La Grande Interview de Romain Desarbres avec Éric Coquerel
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Grande interview Europe 1 CNews, Romain Desartes. 8h13, la grande interview CNews Europe 1 avec Éric Coquerel ce matin. Bonjour Éric Coquerel, député de la France Insoumise, président de la Commission des Finances de l'Assemblée Nationale. On va parler de la dette, on va parler du budget, évidemment, et on va balayer tous les sujets d'actualité. Je voulais vous entendre tout d'abord sur la canicule. Tous les Français la vivent et la subissent. La France suffoque des personnes âgées, souffrent des handicapés, des enfants souffrent, avec des chaleurs records, y compris la nuit. Et chez LFI, vous dites que la climatisation n'est pas la solution.
Est-ce que vous n'avez pas le sentiment d'être un peu à côté de la plaque ?
Oui, on n'a pas dit ça comme ça. Pour commencer, on explique que climatiser tous les logements n'est pas la solution. Bien évidemment, aujourd'hui, vu la situation, vu qu'on n'a pas pris de mesures pour faire face aux dérèglements climatiques, pour adapter, on en est maintenant à uniquement prendre des mesures pour rafraîchir, c'est-à-dire pour réparer les choses. On va y venir après. Dans les EHPAD, dans les écoles, dans les hôpitaux publics, bien évidemment, il faut de la climatisation. On ne peut pas faire autrement.
Il faut aussi de la climatisation, par exemple, dans ce que nous on appelle les bouleurs thermiques, c'est-à-dire que ce soit dans les logements sociaux, les logements privés, vous savez, tous ces gens qui habitent, par exemple, sous les toits, qui subissent des températoires de 40 à 45 degrés, il faut les repérer parce qu'on ne peut pas faire autrement.
Mais globalement, vous le savez, si, par exemple, on avait l'idée de se dire que la solution, c'est de climatiser, par exemple, tous les logements parisiens ou tous les logements d'une ville, on pense qu'on augmente à peu près la température entre 2 degrés et 4 degrés, c'est les récentes études qui ont été faites tout autour, c'est-à-dire qu'en réalité, on va entretenir la question du réchauffement.
Jean-Luc Léon a répondu à Marine Le Pen, à son plan climatisation, en disant que la climatisation, elle dit tout, elle fait le contraire de ce qu'il faut faire. Donc vous revoyez un peu votre point de vue.
Non, non, non, non, je vous répète ce que nous avons toujours dit, nous avons un plan canicule, vous pouvez l'observer, on l'a sorti absolument, on vient de le ressortir, et vous allez voir que sur les questions des pattes d'école et évidemment d'hôpitaux, on est déjà sur la climatisation. Alors il ne faut pas seulement mettre des climatisations, il faut aussi s'occuper de tout ce qui est isolation au niveau persienne, au niveau écran anti-UV, etc. Parce que là, il y a aussi un vrai problème, il faut par exemple des oasis de fraîcheur dans chaque école.
Et figurez-vous ça, ça coûte très cher, mais il va falloir le mettre sur la table, tout simplement parce qu'aujourd'hui, sinon, c'est invivable. Et ça, ça renvoie à autre chose. C'est qu'à force d'avoir des budgets qui baissent en matière environnementale depuis maintenant des années, à force par exemple de baisser le fonds vert, absolument primordial. Le fonds vert, vous savez, c'est l'État qui met de l'argent à disposition des collectivités, qui elles-mêmes mettent une autre partie financière pour des investissements en matière écologique. Ça a été créé il y a trois ans. Ça marchait tellement bien que l'État a décidé de baisser de 67% depuis deux ans le fonds vert.
À force d'avoir une politique comme ça, on se retrouve avec encore plus de réchauffement. On ne l'a pas prévu, on ne l'a pas adapté. Et donc, ça coûte toujours plus cher. Voilà les situations dans lesquelles nous sommes aujourd'hui.
C'est un vrai impact sur le réchauffement, mais le fait que le fonds vert soit moins incité.
