donne sociale dans le pays parce qu'il y a cette crise évidemment il y a une nouvelle méthode de dialogue et de concertation c'est pour ça que le sujet va être abordé vendredi

25:29
Présentateur

Gabriel Attal porte-parole du gouvernement invité du 8.30 de France Info avec Jean-Jérôme Bertolus