Évidemment que ça n'a pas. Si vous avez des politiques qui permettent d'anticiper le réchauffement, ou au moins de le freiner maintenant, parce qu'on n'en est plus malheureusement à l'empêcher. Si vous avez des politiques qui permettent d'adapter, bien évidemment, ça a un lien sur le réchauffement. Si par exemple, vous faites de l'isolation thermique de manière massive, au lieu d'arrêter ma prime réneuve en plein milieu comme ça, quand survient la vague de chaleur, vous avez peut-être des chances d'avoir des logements un peu plus isolés. Et ça, chacun va le comprendre. Et en plus, ça ferait marcher l'économie. C'est l'inverse de ce qu'a fait le gouvernement. Écoutez-moi bien.
Depuis trois ans, les budgets en matière environnementaux, climatiques, baissent dans ce pays. Baissent dans ce pays. Donc, de ce point de vue-là, c'est une politique que je n'hésite pas à... Enfin, c'est une politique qui ne fait qu'aggraver le problème, alors qu'on voit bien que c'est ça l'urgence des Français aujourd'hui.
Éric Coquerel, les écologistes sont pour un congé climatique de cinq jours. Qu'est-ce que vous en pensez ? Vous pourriez soutenir ? Pourquoi cinq jours ?
Vous pensez qu'il faut plus ? Vous savez quelle est la moyenne environ, aujourd'hui, de canicule par an ? Oui, enfin, une dizaine. Non, non, vous avez une douzaine de jours. En 2050, on pense qu'on va être à deux mois. Donc, il faut... Il faut s'arrêter de travailler pendant deux mois ? Non, c'est pas ce que je veux dire. Je pense qu'il faut un droit de retrait climatique.
C'est-à-dire qu'aussitôt que vous êtes dans des conditions de travail qui excèdent 33 degrés, soit vous pouvez faire du télétravail, soit, si vous ne pouvez pas faire du télétravail, effectivement, vous avez un droit de retrait climatique et avec au moins une réduction du temps de travail, par exemple, par jour, tous les gens qui, aujourd'hui, sont forcés de travailler dans des conditions absolument dantesques et évidemment dangereuses pour les santé comprendront ce genre de préoccupations. Et ça aussi... Financé par qui ? Ça aussi, ça montre une chose, c'est qu'à force de ne pas avoir anticipé, tout ça coûte plus cher. Vous savez combien coûtera l'inaction climatique ?
En 2050, 11 points de PIB. C'est-à-dire que si vous ne faites rien, si vous ne mettez pas les investissements nécessaires, eh bien, en 2050, chaque année, ça nous coûtera 11 points de PIB.
Éric Coquerel, député LFI, avec nous ce matin sur CNews et sur Europe 1. Le rapport, après le meurtre de la petite Liana, a montré des dysfonctionnements. Gérald Darmanin, le ministre de la Justice, lui-même a reconnu que la justice avait failli, qu'il y avait des responsabilités individuelles. Dans un communiqué sur X, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a reconnu que la chaîne de protection avait failli. Il veut instaurer des mesures fortes, telles que la condamnation à la réclusion criminelle a perpétuité, une vraie perpétuité, pour les violeurs en série de mineurs. Est-ce que vous êtes sur cette ligne ? Écoutez, moi, je ne suis pas forcément sur une ligne
où on pense que plus on met du pénal, plus on met du répressif, plus on va régler le problème. D'accord ? Je suis d'abord pour essayer d'anticiper les choses. Anticiper les choses, ça veut dire, par exemple, donner les moyens à la justice pour traiter les dossiers. Vous savez, M. Darmanin a dit, il n'y a pas très longtemps, il y a 70 000 dossiers, je m'engage à ce qu'ils soient traités d'ici l'été. On a calculé, en gros, qu'en termes de nombre de magistrats disponibles pour traiter ces dossiers, ça veut dire que chaque dossier est traité pendant quelques secondes.
Vous conviendrez avec moi que ce n'est pas comme ça qu'on traite justement ces affaires où on reproche souvent qu'elles seront classées sans suite parce qu'il n'y a pas suffisamment de personnes qui peuvent se préoccuper de ça. Donc d'abord et avant tout, ce qu'il faut faire, c'est mettre des moyens budgétaires nécessaires, ne serait-ce que, par exemple, pour faire en sorte que la France rattrape la moyenne européenne. On est très loin, en termes de magistrats, si on me finit, de juges, de parquets, de greffiers, on est très loin de la moyenne européenne.
En termes aussi d'officiers de police judiciaire formés, rien que ça, par exemple, rien que de fait d'atteindre la moyenne, ça voudrait dire qu'on fait un plan d'investissement de 700 millions d'euros, c'est ça qui est nécessaire, plus tout ce qui est nécessaire au niveau EPJ. Par exemple, moi, je propose qu'on fasse un projet de loi de finances rectificative, on va parler tout à l'heure des budgets. Vous savez que le gouvernement veut essayer de l'éviter pour faire face à la fois à la question climatique dont on a parlé précédemment, au moins dans ces manifestations les plus extrêmes pour les écoles et autres, et également pour les violences faites aux enfants et aux femmes.
Voilà, je pense que ça, ce serait nécessaire. On ne peut pas attendre, on n'a pas attendu pour le Covid, on ne doit pas attendre pour ces actions. Je pense qu'il faut libérer plusieurs milliards pour essayer au moins de rattraper ce retard.
Pour le régalien et pour la justice, sur la perpétuité réelle, le taux de récidive des agresseurs et des pédophiles, des agresseurs pédophiles, est extrêmement élevé. Ça veut dire que quand on relâche un pédophile qui a violé, il y a énormément de risques... Déjà, c'est un pédocrimine,
si vous le permettez. Oui, c'est un pédocrimine. Oui, mais c'est un histoire, ça n'a pas tout à fait les mêmes définitions. Donc c'est un pédocrimine.
Allez-y, continuez. Un agresseur qui aime les enfants et qui agresse les enfants, le taux de récidive est extrêmement élevé. Oui, il n'aime pas les enfants. Un agresseur qui agresse les enfants n'aime pas les enfants. Donc, les agresseurs d'enfants que vous libérez vont à nouveau agresser. Le taux de récidive est extrêmement élevé. Donc, est-ce que vous êtes pour ou contre ? La perpétité est réelle. Quand vous le relâchez, il y a un risque énorme. Eh bien, ça veut dire qu'il recommence. Ça veut dire que... Alors, vous préconisez quoi ?
La peine de mort ? Moi, je ne préconise rien du tout. C'est vous, le politique. Justement, ça veut dire qu'une fois qu'on a traité la peine de quelqu'un qui, surtout dans cette situation... Déjà, il y a un suivi nécessaire, absolument drastique, de ce qu'il fait, de où il va. Je vais vous donner un exemple précis. Vous allez bien comprendre. Il y a quelques années de ça, alors, ce n'est pas par rapport à un enfant, là, c'est par rapport à une femme. Il y a quelques années de ça, dans ma circonscription, à Épinay. Laissez-moi finir. Parce que c'est concrètement les problèmes qui sont posés. Vous avez une personne qui a commis un féminicide.
Cette personne n'avait pas le droit d'aller à Épinay. D'accord ? Tout simplement parce qu'elle devait être à distance de la femme qu'il avait déjà maltraitée pendant des années. Personne n'a prévenu, cette personne qui avait pourtant un téléphone de secours, qu'il était sorti de prison. Le bilan, c'est qu'en quelques jours, il est arrivé, il a tué. Donc, s'il faudrait, par exemple, par rapport à un dossier comme ça, c'est que vous ayez un suivi, ne serait-ce à minimum qui prévient la personne que cette personne est sortie de prison et que cette personne qui est sortie de prison soit évidemment, j'allais dire, contrôlée dans ses actes.
Donc, pas de perpétuité réelle pour les agresseurs et les violeurs d'ordre. Ça, c'est le juge qui décide. C'est le juge qui décide.
C'est le juge qui décide. C'est le juge qui décide quelle peine doit encourir quelqu'un de ce type-là. Je vous dis qu'après, le problème, c'est que déjà, il y en a peu qui sont repérés. Donc, ce qui pose un problème de moyens pour faire en sorte qu'il y ait moins d'affaires classées. Sans suite, il y a les trois quarts des affaires classées sans suite sur les questions de violence faites aux enfants. Donc, vous êtes contre la perpétuité réelle pour les agresseurs et les violeurs d'ordre. Et deuxièmement, puisque vous voulez réduire uniquement cette interview à ça.
Deuxièmement, vous savez, ce n'est pas le fait qu'il y ait la perpétuité réelle qui va régler la question du fait que des personnes à un moment donné et des actions criminelles vis-à-vis d'enfants de pédocriminalité. Ce n'est pas parce que vous allez faire en sorte, ça, c'est assez documenté, que vous pouvez toujours augmenter les peines. Ce n'est pas ça qui empêche qu'à un moment donné, quelqu'un passe à l'acte de ce type-là. Donc, ce qu'il faut faire, c'est de faire en sorte que ces personnes-là soient davantage suivies. La perpétuité réelle, ça permet d'empêcher qu'ils repassent à l'acte.
Que, par exemple, on ne les retrouve pas auprès d'enfants dans des écoles, dans des centres de loisirs, etc. Donc, ça veut dire qu'il faut y avoir un suivi beaucoup plus important du psy de la société. Bien sûr, un suivi, quand je dis suivi, ça veut dire également de contrôle et ça veut dire empêcher, par exemple, d'être au contact avec des enfants. Ça, absolument, c'est nécessaire et ça, vous voyez bien que ça renvoie à des problématiques de moyens.
La France affrontera la Norvège ce soir à 21h en Coupe du Vente de football. Compte tenu de l'horaire de cette rencontre, est-ce que vous craignez des débordements comme lors du sacre du PSG en Ligue des Champions ? Éric Coquerel, invité de l'Allemagne
en interview,
c'est nous ordre.
Non, non, sauf quand c'est mal préparé. Ce que je veux dire par là, c'est qu'à force de craindre des débordements, de mettre des forces de police un peu partout qui ont, à certains moments, ce n'est pas la faute des forces de police, c'est les ordres qu'on leur donne. Moi, j'ai assisté le soir du match Paris Saint-Germain où on sait qu'on s'est retrouvé dans des gestions de maintien de l'ordre un peu comme les manifestations sociales où pour un oui, pour un non, tout d'un coup, vous avez des charges de policiers, y compris sur des gens qui n'ont absolument rien fait par rapport à une infime minorité de personnes qui... Donc vous dites qu'il faut mettre moins de policiers ?
Non, je dis que par exemple, les villes qui sont bien inspirées, par exemple, ça nie le fait, dans ma circonscription, c'est celles qui préparent des fan zones, vous voyez, dans lesquelles on peut faire la fête, dans les fêtes, on peut regarder ensemble les matchs, ça se passe très bien.
Voilà, on ferait mieux là aussi de faire en sorte de considérer que, après tout, manifester, y compris tard, parce que vu le décalage horaire dans les rues pour supporter toute l'équipe, ben voilà, c'est festif, c'est agréable et de ne pas toujours regarder ça avec uniquement un angle répressif qui fait que, j'allais dire, non seulement on ne prévient rien, non seulement on ne règle rien, mais par contre, en général, on gâche la fête. Donc je trouve que, par exemple, si vous voulez mon avis, que les villes organisent des fan zones de ce type, c'est beaucoup plus efficace. Si il suffisait d'organiser
des fan zones, et pas de violences, ça se saurait.
Eh ben voilà, vous allez le voir, c'est le cas. La question du coût
de ces violences à répétition, qui doit payer quand il y a des dégâts ? C'est à l'état de payer aux Français ?
Qui voulez-vous qui paye ?
Je ne comprends pas tellement la question. Excusez-moi, quand un voyou se fait arrêter après avoir brisé un abribus ? Oui, d'accord. Qu'est-ce qu'il doit payer ? Non, mais qu'est-ce qu'il faut
proposer comme solution ? Que les gens n'aillent plus dehors, on n'est pas dans un débat, face à la fête, etc. Non, mais attendez, ça m'intéresse, parce qu'on est dans une société aujourd'hui où, en réalité, faire la fête, de la responsabilité individuelle. Je ne veux pas ce que dites les Français, dites que vous, peut-être vous, la manière de vous les interpréter, mais ça, c'est la vision CNews. Donc je vous dis simplement, peut-être qu'il faudrait être considéré de manière différente et vous verriez que les problématiques seraient inversées par rapport à ce qu'on vit aujourd'hui. Donc vous êtes contre le principe du casseur-payeur ?
Le casseur-payeur, vous savez très bien comme moi qu'à un moment donné, vous arrêtez quelqu'un, vous n'avez absolument pas le choix de sa solvabilité. Donc ce n'est pas la solution pour que les personnes qui ont subi des casses soient payées. Je peux toujours vous dire, pour faire plaisir, le casseur-payeur, si vous avez quelqu'un qui gagne 2000 euros par mois et qui se retrouve accusé, déjà, faut-il vérifier parce que la plupart du temps, on n'arrête pas forcément les gens qui produisent ces casses et ça, ça renvoie à la manière de gestion du maintien de l'ordre. Non, non. Regardez les rendus des tribunaux quand tout est filmé et il y a peu de doutes.
Oui, le problème, c'est que ça se passe rarement comme ça et que les personnes arrêtées sont rarement les bons. Mais bon, ça, c'est une manière de gestion du maintien de l'ordre justement qui renvoie. Mais vous savez très bien que ce n'est pas comme ça que vous réglerez la question. Donc moi, je vous dis, pour faire en sorte qu'il y ait moins de casques, pour faire en sorte qu'il y ait moins de violences. Déjà, arrêtons d'amplifier celle-ci parce qu'en général, on a eu l'impression que sur le soir du match de Paris Saint-Germain, on était les seuls en Europe à avoir ce genre d'événements. Ça a été documenté. Il y a énormément de matchs qui se terminent comme ça ailleurs.
Mais surtout, faisons en sorte d'anticiper les choses. Encore une fois, je vous le répète, quand c'est anticipé, ça se passe très bien. Voilà, en Seine-Saint-Nice, ça se passe très bien pour employer tous les matchs qui sont regardés dans la joie avec les supporters des différentes équipes.
Éric Coquerel, invité de la grande interview CNews Europe 1 ce matin. L'union des droites pour la République d'Éric Ciotti avait, lors de sa niche parlementaire hier, déposé une proposition de loi sur l'interdiction de célébrer les mariages d'étrangers en situation irrégulière sous OQTF. Vous avez déposé des milliers d'amendements pour empêcher que ce texte passe. Pourquoi ? On a gagné d'ailleurs, je suis très content.
Pourquoi ? Parce que c'est un texte excusez-moi, je pense qu'aujourd'hui empêcher quelqu'un qui n'est pas en situation régulière en France de se marier avec une personne parce qu'il n'est pas en situation régulière, irrégulière, je ne suis pas d'accord. Je ne suis pas d'accord avec cette vision qui laisse à penser que le problème majeur d'aujourd'hui nos sociétés c'est le fait que des personnes qui n'aient pas de papier, en tout cas qui ne sont pas en situation régulière, se marient avec quelqu'un parce qu'ils le souhaitent, etc. Voilà, je pense que c'est une mesure raciste pour tout vous dire. Pourquoi c'est raciste ?
Parce que comme d'habitude ça pointe en réalité l'idée que le principal problème dans notre pays sont les immigrés et y compris sont les immigrés qui n'ont pas de papier mais qui dans la plupart du temps travaillent, enrichissent le pays et ne demandent qu'une chose c'est être régularisés.
Là c'est quelqu'un qui est sous OQTF à qui l'administration dit qu'il a l'obligation de quitter le territoire français. Vous sous-entonnez qu'il n'y a pas d'immigration. Il y a une immigration en France mais là ce sont des gens
qui ne respectent pas les règles. Je ne vous ai pas dit qu'il n'y avait pas d'immigration en France. Je vous dis simplement mais quelles règles ? Vous savez qu'aujourd'hui moi je vais vous dire une chose. Je me retrouve avec une situation. Je me retrouve avec une situation. Oui, d'accord. Quand les règles de la République sont stupides on peut quand même s'interroger sur ces règles. Vous savez qu'on a à peu près trois fois. S'interroger ça veut dire
ne pas les respecter ? Vous savez qu'on a... Eric Lecrel, s'interroger ça veut dire ne pas les respecter ?
Mais il y a des moments où elles ne sont pas je vais vous dire une chose elles ne sont pas atteignables. Vous savez pourquoi ? Parce que par exemple on a une situation qu'on a tellement durcie sur les EQTF qu'on demande à quelqu'un qui est installé dans ce pays parfois même qui est enfant de parents français figurez-vous. Il y a des cas comme ça par exemple on leur dit eh bien c'est une personne qui est installée dans le pays soit qui fait des études soit qui travaille et enrichit ce pays qui n'a pas d'autre pays en réalité pour vivre on va tout d'un coup l'expertirer à l'extérieur là où il n'a pas de vie là parfois même où il est soit en danger économiquement etc.
Ça ne marche pas ça ne fonctionne pas et même les préfets ne peuvent pas l'appliquer parce que ça n'a pas de comment vous dire humainement c'est absolument terrible mais en plus même d'un point de vue des intérêts de notre pays c'est stupide. Voilà pourquoi il y a beaucoup d'OQTF qui ne sont pas respectés pourquoi ?
Parce que par exemple par rapport à l'Allemagne on a environ trois fois plus d'OQTF on a fait une espèce de politique répressive sur la question de l'immigration alors même que tous les calculs montrent qu'en réalité par exemple c'est les travailleurs qui sont aujourd'hui sans papier qui sont dans le bâtiment dans la sécurité parfois je ne sais pas on pourrait peut-être vérifier vous avez peut-être même dans la sécurité enfin vous je ne sais pas parce que vous devez avoir des politiques à mon avis encore plus attentives là-dessus mais je vais vous dire nous on respecte les règles effectivement oui oui bien sûr mais ces gens-là ces gens-là figurent que notre pays en a besoin voilà et que si tout d'un coup on faisait en sorte que ces OQTF se réalisent vous avez plein de secteurs là y compris de gens qui sous la canicule sont en train de travailler dans les chantiers y compris pour isoler peut-être des bâtiments en urgence vous avez plein de secteurs qui s'arrêteraient donc c'est une politique stupide c'est une politique inique c'est une politique qui est contraire à nos intérêts et donc pour revenir à votre question quelque chose qui considère qu'aujourd'hui la priorité c'est qu'une personne qui est dans cette situation-là ne puisse pas se parier à une personne en France qui est régulière c'est évidemment pointer des choses qui sont franchement qui ne vont pas changer la vie des gens c'est une manière de le faire raciste le problème de cette loi c'est que là M.
Ciotti s'est fait avoir c'est qu'il avait presque un engagement du gouvernement comme quoi le gouvernement l'appuierait c'est finalement pas ce qui s'est passé heureusement et je suis très content pour tout vous dire qu'on ait réussi à faire l'obstruction et faire en sorte que ça ne passe pas
3 536 milliards d'euros de dette c'est le tout dernier chiffre cette dette qui augmente le service de la dette donc le remboursement de la dette coûte de plus en plus cher j'imagine que vous êtes inquiet en tant que président de la commission des finances de l'Assemblée oui enfin ce qui m'inquiète
c'est plus comment cette dette s'est produite alors déjà première chose je rassure tout le monde nous ne sommes pas au bord de la faillite ou comme le disait le premier ministre Bérou il y a un an au bord du FMI qui menace la France tout ça c'est des fadaises on assume cette dette je ne dis pas qu'il faut la cultiver pour la cultiver mais on assume cette dette et ce n'est pas moi qui le dis c'est le ministre Lescure il n'y a pas très longtemps qui était à côté de moi où je préconisais que pour les investissements écologiques par exemple ou pour faire face au coup de la guerre vous savez qu'il va être environ une dizaine de milliards très vraisemblablement la France essaie de pousser la Banque Centrale Européenne à faire des prêts directs aux Etats comme elle l'avait fait pendant le Covid la réponse du ministre a été de me dire on risque d'alarmer les marchés alors qu'il n'y a pas en substance j'ai à peu près la phrase de verbatim il n'y a pas de problème aujourd'hui pour qu'on prête à la France donc il n'y a pas de problème de dette donc ce n'est pas un problème majeur par contre ce qui est un problème majeur c'est comment cette dette s'est créée créer de la dette pour investir par exemple dans l'isolation thermique dans la bifurcation écologique c'est très bien faire une dette pour faire des cadeaux fiscaux aux plus riches c'est à dire faire en sorte qu'il y ait 100 milliards environ d'euros de recettes en moins pour l'état par an depuis monsieur Macron ça c'est un problème donc c'est plutôt à quoi sert la dette qui est un souci aujourd'hui
Eric Coquerel je voulais vous entendre également sur l'ARCOM le président de Canal Plus a écrit une tribune dans le Figaro l'ARCOM fait un reproche particulièrement inquiétant à CNews l'ARCOM qui écrit la répétition marquée d'une séquence à l'autre des mêmes commentaires et opinions s'observent principalement s'agissant de l'action de l'exécutif en raison de positions perçues comme insuffisamment fermes et cohérentes ça veut dire que critiquer le gouvernement c'est considéré par l'ARCOM comme un manquement est-ce que c'est dangereux selon vous ?
c'est pas du tout pour la démocratie l'ARCOM vous savez très bien l'ARCOM les questions ce dont il est question par rapport à CNews et notamment les sorties racistes que vous fréquentez habituellement sur votre chaîne de télé il n'y a aucune sortie de sorties racistes oui bien sûr aucune condamnation il n'y a aucune sortie raciste non ce que vous dites est faux vous avez eu des condamnations de plusieurs personnes qui sont passées sur CNews à plusieurs reprises donc je ne vais pas passer mais ce que vous dites est faux et ne serait-ce que les dernières avec M.
Onfray sur le maire de CNews pour vous des propos où on compare le maire d'une grande ville de Seine-Saint-Denis à quasiment un sauvage dans une jungle ne sont pas racistes aucun ne sont pas racistes bien sûr et bien moi je vous dis l'inverse sur la liberté sur la liberté et donc je trouve même que l'ARCOM est beaucoup trop clémente avec vous si vous voulez vous êtes favorable à la fermeture de CNews ?
ah oui oui je pense que vu ce qui se passe depuis un certain temps alors que vous revenez sur le plateau vous savez qu'il y a du pluralisme je suis la matinale d'Europe 1 mais continuez comme ça vous allez me regretter de venir à la seule émission où je viens sur CNews parce que vous savez que je ne viens dans aucun de vos débats donc il n'y a que deux émissions sur lesquelles pour l'instant nous continuons à venir qui est votre matinale parce que vous l'associez avec d'autres médias ou l'émission dominicale avec les échos du dimanche matin mais si vous pensez que ça vaut validation de tout ce qui se passe par ailleurs sur CNews continuez comme ça vous assumez de vouloir fermer un média ?
mais écoutez un média qui sans arrêt fait en réalité qui est une machine de propagande pour l'extrême droite voire l'ultra droite avec vous avez une bombelle
depuis 20 minutes il y a sur l'antenne de CNews et d'Europe 1 vous êtes une machine de propagande pour je ne sais qui
mais c'est bien pour ça que nous faisons des exceptions sur votre matinale voilà mais là vu que la manière où vous me posez ces questions vous allez finir par me faire regretter je vous le dis tout ce que vous sortez par ailleurs y compris sur des faits souvent soit gonflés soit même imaginaires avec des choses qui ne font que monter les français les uns contre les autres et qui produisent une vision de la société une vision raciste je pense que vous faites le lit de l'extrême droite oui en permanence
c'est ce que veut d'ailleurs monsieur Bolloré face à ce que vous avez dit bien sûr merci en tout cas d'être venu Eric Coquerel et à bientôt bonne journée merci merci Eric Coquerel merci Romain Desarbres dans un instant vos signatures européens du vendredi dans 8h35 merci
Éric Coquerel